Le blog de la ménagère

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mardi, juin 19 2018

Faut-il tuer le CESE? Ou l'encourager? La participation citoyenne en question

Faut-il tuer le CESE ?

Faut-il tuer le CESE ? Ou en faire un partenaire ? Sous ce titre provocateur, nous entendons par CESE le symbole de ces institutions para gouvernementales dotées de moyens mais dont on ne sait plus vraiment quelle est leur utilité. Il ne s'agit pas de fustiger les femmes et des hommes de bonne volonté qui y travaillent mais de s'interroger sur la raison d'être des institutions, en terme d'efficacité. «  483 comités, nous sommes un pays qui crée beaucoup de comités » dira Patrick Bernasconi président du CESE en introduction. Nous étions conviés par Décider ensemble et Synopia à un colloque « La Place du citoyen et de la société civile dans la décision publique ». Décider ensemble s'attache depuis 10 ans à « diffuser une culture de la décision partagée ». Présence dans la salle du Drenche, de Parlement & Citoyens, Didier Fradin avec Elisabeth Dau impliqué entre autres dans ce nouveau mouvement le Municipalisme.

Dernière minute

Ce colloque avait lieu le 14 juin, en préalable au débat qui vient de commencer à l'Assemblée nationale sur la révision constitutionnelle. Si on mentionne "l'accélération de la fabrique de la loi", n'est pas explicitée la participation du citoyen à la co-construction de la loi. Depuis Démocratie Ouverte a lancé pour le mercredi 11 juillet une réunion qui pose la question "Partout en France, des centaines d’innovations démocratiques et de solutions institutionnelles sont inventées et parfois expérimentées dans les territoires. Il est du devoir de l’Etat et des parlementaires de les encourager et de s’assurer que la participation du citoyen dans la vie publique ne reste pas une simple promesse de campagne. "

Adopte un amendement citoyen ! Conférence de presse & ‘Match démocratique’ - Mercredi 11 Juillet 2018 à partir de 18h à la Halle Civique Belleville 27 rue Piat, 75020 Paris

La participation citoyenne

La participation citoyenne comme on l'a répété avec constance sur ce blog est devenue nécessaire à l'élaboration des politiques publiques, mais où lui donner sa place ? Peut-on « institutionnaliser » la participation ? Le CESE aimerait bien se positionner comme intermédiaire entre la société civile et l'état et devenir « La Chambre du Futur » telle qu'imaginée par le Chef de l’État, mais ses règles de fonctionnement semblent d'un autre temps, à réformer d'urgence. 500 000 voix citoyennes pour examiner une pétition, un seuil beaucoup trop haut comme il sera dit. Une plateforme de consultation existe mais les sujets traités sont décidés par le CESE. Il faut donc attendre mois ou années. La note de cadrage sur la révision constitutionnelle de Décider ensemble pointe précisément les difficultés et l'état des lieux : Omnipotent et omniprésent l’État concentre le pouvoir et les moyens au détriment d’initiatives locales qui pourraient porter efficacement et durablement la vision d'avenir suggérée par l’exécutif.

Points de vue d'intervenants : Loïc Blondiaux, Julie de Pimodan de Fluicity, Baki Youssoufou We sign it Severina Bellina, le député Mathieu Orphelin, le sénateur Henri Cabanel ,  

La grille des fragilités

Severina Bellina est directrice de de l'Institut de recherche sur la gouvernance et à ce titre observatrice des « pouvoirs » à travers le monde et sur le territoire français. La grille des fragilités sert à repérer les points de faiblesse des états qui peuvent mener à la violence . L'approche gestionnaire de certains états n'a pour objectif que de reproduire un modèle. L'état est déconnecté des aspirations et initiatives. Aujourd'hui la défiance et la peur dominent les interactions Des catégories de population restent invisibles. Institutionnaliser, oui, mais la participation doit être un « pouvoir par le bas, sinon ça ne fonctionne pas » il ne faut pas institutionnaliser « par le haut »

Comprendre les enjeux des habitants avec Fluicity

Julie de Pimodan et son équipe ont interviewé 2000 citoyens avant de fonder Fluicity. Verdict : la non participation est due principalement au sentiment profond de ne pas avoir d'impact. Comment restituer cet impact : la démocratie à l'échelle locale. La plateforme permet de comprendre les enjeux des habitants et apporte une valeur ajoutée : une audience, une qualité démocratique, mieux comprendre la population grâce au big data. Le numérique est un accélérateur de participation citoyenne. Dans la ville de Vernon 12% de la population est connectée à la plateforme (500 personnes) . Un tableau de bord qui permet aux élus d'être plus efficace, on creuse les propositions des habitants pour en déterminer la faisabilité. Permet aussi de faire remonter les points de vue originaux.

« La participation citoyenne demande des moyens » (Baki Youssoufou)

Baki Youssoufou est un social media stratégiste, son métier, c'est l'amplification digitale. Il a fondé le site de pétition We sign it : 4 millions de citoyens en France, 7 milions si on inclut l'international.

Il pose la question de la participation citoyenne en terme d'objectif. Comment ? Pourquoi ? Parce que c'est dans l'air du temps ? Business ? Volonté politique ? En tout cas on ne peut pas séparer le fond de la forme : les 6 hackhatons que We sign it vient d'organiser font partie des outils. « On ne peut pas créer des outilsoffshore dans des lieux éloignés. En même temps que les outils il faut fabriquer les moyens de faire participer les citoyens ». La participation citoyenne ne peut pas se faire à coût zéro : il faut des moyens similaires aux campagnes électorales. « La démocratie, ça coûte cher. "

Parlement ouvert avec le député Mathieu Orphelin

Des députés au parcours comme Mathieu Orphelin député LREM Maine et Loir 1ère circonscription ont su sortir l'écologie de son carcan pour se mobiliser sur l'environnement . . Ancien porte-parole de Nicolas Hulot, il fait la proposition sur son site « Mettre l’environnement, le climat et biodiversité à l’article 1er de la Constitution serait une avancée majeure et indispensable. Il pense lui aussi que mobiliser 500 000 citoyens comme le demande le CESE, c'est beaucoup. Il lance le Parlement Ouvert sur la première circonscription du Maine-et-Loire. « Un lieu de construction et d’échanges pour renforcer les liens entre le député et les citoyens et acteurs du territoire. » et avec Paula Fortezza Questions citoyennes au gouvernement.

Egalement intervenant Henri Cabanel,(sénateur de l’Hérault) agriculteur viticulteur qui travaille avec Parlement & Citoyens Henri Cabanel et Joël Labbé (sénateur du Morbihan) ont lancé une nouvelle consultation publique sur la plateforme de Parlement & Citoyens. L’objectif de cette consultation est de co-construire avec les citoyens deux propositions de loi sur le statut de l’élu.

On peut aussi citer les élus qui ont monté des assemblées avec leurs habitants. Un mixte d'élus et de simples citoyens pour Véronique Louwagie députée de la 2ème circonscription de Orne qui réunit avec succès son Conseil de Circonscription en commissions de réflexion sur les projets de loi examiné à l'Assemblée nationale. Récemment le 11 juin "sur le thème de l’apprentissage et de la formation. Échanges intéressants avec les Compagnons du Devoir sur des expériences, du vécu, des orientations et préconisations".

Encore un rapport sur le numérique ! 

ll y avait déjà – entre autres - Ambition numérique" (Benoit Thieulin) Rapport du CNNum : engager la France dans la "transition numérique.nouvelles manières de concevoir et d'évaluer les politiques publiques "dans une logique de gouvernement ouvert" Est-il utile de commander un nouveau rapport sur un sujet proche, qui reprend des éléments largement diffusés ces dernières années ou régulièrement dans la presse et apporte peu de reflexion nouvelle ?« Réseaux sociaux numériques : comment renforcer l'engagement citoyen ?   ne répond pas vraiment à cette question cruciale et se consacre essentiellement à un panorama généraliste des réseaux sociaux et une analyse de leurs usages. Rien de nouveau. Anne Popelin, auteure, membre du CESE, n'est pas une expert du numérique, ce qu'elle avoue avec modestie. Gérard Aschieri co-auteur non plus. Parlement & citoyens est cité, Nuit Debout, mais peu des collectifs civic tech qui sont nés avec la période électorale entre 2015 et 2017 et sont peut être appelés à jouer un rôle dans les prochaines. élections. On peut citer Open Source Politics ou encore Voxe dont l'un des objectifs est de susciter l'engagement chez les plus jeunes et bien sûr Démocratie Ouverte partenaire du CESE. Un rapport oui, mais n'est-il pas temps pour le CESE de passer de la préconisation à l'action ? A commencer par se doter lui-même d'outils permettant le dialogue avec les citoyens.

