Le blog de la ménagère

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi, novembre 29 2016

Social Good Week 2016 : on participe!

Participez à la Social Good Week 2016, découvrez le programme:
http://www.socialgoodweek.com/programme/

Rejoignez le web social et solidaire et découvrez les dizaines d'événements prévus partout en France du 30.11 au 06.12.2016. "La Social Good Week, c’est une semaine d’événements partout en France pour encourager, fédérer et mettre en lumière les initiatives qui mettent le numérique au service de l’intérêt général." Propulsée par HelloAsso et tous ceux qui ont proposé des événements.   Janique Laudouar

En savoir plus : lire le manifeste.

Découvrir le programme:

Lancement 30 Novembre 18:30 · Liberté Living-Lab · Paris, Ile-de-France, QG 2016

Un programme participatif

Le 30 Novembre : de l'apprentissage du code (Ateliers d’initiation au code animés par des étudiants de la Web@cadémie ), au potager qui « se refait une beauté » à la Recyclerie dans le 18ème, en passant par une matinée de réflexion de HelloAsso et Facebook, le numérique au service de l’éducation et de la formation, et web-pratiques : coding, logiciels libres, blog et site internet, etc. la mission est remplie. le numérique au service au service de l'intérêt général, trop souvent oublié dans les programmes politiques. C'est encore la société civile et les associations qui semblent au plus au plus proche du « web social et solidaire », retour à l'éthique original de la création d'Internet et du Web,

Jusqu'au 7 décembre, entrainez-vous à devenir un citoyen agile. Plus de 80 événements au programme de la Social Good Week !

"Qui vous représente le mieux?"

C'est #MAVOIX qui ouvrira la soirée de lancement le 30 novembre 2016 au Living Lab, Paris, une présentation à 4 voix de contributrices actives  : pourquoi et comment hacker l'Assemblée nationale en 2017? La Ménagère y participe.

"#MAVOIX, c'est quoi ? C'est une expérimentation démocratique qui vise à « hacker » l'Assemblée Nationale en juin 2017, faire entrer des citoyens volontaires et tirés au sort qui relaieront les décisions des citoyens à travers une plateforme de vote électronique en logiciel libre. #MaVoix ce sont des citoyens et citoyennes qui co-construisent la gouvernance de façon organique. Pas de porte parole, pas de chef."et Action! " Nous allons lancer les appels à candidatures pour les futur.e.s député.e.s de façon imminente : oui, vous, vous ici, pourrez y participer !Nous préparons des formations pour les futur.e.s député.e.s et les citoyens acteurs des lois et nous continuons à co-construire les outils qui nous permettront d'agir une fois les députés en place, à l'Assemblée Nationale."
#MaVoix a déjà eu une expérience concrète du vote en  participant au printemps 2016  à des législatives partielles organisées à Strasbourg et obtenu 4.25% des voix, pas mal!

"Faire société – Quel sens?"La Revue du Cube n°11 lancement émission débat  le 1er décembre 19h30, pour participer 

La Ménagère participe  : "La Société du bien vivre"

Le 1er décembre lancement au Cube à Issy-les-Moulineaux en partenariat avec la Social Good Week du n° 11 de la Revue du Cube sur le thème ."Faire société, quel sens?" . la problématique énoncée par Nils Aziosmanoff, président du Cube "Quel Sens ?"  est le point de départ de contributions d'auteurs venant d'horizons divers.  "Si les infrastructures réseaux sont au cœur de la nouvelle économie, les investissements publics mobilisés posent la question de la réelle plus value sociale, citoyenne, culturelle ou éducative qu’ils produisent à l’échelle locale. Le changement n’est pas une fin en soi, il n’est qu’un outil pour agir. C’est donc bien le progrès humain issu de la révolution numérique qui est questionné."

Lancé dans le cadre de la Social Good Week le 1er décembre, avec un plateau qu'on peut suivre en direct et auquel on peut bien sûr participer, et commenter via twitter. La Ménagère a participé à ce numéro très attendu de La Revue du Cube avec un article "La société du bien vivre".
"Comment se dégage le sens dans la multitude d’initiatives et d’efforts individuels et collectifs ? C’est peu à peu, pas à pas, que le sens chemine et nous contamine. La multitude d’initiatives qui, à l’échelle planétaire, s’entrecroisent et s’échelonnent dans l’espace et dans le temps, pose un objectif commun : retrouver du sens à nos vies. Des actions qui semblent dispersées sont les pièces d’un gigantesque puzzle, le paysage d’un monde nouveau qui commence se dévoiler où l’intelligence collective et le pouvoir d’agir deviennent des réalités."

Et à propos des élections, sujet d'actualité,on retrouve Julien Letailleur, une récente rencontre avec ce candidat virtuel et fictif à la Présidence de la République, donnait lieu à des ateliers où s’ébauchait la problématique d’un État agile.

Un personnage symbolique se veut un simple porte-voix des propositions citoyennes, réunissant autour de lui des entrepreneurs du numérique, des acteurs de l'innovation publique, mais aussi tout citoyen (connecté) de bonne volonté. 


Autre aperçu des contributeurs
de La Revue du Cube :

http://cuberevue.com/category/quel-sens/perspectives-quel-sens

"Faire société – Manifeste de la Social Good Week", bien sûr,Léa Thomassin et Ismaël Le Mouël (photo ci-contre).

« Au bout des doigts le monde entier (« Empêcher que le monde se défasse ») Véronique Anger-de Friberg

Quelle sagesse, au présent et au futur, pour une humanité en mutation?  de Abdennour Bidar


http://cuberevue.com/category/quel-sens/point-de-vue-quel-sens

    Aux actes, citoyens !  Dominique Sciamma,  "Le territoire des « faiseurs » ne se limite évidemment pas qu’à celui des objets et de la matière, même si tout finit un jour par se matérialiser. La société elle-même devient l’objet de nos projets, et c’est au quotidien, et à nos échelles, que nous devons alors construire les conditions de nos relations sociales et de leur développement."

qui rejoint La Société du Bien vivre, Janique Laudouar, "Le temps est venu pour les citoyens de co-construire une société de « l’intérêt collectif et de la joie de vivre ».

«  Search for Terrestrial Intelligence – STI@home », Olivier Auber,

"L’existence de formes de vies extraterrestres intelligentes parmi les milliers de milliards de galaxies qui dansent dans l’Univers ne fait aucun doute"

D’une possible constitution intime du sens, Étienne Armand Amato..."Galopante innovation. Fabuleuse constellation d’étoiles filantes. Essaim de Réseaux tout en lumières et informations."

et deux échapées du Web Summit de Lisbonne Evénement incontournable des acteurs du numérique, le Web Summit, qui s’est tenu pour la première fois à Lisbonne (Portugal)
Le Web Summit 2016 surfe sur la vague des Social Good Tech,  Jeanne Bretécher et Flora Clodic-Tanguy

Sans oublier les «Presque Fictions » http://cuberevue.com/category/quel-sens/presque-fiction-quel-sens

Les Récifs : Le sens de la vie. (E-Th@ï- suite)

Yann Minh :  “Le sens de la vie, c’est la survie.” Portée par les spirales à 40° des flux de nanorobots, Leslie voltigeait en apesanteur dans le bain bio-modificateur qui transformait le corps parfait de grande femme guerrière qu’elle s’était choisie il y a plusieurs décennies.

Bref, vous aurez compris, la Social Good Week est faite pour VOUS, acteurs du changement et décidés à ce qu'il advienne.

Janique Laudouar


Les deux lieux cités
(mais il y en a beaucoup d'autres) :
Liberté Living Lab
https://liberte.paris/ 9 rue d’Alexandrie 75002 Paris
Le Cube : Le Cube, centre de création numérique20, Cours Saint Vincent - 92130 Issy-les-Moulineaux
Tél : 01 58 88 3000

dimanche, octobre 23 2016

#LesJoursHeureux : l'alternative citoyenne

#LesJoursHeureux conférence de presse à la Recyclerie pour la sortie du livre le 2 novembre 2016 (Actes-Sud)

“Et nous vivrons des jours heureux” Le titre est poétique, mais le livre qui parait le 2 novembre chez Actes Sud n'a rien d'utopique : un constat assez court, celui que nous faisons tous sur la nécessité d'une autre vie, d'une autre démocratie, mais surtout un livre de solutions. 100 auteurs et 120 actions. #LesJoursHeureux est un mouvement intergénérationnel “qui vise a faire advenir une société du bien vivre en actualisant le programme “Les Jours Heureux" du Conseil National de la Resistance.”  (Claude Alphandery, résistant, a contribué au programme)  Janique Laudouar

Resister et créer” : l'alternative attendue

120 mesures pour résister et créer par 100 auteurs issus de la société civile, c'est une réponse forte a ceux qui qui prétendraient qu'il n'y a “pas d'alternative” (Rappel : TINA There is no alternative, slogan attribue au Premier Ministre britannique Margaret Thatcher). Les TINA francais d'aujourd'hui vont finir par l'admettre : la société civile est riche d'expertise, de propositions. L'un des mérites du mouvement #LesJoursHeureux est d'être l'un des premiers a faire cet effort de reliance dont rêvent tous les collectifs afin de peser enfin sur la société. Sortir de l'entre soi des réseaux sociaux et même des réseaux solidaires pas toujours connus du grand public, dépasser aussi le mouvement civic tech, qui joue un rôle capital dans la transition numérique, mais qui ne peut a lui seul accomplir une révolution démocratique. #LesJoursHeureux réalisent cette transition de terrain avec la Marche commencée "le 7 octobre sur les routes de France à la rencontre de citoyen.ne.s et de résistants." Ils nous invitent a faire 700 km avec eux et nous retrouver le 5 novembre a Paris, pour un grand événement festif auquel est associé NuitDebout. et bien d'autres.

LE LIVRE

Un petit livre, un peu du même format que le livre culte “Indignez-vous!” de Stéphane Hessel, Christiane Hessel soutient d'ailleurs le mouvement et était présente. Le contenu : des propositions concrètes sur les grands enjeux l'emploi et le travail, la transition, écologique énergétique, agricole, l'éducation, le logement, la santé et la justice, traités par des experts des sujets. Ce qui conditionne tout : l'exigence d'un renouveau démocratique. Là tout le monde est d'accord, y compris les 80 % de français las de voir toujours les mêmes hommes politiques au pouvoir et si peu d'écoute des citoyens. Le livre a donne lieu a un travail éditorial professionnel assez classique, avec comité de lecture, priant les auteurs de raccourcir leur texte,

Question de la Ménagère aux auteurs : quelle méthodologie a été adoptée pour que collaborent efficacement 100 auteurs venus d'horizons différents, et comment surmonter les divergences d'opinion?

“Par l'exercice des désaccords féconds, pour reprendre l'expression de Patrick Viveret” répond , répond Thierry Salomon, ingénieur énergeticien (Negawatt), “L'objectif était d'avoir un petit livre”donc on a décidé de raccourcir les contributions, entre 3000 et 5000 signes”. Un comite éditorial s'est constitué. “ Chaque thème a eu un auteur pilote” Un exercice d'intelligence collective. En ce qui concerne la reliance, précise Fanny Charrasse, co-fondatrice et on a du relier sur le même thème des gens qui étaient opposés comme par exemple Corinne Lepage et Francois Ruffin. On a contacté les auteurs en octobre 2015.

“Quant a la reliance des réseaux, le lien avec d'autres mouvements” déclare Yvan Richard, nous avons choisi la reliance de préférence a la convergence. Dire “Venez nous rejoindre”, ca ne marche plus! Il faut d'abord se rencontrer se connaitre, respecter l'identité de l'autre et ensuite on peut parler de se relier. Ont participé, entre autres, La Belle Démocratie, Le Pouvoir citoyen en marche, Synergie Démocratique, #2017AgirEnsemble.” Les #JoursHeureux ont dans leur statuts juridiques l'organisation en cercles de compétence, la sociocratie.

40 réseaux partenaires du livre, une étape vers la reliance des collectifs. Ci-contre Sophie de NuitDebout.

La consultation des citoyens

“On aurait preferé associer les citoyens des le départ”, dit Yvan Richard, “mais  compte tenu des délais c'était plus efficace de commencer par 100 auteurs puis de soumettre à une consultation ouverte."  Avec le site, une grande consultation citoyenne va commencer autour des propositions de loi, les commenter, les ré- écrire. Ce sera possible sur la plateforme de consultation avec #2017 Agir Ensemble et l'Association des Paralysés de France.

On peut dès maintenant s'exprimer sur 9 mesures essentielles http://les-jours-heureux.fr/category/9-mesures-essentielles/.

“Cette démarche, avec sa plateforme collaborative ouverte à toutes les citoyennes et tous les citoyens, a pour ambition de co-construire des propositions qui seront présentées auprès des candidats à l’élection présidentielle et aux législatives de 2017.” “Comment faire parvenir ces propositions aux candidats à l'élection présidentielle “ est une question posée par Christiane Hessel, qui en cours d'organisation. Pas simple de poser la question du “renouvellement des institutions” à ceux qui en font partie. Les personnalités politiques seront interrogées sur les 9 mesures essentielles

Des Pyrénées à Paris, la marche des Jours Heureux  http://lesjoursheureuxlepacte.fr/marche  Source la Gazette Debout https://gazettedebout.fr/2016/09/21/pyrenees-a-paris-marche-jours-heureux/

Questions à Yvan Richard (comédien) et co-organisateur  #LesJoursheureux

Q Comment est venu l'idée de ce livre?

YR Invités par un collectif citoyen dans le Vercors, une centaine d'auteurs ont rédigé un diagnostic assortis de principes de loi dans le but de bâtir une société démocratique.

Q Quel est l'enjeu, alors que les élections présidentielles et législatives approchent?

YR Ce qui compte pour nous, ce ne sont pas les personnes, c'est le cadre qu'on va créer, c'est une stratégie à long terme de réappropriation, d'empowerment, l'enjeu, c'est changer de système. Nous allons rencontrer des élus en ce sens. Nous sommes pour que les citoyens , la société civile travaillent ensemble.

RELIANCE

La reliance des collectifs va être l'enjeu majeur des mois qui précèdent les élections. Il n'y a que peu de différence d'objectif entre "LesJoursHeureux, et, par exemple, La Primaire.org “Ici, pas de parti politique mais des citoyens engagés pour réinventer le système traditionnel » ou Synergie Démocratique “rendre aux citoyens leur place en politique”. Le Collectif Roosevelt, https://collectif-roosevelt.fr/ partenaire des Jours Heureux, fait cette même proposition “Reconnaître la place des citoyens, leurs compétences, leurs capacités à produire des analyses et des propositions alternatives et ce dès le début des grands projets publics”

Prochain rendez-vous le 5 novembre : l'arrivée de la Marche à Paris sera fêtée lors d'une soirée en compagnie de nombreuses associations et autres marches citoyenne.

Janique Laudouar

lundi, septembre 12 2016

Changer le monde? Oui, mais ....

Les collectifs citoyens sont nombreux à travailler dur comme #MaVoix, ici en visite à l'Assemblée Nationale, à hacker en 2017. Objectif : reprendre le pouvoir sur nos vies, co-construire nos lois, proposer une alternative aux partis politiques classiques. Oui mais...arriverons-nous à changer le monde? Faut-il passer par une transformation personnelle? Comment convaincre? Et comment se démultiplier pour soutenir efficacement ces multiples initiatives citoyennes?

C'est un pavé dans la mare qu'a lancé Pierre Fournier en publiant dans Ouishare Magazine un article à contre-courant   « Pourquoi j'ai décidé d'arrêter de changer le monde. «  « L’engagement et la volonté de changer le monde ont le vent en poupe. Mais le petit monde de l’innovation sociale est encore et toujours un milieu où règne l’entre-soi. Cela fait dix ans que je m’investis comme bénévole auprès de divers mouvements, et je connais trop bien leurs côtés sombres. »J'exprime mon désaccord : je lui réponds du tac au tac via un commentaire sur Facebook « la plupart des collectifs dont ‪#‎MaVoix‬sont parfaitement conscients des écueils et les anticipent par un fonctionnement interne qui en tient compte. Par ailleurs on peut aussi faire la démonstration inverse que l'engagement collectif passe nécessairement par un regard plus rigoureux sur soi qui peut conduire à un épanouissement "augmenté". Lui même d'ailleurs le prouve, avec une belle citation de Mathieu Ricard. « A l’exception des catastrophes naturelles, la majorité des souffrances humaines sont dues à la malveillance, l’avidité, la jalousie, l’indifférence, bref à l’attitude égocentrique qui nous empêche de penser au bonheur d’autrui."

