Le blog de la ménagère

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samedi, juin 11 2016

Ces candidat(e)s aux élections présidentielles 2017 sur LaPrimaire.org

La démocratie est sur la place publique en juin 2016 mais sait-on qui sont ces candidats citoyens? Une visite sur LaPrimaire.org

Ces citoyens candidat(e)s : audacieux

La France doit être le projet de tous les Français. Redonner envie de contribuer à un projet collectif. L'objectif : l'épanouissement. Mes priorités, Humain et lien social au cœur de la stratégie de l'emploi, le numérique pour rationaliser les dépenses publiques” Qui fait cette profession de foi, quel parti? Ou encore “Ma vision :Simplification, modernisation. "Les problèmes ne seront pas résolus par ceux qui les ont créés" - (Albert Einstein) 6e République: élire 4 ministres indépendants Numérisation de l'administration Revenu universel inconditionnel” Non, ce ne sont pas nos partis politiques. Il s'agit de candidates et candidats déclarés sur le site de LaPrimaire.org. Justine Henry est vétérinaire, habite Paris, est candidate depuis 67 jours. Gireg de Kerdanet a 24 ans, est entrepreneur habite le département de la Gironde.
“LaPrimaire.org est une primaire ouverte, organisée pour permettre aux Français de choisir librement, de manière transparente et démocratique, les candidats qu'ils souhaitent voir se présenter à l'élection présidentielle de 2017.” Rien de plus simple que de s'inscrire sur LaPrimaire.org, une gentille petite robote vous aide dans la démarche, votre identité sera vérifiée, et hop, vous n'aurez plus qu'a poster votre photo, votre vision de la France et les points prioritaires de votre programme. "Aujourd'hui en France, les partis politiques (365,000 personnes soit 0,5% de la population) désignent les candidats aux élections alors que les citoyens les rejettent massivement. L'objectif de LaPrimaire.org est d'insuffler un nouvel élan démocratique à notre pays en favorisant le renouvellement de notre classe politique.

“Faire de la France un pays libre, démocratique et visionnaire. Il est temps de vivre au 21e siècle.”

Rémi Arnaud, 25 ans, Développeur informatique, Paris, 75)

En faisant le tour des candidats déclarés – et je suis très loin d'avoir fait le tour des 187 candidatures a ce jour-, on s'apercevra vite que leur vision est bien plus audacieuse que celle des partis traditionnels : elle est porteuse de changement structurel. “Ma vision : remettre les citoyens au centre des priorités, mettre en place un parlement 100 % citoyen par tirage au sort et fin des cumuls des mandats” Mes priorités :démocratie participative, éducations , sécurité.” Ca va jusqu'à :”Supprimons la fonction présidentielle. Un objectif unique : en finir avec ce régime qui bloque la France Revenons au vrai débat politique. Mes priorités 1. supprimer la fonction présidentielle. 2. Pour cela : organiser un référendum national dès l'été 2017 3. Appliquer cette nouvelle constitution” “L'idée est de revoir tout le système actuel pour en faire un cohérent et surtout participatif !” Et aussi nous dit Laurent Roullier, 58 ans, Infirmier “Faire émerger une nouvelle classe politique désintéressée” Caroline Godard 32 ans, indépendante en communication habite le département 44 - veut des “Commissions collectives mixtes à la place des ministères”.Jean-Cyril Hubert, 42 ans, Disrupteur, habite le département 94 – Val-de-Marne est candidat depuis 66 jours et sa vision intègre la disruption comme moteur de l'evolution “Utilisons les INNOVATIONS pour modifier DISRUPTIVEMENT notre société et TRANSMETTONS à nos descendants une FRANCE VIVABLE ! Mes priorités 1. L'ENVIRONNEMENT est la PRIORITE pour vivre en PAIX! 2. Restaurer les EGALITES, la FRATERNITE et LES LIBERTES ! HUMANISME et INNOVATION afin de poursuivre notre EVOLUTION !

“Mettre fin au gaspillage de l'état”, “Un système participatif”

Ce qui revient souvent dans les points prioritaires : “mettre fin au gaspillage de l'état”. Alors qu'on nous fait croire que les français veulent “maintenir le modèle social” a n'importe quel prix, non, ca c'est le credo des politiques, il n'apparait pas ici, alors que le “revenu de base” revient souvent. Les français veulent “Des réformes structurelles pour mettre fin aux gaspillages “. Ils n'ont pas peur de la lucidité, “Mettre fin au mythe de la croissance économique”

Déraisonnables ces propositions? Elles semblent au contraire moins frileuses et plus tournées vers une vision d'avenir que celles que nous font actuellement les “politiques”. Les candidat(e)s n'ont peur ni de la démocratie liquide, ni de la 6eme République. Leurs visions veulent rassembler alors que les lois actuelles divisent et déchirent la France. Elles placent le citoyen de tout bord au coeur de la République et de la gouvernance. Sans oublier l'harmonie et l'humain. Ma vision : “Faire de la France un pays où il fait bon vivre” nous dit Blanche de Weerdt 73 ans, Formatrice à la retraite “Bouches du Rhône”. Comment vont-ils obtenir les 500 noms nécessaires a leur qualification? Peu de candidats qualifiés. Parmi eux Jean-Michel Billaud un des pionniers du Web 2. Ma vision : "Notre démocratie représentative 1.0 bat de l'aile. Ma vision et mon action : mettre en place une démocratie directe (2.0)." On trouve aussi un candidat atypique - soutenu par son réseau ou communauté? - Essayiste politique, Ismaël BOUDJEKADA, 20 ans, habite le département 92 – Hauts-de-Seine. "Un ennemi nommé, la finance folle non-régulée : l'argent s'y trouve,spéculation abusive sur les matières agricoles, une taxe Taubin dérisoire" Ce candidat axe sa campagne sur une autre vision de l'économie. A vous de voir et d'approfondir.  Il y a aussi des femmes élues locales qui font partie des candidates. Les femmes du Net, vous qui avez 2000 amis sur Facebook ou plus, vous n'êtes pas tentées? “Terminé les politiciens qui ne connaissent rien a la vie! Place aux citoyens qui savent ce qu'il faut faire!”dit Jennifer. En 2016 #ToutesCandidates !

LaPrimaire.org réussit a démontrer tout l'intérêt de candidatures hors système, candidatures désintéressées, délivrées de tous les petits arrangements entre amis et calculs électoraux, miroir d'une France qui prône la numérisation de l'administration, la fin du gaspillage, le projet collectif, d'une France prête a contribuer a l'innovation et au changement structurel.  Janique Laudouar

La Primaire.org en pratique  https://laprimaire.org

  • La liste des candidats est rafraichie une fois par jour, ce qui permet une rotation des candidats en premiere page.
  • Il y a aussi une liste de candidats plébiscités, que nous ne traitons pas dans ce billet.
  • Environ presque 50 000 citoyens inscrits, 49 % de l'objectif 100 000 citoyens inscrits, les chiffres et les comptes transparents.
  • Financement : financement participatif des plus petits dons mensuels aux dons importants, tout est tres bien expliqué et transparent 57, 721 euros a ce jour  https://laprimaire.org/financer
  • twitter : ‎@democratech

samedi, mai 21 2016

OuiShare Fest 2016 : avançons ensemble!

Duc Ha Duong, Officience, un des entrepreneurs emblématiques du numérique, les 100 Barbares, photoJL

A OuiShare #OSFEST16, on ne « suit » pas simplement 3 jours d'innovation  : on y « fait sa part », pour reprendre l'expression de Colibris . Chacun contribue à construire « le monde que nous voulons » guidé par l'époustouflante programmation. Pendant 3 jours on travaille dans un décor rudimentaire et une sobriété voulue (zéro waste), probablement plus vite et mieux qu'aucun parti politique ne le fait actuellement. C'est ici qu'on peut s'informer mais aussi apprendre des autres dans un gai partage du savoir fidèle à la philosophie de OuiShare. Et comme l'observe actuellement l'Université de Paris-Saclay qui mène une enquête (Sharing Networks) sous la conduite de Antonio A.Casili, (i3, Mines-Telecom),  et Paola Tubaro (LRI, CNRS) les participants forment un réseau national et international. ( Résultats publiés dans OuiShare Magazine). Ce réseau informel et spontané, connecté à l'innovation, imprégné de valeurs humaines, semble prêt à faire vivre de nouvelles gouvernances en entreprise, dans la ville, et en politique.  

                                                                          Janique Laudouar

Nous reviendrons sur le sujet de la Civic Tech et de ses valeurs dans une seconde partie. Lire le billet de Lison de Happy Democracy, Voxe sur Medium.

 

Avançons ensemble!

« La République du XXIème siècle ne doit pas dire à ces gens ce qu'ils ont à faire : elle doit leur offrir l'écrin à partir duquel ils auront le droit de passer de l'expérimentation à la grande échelle » pouvait-on lire dans l'éditorial de Usbek et Rica à partager sur le stand de la MAIF, partenaire de OuiShare Fest 2016. La « Super République » rêvée en couverture, « les gens » sont en train de la faire. « Ce pays est génial et on ne le sait pas » dit encore Usbek et Rica. Elus qui créent un écosystème propice à l'innovation sur leur territoire, grands groupes qui osent tout changer et bousculer l'inertie de leur organisation interne, comme l'a décrit, entre autres, Sébastien Bazin de la chaîne d'hôtel Accor Hotels, et toute cette société civile qui s'active partout dans le monde – OuiShare garde son caractère international – CEO, PME, entrepreneurs, start-ups, corporates, fonctionnaires, universitaires, scientifiques, communautés, collectifs politiques, activistes, ONG, geeks, codeurs, hackers, changemakers, doers, slashers ou tout simplement esprits curieux. Si l'expérimentation est toujours là 4 ans après le lancement de OuiShare comme think tank de la société collaborative, aujourd'hui le pragmatisme semble indiquer la ligne de conduite : avançons ensemble !

Le changement d'échelle semble être un désir partagé par les participants venus non pas seulement humer l'ambiance du futur, mais travailler au présent, bosser, échanger, écouter les propositions, trouver des solutions, établir des passerelles, créer des liens entre tribus qui hier s'ignoraient encore et aujourd'hui ont envie de se rencontrer, de savoir comment ça marche de l'autre côté, et de voir si on peut avancer ensemble. 

Images : Workshop Civic Tech : Will the Revolution be Uberized?  Julien Bayou, élu et porte porole des Verts, Heloise de Civocracy, Julie de Pimodan de Fluicity, Léonore de Roquefeuil Voxe, Maria Mella LaPrimaire.org . Participants au workshop.
Le 21 mai était une journée ouverte à tous et de nombreux collectifs étaient là

Partage de la valeur

Et enfin on comprend le titre, «After the Gold Rush», après la Ruée vers l'or, métaphore restée quelque peu mystérieuse. Oui, il y a ces formidables mutations, mais qu'en fait-on ? Oui il y a ce territoire à explorer, tel l'Ouest de la Californie à l'heure des pionniers. L'Or, promesse de bonheur est mis en parallèle avec cette économie de partage qui devait être par tous et pour tous. Il y a des réussites éclatantes mais qui demandent à être revisitées. Rappelons avec Paul Valery que les « les faits sont têtus » et que le salaire des grands patrons jugé disproportionné par tous sauf par les intéressés, n'a en rien évolué, au contraire, il devient de plus en plus choquant et révoltant : il symbolise une création de valeur de plus en plus centralisée et de moins en moins partagée. Hors le discours de OuiShare se doit toujours d'avoir un temps d'avance et questionne aujourd'hui la création de valeur issue du changement de modèle économique et sa répartition. La technologie Blockchain déjà présente lors du précédent Fest est cette année abordée de façon plus concrète via plusieurs experts et projets, («Blockchain beyond bitcoin » Stephane Tual, Slock.It, «Blockchain : the end of corporations or its reinvention , Nadia Filali, Caisse des dépôts, Arno Loeven, Philips Healthcare Blockchain Lab, Claire Balva, Blockchain France. Vincent Fily, Microsoft. Une technologie qui, selon Antonin Léonard peut être une solution pour la décentralisation de la valeur créée via les plateformes. La DAO (Decentralized Autonomous Organization) est abordée avec la même logique de répartition. «La montée inexorable de la DAO » titre Slock it «loue, vend ou partage «  à peu près tout, mais sans intermédiaire objectif qui lui a permis une levée de fond spectaculaire. « C'est la future infrastructure de l'économie de partage » annonce le site qui vient de se voir attribuer l'IoTAwards (internet des objets connectés) Vers Le Réseau Universel de Partage ? (Universal Sharing Network).

Partage du savoir

La mise en danger des « vieux modèles » peut être stimulante pour les organisations qui en ont compris les enjeux. Mais pour un état qui « semble dépassé par une vision court-termiste » et « dans l'incapacité de saisir les enjeux du numérique » (MAIF) , le réflexe est plutôt conservateur : sauver à tout prix des modèles condamnés et des professions sinistrées, et alourdir encore la dette publique. Pour les jeunes millenials, ces trentenaires agiles avec le numérique qui ont déjà tout compris du parti qu'ils pouvaient en tirer, la lourdeur de l'état et de son administration, les contraintes archaïques, le déluge législatif, génèrent de la colère et du mépris, quand ce n'est pas de la violence. Finie, la paix sociale, quand il y a un tel décalage entre la jeunesse et ses gouvernants, entre la société souhaitée et celle qu'on tente de leur imposer. Mais patience, grâce à leur maîtrise des plateformes digitales, leur usage pertinent des algorithmes, leur aspiration à de nouvelles valeurs, ils construisent la « politique collaborative » qui va changer nos institutions. Les millenials n'attendent plus que le système s'adapte, ils créent des écoles et des cours en ligne A Ouishare nombreux sont venus avec de nouveaux modèles de méthodologie éducative (Jeremy Lamri, Monkey Tie) ou d'écoles autonomes (Ramin Faranghi Ecole autonome) plus adaptées au XXIème siècles que nos systèmes d'éducation classiques

Partage de la gouvernance en entreprise

Démocratie dans l'entreprise?
Peut-on instituer une véritable démocratie dans l'entreprise ? Y a-t-il des similarités avec la démocratie politique qui nous est familière ? Quelles sont les solutions proposées par les coopératives et les mutuelles implantées depuis longtemps en France ?

« La démocratie dans l'entreprise »Jean-Louis Bancel Président (Crédit coopératif), Catherine Coupet (CEO Up Group) Dominique Mahé (Président Maif) moderé par Marguerite Grandjean (OuiShare). L'entreprise ajoute une corde à son arc : elle devient purpose-driven, objectif d'intéret général. Les mots-clefs du management ont changé : confiance, écoute, fluidité surgissent de la table ronde modérée par Marguerite Grandjean, OuiShare connector, expert sur le sujet de la gouvernance. La démocratie dans l'entreprise, fait partie de la mutation et tient compte du désir des jeunes d'une société moins verticale et plus collaborative. La MAIF opère la mutation de son modèle coopératif en prenant des parts dans des start-ups (guest-to-guest) et comme partenaire de Ouishare vers une société collaborative. Partenaire de l'Université Jean Monnet, de l'Institut Mines Telecom, pour un MOOC « Comprendre l'économie collaborative » qui sera lancé en septembre www.fun-mooc.fr : un entretien filmé avec Antonin Léonard avait lieu sur la terrasse MAIF où on prolonge les débats du « Circus ». Un effort reste à faire pour impliquer les clients mutualistes MAIF pas toujours informés de ces avancées. Chez Up, (les chèques-déjeuners, 3 millions de sociétaires) on accorde beaucoup d'importance au partage de la décision. Mais comment faire vivre cette démocratie dans l'entreprise ? La question est posée « Ecouter la voix des silencieux » En organisant des éspaces d'échanges . Le Crédit coopératif a l'ambition d'instaurer la traçabilité pour ses clients, important de savoir « où va l'argent ?. Pour la Maif les mots clefs sont audace et confiance . « D'abord la confiance en nous » dit Dominique Mahé, « en notre modèle. »

L'entreprise entre Horizontalité et verticalité : l'exemple de Accor Hotels

Comment le management des start-ups influence les grands groupes ? L'horizontalité est une des valeurs plébiscitées à OuiShare.Tout n'est pas si simple. Car les grands groupes ont un héritage « d'inertie » comme le pointe Sébastien Bazin Président directeur général d'Accor Hotels face à une jeune start-upeuse Celine Lazorthes Founder & CEO, MANGOPAY qui le « challenge » en posant d'emblée la question de la concurrence airbnb . « Je ne suis pas contre eux », répond Sébastien Bazin, « c'est le futur et je veux en faire partie. Je suis ici pour apprendre. Nous avons raté trop d'étapes depuis 12 ans, Expedia et Booking, Trip advisor. Je ne veux plus être un spectateur. Nous, chaîne d'hôtel, nous nous sommes concentrés sur le produit, la marque. Hors c'est le client qui est au centre. Facebook interagit des millions de fois avec ses clients, et nous, combien de fois par an ? Je veux qu'ils viennent à Accor pour faire du co-coworking, qu'ils invitent des amis, pas seulement pour y dormir. airbnb c'est une idée forte, mais elle a déjà 7 ans, ils devront s'adapter. Ils proposent plus davantage de volume à un prix inférieur au nôtre, nous devons faire un effort dans ce sens. » Céline fait remarquer qu'avec les taxis de type Uber, quand elle arrive de l'aéroport, elle trouve un prix fixe, une bouteille d'eau et peut recharger son portable. Que propose Accor pour marquer le changement ? Sébastien Bazin souligne l'obstacle de l'inertie dans les grands groupes, dirigés par des plus de 50 ans. Joël de Rosnay, qu'il estime, lui a fait remarquer que les jeunes«millenials», les trentenaires, n'attendent pas  : « Je sais ce que je veux, et je le veux maintenant. » Et s'ils ne le trouvent pas, ils l'inventeront. C'est pourquoi il a été décidé à Accor de monter un comité directeur parallèle, un shadow cabinet, composé de jeunes, 8 femmes et 7 hommes. C'est eux qui portent une vision du futur. D'instaurer la transparence. Et l'horizontalité" Action : le personnel d'Accor, venu avec la responsable Talents et Compétences Arantxa Balson. « We will survive » conclut Sébastien Bazin, « Nous survivrons » Voir  : « Flat or Hierarchical Organization ? Breaking the binary with Buffer and Accor Hotels, modéré par Antonin Léonard. (image).

A OuiShare on fait un travail sérieux mais on ne se prend pas au sérieux. Diana Filippova et team OuiShare

Le travail à l'ère digitale, nos institutions à l'âge de l'algorithme : évangélisons!