Loïc Blondiaux : le tendanceur de la politique

Loïc Blondiaux, en chasseur de tendances de la politique, est sans doute celui qui décrit le mieux la frustration actuelle. Sa reflexion n'est jamais figée ni « déjà vu » mais toujours réactulaisée au plus près des mouvances. Il pointe l'accélération du temps, la pression pour répondre en temps réel qui finit par ne plus laisser place au temps de la délibération. L'échange est perçu comme un affrontement. Le système éducatif ne forme pas à l'écoute de l'autre. Il en résulte une posture de défiance de ceux qui n'ont pas réussi dans le système scolaire (hyper compétitif, hyper individualisé).Dans ce type de gouvernement technocratique « la décision ne sert à rien si on connaît déjà la réponse » Les réponses sont déjà là, les objectifs tels que « réduire les déficits » empêchent toute discussion.Les intérêts économiques priment toujours sur l'intérêt de la Nature. Les décisions sont prises entre individus cooptés.

Pour Loïc Blondiaux, il n'y a pas de déficit d'outils. Les outils sont là, mais il manque 3 éléments

1 La volonté : il faut que ceux qui organisent la participation aient vraiment envie qu'elle produise des effets.

2 La crédibilité : elle ne peut pas se donner d'emblée. Il faut que les citoyens aient le sentiment que leur interlocuteur ait de l'influence.

3 Les moyens : pas de participation sans moyens Que fait-on des avis et propositions collectés ? Il faut les traiter et c'est un long travail de traitement des données.

Quel soutien ? Quelle(s) solution(s) ? L'accompagnement des institutions par les collectifs citoyens

« Le CESE devient la chambre de la société civile et animera la démocratie participative » annonce le CESE sur son site La Chambre du Futur, peut-être mais accompagnée par les collectifs citoyens qui sont déjà des observateurs de la vie publique et leur donner les moyens d'élargir leur action. “Améliorer NosDéputés.fr n’est possible qu’avec l’aide de l’Assemblée nationale ! Lettre aux questeurs » écrit Regards Citoyens. NosDéputés.fr & NosSénateurs.fr La Fabrique de la Loi reprend du service grâce à un financement, . Les espaces de participation du Sénat, par exemple, semblent de pure forme, et la participation citoyenne peut prise en compte. On se souviendra comment Regards Citoyens avait accompagné le décryptage d'une participation citoyenne en nous réunissant pour dépouiller les avis en ligne des citoyens consultés.

Assez de rapports et de préconisations, de « personnalités qualifiées » qui ne seront plus nommées par la Présidence comme l'a annoncé Emmanuel Macron. Pourquoi ne pas interroger les collectifs politiques citoyens qui foisonnent et voir quelles méthodes provoquent – ou non - l'engagement sur les nombreuses plateformes en ligne dédiées à la participation citoyenne. Quel espoir de fédération et quel poids auprès de la gouvernance et par quelles voies ? Quel impact ?

S'il y a un rôle à jouer pour l'institution si elle veut passer à l'action, c'est soutenir et rémunérer l'accompagnement "civic tech"  en faisant appel aux nombreux mouvements et jeunes entreprises du « numérique », comme make.sense ou make.org, Bluenove, l'Institut des Futurs souhaitables, qui sont en capacité de le faire. Parlement  & Citoyens, Fluicity, We Sign it, Démocratie Ouverte, La Belle démocratie, Open Source Politics, Regards Citoyens, Voxe.org, qui ont à la fois la conviction, les outils et les « followers ». Il faut observer les méthodes agiles des jeunes entrepreneurs pour faire aboutir leur démarche. Ce sont les meilleurs alliés des élus, si on veut bien se donner les moyens d'organiser l'alliance avec l'agilité et la sincérité nécessaire.

Janique Laudouar

lundi, mai 14 2018

Convergences en Tunisie : «Jeunesse, exprime-toi! »

Forum Convergences à Tunis

Beaucoup de femmes tunisiennes pour assiter au Forum Convergences le 9 mai dans ce superbe lieu Beit al-Hikma à Carthage, ancien palais dans un quartier résidentiel de Tunis. L'objectif «ESS’Ploration, vers une Tunisie Zéro exclusion, Zéro carbone, Zéro pauvreté», encore nulle part atteint et dont tous s'accordent à dire qu'il devient une nécessité. Comment l'ESS . (Economie sociale et solidaire) peut-elle contribuer ?.

Ouverture par l'ambassadeur de l'Europe : Patrick Bergamini cite les communistes italiens et Karl Marx Jean-Louis Bancel Président de MedESS et Credit Coopérifqui intervient un peu plus tard et cite Stéphane Heissel « Engagez-vous ! ». On sait alors que le Forum a de bons parrains et aussi des partenaires comme UBCI Groupe BNP Paris Bas, Med ESS, ou encore la fondation Friedrich-Ebert-Stiffung.

« Mettre les talents des uns au service des autres », la citation choisie par Patrick Bergamini pourrait s'appliquer à l'ensemble du Forum où on aura vu des intiatives de jeunes contredire l'idée reçue qu'ont des Tunisiens plus âgés que « que cette génération est indifférente. ».A tel point que le Président de la Tunisie va mener une enquête nationale post-élections pour savoir pourquoi les jeunes ont délaissé les urnes, souilgnant toutefois que 37% des nouveaux élus avaient moins de 35 ans (Tunisie numérique). L'individualisme et le consumérisme sont des problèmes communs à beaucoup de pays, et la Tunisie n'est pas un cas à part. Un appel a projet de Convergences avait eu lieu préalablement, l'entrée était gratuite, un processus « démocratique ». Beaucoup de jeunes ont montré lors de cette journée leur capacité à proposer des services innovants, notamment.d'accompagnement et de dévelopement de l'ESS. Les salles des ateliers étaient pleines sur des thématiques actuelles: entreprenariat vert, entreprenariat social, micro finances, coopération territoriale. On trouvera le programme complet sur le site de Convergences Lofti Ben Aissa ancien directeur des études fiscales Ministère des Finances et fraichement élu nous signale que la loi tunisienne sur l'ESS vient d'être mise en ligne pour consultation.www.legislation.tn

Generation start-up, quel accompagnement?

 Nous n'allons pas laisser nos jeunes se diriger vers la voie un peu facile de la fonction publique » se désole une consultante « il faut développer le goût de l'entreprenariat. » C'est ce que faitLab'ess une plateforme collaborative, «  Laboratoire de l’Economie Sociale et Solidaire" (Lab’ess) qui a ouvert un espace de coworking à Tunis. C'est l'objectif de l'atelier Generation start-up , nous avons pu faire connaissance avec ENDA  qui présentait plusieurs initiatives lors de l'atelier. Quelques exemples : 

Nizar Taoudi présente avec humour le parcours de Sejnane Plast entreprise de matériel agricole d'irrigation, à partir de recyclage de déchets plastiques. Ne pas se laisser décourager par les étapes chaotiques ni même l'échec. Semble en bonne voie.

Remarqué également, présenté par  Dorra Kammoun, co-fondatrice de Techability,  un projet qui pourrait tous nous concerner , outil de suivi en temps réel de votre facture d'électricité.Normalement ENDA ne finance pas la tech et les start-ups mais fait une exception pour Techability, « eco-friendly »http://www.techability.tn/

Avec beaucoup d'enthousiasme et forte de son expérience de dévelopement de l'ESS en Occitanie et d'un réseau ESS européen Berenice Dondey dévoile les qualités nécessaires pour entreprendre dans l'ESS : savoir faire un "plaidoyer", par exemple.»Les associations vont plus vite que les institutions ». Le numérique a apporté la notion de « citoyenneté implicante ». Il faut co-construire avec les citoyens. "Les gens ont une expertise d'usage sur leur territoire. »

« Bye bye autism » c'est le nom qu'a donné à son initiaitive Olfa Safraou, fondatrice, persuadée qu'une pédagogie adaptée peut aider ces enfants "différents" que Bye Bye autism réussit à intégrer. Nous en venons à parler santé, prévention, intégration avec une participante jeune médecin Tous les intervenants s'accordent sur un même facteur de découragement : trop de bureaucratie, de procédures administratives!Comme en France, alors ?