L'article a un impact : 4700 partages en une semaine Pierre Fournier a assisté au  à Montréal au Forum Social Mondial 2016, vient de passer avec succès sa première année de Master 2 en management des organisations ESS au Mans. Il hésite entre continuer ou entrer dans la vie active, comme consultant, pourquoi pas, il en a l'expérience. Du coup, on a envie d'échanger avec Pierre Fournier, 23 ans, qui pourrait bien être un exemple de la relève politique qu'on attend...si on laisse la place à sa génération.                                                                                                                          Janique Laudouar

  • JL Pourquoi mettre l'accent sur le côté sombre, au moment où on a tant besoin que les collectifs et la civic tech pèsent de tout leur poids dans la vie sociale et politique ?
  • PF Ce n'est pas un ras le bol du bénévolat, je ne le condamne pas, au contraire, je condamne les fondateurs, dirigeants, cadres, que ce soit association éducation populaire, entreprise sociale.
  • JL A #MaVoix, nous faisons une chasse aux egos peut-être excessive. Dans ton article tu dénonces l’égocentrisme, le goût du pouvoir, la socialisation de l'individu au sein de l'organisation, avec risque de «  perte d’identité personnelle au profit du collectif », une vision qui se rapproche un peu de la secte !
  • PF J'ai revu film La Vague,tiré du récit d'une expérience américaine. Un professeur d'histoire dans les années 60, avait du mal à faire comprendre à ses élèves pourquoi le peuple allemand s'était soumis au régime nazi. Pendant une semaine, il réussit à fédérer 200 jeunes et les mener à l'autocratie, étape par étape. Dans les collectifs le processus est le même. Il y a un risque de dérive sectaire.
  • JL C'est vrai qu'il y a dans ces groupes un problème de reconnaissance du travail fourni au sein d'un collectif, qui peut mener au désenchantement. Tu écris dans l'article «une reconnaissance de façade» Quel forme de reconnaissance pour que le bénévole ne se sente pas « utilisé » ?
  • PF La reconnaissance peut se faire dans un cadre « hiérarchique » : monter en grade. Au bout d'un certain temps, on propose du travail aux personnes qui sont sont très engagées. Dans ces nouvelles structures économie solidaire, collaborative, il faudrait créer un cadre assez bienveillant dont l'objectif serait ...ne pas se foutre sur la gueule!
  • JL Là où je suis d'accord avec toi, on peut avoir l'impression d'occuper une place dans une hiérarchie« fictive » d'un collectif qui ne rapporte pas de moyens d'existence au bénévole.
  • PF Dans mon article j'écris «Nombreux sont les jeunes qui sont en quête de sens et désirent avant tout que leur action ait un impact social et environnemental positif. »  Je viens de rencontrer énormément de jeunes qui veulent changer le monde, mais au final combien resteront ? Il ne doivent pas se laisser happer par ces structures.
  • JL Tu dis que tu as rencontré des gens «inspirants», donc tu as tiré parti du bénévolat ?
  • PF Il faut être un peu «égoïste», rencontrer des personnes inspirantes qu'on n'aurait pas pu rencontrer ailleurs, et construire un capital relationnel, humain.
  • JL Tu as raison de mentionner l'humain, il faut davantage d'altruisme.
  • PF Un des problèmes à Nuit Debout, c'est que le changement personnel n'est pas traité. Pourquoi tu fais ça, quelles sont tes motivations, il faut poser la question.
  • JL OuiShare Fest 2016 comportait des ateliers sur le changement personnel. Et peut-être une nouvelle façon d'aborder le travail ?
  • PF Oui à Ouishare, on réfléchi pendant des mois sur le sujet. J'ai été en stage dans une petite coopérative, Social Media Squad, en mode communication non violente, entreprise libérée, bonheur au travail, j'ai pu avoir l'expérience de travailler différemment.
  • JL Est-ce que ce n'est pas la question que les jeunes comme toi se posent ? Est-ce que justement il n'est pas temps de définir les principes d'une nouvelle approche du travail ?
  • PF Constat : votre génération ne nous laisse aucun espace ! Il faut une posture de transmission et laisser la place. C'est ce qui est compliqué en France.
  • JL Tu peux me parler de l'éducation populaire ?
  • PF Je l'ai découvert quand j'avais 16 ans, ça existe depuis un siècle et demi, ils ont crée Pôle emploi, les foyers de jeunes travailleurs, les centres d'information et d'orientation,
  • JL Quel lien avec le numérique et les nouvelles écoles ?
  • PF J'ai rencontré des gens qui montent des écoles alternatives. Mais...quel est l'intérêt d'un état de donner à ces jeunes différentes voies, de les rendre acteurs de leur propre vie, les politiques ne peuvent plus contrôler la population Il y a eu l’expérience de Céline Alvarez qui a réussi a rendre des jeunes plus murs, ils ont pu savoir lire et écrire en 2 ans . Il devrait y avoir une culture du résultat, qui est exceptionnel, pourquoi le pouvoir en place n'en veut pas ? . Faire bouger ces mammouths de l'administration, c'est aborder la question politique, si on veut un changement d'échelle.
  • JL que vois-tu comme avenir politique, dans les 2 années qui viennent quand les sondages nous répètent que 83 % des français rejettent les partis classiques qu'ils trouvent trop centrés sur les élections?
  • PF Je ne vois pas le monde de demain, je vois plutôt le monde d'après-demain. Je fais l'analogie avec les années 30, la peur entre les communautés qui a amené Hitler au pouvoir. On sait que ça peut se passer. La base de 83% est prête à changer, mais les 17%, de l'élite vont-ils avoir le courage de dire qu'ils sont incompétents ?
  • JL Une raison de sourire ?
  • PF Ce qu'il y a de positif, ce que j'ai découvert pendant mon stage, c'est ce qu'Internet permet, et c'est là la révolution, n'importe qui peut créer et diffuser sa propre information, aucun pouvoir ne peut contrôler ça, on peut sensibiliser les citoyens qui peuvent devenir acteurs de leur vie exprimer leur point de vue . Jamais je n'aurais pensé écrire un article qui a fait 4700 partages ne moins d'une semaine et touché 10 000 personnes dans le monde. D'où l’intérêt de sensibiliser au web. Les gens font confiance à leur proches, à leur amis, à leurs réseaux les plate formes comme airbnb ont su faire émerger des tiers de confiance, on peut décliner le même principe dans l'économique, le politique, le social. En tirant tout le fil, on change radicalement la société.                                               Janique Laudouar

Bientôt : Pierre Fournier prépare une conférence Tedx au Mans, où Sarthois, habitants du pays de la Loire, seront conviés ainsi que des experts nationaux sur un thème qui nous concernera tous : agir ensemble.

Montréal Forum Social Mondial 2016 : https://fsm2016.org/

dimanche, juillet 17 2016

7 janvier 2015-14 juillet 2016

7 janvier 2015-14 juillet 2016 et puis ...?

14 juillet 2016, Nice  source image Gazette Debout
7 janvier 2015, Paris, Charlie Hebdo,  13 novembre 2015, Bataclan, Paris, Saint-Denis, 22 mars 2016, Bruxelles, et bien d'autres dans le monde

« L'art de la guerre est l'art de duper, et en donnant toujours l'apparence contraire de ce que l'on est, on augmente les chances de victoire. »

(Sun Tse L'art de la guerre Agora Classiques 1993) 

« Qui ne réfléchit pas et méprise l’ennemi sera vaincu. »

(http://suntzufrance.fr/les-meilleures-citations-de-lart-de-la-guerre/

"L'art de la guerre" : comprendre la culture de l'autre

Et l'art de la paix?

Photos prises sur les murs de Paris en janvier 2015 (Photo Janique Laudouar)

lundi, juillet 4 2016

Congrès du Futur #2 « optimisme offensif »

Mathieu Baudin entouré des facilitateurs du Congrès du Futur #2 à la Gaité Lyrique : rencontre des Réinventeurs

C'est l'été – ou ça devrait l'être – et les pages Facebook se couvrent de photos de barbecue ou de tables en bois dans des décors bucoliques.

Le mois de juin a vu un florilège de manifestations qu'on peut ranger sous le signe de lacivic tech. Le 10 juin Personal Democracy nous invitait au « Printemps de la Civic Tech » à la Gaité Lyrique, puis c'était au tour de l'Institut des Futurs souhaitables le 24 juin de privatiser tout un étage, dédié au Congrès du Futur #2, qui rassemblait tout l'« écosystème » : 300 participants attendus. Les Réinventeurs sont nombreux mais parfois isolés. Là, ils se rencontrent. "Cet événement est accompagné d’une plateforme web qui cartographie et donne à voir 200 « conspirateurs positifs » Mission de ce think tank et do tank  : "Contribuer à l’émergence de ce nouveau Monde qui s’esquisse, en reliant dans un même écosystème ces explorateurs et volontaires du siècle qui vient, leur offrant un espace singulier d’ « empowerment », une « ressourcerie », une fabrique à questionnements fertiles où l’on prend collectivement le temps de la complexité afin d’expérimenter ici et maintenant des solutions pour demain."

Janique Laudouar

Ci-contre la journaliste Flora Clodic en immersion comme facilitatrice. Lire son article sur Medium "Le 2ème Congrès du Futur a rechargé nos batteries"

Tous #conspirateurspositifs

Le Blog de la Ménagère, invitée au tire de « média positif » a été dès son entrée dans le hall de la Gaité Lyrique accueillie par un « hug », un calin. Le ton de la journée était donné : sous le signe du « care », le soin apporté à l'autre, de la bienveillance décidément une valeur montante, d'un « optimisme offensif ». ‪#‎demain‬ ‪#‎joie‬ ‪#‎réinvention‬. Le code couleur cette fois : vert d'eau comme les gentils facilitateurs de la rencontre qui arborent un tee-shirt « L'avenir ne se prévoit pas, il se prépare."

Des ateliers étaient organisés afin de définir les contours du Futur. Face à Vincent que je n'avais pas vu depuis longtemps je suis embarquée avec mon partenaire de binôme dans un dispositif dont l'IFs a le secret pour dérouter le participant et débusquer l'intime. Nos contributions seront ensuite recueillies via des post-its pour constituer une vision collaborative du Futur. Nous devons choisir 3 obstacles que nous avons rencontré et les ressources que nous avons mobilisé pour les surmonter. J'écoute Vincent, l'interroge, puis ce sera à son tour. Tous nous sommes assis à terre, face à face. A côté de moi David Guez, de LaPrimaire.org, face à Jean-Pierre Goux, auteur de l'essai « Siècle Bleu, Pour changer le XXIème siècle » (2016). Plus loin, Antoine Brachet co-fondateur des 100 Barbares, et Forent Guignard Le Drenche, que je croise souvent ces temps-ci. L'expérience est intéressante, l'ambiance à mi-chemin entre grand-messe dans un espace cathédralisé et un confessionnal intime, tant le domaine spirituel est présent.

Les mots pour le dire

Le sens des formules et un certain goût pour le littéraire est l'une des valeurs ajoutées de l'IFs qui mérite son titre de «Fab Lab intellectuel». Sur le site on cite Antonio Gramsci «Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres" .  J'avais déjà rencontré Mathieu Baudin, directeur de l'IFs, au Cube à Issy-les-Moulineaux lors d'un des Rendez-vous du Futur citant « Ecouter la forêt qui pousse plutôt que l'arbre qui tombe."Le Récit fait aussi partie de la panoplie. « Récit du Monde d’Après, inspirer un Nouveau Récit sur l’avenir, plus positif, afin de montrer à la société civile que Demain est déjà là."   Il y a d'ailleurs des auteurs, artistes ; plasticiens, poètes parmi les experts qui accompagnent le voyage « Art is our weapon » Elyx, petit personnage fictif et héros transmedia qu'on retrouve mis en situation http://elyx.net/ était au rendez-vous ainsi que son créateur Yak, Yacine AIT KACI. L'après-midi des ateliers étaient organisés selon le principe duWorld Café

Et puis l'instant de contemplation de «la Blue Marble, la célèbre photo de la Terre. Celle-ci fut prise le 7 décembre 1972 par les astronautes de l’équipage d’Apollo 17 à 45 000 km de la Terre pendant ce qui fut le dernier voyage vers la Lune » C'est cette photo du Siècle Bleu qui sera projetée dans le noir en conclusion de la journée, avec un peu de l'histoire de Jean-Pierre Goux encore ébloui par sa rencontre avec la Nasa, Un autre explorateur de l'intime à la télévision et expert en « parenthèse inattendue », Fréderic Lopez intervient comme « grand témoin » pour conclure la soirée.

Vous êtes super!

«Vous êtes super!» : une vidéo propose un moyen à la portée de tous pour prévenir l'agressivité ambiante, se promener avec une pancarte « Vous êtes super ! »Parmi ses complices l'Institut des Futurs souhaitables compte Patrick Viveret, Cynthia Fleury, ou Jean-Paul Delevoye, Mathieu Baudin insiste sur le côté « décalé »de ce qui pourrait être un outil de formation et un dispositif d'aide au changement classique pour les entreprises ou les institutions. « Plutôt une école », précise-il « L'Ecole du Futur » ». C'est une expérience vivifiante que fait vivre ce dispositif participatif avec l'objectif de « recharger les batteries » car il fait basculer l'écosystème vers le monde qui vient et ses nouvelles valeurs, Sur le grand panneau des ressources que chacun peut mobiliser « se reconnecter avec l'essentiel », « revaloriser le spirituel et le relationnel » «éducation positive », « rencontrer d'autres cultures non consuméristes »Une restitution ultérieure des productions de la journée prévue en septembre 2016.Combien ça coûte ? Le tarif est un peu « à la Robin des Bois », précise Mathieu Baudin : pour les participants un tarif ajusté à leurs moyens, pour les partenaires un prix normal. Prochaine exploration : la Lab Session "25 décideurs voyageurs vont décaler leur regard, détecter les signaux faibles et porter leur attention sur des expérimentations porteuses d’avenir ici et maintenant," Janique Laudouar

Prochain rendez-vous ! Petit déjeuner de présentation de la Lab SessionMardi 5/07 9h-10h30

8h45 : café d’accueil

9h-9h30 : intervention sur "L'Art d'imaginer les Futurs" par Mathieu Baudin, historien et prospectiviste, directeur de l'Institut des Futurs souhaitables

9h30-10h : présentation de la Lab Session, cycle Prospective, Innovation et Développement Durable de l'IFs, un voyage aller-retour vers le monde d’après - La Prospective au service de l’innovation

10h-10h30 : témoignages d’anciens participants de la Lab Session et échanges avec l’auditoire

En Pratique :http://www.futurs-souhaitables.org

« L’IFs s’adresse à tous ceux qui se questionnent sur notre société et qui aimeraient participer d’une manière ou d’une autre à la construction de futurs souhaitables, que cela soit au sein d’entreprises, d’organismes publiques ou privés, de collectivités territoriales, des grands corps d’État, des mondes associatifs ou encore des métiers des arts et de la culture."

samedi, juin 11 2016

Ces candidat(e)s aux élections présidentielles 2017 sur LaPrimaire.org

La démocratie est sur la place publique en juin 2016 mais sait-on qui sont ces candidats citoyens? Une visite sur LaPrimaire.org

Ces citoyens candidat(e)s : audacieux

La France doit être le projet de tous les Français. Redonner envie de contribuer à un projet collectif. L'objectif : l'épanouissement. Mes priorités, Humain et lien social au cœur de la stratégie de l'emploi, le numérique pour rationaliser les dépenses publiques” Qui fait cette profession de foi, quel parti? Ou encore “Ma vision :Simplification, modernisation. "Les problèmes ne seront pas résolus par ceux qui les ont créés" - (Albert Einstein) 6e République: élire 4 ministres indépendants Numérisation de l'administration Revenu universel inconditionnel” Non, ce ne sont pas nos partis politiques. Il s'agit de candidates et candidats déclarés sur le site de LaPrimaire.org. Justine Henry est vétérinaire, habite Paris, est candidate depuis 67 jours. Gireg de Kerdanet a 24 ans, est entrepreneur habite le département de la Gironde.
“LaPrimaire.org est une primaire ouverte, organisée pour permettre aux Français de choisir librement, de manière transparente et démocratique, les candidats qu'ils souhaitent voir se présenter à l'élection présidentielle de 2017.” Rien de plus simple que de s'inscrire sur LaPrimaire.org, une gentille petite robote vous aide dans la démarche, votre identité sera vérifiée, et hop, vous n'aurez plus qu'a poster votre photo, votre vision de la France et les points prioritaires de votre programme. "Aujourd'hui en France, les partis politiques (365,000 personnes soit 0,5% de la population) désignent les candidats aux élections alors que les citoyens les rejettent massivement. L'objectif de LaPrimaire.org est d'insuffler un nouvel élan démocratique à notre pays en favorisant le renouvellement de notre classe politique.

“Faire de la France un pays libre, démocratique et visionnaire. Il est temps de vivre au 21e siècle.”

Rémi Arnaud, 25 ans, Développeur informatique, Paris, 75)

En faisant le tour des candidats déclarés – et je suis très loin d'avoir fait le tour des 187 candidatures a ce jour-, on s'apercevra vite que leur vision est bien plus audacieuse que celle des partis traditionnels : elle est porteuse de changement structurel. “Ma vision : remettre les citoyens au centre des priorités, mettre en place un parlement 100 % citoyen par tirage au sort et fin des cumuls des mandats” Mes priorités :démocratie participative, éducations , sécurité.” Ca va jusqu'à :”Supprimons la fonction présidentielle. Un objectif unique : en finir avec ce régime qui bloque la France Revenons au vrai débat politique. Mes priorités 1. supprimer la fonction présidentielle. 2. Pour cela : organiser un référendum national dès l'été 2017 3. Appliquer cette nouvelle constitution” “L'idée est de revoir tout le système actuel pour en faire un cohérent et surtout participatif !” Et aussi nous dit Laurent Roullier, 58 ans, Infirmier “Faire émerger une nouvelle classe politique désintéressée” Caroline Godard 32 ans, indépendante en communication habite le département 44 - veut des “Commissions collectives mixtes à la place des ministères”.Jean-Cyril Hubert, 42 ans, Disrupteur, habite le département 94 – Val-de-Marne est candidat depuis 66 jours et sa vision intègre la disruption comme moteur de l'evolution “Utilisons les INNOVATIONS pour modifier DISRUPTIVEMENT notre société et TRANSMETTONS à nos descendants une FRANCE VIVABLE ! Mes priorités 1. L'ENVIRONNEMENT est la PRIORITE pour vivre en PAIX! 2. Restaurer les EGALITES, la FRATERNITE et LES LIBERTES ! HUMANISME et INNOVATION afin de poursuivre notre EVOLUTION !