Pour la communauté OuiShare, qui a mis en pratique ses convictions en faisant toute la CR transparence sur l'organisation, quelle conclusion ? Pour Diana Filippova (OuiShare/microsoft) , la question du travail reste centrale et nombre de conférences y étaient cette année dédiées («The ( Present) Future of Work », « Challenging our traditional beliefs in work and business», «Prêt à travailler à l'ère post-industrielle?» Esko Kilpi Company, Tim Leberecht Founder, The Business Romantic Society, Nilofer Merchant Author, The Social Era, Harvard Business Review modéré par Arthur de Grave) . Pour Diana c'est «l'âge de la maturité et l'établissement de points clefs. Le sujet principal, c'est le travail» Assez du brassage de concepts. il faut maintenant «entrer dans le dur» des vraies transformations. C'est aussi l'avis de l'auteur de ecobase21.net «Evitons le piège des généralités dans les débats et entrons dans les détails» Michel Giran a recensé « de multiples réseaux d'acteurs du changement». Les compétences et les solutions existent, il faut maintenant les mettre en œuvre à une échelle significative et Ouishare peut y contribuer.  «L'âge de la maturité, c'est aussi vivre dans la conversation plutôt que dans le divergence». Et pour y arriver, «créer des espaces de dialogue, des agoras. A Ouishare, c'est important d'accueillir les nouveaux participants de manière naturelle, les «confirmés» connaissent, «ils savent où trouver les gens, ils savent que ça se passe autant sur le green qu'à l'intérieur ». Alors, l'événement et son futur ? Lever des fonds pour un événement est ardu.«Il y a une crise de l'événementiel en France » note Diana. Et il vrai que les participants ont critiqué ces conférences arrogantes qui prolifèrent un peu partout avec Super Héros du Net et Big ideas, et qui leur semblent relever d'un registre archaïque. Image : Domenico di Siena Civic Wise rend hommage a Nuit Debout place de la République en parlant des agoras (Gentrification from below)

Le challenge de la rencontre entre organisations et start-ups est-il un pari gagné? Pour Arthur de Grave, co-fondateur et éditeur de OuiShare magazine, «nous avons l'habitude de l'hybridation, c'est la quatrième édition. Nous faisons en sorte que ceux qui n'ont pas l'habitude d'interagir ne soient pas perdus, nous créons des espaces de dialogue» Après les tables rondes, des lieux sont aménagés pour prolonger le dialogue. «On a appris à être pédagogue, cette année nous avons indiqué pour chaque session des niveaux d'expérience, ça va de «Découverte» à«Avancé». Le Fest est un moment d'accélération, de catalyseur. OuiShare Fest reste un événement à taille humaine, 1500 participants inscrits, 2000 personnes qui ont suivi les conférences en live, 3000 attendus pour la journée ouverte du samedi 21 mai.» L'évolution, après «le souffle naïf de la première édition»? (Cette année 2016 est la 4ème édition) «Au départ c'est le culturel néo libéral qui nous a poussé à bout, il fallait trouver un nouveau cadre». Et c'est vrai qu'à OuiShare c'est le côté «nulle part ailleurs» qui séduit, une vraie originalité dans les sujets mais aussi dans la préservation d'une ambiance unique dans ce brassage de publics différents mais animés d'une curiosité commune. Malgré ce défi d'équilibriste entre tribus diverses «Ouishare vieillit bien» conclut Arthur de Grave.

Partage et Bien Commun


"Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martele en conclusion Yochai Benkler (Harvard), Si le mot « partage » est toujours omniprésent, le rôle de OuiShare en 2016 est plutôt cette année un rôle de partage du savoir, sortir de « l'entre-soi » de l'innovation débridée et de l'élite hyperconnectée, pour endosser encore davantage un rôle constructif d'accompagnement des institutions et des entreprises dans la transition numérique, d'acculturation des organisations de bonne volonté, qu'elles soient publiques ou privées. Sans oublier l'individu qui doit s'armer de compétences adaptées à l'ère des réseaux (Building indivividual Capabilities for the Network era). Non, tout ne depend pas des réseaux et des plateformes. « It's all about people, skills, wishes and beliefs ». « Tout dépend des gens, de leur savoir-faire, de leurs désirs, de leurs convictions. »

                                                                                Janique  Laudouar  

A suivre  dans la partie 2 a venir "Civic Tech : les nouvelles valeurs de la démocratie"

Un compte-rendu partie 2 sera consacré  a la Civic Tech et aux collectifs en train de se constituer partout dans le monde.

 

samedi, mai 14 2016

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée ?

"Le OuiShare Fest rassemble chaque année des entrepreneurs, leaders d'opinion, et communautés du monde entier prêts à explorer les limites émergentes de notre société. » Révolution dans la gouvernance, le travail, l'entreprise, la société. http://2016.ouisharefest.com/ #OSFest16 . Venez!
Workshop participatif proposé par La Ménagère « Civic Tech : la Révolution sera-elle Uberisée? » mercredi matin, 11h30, Lab, dans la catégorieDigital Insitutions and the City.    Janique Laudouar

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée?

Comme l'année dernière Le Blog de la Ménagère va suivre la TOTALE des 4 jours du OUISHARE FEST 2016 du mercredi 18 au 21 sur le thème La Ruée vers l'or et après ?  Je suis certaine de trouver à OuiShare du neuf, du stimulant, de la prospective, du constructif, et  une ambiance unique, électrisante, qui mêle convivialité et haut niveau de réflexion, jeunes bénévoles et experts internationaux. Le programme est articulé autour de thèmes au plus près de nos interrogations,le futur du travail, civic tech et les communautés en réseau,  les organisations du 21ème siècle...et il y a toutes sortes de goodies, dont un mode d'emploi.  Trois jours de fête, d'ébullition des cerveaux et de coolitude, mais qui cette année prendront parfois un aspect plus grave : ce monde va mal, il faut que les solutions imaginées par la société civile et les entrepreneurs agiles voient le jours. L'économie collaborative, faisons le point, elle est passée dans les mœurs, avec ses réussites incontestables et ses failles à rectifier. Et surtout élargissons le débat vers la société collaborative  : le monde semble s'être mis en mouvement, DEBOUT, et pas seulement en France où Nuit Debout continue, progresse. 

Les GENS progressent, ils sont connectés et en réseau. Il y a des digital natives, nés dans le numérique, d'autres seniors, pionniers connectés depuis l'arrivée d'internet en France, porteurs de 20 ans de culture numérique. L'échange est transgénérationnel et international. Civic tech : l'expression regroupe tous ces collectifs citoyens qui sont beaucoup plus articulés, avancés et structurés qu'on ne le croit dans l'élaboration d'une nouvelle démocratie, liquide, ouverte, participative et numérique. Ils travaillent dans une relative discrétion loin des médias classiques. Ils inventent un rêve collectif, et comptent bien le mettre en œuvre dans la gouvernance, dans l'entreprise, dans le management, dans le travail, dans l'éducation. Venez voir « les utopies se transformer en décisions » Pour reprendre l'expression de Régis Debray à propos de son engagement ( invité d'Anne Sinclair sur Europe 1 le 14 mai). NuitDebout Roma source image twitter citée par Francesco Brancaccio

Partout dans le monde...et #Chemin Faisant

Partout dans le monde on voit comme dans un jeu vidéo les gouvernances remises en question, et les têtes tomber pour avoir triché, Bang Bang. A l'ère de la transparence et des Panama Papers, difficile de masquer ces détestables dérives dont les gens ne veulent plus, c'est vérité versus mensonge, intégrité versus, corruption versus, confiance versus défiance, action versus immobilisme, horizontalité versus hiérarchie, société civile connectée versus élite déconnectée, intérêt général versus intérêts particuliers, collectifs politiques versus partis classiques. Ouishare a défini une charte des nouvelles valeurs. Ce sont ces nouvelles valeurs qui se mettent en place, de nouveaux espoirs portés par la jeunesse. On peut compter sur OuiShare non pour donner le cap, mais pour nous inviter à le co-construire.

Inviter aussi les autres mouvements, comme les collectifs qui tiendront un stand le samedi 21 mai, journée gratuite, #MaVoix et Voxe.org avec Curious, les 100 Barbares communauté de plus en plus Open et inventive avec un stand Roman Collectif Un peuple totalitaire où vous ferez la connaissance de Julien Letailleur avec "Romançons ensemble la démocratie dont nous rêvons" samedi à 16h30,

Et en Bonus le dimanche 22 mai, une invitation à avancer ensemble dans la nature parisienne, autour du Lac Daumesnil. Les 100 Barbares,  vous vous souvenez : ce groupe d'entrepreneurs du numérique qui avait fait le buzz et s'était réuni à l'Archipel en 2015. Vous vous souvenez de cette conférence à The Family qui avait pour thème « Les barbares attaquent la démocratie » avec Nicolas Colin qui partageait sa vision des choses, une « culture différente », et prédisait l'avenir de la démocratie En 2015, ils étaient 500, ils sont aujourd'hui 5000 sur les réseaux et veulent se rencontrer dans la vraie vie. En 2016 Marchons #Chemin Faisant avec les 100 Barbares, et un nouvel axe, avec Sandrine qui propose un BarbEngagetoi, ou Lune et son Rêve Collectif! Avec Alexandra « un espace BarbaKids !!! Mon fils a toujours rêvé d'une école en plein air » Que vous soyez Babarattentif ou Babaracteurs, le dimanche 22 mai, venez!

L'engagement citoyen : devenez le décideur!

La Révolution sera-t-elle Uberisée? Mercredi 18 mai 11:30am - 12:15pm 50 personnes de toutes les nationalités se sont inscrites à ce Lab. A Ouishare et dans ce workshop, oui il y aura du blockchain, oui il y aura des start-ups, oui, il y aura de la décentralisation, oui il y aura les digital cities et comment faire participer les citoyens, oui il y aura de la démocratie ouverte et participative, oui il y aura des plates-formes numériques de votes. Oui, on parlera de Nuit Debout et qui a mis au point sa plate-forme de propositions,  http://questions.nuitdebout.fr/69marsLe Blog de la Ménagère a invité Leonore de Roquefeuil, CEO et co-fondatrice de Voxe.org, Happy Democracy newsletter  http://newswatch.voxe.org/. Voxe fera (peut-être) une annonce surprise sur sa nouvelle plate-forme, Julien Bayou militant social et politique, élu régional, EELV, qui suit de très près toutes les manifestions actuelles, Julie de Pimodan Fondatrice et CEO de Fluicity http://www.flui.city/ qui travaille au dialogue entre territoires, élus et citoyens« Donnez votre avis et dialoguez facilement avec vos élus. », David Guez et Maria Mella pour faire le point : LaPrimaire.org https://laprimaire.org Et Héloïse et Chloe de Civocracy viendront peut-être nous rejoindre. Le sujet central sera comment inciter à l'engagement citoyen, maintenant que nous avons les plates-formes, les applis, que nous avons appris à nous rencontrer dans la vraie vie, à échanger ? Nous travaillons tous beaucoup à une nouvelle gouvernance, celle que les gens attendent, arriverons nous à la mettre en place ? Et comme c'est un atelier participatif on votera ensemble pour les nouvelles valeurs. Et le même jour à 17h 45, The Future of Democracy, un Fish bowl, ce dispositif de 4 chaises où tout le monde peut s'assoir et prendre la parole, alors Exprimez-vous !

                                                                                                                                Janique Laudouar

Source : Nuit Debout Instagram  Laury-Anne (Gazette debout) : "reprenez la parole grâce au journal indépendant de la Nuit Debout"Une très belle image comme il y en a sur les plateformes Nuit Debout, wiki, tumblr, Gazette Debout, Convergences des Luttes

#MaVoix sera là le 18 mai au Fishbowl de Ouishare et à Strasbourg pour les élections partielles le 22 mai.

Open Source Politics, "la communauté Civic Tech en France", Valentin Chaput 

samedi, avril 30 2016

L'Effet Nuit Debout

L'effet Nuit Debout : mon journal

"Nuit Debout n’appartient à personne. Nuit Debout appartient à nous tous". (Gazette Debout.). Restez éveillés https://gazettedebout.org/ 

Le 8 avril : Rêve Général

« Ainsi, il arrive aux classes « populaires » de revenir du néant où on a voulu les enfouir, et d’en revenir avec quelque fracas. » (Frédéric Lordon « Un film d'action directe » dans Le Monde Diplomatique de février 2016 à propos de "Merci Patron" de François Ruffin et éditeur du journal Fakir.

Un mois après Nuit Debout est toujours dans la place note le journal Le Monde ce 30 avril.

Où comment j'ai vécu les premières Nuit Debout : un contre-commentaire. Cet article a été écrit le lendemain du 8 avril, avant la polémique sur la violence qui s'est exercé sur le philosophe Alain Finkielkraut. «On aurait voulu discréditer un mouvement positif mais fragile qu’on ne s’y serait pas pris autremen (Le Blog de Fédé Davout) sur Mediapart. Depuis, c'est la violence qui semble avoir focalisé l'attention des médias et du monde politique. Des blessés. Des casseurs. De la violence à juste titre dénoncée. Il faut revenir à l'origine de Nuit Debout, il faut l'avoir vécu, pour comprendre. C'est toute l'agilité de la société civile et des "digital natives" qui se déploie sous nos yeux. Le pouvoir d'aller vite et bien en collectif, réseaux, collaboration, connexions, échanges, wiki, tumblr, web TV (hello Mehdi) ringardise nos processus politiques. "

On peut parler de l'effet Nuit Debout. La manifestation a enfin attiré l'attention sur les milliers d'initiatives en France et dans le monde qui sous le label de «civic tech» ont pour objectif de proposer un autre système de gouvernance. Une gouvernance où les citoyens seraient écoutés, où les lois ne seraient plus assenées, où le déluge de législatif ne serait plus le seul moyen de gouverner, où la démocratie reprendrait tout son sens. Tout son bon sens dont elle a cruellement manqué toutes ces dernières années. Nuit Debout agit comme un révélateur de ces « révolutions invisibles ». Avec le résultat qu'on ne peut plus ignorer le mouvement Civic Tech. En ignorant largement le monde en mutation, en s'accrochant aux vestiges d'un autre siècle, le monde politique n'a pas compris que l'agilité citoyenne et les plateformes numériques étaient les nouveaux attributs de la démocratie. Le Rêve Général va s'étendre.  #Globaldebout                                                                                                       Janique Laudouar

Le manifeste de Nuit Debout

"Sais-­tu ce qui se passe là ? Des milliers de personnes se réunissent Place de la République à Paris, et dans toute la France, depuis le 31 mars. Des assemblées se forment où les gens discutent et échangent. Chacun se réapproprie la parole et l’espace public."

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le mouvement est plus organisé qu'il le paraît, avec régulation des prises de parole, validation des créations de commission, des compte-rendus d'assemblée, et surtout une certaine conception de « l'intelligence des foules »qui accorde l'égalité à tous : pas de meneur. "« Nuit debout n’est pas un phénomène spontané. Même s’il n’est piloté ou téléguidé par aucun leader, il s’agit d’un mouvement organisé" analyse le politologue  Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l’université ­Paris-I-Panthéon-Sorbonne, dans un entretien accordé à Catherine Vincent (Le Monde Idées 14 04 2016).  Et partout une atmosphère de partage, de bienveillance et même d'amour. Le vendredi 8 avril, j'assiste à une prise de parole sous un dôme éphémère. Le dôme se dégonfle brusquement et menace de tomber sur nous. Aussitôt des dizaines de bras se soulèvent pour le soutenir. "Un symbole du partage" s'exclame une jeune femme. Est-ce le succès du film« Merci Patron » et le journal de François Ruffin « Fakir » qui ont allumé la mèche ? : «  les gens avaient envie d'agir » répond-t-il dans Télérama. « On ne veut plus de politiques qui trichent », explique Louis de Gouyon-Matignon militant et soutien de Nuit Debout interrogé par Europe1. Hugo veut « agir jusque dans les racines du système ». Nuit Debout a demandé une nouvelle autorisation de manifester.

Le 9 avril Place de la République

 "Permis de rêver" «Je rêve que les gens se sourient et se regardent dans le métro.»

Ce matin on vide la place les cabanes et les tentes, et les derniers occupants. En douceur, semble-t-il. Mais les voix demeurent. Elles commencent même à se faire entendre ailleurs que sur les réseaux sur les médias classiques, ce matin sur Europe1, un joli montage en musique (« Retiens la nuit! ») et des paroles fortes.

Et Nuit Debout s'organise... En France Nuit Debout se propage à la vitesse de la viralité  ...Les médias alternatifs et participatifs se multiplient. "A Nuit Debout on m'a dit écris tes rêves"  http://www.la-zep.fr/cest-lactu/a-nuit-debout-on-ma-dit-ecris-tes-reves/

Le 15 avril Numa Paris

NuitDebout fait irruption à la fin du débat dont l'objectif est de présenter divers projets citoyens qui donneront lieu le lendemain à un hackathon organisé par Open Law et Open Source Politics. Les développeurs vont se déchaîner pour faire progresser des plateformes numériques de vote ou de débat citoyen. NuitDebout lance un appel : dimanche, commission numérique. Nous avons besoin de vous !

Le16 avril Numa Paris

Le lendemain on teste: comment retenir les meilleurs décisions ? Le hackhaton s'est réparti en ateliers. Autour de la table plusieurs développeurs dont Open Gov, le chef développeur d'Etalab. Loomio? On visite le site de NuitDebout Bruxelles

« Le choix d’un outil adapté pour mener les campagnes de donation est éminemment stratégique, poursuit Maxime Blondeau. Les mouvements contestataires récents ont essuyé les plâtres avec plus ou moins de succès : Occupy Wall Street a périclité au moment où la question s’est posée. Les Indignés, en revanche, se sont renforcés et ont engendré une offre politique parce qu’ils ont su être plus pragmatiques sur la question des donations. »

"Salons de discussion :Venez prêter main forte à la commission Accueil et Sérénité"Le manifeste est là : 
« Ni entendues ni représentées, des personnes de tous horizons reprennent possession de la réflexion sur l’avenir de notre monde. La politique n’est pas une affaire de professionnels, c’est l’affaire de tous. L’humain devrait être au cœur des préoccupations de nos dirigeants. Les intérêts particuliers ont pris le pas sur l’intérêt général. »
Janique Laudouar

Lire entre autres le billet de Flora Clodic-Tanguy : "Les défis démocratiques de Nuit Debout"

Lire l'entretien « A Nuit debout, la qualité du débat démocratique est l’enjeu prioritaire » dans le Monde Idées de Catherine Vincent avec le politologue Loïc Blondiaux 14-04-2016 "

Premier mai : ==14h00/15h30 == Programme (source https://www.convergence-des-luttes.org/

* L'ère du numérique, l'ouverture d'une voie vers une économie de la coopération
Intervenants:
- Yann Le Pollotec: spécialiste de la révolution numérique et ses impacts économiques
- Sébastien Broca: sociologue, postdoctorant à l’université Paris- 1 Panthéon-SorbonneHervé
- Le Crosnier: enseignant-chercheur à l'Université de Caen spécialiste des technologies du web et la culture numérique.

== 15h00 ==
* Manifestation du 1er mai et pour le retrait de loi El Khomri. Départ de Bastille, en direction de Nation.

Programme de la rencontre internationale de #Globaldebout week-end du 7 et 8 mai 2016 à Paris, place de la République


jeudi, mars 24 2016

Democratie DIY faites-là vous même : les solutions citoyennes

Le 19 mars, c'était à Paris, avant le 22 mars à Bruxelles, une journée positive, pleine d'enseignement et d'actions concrètes, une journée porteuse d'espoir, d'optimisme et de vision d'avenir.

Faire se rencontrer des porteurs de projets de renouveau démocratique était l'objectif de la journée Démocratie Do-it Yourself du samedi 19 mars, organisée par DO à la Maison du Paris durable, lieu dédié «  à la diffusion des solutions pour les porteurs de projets, confirmés ou débutants ». 100 participants étaient là pour formuler et examiner des solutions concrètes, innovantes. Au-delà de la convivialité des rencontres, « dans la vraie vie » de collectifs agiles à communiquer via le numérique, pour Démocratie Ouverte et l'Open Gouv. #OpenGovFr #DIYdemocratie,

L'équipe Démocratie Ouverte au presque complet ...dont le co-fondateur Armel Le Coz

Dispositifs imaginatifs et tempo d'enfer

Des dispositifs ludiques et efficaces donnaient à Démocratie Do-it Yourself un tempo d'enfer : speed dating, bar camp, « bol de poisson ». Le speed dating permettait un tête à tête avec un autre porteur de projet. Certains déjà très répertoriés, d'autres à découvrir. Je croyais connaître toutes les plateformes en cours de développement, et je découvre STIG actuellement en version beta. "Voter ne change que les joueurs.Changez le jeu. Participez à la création de la volonté générale avec Stig, l'app de démocratie participative" qui s'adresse également aux élus. A tester. Dans le domaine du « journalisme constructif » j'ai parlé à Florent Guignard de Le Drenche (ci-contre) : une façon originale de présenter les débats et sorti des "usual suspects" des plateaux télé. Dommage que les sujets traités restent pour l'instant trop souvent anecdotique.  J'avais échangé en ligne avec Simon Louvet (Aternatiba, Synergie Démocratique, ci-contre avec Antoine Vagnon Call For Team), autre foisonnement d'initiatives, et je fais enfin sa connaissance : très chaleureux IRL, dans la vraie vie. Je suis heureuse de retrouver l'équipe de Voxe.org, Léonore de Roquefeuil, Sébastien, Mon rôle était de présenter #MaVoix, un des premiers mouvements «civic tech » et de parler de son actualité : les élections partielles de Strasbourg en mai. Déjà deux candidat(e)s pour #MaVoix! Enfin, dialogue avec Loïc Blondiaux, politologue et professeur à l'Université Paris I. L'après-midi était consacré à un « marathon des pitchs », 1 minute 30 pour présenter son projet. ! Enfin la métaphore de Claude,  l'Archipel, a enthousiasmé les participants, chaque collectif étant considérée comme un îlot dont la multiplication va constituer un archipel, soit des mouvements tendant vers le même objectif. S'il y a nuance ou divergence de modalités entre les mouvements, l'archipel des archipels reste à construire. C'est parti!