« Former les leaders 3zero de demain »

Un atelier interactif et participatif sous forme de fish bowl pour un sujet majeur : la formation. Comment sensbiliser les étudiants à l'entreprenariat social au cours de leur cursus universitaire et post universitaire ? Entre l'enseignement académique et un enseignement réellement axé sur l'entreprenariat, il semble qu'il y ait encore une révolution à faire. Il faut insérer les « soft skills » dans les programmes de formation, suggère un participant. « La plus grande qualité, c'est l'adaptabilité » appuie une participante, «la gestion des variables dans un monde qui change en permanence, ne pas subir, sortir de sa zone de confort » Ce qu'on aura compris, c'est que les sacro-saint diplômes ne mènent pas forcement à l'emploi ni au bonheur dans le travail. Former les leaders 3zero de demain, co-organisé avec We love Sousse . Atelier qui se conclut par une très jolie idée du bouillant animateur et expert formateur Addnane Addioui (Ashoka fellow) demandant à chacun de révéler son rêve le plus fou . « abandonner le confort de la fonction publique pour travailler dans une ferme sera l'un » « impliquer tous les pays arables dans un seul eco-système »

Jeunesse, exprime-toi !

Le Forum se concluait par une soirée « Youth we can » où des conseils de mentors accompagnaient des jeunes venus « pitcher » devant eux. On peut conclure qu' adapter et réformer le système éducatif, repenser la formation, sont des objectifs très similaires aux enjeux actuels en France qui permettront l'essor de nouvelles façons de voir leur avenir chez les jeunes. Une raison supplémentaire de former des partenariats Tunisie France.  
                                                                                                                                                                                      Janique Laudouar

mardi, mars 27 2018

La dissimulation comme arme


« L'art de la guerre est l'art de duper, et en donnant toujours l'apparence contraire de ce que l'on est, on augmente les chances de victoire. » (Sun Tse L'art de la guerre Agora Classiques 1993). 

Une simple Ménagère écrivait à propos de l'attentat de Charlie Hebdo le 21 janvier 2015 : l'art de la dissimulation fait partie de la communication d'autres civilisations qu'il faut tenter de comprendre. On saisit mal pourquoi cette réalité si évidente n'a pas été intégrée dans la lutte contre le terrorisme.

Comprendre les ressorts de la communication du terrorisme.

« Pour combattre, il faudrait commencer par comprendre à la fois leur message, sa redoutable efficacité, ses relais et ses vecteurs. «  peut-on lire à propos de l'essai  Daech : L’arme de la communication dévoiléede François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’IRIS, spécialisé sur la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique, responsable de l’Observatoire Géostratégique de l’Information.

Aujourdhui j'ai de la peine pour ce gendarme, le lieutenant colonel Beltrame qui s'est tenu face à un tueur avant d'avoir la gorge tranchée, et qui, on l'apprend, venait de se marier. Tristesse. "Il avait la foi." Le problème c'est que face à lui, son meurtrier lui aussi avait la foi et la volonté de mourir en "martyre".. 

Une simple Ménagère écrivait à propos de l'attentat de Charlie Hebdo le 21 janvier 2015 que l'art de la dissimulation fait partie de la communication d'autres civilisations qu'il faut tenter de comprendre. On saisit mal pourquoi cette réalité si évidente n'a pas été intégrée dans la lutte. La messagerie Telegram, n'est qu'un des moyens techniques pour communiquer, mais, se fondre dans la normalité, l'invisibilité en est un autre plus redoutable.  

L'histoire est presque toujours la même "Les voisins ont encore du mal à croire qu'ils ont côtoyé un tueur. ". "Rien ne laissait présager" etc. La même histoire.  

"L'art de la dissimulation comme arme" 

« Rien ne permettait de distinguer les signes précurseurs » peut-on entendre à propos de Radouane  Ladkim auteur des meurtres de  Trèbes et Carcassonne. On devrait relire « L'Art de la guerre » de Sun Tzu, en particulier les chapitres sur la dissimulation, le mensonge, la tromperie comme arme de guerre au même titre que les armes blanches ou armes à feu.

 "Face au terrorisme, nous sommes meilleurs dans l’action-réaction que dans la prévention", Alain Bauer (BFM TV) – 08/01 « Ces fameux terroristes « hybrides » sont mal analysés par la société... » « la collecte du renseignement est d'une grande qualité, mais c'est l'analyse fait défaut.

Pour François-Bernard Huyghe, l’Etat islamique est passé maître dans l’art de la communication. Il écrit même (p. 68) : « Daech, c’est une machine à tuer plus un appareil à communiquer. » peut-on lire sur Polemia.  à propos de la critique de son essai.

Sans doute y-a-t-il eu une forme de mépris de la culture de l'autre dans l'analyse ethnocentrée qui a été faite. « Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie. » et nous avions oublié ce que d'autres civilisations ont retenu et appliquent. 

jeudi, février 8 2018

Les Pervers narcissiques : l'abus émotionnel

A lire en totalité sur Medium 

L'abus émotionnel

Les abus sexuels mis à jour par la prise de parole des femmes, ont occulté l’abus émotionnel dont elles sont victimes. L’abus émotionnel est un viol mental, une prise de pouvoir sur l’autre, auquel parfois s’ajoute parfois le viol physique, souvent la contrainte sexuelle. L’abus émotionnel prend d’abord le masque de l’amour, de l’âme sœur, de la rencontre idéale, pour ensuite mieux piéger sa proie et la détruire avec une cruauté sans pitié ni remords. L’abus émotionnel peut mener à la dépression et au suicide.

" Pervers narcissique : un amour destructeur » était le sujet de l'émission du 8 février 2018 « Ca commence aujourd'hui' sur France 2 centré autour de la question . « Comment se défaire de l'emprise d'un pervers narcissique ? » Car tous les témoignages sont unanimes : il ne s'agit pas d'une rencontre amoureuse suivie d'une rupture mais d'un process qui suit immuablement des étapes décryptées par de nombreux essais de psychologues, sociologues, sites, vidéos. « Le pervers narcissique et la relation amoureuse : un piège machiavélique » (Céline VALENTIN sur linkedin)

Du paradis à l'enfer

« Je pouvais passer du paradis à l'enfer en deux secondes » Après l'étape de séduction, vient l'enfer de la dévaluation. Quand l'homme idéal devient le monstre - qu'il était dès le départ, mais comment le savoir ? « Un brouillard mental s'installe » dira Christele Albaret psychopraticienne sur le plateau de France 2 « Ce sont des personnes qui n'agissent jamais de façon directe, c'est toujours très subtil... ». Une intervenante raconte comment elle a été forcée à des pratiques sexuelles qu'elle réprouve. « Alors que l’histoire commence presque toujours comme un CONTE DE FEE, la rencontre entre un PN et sa victime, se transforme irrémédiablement, et tôt ou tard, en CAUCHEMAR ». Pourquoi le pervers narcissique est-il à ce point associé au démon ?

"Les Pervers narcissiques sont parmi nous" à lire sur Medium


Janique Laudouar

lundi, janvier 29 2018

Nouveaux médias, nouveaux formats

Ebdo, le nouvel hebdomadaire lancé en janvier 2018, en kiosque tous les vendredis, présenté par Thierry Mandon, directeur de la Publication,  lors de la Nuit de la Presse le 25 janvier à la Gaîté Lyrique https://www.ebdo-lejournal.com/


Usbek & Rica, n 9 "Le magazine qui explore le futur", Thierry Keller en expose le modèle économique  lors de la Nuit de la Presse 

La nuit des idées et la presse

La nuit des idées le 25 janvier à Paris était l'occasion de débats sur la presse et les nouveaux médias. Ebdo, un nouvel hebdomadaire "papier" et Usbek & Rica, tout en ligne.La question est bien dans l'air « Les nouveaux médias ont-ils les moyens de leur indépendance ? » titrait France Culture le 16 janvier dans Du Grain à moudre d' Hervé Gardette « Journaux papier, webtélé, sites et vidéos d’information sur le net… L’année 2018 sera marquée par l’éclosion de nombreux médias d’information » - dont la liste est longue,.Au programme « La Nuit Liquide » proposée par Tank Media, Le Drenche qui revenait avec un nouveau débathon !« Débathon : Loi "Fake News", danger pour la liberté d'expression? ».A la Gaité Lyrique, le thème du débat organisé par Christophe Deloire, secrétaire général deReporters sans frontières portait sur «  sphères d’argent et du pouvoir politique, le contrôle des médias », Mediapart représenté pat Laurent Mauduit son co-fondateur y fait figure de pionnier Mediapart, 10 ans, - né le 16 mars 2008 – 130 000 abonnés, Le premier média à avoir pris son envol et avoir tenu son pari de « nouveau media ».