“Mettre fin au gaspillage de l'état”, “Un système participatif”

Ce qui revient souvent dans les points prioritaires : “mettre fin au gaspillage de l'état”. Alors qu'on nous fait croire que les français veulent “maintenir le modèle social” a n'importe quel prix, non, ca c'est le credo des politiques, il n'apparait pas ici, alors que le “revenu de base” revient souvent. Les français veulent “Des réformes structurelles pour mettre fin aux gaspillages “. Ils n'ont pas peur de la lucidité, “Mettre fin au mythe de la croissance économique”

Déraisonnables ces propositions? Elles semblent au contraire moins frileuses et plus tournées vers une vision d'avenir que celles que nous font actuellement les “politiques”. Les candidat(e)s n'ont peur ni de la démocratie liquide, ni de la 6eme République. Leurs visions veulent rassembler alors que les lois actuelles divisent et déchirent la France. Elles placent le citoyen de tout bord au coeur de la République et de la gouvernance. Sans oublier l'harmonie et l'humain. Ma vision : “Faire de la France un pays où il fait bon vivre” nous dit Blanche de Weerdt 73 ans, Formatrice à la retraite “Bouches du Rhône”. Comment vont-ils obtenir les 500 noms nécessaires a leur qualification? Peu de candidats qualifiés. Parmi eux Jean-Michel Billaud un des pionniers du Web 2. Ma vision : "Notre démocratie représentative 1.0 bat de l'aile. Ma vision et mon action : mettre en place une démocratie directe (2.0)." On trouve aussi un candidat atypique - soutenu par son réseau ou communauté? - Essayiste politique, Ismaël BOUDJEKADA, 20 ans, habite le département 92 – Hauts-de-Seine. "Un ennemi nommé, la finance folle non-régulée : l'argent s'y trouve,spéculation abusive sur les matières agricoles, une taxe Taubin dérisoire" Ce candidat axe sa campagne sur une autre vision de l'économie. A vous de voir et d'approfondir.  Il y a aussi des femmes élues locales qui font partie des candidates. Les femmes du Net, vous qui avez 2000 amis sur Facebook ou plus, vous n'êtes pas tentées? “Terminé les politiciens qui ne connaissent rien a la vie! Place aux citoyens qui savent ce qu'il faut faire!”dit Jennifer. En 2016 #ToutesCandidates !

LaPrimaire.org réussit a démontrer tout l'intérêt de candidatures hors système, candidatures désintéressées, délivrées de tous les petits arrangements entre amis et calculs électoraux, miroir d'une France qui prône la numérisation de l'administration, la fin du gaspillage, le projet collectif, d'une France prête a contribuer a l'innovation et au changement structurel.  Janique Laudouar

La Primaire.org en pratique  https://laprimaire.org

  • La liste des candidats est rafraichie une fois par jour, ce qui permet une rotation des candidats en premiere page.
  • Il y a aussi une liste de candidats plébiscités, que nous ne traitons pas dans ce billet.
  • Environ presque 50 000 citoyens inscrits, 49 % de l'objectif 100 000 citoyens inscrits, les chiffres et les comptes transparents.
  • Financement : financement participatif des plus petits dons mensuels aux dons importants, tout est tres bien expliqué et transparent 57, 721 euros a ce jour  https://laprimaire.org/financer
  • twitter : ‎@democratech

samedi, mai 21 2016

OuiShare Fest 2016 : avançons ensemble!

Duc Ha Duong, Officience, un des entrepreneurs emblématiques du numérique, les 100 Barbares, photoJL

A OuiShare #OSFEST16, on ne « suit » pas simplement 3 jours d'innovation  : on y « fait sa part », pour reprendre l'expression de Colibris . Chacun contribue à construire « le monde que nous voulons » guidé par l'époustouflante programmation. Pendant 3 jours on travaille dans un décor rudimentaire et une sobriété voulue (zéro waste), probablement plus vite et mieux qu'aucun parti politique ne le fait actuellement. C'est ici qu'on peut s'informer mais aussi apprendre des autres dans un gai partage du savoir fidèle à la philosophie de OuiShare. Et comme l'observe actuellement l'Université de Paris-Saclay qui mène une enquête (Sharing Networks) sous la conduite de Antonio A.Casili, (i3, Mines-Telecom),  et Paola Tubaro (LRI, CNRS) les participants forment un réseau national et international. ( Résultats publiés dans OuiShare Magazine). Ce réseau informel et spontané, connecté à l'innovation, imprégné de valeurs humaines, semble prêt à faire vivre de nouvelles gouvernances en entreprise, dans la ville, et en politique.  

                                                                          Janique Laudouar

Nous reviendrons sur le sujet de la Civic Tech et de ses valeurs dans une seconde partie. Lire le billet de Lison de Happy Democracy, Voxe sur Medium.

 

Avançons ensemble!

« La République du XXIème siècle ne doit pas dire à ces gens ce qu'ils ont à faire : elle doit leur offrir l'écrin à partir duquel ils auront le droit de passer de l'expérimentation à la grande échelle » pouvait-on lire dans l'éditorial de Usbek et Rica à partager sur le stand de la MAIF, partenaire de OuiShare Fest 2016. La « Super République » rêvée en couverture, « les gens » sont en train de la faire. « Ce pays est génial et on ne le sait pas » dit encore Usbek et Rica. Elus qui créent un écosystème propice à l'innovation sur leur territoire, grands groupes qui osent tout changer et bousculer l'inertie de leur organisation interne, comme l'a décrit, entre autres, Sébastien Bazin de la chaîne d'hôtel Accor Hotels, et toute cette société civile qui s'active partout dans le monde – OuiShare garde son caractère international – CEO, PME, entrepreneurs, start-ups, corporates, fonctionnaires, universitaires, scientifiques, communautés, collectifs politiques, activistes, ONG, geeks, codeurs, hackers, changemakers, doers, slashers ou tout simplement esprits curieux. Si l'expérimentation est toujours là 4 ans après le lancement de OuiShare comme think tank de la société collaborative, aujourd'hui le pragmatisme semble indiquer la ligne de conduite : avançons ensemble !

Le changement d'échelle semble être un désir partagé par les participants venus non pas seulement humer l'ambiance du futur, mais travailler au présent, bosser, échanger, écouter les propositions, trouver des solutions, établir des passerelles, créer des liens entre tribus qui hier s'ignoraient encore et aujourd'hui ont envie de se rencontrer, de savoir comment ça marche de l'autre côté, et de voir si on peut avancer ensemble. 

Images : Workshop Civic Tech : Will the Revolution be Uberized?  Julien Bayou, élu et porte porole des Verts, Heloise de Civocracy, Julie de Pimodan de Fluicity, Léonore de Roquefeuil Voxe, Maria Mella LaPrimaire.org . Participants au workshop.
Le 21 mai était une journée ouverte à tous et de nombreux collectifs étaient là

Partage de la valeur

Et enfin on comprend le titre, «After the Gold Rush», après la Ruée vers l'or, métaphore restée quelque peu mystérieuse. Oui, il y a ces formidables mutations, mais qu'en fait-on ? Oui il y a ce territoire à explorer, tel l'Ouest de la Californie à l'heure des pionniers. L'Or, promesse de bonheur est mis en parallèle avec cette économie de partage qui devait être par tous et pour tous. Il y a des réussites éclatantes mais qui demandent à être revisitées. Rappelons avec Paul Valery que les « les faits sont têtus » et que le salaire des grands patrons jugé disproportionné par tous sauf par les intéressés, n'a en rien évolué, au contraire, il devient de plus en plus choquant et révoltant : il symbolise une création de valeur de plus en plus centralisée et de moins en moins partagée. Hors le discours de OuiShare se doit toujours d'avoir un temps d'avance et questionne aujourd'hui la création de valeur issue du changement de modèle économique et sa répartition. La technologie Blockchain déjà présente lors du précédent Fest est cette année abordée de façon plus concrète via plusieurs experts et projets, («Blockchain beyond bitcoin » Stephane Tual, Slock.It, «Blockchain : the end of corporations or its reinvention , Nadia Filali, Caisse des dépôts, Arno Loeven, Philips Healthcare Blockchain Lab, Claire Balva, Blockchain France. Vincent Fily, Microsoft. Une technologie qui, selon Antonin Léonard peut être une solution pour la décentralisation de la valeur créée via les plateformes. La DAO (Decentralized Autonomous Organization) est abordée avec la même logique de répartition. «La montée inexorable de la DAO » titre Slock it «loue, vend ou partage «  à peu près tout, mais sans intermédiaire objectif qui lui a permis une levée de fond spectaculaire. « C'est la future infrastructure de l'économie de partage » annonce le site qui vient de se voir attribuer l'IoTAwards (internet des objets connectés) Vers Le Réseau Universel de Partage ? (Universal Sharing Network).

Partage du savoir

La mise en danger des « vieux modèles » peut être stimulante pour les organisations qui en ont compris les enjeux. Mais pour un état qui « semble dépassé par une vision court-termiste » et « dans l'incapacité de saisir les enjeux du numérique » (MAIF) , le réflexe est plutôt conservateur : sauver à tout prix des modèles condamnés et des professions sinistrées, et alourdir encore la dette publique. Pour les jeunes millenials, ces trentenaires agiles avec le numérique qui ont déjà tout compris du parti qu'ils pouvaient en tirer, la lourdeur de l'état et de son administration, les contraintes archaïques, le déluge législatif, génèrent de la colère et du mépris, quand ce n'est pas de la violence. Finie, la paix sociale, quand il y a un tel décalage entre la jeunesse et ses gouvernants, entre la société souhaitée et celle qu'on tente de leur imposer. Mais patience, grâce à leur maîtrise des plateformes digitales, leur usage pertinent des algorithmes, leur aspiration à de nouvelles valeurs, ils construisent la « politique collaborative » qui va changer nos institutions. Les millenials n'attendent plus que le système s'adapte, ils créent des écoles et des cours en ligne A Ouishare nombreux sont venus avec de nouveaux modèles de méthodologie éducative (Jeremy Lamri, Monkey Tie) ou d'écoles autonomes (Ramin Faranghi Ecole autonome) plus adaptées au XXIème siècles que nos systèmes d'éducation classiques

Partage de la gouvernance en entreprise

Démocratie dans l'entreprise?
Peut-on instituer une véritable démocratie dans l'entreprise ? Y a-t-il des similarités avec la démocratie politique qui nous est familière ? Quelles sont les solutions proposées par les coopératives et les mutuelles implantées depuis longtemps en France ?

« La démocratie dans l'entreprise »Jean-Louis Bancel Président (Crédit coopératif), Catherine Coupet (CEO Up Group) Dominique Mahé (Président Maif) moderé par Marguerite Grandjean (OuiShare). L'entreprise ajoute une corde à son arc : elle devient purpose-driven, objectif d'intéret général. Les mots-clefs du management ont changé : confiance, écoute, fluidité surgissent de la table ronde modérée par Marguerite Grandjean, OuiShare connector, expert sur le sujet de la gouvernance. La démocratie dans l'entreprise, fait partie de la mutation et tient compte du désir des jeunes d'une société moins verticale et plus collaborative. La MAIF opère la mutation de son modèle coopératif en prenant des parts dans des start-ups (guest-to-guest) et comme partenaire de Ouishare vers une société collaborative. Partenaire de l'Université Jean Monnet, de l'Institut Mines Telecom, pour un MOOC « Comprendre l'économie collaborative » qui sera lancé en septembre www.fun-mooc.fr : un entretien filmé avec Antonin Léonard avait lieu sur la terrasse MAIF où on prolonge les débats du « Circus ». Un effort reste à faire pour impliquer les clients mutualistes MAIF pas toujours informés de ces avancées. Chez Up, (les chèques-déjeuners, 3 millions de sociétaires) on accorde beaucoup d'importance au partage de la décision. Mais comment faire vivre cette démocratie dans l'entreprise ? La question est posée « Ecouter la voix des silencieux » En organisant des éspaces d'échanges . Le Crédit coopératif a l'ambition d'instaurer la traçabilité pour ses clients, important de savoir « où va l'argent ?. Pour la Maif les mots clefs sont audace et confiance . « D'abord la confiance en nous » dit Dominique Mahé, « en notre modèle. »

L'entreprise entre Horizontalité et verticalité : l'exemple de Accor Hotels

Comment le management des start-ups influence les grands groupes ? L'horizontalité est une des valeurs plébiscitées à OuiShare.Tout n'est pas si simple. Car les grands groupes ont un héritage « d'inertie » comme le pointe Sébastien Bazin Président directeur général d'Accor Hotels face à une jeune start-upeuse Celine Lazorthes Founder & CEO, MANGOPAY qui le « challenge » en posant d'emblée la question de la concurrence airbnb . « Je ne suis pas contre eux », répond Sébastien Bazin, « c'est le futur et je veux en faire partie. Je suis ici pour apprendre. Nous avons raté trop d'étapes depuis 12 ans, Expedia et Booking, Trip advisor. Je ne veux plus être un spectateur. Nous, chaîne d'hôtel, nous nous sommes concentrés sur le produit, la marque. Hors c'est le client qui est au centre. Facebook interagit des millions de fois avec ses clients, et nous, combien de fois par an ? Je veux qu'ils viennent à Accor pour faire du co-coworking, qu'ils invitent des amis, pas seulement pour y dormir. airbnb c'est une idée forte, mais elle a déjà 7 ans, ils devront s'adapter. Ils proposent plus davantage de volume à un prix inférieur au nôtre, nous devons faire un effort dans ce sens. » Céline fait remarquer qu'avec les taxis de type Uber, quand elle arrive de l'aéroport, elle trouve un prix fixe, une bouteille d'eau et peut recharger son portable. Que propose Accor pour marquer le changement ? Sébastien Bazin souligne l'obstacle de l'inertie dans les grands groupes, dirigés par des plus de 50 ans. Joël de Rosnay, qu'il estime, lui a fait remarquer que les jeunes«millenials», les trentenaires, n'attendent pas  : « Je sais ce que je veux, et je le veux maintenant. » Et s'ils ne le trouvent pas, ils l'inventeront. C'est pourquoi il a été décidé à Accor de monter un comité directeur parallèle, un shadow cabinet, composé de jeunes, 8 femmes et 7 hommes. C'est eux qui portent une vision du futur. D'instaurer la transparence. Et l'horizontalité" Action : le personnel d'Accor, venu avec la responsable Talents et Compétences Arantxa Balson. « We will survive » conclut Sébastien Bazin, « Nous survivrons » Voir  : « Flat or Hierarchical Organization ? Breaking the binary with Buffer and Accor Hotels, modéré par Antonin Léonard. (image).

A OuiShare on fait un travail sérieux mais on ne se prend pas au sérieux. Diana Filippova et team OuiShare

Le travail à l'ère digitale, nos institutions à l'âge de l'algorithme : évangélisons!

Pour la communauté OuiShare, qui a mis en pratique ses convictions en faisant toute la CR transparence sur l'organisation, quelle conclusion ? Pour Diana Filippova (OuiShare/microsoft) , la question du travail reste centrale et nombre de conférences y étaient cette année dédiées («The ( Present) Future of Work », « Challenging our traditional beliefs in work and business», «Prêt à travailler à l'ère post-industrielle?» Esko Kilpi Company, Tim Leberecht Founder, The Business Romantic Society, Nilofer Merchant Author, The Social Era, Harvard Business Review modéré par Arthur de Grave) . Pour Diana c'est «l'âge de la maturité et l'établissement de points clefs. Le sujet principal, c'est le travail» Assez du brassage de concepts. il faut maintenant «entrer dans le dur» des vraies transformations. C'est aussi l'avis de l'auteur de ecobase21.net «Evitons le piège des généralités dans les débats et entrons dans les détails» Michel Giran a recensé « de multiples réseaux d'acteurs du changement». Les compétences et les solutions existent, il faut maintenant les mettre en œuvre à une échelle significative et Ouishare peut y contribuer.  «L'âge de la maturité, c'est aussi vivre dans la conversation plutôt que dans le divergence». Et pour y arriver, «créer des espaces de dialogue, des agoras. A Ouishare, c'est important d'accueillir les nouveaux participants de manière naturelle, les «confirmés» connaissent, «ils savent où trouver les gens, ils savent que ça se passe autant sur le green qu'à l'intérieur ». Alors, l'événement et son futur ? Lever des fonds pour un événement est ardu.«Il y a une crise de l'événementiel en France » note Diana. Et il vrai que les participants ont critiqué ces conférences arrogantes qui prolifèrent un peu partout avec Super Héros du Net et Big ideas, et qui leur semblent relever d'un registre archaïque. Image : Domenico di Siena Civic Wise rend hommage a Nuit Debout place de la République en parlant des agoras (Gentrification from below)

Le challenge de la rencontre entre organisations et start-ups est-il un pari gagné? Pour Arthur de Grave, co-fondateur et éditeur de OuiShare magazine, «nous avons l'habitude de l'hybridation, c'est la quatrième édition. Nous faisons en sorte que ceux qui n'ont pas l'habitude d'interagir ne soient pas perdus, nous créons des espaces de dialogue» Après les tables rondes, des lieux sont aménagés pour prolonger le dialogue. «On a appris à être pédagogue, cette année nous avons indiqué pour chaque session des niveaux d'expérience, ça va de «Découverte» à«Avancé». Le Fest est un moment d'accélération, de catalyseur. OuiShare Fest reste un événement à taille humaine, 1500 participants inscrits, 2000 personnes qui ont suivi les conférences en live, 3000 attendus pour la journée ouverte du samedi 21 mai.» L'évolution, après «le souffle naïf de la première édition»? (Cette année 2016 est la 4ème édition) «Au départ c'est le culturel néo libéral qui nous a poussé à bout, il fallait trouver un nouveau cadre». Et c'est vrai qu'à OuiShare c'est le côté «nulle part ailleurs» qui séduit, une vraie originalité dans les sujets mais aussi dans la préservation d'une ambiance unique dans ce brassage de publics différents mais animés d'une curiosité commune. Malgré ce défi d'équilibriste entre tribus diverses «Ouishare vieillit bien» conclut Arthur de Grave.

Partage et Bien Commun


"Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martele en conclusion Yochai Benkler (Harvard), Si le mot « partage » est toujours omniprésent, le rôle de OuiShare en 2016 est plutôt cette année un rôle de partage du savoir, sortir de « l'entre-soi » de l'innovation débridée et de l'élite hyperconnectée, pour endosser encore davantage un rôle constructif d'accompagnement des institutions et des entreprises dans la transition numérique, d'acculturation des organisations de bonne volonté, qu'elles soient publiques ou privées. Sans oublier l'individu qui doit s'armer de compétences adaptées à l'ère des réseaux (Building indivividual Capabilities for the Network era). Non, tout ne depend pas des réseaux et des plateformes. « It's all about people, skills, wishes and beliefs ». « Tout dépend des gens, de leur savoir-faire, de leurs désirs, de leurs convictions. »

                                                                                Janique  Laudouar  

A suivre  dans la partie 2 a venir "Civic Tech : les nouvelles valeurs de la démocratie"

Un compte-rendu partie 2 sera consacré  a la Civic Tech et aux collectifs en train de se constituer partout dans le monde.