Ateliers :  territoire et citoyens, stratégies électorales


Lors des ateliers thématiques on a vu à quel point l'action locale était primordiale. Territoires Hautement Citoyens fondé par Armel Le Coz a un dispositif très rôdé pour soutenir les collectivités vers la transition démocratique. Mais ils sont nombreux à s'ancrer dans leur région avec l'objectif de faire prendre en compte par les élus les initiatives citoyennes. Charles Deffrennes et Antoine Vagnon Call for Team, un très ingénieux dialogue avec les collectivités, qui ne les heurte pas mais travaille avec elles, et une solution proposée par Antoine Vagnon : glisser un ambassadeur du citoyen dans chaque collectivité. Clément Damiens avec Communecter. Un outil dans lequel les citoyens sont communectés, "connectés a leur commune". Local également Koom « agir localement pour un monde meilleur » Bulb in town déjà rencontré lors de mon premier billet sur l'économie collaborative. Telles sont quelques unes des solutions à disposition des élus. CitizenLab va faire campagne via La Primaire.org (présenté ici par David Guez) et a déjà préparé son Manifeste. Eliott Lepers présentait La Primaire de gauche, manifeste pour une transformation de l'intérieur d'un des partis classiques (PS). L'horizontalité est l'un des points commun à tous les mouvements et stratégies électorales : la fin de la France des « silos » et son fonctionnement hiérarchique archaïque, une gouvernance par et pour les citoyens.

Eliott Lepers venu présenter La Primaire de gauche

La révolution intérieure : altruisme, bienveillance, partage

« Rien ne serait possible sans la qualité de bienveillance et d'écoute entre les acteurs, leur volonté d'inclusion » note Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l'université Paris I , confirmant ainsi notre intuition que la bienveillance est une nouvelle valeur dans une démocratie renouvelée. Cécile Calé (SCIC Coop-Cité / CitizenLab) a rappelé à quel point la révolution démocratique reposait d'abord sur une révolution intérieure : seule une prise de conscience de la responsabilité de chacun donnera un sens au mouvement collectif. Une action auprès des jeunes en particulier. Isabelle Lefort lors du Positive Economy Forum de Jacques Attali avait déjà défini l' « altruisme rationnel » comme une nouvelle valeur du politique et du citoyen digital. « Tel est le challenge qu’il nous faudra relever au XXIème siècle : redonner à l’altérité et l’altruisme toute la place qui leur revient, en nous appuyant sur la puissance de la révolution technologique. » Le don, la partage, l'échange l'entraide, autant de valeurs morales dont on voit le revival et qui vont à l'encontre des drames que nous vivons avec le terrorisme. Ce n'est pas fortuit si la Revue du Cube propose « La responsabilité » comme thème de son prochain numéro.

Loïc Blondiaux : conclusion, questions

Loïc Blondiaux, expert,  voit dans cette volonté de renaissance démocratique un retour à l'effervescence pré-révolutionnaire de 1789. La mise en cause de la démocratie représentative est le point commun des collectifs. Comment exister entre les élections, comment informer et former les citoyens, comment faire voir en temps réel la volonté générale, comment conserver un contrôle sur les institutions, comment contourner les partis politiques, voire les remplacer ? Comment inventer le journalisme politique ? A revoir : le vocabulaire d'initié « excluant » (néologismes, importations anglo-saxonne et). Il note aussi une « aristocratie du code » : la proportion des informaticiens, développeurs est un atout pour les collectifs, mais les modes d'emploi doivent être compris de tous. La volonté d'horizontalité, de transparence, rassemble les acteurs, tous « amoureux de la démocratie ». Mais, comme le soulignait aussi Caroline Hodak, communicante, cette renaissance a un problème de visibilité et de communication. Aucun de ces mouvements ne veut ou ne peut se rendre visible auprès des médias classiques « Les institutions résistent » commente Loïc Blondiaux prenant la métaphore d'un géant Gulliver figé, encerclé par de multiples piqures d'épingle de lilliputiens... mais nullement atteint. « Les institutions vont essayer de vous phagocyter, de vous instrumentaliser ». Elles vont vouloir « garder le logiciel intact » sans rien changer aux structures, en donnant un semblant de coup de neuf et d'idées nouvelles à des institutions archaïques.

Solutions citoyennes...et numériques

« Une enquête Harris Interactive, réalisée pour le jeune mouvement citoyen LRF, révèle que 8 Français sur 10 jugent que les citoyens sont plus capables de trouver des solutions que les hommes politiques. » (Le Figaro) Parmi les solutions concrètes pour que le lien tissé ne s'évapore pas : la newlsetter HappyDemocracy de Voxe.org pourrait donner des nouvelles de tous les mouvements citoyens et un agenda de même qu fédère déjà la "civic tech" sur meet up. L'idée d'un label pour l'ensemble des mouvements citoyens a été évoquée.  

Voxe a déjà une plateforme opérationnelle en en développement complémentaire, d'autres sont en cours d'expérimentation, Démocracy OS, Stig. « Comment le numérique peut associer les citoyens aux décisions budgétaires ? », telle est la solution proposée par Gilles via une plateforme numérique.http://budgetparticipatif.info. La méthode de fonctionnement de DO : la plus démocratique possible, des « cercles » thématiques peuvent être ouverts par les membres qui les animent. Une prochaine rencontre organisée par Synergie Démocratique le week-end du 16 et 17 avril à Saint-Ouen avec l'objectif similaire de rencontre entre collectifs. Et enfin une grande Fête de la Démocratie annoncée par DO.

Aux manettes vidéo : DEMOS XXI. Pas pu citer tous les groupes et initiatives, la vidéo (documentaire en préparation) complétera.

« Démocratie Ouverte http://democratieouverte.org/ regroupe les acteurs français et francophones du renouveau démocratique – start-ups civiques, associations, collectifs citoyens - qui développent des solutions innovantes au service de davantage de transparence et d’engagement dans notre système politique ».

mardi, mars 8 2016

Loi, travail et numérique : les ministres lisent-ils les rapports?

« On a manqué une occasion historique de repenser le travail au 21ème siècle » Diana Filippova Ouishare .  On parlera aussi du Travail ce soir 8 mars 2016 à Paris à la Mutinerie  "Human After All - #1 La fin du salariat" et table ronde "CPA" à Numa Paris animée par Diana Filippova et Arthur de Grave (Ouishare)

Travail : que fait-on de notre expertise numérique ?

« On a manqué une occasion historique de repenser le travail au 21ème siècle » Diana Filippova de Ouishare, auteur de La Société collaborative La fin des hiérarchies ( Ouishare 2015),lors de l'émission de Frédéric Taddéï Ce soir ou jamais dont le thème était " La loi Travail : un débat historique ?"Cette phrase de Diana Filippova explique l'ampleur de la controverse autour de la loi sur le travail. En 2016 cette loi sur le travail apparait comme étriquée aux yeux des experts du numérique, inadéquate pour les syndicats, et finalement inacceptable aux yeux de tous. Ironie, c'est Martine Aubry qui rappelle qu'une loi sur le travail ne peut faire l'impasse sur «les nouvelles technologies » et que « il faut parler de l'ubérisation de la société » 

Lors du Ouishare Fest 2015, axé sur la société collaborative, nous écrivions « Consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle. »

Ouishare Fest 2016 fera le point, avec, nouveauté, une organisation interne reposant sur la technologie blockchain. «Internet a permis l’émergence de formes d’organisation où la valeur n’est plus produite par une entité centrale, mais par tout le monde. Les intermédiaires coordonnent les individus et agrègent la valeur en un service. » (Primavera de Filippi, expert blockchain).Nous avons des chercheurs, nous avons des think tanks de tout bord. Citons The Family, avec la publication de Nicolas Colin et Henri Verdier qui a fait dateL'âge de la multitude: Entreprendre et gouverner après la révolution numérique (2012, Armand Colin). Le collectif Les 100 Barbares, qui avaient réagi pour la prise en compte des entrepreneurs du numérique. Nous avons des pionniers comme Le Cube à Issy-les-Moulineaux qui propose Les rendez-vous du futur et édite la revue prospective La Revue du Cube.  "Vous ne perdrez pas vos 59' à regarder cet échange vidéo entre 2 pointures", nous recommande Xavier de Mazenod : Michel Serres et Bernard Stiegler débattent pour la revue Philosophie. Parmi les philosophes qui ont écrit sur le sujet, Bernard Stiegler, « L'emploi est mort, vive le travail » Nous avons la French Tech, nous avons des écoles du code, même en milieu rural, Nous avons des Commissions, nous avons des Délégations, nous avons des Hautes Autorités et des Hautes Ecoles, de multiples débats sur la place publique initiés par des trentenaires actifs et entrepreneur.  Que fait-on de l'expertise de notre écosystème numérique ?

Loi sur le travail et numérique : les ministres lisent-ils les rapports qu'ils commandent ?

On pourrait en douter . On peut lire sur le site du Ministère du Travail : « Le DRH d’Orange, Bruno Mettling, a remis mardi 15 septembre son rapport « Transformation numérique et vie au travail » à Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. » 36 préconisations. L’auteur du rapport voit la transformation numérique comme « une opportunité pour permettre la mise en place progressive de nouvelles organisations du travail plus transversales, plus souples, de nouveaux modes de fonctionnement, plus coopératifs et plus collectifs ». Puis, c'est Benoît Thieulin, entrepreneur (Netscouade) et expert, qui lui succède en tant que Président du Conseil National du Numérique à l'époque. 20 recommandations. « A l’occasion de la remise du rapport “ Travail, Emploi, Numérique, les nouvelles trajectoires ” à Myriam El Khomri le 6 janvier 2016, le Conseil national du numérique (CNNum) présente 20 recommandations pour ouvrir de nouvelles trajectoires au travail et à l’emploi à l’heure du numérique. » Trois axes : "Quels nouveaux métiers, quelles nouvelles compétences et comment conduire la transformation numérique des entreprises ?"quelles sont les pratiques des services publics dans le monde". « Comment l'automatisation et la numérisation des activités agissent-elles sur le travail et ses conditions ? »

Tenir compte de la métamorphose décryptée dans les rapports, cesser de nommer crise un changement de paradigme, analyser le travail dans le contexte d'une mutation majeure, les solutions sont en grande partie dans l'écosystème numérique que nous avons tous contribué à bâtir.

Janique Laudouar



mercredi, mars 2 2016

Les agriculteurs de demain : la montée des circuits courts

"Marchands des 4 saisons" :  "je me connecte, je compose mon panier, je récupère ma commande", Marc Dorel, fondateur du réseau

Agriculture digitale, agriculture solidaire, agriculture responsable, agriculture respectueuse, agriculture bio, les labels ne manquent pas au Salon de l'Agriculture, les pistes non plus. Face à la diversité des initiatives, et aux « démarches citoyennes » se confirme l'impression que la société civile se montre plus innovante et plus agile à inventer l'agriculture de demain que les pouvoirs politiques . Janique Laudouar

"Comment sont formés les agriculteurs de demain, » questionnait Le Monde du 25/02/16 précisant que « malgré les crises à répétition, la filière agronome attire de nombreux étudiants." Les agriculteurs, on les aime. LeSalon de l'agriculture est omniprésent et nous concerne tous. La montée en puissance des circuits courts tempère d'optimisme la révolte des éleveurs. Une occasion de revoir Marc Dorel rencontré au Week End Web #5 avec les Barbares, qui a fondé Marchand des 4 saisons, qui fait parti des désormais célébrés « circuits courts ». Une agriculture « 100% responsable », comme le précise le site ludique et fonctionnel Marchands des 4 saisons. Ce 27 février, Marc Dorel a remis un rapport à François Hollande pour améliorer l'alimentation et la distribution.

Dans ce Pavillon 4 de la Porte de Versailles dédié aux services , la part belle est faite à une « autre agriculture », dont on se demande pourquoi elle n'est pas considérée comme une des solutions. La livraison dans un point de retrait de proximité associé à une commande en ligne séduit de plus en de consommateurs mais dérange ceux qui ont régné depuis des décennies sur l'agriculture « PAC » et le « système » d'aides. Qu'attendent les politiques pour faire le constat que le « système » en vigueur est caduque et déclarer la fin du rendement à tout prix : surproduction, baisse de qualité, prix trop bas, cours fluctuants, normes contraignantes, marges trop élevées des distributeurs, concurrence étrangère, libéralisation, autant de points à réformer. Les consommateurs délaissent la viande, surtout quand elle est de moindre qualité. Le rejet devant la maltraitance animale, l'option végétarienne - plébiscitée par des stars internationales comme Gwyneth Palthrow- ,ou en France Mélanie Laurent et Cyril Dion auteurs du film DEMAIN, sont parmi les causes qui appellent à une refonte du « système ». En finir avec la surenchère du « moins cher », répondre à la diversité des attentes des consommateurs » font partie des issues.

On a répandu la rumeur que « les français ne voulaient pas payer le juste prix ». Faux. Ce ne sont pas les consommateurs qui ont initié cette baisse des prix, mais les circuits de distribution, et les syndicats qui ont accepté les aides européennes en échange des « prix bas » et du slogan fallacieux qu'il fallait produire plus pour« nourrir la planète » et privilégier la quantité. Aujourd'hui la demande de qualité et de diversité n'est pas satisfaite par le « système » agricole classique. Les produits locaux valorisent le territoire et répondent au désir d'être des habitants d'être « locavore ». Autant de tendances négligées par les « instances », à commencer par l'Europe. Je goûte à une délicieuse compte de pommes. Marc Dorel a des projets ambitieux d'expansion, en particulier l'ouverture de boutiques « Marchands des 4 saisons ». A noter qu'il est aussi adepte du « management libéré » et gère son entreprise selon ce principe.

David, co-fondateur La Ruche qui dit Oui!

Circuit court, ferme digitale, "Les Champs du possible"...

Autre circuit courtLa Ruche qui dit oui! Rassemblons-nous pour acheter les meilleurs produits aux agriculteurs et aux artisans de nos régions ». Pour le co-fondateur Marc-David Choukroun, «l'agriculture, c'est un système qu'on a crée, on pensait que c'était la solution. Historiquement, les producteurs faisaient tous du circuit court. De plus en plus de producteurs y reviennent. Il n'y a pas « les bons et les méchants », les maraîchers d'un hectare et les grands céréaliers. Il faut soutenir la transition de qualité." Une démarche tournée vers les producteurs, on peut lire sur le site. « Une plateforme et une équipe vous sont dédiées pour vous aider à développer vos ventes, à optimiser votre logistique, et accompagner vos projets » avec des « frais de service qui correspondent à 16,7% de votre chiffre d’affaires hors taxes. » Une charte prône la transparence. Pour Guilhem Chéron, autre co-fondateur de La Ruche Qui dit Oui ! « Les enjeux agricoles sont immenses. Nous avons le sentiment que l’action nous échappe, que les décisions ne sont pas à notre portée. Dans ce contexte, La Ruche Qui dit Oui ! permet aux citoyens de coopérer pour réinventer l’agriculture par le terrain. Ceci avec agilité, efficacité, et gourmandise. »

Le circuit des AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) - souvent circuit bénévole et associatif connaît lui aussi une croissance et correspond,d à des valeurs recherchées : « l'amélioration des liens sociaux, de la responsabilité sociale, du sens de la communauté et de la confiance. » Des associations comme Terre de Liens permettent de trouver des terres pour l'installation d'agriculteurs.La Ferme Digitale accueillera le 3 mars à partir de 16 Agri Open pitch du Campus "Les Champs du Possible" et les projets « numériques » de jeunes agriculteurs." Envie de simplifier votre gestion d’exploitation ?" Venez tester Ekylibre.

Agriculture digitale, agriculture solidaire, agriculture responsable, agriculture respectueuse, agriculture bio, les labels ne manquent pas, les pistes ne non plus. Face à la diversité des initiatives et des « démarches citoyennes, se confirme l'impression que la société civile et les démarches citoyennes se montre plus innovante et plus agile à inventer l'agriculture de demain que les pouvoirs politiques.

Janique Laudouar

lundi, février 22 2016

Ma Journée Blockchain


Les plateformes de vote utilisant Blockchain réinventent-elles la démocratie?

La journée d'études  organisée par le CERSA: Centre d'Etudes et de Recherches en Sciences Administratives et Politiques/ CNRS / le 19 février portait sur les aspects techniques, juridiques et éthiques du protocole blockchain, présentation de Primavera de Filippi, chercheuse au CERSA, Université de Harvard, expert Blockchain, Danièle Bourcier, directrice de recherche au CNRS, (informatique juridique et serendipité) et impliquée dans de multiples instances « numériques », dont responsable scientifique Creative Commons France, l'a souhaité la plus ouverte possible. Le profil très divers des participants (informaticien, robotique, intelligence artificielle, finance, esthétique) a donné lieu à un passionnant débat sur les usages actuels et potentiels de cette technologie exponentielle. Il va sans dire qu'il est impossible de retranscrire ici toute la richesse des remarques des participants pour la plupart déjà très concernés par le sujet, l'objectif de ce billet étant plutôt de rendre hommage au CERSA, cette unité du CNRS parfaitement en phase avec les innovations technologiques actuelles et à venir et les interrogations cruciales qu'elles suscitent. La blockchain fait parler d'elle au moins autant que l'application bitcoin qui l'utilise. Elle donne lieu à des travaux et rencontres à un échelon international, de Sydney à Hong Kong, dans des domaines aussi divers que la politique, la gouvernance, la finance,
Janique Laudouar

Illustration "The trust machine" "Comment la technologie Blockchain pourrait changer le monde"

La fin des intermédiaires ?

Quelques jours auparavant, suite à la Lift Conference à Genève du 10 au 12 février, un article suisse «Blockchain», la chaîne qui libère? » (Nic Umi Le Temps 15 02 16)) citait Primavera de Filippi motivant ma participation à la journée d'études Blockchain  : «Autrefois, il y avait surtout des gros opérateurs centralisés, qui fournissaient des services ou des produits et qui les livraient à des consommateurs qui avaient un rôle passif dans le processus»rappelle-t-elle. Et puis? «Internet a permis l’émergence de formes d’organisation où la valeur n’est plus produite par une entité centrale, mais par tout le monde. Les intermédiaires coordonnent les individus et agrègent la valeur en un service. »La question de la valeur non plus produite par quelques uns mais par tous se trouve au cœur de la problématique actuelle de la remise en question de la démocratie représentative par des collectif citoyens de plus en plus nombreux, et blockchain une apporte peut-être la réponse technologique à la question de la gouvernance décentralisée.

Présentation de Blockchain par Primavera de Filippi à Ouishare Fest 2015

Quelques principes de blockchain

Une présentation de la technologie par Primavera de Filippi, et commentée, entre autres, par Yves Moreau, Université de Leuven  Paul Bourgine, (Polytechnique, Unesco, fondateur de l'Institut des Systèmes complexes, Alexis Colomb, chaire de finance au CNAM, a d'abord permis de décrypter les principes de base, puis cité quelques applications prometteuses et d'autres déjà établies comme ethereum Les principes fondamentaux sur lesquels repose la technologie blockchain pourraient servir une démocratie ouverte et participative, ou plus modestement contribuer à l'autonomie des citoyens habitués à déléguer aux institutions ou à des intermédiaires privés nombre de transactions dans leur vie quotidienne, suggère Paul Bourgine : éducation, assurance, immobilier, certaines énergétiques, par exemple.