Puis, autre débat, dialogue entre Eric Fottorino, co-fondateur de « Le 1 ». Eric Scherer, directeur de l’Innovation de la Prospective et du MédiaLab à France Télé, modéré par Vincent Edin, journaliste et essayiste . « comment le lecteur trouvera son chemin vers l’information ? » Thierry Keller expliquait avec franchise et humour le modèle économique d'Usbek & Rica : moitié presse, moitié brand content, même si le modèle est appelé à évoluer.  


Lectrice/productrice sur-informée ! Je trace ma route ! 

Comment le lecteur trouvera son chemin vers l’information? » Mais j'avais envie de répondre : partout! Je trace ma route ! Je bâtis chaque matin ma propre revue de presse. Je souffre de sur-information, d'éparpillement, de débordement, de déficit d'attention, de trop d'articles intéressants cités par mes « tribus » sur Facebook dont je sais que je ne pourrai les lire jusqu'au bout, je suis un nombre de groupes que je rencontre dans la vie réelle, je passe du Figaro à Libération, de "Le Un" à Huffington Post, du LA Times au Guardian, Linkledin, Twitter, parfois Instagram. Je suis l'évolution de Le Drenche, Je reste fidèle à Wired ...et j' oublie au moins la moitié des médias omniprésents dans ma vie. 

Sans compter le temps passé à PRODUIRE ma propre information, sur divers supports dont ce blog, Le Blog de la Ménagère archaïque dans sa forme mais qui reçoit toujours ses 3000 4000 visiteurs par jour d'après les stats. J'écris aussi dans Medium. Sans compter le temps passé à FAIRE SAVOIR que j'ai publié, car publier sans communiquer, , c'est un peu comme jeter une bouteille à la mer, Sans compter le temps passé à commenter sur les réseaux. Sans compter l'information qui m'est bombardée, pushée, sans que je l'ai demandé ! Ah non, j'évite reddit https://www.reddit.com/, même si je peux comprendre que d'autres y trouvent leur compte.
Je suis sûre que des dizaines de gens dans le public auraient eu des réponses pertinentes à la question du « chemin vers l'information » et surtout nous auraient renseigné sur les usages selon les tranches d'âge. Et que comparer les usages de la salle nous en auraient autant appris que l'écoute des intervenants. Et centrer le débat sur la sélection des informations plutôt que sur l'information. Et la publication par des millions de non-journalistes, comment affecte-elle la presse, ça c'est une vraie question. C'est en cela que ce débat « vertical » m'a semblé obsolete dans sa forme, et qu'il faut inventer d'autres dispositifs, pour les tables rondes (voir + bas).

Impliquer le lecteur, impliquer le public

On aurait pu passer en revue lors de cette Nuit de la Presse, cette volonté d'impliquer le lecteur : 

Le Media https://www.lemediatv.fr/« LE MÉDIA C'EST VOUS, DEVENEZ SOCIOS »

Flint https://flint.media/ est une newsletter d'un nouveau genre comme l'explique Benoit Raphael co-fondateur de media et maintenant de robots, dans un entretien «  une intelligence artificielle qui prend en charge la veille de ses utilisateurs et leur génère une newsletter »

  • Ebdo dont le premier numéro m'avait déjà attiré de par sa couverture sur la SNCF et son angle sans concession me semble avoir fait cette analyse en annonçant sur son site « ebdo est un journal papier, indépendant, irrigué par ses lecteurs ». Une plateforme sépcifique https://www.ebdo-lejournal.com/source peut accueillir les points de vue de lecteurs qui deviendront peut-être des articles. »Les médias doivent s’appuyer sur les ressources des lecteurs est le mantra de Thierry Mandon Directeur de la Publication qui confesse avoir fait une folie avec le lancement d'un hebdomadaire sans publicité, mais « au sens d'Erasme Eloge de la Folie » une folie rationnelle. Ebdo vise 70 000 abonnés et 20 000 ventes au numéro pour etre rentable. Avant son lancement Ebdo effectué a faut une tournée de 4 mois «où les journalistes ont été  hébergés par les lecteurs. A la rencontre de ses lecteurs avec la volonté de fabriquer un média «accessible. Assez des médias ciblés CSP +++ avec des pages de publicité de Jaguar ou de Cartier. T. Et c'est vrai qu'en feuilletant les derniers numéros on constate que la promesse est tenue, tant par la diversité des sujets traités, que par la variété de la forme, photos, articles courts.  «Le premier numéro du journal est sorti le 12 janvier, vous pouvez le retrouver tous les vendredis en kiosque ou sur abonnement. »

AOC (Analyse Opinion Critique) dont le lancement avait lieu le jour même compte sur ses lecteurs. Les textes sont écrits par des intellectuels et des chercheurs, mais le média est bien fondé par des journalistes, Sylvain Bourmeau, ancien journaliste à Libération et Raphaël Bourgois, animateur de l’émission Avis Critique sur France Culture 100% digital. Outre les articles publiés dans la semaine, un grand entretien le samedi et un texte de fiction le dimanche. «Un parti pris bien décrit, une ergonomie intéresssante avec la possibilité de suivre à l'écran la progression de sa lecture.(abonnement (12€/mois)

Lecteurs ou Followers ?

Frustration de ne pas trouver cités lors de la Nuit de la Presse à la Gaité Lyrique  une liste plus exhaustive de nouveaux médias. Les médias sur les réseaux sociaux étaient largement absents du débat. Alors que Google annonce son ambition de journal local via une nouvelle application en test « Bulletin ». D'autres thèmes comme les fake news (le thème du numéro 186 en kiosque de « Le Un ») auraient mérite un angle plus technologique. D'autres thèmes comme les fake news (le thème du numéro 186 en kiosque de « Le Un ») auraient mérite un angle plus technologique. Montrer comment les algorithmes vont pouvoir de façon quasi parfaite fabriquer du faux porno, un article de Usebk & Rica donne l'alerte « Un algorithme réinvente le fake porn » (Remi Levêque, 26//12018). Le succès de Melty reposait sur l'invention d'un algorithme de l'équipe Alexandre unique qui ciblait les lecteurs et dispatchait les infos selon les créneaux horaires, de leur public, par exemple collégienne sortant du lycée etc. L'impact de l'intelligence artificielle et du machine learning n'était pas suffisamment abordés, ni l'utilisation des algorithmes. 

En assistant à un atelier sur Instagram stories proposé la même semaine par l'exposition de Facebook Connexions à Station F j'ai compris à quel point les Instagram stories sont devenus des mini médias qui arrivent à toucher un nombre affolant de followers

Les nouveaux média suivent en partie ce modèle de création de communauté sur nouveaux supports.

  • MinuteBuzz : « le premier groupe média à devenir 100% vidéo, 100% social » annonçait un article sur Medium, Adieu les articles, MinuteBuzz produit désormais des formats 100% vidéos avec une véritable équipe de monteurs et producteurs (live, stories…) dans des formats courts et émotionnels, optimisés pour les plateformes sociales. » Et plus de site, « Nous anticipons ce qui va se passer pour la plupart des médias et de manière affirmative : il faut aller dans le sens des usages » expliquait Maxime Barbier, Tout à fait d'accord. Oui mais MinuteBuzz, belle interface, media ou content marketing, marketing de contenu ?
  • Monkey. « lancé par Emmanuel Chain ex-Capital et Thierry Bizot vise la même cible, les millenials. « Un nouvel animal chez Elephant. Ce lundi, la société de production co-fondée par Emmanuel Chain et Thierry Bizot, lance "Monkey" une nouvelle plateforme d'informations en ligne destinée aux millenials. Présent sur Facebook, Twitter et YouTube, ce média produit chaque jour une vidéo de 3 minutes sur un sujet clé de l'actualité. " « Une quarantaine ont déjà été produites qui ont créé spontanément une communauté de 10.000 fans et près de 2 millions de vues",
  • Brut « Nouveau média d'information. 100% vidéo, 100% digital" créé en 2016 par Guillaume Lacroix et Renaud Le Van Kim  s'exprime sur Instagram,  et sur tous les réseaux sociaux. C'est sur twitter que je le trouve le plus efficace.
  • Explicite #Explicite" : les anciens journalistes d'iTélé ont crée ce futur lieu parisien dédié à l’émergence de nouveaux médias.média
  • Ekopo  est l'une des start-ups média retenues par Le Tank Media,  lors de récent  appel  à projets. "EKOPO, le média de l'économie positive, publie les dernières actualités sur : l'innovation sociale, l'engagement sociétal et l'impact environnemental des organisations publiques et privées. "Le 16 avril 2018, Le Tank Media accueillera sa première promo d’incubation : 5 équipes de 2 personnes viendront pendant 12 semaines au Tank pour donner un coup de boost à leurs médias."