 

samedi, mai 14 2016

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée ?

"Le OuiShare Fest rassemble chaque année des entrepreneurs, leaders d'opinion, et communautés du monde entier prêts à explorer les limites émergentes de notre société. » Révolution dans la gouvernance, le travail, l'entreprise, la société. http://2016.ouisharefest.com/ #OSFest16 . Venez!
Workshop participatif proposé par La Ménagère « Civic Tech : la Révolution sera-elle Uberisée? » mercredi matin, 11h30, Lab, dans la catégorieDigital Insitutions and the City.    Janique Laudouar

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée?

Comme l'année dernière Le Blog de la Ménagère va suivre la TOTALE des 4 jours du OUISHARE FEST 2016 du mercredi 18 au 21 sur le thème La Ruée vers l'or et après ?  Je suis certaine de trouver à OuiShare du neuf, du stimulant, de la prospective, du constructif, et  une ambiance unique, électrisante, qui mêle convivialité et haut niveau de réflexion, jeunes bénévoles et experts internationaux. Le programme est articulé autour de thèmes au plus près de nos interrogations,le futur du travail, civic tech et les communautés en réseau,  les organisations du 21ème siècle...et il y a toutes sortes de goodies, dont un mode d'emploi.  Trois jours de fête, d'ébullition des cerveaux et de coolitude, mais qui cette année prendront parfois un aspect plus grave : ce monde va mal, il faut que les solutions imaginées par la société civile et les entrepreneurs agiles voient le jours. L'économie collaborative, faisons le point, elle est passée dans les mœurs, avec ses réussites incontestables et ses failles à rectifier. Et surtout élargissons le débat vers la société collaborative  : le monde semble s'être mis en mouvement, DEBOUT, et pas seulement en France où Nuit Debout continue, progresse. 

Les GENS progressent, ils sont connectés et en réseau. Il y a des digital natives, nés dans le numérique, d'autres seniors, pionniers connectés depuis l'arrivée d'internet en France, porteurs de 20 ans de culture numérique. L'échange est transgénérationnel et international. Civic tech : l'expression regroupe tous ces collectifs citoyens qui sont beaucoup plus articulés, avancés et structurés qu'on ne le croit dans l'élaboration d'une nouvelle démocratie, liquide, ouverte, participative et numérique. Ils travaillent dans une relative discrétion loin des médias classiques. Ils inventent un rêve collectif, et comptent bien le mettre en œuvre dans la gouvernance, dans l'entreprise, dans le management, dans le travail, dans l'éducation. Venez voir « les utopies se transformer en décisions » Pour reprendre l'expression de Régis Debray à propos de son engagement ( invité d'Anne Sinclair sur Europe 1 le 14 mai). NuitDebout Roma source image twitter citée par Francesco Brancaccio

Partout dans le monde...et #Chemin Faisant

Partout dans le monde on voit comme dans un jeu vidéo les gouvernances remises en question, et les têtes tomber pour avoir triché, Bang Bang. A l'ère de la transparence et des Panama Papers, difficile de masquer ces détestables dérives dont les gens ne veulent plus, c'est vérité versus mensonge, intégrité versus, corruption versus, confiance versus défiance, action versus immobilisme, horizontalité versus hiérarchie, société civile connectée versus élite déconnectée, intérêt général versus intérêts particuliers, collectifs politiques versus partis classiques. Ouishare a défini une charte des nouvelles valeurs. Ce sont ces nouvelles valeurs qui se mettent en place, de nouveaux espoirs portés par la jeunesse. On peut compter sur OuiShare non pour donner le cap, mais pour nous inviter à le co-construire.

Inviter aussi les autres mouvements, comme les collectifs qui tiendront un stand le samedi 21 mai, journée gratuite, #MaVoix et Voxe.org avec Curious, les 100 Barbares communauté de plus en plus Open et inventive avec un stand Roman Collectif Un peuple totalitaire où vous ferez la connaissance de Julien Letailleur avec "Romançons ensemble la démocratie dont nous rêvons" samedi à 16h30,

Et en Bonus le dimanche 22 mai, une invitation à avancer ensemble dans la nature parisienne, autour du Lac Daumesnil. Les 100 Barbares,  vous vous souvenez : ce groupe d'entrepreneurs du numérique qui avait fait le buzz et s'était réuni à l'Archipel en 2015. Vous vous souvenez de cette conférence à The Family qui avait pour thème « Les barbares attaquent la démocratie » avec Nicolas Colin qui partageait sa vision des choses, une « culture différente », et prédisait l'avenir de la démocratie En 2015, ils étaient 500, ils sont aujourd'hui 5000 sur les réseaux et veulent se rencontrer dans la vraie vie. En 2016 Marchons #Chemin Faisant avec les 100 Barbares, et un nouvel axe, avec Sandrine qui propose un BarbEngagetoi, ou Lune et son Rêve Collectif! Avec Alexandra « un espace BarbaKids !!! Mon fils a toujours rêvé d'une école en plein air » Que vous soyez Babarattentif ou Babaracteurs, le dimanche 22 mai, venez!

L'engagement citoyen : devenez le décideur!

La Révolution sera-t-elle Uberisée? Mercredi 18 mai 11:30am - 12:15pm 50 personnes de toutes les nationalités se sont inscrites à ce Lab. A Ouishare et dans ce workshop, oui il y aura du blockchain, oui il y aura des start-ups, oui, il y aura de la décentralisation, oui il y aura les digital cities et comment faire participer les citoyens, oui il y aura de la démocratie ouverte et participative, oui il y aura des plates-formes numériques de votes. Oui, on parlera de Nuit Debout et qui a mis au point sa plate-forme de propositions,  http://questions.nuitdebout.fr/69marsLe Blog de la Ménagère a invité Leonore de Roquefeuil, CEO et co-fondatrice de Voxe.org, Happy Democracy newsletter  http://newswatch.voxe.org/. Voxe fera (peut-être) une annonce surprise sur sa nouvelle plate-forme, Julien Bayou militant social et politique, élu régional, EELV, qui suit de très près toutes les manifestions actuelles, Julie de Pimodan Fondatrice et CEO de Fluicity http://www.flui.city/ qui travaille au dialogue entre territoires, élus et citoyens« Donnez votre avis et dialoguez facilement avec vos élus. », David Guez et Maria Mella pour faire le point : LaPrimaire.org https://laprimaire.org Et Héloïse et Chloe de Civocracy viendront peut-être nous rejoindre. Le sujet central sera comment inciter à l'engagement citoyen, maintenant que nous avons les plates-formes, les applis, que nous avons appris à nous rencontrer dans la vraie vie, à échanger ? Nous travaillons tous beaucoup à une nouvelle gouvernance, celle que les gens attendent, arriverons nous à la mettre en place ? Et comme c'est un atelier participatif on votera ensemble pour les nouvelles valeurs. Et le même jour à 17h 45, The Future of Democracy, un Fish bowl, ce dispositif de 4 chaises où tout le monde peut s'assoir et prendre la parole, alors Exprimez-vous !

                                                                                                                                Janique Laudouar

Source : Nuit Debout Instagram  Laury-Anne (Gazette debout) : "reprenez la parole grâce au journal indépendant de la Nuit Debout"Une très belle image comme il y en a sur les plateformes Nuit Debout, wiki, tumblr, Gazette Debout, Convergences des Luttes

#MaVoix sera là le 18 mai au Fishbowl de Ouishare et à Strasbourg pour les élections partielles le 22 mai.

Open Source Politics, "la communauté Civic Tech en France", Valentin Chaput 

samedi, avril 30 2016

L'Effet Nuit Debout

L'effet Nuit Debout : mon journal

"Nuit Debout n’appartient à personne. Nuit Debout appartient à nous tous". (Gazette Debout.). Restez éveillés https://gazettedebout.org/ 

Le 8 avril : Rêve Général

« Ainsi, il arrive aux classes « populaires » de revenir du néant où on a voulu les enfouir, et d’en revenir avec quelque fracas. » (Frédéric Lordon « Un film d'action directe » dans Le Monde Diplomatique de février 2016 à propos de "Merci Patron" de François Ruffin et éditeur du journal Fakir.

Un mois après Nuit Debout est toujours dans la place note le journal Le Monde ce 30 avril.

Où comment j'ai vécu les premières Nuit Debout : un contre-commentaire. Cet article a été écrit le lendemain du 8 avril, avant la polémique sur la violence qui s'est exercé sur le philosophe Alain Finkielkraut. «On aurait voulu discréditer un mouvement positif mais fragile qu’on ne s’y serait pas pris autremen (Le Blog de Fédé Davout) sur Mediapart. Depuis, c'est la violence qui semble avoir focalisé l'attention des médias et du monde politique. Des blessés. Des casseurs. De la violence à juste titre dénoncée. Il faut revenir à l'origine de Nuit Debout, il faut l'avoir vécu, pour comprendre. C'est toute l'agilité de la société civile et des "digital natives" qui se déploie sous nos yeux. Le pouvoir d'aller vite et bien en collectif, réseaux, collaboration, connexions, échanges, wiki, tumblr, web TV (hello Mehdi) ringardise nos processus politiques. "

On peut parler de l'effet Nuit Debout. La manifestation a enfin attiré l'attention sur les milliers d'initiatives en France et dans le monde qui sous le label de «civic tech» ont pour objectif de proposer un autre système de gouvernance. Une gouvernance où les citoyens seraient écoutés, où les lois ne seraient plus assenées, où le déluge de législatif ne serait plus le seul moyen de gouverner, où la démocratie reprendrait tout son sens. Tout son bon sens dont elle a cruellement manqué toutes ces dernières années. Nuit Debout agit comme un révélateur de ces « révolutions invisibles ». Avec le résultat qu'on ne peut plus ignorer le mouvement Civic Tech. En ignorant largement le monde en mutation, en s'accrochant aux vestiges d'un autre siècle, le monde politique n'a pas compris que l'agilité citoyenne et les plateformes numériques étaient les nouveaux attributs de la démocratie. Le Rêve Général va s'étendre.  #Globaldebout                                                                                                       Janique Laudouar

Le manifeste de Nuit Debout

"Sais-­tu ce qui se passe là ? Des milliers de personnes se réunissent Place de la République à Paris, et dans toute la France, depuis le 31 mars. Des assemblées se forment où les gens discutent et échangent. Chacun se réapproprie la parole et l’espace public."

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le mouvement est plus organisé qu'il le paraît, avec régulation des prises de parole, validation des créations de commission, des compte-rendus d'assemblée, et surtout une certaine conception de « l'intelligence des foules »qui accorde l'égalité à tous : pas de meneur. "« Nuit debout n’est pas un phénomène spontané. Même s’il n’est piloté ou téléguidé par aucun leader, il s’agit d’un mouvement organisé" analyse le politologue  Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l’université ­Paris-I-Panthéon-Sorbonne, dans un entretien accordé à Catherine Vincent (Le Monde Idées 14 04 2016).  Et partout une atmosphère de partage, de bienveillance et même d'amour. Le vendredi 8 avril, j'assiste à une prise de parole sous un dôme éphémère. Le dôme se dégonfle brusquement et menace de tomber sur nous. Aussitôt des dizaines de bras se soulèvent pour le soutenir. "Un symbole du partage" s'exclame une jeune femme. Est-ce le succès du film« Merci Patron » et le journal de François Ruffin « Fakir » qui ont allumé la mèche ? : «  les gens avaient envie d'agir » répond-t-il dans Télérama. « On ne veut plus de politiques qui trichent », explique Louis de Gouyon-Matignon militant et soutien de Nuit Debout interrogé par Europe1. Hugo veut « agir jusque dans les racines du système ». Nuit Debout a demandé une nouvelle autorisation de manifester.

Le 9 avril Place de la République

 "Permis de rêver" «Je rêve que les gens se sourient et se regardent dans le métro.»

Ce matin on vide la place les cabanes et les tentes, et les derniers occupants. En douceur, semble-t-il. Mais les voix demeurent. Elles commencent même à se faire entendre ailleurs que sur les réseaux sur les médias classiques, ce matin sur Europe1, un joli montage en musique (« Retiens la nuit! ») et des paroles fortes.

Et Nuit Debout s'organise... En France Nuit Debout se propage à la vitesse de la viralité  ...Les médias alternatifs et participatifs se multiplient. "A Nuit Debout on m'a dit écris tes rêves"  http://www.la-zep.fr/cest-lactu/a-nuit-debout-on-ma-dit-ecris-tes-reves/

Le 15 avril Numa Paris

NuitDebout fait irruption à la fin du débat dont l'objectif est de présenter divers projets citoyens qui donneront lieu le lendemain à un hackathon organisé par Open Law et Open Source Politics. Les développeurs vont se déchaîner pour faire progresser des plateformes numériques de vote ou de débat citoyen. NuitDebout lance un appel : dimanche, commission numérique. Nous avons besoin de vous !

Le16 avril Numa Paris

Le lendemain on teste: comment retenir les meilleurs décisions ? Le hackhaton s'est réparti en ateliers. Autour de la table plusieurs développeurs dont Open Gov, le chef développeur d'Etalab. Loomio? On visite le site de NuitDebout Bruxelles

« Le choix d’un outil adapté pour mener les campagnes de donation est éminemment stratégique, poursuit Maxime Blondeau. Les mouvements contestataires récents ont essuyé les plâtres avec plus ou moins de succès : Occupy Wall Street a périclité au moment où la question s’est posée. Les Indignés, en revanche, se sont renforcés et ont engendré une offre politique parce qu’ils ont su être plus pragmatiques sur la question des donations. »

"Salons de discussion :Venez prêter main forte à la commission Accueil et Sérénité"Le manifeste est là : 
« Ni entendues ni représentées, des personnes de tous horizons reprennent possession de la réflexion sur l’avenir de notre monde. La politique n’est pas une affaire de professionnels, c’est l’affaire de tous. L’humain devrait être au cœur des préoccupations de nos dirigeants. Les intérêts particuliers ont pris le pas sur l’intérêt général. »
Janique Laudouar

Lire entre autres le billet de Flora Clodic-Tanguy : "Les défis démocratiques de Nuit Debout"

Lire l'entretien « A Nuit debout, la qualité du débat démocratique est l’enjeu prioritaire » dans le Monde Idées de Catherine Vincent avec le politologue Loïc Blondiaux 14-04-2016 "

Premier mai : ==14h00/15h30 == Programme (source https://www.convergence-des-luttes.org/

* L'ère du numérique, l'ouverture d'une voie vers une économie de la coopération
Intervenants:
- Yann Le Pollotec: spécialiste de la révolution numérique et ses impacts économiques
- Sébastien Broca: sociologue, postdoctorant à l’université Paris- 1 Panthéon-SorbonneHervé
- Le Crosnier: enseignant-chercheur à l'Université de Caen spécialiste des technologies du web et la culture numérique.

== 15h00 ==
* Manifestation du 1er mai et pour le retrait de loi El Khomri. Départ de Bastille, en direction de Nation.

Programme de la rencontre internationale de #Globaldebout week-end du 7 et 8 mai 2016 à Paris, place de la République


jeudi, mars 24 2016

Democratie DIY faites-là vous même : les solutions citoyennes

Le 19 mars, c'était à Paris, avant le 22 mars à Bruxelles, une journée positive, pleine d'enseignement et d'actions concrètes, une journée porteuse d'espoir, d'optimisme et de vision d'avenir.

Faire se rencontrer des porteurs de projets de renouveau démocratique était l'objectif de la journée Démocratie Do-it Yourself du samedi 19 mars, organisée par DO à la Maison du Paris durable, lieu dédié «  à la diffusion des solutions pour les porteurs de projets, confirmés ou débutants ». 100 participants étaient là pour formuler et examiner des solutions concrètes, innovantes. Au-delà de la convivialité des rencontres, « dans la vraie vie » de collectifs agiles à communiquer via le numérique, pour Démocratie Ouverte et l'Open Gouv. #OpenGovFr #DIYdemocratie,

L'équipe Démocratie Ouverte au presque complet ...dont le co-fondateur Armel Le Coz

Dispositifs imaginatifs et tempo d'enfer

Des dispositifs ludiques et efficaces donnaient à Démocratie Do-it Yourself un tempo d'enfer : speed dating, bar camp, « bol de poisson ». Le speed dating permettait un tête à tête avec un autre porteur de projet. Certains déjà très répertoriés, d'autres à découvrir. Je croyais connaître toutes les plateformes en cours de développement, et je découvre STIG actuellement en version beta. "Voter ne change que les joueurs.Changez le jeu. Participez à la création de la volonté générale avec Stig, l'app de démocratie participative" qui s'adresse également aux élus. A tester. Dans le domaine du « journalisme constructif » j'ai parlé à Florent Guignard de Le Drenche (ci-contre) : une façon originale de présenter les débats et sorti des "usual suspects" des plateaux télé. Dommage que les sujets traités restent pour l'instant trop souvent anecdotique.  J'avais échangé en ligne avec Simon Louvet (Aternatiba, Synergie Démocratique, ci-contre avec Antoine Vagnon Call For Team), autre foisonnement d'initiatives, et je fais enfin sa connaissance : très chaleureux IRL, dans la vraie vie. Je suis heureuse de retrouver l'équipe de Voxe.org, Léonore de Roquefeuil, Sébastien, Mon rôle était de présenter #MaVoix, un des premiers mouvements «civic tech » et de parler de son actualité : les élections partielles de Strasbourg en mai. Déjà deux candidat(e)s pour #MaVoix! Enfin, dialogue avec Loïc Blondiaux, politologue et professeur à l'Université Paris I. L'après-midi était consacré à un « marathon des pitchs », 1 minute 30 pour présenter son projet. ! Enfin la métaphore de Claude,  l'Archipel, a enthousiasmé les participants, chaque collectif étant considérée comme un îlot dont la multiplication va constituer un archipel, soit des mouvements tendant vers le même objectif. S'il y a nuance ou divergence de modalités entre les mouvements, l'archipel des archipels reste à construire. C'est parti!