Ce que Blockchain permet  (ma libre interprétation de la présentation) est une chaîne de signatures numériques dans un réseau pair à pair. Chaque signature part de la transaction précédente et une nouvelle transaction s'ajoute à la chaîne jusqu'à former un « noeud, » qui sera ensuite validé par des responsables, dont l'expertise est largement fondée sur la réputation et l'influence dans la communauté. Un espace pour des « métadonnées » est possible avec la transaction. Le caractère infalsifiable réside dans l’impossibilité de revenir en arrière et de modifier ou falsifier les transactions ainsi consignés. Toute transaction est réputée infalsifiable et doit pouvoir être tracée. Une validation consensuelle et régulière de la blockchain par des « mineurs »( nom des volontaires validateurs de la blockchain) en garantit le bon fonctionnement Les mineurs sont rétribués pour leur travail de validation. Ainsi la « confiance » ne repose pas sur l'humain comme avec les intermédiaires classiques (banques, assurance, notaire etc) mais sur une technologie fiable car non fondée sur la confiance, justement, (trustless). mais sur la rigueur du code. L'usage de contrats intelligents (smart contracts) « codes informatiques gérant seuls des transactions et ce sans intermédiaires et de façon sécurisée. » (Les Échos) Proof of work, proof of stake (dominant), proof of existence sont des méthodes d'obtention du consensus qui semblent avoir fait leurs preuves. Il y a encore bien d'autres traits spécifiques à blockchain qu'on pourra trouver dans les articles spécialisés – dont ceux de Satoshi Nakamoto sur la bitcoin.

De fait il faut maintenant d'énormes ressources computationnelles pour maintenir l'ensemble de la blockchain. Yves Moreau de l'université de Leuven, nous présente la photo d'une « ferme de mining » : pas à la portée de tout le monde ! Il nous présente également un gadget, une « tirelire » personnelle dédiée aux transactions et évitant toute intrusion extérieur.

Illustration : une ferme de "mining" (Wikipedia) Islande

Blockchain peut-il servir la démocratie ?

Danièle Bourcier, faisait justement remarquer que ce même vendredi 19 février Le Monde titrait « Partis politiques : peut-on faire sans eux ? » (Jean-Baptiste de Monvallon) qui débutait par « Méfiance, défiance, deconnexion, dégoût, discrédit... » La méfiance croissante des citoyens vis à vis des partis politiques, mais aussi des institutions, ne peut plus être niée, sauf sans doute par ceux-là même qui continuent à en bénéficier, et qui seront les derniers à avoir intérêt à la reconnaître et à en tirer les conséquences.

En quoi blockchain peut servir une gouvernance les mouvements collectifs citoyens  de plus en plus nombreux (Regards Citoyens, la primaire.org, Démocratie Ouverte, #MaVoix, Voxe.org etc)


Il est à craindre de voir naître dans ces collectifs actifs un noyau dur « d'intermédiaires » centralisés qui seraient au final les seuls bénéficiaires d'un travail collectif qui aura employé de centaines de bonnes volontés pendant des dizaines de mois. Il serait intéressant d'examiner le rôle que peut jouer blockchain dans une gouvernance décentralisée ou chaque contribution serait consignée et évaluée dans un grand livre transparent et collectif. Chacun apportant de la valeur, garder une trace de son existence devient possible, répertorier ainsi de façon transparente et non falsifiable l'apport de chacun, le valoriser au sein du groupe. A titre d'exemple des bénévoles qui auraient contribué à fabriquer de la ressource (site web, blog, application etc) du contenu (articles, essais, publications) des événements (manifestations, forum, séminaires), de l'innovation, de la communication, bref toute contribution ayant permis une valeur ajoutée à une cause commune, verrait sa contribution ajoutée à une blockchain vertueuse où le travail de validation du groupe serait semblable à celui des « mineurs » de la bitcoin. On éviterait ainsi les problèmes qui existent dans les partis traditionnels dont on peut constater actuellement les divisions : prise de pouvoir, lutte des egos, éviction, trahison, frustration, voire corruption etc. On constitue ainsi une base de données des apports et valeurs.

La start-up Colony, qui facilite la création d'entreprises en ligne, propose un système de rétribution fondé sur la méritocratie et la réputation, la « pollinisation ».« Les décisions sont prises démocratiquement, tout le monde a une voix. Plus votre expertise est grande, plus vous avez d'influence, plus vous avez d'influence, plus vous gagnez de nectar. »Le système de rétribution des contributions reste ouvert aux propositions inventives.

Blockchain et vote en ligne

La technologie Blockchain peut aussi servir les projets de plateformes de vote en ligne, qui elles aussi se multiplient. « Au lieu de reposer sur un serveur unique, une blockchain repose sur un très grand nombre de “noeuds” : pour pirater une blockchain et, par exemple, modifier une transaction (un vote, un message), il faudrait prendre le contrôle d’au moins la moitié de ces noeuds. » précise un article de l'équipe de Blockchain France« D’ores et déjà, plusieurs initiatives ont commencé à voir le jour pour appliquer la blockchain au vote en ligne : citons ainsi Flux PublicVotes, qui utilise les « smart contracts ou encoreV-initiative/.  Un des projets les plus prometteurs en la matière est la start-up FollowMyVote, qui propose une plateforme de vote en ligne open-source et transparente, fondée sur une blockchain. Une clé cryptographique, carte électorale digitale, garantit l’identité du votant. Jean-Marc Leroux a présenté le « travail en progrès » d'une plateforme de vote pour #Ma Voix, il a également évoqué le projet FranceConnect accès universel aux administrations en ligne. Toutes ces plateformes déclarent avec conviction ré-inventer « la démocratie du futur ».

Blockchain : redonner de la confiance

Danièles Bourcier pose la question de la confiance dans les institutions au regard de l'histoire. Pourquoi est-elle si menacée aujourd'hui ? Le « tiers de confiance », est-il appelé à disparaître ? De l'avis général, la domination de la finance sur les états nations est pour beaucoup dans cette perte de confiance. La corruption, « les affaires », la déconnexion des élus et des élites viennent encore s'ajouter au malaise. Les institutions ne se sont pas adaptées aux nouveaux besoins des individus.« Dans l’histoire de l’humanité, c’est la première fois qu’on peut se soustraire, dans une large mesure, à un tiers de confiance »,s’enthousiasme Pierre Porthaux dans  Les Echos.  Probléme : contrairement aux cartes de crédit qui assure les possesseurs, Blockchain ne rembourse pas en cas de perte ou d'improbable fraude. Alexis Colomb,  est plus réservé : « tant qu'il n'y a pas de garantie assurancielle, la maturité de ces systèmes n'est pas assurée ».Paul Bourgine voit dans Blockchain une opportunité pour les citoyens de reprendre la main et de constituer des groupements collectifs pour ce qui est la gestion de l'énergie, par exemple, largement déléguée aujourd'hui. Il y voit aussi avec Yves Moreau une possibilité de greffer l'intelligence artificielle sur Blockchain – comme l'ont d'ailleurs suggéré plusieurs scientifiques dont Stephen Hawking, avec Elon Musk CEO de Tesla, l'intelligence artificielle étant selon eux une menace potentielle pour la race humaine.

Primavera de Filippi voit une source d'organisation blockchain dans les DACS ( distributed autonomous corporations.)  Pas d'implication humaine nécessaire sauf un accord de base sur le code. Nous y voyons une responsabilisation du citoyen : une incitation à faire l'effort de mise à niveau technologique constante devient nécessaire, et comprendre les mécanismes du protocole blockchain en fait partie.Dans l'idéal, il faudrait que chacun puisse être un « player », un acteur de la société. D'où la nécessité d'une éducation « numérique » et même d'une éducation au code comme on commence à en voir en France avec des initiatives privées. "Il n'est pas plus difficile de s’initier à blockchain qu'à la lecture d'un contrat d'assurance de 30 pages" remarque l'un des participants. En fait « il y aurait un glissement de la confiance des humains aux systèmes » ! Les mécanismes de régulation sont peut-être plus fiables exercés par une machine.

Technologie et droit : « revoir le design de la loi »

L'un des objet de la Journée d'études était l'aspect juridique de la blockchain. Le « déluge législatif » actuel ne semble pas aller dans le sens annoncé d'une « simplification de l'état ». La demande des citoyens est pourtant simple : qu'on s'occupe de leur vie quotidienne et qu'on arrête de multiplier les lois et contraintes qui ne les concernent pas dont certaines sont réputées défaillantes, comme la loi sur la protection des majeurs. Trop de lois soulèvent des protestations d'envergure en comme la loi sur la santé de la part des professionnels médecins, et actuellement la loi sur le travail. On sait que 20% seulement des lois émanent du Parlement et que 80% émanent de l'état. Dominique Rousseau, constitutionnaliste l'a suggéré : certaines lois pourraient être remplacées par des contrats. Et pourquoi pas explorer les "smart contracts" de Blockchain ? Ou s'orienter vers la loi « résolution de problèmes « ? On voit aujourd'hui les tribunaux débordés incapables d'assurer les multiples missions qui leur sont confiées, fait-on remarquer. Pas une question de moyens, comme on l'entend trop souvent : la Justice n'a pas encore fait sa « révolution numérique" et cette transition numérique de la justice française devient urgente. La demande de certains collectifs citoyens comme Démocratie Ouverte et Parlement & Citoyens est celle d'une gouvernance contributive et d'une co-construction de la loi -dont a a vu les prémices avec la consultation d'Axelle Lemaire République Numérique.  On parle aussi d'une « loi collaborative », une loi dont l'objectif serait la résolution de conflits plutôt qu'une bataille juridique d'une partie contre une autre. "Il n’est ni possible ni souhaitable d’appliquer les règles du droit traditionnel à l’environnement numérique ; il est donc nécessaire d’établir un nouveau cadre juridique spécifique à cet environnement" répète Primavera de Filippi. Nous allons vers une société « sans friction » prédit un article de la communauté bitcoin citant « L'évolution de la confiance » (The Evolution of Trust, David Brooks dans le New York Times). « Les mécanismes pour établir la confiance privée devenant plus efficaces, le rôle des gouvernements devient mineur ». A une époque de l'évolution de la confiance,  « Il faut une autre façon d'écrire le droit » aujourd'hui, souligne Danièle Bourcier. « Le design de la loi doit être revu. »

Janique Laudouar

J'ai récemment rencontré Philippe Honigman qui travaille sur"Une refonte du management grâce à la blockchain" via l'application Backfeed, gouvernance décentralisée, et souhaite l'appliquer à un projet d'entreprise décentralisée. Il  pose lui aussi la question de la contribution dans un collectif : "méritocratie organique (par ex : acquérir de l’influence en proportion de ses contributions et de son alignement avec les valeurs des pairs), et partage de la valeur (par ex : rétribuer les contributions selon les évaluations des pairs).

mercredi, février 17 2016

Week End Barbare : vive la bienveillance!

Communauté, think tank, conseil, prospective les 100 Barbares sont un peu tout ça et sont aussi entrepreneurs du numérique, aptes à trouver du financement grâce, par exemple, à des conférences. Ils mériteraient en tout cas d'être un pôle de ressource pour des décideurs politiques en mal d'une vision du futur, telle que la conçoivent les citoyens et telle qu'elle est en train d'émerger. Quelques mots-clefs issus du Week End Barbare (WEB) #5  les 12 et 13 février à Macon donneront le ton.

Laetitia : partage, bienveillance, joie. Antoine : bienveillance, écoute, fun. Clara : bienveillance, vivre ensemble, apprentissage. Delphine : surprenant, enrichissant, convivialité. Vincent : partage, bienveillance, rassurant. Thomas : énergie, air, famille. Bienveillance, expérimentation, prune dit un autre BarbActeur.  Bienveillance est notre mot-clef.   Janique Laudouar

Belles personnes, beaux projets

                                            Atelier autour du Pressoir

Belles personnes  beaux projets  beau lieu près de Macon. Autour du feu de cheminée, feuille de route des ateliers et esprits aiguisés, parole a tous, convivialité, Saint-Veran. Des tablées de + 25 autour d'une nourriture exquise et légère. Mixez le tout et vous avez le monde tel qu il devrait être ; innovant, bienveillant en mode dynamique constructive. Forcément, les solutions suivent. La méthode barbare est proche de celle de make sense et de son dispositif de hold up où un groupe d'intelligence collective se réunit autour d'un défi posé par un porteur de projet et lui propose des solutions. Les Barbares sélectionnés par un vote démocratique sont venus autant pour exposer leur projet que pour résoudre le problème des autres ; avec des temps ludiques ou les vannes fusent et des temps forts ou les solutions circulent. Magique.

Bienveillance : une nouvelle valeur

S'il n'y avait qu'un mot-clef à retenir de ce we : « bienveillance ». Accolé au mot barbare peut l'expression sembler paradoxale, mais c'est la réalité qu'ont vécu les BarbarActeurs. Venus pitcher des projets différents, mais tous vecteurs de changement, que ce soit dans l'entreprise que Philippe imagine « décentralisée » grâce au processus blockchain (nous y reviendrons dans un prochain billet) , dans le management que Stéphane Perrin (Via Ferrata) et Marc Dorel souhaitent « libéré », ("Le management liberé" Marc Dorel éditions HJ) dans le conseil pour lequel Boris a conçu  Etika Mondo une formation « holistique », Guillaume qui peaufine TribeCare pour «  matérialiser la bienveillance au sein des tribus pour adoucir les galères de la vie » Catherine l'Optimiste, Clara de l'association Frateli, et Thibaud qui n'a pas lâché sa caméra, ils se sont retrouvés autour des mêmes valeurs. L'écoute était au rendez-vous, chacun prenant le temps de s'imprégner du projet de l'autre dans des ateliers conçus dans un esprit de réciprocité. La liste complète projets sont sur la page Facebook du groupe les 100 Barbares.

Bienveillance n'est pas à confondre avec bisounours. C'est un antidote à l'agressivité, la lassitude, la vacuité générale qui menace de gagner la société et le monde politique. C'est l'écoute de tous par tous, pour « écrire l'avenir et avancer ensemble ». L'application à la politique semble évidente : écoute bienveillante de tous les citoyens par tous les élus, écoute des citoyens de tous les élus afin de participer aux décisions. Même chose dans les territoires. Un peu de prospective, et beaucoup de bienveillance. Il suffit d'une méthode, et aujourd'hui, la technologie numérique le permet.

Efficacité : un groupe, des solutions

Le numérique était présent dans les projets et les méthodes de travail, mais davantage encore la culture technologique, penser hors de la boîte, culture de l'open source, l'intelligence collective en pratique. Il ne faut pas oublier l'origine des 100 barbares qui sont à la base des entrepreneurs du numérique. La qualité et l'authenticité de l'écoute a séduit les participants qui se sentaient en confiance et pas en compétition. Honneur aux femmes avec Catherine l'Optimiste dépassée par le succès de son site sur l'optimisme – qui n'a pas vu ses petites vignettes ? - »le site qui vous apporte du bonheur au quotidien ». Elle demande comment gérer le flux des contributeurs qui ont tout de suite été nombreux à likersa page. Sandrine qui voulait un pitch pour présenter son projet Kitalire et a trouvé dix BarbActeurs enthousiastes. Clara et sa jolie idée  Momento, venue chercher avec Thomas une application qui projetterait de façon aléatoire les photos du passé pour se souvenir des belles choses. Emmanuelle dont on a entrevu le projet Arduino de barette connectée « Tester la barrette connectée : elle existe!! on a besoin de vous pour la tester :la fabriquer en Arduino et vous coudre l'habit! Delphine et son prochain voyage Escapademos, « explorer ce à quoi pour­rait ressembler la citoyenneté de demain, les défis du changement climatique ». D'autres encore venues en observatrices ou représentantes de #MaVoix, Flora, Laetitia, Janique. Caterina Romanelli italienne parisienne hyper diplômée en charge de l'investissement "Environment, Social, Governance" au sein d'une société européennede capital-investissement.

Parmi les projets d'entrepreneurs, celui de Philippe Honigman expert Blockchain : « Transformer une start-up en une communauté ouverte, en décentralisation la gouvernance et la distribution des revenus » l'un des projets d'entreprise s'est posé la question d'une entreprise fonctionnant un peu sur le principe du logiciel libre. Si tout le monde collabore, quelle est la rétribution de chacun ? Comment rétribuer la valeur ajoutée ? Il propose blockchain comme solution. Boris : son dispositif de formation Etika Mondo à destination des entreprises gagnait à la fin du week-end en maturation et en clarté grâce à l'éclairage apporté par le groupe et aussi à l'expérience de l'hôte Christophe Carrier qui lui-même a une entreprise « la co-entreprise ».Vincent : WhatHappensNow un an sur la route à travers les continents pour comprendre la transition post-industrielle », une formation qu'il a taillé à la mesure de son ambition. La Paillasse 2.0 : "Big hacks pour l'émergence d'une Recherche Science/Tech collaborative et ouverte, libérée et globalisée." Concrètement : le projet " Epidemium est programme inédit de recherche scientifique participatif et ouvert, destiné à mieux comprendre le cancer grâce aux open big data !" Pour la majorité des projets, une page Facebook existe qui en dit plus long et permet de rejoindre la communauté. Sans oublier le projet qui résume peut-être le mieux l'ébullition en cours de la société civile et la renaissance démocratique « Un peuple totalitaire ? » , ""Contribuer à identifier le meilleur format de gouvernance compatible avec un projet de société bienveillante, après la Révolution Numérique", dispositif de roman collectif imaginé par Antoine Brachet co-fondateur des Barbares autour duquel ont fusé les propositions les plus folles. "La conclusion d'est effectuée autour du Fishbowl proposé par Antonin Léonard de OuiShare où chacun a exprimé son émotion.
                                                                                                                                                                                                                       Janique Laudouar

Nouveau ! FLora Clodic a aussi contribué à faire revivre l'esprit du Web #5 : "WEB #5, ou comment j’ai réveillé la barbare qui sommeille en moi" (21 02 16)

vendredi, février 12 2016

"A nous d'écrire l'avenir" Barbare (WEB) #5

Nouveau! Voxe propose une newsletter et un agenda démocratique. Inscrivez-vous !

"A nous d'écrire l'avenir" : Antoine Brachet annonçant le Week End Barbare (WEB) #5

L'agenda démocratique citoyen explose !

Pendant que le monde politico-médiatique se concentre sur la problématique de la réforme de la constitution et le remaniement ministériel, l'agenda démocratique citoyen explose! Un vent de fraicheur souffle sur la démocratie!

"Sommes-nous en Démocratie ? Existe-t-il des solutions pour débloquer notre système politique, pour rendre aux citoyens leur place en politique?" Agora 2017 a posé la question ce jeudi 11 février à Lyon au nom de Génération Citoyens : "Sommes-nous encore en démocratie?", - débat qu'on pouvait suivre en direct sur You Tube- Question presque dépassée! Les initiatives intéressantes, intelligentes, innovantes et surtout à la hauteur des enjeux explosent  partout en France. Janique Laudouar                                                                                                                             

Les Barbares (bienveillants)  Week End Barbare (WEB) #5

Ils se réunissent ce week-end du 12 au 14 février un Week End Barbare (WEB) #5.  "L'année dernière", raconte sur Medium Antoine Brachet l'un des fondateurs, "nous avions lancé l’opérationBarBar#1, rassemblant plus de 500 d’entre nous à l’Archipel le 31 mars 2015, dont 60 organisateurs." Et maintenant ...rencontre avec  : "les BarbActeurs, qui ont des projets en accord avec les valeurs du manifeste barbare (changer le monde avec les nouvelles règles que nous anticipons tous, positivement, sans se soumettre à la règle absolue du profit)."

26 BarbActeurs, ont proposé leur projet, et concocté pour le présenter une vidéo de 1 minute 30. On vous racontera.

Et pendant ce temps là, Démocratie Ouverte ...