Et la liste est loin d'être exhaustive … 

Quel nouveau format pour le débat?

« Rendre les spectateurs acteurs des conférences c'est possible» (Pierre Fournier, passionné par l'innovation sociale)

Point commun à tous les débats de cette Nuit de la Presse  : s'excuser de la verticalité du format, transmission des intervenants à la salle. On peut effectivement s'interroger sur la légitimité d'une table ronde avec « sachants » face au public, à l'époque du lecteur/producteur. La Gaité Lyrique a déjà fait preuve de plus d'imagination.

Sans doute les organisateurs de débats doivent-ils trouver d'autres pistes pour intégrer l'écoute du public que les sempiternelles « questions dans la salle ».Le Drenche a fait du débat contradictoire et participatif « dans la vraie vie » le concept même de sa publication « papier ».Pierre Fournier est actuellement en train de réfléchir à un nouveau format de conférence dont il a décrit les prémices dans un article de Medium Rendre les spectateurs acteurs des conférences, c'est possible et qui veut « faire confiance à l'intelligence des personnes ». 

mardi, janvier 2 2018

2018 : janvier avec Alter'Coop

18 janvier premier module du cursus Pédagogie de l'altérité et de la coopération au Forum 104 à Paris conférence de Patrick Viveret .


Premier janvier, premières résolutions ...et les applis qui vont avec. Un expert (psychiatre Stéphane Clerget sur RTL) recommande de ne pas en faire trop : trois bonnes résolutions doivent suffire surtout quand il s'agit de résolutions difficiles à tenir comme arrêter de fumer ou d'être sur Facebook plus d'une heure par jour. Les bonnes résolutions des français concernent surtout la santé et le bien-être....maigrir en tête et « positiver » en troisième place selon La Depêche. 

Les autres 

Moi ce serait plutôt en numéro Un renouer avec les autres, ceux avec qui je suis fâchée depuis des années ou encore ceux que j'ai éjecté un peu trop rapidement de ma vie parce qu'ils n'étaient pas ce qu'ils semblaient être. « L'enfer c'est les autres » selon Jean-Paul Sartre, une vérité que les réseaux sociaux ont encore amplifié Les pratiques de développement personnel se sont multiplié, via les coaches, les conseils, les plateformes, les essais, lesarticles, et sont bien plus à l'ordre du jour à l'approche de 2020 que la réussite sociale. « Et, bien entendu, ce sont les autres, ces différents, qui nous font grandir par leurs interpellations, pour autant que nous pouvons les entendre et les accueillir. » nous dit Christine Marsan. qui a impulsé https://www.altercoop.org/ (pédagogie de l'altérité et de la coopération) qui propose en 2018 un cycle de formation «  Diverses méthodes, outils, exercices, mises en situations seront proposés dans les domaines de la gestion des conflits, violences et crises, médiation et aussi en Intelligence Collective et coopération. Des pratiques de pleine présence faciliteront la conscience de soi et de la relation à autrui. » « La relation à autrui », c'est bien ce qui est au cœur de toutes nos vies, privées ou professionnelles.  

Christine Marsan, je l'ai d'abord rencontré en 2016 lors des réunions du collectif #MaVoix, où elle excellait en propositions de dispositifs d'intelligence collective pour faire travailler ensemble des participants venus d'horizons divers qui ne se connaissaient pas. Efficace. Puis récemment je l'ai revu lors du Web 8, événement initié par les 100 Barbares qui réunissait des porteurs de projets, dont le projet https://www.altercoop.org/. D'abord un peu agacée par le vocabulaire à mon goût un peu trop usé - comme "le vivre ensemble", j'ai été convaincue à la fois par son expérience et par son énergie. Sur mon propre projet, relations humaines et réseaux, elle me donne une piste, aller dans un sens positif, plutôt comment optimiser les relations sur les réseaux que dénoncer les violences des nouveaux codes sociaux.

En 1993 Christine Marsan met au point via une pédagogie spécifique pour collégiens et lycéens, l'équivalent d'un bilan de compétences.. suit dès 1998 un cursus pour les entreprises, savoir anticiper être dans la prospective plutôt que dans le court terme. En 2011 et 2012 elle a co-créé les Ateliers de la Mutation.http://www.lesateliersdelamutation.com/ Think, be et do Tank. Rendre visible et appréhender les mutations est le fil rouge de son parcours et celui de ses partenaires. Elle publie livres et articles en particulier dans UP Magazine. Et a réuni des parrains prestigieux, comme Edgar Morin, Patrick Viveret ; Amanda Roche, Michel Bauwens Thierry Janssen, Hanh Nguyen Ngoc. Il manque sans doute une femme ...comme Angelina Jolie.  

Design pédagogique

Alter'Coop propose en 2018 : 7 modules, 6 réseaux partenaires, 6 lieux/régions. On retrouvera les vidéos de présentation sur le site.

Le 18 janvier, c'est le premier des module Il a lieu à Paris et commence par une conférence d'introduction de Patrick Viveret. Les vidéos de présentation sont sur le site. L'intelligence collective est toujours au cœur du dispositif dont l'originalité est la diversité des approches « en nous basant aussi bien sur les apports des peuples premiers, sur les sciences humaines, que sur les récentes méthodes et pratiques. »Et puisque qu'on parle de révolutionner le domaine de la formation, l'objectif « privilégier la coopération à la compétition » semble une option devenue essentielle  

                                                                                                                                                                            Janique Laudouar

dimanche, décembre 10 2017

Du bonheur de vendre sa collection : JCB’s / Art Collection

Jean-Claude Bourdais fait partie de ces personnages dans le Perche qui savent nous consoler de la pluie, et nous proposer des alternatives aux marchés de Noël et aux manèges des cirques sur les places de village. Après avoir été un temps directeur artistique de la galerie in Situ Label Friche à Nogent-le-Rotrou, il revient sur les lieux avec JCB's/ Art Collection du 2 au 23 décembre 2017.


« On ne décide pas un jour de faire une collection d’oeuvres d’art. On achète des oeuvres d’art pour vivre avec et qu’elles vous enveloppent d’un plus que le quotidien ne peut pas vous apporter. » La valeur ajoutée d'une œuvre d'art chez soi, est le credo récurrent à la fois de la galerie in Situ qui présente régulièrement des expositions et de Jean-Claude Bourdais qui se sépare des objets amoureusement collectionnés au fil des ans  à des prix très abordables. « Il y a des gens qui préfèrent changer leur canapé ou leur voiture qu’acheter un tableau de peinture ou une sculpture, ou qui préfèrent un poster à une lithographie originale » Bien moins cher qu'un canapé neuf ce « Storyboards » a été vendu dès le premier jour. « Il y a un supplément d’âme dans ces objets qui ont vécu dans l’intimité du décorateur » assure l’une des clientes et amies de Jacques Grange, la reine du maquillage Terry de Gunzburg » citée par Le Monde à propos de la vente du 16 au 20 novembre chez Sotheby’s. C'est un peu l'âme du collectionneur JCB qu'on entrevoit dans les œuvres choisies par François Kinder, artiste et Président de Label Friche.
Mais comment et pourquoi se sépare-t-on d'objets de collection ? .Nous lui avons posé la question.      Janique Laudouar

JL L'idée de départ était celle d'une vente un peu semblable aux ventes aux enchères ?

JCB Non l'idée de départ, c'est que la galerie pour la première fois depuis 10 an ne fasse pas un one man show, Pourquoi ne pas monter des artistes d'une collection particulière ?

JLCette collection mise en scène a finalement la qualité d'une exposition, quelles œuvres sont montrées ?.