Ateliers :  territoire et citoyens, stratégies électorales


Lors des ateliers thématiques on a vu à quel point l'action locale était primordiale. Territoires Hautement Citoyens fondé par Armel Le Coz a un dispositif très rôdé pour soutenir les collectivités vers la transition démocratique. Mais ils sont nombreux à s'ancrer dans leur région avec l'objectif de faire prendre en compte par les élus les initiatives citoyennes. Charles Deffrennes et Antoine Vagnon Call for Team, un très ingénieux dialogue avec les collectivités, qui ne les heurte pas mais travaille avec elles, et une solution proposée par Antoine Vagnon : glisser un ambassadeur du citoyen dans chaque collectivité. Clément Damiens avec Communecter. Un outil dans lequel les citoyens sont communectés, "connectés a leur commune". Local également Koom « agir localement pour un monde meilleur » Bulb in town déjà rencontré lors de mon premier billet sur l'économie collaborative. Telles sont quelques unes des solutions à disposition des élus. CitizenLab va faire campagne via La Primaire.org (présenté ici par David Guez) et a déjà préparé son Manifeste. Eliott Lepers présentait La Primaire de gauche, manifeste pour une transformation de l'intérieur d'un des partis classiques (PS). L'horizontalité est l'un des points commun à tous les mouvements et stratégies électorales : la fin de la France des « silos » et son fonctionnement hiérarchique archaïque, une gouvernance par et pour les citoyens.

Eliott Lepers venu présenter La Primaire de gauche

La révolution intérieure : altruisme, bienveillance, partage

« Rien ne serait possible sans la qualité de bienveillance et d'écoute entre les acteurs, leur volonté d'inclusion » note Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l'université Paris I , confirmant ainsi notre intuition que la bienveillance est une nouvelle valeur dans une démocratie renouvelée. Cécile Calé (SCIC Coop-Cité / CitizenLab) a rappelé à quel point la révolution démocratique reposait d'abord sur une révolution intérieure : seule une prise de conscience de la responsabilité de chacun donnera un sens au mouvement collectif. Une action auprès des jeunes en particulier. Isabelle Lefort lors du Positive Economy Forum de Jacques Attali avait déjà défini l' « altruisme rationnel » comme une nouvelle valeur du politique et du citoyen digital. « Tel est le challenge qu’il nous faudra relever au XXIème siècle : redonner à l’altérité et l’altruisme toute la place qui leur revient, en nous appuyant sur la puissance de la révolution technologique. » Le don, la partage, l'échange l'entraide, autant de valeurs morales dont on voit le revival et qui vont à l'encontre des drames que nous vivons avec le terrorisme. Ce n'est pas fortuit si la Revue du Cube propose « La responsabilité » comme thème de son prochain numéro.

Loïc Blondiaux : conclusion, questions

Loïc Blondiaux, expert,  voit dans cette volonté de renaissance démocratique un retour à l'effervescence pré-révolutionnaire de 1789. La mise en cause de la démocratie représentative est le point commun des collectifs. Comment exister entre les élections, comment informer et former les citoyens, comment faire voir en temps réel la volonté générale, comment conserver un contrôle sur les institutions, comment contourner les partis politiques, voire les remplacer ? Comment inventer le journalisme politique ? A revoir : le vocabulaire d'initié « excluant » (néologismes, importations anglo-saxonne et). Il note aussi une « aristocratie du code » : la proportion des informaticiens, développeurs est un atout pour les collectifs, mais les modes d'emploi doivent être compris de tous. La volonté d'horizontalité, de transparence, rassemble les acteurs, tous « amoureux de la démocratie ». Mais, comme le soulignait aussi Caroline Hodak, communicante, cette renaissance a un problème de visibilité et de communication. Aucun de ces mouvements ne veut ou ne peut se rendre visible auprès des médias classiques « Les institutions résistent » commente Loïc Blondiaux prenant la métaphore d'un géant Gulliver figé, encerclé par de multiples piqures d'épingle de lilliputiens... mais nullement atteint. « Les institutions vont essayer de vous phagocyter, de vous instrumentaliser ». Elles vont vouloir « garder le logiciel intact » sans rien changer aux structures, en donnant un semblant de coup de neuf et d'idées nouvelles à des institutions archaïques.

Solutions citoyennes...et numériques

« Une enquête Harris Interactive, réalisée pour le jeune mouvement citoyen LRF, révèle que 8 Français sur 10 jugent que les citoyens sont plus capables de trouver des solutions que les hommes politiques. » (Le Figaro) Parmi les solutions concrètes pour que le lien tissé ne s'évapore pas : la newlsetter HappyDemocracy de Voxe.org pourrait donner des nouvelles de tous les mouvements citoyens et un agenda de même qu fédère déjà la "civic tech" sur meet up. L'idée d'un label pour l'ensemble des mouvements citoyens a été évoquée.  

Voxe a déjà une plateforme opérationnelle en en développement complémentaire, d'autres sont en cours d'expérimentation, Démocracy OS, Stig. « Comment le numérique peut associer les citoyens aux décisions budgétaires ? », telle est la solution proposée par Gilles via une plateforme numérique.http://budgetparticipatif.info. La méthode de fonctionnement de DO : la plus démocratique possible, des « cercles » thématiques peuvent être ouverts par les membres qui les animent. Une prochaine rencontre organisée par Synergie Démocratique le week-end du 16 et 17 avril à Saint-Ouen avec l'objectif similaire de rencontre entre collectifs. Et enfin une grande Fête de la Démocratie annoncée par DO.

Aux manettes vidéo : DEMOS XXI. Pas pu citer tous les groupes et initiatives, la vidéo (documentaire en préparation) complétera.

« Démocratie Ouverte http://democratieouverte.org/ regroupe les acteurs français et francophones du renouveau démocratique – start-ups civiques, associations, collectifs citoyens - qui développent des solutions innovantes au service de davantage de transparence et d’engagement dans notre système politique ».

mardi, mars 8 2016

Loi, travail et numérique : les ministres lisent-ils les rapports?

« On a manqué une occasion historique de repenser le travail au 21ème siècle » Diana Filippova Ouishare .  On parlera aussi du Travail ce soir 8 mars 2016 à Paris à la Mutinerie  "Human After All - #1 La fin du salariat" et table ronde "CPA" à Numa Paris animée par Diana Filippova et Arthur de Grave (Ouishare)

Travail : que fait-on de notre expertise numérique ?

« On a manqué une occasion historique de repenser le travail au 21ème siècle » Diana Filippova de Ouishare, auteur de La Société collaborative La fin des hiérarchies ( Ouishare 2015),lors de l'émission de Frédéric Taddéï Ce soir ou jamais dont le thème était " La loi Travail : un débat historique ?"Cette phrase de Diana Filippova explique l'ampleur de la controverse autour de la loi sur le travail. En 2016 cette loi sur le travail apparait comme étriquée aux yeux des experts du numérique, inadéquate pour les syndicats, et finalement inacceptable aux yeux de tous. Ironie, c'est Martine Aubry qui rappelle qu'une loi sur le travail ne peut faire l'impasse sur «les nouvelles technologies » et que « il faut parler de l'ubérisation de la société » 

Lors du Ouishare Fest 2015, axé sur la société collaborative, nous écrivions « Consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle. »

Ouishare Fest 2016 fera le point, avec, nouveauté, une organisation interne reposant sur la technologie blockchain. «Internet a permis l’émergence de formes d’organisation où la valeur n’est plus produite par une entité centrale, mais par tout le monde. Les intermédiaires coordonnent les individus et agrègent la valeur en un service. » (Primavera de Filippi, expert blockchain).Nous avons des chercheurs, nous avons des think tanks de tout bord. Citons The Family, avec la publication de Nicolas Colin et Henri Verdier qui a fait dateL'âge de la multitude: Entreprendre et gouverner après la révolution numérique (2012, Armand Colin). Le collectif Les 100 Barbares, qui avaient réagi pour la prise en compte des entrepreneurs du numérique. Nous avons des pionniers comme Le Cube à Issy-les-Moulineaux qui propose Les rendez-vous du futur et édite la revue prospective La Revue du Cube.  "Vous ne perdrez pas vos 59' à regarder cet échange vidéo entre 2 pointures", nous recommande Xavier de Mazenod : Michel Serres et Bernard Stiegler débattent pour la revue Philosophie. Parmi les philosophes qui ont écrit sur le sujet, Bernard Stiegler, « L'emploi est mort, vive le travail » Nous avons la French Tech, nous avons des écoles du code, même en milieu rural, Nous avons des Commissions, nous avons des Délégations, nous avons des Hautes Autorités et des Hautes Ecoles, de multiples débats sur la place publique initiés par des trentenaires actifs et entrepreneur.  Que fait-on de l'expertise de notre écosystème numérique ?

Loi sur le travail et numérique : les ministres lisent-ils les rapports qu'ils commandent ?

On pourrait en douter . On peut lire sur le site du Ministère du Travail : « Le DRH d’Orange, Bruno Mettling, a remis mardi 15 septembre son rapport « Transformation numérique et vie au travail » à Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. » 36 préconisations. L’auteur du rapport voit la transformation numérique comme « une opportunité pour permettre la mise en place progressive de nouvelles organisations du travail plus transversales, plus souples, de nouveaux modes de fonctionnement, plus coopératifs et plus collectifs ». Puis, c'est Benoît Thieulin, entrepreneur (Netscouade) et expert, qui lui succède en tant que Président du Conseil National du Numérique à l'époque. 20 recommandations. « A l’occasion de la remise du rapport “ Travail, Emploi, Numérique, les nouvelles trajectoires ” à Myriam El Khomri le 6 janvier 2016, le Conseil national du numérique (CNNum) présente 20 recommandations pour ouvrir de nouvelles trajectoires au travail et à l’emploi à l’heure du numérique. » Trois axes : "Quels nouveaux métiers, quelles nouvelles compétences et comment conduire la transformation numérique des entreprises ?"quelles sont les pratiques des services publics dans le monde". « Comment l'automatisation et la numérisation des activités agissent-elles sur le travail et ses conditions ? »

Tenir compte de la métamorphose décryptée dans les rapports, cesser de nommer crise un changement de paradigme, analyser le travail dans le contexte d'une mutation majeure, les solutions sont en grande partie dans l'écosystème numérique que nous avons tous contribué à bâtir.

Janique Laudouar



mercredi, mars 2 2016

Les agriculteurs de demain : la montée des circuits courts

"Marchands des 4 saisons" :  "je me connecte, je compose mon panier, je récupère ma commande", Marc Dorel, fondateur du réseau

Agriculture digitale, agriculture solidaire, agriculture responsable, agriculture respectueuse, agriculture bio, les labels ne manquent pas au Salon de l'Agriculture, les pistes non plus. Face à la diversité des initiatives, et aux « démarches citoyennes » se confirme l'impression que la société civile se montre plus innovante et plus agile à inventer l'agriculture de demain que les pouvoirs politiques . Janique Laudouar

"Comment sont formés les agriculteurs de demain, » questionnait Le Monde du 25/02/16 précisant que « malgré les crises à répétition, la filière agronome attire de nombreux étudiants." Les agriculteurs, on les aime. LeSalon de l'agriculture est omniprésent et nous concerne tous. La montée en puissance des circuits courts tempère d'optimisme la révolte des éleveurs. Une occasion de revoir Marc Dorel rencontré au Week End Web #5 avec les Barbares, qui a fondé Marchand des 4 saisons, qui fait parti des désormais célébrés « circuits courts ». Une agriculture « 100% responsable », comme le précise le site ludique et fonctionnel Marchands des 4 saisons. Ce 27 février, Marc Dorel a remis un rapport à François Hollande pour améliorer l'alimentation et la distribution.

Dans ce Pavillon 4 de la Porte de Versailles dédié aux services , la part belle est faite à une « autre agriculture », dont on se demande pourquoi elle n'est pas considérée comme une des solutions. La livraison dans un point de retrait de proximité associé à une commande en ligne séduit de plus en de consommateurs mais dérange ceux qui ont régné depuis des décennies sur l'agriculture « PAC » et le « système » d'aides. Qu'attendent les politiques pour faire le constat que le « système » en vigueur est caduque et déclarer la fin du rendement à tout prix : surproduction, baisse de qualité, prix trop bas, cours fluctuants, normes contraignantes, marges trop élevées des distributeurs, concurrence étrangère, libéralisation, autant de points à réformer. Les consommateurs délaissent la viande, surtout quand elle est de moindre qualité. Le rejet devant la maltraitance animale, l'option végétarienne - plébiscitée par des stars internationales comme Gwyneth Palthrow- ,ou en France Mélanie Laurent et Cyril Dion auteurs du film DEMAIN, sont parmi les causes qui appellent à une refonte du « système ». En finir avec la surenchère du « moins cher », répondre à la diversité des attentes des consommateurs » font partie des issues.

On a répandu la rumeur que « les français ne voulaient pas payer le juste prix ». Faux. Ce ne sont pas les consommateurs qui ont initié cette baisse des prix, mais les circuits de distribution, et les syndicats qui ont accepté les aides européennes en échange des « prix bas » et du slogan fallacieux qu'il fallait produire plus pour« nourrir la planète » et privilégier la quantité. Aujourd'hui la demande de qualité et de diversité n'est pas satisfaite par le « système » agricole classique. Les produits locaux valorisent le territoire et répondent au désir d'être des habitants d'être « locavore ». Autant de tendances négligées par les « instances », à commencer par l'Europe. Je goûte à une délicieuse compte de pommes. Marc Dorel a des projets ambitieux d'expansion, en particulier l'ouverture de boutiques « Marchands des 4 saisons ». A noter qu'il est aussi adepte du « management libéré » et gère son entreprise selon ce principe.

David, co-fondateur La Ruche qui dit Oui!

Circuit court, ferme digitale, "Les Champs du possible"...

Autre circuit courtLa Ruche qui dit oui! Rassemblons-nous pour acheter les meilleurs produits aux agriculteurs et aux artisans de nos régions ». Pour le co-fondateur Marc-David Choukroun, «l'agriculture, c'est un système qu'on a crée, on pensait que c'était la solution. Historiquement, les producteurs faisaient tous du circuit court. De plus en plus de producteurs y reviennent. Il n'y a pas « les bons et les méchants », les maraîchers d'un hectare et les grands céréaliers. Il faut soutenir la transition de qualité." Une démarche tournée vers les producteurs, on peut lire sur le site. « Une plateforme et une équipe vous sont dédiées pour vous aider à développer vos ventes, à optimiser votre logistique, et accompagner vos projets » avec des « frais de service qui correspondent à 16,7% de votre chiffre d’affaires hors taxes. » Une charte prône la transparence. Pour Guilhem Chéron, autre co-fondateur de La Ruche Qui dit Oui ! « Les enjeux agricoles sont immenses. Nous avons le sentiment que l’action nous échappe, que les décisions ne sont pas à notre portée. Dans ce contexte, La Ruche Qui dit Oui ! permet aux citoyens de coopérer pour réinventer l’agriculture par le terrain. Ceci avec agilité, efficacité, et gourmandise. »

Le circuit des AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) - souvent circuit bénévole et associatif connaît lui aussi une croissance et correspond,d à des valeurs recherchées : « l'amélioration des liens sociaux, de la responsabilité sociale, du sens de la communauté et de la confiance. » Des associations comme Terre de Liens permettent de trouver des terres pour l'installation d'agriculteurs.La Ferme Digitale accueillera le 3 mars à partir de 16 Agri Open pitch du Campus "Les Champs du Possible" et les projets « numériques » de jeunes agriculteurs." Envie de simplifier votre gestion d’exploitation ?" Venez tester Ekylibre.

Agriculture digitale, agriculture solidaire, agriculture responsable, agriculture respectueuse, agriculture bio, les labels ne manquent pas, les pistes ne non plus. Face à la diversité des initiatives et des « démarches citoyennes, se confirme l'impression que la société civile et les démarches citoyennes se montre plus innovante et plus agile à inventer l'agriculture de demain que les pouvoirs politiques.

Janique Laudouar

lundi, février 22 2016

Ma Journée Blockchain


Les plateformes de vote utilisant Blockchain réinventent-elles la démocratie?

La journée d'études  organisée par le CERSA: Centre d'Etudes et de Recherches en Sciences Administratives et Politiques/ CNRS / le 19 février portait sur les aspects techniques, juridiques et éthiques du protocole blockchain, présentation de Primavera de Filippi, chercheuse au CERSA, Université de Harvard, expert Blockchain, Danièle Bourcier, directrice de recherche au CNRS, (informatique juridique et serendipité) et impliquée dans de multiples instances « numériques », dont responsable scientifique Creative Commons France, l'a souhaité la plus ouverte possible. Le profil très divers des participants (informaticien, robotique, intelligence artificielle, finance, esthétique) a donné lieu à un passionnant débat sur les usages actuels et potentiels de cette technologie exponentielle. Il va sans dire qu'il est impossible de retranscrire ici toute la richesse des remarques des participants pour la plupart déjà très concernés par le sujet, l'objectif de ce billet étant plutôt de rendre hommage au CERSA, cette unité du CNRS parfaitement en phase avec les innovations technologiques actuelles et à venir et les interrogations cruciales qu'elles suscitent. La blockchain fait parler d'elle au moins autant que l'application bitcoin qui l'utilise. Elle donne lieu à des travaux et rencontres à un échelon international, de Sydney à Hong Kong, dans des domaines aussi divers que la politique, la gouvernance, la finance,
Janique Laudouar

Illustration "The trust machine" "Comment la technologie Blockchain pourrait changer le monde"

La fin des intermédiaires ?

Quelques jours auparavant, suite à la Lift Conference à Genève du 10 au 12 février, un article suisse «Blockchain», la chaîne qui libère? » (Nic Umi Le Temps 15 02 16)) citait Primavera de Filippi motivant ma participation à la journée d'études Blockchain  : «Autrefois, il y avait surtout des gros opérateurs centralisés, qui fournissaient des services ou des produits et qui les livraient à des consommateurs qui avaient un rôle passif dans le processus»rappelle-t-elle. Et puis? «Internet a permis l’émergence de formes d’organisation où la valeur n’est plus produite par une entité centrale, mais par tout le monde. Les intermédiaires coordonnent les individus et agrègent la valeur en un service. »La question de la valeur non plus produite par quelques uns mais par tous se trouve au cœur de la problématique actuelle de la remise en question de la démocratie représentative par des collectif citoyens de plus en plus nombreux, et blockchain une apporte peut-être la réponse technologique à la question de la gouvernance décentralisée.