De plus en plus d'adhérents à Démocratie Ouverte. Et ils préparent un BIG événement à la rentrée et se réunissent le 19 mars pour le préparer. On vous en dira plus bientôt...

dimanche, janvier 24 2016

LA DEMOCRATIE, C'EST MAINTENANT

« NE LEUR LAISSONS PAS 2017 ! »

Signe des temps, les militants n'attendent plus « les appareils » pour décider et « passer à l'action ». "Une primaire de gauche? Allons-y." Quelque 500 militants, associatifs, politiques, syndicaux ou simples citoyens lancent dimanche la création d'un "comité d’organisation de la primaire de gauche" annonce le JDD du 24 janvier 2016. L'appel au changement y figure : « Nous prenons en charge l’organisation de cette primaire. Nous allons faire de cet objet, encore non identifié, l’instrument d’un changement politique ». On y retrouve en autres Julien Bayou, Caroline de Haas et Eliott Lepers,  designer de politique, activiste, chef d'entreprise, écolo Mais surtout, «1000 citoyennes et citoyens, de tous les départements, de toutes origines de tous engagements». Libération avait déjà publié l'appel pour une primaire à gauche signé par divers intellectuels et politiques. Un site http://primairedegauche.fr/ est déjà en ligne signale Libération, avec budget (annoncé : 200 000 euros) et financement participatif.  A 150 kilomètres de Paris (Orne 61) Génération Citoyens organisait avec succès le 14 janvier l'inauguration de locaux en présence de Jean-Marie Cavada et de plus deux cent personnes. Le phénomène n'est pas uniquement  parisien. Janique Laudouar

Une approche ludique pour acculturer les citoyens à la loi : le projet Nesquiz, une démonstration lors du hackhaton à Numa par Jill Jên-Vie, en thèse à Orsay

OPEN LAW, OPEN DATA, OPEN GOV : Open Democracy Now!

Numa Paris vient d’organiser une rencontre le 22 janvier sur le thème Open Democracy Now avec Open Law et différents collectifs entre autres: Etalab, Regards Citoyens, Voxe, #MaVoix, DemocacysOS France. Le numérique apporte des solutions pratiques et concrètes au soutien et au développement de la démocratie ».  " En terme de révolution par l’intérieur,la technologie numérique nous permet déjà d'envisager des changements radicaux des processus politiques et administratifs existants. L'innovation peut-elle être publique ? C'est le pari d'Etalab lors de la réunion de mai 2015 « Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ?" Introduction à Open Gov par République citoyenne, Lancelot Pecquet modérait la rencontre.

"Numérique, politique et démocratie : implosion et explosion annoncées",  avait prédit Léonore de Roquefeuil, co-fondatrice de Voxe. dans http://www.democratiemiseajour.fr/ en parlant de ces "citoyens-hackers" La rencontre se concluait le samedi 23 janvier par une forme de hackhaton avec développeurs autour de la construction de plate-formes numériques de vote et de solutions open source.

Ce foisonnement rejoint la prédiction que nous avions faite à propos de l'économie collaborative  «Les politiques s'enlisent, les français s’organisent »,

Ci-dessus Emmanuel Raviart, développeur à Etalab, et Quitterie de Villepin, #MaVoix. Ci-dessous Benjamin Ooghe-Tabanou Regards Citoyens et Léonore de Roquefeuil, Voxe

mercredi, novembre 4 2015

Art et économie de partage : Host an artist

Host an artist soirée de lancement mercredi 4 novembre galerie Claude Samuel Paris http://www.hostanartist.com/

De la politique à l'art

« La politique n'est pas une science, c'est un art » disait Alain Bergougnioux défendant les « professionnels de la politique » lors des Entretiens de Solferino où il reçevait avec Henri Weber Pierre Rosanvallon sur le thème "Qu'est-ce qu'un bon gouvernement?". Passons donc de la politique à l'art. 

HOST AN ARTIST Résidence d'artistes chez l'habitant

Anne Roquigny on l'aime pour son parcours sans faute, pour sa maîtrise de "l'art numérique" et l'invention d'un dispositif qui fait le tour de l'Europe WJ'S. Soutenons aujourd'hui le projet Host an artist http://www.hostanartist.com/ de Anne Roquigny et David Guez. En allant à la soirée de lancement le 4 novembre galerie Galerie Claude Samuel http://www.claude-samuel.com/ 69 Avenue Daumesnil, 75012 Paris pour ceux qui sont à dans la capitale. L'EXPOSITION : Antoine Schmitt, Jacques Perconte, Aude Morandat, Eric Pajot, Nicolas Boone, Magali Daniaux, Cédric Pigot

Jacques Perconte également exposé à la Galerie Charlot "Horizons" du 15 octobre au 21 novembre 2015 http://www.galeriecharlot.com/fr/expo/99/Jacques-Perconte-Horizons

Mieux encore en versant une somme sur la plateforme de crowdfunding Kickstarter. « En échange de ces résidences, les artistes offrent à leurs mécènes une œuvre d’art, un texte original, un cours particulier, un concert privé ou toute forme qui permet de créer un lien inédit avec leurs hôtes. » Vite qualifié « airbnb de l'art », Host an artist part d'un constat similaire à bien des concepts de l'économie collaborative : des espaces vides chez les particuliers. Rencontre via la plateforme Web. Une initiative qui concerne tous les territoires. « A terme, il s’agit de proposer une plateforme qui relie artiste et citoyen, mais aussi institutions et initiatives locales »
                                                                                                                                      Janique Laudouar

En savoir plus sur le site et l'excellent ArtHebdoMedias http://www.artshebdomedias.com/article/021115-hostanartist-en-ligne-la-suite-de-paul-valery


lundi, septembre 14 2015

Nouvelle Démocratie : la relève politique

"Vite, faites entrer les barbares" : "la démocratie face à la révolution numérique, transformer les relations entre la puissance publique et les citoyens" "réinventer les élections" étaient parmi les thèmes de la conférence sur la démocratie de Nicolas Colin du 9 juillet 2015 à The Family en partenariat avec l'Institut Montaigne. Qui sont les "Barbares"? A l'origine des entrepreneurs du numérique décidés à "débloquer la France". Une élite éclairée et rompue au digital, certes, mais cet automne c'est la société civile "ordinaire" qui partout en France semble vouloir se mettre en ordre de marche et "hacker" la démocratie.

La société civile en ordre de marche pour renouveler la politique

Il y a quelques mois, ils étaient encore invisibles. « Hors du radar ». Mais en cette rentrée politique, impossible de les ignorer. Qui ? Nous, vous et moi, la société civile, citoyens qui agissons, porteurs de nouvelles valeurs. Il y a plusieurs mois nous les annoncions. Ils sont là et bien là. Et pas seulement en France. Le phénomène est international. Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, DemocracyOS s'étend dans le monde, El partido de la Red en Argentine, Islande, Tunisie. Et il sonne comme un avertissement. Et un espoir : une renaissance politique.

(Image : à OuishareFest 2015 trois femmes en politique  , Pia Mancini DemocracysOS, Léonor de Roquefeuil, Voxe, Primavera de Filippi (chercheuse expert blockchain), discutent des plateformes numériques!

L'émission C dans l'air le 25 août sur la 5 avait pour sujet «La tentation Varoufakis», citant l'ex ministre grec comme exemple de dissidence des gouvernances classiques. Sur le plateau seule Corinne Lepage semblait avoir conscience de la profonde mutation politique en marche « "On est au début d'une uberisation de la politique". Et de décrire une classe politique « hors sol » qui continue à penser en terme d'échéance électorale. Quand elle souligne le foisonnement de mouvements porteurs d'idées en marche et d'actions en cours, immédiatement l'un des intervenants les qualifie de « populisme », et de masquer par une connotation négative son incompréhension du phénomène. Car le plus stupéfiant c'est qu' « ils » ignorent l'explosion ou font semblant de l'ignorer. « Ils », le pouvoir, la classe politique « classique », les élus, les « élites déconnectées », bref le petit monde politico-médiatique, celui qui devrait être le plus informé, le plus à l'écoute

« Pas sans nous ! »

« Pas sans nous !» (nom de la Coordination Nationale « Pas sans nous »http://www.passansnous.org ) semble être le cri du cœur des citoyens las des lois qui continuent à tomber comme des couperets sans consultation autre que le traditionnel va et vient entre Assemblée nationale et Sénat. Las des annonces non suivies d'effet. Las du dysfonctionnement récurrent d'une administration « centrale » demeurée par nature conservatrice, dont la force d'inertie exaspère. Las d'une justice dont la lenteur et les délais hors norme ne semblent jamais remis en cause. Las enfin des mesurettes là où ils attendaient des changements structurels. Les gouvernances semblent devenues peu à peu inadaptées pour faire face au monde présent et au monde qui vient. C'est à la fois un constat politique mais aussi un ressenti exprimé ou tacite dans les populations qui ne sentent pas écoutées et dont les préoccupations prioritaires ne sont pas prises en compte.

Avant l'été plusieurs débats et séminaires ont dénoncé cette fausse démocratie et la nécessité d'aller vers un autre type de gouvernance, une nouvelle démocratie. « Les vieilles pratiques démocratiques se périment à toute vitesse et l’essoufflement de notre modèle politique appelle une réponse, sous peine de voir les mouvements contestataires se multiplier. » prédit Nicolas Colin co-fondateur de The Family où avait lieu la conférence très suivie « Les barbares attaquent...la démocratie » en partenariat avec l'Institut Montaigne. Etaient intervenants,Thierry Favre, fondateur de Democratech, Arthur Muller, Co-founder de Liegey Muller Pons,Camille Vaziaga, déléguée générale de Renaissance Numérique.  Le Forum « Changer d'ère » organisé à la Villette donnait des pistes concrètes et exposait les solutions expérimentées par les citoyens. Joël de Rosnay et d'autres y présentaient un avenir imaginatif et porteur d'espoir. Joël de Rosnay figure parmi les contributeurs de La Revue du Cube avait choisi pour thème de son dernier numéro #8 de mai 2015 « Révolution positive ». Le prochain thème sera encore plus précis : « Refondation ». « Le 14 juillet 2015, le Conseil économique social et environnemental (CESE) et l’Institut des Futurs souhaitables se sont unis pour mettre en lumière ces héros et héroïnes, ces « révolutionnaires positifs » . « 150 collectifs porteurs d’une vision alternative, optimiste et inclusive de l’avenir » http://congresdufutur.org/     

La nouvelle démocratie : la relève politique est assurée

Croire en la refondation de la démocratie, oui mais avec qui ? Et là c'est plutôt réjouissant car la relève semble assurée. Face au déluge législatif, lois ficelées à la hâte et qui révèlent ensuite leur inadéquation au «terrain » et leurs failles, Parlement & citoyens propose la co-gouvernance et la co-construction des lois. Avec certains élus conscients de la nécessité de co-gouverner. Une nouvelle plate-forme en ligne et son mode d'emploi permet de s'inscrire et de faire des propositions. Des députés ont rejoint le projet. Le rapport du maire-adjoint de Lille à la secrétaire d’État en charge du numérique Axelle Lemaire prône un véritable « partenariat public-privé-population ». Mais ces préconisations seront-elles adoptées par le gouvernement? Les collectifs, eux, sont libres d'agir MAINTENANT. Démocratie Ouverte grandit vite et de vient de fusionner avec le groupe animé par Michel Briand, Gouvernance contributive. Selon Armel Le Coz : «D’une poignée de co-fondateurs passionnés et de porteurs de projets démocratiques » le mouvement fédère de « de plus en plus de citoyens qui cherchent des espaces pour s’engager et agir concrètement en faveur de la transition démocratique. » VOXE recrute et cherche des passionnés de démocratie participative « intéressés par la politique, autonomes et qui ont envie d'agir dans la transition démocratique. » La transition se prépare dès maintenant : « en 2017, nous n'avons pas envie de voter pour vous » déclare https://democratech.co/ «  Autre collectif, Regards Citoyens, dont les membres « se sont rencontrés sur Internet dans un désir commun de proposer un accès simplifié au fonctionnement de nos institutions démocratiques à partir des informations publiques. » « Inventer la démocratie du XXIe siècle, un débat à la fois: DemocracyOS arrive en France. « Ré-inventer la Démocratie c'est possible. Partons à la rencontre d'idées, de personnes, d'outils, pluriels et innovants » affiche DEMOS XXI le web-documentaire qui espère réunir les fonds sur Kiss kiss bang bang.

L’Institut des Futurs souhaitables « participe de cette dynamique à un moment clef où partout dans le monde, les porteurs d’innovations concrètes se révèlent et se rassemblent. » Le tirage au sort est un dispositif qui revient souvent comme alternative à la démocratie représentative. Etienne Chouard milite depuis longtemps en sa faveur, et pour l'écriture d'une nouvelle constitution écrite par les citoyens. En Belgique « Le député Peter Vanvelthoven, c’est son nom, veut que les sièges du sénat ne soient plus occupés que par des citoyens tirés au sort ! » Le collectif #MaVoix (lancé au printemps) par Quitterie de Villepin souhaite aussi le tirage au sort. Une simple page sur Facebook au printemps a fait boule de neige. On peut y lire le manifeste du collectif qui lui aussi grandit. Des députés volontaires éduqués par des MOOC puis ensuite désignés par tirage au sort pour défendre les demandes citoyennes. Dans #MaVoix, des compétences, des têtes bien faites comme Valentin Chaput qui pratique l' « open source politics » transparence, échange d'information, réunions ouvertes grâce à l'application meet up. DEMOS réclame une chose simple : 6 Lois par an, décidées par et pour le peuple. Les citoyens exigent le remplacement du Sénat par des Assemblées Démocratiques dont les membres pourront être vous et moi. Mais cette « chose simple » est-elle souhaitée par les gouvernants en place ?

Et pendant ce temps là...la classe politique

« Et pendant ce temps là », écrit Jacques Attali dans l'Express du 26 août au 1 septembre, « la classe politique prépare benoitement sa rentrée sur le mode le plus traditionnel et le plus éloigné des enjeux -bref le plus nul, le plus indigne du pays. » Cynisme, ignorance ou indifférence, le manque d'écoute de la société civile devient criant et le silence des élus assourdissant face à l'explosion des aspirations et actions citoyennes. « Ici à Brest en fin de mandat la gouvernance contributive et l'innovation sociale ouverte ont été inscrites dans le programme de l'équipe élue. Mais dans la réalité, très peu d'élus s'approprient ce changement de paradigme vers une société contributive » nous dit Michel Briand, membre du Conseil national du numérique, initiateur du Forum des Usages Coopératifs à Brest qui en en 2014 avait anticipé la mutation politique et le nouveau rôle de l'élu. « Ceux qui gouvernent n’ont pas intérêt à soulever la question du bon gouvernement. Gouverner aujourd’hui, c’est essayer de survivre, c’est séduire. L’intérêt des gouvernants est de rester dans une telle conception archaïque du pouvoir comme propriété personnelle, comme outil de manutention des esprits et d’élimination des adversaires. »constate Pierre de Rosanvallon, professeur au Collège de France auteur de nombreux ouvrages sur la démocratie et fondateur du projet« Raconter la vie », donner la parole aux « invisibles »,  « pour remédier à la mal-représentation qui ronge le pays. » Il vient de publier « Le Bon gouvernement ». « Le centre de gravité est aujourd’hui la relation gouvernés-gouvernants. »

Et Demain? 

« Facebook a compté un milliard d’utilisateurs connectés en un seul jour » soit « 1 habitant de la terre sur 7 »(http://www.presse-citron.net/lundi-un-habitant-de-la-terre-sur-sept-etait-sur-facebook/. La civilisation du numérique rend caduque l'actuelle relation gouvernants avec tout pouvoir, gouvernés qui subissent. Avec l'arrivée d'Internet en France l'interactivité est entrée depuis 20 ans dans les usages des citoyens qui sont mûrs pour une vraie démocratie qui inclut leur participation et leur expertise. « Chacun, citoyen, journaliste, webmaster ou autre peut s’emparer de la plateforme et l’enrichir. » affiche Voxe. « Parlement & Citoyens «  permet aux citoyens et aux parlementaires de rechercher ensemble les solutions aux problèmes de notre pays » grâce à une plate-forme où il suffit de s'inscrire pour proposer ou commenter une loi. Une interaction permanente entre gouvernés-gouvernants, grâce aux plate-formes numériques et aux applications qui rend la fluide, est la nécessaire condition de la démocratie aujourd'hui.

Voxe.org est finaliste de GoogleImpactChallenge 2015. Vous pouvez voter : https://impactchallenge.withgoogle.com/france2015/charity/voxe

La 4ème édition du LHFORUM / Positive Economy Forum au Havre du 16 au 19 septembre 2015
http://positiveeconomy.co/fr/positive-economy-forum-le-havre-2015-2/

L'émergence des communs populaires http://tempsdescommuns.org/
http://tempsdescommuns.org/jardins-partages-en-communs/
  Festival francophone des communs du 5 au 18 octobre 

"Curieuses démocraties" Saillans, 18-20 septembre 2015 http://www.curieusesdemocraties.org/

http://www.ted.com/talks/pia_mancini_how_to_upgrade_democracy_for_the_internet_era?language=en

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20141219.OBS8339/start-up-ces-barbares-qui-veulent-debloquer-la-france.html

lundi, septembre 7 2015

Réfugiés : Action ! En ligne : CALM "Comme à la maison"

L'équipe de Calm, source et auteur image Noam.A

CALM : un dispositif en ligne nouvelle preuve de l'agilité citoyenne

Nous annoncions depuis longtemps l'avènement de la société civile, ("Les politiques s'enlisent, les français s'organisent") en terme d'action comme d'anticipation sociale et politique. Aujourd'hui, au cœur de l'actualité, une nouvelle preuve de l'agilité citoyenne : « Réfugiés Connectés » le premier Hackathon sur l'asile en France a eu lieu il y a 7 mois à l'initiative de SINGAFRANCE « Créateur de lien social et incubateur de projets qui changent la société ».

« Le dispositif CALM (Comme à la Maison)  permet la mise en relation entre des réfugiés mal logés ou sans domicile fixe et des particuliers ». Comment? " Il s’appuie sur une communauté grandissante de citoyens souhaitant s’engager sur l’accueil des réfugiés et, à terme, sur une plateforme web qui permettra un impact plus important ».

L'initiative de SINGA a le mérite de sortir l'expression « réfugiés » d'une masse informe et sans identité, et de souligner « qu 'il n'y pas de "profil-type" de réfugié, mais au contraire "une immense diversité des langues, des âges, des professions, des expériences, et par exemple, l'écart significatif entre ceux qui maîtrisent les codes du numérique et ceux qui le découvrent. » Au-delà du logement, il est proposé de s'engager pour un accompagnement : soutien d'apprentissage de la langue, accompagnement à la recherche d'emploi, « réfugiés porteurs de projets artistiques et culturels. » Sans oublier un appel aux sereni qui peuvent effectuer une veille juridique, académique, internationale. ll y a dans d’autres pays et d’autres secteurs d’activités des idées brillantes dont nous pourrions nous inspirer ou que nous pourrions dupliquer pour améliorer l’accueil et l’installation des réfugiés. »

Voir aussi dans le même esprit signalé par Julien Bayou http://aiderlesrefugies.fr/

Stay calm. Rester calme et agir. Sereno : calme, serein en italien mais aussi impartial, objectif https://en.wiktionary.org/wiki/sereno

http://singa.fr/la-communaute/calm-comme-a-la-maison/

vendredi, juin 12 2015

Ma contribution sur Parlement & Citoyens : co-construire la Justice à l'ère numérique

Co-construire la Justice à l'ère numérique

La nouvelle version de Parlement & Citoyens est opérationnelle ! Ma contribution "Co-construire la Justice à l'ère numérique avec et par les citoyens" est aujourd'hui 12 juin est  particulièrement d'actualité : on découvre une fois de plus les failles de notre système judiciaire dont nous avions déjà souligné la lenteur. L'aspect balzacien de certains cabinets d'instruction laisse rêveur... Après 4 ans d'instruction la relaxe est prononcée pour Dominique Strauss-Kahn. Un commentaire de Jack Lang sur BFM TV relayé par le Hufftington Post fustige ces "instructions  inconsidérées, bâclées" et parfois uniquement à charge. "Une fois de plus, la question de l’institution du juge d’instruction est posée en France. Cette situation dans laquelle un juge d’instruction peut mettre en cause l’honneur et la dignité d’un homme ou d’une femme pendant des années est inacceptable"déclare-t-il. Ces carences ne concernent pas seulement les "people" et les personnalités médiatico-politiques, mais aussi de simples citoyens. Et puis  aussi le journaliste blogueur, le lanceur d'alerte, le fonctionnaire en désaccord avec son administration.