JCB Sur 50 ans j'ai 600 œuvres, ça ne fait finalement que 10 par an. Je n'ai pas décidé un jour : je vais collectionner des œuvres d'art. Tout le monde ici a une voiture. A Thiron-Gardais, il y a un monsieur qui collectionne les voitures, il en a 18, ah, c'est un collectionneur ! C'est le nombre qui fait la collection, jamais composée d'une seule œuvre. C'est à lâge des 70 ans qui arrivent bientôt, que l'ensemble, l'accumulation de ces objets acquiert un sens : qu'est-ce que ça dit sur moi ? J'étais perturbé quand je suis entré dans la galerie. François Kinder est venu plusieurs fois à la maison et a vu l'étendu du désastre, et m'a dit « je viens avec une camionnette faire un choix ». Ce qu'il y a là aujourd'hui ce n'est pas ce que j'aime le plus, c'est le choix de François Kinder.

JL L'oeil du commissaire d'exposition ?

JCB Absolument. Il y a des choses que je n'aurais pas montré pas les story boards mais les « tapas ». Dans toute l'Océanie ils tapent avec des fils végétaux, fabriquent des tapis, et dessus ils peignent. Il y en a de tous les styles. Là j'avais une belle collection. François Kinder a choisi quatre story boards. J'ai pensé « Mais comment va-t-on se sortir de ce « bric à brac , » entre Titus Carmel et la Papouasie ? Et quand je suis revenu j'ai été perturbé, ça parlait de moi mais ça existait en tant que tel aussi. Telle sculpture bangui a côté d'un tableau de Gravleur il se passait quelque chose, François Kinder a perturbé mon regard et a mis face à face des choses qui ne sont jamais rencontré – ça c'est intéressant des dialogues de cultures de peuples différents. 

JL C'était aussi un peu le thème de l'exposition précédente, de sculptures de Alain Kieffer mélangeant les apports des cultures et des continents.

JCB Une classe de terminale va venir, et au programme il y a l'influence des cultures sur l'art contemporain. la rencontre entre les deux, c'est quand Picasso,  Vlaminck ont dit : ça nous intéresse ce que font ces "sauvages". Cette exposition permet de voir comment ça fonctionne ensemble, art primitif et  art contemporain.

JL Les story boards ont été achétés, connais tu le motif de l'acheteur, coup de cœur ou autre?

JCB Au départ lui ne sait pas, il m'a demandé des renseignements, il s'est enrichi de l'histoire de la pièce, il a choisi une grande pièce et il m'a dit « je vois où je vais le mettre chez moi et je vais vivre avec »

JL Ca c'est très important et c'est un thème récurrent chez toi, vivre avec l'art,

JCB Deux constatations personnelles entre l'art tribal et une pièce contemporaine, ça fonctionne. Et jamais je ne me suis dit « ça vaudrait cher plus tard »

JL Pas de spéculation ?

JCB Je dis aux gens « achetez ce que vous aimez". Quand je regarde les pièces de ma collection, je sais pourquoi chacune d'elle m'a touché je n'ai aucun regret. L'oeuvre d'art aura vécu avec moi un certain temps mais je ne souffre pas de m'en séparer

JL Ce qui m'a frappé , tu vends, moi je garde tout et tu m'as dit « pour vivre au présent il faut se débarrasser du passé »

JCB La question la plus souvent posée lors du vernissage « ça te fait pas mal de les vendre et de t'en séparer ? ». Ce n'est pas la première fois, dès mon arrivée à Nogent-le-Rotrou en 2004 j'ai fait une grande exposition d'art tribal à Rémalard (galerie Artemise). Je pense que l'œuvre d'art n'appartient à personne, chaque œuvre d'art a son histoire et son parcours en tant qu'oeuvre d'art, Telle œuvre je l'ai acheté à San Francisco je n'avais pas de quoi la payer, j'ai voulu faire plaisir à ma femme, le tableau bleu d'un américain, j'ai fait un emprunt je l'ai payé sur six mois, l'ensemble, c'est mon histoire. Trente ans enseignant j'ai acheté de l'art partout où je suis allé, Sénégal, j'ai acheté, Bénin, j'ai acheté, Nouvelle Calédonie. J'ai acheté. Y compris à Label Friche. L'oeuvre d'art aura vécu avec moi un certain temps mais je ne souffre pas de m'en séparer, elle va continuer son histoire, une collection c'est quelque chose de vivant.

 JL Julie Franchet, Fréderic Atlan, j'ai beaucoup aimé lors de leurs expositions dans la galerie.

JCB Le soir du vernissage j'ai été content de voir un acheteur d'abord hésitant revenir à la galerie à pied et emporter une œuvre. Dimanche après-midi, on a refait une collection, on a remplacé les pièces achetées par de nouvelles pièces

JL Je reviens sur la question du passé et du présent. Il y a eu la vente de Pierre Bergé avant sa mort, à un certain âge on se dit je suis plus proche de la mort que de la naissance...

JCB Pendant longtemps j'ai tout gardé, des tickets, des factures de restaurant, des preuves de vie, j'en avais besoin, avec l'âge ça devient négatif, ça devient lourd, comme si on vivait encore dans le passé. Avec l'âge bien sûr il y a un devoir de mémoire mais tout ça devient pesant et pour vivre au présent je n'ai plus besoin de trimbaler dans des valises et des malles le passé. C'est une libération, de vivre son présent, de pouvoir aller de l'avant, pas oublier, mais se libérer du passé.

JL Ton présent ce serait quoi, tu vas continuer à acheter ?

JCB Il y a les impôts et les taxes...Le danger qui me guetterait c'est que je passe à Paris et que je vois un tableau ! L'art ne m'a jamais déçu, ça passe par l'émotion, pas par l'argent ou la pensée, l'émotion. L'art m'apporte ce que rien d'autre ne m'apporte, comme je l'ai écrit les gens préfèrent s'acheter un canapé ou une voiture plutôt qu'un tableau, pour moi c'est une manière de vivre, d'être. Toute ma vie depuis l'âge de 16 ans, 17 ans, l'art a eu une place prioritaire importante, vitale.

JL Quel conseil tu peux donner aux gens qui vont venir est-ce qu'il faut qu'ils se renseigent sur l'hisotire de l'oeuvre, sa place dans l'histoire de l'art, son prix présent et à venir ?

JCB Je te ferai deux réponses : comme l'a dit Jean d'Ormesson « jamais je ne me permettrai de donner un conseil à un jeune ».Sinon « laisse-toi conduire par tes désirs ». Quand à 40 ans j'allais dans le désert, en Australie, et je rentrais avec des objets curieux, des cartons, personne ne parlait encore de l'art aborigène, Aujourd'hui l'art aborigène c'est dix milliards de chiffre d'affaire. Alors mon « conseil », parce que je suis sensible à la transmission : obéis à ce que ça te fait.

Janique Laudouar

Galerie In Situ / 5 rue du Pâty / 28 400 Nogent-le-Rotrou / 09 77 08 21 91, : labelfriche.contact@gmail.com

Ouverture les vendredis et samedis de 15h à 18 h ou sur RDV.

Adhésion http://www.labelfriche.com/wp-content/uploads/2016/10/BULLETIN-ADHESION-1.pdf

mercredi, octobre 25 2017

Web Summit 2017 Lisbonne : tech, innovation et politique

Le Web Summit qui aura lieu à Lisbonne du 6 au 9 novembre affiche 60 000 participants, 160 Pays. Des entrepreneurs français y seront et auront l'occasion de rencontrer les personnalités les plus diverses du monde la tech et de l'entreprise mais pas seulement, l'éthique, la politique, la créativité, la gouvernance, la planète sont au rendez-vous. Le ministre de l'économie du Portugal Manuel Caleira Cabra ouvrira le Growth Summit. On y traitera économie, politique, marketing, crypto monnaie et même ...voitures volantes. Le social est présent aussi avec, par exemple, Crisis Text Line qui aide les gens en crise.  Dix millions de messages qui deviennent des données qui vont ensuite pourvoir venir en aide dans des situations d'addiction, d'abus sexuel, de suicide.  Janique Laudouar

Valentin Chaput est l'un des quatre fondateurs (avec Virgile Deville) d'Open Source Politics  et a été invité à intervenir au Web Summit «la où la tech mondiale se rencontre », tech, media et politique, Open Source Politics fait partie des mouvements de la civic tech qui ont joué un rôle actif lors des élections présidentielles et législatives en œuvrant pour la participation citoyenne. Depuis le printemps 2016 OSP est devenue une entreprise relevant de l’Économie sociale et solidaire, accompagnant les collectivités, les institutions, les gouvernements dans la transition numérique. Plusieurs entrées sont proposées sur le site, OPS a été facilitateur lors de plusieurs événements publics et ont accompagné Etalab, la Ville de Paris, ou encore Arc Innovation pour le Grand Paris. 