Présentation de Blockchain par Primavera de Filippi à Ouishare Fest 2015

Quelques principes de blockchain

Une présentation de la technologie par Primavera de Filippi, et commentée, entre autres, par Yves Moreau, Université de Leuven  Paul Bourgine, (Polytechnique, Unesco, fondateur de l'Institut des Systèmes complexes, Alexis Colomb, chaire de finance au CNAM, a d'abord permis de décrypter les principes de base, puis cité quelques applications prometteuses et d'autres déjà établies comme ethereum Les principes fondamentaux sur lesquels repose la technologie blockchain pourraient servir une démocratie ouverte et participative, ou plus modestement contribuer à l'autonomie des citoyens habitués à déléguer aux institutions ou à des intermédiaires privés nombre de transactions dans leur vie quotidienne, suggère Paul Bourgine : éducation, assurance, immobilier, certaines énergétiques, par exemple.

Ce que Blockchain permet  (ma libre interprétation de la présentation) est une chaîne de signatures numériques dans un réseau pair à pair. Chaque signature part de la transaction précédente et une nouvelle transaction s'ajoute à la chaîne jusqu'à former un « noeud, » qui sera ensuite validé par des responsables, dont l'expertise est largement fondée sur la réputation et l'influence dans la communauté. Un espace pour des « métadonnées » est possible avec la transaction. Le caractère infalsifiable réside dans l’impossibilité de revenir en arrière et de modifier ou falsifier les transactions ainsi consignés. Toute transaction est réputée infalsifiable et doit pouvoir être tracée. Une validation consensuelle et régulière de la blockchain par des « mineurs »( nom des volontaires validateurs de la blockchain) en garantit le bon fonctionnement Les mineurs sont rétribués pour leur travail de validation. Ainsi la « confiance » ne repose pas sur l'humain comme avec les intermédiaires classiques (banques, assurance, notaire etc) mais sur une technologie fiable car non fondée sur la confiance, justement, (trustless). mais sur la rigueur du code. L'usage de contrats intelligents (smart contracts) « codes informatiques gérant seuls des transactions et ce sans intermédiaires et de façon sécurisée. » (Les Échos) Proof of work, proof of stake (dominant), proof of existence sont des méthodes d'obtention du consensus qui semblent avoir fait leurs preuves. Il y a encore bien d'autres traits spécifiques à blockchain qu'on pourra trouver dans les articles spécialisés – dont ceux de Satoshi Nakamoto sur la bitcoin.

De fait il faut maintenant d'énormes ressources computationnelles pour maintenir l'ensemble de la blockchain. Yves Moreau de l'université de Leuven, nous présente la photo d'une « ferme de mining » : pas à la portée de tout le monde ! Il nous présente également un gadget, une « tirelire » personnelle dédiée aux transactions et évitant toute intrusion extérieur.

Illustration : une ferme de "mining" (Wikipedia) Islande

Blockchain peut-il servir la démocratie ?

Danièle Bourcier, faisait justement remarquer que ce même vendredi 19 février Le Monde titrait « Partis politiques : peut-on faire sans eux ? » (Jean-Baptiste de Monvallon) qui débutait par « Méfiance, défiance, deconnexion, dégoût, discrédit... » La méfiance croissante des citoyens vis à vis des partis politiques, mais aussi des institutions, ne peut plus être niée, sauf sans doute par ceux-là même qui continuent à en bénéficier, et qui seront les derniers à avoir intérêt à la reconnaître et à en tirer les conséquences.

En quoi blockchain peut servir une gouvernance les mouvements collectifs citoyens  de plus en plus nombreux (Regards Citoyens, la primaire.org, Démocratie Ouverte, #MaVoix, Voxe.org etc)


Il est à craindre de voir naître dans ces collectifs actifs un noyau dur « d'intermédiaires » centralisés qui seraient au final les seuls bénéficiaires d'un travail collectif qui aura employé de centaines de bonnes volontés pendant des dizaines de mois. Il serait intéressant d'examiner le rôle que peut jouer blockchain dans une gouvernance décentralisée ou chaque contribution serait consignée et évaluée dans un grand livre transparent et collectif. Chacun apportant de la valeur, garder une trace de son existence devient possible, répertorier ainsi de façon transparente et non falsifiable l'apport de chacun, le valoriser au sein du groupe. A titre d'exemple des bénévoles qui auraient contribué à fabriquer de la ressource (site web, blog, application etc) du contenu (articles, essais, publications) des événements (manifestations, forum, séminaires), de l'innovation, de la communication, bref toute contribution ayant permis une valeur ajoutée à une cause commune, verrait sa contribution ajoutée à une blockchain vertueuse où le travail de validation du groupe serait semblable à celui des « mineurs » de la bitcoin. On éviterait ainsi les problèmes qui existent dans les partis traditionnels dont on peut constater actuellement les divisions : prise de pouvoir, lutte des egos, éviction, trahison, frustration, voire corruption etc. On constitue ainsi une base de données des apports et valeurs.

La start-up Colony, qui facilite la création d'entreprises en ligne, propose un système de rétribution fondé sur la méritocratie et la réputation, la « pollinisation ».« Les décisions sont prises démocratiquement, tout le monde a une voix. Plus votre expertise est grande, plus vous avez d'influence, plus vous avez d'influence, plus vous gagnez de nectar. »Le système de rétribution des contributions reste ouvert aux propositions inventives.

Blockchain et vote en ligne

La technologie Blockchain peut aussi servir les projets de plateformes de vote en ligne, qui elles aussi se multiplient. « Au lieu de reposer sur un serveur unique, une blockchain repose sur un très grand nombre de “noeuds” : pour pirater une blockchain et, par exemple, modifier une transaction (un vote, un message), il faudrait prendre le contrôle d’au moins la moitié de ces noeuds. » précise un article de l'équipe de Blockchain France« D’ores et déjà, plusieurs initiatives ont commencé à voir le jour pour appliquer la blockchain au vote en ligne : citons ainsi Flux PublicVotes, qui utilise les « smart contracts ou encoreV-initiative/.  Un des projets les plus prometteurs en la matière est la start-up FollowMyVote, qui propose une plateforme de vote en ligne open-source et transparente, fondée sur une blockchain. Une clé cryptographique, carte électorale digitale, garantit l’identité du votant. Jean-Marc Leroux a présenté le « travail en progrès » d'une plateforme de vote pour #Ma Voix, il a également évoqué le projet FranceConnect accès universel aux administrations en ligne. Toutes ces plateformes déclarent avec conviction ré-inventer « la démocratie du futur ».

Blockchain : redonner de la confiance

Danièles Bourcier pose la question de la confiance dans les institutions au regard de l'histoire. Pourquoi est-elle si menacée aujourd'hui ? Le « tiers de confiance », est-il appelé à disparaître ? De l'avis général, la domination de la finance sur les états nations est pour beaucoup dans cette perte de confiance. La corruption, « les affaires », la déconnexion des élus et des élites viennent encore s'ajouter au malaise. Les institutions ne se sont pas adaptées aux nouveaux besoins des individus.« Dans l’histoire de l’humanité, c’est la première fois qu’on peut se soustraire, dans une large mesure, à un tiers de confiance »,s’enthousiasme Pierre Porthaux dans  Les Echos.  Probléme : contrairement aux cartes de crédit qui assure les possesseurs, Blockchain ne rembourse pas en cas de perte ou d'improbable fraude. Alexis Colomb,  est plus réservé : « tant qu'il n'y a pas de garantie assurancielle, la maturité de ces systèmes n'est pas assurée ».Paul Bourgine voit dans Blockchain une opportunité pour les citoyens de reprendre la main et de constituer des groupements collectifs pour ce qui est la gestion de l'énergie, par exemple, largement déléguée aujourd'hui. Il y voit aussi avec Yves Moreau une possibilité de greffer l'intelligence artificielle sur Blockchain – comme l'ont d'ailleurs suggéré plusieurs scientifiques dont Stephen Hawking, avec Elon Musk CEO de Tesla, l'intelligence artificielle étant selon eux une menace potentielle pour la race humaine.

Primavera de Filippi voit une source d'organisation blockchain dans les DACS ( distributed autonomous corporations.)  Pas d'implication humaine nécessaire sauf un accord de base sur le code. Nous y voyons une responsabilisation du citoyen : une incitation à faire l'effort de mise à niveau technologique constante devient nécessaire, et comprendre les mécanismes du protocole blockchain en fait partie.Dans l'idéal, il faudrait que chacun puisse être un « player », un acteur de la société. D'où la nécessité d'une éducation « numérique » et même d'une éducation au code comme on commence à en voir en France avec des initiatives privées. "Il n'est pas plus difficile de s’initier à blockchain qu'à la lecture d'un contrat d'assurance de 30 pages" remarque l'un des participants. En fait « il y aurait un glissement de la confiance des humains aux systèmes » ! Les mécanismes de régulation sont peut-être plus fiables exercés par une machine.

Technologie et droit : « revoir le design de la loi »

L'un des objet de la Journée d'études était l'aspect juridique de la blockchain. Le « déluge législatif » actuel ne semble pas aller dans le sens annoncé d'une « simplification de l'état ». La demande des citoyens est pourtant simple : qu'on s'occupe de leur vie quotidienne et qu'on arrête de multiplier les lois et contraintes qui ne les concernent pas dont certaines sont réputées défaillantes, comme la loi sur la protection des majeurs. Trop de lois soulèvent des protestations d'envergure en comme la loi sur la santé de la part des professionnels médecins, et actuellement la loi sur le travail. On sait que 20% seulement des lois émanent du Parlement et que 80% émanent de l'état. Dominique Rousseau, constitutionnaliste l'a suggéré : certaines lois pourraient être remplacées par des contrats. Et pourquoi pas explorer les "smart contracts" de Blockchain ? Ou s'orienter vers la loi « résolution de problèmes « ? On voit aujourd'hui les tribunaux débordés incapables d'assurer les multiples missions qui leur sont confiées, fait-on remarquer. Pas une question de moyens, comme on l'entend trop souvent : la Justice n'a pas encore fait sa « révolution numérique" et cette transition numérique de la justice française devient urgente. La demande de certains collectifs citoyens comme Démocratie Ouverte et Parlement & Citoyens est celle d'une gouvernance contributive et d'une co-construction de la loi -dont a a vu les prémices avec la consultation d'Axelle Lemaire République Numérique.  On parle aussi d'une « loi collaborative », une loi dont l'objectif serait la résolution de conflits plutôt qu'une bataille juridique d'une partie contre une autre. "Il n’est ni possible ni souhaitable d’appliquer les règles du droit traditionnel à l’environnement numérique ; il est donc nécessaire d’établir un nouveau cadre juridique spécifique à cet environnement" répète Primavera de Filippi. Nous allons vers une société « sans friction » prédit un article de la communauté bitcoin citant « L'évolution de la confiance » (The Evolution of Trust, David Brooks dans le New York Times). « Les mécanismes pour établir la confiance privée devenant plus efficaces, le rôle des gouvernements devient mineur ». A une époque de l'évolution de la confiance,  « Il faut une autre façon d'écrire le droit » aujourd'hui, souligne Danièle Bourcier. « Le design de la loi doit être revu. »

Janique Laudouar

J'ai récemment rencontré Philippe Honigman qui travaille sur"Une refonte du management grâce à la blockchain" via l'application Backfeed, gouvernance décentralisée, et souhaite l'appliquer à un projet d'entreprise décentralisée. Il  pose lui aussi la question de la contribution dans un collectif : "méritocratie organique (par ex : acquérir de l’influence en proportion de ses contributions et de son alignement avec les valeurs des pairs), et partage de la valeur (par ex : rétribuer les contributions selon les évaluations des pairs).

mercredi, février 17 2016

Week End Barbare : vive la bienveillance!

Communauté, think tank, conseil, prospective les 100 Barbares sont un peu tout ça et sont aussi entrepreneurs du numérique, aptes à trouver du financement grâce, par exemple, à des conférences. Ils mériteraient en tout cas d'être un pôle de ressource pour des décideurs politiques en mal d'une vision du futur, telle que la conçoivent les citoyens et telle qu'elle est en train d'émerger. Quelques mots-clefs issus du Week End Barbare (WEB) #5  les 12 et 13 février à Macon donneront le ton.

Laetitia : partage, bienveillance, joie. Antoine : bienveillance, écoute, fun. Clara : bienveillance, vivre ensemble, apprentissage. Delphine : surprenant, enrichissant, convivialité. Vincent : partage, bienveillance, rassurant. Thomas : énergie, air, famille. Bienveillance, expérimentation, prune dit un autre BarbActeur.  Bienveillance est notre mot-clef.   Janique Laudouar

Belles personnes, beaux projets

                                            Atelier autour du Pressoir

Belles personnes  beaux projets  beau lieu près de Macon. Autour du feu de cheminée, feuille de route des ateliers et esprits aiguisés, parole a tous, convivialité, Saint-Veran. Des tablées de + 25 autour d'une nourriture exquise et légère. Mixez le tout et vous avez le monde tel qu il devrait être ; innovant, bienveillant en mode dynamique constructive. Forcément, les solutions suivent. La méthode barbare est proche de celle de make sense et de son dispositif de hold up où un groupe d'intelligence collective se réunit autour d'un défi posé par un porteur de projet et lui propose des solutions. Les Barbares sélectionnés par un vote démocratique sont venus autant pour exposer leur projet que pour résoudre le problème des autres ; avec des temps ludiques ou les vannes fusent et des temps forts ou les solutions circulent. Magique.

Bienveillance : une nouvelle valeur

S'il n'y avait qu'un mot-clef à retenir de ce we : « bienveillance ». Accolé au mot barbare peut l'expression sembler paradoxale, mais c'est la réalité qu'ont vécu les BarbarActeurs. Venus pitcher des projets différents, mais tous vecteurs de changement, que ce soit dans l'entreprise que Philippe imagine « décentralisée » grâce au processus blockchain (nous y reviendrons dans un prochain billet) , dans le management que Stéphane Perrin (Via Ferrata) et Marc Dorel souhaitent « libéré », ("Le management liberé" Marc Dorel éditions HJ) dans le conseil pour lequel Boris a conçu  Etika Mondo une formation « holistique », Guillaume qui peaufine TribeCare pour «  matérialiser la bienveillance au sein des tribus pour adoucir les galères de la vie » Catherine l'Optimiste, Clara de l'association Frateli, et Thibaud qui n'a pas lâché sa caméra, ils se sont retrouvés autour des mêmes valeurs. L'écoute était au rendez-vous, chacun prenant le temps de s'imprégner du projet de l'autre dans des ateliers conçus dans un esprit de réciprocité. La liste complète projets sont sur la page Facebook du groupe les 100 Barbares.

Bienveillance n'est pas à confondre avec bisounours. C'est un antidote à l'agressivité, la lassitude, la vacuité générale qui menace de gagner la société et le monde politique. C'est l'écoute de tous par tous, pour « écrire l'avenir et avancer ensemble ». L'application à la politique semble évidente : écoute bienveillante de tous les citoyens par tous les élus, écoute des citoyens de tous les élus afin de participer aux décisions. Même chose dans les territoires. Un peu de prospective, et beaucoup de bienveillance. Il suffit d'une méthode, et aujourd'hui, la technologie numérique le permet.

Efficacité : un groupe, des solutions

Le numérique était présent dans les projets et les méthodes de travail, mais davantage encore la culture technologique, penser hors de la boîte, culture de l'open source, l'intelligence collective en pratique. Il ne faut pas oublier l'origine des 100 barbares qui sont à la base des entrepreneurs du numérique. La qualité et l'authenticité de l'écoute a séduit les participants qui se sentaient en confiance et pas en compétition. Honneur aux femmes avec Catherine l'Optimiste dépassée par le succès de son site sur l'optimisme – qui n'a pas vu ses petites vignettes ? - »le site qui vous apporte du bonheur au quotidien ». Elle demande comment gérer le flux des contributeurs qui ont tout de suite été nombreux à likersa page. Sandrine qui voulait un pitch pour présenter son projet Kitalire et a trouvé dix BarbActeurs enthousiastes. Clara et sa jolie idée  Momento, venue chercher avec Thomas une application qui projetterait de façon aléatoire les photos du passé pour se souvenir des belles choses. Emmanuelle dont on a entrevu le projet Arduino de barette connectée « Tester la barrette connectée : elle existe!! on a besoin de vous pour la tester :la fabriquer en Arduino et vous coudre l'habit! Delphine et son prochain voyage Escapademos, « explorer ce à quoi pour­rait ressembler la citoyenneté de demain, les défis du changement climatique ». D'autres encore venues en observatrices ou représentantes de #MaVoix, Flora, Laetitia, Janique. Caterina Romanelli italienne parisienne hyper diplômée en charge de l'investissement "Environment, Social, Governance" au sein d'une société européennede capital-investissement.

Parmi les projets d'entrepreneurs, celui de Philippe Honigman expert Blockchain : « Transformer une start-up en une communauté ouverte, en décentralisation la gouvernance et la distribution des revenus » l'un des projets d'entreprise s'est posé la question d'une entreprise fonctionnant un peu sur le principe du logiciel libre. Si tout le monde collabore, quelle est la rétribution de chacun ? Comment rétribuer la valeur ajoutée ? Il propose blockchain comme solution. Boris : son dispositif de formation Etika Mondo à destination des entreprises gagnait à la fin du week-end en maturation et en clarté grâce à l'éclairage apporté par le groupe et aussi à l'expérience de l'hôte Christophe Carrier qui lui-même a une entreprise « la co-entreprise ».Vincent : WhatHappensNow un an sur la route à travers les continents pour comprendre la transition post-industrielle », une formation qu'il a taillé à la mesure de son ambition. La Paillasse 2.0 : "Big hacks pour l'émergence d'une Recherche Science/Tech collaborative et ouverte, libérée et globalisée." Concrètement : le projet " Epidemium est programme inédit de recherche scientifique participatif et ouvert, destiné à mieux comprendre le cancer grâce aux open big data !" Pour la majorité des projets, une page Facebook existe qui en dit plus long et permet de rejoindre la communauté. Sans oublier le projet qui résume peut-être le mieux l'ébullition en cours de la société civile et la renaissance démocratique « Un peuple totalitaire ? » , ""Contribuer à identifier le meilleur format de gouvernance compatible avec un projet de société bienveillante, après la Révolution Numérique", dispositif de roman collectif imaginé par Antoine Brachet co-fondateur des Barbares autour duquel ont fusé les propositions les plus folles. "La conclusion d'est effectuée autour du Fishbowl proposé par Antonin Léonard de OuiShare où chacun a exprimé son émotion.
                                                                                                                                                                                                                       Janique Laudouar

Nouveau ! FLora Clodic a aussi contribué à faire revivre l'esprit du Web #5 : "WEB #5, ou comment j’ai réveillé la barbare qui sommeille en moi" (21 02 16)

vendredi, février 12 2016

"A nous d'écrire l'avenir" Barbare (WEB) #5

Nouveau! Voxe propose une newsletter et un agenda démocratique. Inscrivez-vous !