Nous souhaitons la collaboration du citoyen à ce qui le regarde au plus haut chef : une justice moderne, accessible, lisible, qui n' a plus peur d'admettre ses erreurs et d'ouvrir de vraies voies de recours en défense des libertés. Pour y arriver : l'implication active des « pratiqueurs », pour reprendre le terme du chercheur d'Emmanuel Mahé et des « experts amateurs » que sont devenus les citoyens aujourd'hui, et qui peuvent être des collaborateurs, des co-auteurs, à l'ère de la participation et de l'interaction.C'est pourquoi loin de dresser un plan tout fait, nous proposons quelques pistes pour une « Justice numérique » qui seront complétées par la réflexion collective.

Janique Laudouar

Une "ambition numérique" dirigée vers les citoyens

Thierry Mandon Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification  visite le 19 mai  les ateliers organisés par la Mission Etalab et animés par Colibri "« Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ? "C'est la co-construction des lois qui vient en tête des sujets plébiscités.

Il est plus que temps de faire entrer notre système judiciaire dans l'ère numérique". Ce constat issu de la  consultation "Ambition numérique"(CNNum) devient une urgence. 95% des citoyens sont mécontents de la justice, de sa lenteur, de son opacité, de ses lois archaïques et complexes, et appellent à une simplification. Dans cette même consultation du CNNum, l'Ordre des avocats de Paris écrit "Le monde est devenu numérique alors même que la justice et le droit français continuent de l'aborder avec les outils légués par le XXème siècle".  On cite justice et médias, justice et politique, mais on oublie trop souvent la justice ordinaire qui par son incapacité à entamée une réforme dirigée vers les citoyens envahit leur vie parfois pendant des années avec des instructions qui s'éternisent.

Steeve Morin, développeur informatique, a entrepris de transférer le code civil sur le site GitHub https://github.com/steeve/france.code-civil qu'utilise la communauté des développeurs. "les "commits" soit les changements en terme de code, en sont plus faciles à lire que la liste de 40 décrets!"

"Les parlementaires font-ils la loi ?" On peut citer aussi La Fabrique de la Loi http://www.lafabriquedelaloi.fr/ qui permet d'explorer plus de 290 textes de lois, une initiative de Regards Citoyens, projet de recherche mené avec Sciences-Po.

Il y a aussi http://oz-imagidroit.tumblr.com/, « représenter le droit français avec des images et des shémas (Olivia Zarcate, Imagidroit) «  juriste de formation, a créé Imagidroit en 2012 pour faciliter l’accès au droit grâce à la pensée visuelle ».

Co-construire la loi

Lors du Forum Ouvert le 19 mai « Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ? » organisée par Etalab, c'est la co-construction des lois qui est arrivé en tête des usages démocratiques à instaurer. Rappelons que « la politique d’ouverture et de partage des données publiques (« Open data », voir le site https://www.data.gouv.fr/ est pilotée, sous l’autorité du Premier ministre, par la mission Etalab. Et que l'ouverture des données va modifier de façon internationale les rapports entre citoyens et administration. « Le numérique est ainsi une opportunité pour renouveler, enrichir, étendre la participation et la co-construction entre l’Etat et les citoyens. » peut-on lire sur  le blog de la mission Etalab https://www.etalab.gouv.fr/gouvernement-ouvert. Ou encore sur le site du « La transformation de l’État implique beaucoup de créativité, de dialogue et de capacité à dépasser des références devenues obsolètes. » (Thierry Mandon, Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification.

Actuellement une loi, même quand elle est défaillante ou inapplicable, reste très difficile à amender et à réformer avec des navettes interminables entre Sénat et Parlement. Un exemple : la loi sur les protection des majeurs qui donne tout pouvoir aux mandataires judiciaires , dénoncée par des dizaines de collectifs et d'associations qui protestent et crient leur souffrance et leur révolte face aux abus, par les médias, des publications. Mais ils ne sont pas entendus.

 L'amélioration rapide des lois existantes est une mission impossible actuellement . Que les lois soient expérimentées avant d'être lancées comme une barque fragile dans l'océan législatif semble une évidence acquise...mais non mise en œuvre.

Justice et numérique, à quand?

Il est temps de mesurer les enjeux de ces carences graves du à l'archaïsme: on commence à dire tout haut le ravage que peut créer dans la vie d'innocents des instructions hâtives, pour ne pas dire « bâclées, inappropriées », pour reprendre les termes des propos de Jack Lang par certains magistrats débordés et peu soucieux d'humanité, méprisant violents parfois, avec le justiciable même et surtout quand il est innocent et peu au fait du « système ». C'est un tort fait aux juges qui font preuve de conscience et de compétence, comme l'éthique des magistrats d'ailleurs l'exige, le Conseil supérieur de la magistrature a publié en 2010 " un « Recueil des obligations déontologiques des magistrats », librement accessible au public, afin de renseigner les citoyens et de guider les magistrats sur les exigences éthiques résultant de l’exercice de leurs fonctions."

"Il lui revient : d' améliorer sa formation pour éviter le retard de la procédure causé par son approche non professionnelle. de maintenir pendant toute sa vie le haut niveau de compétence professionnelle d'utiliser tous les outils juridiques, avec lesquels il se familiariser.

Dans chaque procédure, il veille à fixer des délais raisonnables aux parties et à lui même.

Le juge fait tous les efforts pour être le plus prompt possible et pour rendre ses décisions sans retard"

Hors le Juge a-t-il fait l'effort suffisant pour remplir ces obligations quand on voit les délais se prolonger et les outils numériques ignoré?
Certains le font depuis longtemps, citons Antoine Garapon " Le 7 avril dernier, “Le procès civil en version originale”, premier livre numérique juridique réalisé par Antoine Garapon et des chercheurs associés à l’IHEJ, a reçu le Prix du Cercle Montesquieu 2015."
Le juge unique est actuellement tout puissant alors que la collégialité avait été annoncée. Il n'y aucun recours réel pour le justiciable contre l'abus de pouvoir d'un magistrat. Il faut une réforme de la justice pénale et civile qui intègre le vécu et les demandes des citoyens, des avocats, et ne soit pas uniquement élaborée par les professionnels du droit des ministères, les syndicats de magistrats. Les mises en examen abusives avec au bout de 5 ans un non-lieu sont inadmissibles et ravagent la vie des citoyens les menant parfois au suicide. Manque de moyens? Manque surtout des usages de bases du numérique (liens hypertextuels, mots clefs-clefs etc). Il en résulte des tribunaux débordés qui n'ont plus le temps, ni de faire procéder à une véritable enquête préliminaire avant mise en examen, qui est un acte grave, ni de prendre connaissance des dossiers, ni d'examiner le profil du justiciable, ni de l'informer correctement sur les délais et coûts prévisibles de la procédure. Dans la pratique, la loi n'est plus respectée et les délais sont hors normes.

Dans un article du HuffPost l'avocat Dominique Inschauspe s'exprime. « Le véritable scandale est ici: dans son rapport de 2007, la Commission de suivi de la détention provisoire estimait que, en 2005, quelque 1100 personnes détenues avant procès avaient été libérées après avoir été blanchies. Plus d'un millier d'innocents libérés chaque année! Le plus long de ces délais (cas d'infractions graves avec une dimension internationale) est de 6 ans et 8 mois: près de 7 ans en détention sans être jugé."(...) Il faut en terminer avec de tels abus et il n'y a qu'une seule réforme possible: que la loi réduise ces longs délais maximum."

Plus récemment l'avocat pénaliste Eric Dupond Moretti a fait des déclarations publiques courageuses sur certaines instructions, et a fait parvenir le 14 mai 2015 à tous les députés avocats un courrier avec une proposition de loi concernant le secret professionnel des avocats,", « à la suite des révélations concernant la surveillance téléphonique de notre Confrère Thierry Herzog ». Encore un signe nécessaire de la co-construction de la loi avec ceux qui en subissent les débordements.

Citons un extrait du récent rapport de Pierre Delmas Goyon, conseiller à la cour de Cassation auteur principal d'un travail demandée par la Garde des Sceaux dans le cadre de "La Justice au XXIème sicèle, sur le « Juge au XXIème siècle », et qui préconisait « un citoyen acteur, une équipe de justice ». "Le groupe de travail sur ''le juge du 21ème siècle'' a fait 67 propositions (voir le rapport) parmi lesquelles la création d'une plateforme de règlement en ligne des litiges et d'un acte de procédure d'avocat, le développement de la médiation familiale, l'amélioration des supports d'information des juges ou encore la possibilité pour les justiciables d'accéder par internet aux procédures qui les concernent afin de faciliter le suivi."

« Proposition n° 13. Faire préparer par des assistants de justice, à la demande du juge d’instruction ou du juge des libertés, des synthèses, établies selon un modèle-type afin de garantir leur objectivité, qui seront officiellement versées au dossier. L’objectif recherché est de faciliter la prise de connaissance de dossiers très volumineux par des intervenants multiples (juge d’instruction, JLD, ministère public, avocat, chambre de l’instruction, juridiction de jugement), sans induire une lecture partiale ou tronquée. »

Voilà une proposition que le numérique peut concrétiser rapidement. Mais les mentalités du monde clos de la Justice sont-elles prêtes à l'accepter?

Notre objectif : réduire le volume des dossiers, simplifier, accélerer

Notre objectif est assez simple et s'inspire sur le plan de droit de certaines propositions des rapports issus de « Justice du XXIème siècle » en s'appuyant sur la culture numérique pour leur mise en œuvre. Nous souhaitons la collaboration du citoyen à ce qui le regarde au plus haut chef : une justice moderne, accessible, lisible, qui n' a plus peur d'admettre ses erreurs et d'ouvrir de vraies voies de recours en défense des libertés. Pour y arriver : l'implication active des « pratiqueurs », pour reprendre le terme du chercheur d'Emmanuel Mahé et des « experts amateurs » que sont devenus les citoyens aujourd'hui, et qui peuvent être des collaborateurs, des co-auteurs, à l'ère de la participation et de l'interaction.C'est pourquoi loin de dresser un plan tout fait comme objectif, nous proposons quelques pistes pour une « Justice numérique » qui seront complétées par la réflexion collective.

Nous citons ici quelques propositions de notre projet, merci à Anthony Masure professeur agrégé, docteur en esthétique et designer pour sa veille active et ses invitations à des séminaires et au groupe Design en recherche.

Faire appel au design et au design de service pour « redessiner » une justice co-élaborée par et pour les citoyens

1 Une justice co-élaborée avec les citoyens et des designers, et non par les seuls techniciens du droit. Il en ressortira une simplification sur le fond et sur la forme, une justice lisible et si possible transparente. Ce n'est pas le fonctionnement interne de la justice qui doit guider le législateur et présider à la loi : le ressenti et le témoignage du vécu quotidien des citoyens doit être intégré comme réalité essentielle, ce qui n'est pas le cas actuellement avec certaines lois trop « loin du terrain » donc contestées.

2 Réduire le volume des dossiers non par une simple copie numérique du dossier, mais par l'usage dans les pièces du dossier et procès verbaux d'audiences des mots clefs, des liens hypertextuels, logiciel de reconnaissance d'écriture manuscrite (OCR) etc. Une harmonisation entre les logiciels utilisés pour le compte-rendu des services de police et compte-rendu des audiences serait souhaitable.

3 Réduire les délais : alors que la marche du monde s'accélère, la justice s'arroge le droit d'être hors délai. Nous proposons de normer les délais, d'inscrire des dates-limites comme il y en a dans toutes les administrations. Pour le justiciable, par contre on note parfois des délais complexes ou très courts pour réagir en appel.

4 Normaliser grâce à l'open data et le recueil des données des jugements appliqués dans les juridictions aujourd'hui disparates en matière civile et pénale. Cela suppose une correspondance entre juridictions aujourd'hui inexistante : il peut y avoir une lecture différente du même dossier par deux juridictions et des peines très différentes, ce qui n'est pas admissible.

5 Instituer une base de données accessibles aux avocats comme aux magistrats et aux citoyens. Re-coder éventuellement la loi dans un souci d'accessibilité comme le fait actuellement

6 En matière pénale : les magistrats en cas de comparution pour mise en examen seront obligés d'indiquer très précisément les faits et les « indices graves et concordants » repérés par mot-clefs dans les dossiers et non une simple ligne du code pénal qui ne peut renseigner ni le « mis en cause » ni l'avocat sur la nature des faits reprochés. Cette obligation limitera on l'espère les mises en examen abusives.

7 Sécurité et protection des données, justification des écoutes, seront étudiés parallèlement, avec la CNIL, par exemple. On veillera à la limitation des abus possibles dans le cadre de la loi sur le renseignement.

8  Une étude de cas sera proposée dans un premier temps comme projet de recherche expérimental entre un laboratoire de droit, un laboratoire de design un département relevant d'une administration concernée, si possible Etalab et/ou le Secrétariat d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification

dimanche, mai 24 2015

OuiShare Fest 2015 : immersion dans la société collaborative

« Consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle. Et pourtant l'économie collaborative devient planétaire. Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare Fest 2015 aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.

Janique Laudouar

L'économie collaborative dans le hall d'entrée du Cabaret Sauvage lors du OuiShare Fest 2015 : de plus en plus de publications sur le sujet.

Vivre dans une société collaborative

Il y a le monde tel qu'il est, et le monde tel qu'il devrait être, dont OuiShare collecte, diffuse et incarne les valeurs.OuiShare Fest 2015, c'est trois jours d'immersion dans le monde tel qu'il est déjà, pour les1000 aficionados et connecteurs qui se sont réunis du 20 au 22 mai au Cabaret Sauvage, Parc de la Villette à Paris. Ce qui va changer le monde, ce n'est ni la technologie, ni les applications, ni l'économie, ce sont les gens. Vous, moi la façon dont nous allons nous adapter et opérer notre « transition ». Transition du vieux monde vers le nouveau monde que nous voulons : un monde dédié à l'altruisme, au bien commun, au partage, à la contribution, non comme utopie, mais illustré par des initiatives concrètes. OuiShare Fest cette année dépasse le thème de l'économie collaborative pour aborder celui d'une société collaborative, faite par les gens pour les gens, via les systèmes peer to peer et les plate-formes et technologies diverses et aussi une solide dose de philosophie, sociologie, bref une panoplie mentale adaptée au citoyen conscient et connecté.

Le business model de OuiShare Fest est en soi un exemple : une communauté mondiale, des bénévoles de toutes les nationalités, tous motivés par la philosophie OuiShare qu'ils pratiquent eux-mêmes, heureux d'être là. Ces bénévoles trié sur le volet viennent d'une école de commerce à Grenoble ou préparent un doctorat à Berkeley, une école de design à Londres ou Helsinki. Ils partagent 50% de leur temps en « tâches » pour le festival et 50% de leur temps à engranger du savoir, de la valeur ajoutée, des contacts. Des partenaires comme la Maif ou la SNCF, La Poste ou Castorama, Up, ne sont pas des sponsors au sens traditionnel du terme, mais viennent pour apprendre et s'informer. Des billets payants, qui peuvent être assez chers, certes, mais avec des tarifs abordables si on sait s'y prendre à temps comme le tarif « hacker » à 50 euros. Et les participants ont eu droit à un accueil attentionné du café du petit déjeuner aux tartines de confiture du goûter, du 100% bio, toilettes sèches et zéro waste, pas de papier glacé, le programme sur les téléphones mobiles grâce à l'application Sched. Et la soirée de clôture OuiShare Love, ouverte au public ! OuiShare Fest, c'est aussi la fête !

D'Internet à blockchain

Internet est bien à la base de tout, et comme le dit justement Pia Mancini (Argentine), qui présentait sa plate-forme DemocracyOS, Partido de la Red, Internet a d'abord été conçu comme un système décentralisé à son origine, puis s'est centralisé à nouveau avec le monopole de grands groupes qui ont su se saisir de avec opportunité du code et de l’algorithme, puis se décentralise à nouveau via des technologies comme block chain, utilisée pour BTC, bitcoin. Technologie phare de ces 3 jours, elle peut s'appliquer à d'autres usages coopératifs. 

Transition : vers un autre mode de vie

(ici Carole Delga, Secrétaire d'état, avec Diana Filippova et Yoann Duriaux)

Reste l'économie classique. Reste la politique classique. C'est bien pourquoi la thématique « transition » est choisie. Nous voulons de moins en moins consommer et de plus en plus participer, partager, expérimenter, agir, aimer, inventer, créer. Dès lors il est nécessaire d'inventer d'autres modèles. « Aujourd’hui, je suis aussi coworkeuse, je voyage avec Couchsurfing et Airbnb, j’utilise vélib et autolib, et je soutiens de projets sur des plateformes de crowdfunding, et je suis adhérente à une coopérative alimentaire. L’un des piliers de la communauté OuiShare reste tout de même le rejet de la surconsommation de masse et un mode de vie plus responsable. » confie Asmaa (OuiShare) au blog consocollaborative.La vidéo (avec sous-titre en français) de The story of stuff  est un petit bijou de pédagogie qui engage à une citoyenneté responsable. Le stuff, c'est toute cette masse de surproduction si mal distribuée et parfois nocive.

Comme le dit justement Carole Delga,  Secrétaire d'état du commerce et de l'artisanat  venue visiter la manifestation, "consommer, acquérir, était dans les années 50 à 70 la marque d'un statut social". C'est presque l'inverse aujourd'hui, quand on entend un jeune décrire son style de vie, Emmaüs pour les objets, covoiturage et vol low coast pour se déplacer, et du « do it yourself » avec du bois recyclé quand il a besoin d'un meuble. « Fini la propriété, vive l'usage ! » pour reprendre le titre d'un des événements « satellite » du jeudi 21 mars ou encore sur les murs « Plus de joie moins de choses ». C'est maintenant ne plus consommer qui est de venu la marque du citoyen averti et mature, par rapport aux tristes caddies pleins à ras bord de la consommation de masse. Interpellée par Yoan Duriaux, apôtre des tiers lieux en France, sur la nécessité de prendre en compte cette société civile agile, celle des makers et des Fab Labs, Carole Delga assure qu'elle en informe les chambres de commerce, et diffuse sa conviction qu'il faut rapprocher cette « économie de partage », de l'économie circulaire, de l'économie sociale et solidaire bien intégrée dans les territoires. Ces nouvelles économies ont des valeurs sociales et des questionnements proches.

Pour Antonin Léonard, ce qui exige encore beaucoup d'énergie,c'est ce  "tiraillement" entre l'ancien monde, toujours bien en place, même s'il est fragilisé par les sondages et autres signaux fort ou faible faibles de désaffection, et ce nouveau monde en expansion. D'où le titre « Lost in transition ? » choisi pour cette troisième édition. « Nous n'avons pas les même mots » constate Antonin Léonard, pourtant en faveur du dialogue entre les deux mondes. Le vocabulaire du programme : « consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle.

Tisser des liens

Au coeur de ces trois jours, les rencontres humaines. Chacun a envie de savoir qui est l'autre, son voisin, chacun se parle et échange. Il est aussi enrichissant de bavarder avec une bénévole collaborant à Mon cher Paris que d'échanger une carte de visite avec le philosophe Michel Bauwens.

Michel Bauwens, entretien avec Diana Filippova. Ci-dessous "The sharing table" : on peut prendre un objet et visiter le site http://www.shareable.net/

« Give before you take », « Donnez avant de recevoir » : avec ce message évangélisateur ouvrant le festival, Charles Eisenstein ("Sacred Economics) aura donné le ton. Don qu'on peut faire à certaines plate-formes « gratuites » comme Wikipedia qui aura montré la voie du succès coopératif Contribuer au financement de plateformes à encourager. Un bénévole me parle du projet très avancé dans lequel il est impliqué La Louve, projet de coopérative dans le 18ème arrondissement de Paris ou les « actionnaires » donneront aussi un peu de leur temps, 3 h par semaine.