Qu'attend Valentin Chaput de sa participation au Web Summit ? 

VC L’intérêt c'est la présence d'acteurs importants. J'interviens le mercredi dans la partie Forum, technologie et politique.

JL A Lisbonne il y aura des personnalités du monde de la politique, des entrepreneurs, des innovateurs. Quels sont les thèmes qui t'intéressent ? 

VC Les plate formes numériques,  les données, la sécurité seront parmi les thèmes abordés.

JL Le management est aussi un des thèmes du Web Summit? Est-ce qu'on manage une entreprise Économie Sociale et solidaire comme une autre entreprise ? Est-ce que tu vas aussi en tirer quelque chose sur le management pour Open Sources Politics, il y a des CEO, des fondateurs et des managers importants ?

VC Nous sommes quatre fondateurs donc nous fonctionnons de façon horizontale, chacun a son mot à dire. Pour les décisions il y a un système de vote. L'économie sociale et solidaire a un statut, il y a un engagement de redistribution. Et puisque nous travaillons avec les logiciels libres il y a une multitude de collaborateurs autour de nous.

  "Avec le numérique, la démocratie continue entre les élections", peut-on lire sur le site d'OSP comme l'avait déjà montré l'initiative de make.org Réinventons l'Assemblée nationale le 20 septembre. L'Assemblée nationale consulte actuellement via une plateforme en ligne et recueille les propositions des citoyens jusqu'au 6 novembre.

JL Suite à la consultation des citoyens en ligne sur le site de l'Assemblée nationale et aux nombreuses initiatives de la société civile  est-ce que la consultation va enfin devenir un nouvel usage ? Est-ce que les parlementaires vont y recourir ?

VC Au niveau national, et aussi au niveau local, de plus en plus d'élus y sont ouverts. Dans la consultation actuelle sur le site l’Assemblée nationale, ce qui est intéressant c'est la perspective de changer la procédure et d'institutionnaliser la consultation.

JL « Une démarche de consultation doit être suivie et animée. Cela demande du temps et certaines compétences (création de contenus, newsletters, ateliers d'intelligence collective) ». peut-on lire sur le site OSP . Comment impliquer les citoyens, tous ont-ils envie de s'engager ? Ce ne sont pas les outils qui manquent, mais tous y-ont-il accès, comment faire en sorte que ça ne soit pas « toujours les mêmes?

VC En multipliant les points de contact, en parallèle à la consultation en ligne, Open Source Politics organise des ateliers « dans la vraie vie », et les opinions des participants sont répercutés sur la plate forme, ce qui incite à aller la visiter. Nous proposons des dispositifs à ceux que nous accompagnons.

JL Comment avez-vous été choisis pour accompagner la consultation sur le site de l Assemblée nationale. Vous avez fait un « pitch » meilleur que les autres ?

VC Il y a eu un appel d'offres, une consultation de plusieurs plate formes, on nous a demandé un devis, et nous avons été retenus. C'est vrai que le coté « logiciel libre » a compté. Techniquement c'est le site de l'Assemblée nationale qui reste hébergeur et gère l'informatique, nous avons aidé à la mise en place du dispositif et nous sommes responsables de la modération et de la synthèse finale.

JL Est-ce que le mot clef dans ce type de consultation via une plate forme n'est pas l'accompagnement, l'animation ? Et est-ce que vos partenaires, qui sont souvent des administrations, jouent le jeu ?

VC Oui, on attend d'eux qu'ils soient réactifs, qu'ils construisent des événements. Nous avons acquis de l'expérience, développé une méthodologie

JL En vue des élections législatives et présidentielles en France, il y a eu de nombreuses initiatives « civic tech », vont-elles continuer, comment vont-elles évoluer ?

VC En fait Open Source Poltics se positionne comme une Gov Tech, notre vocation est d'aider les gouvernements à utiliser les outils numériques. Sinon il y aura une pluralité de choix dans la civic tech, certains mouvements sont plus temporaires, comme #MaVoix ou La Primaire.org, d'autres affichent leur vocation de start-ups comme Voxe.org avec le robot VoxeBot.

JL Comment avoir la garantie que les contributions des citoyens seront repris dans la co-construction des lois ?

VC Il faut garder une vigilance, mais j'ai bon espoir que la démocratie citoyenne aboutira avant la fin du quinquennat.

Entretien avec Valentin Chaput Janique Laudouar

Pour rencontrer l'équipe d'Open Source Politics hackhatons et meet-ups. Prochain meet-up :

Consultation #ReformesAN : Le citoyen au coeur de la fabrique de la loi le 2 novembre au Liberté Living Lab 

mercredi, octobre 4 2017

Citoyens et élus : interaction bienvenue!

source image :   http://consultation.mediation-numerique.fr/

Du monde, beaucoup de monde, pour assister a la rencontre organisée par make.org “Réinventer l'Assemblée nationale”. Une nécessité partagée par 200 députés qui ont manifesté leur intérêt annonce Axel Vauchez de make.org et par le Président de l'Assemblée nationale François de Rugy présent pour clore le débat “Grâce à vous, la rencontre entre les Civic Tech françaises et l'Assemblée nationale chez Make.org a été un énorme succès avec plus de 1.500 personnes, 200 Civic Tech, 80 députés (et 200 députés représentés)". Un échantillon de 11 innovations emblématiques pour réinventer l'Assemblée étaient là pour présenter applis et plateformes– Le Drenche, Acropolis, et LCP filmaient et un Facebook live suivre en direct le débat. Des dizaines d'autres innovations civic tech, des citoyens motivés auraient pu assister si l'hémicycle make.org avait été extensible. Ne pas sous-estimer l'intérêt des citoyens pour leur participation en politique!     Janique Laudouar

Evolution du débat : la participation citoyenne 

Il y a longtemps que Le Blog de la Ménagère suit les avancées de la participation citoyenne. Rappelons qu'en 2015 Démocratie Ouverte et Parlement et Citoyens avaient déjà imaginé un débat à l'Assemblée nationale entre élus et citoyens intéressés par le débat démocratique :  Démocratie Ouverte, une renaissance politique. Beaucoup de billets sur le sujet  pêle mêle : Mobilité citoyenneExpérimentations démocratiquesLes jours heureux, l'alternative citoyenneLa Démocratie, c'est maintenant , 2015, l'année de l'empowerment La politique c'est vous ! "Ils vous ont donné leur voix, donnez leur la parole" les citoyens veulent âtre consultés 

Depuis, les pionniers de la démocratie participative ont évolué avec des propositions concrètes. Pour les followers de la Civic Teh ce sont des retrouvailles plutôt que des découvertes, et le plaisir de voir progresser de façon positive associations et start-ups. L'objectif de tous : des applis pour faire la loi existent, pour reprendre l'expression de Jeremie Paret de Stig, utilisons les. Parlement & citoyens, Assembl, Fluicity, Voxebot de Voxe.org, qui souhaite simplifier et renforcer la relation entre la jeune génération et ses représentants via le VoxeBotKawa avec le concept de débat hors les murs, make.org avec l'idée d'utiliser  la Question Citoyenne au Gouvernement : “Une fois par semaine, à l’Assemblée nationale, une question citoyenne est posée au gouvernement. Durant la semaine qui précède la séance, Make.org consulte plusieurs dizaines de milliers de citoyens, qui peuvent ainsi avoir une chance de poser leur question au gouvernement.” Notre député avec la solution de brainlinks pour créer de l'engagement, Démocratie Ouverte avec L'incubateur système D, appel en cours et bien d'autre initiatives. Ci-dessous Valérie Petit, Nord (9e circonscription), séduit Florent Guignard (Le Drenche) et Armel Le Coz, Démocratie Ouverte.