"A nous d'écrire l'avenir" : Antoine Brachet annonçant le Week End Barbare (WEB) #5

L'agenda démocratique citoyen explose !

Pendant que le monde politico-médiatique se concentre sur la problématique de la réforme de la constitution et le remaniement ministériel, l'agenda démocratique citoyen explose! Un vent de fraicheur souffle sur la démocratie!

"Sommes-nous en Démocratie ? Existe-t-il des solutions pour débloquer notre système politique, pour rendre aux citoyens leur place en politique?" Agora 2017 a posé la question ce jeudi 11 février à Lyon au nom de Génération Citoyens : "Sommes-nous encore en démocratie?", - débat qu'on pouvait suivre en direct sur You Tube- Question presque dépassée! Les initiatives intéressantes, intelligentes, innovantes et surtout à la hauteur des enjeux explosent  partout en France. Janique Laudouar                                                                                                                             

Les Barbares (bienveillants)  Week End Barbare (WEB) #5

Ils se réunissent ce week-end du 12 au 14 février un Week End Barbare (WEB) #5.  "L'année dernière", raconte sur Medium Antoine Brachet l'un des fondateurs, "nous avions lancé l’opérationBarBar#1, rassemblant plus de 500 d’entre nous à l’Archipel le 31 mars 2015, dont 60 organisateurs." Et maintenant ...rencontre avec  : "les BarbActeurs, qui ont des projets en accord avec les valeurs du manifeste barbare (changer le monde avec les nouvelles règles que nous anticipons tous, positivement, sans se soumettre à la règle absolue du profit)."

26 BarbActeurs, ont proposé leur projet, et concocté pour le présenter une vidéo de 1 minute 30. On vous racontera.

Et pendant ce temps là, Démocratie Ouverte ...

De plus en plus d'adhérents à Démocratie Ouverte. Et ils préparent un BIG événement à la rentrée et se réunissent le 19 mars pour le préparer. On vous en dira plus bientôt...

dimanche, janvier 24 2016

LA DEMOCRATIE, C'EST MAINTENANT

« NE LEUR LAISSONS PAS 2017 ! »

Signe des temps, les militants n'attendent plus « les appareils » pour décider et « passer à l'action ». "Une primaire de gauche? Allons-y." Quelque 500 militants, associatifs, politiques, syndicaux ou simples citoyens lancent dimanche la création d'un "comité d’organisation de la primaire de gauche" annonce le JDD du 24 janvier 2016. L'appel au changement y figure : « Nous prenons en charge l’organisation de cette primaire. Nous allons faire de cet objet, encore non identifié, l’instrument d’un changement politique ». On y retrouve en autres Julien Bayou, Caroline de Haas et Eliott Lepers,  designer de politique, activiste, chef d'entreprise, écolo Mais surtout, «1000 citoyennes et citoyens, de tous les départements, de toutes origines de tous engagements». Libération avait déjà publié l'appel pour une primaire à gauche signé par divers intellectuels et politiques. Un site http://primairedegauche.fr/ est déjà en ligne signale Libération, avec budget (annoncé : 200 000 euros) et financement participatif.  A 150 kilomètres de Paris (Orne 61) Génération Citoyens organisait avec succès le 14 janvier l'inauguration de locaux en présence de Jean-Marie Cavada et de plus deux cent personnes. Le phénomène n'est pas uniquement  parisien. Janique Laudouar

Une approche ludique pour acculturer les citoyens à la loi : le projet Nesquiz, une démonstration lors du hackhaton à Numa par Jill Jên-Vie, en thèse à Orsay

OPEN LAW, OPEN DATA, OPEN GOV : Open Democracy Now!

Numa Paris vient d’organiser une rencontre le 22 janvier sur le thème Open Democracy Now avec Open Law et différents collectifs entre autres: Etalab, Regards Citoyens, Voxe, #MaVoix, DemocacysOS France. Le numérique apporte des solutions pratiques et concrètes au soutien et au développement de la démocratie ».  " En terme de révolution par l’intérieur,la technologie numérique nous permet déjà d'envisager des changements radicaux des processus politiques et administratifs existants. L'innovation peut-elle être publique ? C'est le pari d'Etalab lors de la réunion de mai 2015 « Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ?" Introduction à Open Gov par République citoyenne, Lancelot Pecquet modérait la rencontre.

"Numérique, politique et démocratie : implosion et explosion annoncées",  avait prédit Léonore de Roquefeuil, co-fondatrice de Voxe. dans http://www.democratiemiseajour.fr/ en parlant de ces "citoyens-hackers" La rencontre se concluait le samedi 23 janvier par une forme de hackhaton avec développeurs autour de la construction de plate-formes numériques de vote et de solutions open source.

Ce foisonnement rejoint la prédiction que nous avions faite à propos de l'économie collaborative  «Les politiques s'enlisent, les français s’organisent »,

Ci-dessus Emmanuel Raviart, développeur à Etalab, et Quitterie de Villepin, #MaVoix. Ci-dessous Benjamin Ooghe-Tabanou Regards Citoyens et Léonore de Roquefeuil, Voxe

mercredi, novembre 4 2015

Art et économie de partage : Host an artist

Host an artist soirée de lancement mercredi 4 novembre galerie Claude Samuel Paris http://www.hostanartist.com/

De la politique à l'art

« La politique n'est pas une science, c'est un art » disait Alain Bergougnioux défendant les « professionnels de la politique » lors des Entretiens de Solferino où il reçevait avec Henri Weber Pierre Rosanvallon sur le thème "Qu'est-ce qu'un bon gouvernement?". Passons donc de la politique à l'art. 

HOST AN ARTIST Résidence d'artistes chez l'habitant

Anne Roquigny on l'aime pour son parcours sans faute, pour sa maîtrise de "l'art numérique" et l'invention d'un dispositif qui fait le tour de l'Europe WJ'S. Soutenons aujourd'hui le projet Host an artist http://www.hostanartist.com/ de Anne Roquigny et David Guez. En allant à la soirée de lancement le 4 novembre galerie Galerie Claude Samuel http://www.claude-samuel.com/ 69 Avenue Daumesnil, 75012 Paris pour ceux qui sont à dans la capitale. L'EXPOSITION : Antoine Schmitt, Jacques Perconte, Aude Morandat, Eric Pajot, Nicolas Boone, Magali Daniaux, Cédric Pigot

Jacques Perconte également exposé à la Galerie Charlot "Horizons" du 15 octobre au 21 novembre 2015 http://www.galeriecharlot.com/fr/expo/99/Jacques-Perconte-Horizons

Mieux encore en versant une somme sur la plateforme de crowdfunding Kickstarter. « En échange de ces résidences, les artistes offrent à leurs mécènes une œuvre d’art, un texte original, un cours particulier, un concert privé ou toute forme qui permet de créer un lien inédit avec leurs hôtes. » Vite qualifié « airbnb de l'art », Host an artist part d'un constat similaire à bien des concepts de l'économie collaborative : des espaces vides chez les particuliers. Rencontre via la plateforme Web. Une initiative qui concerne tous les territoires. « A terme, il s’agit de proposer une plateforme qui relie artiste et citoyen, mais aussi institutions et initiatives locales »
                                                                                                                                      Janique Laudouar

En savoir plus sur le site et l'excellent ArtHebdoMedias http://www.artshebdomedias.com/article/021115-hostanartist-en-ligne-la-suite-de-paul-valery


lundi, septembre 14 2015

Nouvelle Démocratie : la relève politique

"Vite, faites entrer les barbares" : "la démocratie face à la révolution numérique, transformer les relations entre la puissance publique et les citoyens" "réinventer les élections" étaient parmi les thèmes de la conférence sur la démocratie de Nicolas Colin du 9 juillet 2015 à The Family en partenariat avec l'Institut Montaigne. Qui sont les "Barbares"? A l'origine des entrepreneurs du numérique décidés à "débloquer la France". Une élite éclairée et rompue au digital, certes, mais cet automne c'est la société civile "ordinaire" qui partout en France semble vouloir se mettre en ordre de marche et "hacker" la démocratie.

La société civile en ordre de marche pour renouveler la politique

Il y a quelques mois, ils étaient encore invisibles. « Hors du radar ». Mais en cette rentrée politique, impossible de les ignorer. Qui ? Nous, vous et moi, la société civile, citoyens qui agissons, porteurs de nouvelles valeurs. Il y a plusieurs mois nous les annoncions. Ils sont là et bien là. Et pas seulement en France. Le phénomène est international. Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, DemocracyOS s'étend dans le monde, El partido de la Red en Argentine, Islande, Tunisie. Et il sonne comme un avertissement. Et un espoir : une renaissance politique.

(Image : à OuishareFest 2015 trois femmes en politique  , Pia Mancini DemocracysOS, Léonor de Roquefeuil, Voxe, Primavera de Filippi (chercheuse expert blockchain), discutent des plateformes numériques!

L'émission C dans l'air le 25 août sur la 5 avait pour sujet «La tentation Varoufakis», citant l'ex ministre grec comme exemple de dissidence des gouvernances classiques. Sur le plateau seule Corinne Lepage semblait avoir conscience de la profonde mutation politique en marche « "On est au début d'une uberisation de la politique". Et de décrire une classe politique « hors sol » qui continue à penser en terme d'échéance électorale. Quand elle souligne le foisonnement de mouvements porteurs d'idées en marche et d'actions en cours, immédiatement l'un des intervenants les qualifie de « populisme », et de masquer par une connotation négative son incompréhension du phénomène. Car le plus stupéfiant c'est qu' « ils » ignorent l'explosion ou font semblant de l'ignorer. « Ils », le pouvoir, la classe politique « classique », les élus, les « élites déconnectées », bref le petit monde politico-médiatique, celui qui devrait être le plus informé, le plus à l'écoute

« Pas sans nous ! »

« Pas sans nous !» (nom de la Coordination Nationale « Pas sans nous »http://www.passansnous.org ) semble être le cri du cœur des citoyens las des lois qui continuent à tomber comme des couperets sans consultation autre que le traditionnel va et vient entre Assemblée nationale et Sénat. Las des annonces non suivies d'effet. Las du dysfonctionnement récurrent d'une administration « centrale » demeurée par nature conservatrice, dont la force d'inertie exaspère. Las d'une justice dont la lenteur et les délais hors norme ne semblent jamais remis en cause. Las enfin des mesurettes là où ils attendaient des changements structurels. Les gouvernances semblent devenues peu à peu inadaptées pour faire face au monde présent et au monde qui vient. C'est à la fois un constat politique mais aussi un ressenti exprimé ou tacite dans les populations qui ne sentent pas écoutées et dont les préoccupations prioritaires ne sont pas prises en compte.

Avant l'été plusieurs débats et séminaires ont dénoncé cette fausse démocratie et la nécessité d'aller vers un autre type de gouvernance, une nouvelle démocratie. « Les vieilles pratiques démocratiques se périment à toute vitesse et l’essoufflement de notre modèle politique appelle une réponse, sous peine de voir les mouvements contestataires se multiplier. » prédit Nicolas Colin co-fondateur de The Family où avait lieu la conférence très suivie « Les barbares attaquent...la démocratie » en partenariat avec l'Institut Montaigne. Etaient intervenants,Thierry Favre, fondateur de Democratech, Arthur Muller, Co-founder de Liegey Muller Pons,Camille Vaziaga, déléguée générale de Renaissance Numérique.  Le Forum « Changer d'ère » organisé à la Villette donnait des pistes concrètes et exposait les solutions expérimentées par les citoyens. Joël de Rosnay et d'autres y présentaient un avenir imaginatif et porteur d'espoir. Joël de Rosnay figure parmi les contributeurs de La Revue du Cube avait choisi pour thème de son dernier numéro #8 de mai 2015 « Révolution positive ». Le prochain thème sera encore plus précis : « Refondation ». « Le 14 juillet 2015, le Conseil économique social et environnemental (CESE) et l’Institut des Futurs souhaitables se sont unis pour mettre en lumière ces héros et héroïnes, ces « révolutionnaires positifs » . « 150 collectifs porteurs d’une vision alternative, optimiste et inclusive de l’avenir » http://congresdufutur.org/     

La nouvelle démocratie : la relève politique est assurée

Croire en la refondation de la démocratie, oui mais avec qui ? Et là c'est plutôt réjouissant car la relève semble assurée. Face au déluge législatif, lois ficelées à la hâte et qui révèlent ensuite leur inadéquation au «terrain » et leurs failles, Parlement & citoyens propose la co-gouvernance et la co-construction des lois. Avec certains élus conscients de la nécessité de co-gouverner. Une nouvelle plate-forme en ligne et son mode d'emploi permet de s'inscrire et de faire des propositions. Des députés ont rejoint le projet. Le rapport du maire-adjoint de Lille à la secrétaire d’État en charge du numérique Axelle Lemaire prône un véritable « partenariat public-privé-population ». Mais ces préconisations seront-elles adoptées par le gouvernement? Les collectifs, eux, sont libres d'agir MAINTENANT. Démocratie Ouverte grandit vite et de vient de fusionner avec le groupe animé par Michel Briand, Gouvernance contributive. Selon Armel Le Coz : «D’une poignée de co-fondateurs passionnés et de porteurs de projets démocratiques » le mouvement fédère de « de plus en plus de citoyens qui cherchent des espaces pour s’engager et agir concrètement en faveur de la transition démocratique. » VOXE recrute et cherche des passionnés de démocratie participative « intéressés par la politique, autonomes et qui ont envie d'agir dans la transition démocratique. » La transition se prépare dès maintenant : « en 2017, nous n'avons pas envie de voter pour vous » déclare https://democratech.co/ «  Autre collectif, Regards Citoyens, dont les membres « se sont rencontrés sur Internet dans un désir commun de proposer un accès simplifié au fonctionnement de nos institutions démocratiques à partir des informations publiques. » « Inventer la démocratie du XXIe siècle, un débat à la fois: DemocracyOS arrive en France. « Ré-inventer la Démocratie c'est possible. Partons à la rencontre d'idées, de personnes, d'outils, pluriels et innovants » affiche DEMOS XXI le web-documentaire qui espère réunir les fonds sur Kiss kiss bang bang.

L’Institut des Futurs souhaitables « participe de cette dynamique à un moment clef où partout dans le monde, les porteurs d’innovations concrètes se révèlent et se rassemblent. » Le tirage au sort est un dispositif qui revient souvent comme alternative à la démocratie représentative. Etienne Chouard milite depuis longtemps en sa faveur, et pour l'écriture d'une nouvelle constitution écrite par les citoyens. En Belgique « Le député Peter Vanvelthoven, c’est son nom, veut que les sièges du sénat ne soient plus occupés que par des citoyens tirés au sort ! » Le collectif #MaVoix (lancé au printemps) par Quitterie de Villepin souhaite aussi le tirage au sort. Une simple page sur Facebook au printemps a fait boule de neige. On peut y lire le manifeste du collectif qui lui aussi grandit. Des députés volontaires éduqués par des MOOC puis ensuite désignés par tirage au sort pour défendre les demandes citoyennes. Dans #MaVoix, des compétences, des têtes bien faites comme Valentin Chaput qui pratique l' « open source politics » transparence, échange d'information, réunions ouvertes grâce à l'application meet up. DEMOS réclame une chose simple : 6 Lois par an, décidées par et pour le peuple. Les citoyens exigent le remplacement du Sénat par des Assemblées Démocratiques dont les membres pourront être vous et moi. Mais cette « chose simple » est-elle souhaitée par les gouvernants en place ?

Et pendant ce temps là...la classe politique

« Et pendant ce temps là », écrit Jacques Attali dans l'Express du 26 août au 1 septembre, « la classe politique prépare benoitement sa rentrée sur le mode le plus traditionnel et le plus éloigné des enjeux -bref le plus nul, le plus indigne du pays. » Cynisme, ignorance ou indifférence, le manque d'écoute de la société civile devient criant et le silence des élus assourdissant face à l'explosion des aspirations et actions citoyennes. « Ici à Brest en fin de mandat la gouvernance contributive et l'innovation sociale ouverte ont été inscrites dans le programme de l'équipe élue. Mais dans la réalité, très peu d'élus s'approprient ce changement de paradigme vers une société contributive » nous dit Michel Briand, membre du Conseil national du numérique, initiateur du Forum des Usages Coopératifs à Brest qui en en 2014 avait anticipé la mutation politique et le nouveau rôle de l'élu. « Ceux qui gouvernent n’ont pas intérêt à soulever la question du bon gouvernement. Gouverner aujourd’hui, c’est essayer de survivre, c’est séduire. L’intérêt des gouvernants est de rester dans une telle conception archaïque du pouvoir comme propriété personnelle, comme outil de manutention des esprits et d’élimination des adversaires. »constate Pierre de Rosanvallon, professeur au Collège de France auteur de nombreux ouvrages sur la démocratie et fondateur du projet« Raconter la vie », donner la parole aux « invisibles »,  « pour remédier à la mal-représentation qui ronge le pays. » Il vient de publier « Le Bon gouvernement ». « Le centre de gravité est aujourd’hui la relation gouvernés-gouvernants. »

Et Demain? 