Rencontre humaine aussi avec les grands bénéficiaires de l'économie collaborative, qui sont la cible de méfiance et de critique dans la controverse actuelle. En écoutant Frédéric Mazella, de bla bla car, réussite emblématique avec 20 millions de membres avec profil vérifié, ou Scott Heiferman de Meet up, plate-forme de rencontre de gens partageant un intérêt commun, qui annonce meet-up pro pour les entreprises, on s'aperçoit que ce qui est à la base de leur réussite, c'est bien la croyance en leur projet, leur sincérité, l'authenticité de leur force de conviction. Sens de l'observation, volonté de co-construction avec les utilisateurs, et une plate-forme en ligne bien conçue et efficace ont fait le reste. Leur moteur a été le souci de combler les besoins nouveaux en services adapté aux moyens des citoyens, d'être à leur écoute et de co-créer avec eux, qui ne semble plus être la préoccupation des politiques classiques. La confiance reste le mot-clef de l'économie collaborative, comme nous l'avions écrit  dans un billet sur l'économie collaborative et comme le confirme Vincent Houba d'architectures invisibles.

Transition du vertical à l'horizontal

Transition : passer d'une société verticale à une société horizontale, c'est presque mission impossible en France où la pyramide hiérarchique reste trop souvent inflexible. Les nouveaux managers ont en commun le même regard sur « cette société en « silo » dont nous ne voulons plus ». Diana Filippova coordonnatrice fait partie de cette population de jobouts, ceux qui ont osé quitter un « vrai » travail rémunérateur pour se lancer dans une aventure créative. Scott Heifferman de Meet up insiste sur la nécessité d'aimer ce qu'on fait. Parmi les événements satellites, la question est posée par la Gaité Lyrique et iGi Partners le 8 juin d'un nouveau type de management« Le XXIe siècle amène la remise en cause de l’organisation pyramidale et des managers. Exit le Taylorisme, place à l’innovation pour que les organisations retrouvent agilité et performance.Dans un tel contexte, l’Holacratie suscite curiosité et questionnement : une organisation peut-elle réellement fonctionner sans chef ?» Elle peut en tout cas redistribuer, et c'est un peu le reproche qui est fait à ceux qui actuellement, qui engrange des bénéfices sans les partager et sans penser les nouveaux modes du travail. « Décentralisé », « autonome », « par les gens et pour les gens », reste le modèle à atteindre comme http://lazooz.org, « collaborating transportation » dont le modèle original renouvelle le genre du co-voiturage (on paye en monnaie alternative, la zooz) et prévient les critiques : plus on utilise la plate-forme, plus on conduit, plus on gagne en actions de la société !

Nouveaux savoirs, nouveaux métiers : "le futur du travail"

Est-ce la fin du travail salarié comme le prédit Jeremy Rifkin,  et Bernard Stiegler dans un entretien à WeDEMAIN à l'occasion du dernier OuiShare Fest? "Le modèle salarial tel qu’on le connaît aujourd’hui et que défendent les syndicats est celui de Keynes et de Ford." "L’emploi salarié va devenir minoritaire." ""Freelance" est devenue le statut "normal" du travailleur déclare Sara  Horowitz qui a crée https://www.freelancersunion.org/  qu s'exprime sur le futur du travail. Une étude américaine livre le chiffre de 53% de travailleurs free-lance aux Etats-Unis. Notre pari est que de nouveaux savoirs, de nouvelles compétences, vont créer de nouveaux métiers pour la société collaborative. Savoir créer une communauté, une plate-forme en ligne, savoir mobiliser une communauté s'apprend : avec FullMobs, "la mobilisation nouvelle génération" par exemple, qui propose de vous aider à mobiliser les foules, de s'impliquer dans des actions de solidarité. Un jeune entrepreneur français s'inspire de Thunderclap pour monter Daycause : soit une plate-forme qui se propose d'orchestrer votre communication "rallier des soutiens pour diffuser un message tous ensemble au même moment sur les réseaux sociaux. On parle de communication collaborative". Sharetribe se propose de vous créer votre "place de marché" en quelques minutes!Voilà qui va faciliter de l'idée au projet, non?

Implémenter l'économie collaborative fait partie des nouvelles missions déjà en marche d'associations ou d'entreprises. Devenir consultant pour les villes ou collectivités comme collaboriamo à Milan, (fait partie de Sharitories, un projet OuiShare), ou Territoires hautement citoyens http://www.territoires-hautement-citoyens.fr lancé par Armel Le Coz de Démocratie Ouverte. Savoir coder, décrypter et utiliser les bases de données, le web sémantique ou les technologies alternatives comme blockchain. Savoir accompagner les entreprises  sur le chemin du changement, comme peers.org,  les aider à développer leur business modèles comme http://estrelab.com/,  à comprendre et appliquer les nouvelles valeurs, http://alkimya.co/.

Nouveaux modèles dans l'agriculture, avec, par exemple, l'ilôt des combles, http://www.lilotdescombes.fr/ microferme en permaculture. Les OuiShare awards et le tableau d'honneur de La Poste ont mis en valeur des initiatives très variées nées du crowdfunding. Dans le domaine de l'artisanat, le numérique peut changer la donne avec l'imprimante 3D, entre autres. Les entrepreneurs collaboratifs se sont aussi emparé du marché du "do-it-yourself", du fait main, de la dentelle, du tricot, on peut citer etsy et A little market, qui eût cru à cette réussite? Autant de pistes pour se lancer dans une nouvelle activité qui pour l'instant semblent pur l'instant « hors du radar » du marché de l'emploi. Il faudra aussi sans doute de nouveaux modèles d'éducation ou la réactivité, l’agilité, l'adaptabilité, la créativité, la persévérance, le mindfullness, seront des comportements et compétences enseignés et mise en valeur. Avec générosité, les entrepreneurs internationaux présents ont prodigué conseils et concepts clefs pour lancer sa plate-forme sur la place de marché. Fréderic Laloux auteur belge de "Reinventing organizations", "pour ceux qui pensent que le modèle actuel a atteint ses limites". A la fois pragmatique et idéaliste

"Y-a-t-il une application pour sauver la démocratie ?"

Mathieu Lerondeau, La Netscouade animait le débat avec Armel Le Coz, Démocratie Ouverte, Clara Delétraz, ex-French Tech, qui prépare un nouveau projet, Simona Levi, International Network, X.net, Clémence Pène Digital Strategy, Mairie de Paris,  présentaient leurs plate-formes dédiées à une démocratie ouverte, faite par et pour les citoyens.« Gouverner c'est prévoir » : l'adage depuis longtemps déserté la classe politique mais il est relayé au niveau mondial par une multitude de mouvements qui ont pour objectif de designer une nouvelle gouvernance, par et pour les citoyens. Simona Levi défend avec passion  http://xnet-x.net/en/ C'est un des modèles de démocratie en ligne. Plutôt que de passer leur temps à pourfendre les archaïsmes, la jeunesse mondiale les contourne : elle teste, elle expérimente, elle se lance et souvent réussit. Cette jeunesse là, très présente à OuiShare, semble plus mûre pour la gouvernance que bien des gloires usées de la politique. Des dizaines de collectifs émergent pour contester les « grands sommets », les « assemblées nationales » ces « autorités » instituées qui donnent l'impression d'être déconnectées du quotidien des habitants, et au final de délivrer une gouvernance européenne et mondiale médiocre et inadaptée. Présents à OuiShare Démocratie Ouverte, DémocratieOS, Assemblée-virtuelle, Regards Citoyens, Vox la plate-forme internationale de comparaison des programmes politiques ou encore l'Institut des Futurs souhaitables. Certains sont déterminé et actifs mais discrets comme # Ma Voix. Co-constuire les lois semble aujourd'hui un minium pour redonner son sens au mot « démocratie ». Pour d'autres comme Parlement et Citoyens, il s'agit d'accompagner les élus et de les convaincre d'impliquer les citoyens dans la gouvernance. Tous ont des plate-formes en ligne opérationnelles.

Hacker un terme de plus en plus fréquent pour désigner le fait de construire une réponse parallèle aux institutions. On parle de hacker l'Assemblée nationale, hacker la politique, hacker les élections. En projet : hacker par une présence active le sommet mondial du développement durable à Paris. Hacker a un sens positif et constructif. Face à une classe politique qui démontre chaque jour davantage à gauche comme à droite sa stratégie électoraliste et court-termiste, la proposition est de co-construire une gouvernance proche des gens avec tous les citoyens. Reste à déterminer quand et comment se rencontreront ces initiatives et quels dispositifs communes elles peuvent envisager. La technologie blockchain est déjà utilisée par DemocracyOS. Slim Bouzid, tunisien, (contrepoints.org)la décrit comme «un modèle à bases de données décentralisées, où l’innovation et la créativité sont totalement distribuées et librement accessibles à tous ».

Les femmes sont très présentes à OuiShare Fest , Pia Mancini, DemocrayOS,  Partido de la Red, Léonor de Roquefeuil de Voxe, plateforme civique, Primavera de Filippi, chercheuse, ça discute fort autour de blockchain et son usage pour les plate-formes !

DemocracyOS est une plateforme open source d'expression citoyenne que tous les pays peuvent utiliser  "la Tunisie l'a utilisé pour élaborer sa constitution,  la Tanzanie l'utilise" nous dit Pia Macini. "Le parti politique ( Partido de la Red) reste nécessaire pour synthétiser l'intelligence collective." Un nouvel engouement pour blockchain exposé par la chercheuse Primavera de Filippi et un atelier bien mené par Caterina Rindi

OuiShare Perspective

«Ce sont moins les techniques et les outils que les formes d'organisation et d'action qui sont les plus prometteuses, à court et moyen terme. »

Un projet pour la fin de l'été, POC21, http://poc21.cc/camp/the-innovation-camp.html un « camp » qui va réunir pendant un mois des makers innovants, designers, ingénieurs, dans un château pour « hacker » de façon positive l'événement très officiel de le COP2 et proposer des prototypes open-source sur les thèmes de la Conférence sur le climat des Nations Unies ( 30 novembre au 11 décembre 2015). Pour s'exprimer, dans ce sommet mondial il faut avoir le statut « d'observateur accrédité » selon des catégories officielles définies. Une restriction très « ancien monde » qui exclut les défenseurs passionnés!

Le monde que nous voulons : "C'est parti!"

Pour Antonin Léonard interrogé par une équipe brésilienne, OuiShare est passé de la position d'expert à celle de militant pour la naissance d'une nouvelle société. « Nous sommes des doers ». Pour Arthur de Grave, que retirer du OuiShareFest 2015 ? : «  On a gagné en professionnalisme ! » Sur les projets futurs : il n'y pense pas encore, « ça tourne ! » Et sur l'avenir de la société collaborative, Arthur de Grave répond: « C'est parti ! » Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.  Janique Laudouar

jeudi, avril 16 2015

2015, l'année de "l'empowerment?"

L'une des thématique du OUISHARE FEST 2015 du 20 au 22 mai 2015  : transition, la gouvernance horizontale et l'empowerment.
Et toujours l'économie collaborative...

L'empowerment et le numérique

" En terme de révolution par l’intérieur, la technologie numérique nous permet déjà d'envisager des changements radicaux des processus politiques et administratifs existants."Numérique, politique et démocratie : implosion et explosion annoncées",  par Léonore de Roquefeuil, Co-fondatrice de Voxe

« Les technologies d’aujourd’hui font qu’il devient possible de demander des comptes, et d’assurer la transparence »... » « De la même manière, nous souhaitons qu’il y ait une ouverture de toutes les données de ce qu’on appelle l’ « e-gouvernement ». Nous souhaitons la simplification : que les citoyens puissent eux-mêmes participer à cette simplification de l’action publique».  François Hollande, Allocution du Président de la République, - New York, Nations Unies – le 24 Septembre 2014

Empowerment :une notion anglo-saxonne liée à au numérique et à Internet  : "donner du pouvoir à..." Donner du pouvoir au citoyen afin qu'il prenne part à l'élaboration des lois qui le concerne, « c'est dans l'air », - mais pas à la télévision ! "Et si l'empowerment commençait par soi-même? écrit  Natacha Quester-Séméon, Journaliste, vidéo blogueus et entrepreneuse dans La Revue du Cube?. L'année 2015 sera-t-elle l'année de "l'empowerment?"

Janique Laudouar

Citoyens et politiques

Rendre le vote obligatoire, le remède miracle pour réconcilier citoyens et politiques ? C'est avec LES politiques que les français sont fâchés, et non LA politique. Le rapport de Claude Bartolome, Président de l'Assembée nationale (en téléchargement) Libérer l'engagement citoyen pour refonder le lien civique » a pour sous-titre « La République par tous et pour tous ». On peut y lire la proposition « Renforcer la démocratie participative, instrument de l'inclusion politique. » « Mettre en place une plate-forme numérique d’expertise bénévole mobilisable par les citoyens et les associations dans le cadre des concertations publiques. »Propositions louables, mais toujours conçues comme « partant du haut ».

Hors ces plate-formes existent, elles sont déjà mises en place par la société civile, il suffit à la gouvernance de les prendre en compte et de les inclure dans le processus démocratique. On peut citer Parlement & Citoyens qui dialogue avec les députés. "Parlement & Citoyens permet "aux parlementaires et aux citoyens de travailler ensemble"avec l'objectif de «restaurer la confiance" Les initiatives pullulent, et ce grâce au numérique. Pierre de Rosanvallon qui depuis longtemps le prédit « Au fond, être représenté, c'est avoir le sentiment que le monde politique donne un langage à ce qu'on vit. Ce n'est plus le cas, d'où la stigmatisation actuelle des élites. ». Bernard Stiegler poursuit inlassablement le décryptage d'un mode numérique via Ars Industrialis, Pierre Levy invente l'alphabet de l'intelligence collective. Aujourd'hui, il est clair que la chronique d'une mort est actée, et qu'il faut trouver des solutions de démocratie réelle et ouverte pour accompagner la démocratie représentative.


Débats et manifestations sur la démocratie citoyenne

Est-ce en rendant le vote obligatoire qu'on rénovera le « lien civique », Europe 1 qui aborde le sujet le 16 avril 2015, ou en faisant participer les citoyens à la démocratie « ils n'ont pas en face d'eux l'offre politique qui leur convient » critique Hervé Mariton député de la Drôme.  . On ne peut plus ignorer que les initiatives pour une démocratie impliquant directement les citoyens se multiplient. Parmi les plus attendues celle de Ouishare Festival, http://2015.ouisharefest.com/program dont la thématique traitera de la transition, la gouvernance horizontale et l'empowerment. L'instructive Conférence sur la participation citoyenne de Démocratie Ouverte à l'Assemblée nationale le 30 mars a été suivie de près par un débat à l'Université Dauphine avec les étudiants du master 2,  Armel Le Coz les ayant coaché sur la thématique . Affaires publiques « "Transformer la politique pour faire face à la crise: comment les jeunes réinventent-ils l'engagement politique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des institutions locales?" avec Robin Reda, le plus jeune maire de France, Diana Filippova (Réseau d'entrepreneuriat social OuiShare), Agathe Cagé (Think Tank "Cartes sur Table" et l'Association des Jeunes de France). Ci-contre Robin Reda et Diana Filippova )

Parmi les manifestations récentes on peut citer Démocratie mise à jour, une restitution a eu lieu le 9 avril sous le haut-patronage de Corinne Erhel, députée des Côtes-d’Armor, et Laure de la Raudière, députée de l’Eure-et-Loir). 

Le 20 avril, le cycle de réflexion sur le numérique se conclut à Sciences Po, Terra Nova Etudiants  vous invite à débattre avec Thierry Mandon, Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, auprès du Premier ministre. Plusieurs thématiques dont « Gouvernement ouvert : "le numérique peut-il rénover les modes de participation citoyenne en garantissant une plus grande transparence des décisions politiques ? » Et parmi les manifestations récurrentes et pionnières, le Forum des usages coopératifs là Brest dont Michel Briand est l'infatigable animateur a dégagé de nombreuses pistes en 2014. Cette même année la Commission nationale du Débat Public avait organisé un colloque international « Le citoyen et la décision publique ». Le Cube à Issy-les-Moulineaux recevra le 28 avril Michel Bauwens dans le cadre des Rendez-vous du Futur

Les plates-formes de participation citoyenne

(non exhaustif...)

Quant aux plates-formes, elles sont trop nombreuses pour les citer toutes. Parlement & Citoyens a trouvé un modèle, et fait preuve de pédagogie en expliquant en images la démarche à suivre ,  Avec VOXE, n'importe quel citoyen peut contribuer à entrer les programmes politiques en ligne, ainsi qu'à ajouter du contenu enrichi.questionnez vos élus est opérationnel ..ainsi que La Quadrature du Net  les élus joueront-ils le jeu en répondant? Encore une :  DemocracyOS est une plateforme open source : libre, gratuite, indépendante, réplicable. "Son but est de favoriser la participation de tous à la fabrique de décisions politiques, à l'heure où internet a changé presque tous les aspects de notre vie quotidienne... sauf le fonctionnement de nos démocraties." Nos Députés.fr rend compte de l'activité parlementaire. On peut aussi citer les partisans du tirage au sort. Ou Etienne Chouard  et sa volonté de faire écrire la consititution par les citoyens. 

Altercarto est à la fois une mutuelle de données, d'outils et de méthodes ; et un réseau de partage d'expériences d'usages citoyens des données statistiques publiques localisées. Nous citoyens organise une « vigie » sur les dépenses publiques. Le magazine RNSL cite «  l’ambition des stat-activistes, ces militants de la donnée qui souhaitent mettre le chiffre au service de l’émancipation citoyenne ».

Qui a dit que nous n'avions pas de penseurs de la mutation, outre les pionniers du Net, les économistes, les philosophes,  des ouvrages récents décrivent cette énergie positive et ces "Révolutions invisibles" (Les Liens qui libèrent). dont le titre n'est pas sans rappeler les essais prémonitoires publiés par Eric Hazan (La Fabrique) par "Comité Invisible",  "L'insurrection qui vient", A mes amis".

Elles sont plusieurs à en faire le pari, Quitterie de Villepin, "Nous voulons notre place à la table des décisions", (Ma voix), Léonore de Roquefeuil qui écrit « Dans le futur, on peut raisonnablement imaginer que ces dynamiques qui facilitent l’émergence de groupes de citoyens voulant prendre leur place à la table des décisions pourraient à terme contribuer à faire exploser les partis pour aller vers une démocratie moins représentative et plus directe. Des signes nous indiquent qu’il est fort possible qu’en France, nous verrons cette folle promesse (ou menace ?) dès les élections législatives de 2017."

                                                                                                     Janique Laudouar


dimanche, avril 5 2015

"Démocratie Ouverte ": une renaissance politique

"La transition démocratique : une journée à l'Assemblée nationale

Le débat organisé par Démocratie Ouverte à l'Assemblée nationale le 30 mars - le lendemain des élections départementales - commençait par ce constat : « à l'échelle locale,à l'échelle européenne, le besoin d'un renouveau démocratique se fait de plus en plus pressant. Des mouvements spontanés naissent grâce aux réseaux, qui pourraient bien se révéler en 2017, à l'occasion des présidentielles et des législatives. Le 31 mars, se réunissait à Paris à l'Archipel les Barbares. Ce nom mystérieux regroupe des individus bien décidés à faire valoir leur conviction via les  réseaux sociaux. Ce soir là, ils ont pitché leurs projets, échangé des témoignages, partagé des expériences « inspirantes » à partager pour changer le monde. Et une nouvelle démocratie...

                                                                                                                                                                                                                    Janique Laudouar

La fin de la démocratie représentative ?