« Facebook a compté un milliard d’utilisateurs connectés en un seul jour » soit « 1 habitant de la terre sur 7 »(http://www.presse-citron.net/lundi-un-habitant-de-la-terre-sur-sept-etait-sur-facebook/. La civilisation du numérique rend caduque l'actuelle relation gouvernants avec tout pouvoir, gouvernés qui subissent. Avec l'arrivée d'Internet en France l'interactivité est entrée depuis 20 ans dans les usages des citoyens qui sont mûrs pour une vraie démocratie qui inclut leur participation et leur expertise. « Chacun, citoyen, journaliste, webmaster ou autre peut s’emparer de la plateforme et l’enrichir. » affiche Voxe. « Parlement & Citoyens «  permet aux citoyens et aux parlementaires de rechercher ensemble les solutions aux problèmes de notre pays » grâce à une plate-forme où il suffit de s'inscrire pour proposer ou commenter une loi. Une interaction permanente entre gouvernés-gouvernants, grâce aux plate-formes numériques et aux applications qui rend la fluide, est la nécessaire condition de la démocratie aujourd'hui.

Voxe.org est finaliste de GoogleImpactChallenge 2015. Vous pouvez voter : https://impactchallenge.withgoogle.com/france2015/charity/voxe

La 4ème édition du LHFORUM / Positive Economy Forum au Havre du 16 au 19 septembre 2015
http://positiveeconomy.co/fr/positive-economy-forum-le-havre-2015-2/

L'émergence des communs populaires http://tempsdescommuns.org/
http://tempsdescommuns.org/jardins-partages-en-communs/
  Festival francophone des communs du 5 au 18 octobre 

"Curieuses démocraties" Saillans, 18-20 septembre 2015 http://www.curieusesdemocraties.org/

http://www.ted.com/talks/pia_mancini_how_to_upgrade_democracy_for_the_internet_era?language=en

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20141219.OBS8339/start-up-ces-barbares-qui-veulent-debloquer-la-france.html

lundi, septembre 7 2015

Réfugiés : Action ! En ligne : CALM "Comme à la maison"

L'équipe de Calm, source et auteur image Noam.A

CALM : un dispositif en ligne nouvelle preuve de l'agilité citoyenne

Nous annoncions depuis longtemps l'avènement de la société civile, ("Les politiques s'enlisent, les français s'organisent") en terme d'action comme d'anticipation sociale et politique. Aujourd'hui, au cœur de l'actualité, une nouvelle preuve de l'agilité citoyenne : « Réfugiés Connectés » le premier Hackathon sur l'asile en France a eu lieu il y a 7 mois à l'initiative de SINGAFRANCE « Créateur de lien social et incubateur de projets qui changent la société ».

« Le dispositif CALM (Comme à la Maison)  permet la mise en relation entre des réfugiés mal logés ou sans domicile fixe et des particuliers ». Comment? " Il s’appuie sur une communauté grandissante de citoyens souhaitant s’engager sur l’accueil des réfugiés et, à terme, sur une plateforme web qui permettra un impact plus important ».

L'initiative de SINGA a le mérite de sortir l'expression « réfugiés » d'une masse informe et sans identité, et de souligner « qu 'il n'y pas de "profil-type" de réfugié, mais au contraire "une immense diversité des langues, des âges, des professions, des expériences, et par exemple, l'écart significatif entre ceux qui maîtrisent les codes du numérique et ceux qui le découvrent. » Au-delà du logement, il est proposé de s'engager pour un accompagnement : soutien d'apprentissage de la langue, accompagnement à la recherche d'emploi, « réfugiés porteurs de projets artistiques et culturels. » Sans oublier un appel aux sereni qui peuvent effectuer une veille juridique, académique, internationale. ll y a dans d’autres pays et d’autres secteurs d’activités des idées brillantes dont nous pourrions nous inspirer ou que nous pourrions dupliquer pour améliorer l’accueil et l’installation des réfugiés. »

Voir aussi dans le même esprit signalé par Julien Bayou http://aiderlesrefugies.fr/

Stay calm. Rester calme et agir. Sereno : calme, serein en italien mais aussi impartial, objectif https://en.wiktionary.org/wiki/sereno

http://singa.fr/la-communaute/calm-comme-a-la-maison/

vendredi, juin 12 2015

Ma contribution sur Parlement & Citoyens : co-construire la Justice à l'ère numérique

Co-construire la Justice à l'ère numérique

La nouvelle version de Parlement & Citoyens est opérationnelle ! Ma contribution "Co-construire la Justice à l'ère numérique avec et par les citoyens" est aujourd'hui 12 juin est  particulièrement d'actualité : on découvre une fois de plus les failles de notre système judiciaire dont nous avions déjà souligné la lenteur. L'aspect balzacien de certains cabinets d'instruction laisse rêveur... Après 4 ans d'instruction la relaxe est prononcée pour Dominique Strauss-Kahn. Un commentaire de Jack Lang sur BFM TV relayé par le Hufftington Post fustige ces "instructions  inconsidérées, bâclées" et parfois uniquement à charge. "Une fois de plus, la question de l’institution du juge d’instruction est posée en France. Cette situation dans laquelle un juge d’instruction peut mettre en cause l’honneur et la dignité d’un homme ou d’une femme pendant des années est inacceptable"déclare-t-il. Ces carences ne concernent pas seulement les "people" et les personnalités médiatico-politiques, mais aussi de simples citoyens. Et puis  aussi le journaliste blogueur, le lanceur d'alerte, le fonctionnaire en désaccord avec son administration.

Nous souhaitons la collaboration du citoyen à ce qui le regarde au plus haut chef : une justice moderne, accessible, lisible, qui n' a plus peur d'admettre ses erreurs et d'ouvrir de vraies voies de recours en défense des libertés. Pour y arriver : l'implication active des « pratiqueurs », pour reprendre le terme du chercheur d'Emmanuel Mahé et des « experts amateurs » que sont devenus les citoyens aujourd'hui, et qui peuvent être des collaborateurs, des co-auteurs, à l'ère de la participation et de l'interaction.C'est pourquoi loin de dresser un plan tout fait, nous proposons quelques pistes pour une « Justice numérique » qui seront complétées par la réflexion collective.

Janique Laudouar

Une "ambition numérique" dirigée vers les citoyens

Thierry Mandon Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification  visite le 19 mai  les ateliers organisés par la Mission Etalab et animés par Colibri "« Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ? "C'est la co-construction des lois qui vient en tête des sujets plébiscités.

Il est plus que temps de faire entrer notre système judiciaire dans l'ère numérique". Ce constat issu de la  consultation "Ambition numérique"(CNNum) devient une urgence. 95% des citoyens sont mécontents de la justice, de sa lenteur, de son opacité, de ses lois archaïques et complexes, et appellent à une simplification. Dans cette même consultation du CNNum, l'Ordre des avocats de Paris écrit "Le monde est devenu numérique alors même que la justice et le droit français continuent de l'aborder avec les outils légués par le XXème siècle".  On cite justice et médias, justice et politique, mais on oublie trop souvent la justice ordinaire qui par son incapacité à entamée une réforme dirigée vers les citoyens envahit leur vie parfois pendant des années avec des instructions qui s'éternisent.

Steeve Morin, développeur informatique, a entrepris de transférer le code civil sur le site GitHub https://github.com/steeve/france.code-civil qu'utilise la communauté des développeurs. "les "commits" soit les changements en terme de code, en sont plus faciles à lire que la liste de 40 décrets!"

"Les parlementaires font-ils la loi ?" On peut citer aussi La Fabrique de la Loi http://www.lafabriquedelaloi.fr/ qui permet d'explorer plus de 290 textes de lois, une initiative de Regards Citoyens, projet de recherche mené avec Sciences-Po.

Il y a aussi http://oz-imagidroit.tumblr.com/, « représenter le droit français avec des images et des shémas (Olivia Zarcate, Imagidroit) «  juriste de formation, a créé Imagidroit en 2012 pour faciliter l’accès au droit grâce à la pensée visuelle ».

Co-construire la loi

Lors du Forum Ouvert le 19 mai « Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ? » organisée par Etalab, c'est la co-construction des lois qui est arrivé en tête des usages démocratiques à instaurer. Rappelons que « la politique d’ouverture et de partage des données publiques (« Open data », voir le site https://www.data.gouv.fr/ est pilotée, sous l’autorité du Premier ministre, par la mission Etalab. Et que l'ouverture des données va modifier de façon internationale les rapports entre citoyens et administration. « Le numérique est ainsi une opportunité pour renouveler, enrichir, étendre la participation et la co-construction entre l’Etat et les citoyens. » peut-on lire sur  le blog de la mission Etalab https://www.etalab.gouv.fr/gouvernement-ouvert. Ou encore sur le site du « La transformation de l’État implique beaucoup de créativité, de dialogue et de capacité à dépasser des références devenues obsolètes. » (Thierry Mandon, Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification.

Actuellement une loi, même quand elle est défaillante ou inapplicable, reste très difficile à amender et à réformer avec des navettes interminables entre Sénat et Parlement. Un exemple : la loi sur les protection des majeurs qui donne tout pouvoir aux mandataires judiciaires , dénoncée par des dizaines de collectifs et d'associations qui protestent et crient leur souffrance et leur révolte face aux abus, par les médias, des publications. Mais ils ne sont pas entendus.

 L'amélioration rapide des lois existantes est une mission impossible actuellement . Que les lois soient expérimentées avant d'être lancées comme une barque fragile dans l'océan législatif semble une évidence acquise...mais non mise en œuvre.

Justice et numérique, à quand?

Il est temps de mesurer les enjeux de ces carences graves du à l'archaïsme: on commence à dire tout haut le ravage que peut créer dans la vie d'innocents des instructions hâtives, pour ne pas dire « bâclées, inappropriées », pour reprendre les termes des propos de Jack Lang par certains magistrats débordés et peu soucieux d'humanité, méprisant violents parfois, avec le justiciable même et surtout quand il est innocent et peu au fait du « système ». C'est un tort fait aux juges qui font preuve de conscience et de compétence, comme l'éthique des magistrats d'ailleurs l'exige, le Conseil supérieur de la magistrature a publié en 2010 " un « Recueil des obligations déontologiques des magistrats », librement accessible au public, afin de renseigner les citoyens et de guider les magistrats sur les exigences éthiques résultant de l’exercice de leurs fonctions."

"Il lui revient : d' améliorer sa formation pour éviter le retard de la procédure causé par son approche non professionnelle. de maintenir pendant toute sa vie le haut niveau de compétence professionnelle d'utiliser tous les outils juridiques, avec lesquels il se familiariser.

Dans chaque procédure, il veille à fixer des délais raisonnables aux parties et à lui même.

Le juge fait tous les efforts pour être le plus prompt possible et pour rendre ses décisions sans retard"

Hors le Juge a-t-il fait l'effort suffisant pour remplir ces obligations quand on voit les délais se prolonger et les outils numériques ignoré?
Certains le font depuis longtemps, citons Antoine Garapon " Le 7 avril dernier, “Le procès civil en version originale”, premier livre numérique juridique réalisé par Antoine Garapon et des chercheurs associés à l’IHEJ, a reçu le Prix du Cercle Montesquieu 2015."
Le juge unique est actuellement tout puissant alors que la collégialité avait été annoncée. Il n'y aucun recours réel pour le justiciable contre l'abus de pouvoir d'un magistrat. Il faut une réforme de la justice pénale et civile qui intègre le vécu et les demandes des citoyens, des avocats, et ne soit pas uniquement élaborée par les professionnels du droit des ministères, les syndicats de magistrats. Les mises en examen abusives avec au bout de 5 ans un non-lieu sont inadmissibles et ravagent la vie des citoyens les menant parfois au suicide. Manque de moyens? Manque surtout des usages de bases du numérique (liens hypertextuels, mots clefs-clefs etc). Il en résulte des tribunaux débordés qui n'ont plus le temps, ni de faire procéder à une véritable enquête préliminaire avant mise en examen, qui est un acte grave, ni de prendre connaissance des dossiers, ni d'examiner le profil du justiciable, ni de l'informer correctement sur les délais et coûts prévisibles de la procédure. Dans la pratique, la loi n'est plus respectée et les délais sont hors normes.

Dans un article du HuffPost l'avocat Dominique Inschauspe s'exprime. « Le véritable scandale est ici: dans son rapport de 2007, la Commission de suivi de la détention provisoire estimait que, en 2005, quelque 1100 personnes détenues avant procès avaient été libérées après avoir été blanchies. Plus d'un millier d'innocents libérés chaque année! Le plus long de ces délais (cas d'infractions graves avec une dimension internationale) est de 6 ans et 8 mois: près de 7 ans en détention sans être jugé."(...) Il faut en terminer avec de tels abus et il n'y a qu'une seule réforme possible: que la loi réduise ces longs délais maximum."

Plus récemment l'avocat pénaliste Eric Dupond Moretti a fait des déclarations publiques courageuses sur certaines instructions, et a fait parvenir le 14 mai 2015 à tous les députés avocats un courrier avec une proposition de loi concernant le secret professionnel des avocats,", « à la suite des révélations concernant la surveillance téléphonique de notre Confrère Thierry Herzog ». Encore un signe nécessaire de la co-construction de la loi avec ceux qui en subissent les débordements.

Citons un extrait du récent rapport de Pierre Delmas Goyon, conseiller à la cour de Cassation auteur principal d'un travail demandée par la Garde des Sceaux dans le cadre de "La Justice au XXIème sicèle, sur le « Juge au XXIème siècle », et qui préconisait « un citoyen acteur, une équipe de justice ». "Le groupe de travail sur ''le juge du 21ème siècle'' a fait 67 propositions (voir le rapport) parmi lesquelles la création d'une plateforme de règlement en ligne des litiges et d'un acte de procédure d'avocat, le développement de la médiation familiale, l'amélioration des supports d'information des juges ou encore la possibilité pour les justiciables d'accéder par internet aux procédures qui les concernent afin de faciliter le suivi."

« Proposition n° 13. Faire préparer par des assistants de justice, à la demande du juge d’instruction ou du juge des libertés, des synthèses, établies selon un modèle-type afin de garantir leur objectivité, qui seront officiellement versées au dossier. L’objectif recherché est de faciliter la prise de connaissance de dossiers très volumineux par des intervenants multiples (juge d’instruction, JLD, ministère public, avocat, chambre de l’instruction, juridiction de jugement), sans induire une lecture partiale ou tronquée. »

Voilà une proposition que le numérique peut concrétiser rapidement. Mais les mentalités du monde clos de la Justice sont-elles prêtes à l'accepter?

Notre objectif : réduire le volume des dossiers, simplifier, accélerer

Notre objectif est assez simple et s'inspire sur le plan de droit de certaines propositions des rapports issus de « Justice du XXIème siècle » en s'appuyant sur la culture numérique pour leur mise en œuvre. Nous souhaitons la collaboration du citoyen à ce qui le regarde au plus haut chef : une justice moderne, accessible, lisible, qui n' a plus peur d'admettre ses erreurs et d'ouvrir de vraies voies de recours en défense des libertés. Pour y arriver : l'implication active des « pratiqueurs », pour reprendre le terme du chercheur d'Emmanuel Mahé et des « experts amateurs » que sont devenus les citoyens aujourd'hui, et qui peuvent être des collaborateurs, des co-auteurs, à l'ère de la participation et de l'interaction.C'est pourquoi loin de dresser un plan tout fait comme objectif, nous proposons quelques pistes pour une « Justice numérique » qui seront complétées par la réflexion collective.

Nous citons ici quelques propositions de notre projet, merci à Anthony Masure professeur agrégé, docteur en esthétique et designer pour sa veille active et ses invitations à des séminaires et au groupe Design en recherche.

Faire appel au design et au design de service pour « redessiner » une justice co-élaborée par et pour les citoyens

1 Une justice co-élaborée avec les citoyens et des designers, et non par les seuls techniciens du droit. Il en ressortira une simplification sur le fond et sur la forme, une justice lisible et si possible transparente. Ce n'est pas le fonctionnement interne de la justice qui doit guider le législateur et présider à la loi : le ressenti et le témoignage du vécu quotidien des citoyens doit être intégré comme réalité essentielle, ce qui n'est pas le cas actuellement avec certaines lois trop « loin du terrain » donc contestées.

2 Réduire le volume des dossiers non par une simple copie numérique du dossier, mais par l'usage dans les pièces du dossier et procès verbaux d'audiences des mots clefs, des liens hypertextuels, logiciel de reconnaissance d'écriture manuscrite (OCR) etc. Une harmonisation entre les logiciels utilisés pour le compte-rendu des services de police et compte-rendu des audiences serait souhaitable.

3 Réduire les délais : alors que la marche du monde s'accélère, la justice s'arroge le droit d'être hors délai. Nous proposons de normer les délais, d'inscrire des dates-limites comme il y en a dans toutes les administrations. Pour le justiciable, par contre on note parfois des délais complexes ou très courts pour réagir en appel.

4 Normaliser grâce à l'open data et le recueil des données des jugements appliqués dans les juridictions aujourd'hui disparates en matière civile et pénale. Cela suppose une correspondance entre juridictions aujourd'hui inexistante : il peut y avoir une lecture différente du même dossier par deux juridictions et des peines très différentes, ce qui n'est pas admissible.

5 Instituer une base de données accessibles aux avocats comme aux magistrats et aux citoyens. Re-coder éventuellement la loi dans un souci d'accessibilité comme le fait actuellement

6 En matière pénale : les magistrats en cas de comparution pour mise en examen seront obligés d'indiquer très précisément les faits et les « indices graves et concordants » repérés par mot-clefs dans les dossiers et non une simple ligne du code pénal qui ne peut renseigner ni le « mis en cause » ni l'avocat sur la nature des faits reprochés. Cette obligation limitera on l'espère les mises en examen abusives.

7 Sécurité et protection des données, justification des écoutes, seront étudiés parallèlement, avec la CNIL, par exemple. On veillera à la limitation des abus possibles dans le cadre de la loi sur le renseignement.

8  Une étude de cas sera proposée dans un premier temps comme projet de recherche expérimental entre un laboratoire de droit, un laboratoire de design un département relevant d'une administration concernée, si possible Etalab et/ou le Secrétariat d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification

- page 1 de 11