L'analyse très lucide de Loïc Blondiaux, professeur chercheur à Paris I en ouverture permet de mieux comprendre ce que les politiques s'obstinent à ne pas voir. La démocratie représentative s'est imposée à la fin du 18ème siècle, une représentation exclusive qui est remise en cause aujourd'hui. Dans «  un contexte d'affaiblissement des démocraties occidentales incapables de régler les crises et d'influencer la vie des sociétés» les citoyens ont de plus en plus de mal à accepter qu'on leur demande de payer une ardoise d'une gouvernance défectueuse, d'un endettement pour lequel ils ne se tiennent pas responsables. Partout en Europe et aussi ailleurs les mouvements de refus se multiplient répondant à l'appel de Stéphane Hessel « Indignez-vous », des Indignés de Occupy Wall Street à Podemos en Espagne « Mover ficha: convertir la indignación en cambio político », « Prendre les choses en main : convertir l'indignation en changement politique » On assiste « à une mobilisation critique des grands projets venus d'en haut » ou au contraire à « un sentiment d'indifférence qui monte » ou encore des formes d'auto-organisation « on va faire sans l'état, sans les institutions. » ce qui « représente un risque très fort pour les démocraties. ». Dans la participation citoyenne, Loïc Blondiaux voit une série d'enjeux : la capacité pour chacun d'influencer la loi, préserver l'intensité du débat démocratique – citant Pericles et la démocratie grecque « Nous considérons tous ceux qui se désintéressent de la démocratie comme des parasites.",faire une place à l'expertise profane dans le processus de décision démocratique.« Aujourd'hui la prise de décision a lieu a lieu a huit clos. Hors pour qu'elle soit légitime, il faut qu'elle ait été débattue. » Il ne faut pas sous-estimer « l'hostilité et l'inertie des structures institutionnelles et la tentation néo-monarchique du chef, ce désir existe.

Hackhaton, un modèle efficace de collaboration ?

Gilles Babinet est devenu le porte-parole de tous ceux qui ont une vision autre que celle qu'on continue à nous proposer d'une France « verticalisée ». « Une France un peu engoncée dans de veilles habitudes », notamment celle d'une « fascination pour les élites, les « grands corps, les personnels  ultra qualifiés» au détriment d'une classe plus représentative et peu présente dans les ministères ou à l' Assemblée nationale qui compte 40% de fonctionnaires. Un système qui a du mal à opérer une transition vers une demande pourtant de plus en plus ardente des citoyens : celle de participer. « Nous ne sommes pas pleinement reflétés, les citoyens sont prisonniers d'enjeux qui ne sont pas les leurs ». Pourtant, il y a de nouvelles voies. Et on ne s'étonnera pas que Gilles Babinet, « digital champion pour l'Europe », cite Lawrence Lessing « code is law » « le code conforme la réalité » et prône le design de la réalité comme une des formes nouvelles de débat politique, donnant l'exemple du hackhaton -auquel il participer personnellement - comme « réalité puissante ». Non, légiférer n'est pas le seul mode de gouvernance, il émane des initiatives positives des territoires. C'est l'essor du numérique et en particulier des plate-formes comme celle de Parlement & Citoyens qui permet à ces initiatives de fédérer et d'exister 

« L'ADN numérique pilote notre action » (Laure Lucchesi Etalab)

Laure Lucchesi présente Etalab, l'outil officiel de l'ouverture des données, avancée majeure pour la démocratie ouverte. Avoir accès aux données permet entre autres de décrypter les dépenses publiques. La France est membre d'Open Gov et à ce titre a l'obligation de préparer un plan d'étape. Il faut développer une culture de la « comptability » notion difficile à traduire, une culture de la « redevabilité » mais qui correspond au désir des citoyens de savoir comment l'argent de leurs impôts est dépensé. Munie de données précises, l'expertise citoyenne peut œuvrer pour le bien commun. « La technostructure ne peut plus régler à elle seule la complexité » affirme Laurence Lucchesi, « l'ADN numérique pilote notre action ». L'expertise citoyenne a de l'avenir.

« Les événements survenus sur les ZAD (Zones d'aménagement différé, rebaptisées Zones à Défendre) de Sivens et de Notre Dame des Landes ont mis sur le devant de la scène le besoin de repenser et de simplifier les procédures du débat public. »C'est le même terme d'une « contre-expertise » citoyenne qui sera employé par plusieurs intervenants, dont Laurence Monnoyer-Smith vice présidente de laCommission pour le Débat national qui parle de la grande difficulté à consulter sur « les grands projets du futur » et « se heurter à des visions du monde divergentes ». Elle préconise pour les territoires "une critériologie partagée" pour un vrai "vivre ensemble".

"Parlement & citoyens" : une plate-forme à intégrer au Parlement ?

Cyril Lage a eu l'idée de Parlement & Citoyens, s'est allié à Armel Le Coz designer de services et Bastien Jaillot, développeur. C'est leur plateforme qui a été adaptée pour la grande concertation en ligne réussie du CNN http://www.cnnumerique.fr/, qui devrait être un modèle.L'association prend de l'essor avec une stratégie douce : inciter des députés et même le Président de l'Assemblée nationale Claude Bartolome à prendre en compte l'immense désir des citoyens de participer et de proposer.

Patrick Raimbourg, député, Cyril Lage "Parlement & Citoyens"

Plate forme en ligne, Parlement et Citoyens est opérationnel et accessible, et le sera encore plus dans sa nouvelle version, qui permettra aux citoyens de proposer des lois. Dominique Raimbourg, un député « techno » plutôt en pointe (Loire-Atlantique) qui soutient Parlement & Citoyens confirme que les lois se font en comité restreint « 10 à 12 personnes ». Pour la loi pénale qu'il a réussi à faire voter après négociation, il a bien consulté 300 personnes, syndicats de magistrats, de policiers de professionnels des prisons, etc. Mais les citoyens ? Les lois qui sont votées ne sont pas assez mises à l'épreuve des faits et du terrain. « On produit de la norme il faut voit l'efficacité de la production de cette loi, on produit de la loi bavarde » Est cité comme exemple dans la salle la loi inapplicable sur la protection des majeurs dénoncée par des milliers de familles détruites et des dizaines d'associations. En vain. Omerta. La louable expérience de Claude Bartolome qui a ouvert la consultation pendant 7 jours sur le sujet de la fin de vie est jugée méritante mais insuffisante. Il faut aller plus loin dansl'empowerment, redonner le pouvoir aux citoyens. Interviendront l'après-midi sur le thème« Territoires hautement citoyens » animé par Armel Le Coz un panel de maires très actifs dans la mise en œuvre de la contribution citoyenne -dont la mairie de Paris - qui a ouvert un budget de 500 millions d'euros pour les projets participatifs - Eric Piolle maire de Grenoble, le bouillonnant Jo Spiegel, maire de Kingersheim en Alsace qui prédit « la fin des UBU rois. « Haute qualité démocratique » est sa devise, très applaudie, bravo à tous ces maires « avancés ».

Bienvenue aux contre-pouvoirs !

« Le numérique est ainsi une opportunité pour renouveler, enrichir, étendre la participation et la co-construction entre l’État et les citoyens. » peut-on lire sur Etalab. « Il faut hacker l'Assemblée nationale » s'exclame un rebelle. Inutile, « de nouveaux contre-pouvoirs afin de penser la démocratie de demain, entre ouverture et participation citoyenne. » écrit le blogueur Benjamin Sourice. Quel modèle de plateforme et d'outils de consultation ?Il en existe beaucoup. « Le problème du modèle numérique en mode “commentaires” fait remarquer Benjamin Sourice, c'est qu'il existe « un risque de création de consensus factices avec une version moderne des lobbystes qui eux aussi vont s’emparer des outils. Ce sera « la démocratie IKEA », on donnera l'outil sans se soucier d'être vigilant sur son mode d'emploi. Il vient d'ailleurs de publier un « traité de vigilance » dans son essai « Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen ». On peut citer « Questionnez vos élus » , "direct et concret", qui permet d'interroger un député via une plate-forme modérée.

La consultation lancée pour le CNNnum par la Secrétaire d'état Axelle Lemaire via une adaptation de la plateforme Parlement & Citoyens est sans conteste une réussite. Yann Bonnet qui présente le bilan fait état de 17 000 contributions et de prochains aménagements. Jean-Paul Delevoye président du CESE est depuis longtemps un convaincu, mais son discours bien senti et ses phrases chocs sont elles entendues ? Pas plus que les conseils de la Cour des Comptes ! Et pourtant «la jouissance du pouvoir est plus importante que la gestion du pouvoir », la nature de la relation au pouvoir a changé, il consiste mois à ordonner et légiférer qu'à « réguler et gérer des flux » ». « Nous sommes dans une obligation de de collaboration, de co-construction. »A quand la mise ne œuvre de cette préconisation?

On retrouve avec bonheur Quitterie de Villepin qui avait osé dire « non » en 2007 à François Bayrou et à une place en or de députée européenne. Dire très tôt non aux partis qui pourtant l'avaient adoptée lui a permis de mûrir une forme originale de démocratie présenté à le 31 mars aux « Barbares ». Ils se sont enthousiasmés pour son projet de « député augmenté »...qui consiste pour les citoyens à « récupérer leur voix » en entrant à l'Assemblée nationale. Pas de programme, pas d'idéologie, peut-être un nouveau parti « post partis traditionnels », en tout cas un dispositif, une nouvelle capacité de décision citoyenne.

                                                                                                                                                                                                              Janique Laudouar



Démocratie ouverte
a également ouvert le débat (animé) au niveau européen. Nous y reviendrons
  • Big Data, penser l'homme et le monde autrement, de Gilles Babinet, Préface d'Érik Orsenna de l'Académie française, fevrier 2015, Le Passeur
  • Dans la salle : www.capucine.net propose une carte à puces citoyenne
  • Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen" de Benjamin Sourice publié chez les Éditions Charles Léopold Mayer le 20 février 2014



lundi, mars 16 2015

Invitations numériques

Hypersoleils JEAN-BENOÎT DUNCKEL (Air) JACQUES PERCONTE BEN MC CONNELL En concert visuel http://gaite-lyrique.net/hyper-soleils

Mes invitations numériques....liste non exhaustive...

J'aurais aimé aller à ....

Mardi 17 mars à l'invitation de Cyril Giquelo CoopAxis PTCE

Journée OpenStreetMap
mardi 17 mars 2015 de 9h30 à 17h

Vous êtes tous invités À la Cantine Numérique dans la Pépinière d'entreprises Start'inbox à Tours

Le PTCE CoopAxis, en partenariat avec OpenStreetMap France, organise une journée pour échanger autour des cartes et outils OpenStreetMap, le projet de cartographie mondiale, libre et participatif.

Des mini-conférences pour présenter des outils et témoigner de projets, des ateliers pour découvrir les outils disponibles et échanger autour des usages.

Ce moment est particulièrement dédié aux acteurs du territoire car nous explorerons comment passer de l'outil technique à l'objet de gestion territoriale participative et à l'objet de médiation citoyenne.

La journée se déroulera à la Cantine Numérique de Tours au sein de la Pépinière d'entreprises Start'Inbox au 30 rue André Theuriet à Tours.

S'inscrire : https://www.eventbrite.fr/e/billets-ateliers-et-conferences-openstreetmap-a-tours-15810631023

Jeudi 19 mars A l'invitation d'Eric Sadin 

http://ericsadin.org/

La Vie algorithmique / Librairie le Genre Urbain / 

LA VIE ALGORITHMIQUE
Critique de la raison numérique.
(L'échappée), en librairie à partir du 12 mars 2015

Rencontre - débat avec Eric Sadin autour de son dernier ouvrage : La vie algorithmique. Critique de la raison numérique (L’Echapées).
Cette rencontre sera animée par Peppe Cavallari, philosophe et poète. Il travaille sur des questions d’identité et de numérique. Il est professeur de Culture numérique à HETIC (Hautes Études en Technologies de l’Information et de la Communication) Montreuil.

Samedi 21 mars À l'invitation de Marc Veyrat

tps://fr.pinterest.com/marcveyrat1/100-notions/

vec la participation exceptionnelle de Miguel Chevalier, Edmond Couchot et

Marie-Hélène Tramus, Ghislaine Azémard, Matthieu Quiniou et Marc Veyrat !

SALON du LIVRE — PARIS — stand K108 / IDEFI-CréaTIC

Ghislaine Azémard — 100 notions pour le crossmédia et le transmédia — Samedi 21 mars 14h-16h

Marc Veyrat — 100 notions pour l'art numérique — Dimanche 22 mars 11h-13h

http://www.100notions.com

https://www.facebook.com/100notions

Samedi 21 mars à l'invitation de Art & Sciences Christian Jacquemin

ART ET ALGORITHME"
RENCONTRES ART & SCIENCES DE LA ROCHE-GUYON (95)
SAMEDI 21 MARS 2015 9H30-18H

 Nous avons le plaisir de vous convier aux prochaines Rencontres Art &Sciences du Château de La Roche-Guyon [1] dont le thème sera cette
année "Art et Algorithme". Partant de collaborations actuelles entre artistes et scientifiques, ces rencontres s'intéresseront à la place des technologies dans la création contemporaine : nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle, robotique, parallèlement au développement
des sciences cognitives. Elles interrogeront aussi bien les espoirs de l’algorithmique actuelle que les bogues, erreurs ou accidents «
créatifs » en lien avec des phénomènes rares et imprévisibles, certaines propriétés émergentes des réseaux de communication, et les
problèmes que pose la conservation numérique ou organique des œuvres d’art.  Elles seront enfin l’occasion de débattre quant au rôle du
citoyen dans l’élaboration des politiques publiques de production et de médiation artistiques et scientifiques, à l’aube annoncée de la prolifération de machines intelligentes capables de jugement esthétique, d’éthique et de décisions artificielles autonomes.

Ces rencontres sont organisées avec le soutien du laboratoire ETIS
(CNRS/ENSEA/Université de Cergy-Pontoise)

Retrouvez le programme détaillé de la journée et les infos pratiquessur le site web des Rencontres :

http://www-etis.ensea.fr/rencontres-art-sciences

téléphone au 01 34 79 74 42 (service ouvert de 14h00 à 17h00),
E.P.C.C du Château de La Roche-Guyon, 1 rue de l’Audience - 95780 La
Roche-Guyon

Navette gratuite depuis Paris (Porte Maillot) départ 8h30 (RDV 8H20)
samedi 21 mars.

A l'invitation de Grégory Lasserre & Anaïs met den Ancxt

http://www.scenocosme.com/

installation « La maison sensible »

(collaboration with Lola and Yukao Meet (Lola Ajima & Yukao Nagemi) The video is online.
http://www.scenocosme.com/maison_sensible.htm


URBAN LIGHTS CONTACTS - Biennale Internationale Design Saint Etienne
Oeuvre sonore et interactive dans l'espace public
Scenocosme : Gregory Lasserre & Anais met den Ancxt


A l'invitation de la galerie Charlot, exposition Antoine Schmitt 

Exposition du 13 Mars au 25 Avril 2015.

Antoine Schmitt présente la nouvelle série "War", des tableaux génératifs infinis, grandes fresques guerrières abstraites au pouvoir cathartique. Vernissage Jeudi 12 Mars à partir de 18h30, en présence de l'artiste.

47 rue Charlot
75003 Paris

Du mardi au samedi de 13h30 à 18h30.
Nocturne le jeudi jusqu'à 21h30.

A l'invitation de Jacques Perconte

http://gaite-lyrique.net/hyper-soleils

Hypersoleils quelques photos

https://www.flickr.com/photos/jacquesperconte/sets/72157650468486190

JEAN-BENOÎT DUNCKEL (Air)
JACQUES PERCONTE
BEN MC CONNELL
En concert visuel
Grande Salle

Soirée d'ouverture du festival F.A.M.E 2015
Jeudi 12 Mars - 19h30 - Gaîté Lyrique, Paris

Jean-Benoît Dunckel, musicien, moitié du groupe AIR et Jacques Perconte, cinéaste, collaborateur de Jeff Mills, proposent spécialement pour l'ouverture du festival une création en avant-première mondiale.

Et en avril...

Laval Virtual  http://www.laval-virtual.org/ 17ème édition du 8 au 12 avril 2015



mercredi, janvier 21 2015

"L'art de la guerre" : comprendre la culture de l'autre

"L'art de la guerre": la dissimulation comme arme

Avec le Traité sur la Tolérance de Voltaire, qui parait-il,  s'arrache, on devrait relire « L'Art de la guerre » de Sun Tzu, en particulier les chapitres sur la dissimulation, le mensonge, la tromperie comme arme de guerre au même titre que les armes blanches ou armes à feu. Dans son essai culte sur les types de harcèlement et de manipulations mentales,  Le Harcèlement moral (La Découverte Syros 1998) , Marie-France Hirigoyen le cite au chapitre « La communication perverse », sous le sous-titre « Mentir" soulignant que "le propre du pervers est d'avancer masqué"» :

« L'art de la guerre est l'art de duper, et en donnant toujours l'apparence contraire de ce que l'on est, on augmente les chances de victoire. » (Sun Tse L'art de la guerre Agora Classiques 1993) 

Ainsi nous avons jugé l'autre et analysé les données que nous possédions largement sur les assassins des victimes de Charlie Hebdo ou de la tuerie de l'Hyper Casher avec notre vision étroite de civilisés occidentaux : ils sont « disparu des radars », on n'en entend plus parler, donc, c'est que le risque a diminué... » Que s'est-il passé, quand on « savait » : par exemple que ces deux frères étaient sur la no fly liste, interdits de vol vers les États-Unis ? Erreur fatale, relevée d'ailleurs par le Premier Ministre Manuel Walls lui même qui a utilisé le terme « failles », et par certains anciens des services secrets. Alain Bauer criminologue et expert de sécurité, interviewé à chaud par Ruth Elkrief BFM TV le 8 janvier 2015 dès le lendemain de l'attentat à Charlie Hebdo l'analyse ainsi "Face au terrorisme, nous sommes meilleurs dans l’action-réaction que dans la prévention", Alain Bauer (BFM TV) – 08/01 « Ces fameux terroristes « hybrides » sont mal analysés par la société... » « la collecte du renseignement est d'une grande qualité, mais c'est l'analyse fait défaut. On n'a pas compris» C'est pourquoi on commence à suggérer qu'à des moyens supplémentaires on puisse adjoindre des chercheurs, des universitaires. Sans doute un vœu pieux, tant la tradition administrative française privilégie le cloisonnement.

La connaissance de l'autre :  une arme de guerre culturelle

On peut aussi trouver sur Internet d'autres citations de « L'art de la guerre » qui a de multiples fonctions, en particulier culturelles, sur babelio :

Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles.

Et suntzuFrance par exemple :

« Qui ne réfléchit pas et méprise l’ennemi sera vaincu. »

« Sois subtil jusqu'à l'invisible; sois mystérieux jusqu'à l'inaudible; alors tu pourras maîtriser le destin de tes adversaires. » conseille encore le traité rédigé il y a plusieurs siècles.

Sans doute y-a-t-il eu une forme de mépris de la culture de l'autre dans l'analyse ethnocentrée qui a été faite. « Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie. » et nous avions oublié ce que d'autres civilisations ont retenu et appliquent. Aurait-on oublié que les civilisations sont mortelles ? Charles Consigny dans son éditorial du Point du 20 1 2015 « Le Réquisitoire » le souligne « L'Occident ne s'exonérera pas d'un examen de conscience. Il vit à front renversé des autres civilisations. Et ne peut plus prétendre en être le modèle. ».  Il conclut : « Nous avons été une civilisation immense parce que nous avons été durs avec nous-mêmes, exigeants avec nos enfants, respectueux de nos anciens. Aujourd'hui, nous abandonnons les vieux et nous n'attendons plus rien des jeunes, tout ça au nom de la liberté. À l'heure où chacun se soucie davantage de son bien-être que de sa bravoure, de son confort que de son effort, de son divertissement que de son œuvre, nous vivons au présent, individuellement, dans la seule quête de satisfaire nos désirs, et sur cet égoïsme vautré prospèrent des entreprises totalitaires."

Cet égoïsme commence à être questionné par les français qui adoptent l'économie de partage, l'économie sociale et solidaire.

Et maintenant?

A la question « Et maintenant ? » sans doute faut-il répondre par «  des moyens supplémentaires » mais aussi par la culture, par l'éducation, par l'alliance de l'armée et de la recherche universitaire, par la lecture des écrivains et essayistes experts du sujet, dont les musulmans, naturellement, et ré-apprendre qu'une meilleure connaissance d'autres civilisations que la civilisation occidentale, qu'elles viennent de Chine ou du Moyen-Orient, est aussi une arme de guerre.

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