Des députés de bonne volonté

Les outils sont la, la volonté politique parfois – mais pas toujours - mais comment s'assurer de l'engagement citoyen en dehors des périodes électorales? Une question dans la salle : Bercy a les mails de tous ceux qui payent leurs impôts en ligne, pourquoi l'AN ne les utiliserait pas pour dialoguer?
Pour les députés des français de l'étranger la question se pose. On leur reproche de ne pas vivre a l'étranger. Faux s'insurge Anne Genetet, Français établis hors de France (11e circonscription) qui facilite le dialogue avec ses administrés dont elle a tous les mails. Paula Forteza, Français établis hors de France (2e circonscription), LREM a poursuivi la croisade en faveur du numérique et de la transparence qu'elle avait exerçait déjà et encore maintenant en faveur de l'OGP. On retrouvera avec plaisir a un poste de collaborateur un développeur expérimenté Emmanuel Raviart devenu collaborateur parlementaire présenter le mandat : l'agenda et les comptes ouverts de la députée, et sa profession de foi “ouverture, transparence, participation numérique” avec la volonté “d'outiller les députés”. À cette fin, mon équipe et moi allons proposer des formations sur des outils numériques pouvant être utiles au cours d’un mandat." On trouvera dans le groupe de travail "Démocratie numérique”, qui a reçu récemment Loïc Blondiaux, des députés de bonne volonté de tous les partis. L'idée de la participation citoyenne fait son chemin, y compris par chez des députés LR comme Véronique Louwagie (Orne 61) qui ont la volonté d'élargir le cercle de leur contacts, et de ne pas rester dans “l'entre soi” des élus entre eux. L'idée d'associer les habitants du territoire à l'actualité législative pour avoir leur avis et leur ressenti, pourquoi pas?

Pacôme Rupin député du secteur de la Bastille où avait lieu le débat ( 7e circo de Paris (4e, 11e, 12e arrdt) trentenaire qui prône de nouvelles methodes de relation avec les citoyens via ateliers citoyens pour pouvoir en permanence dialoguer reinventer le role du deputé. “L'innovation politique c'est de renouveler le lien avec le citoyen mais aussi la manière de travailler entre Député.e.s” a-t-il tweeté sur le débat.

On citera encore Valérie Petit, Nord (9e circonscription) bardée de diplômes et armée d'une force de conviction à la hauteur de ses ambitions. Parmi les initiatives en faveur de l'engagement : aller trouver les citoyens en bus parcourant le territoire. Et bien sûr, une apparition remarquée de Cédric Villani,   chargé par le gouvernement d’une mission sur l’intelligence artificielle.

"Une assemblée nationale efficace"

Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy nous donne sa feuille de route : réformer l'Assemblée nationale avec des groupes de travail constitués, mais dans le contexte d'une réforme ultérieure de la constitution. Le plus difficile ce n'est pas trouver les outils civic tech, qui sont opérationnels, mais l'engagement citoyen qu'il faut savoir susciter en l'impliquant. Il souhaite "davantage de données publiques" et moins d'"opacité et de secret". Et la co-construction de la loi? L'évaluation de la loi est évoquée par François de Rugy “je voudrais surtout qu'il y ait une clause de revoyure pour les cas où les décrets auraient dévoyé l'esprit de la loi. J'aimerais également que tous les rapports produits par les commissions de l'Assemblée ne restent pas lettre morte. Ils devraient se conclure par des préconisations : législatives, réglementaires et le cas échéant fiscales et budgétaires”. (Le Parisien, "Je veux une assemblée nationale efficace"). 

Eh oui, nos institutions ont vieilli et il y a maintenant des députés trop jeunes pour continuer à accepter de fonctionner avec les règles du vieux monde, et qui sont impatients de réinventer le rôle du député...et d'y associer les citoyens?   

Janique Laudouar

Et bien sûr il y a des dizaines d'initiatives pour une démocratie interactive on peut citer Democracy OS qui prône l'open source, Open Source Politics,  Civocracy "Ne laissez pas les autres décidés sans vous..."


mardi, septembre 5 2017

Forum Convergences : vivre autrement

                    Forum Convergences 10ème édition Palais Brongniart, Paris

Croiser les initiatives dans une multitude de domaines, c'est constater qu'il y a une ligne directrice sur laquelle s'accordent les porteurs de projet ODD (Objectif de développement durable). Il est maintenant prouvé qu'on peut faire autrement, vivre autrement, penser autrement. Des choix il y a quelques années marginaux gagnent du terrain, la façon de se nourrir de s'habiller de se transporter, de produire et de consommer, change. Les banques, les assurances, les grands groupes viennent trouver au Forum Convergences les signes d'un futur qui est déjà là et avec lequel il faut compter. #Convergences2017    Zéro exclusion, Zéro carbone, Zéro pauvreté… quelques exemples parmi le foisonnement.      Janique Laudouar

L'agroécologie peut-elle devenir un jour la norme en agriculture?

Comme beaucoup d'autres de sa géneration, Linda Bedouet décide de change de vie à 30 ans et quitte l'immobilier pour se lancer dans l'agriculture biologique. D'abord à Paris en investissant dans l'AMAP du 15 ème (fournisseur le Bec Hellouin) puis dans une ferme à côté de Rouen, la Ferme des Rufaux. Aujourd'hui “Ce sont plus de 100 espèces différentes de légumes, fruits et aromatiques qui sont produits sur la ferme”. L'objectif : réduire l'empreinte de l'homme sur l'environnement. Elle puise dans le voisinage immédiat : le fumier est a 800 mètres, la paille à peine plus loin. Elle découvre que l'agriculture est un monde en soi, avec ses codes, son langage, ses acteurs, ses blocages. Et ses drames aussi. En visite en Charentes Maritimes, elle apprend que 7 décès viennent d'avoir lieu. “ Avoir connu d'autres milieux est une force” dit-elle “on est prêt a tout expérimenter”. Y compris faire du lobbying aupres des élus. “Le paysan, c'est très important, c'est celui qui prend soin du pays”.Elle rejoint Fermes d'avenir où elle aujourd'hui responsable réseau, et a publié “« Créer sa micro-ferme » aux Editions Rustica,

Anthony Bugeat a fait le pari de proposer avec Axioma, une start-up agricole, http://wikiagri.fr/articles/axioma-une-start-up-agricole-stimulante/14368 des associations de plantes, des oligo-éléments pour remplacer le tout- pesticide. Objectif : les biostimulants agricoles. Axioma, dont l’ensemble de la gamme est certifiée bio, vise le maintien des rendements sans usage des intrants nuisibles habituels et a trouvé des partenaires : une levée de fonds, un financement de 250 000 euros que la Région Aquitaine dont il est originaire a doublé.
Mais peut-on “nourrir le monde” avec ces solutions? Mais peut-on “nourrir le monde” avec ces solutions?Boris Patentreger co-fondateur d'Envol Vert qui anime la table ronde se fait l'avocat du diable. Pour Linda Bedouet “La plupart des humains sont nourris avec cette agriculture, sans produit chimique qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter, il faut multiplier les terrains bio plutôt qu'un énieme centre commercial. La terre est un bien commun. Il faut aussi former les agriculteurs. Il y a de nouveaux métiers, comme paysan boulanger. Il y a une demande des consommateurs, il pourrait y avoir une augmentation de la production de 30% en bio au lieu des 6% actuels. Fermes d'avenir a fait une tournée en France de 27 étapes pour voir de près les initiatives locales, “ à la rencontre des Fermiers Acteurs de la Transition !”

Que faut-il maintenant pour que l'agroécologie gagne du terrain et devienne un jour la nouvelle norme? Face au principal et puissant syndicat FNSEA et aux pressions qui influencent les décisions, “il faut du courage, du courage politique” dit Linda. Reformer la PAC, par exemple, qui continue a distribuer des aides au nombre d'hectares privilégiant les grandes surfaces et pénalisant les micro-fermes d'un ou deux hectares. Une aberration qui ne tient pas compte de la demande nouvelle des consommateurs.

Y-a-il une mode éthique ou comment s'habiller responsable

Pour Sebastien Kopp, co-fondateur de Veja “singulariser la mode n'est pas la bonne approche. Le changement est dans tous les domaines. Avant, on produisait a l'autre bout du monde et personne n'allait vérifier. Aujourd'hui il suffit d'un téléphone portable dans une usine chinoise ou dans un labo de Volswagen pour lancer une alerte. Il y a une demande de transparence.” Levée de fonds? Non, auto-financement. “Veja, on l'a d'abord conçu pour nous . On a déconstruit chaque étape de la fabrication d'une basket pour la reconstruire. Le coton est bio, la semelle est a 45 % en caoutchouc sauvage, c'est une basket complètement différente.”

Nourri par un tour du monde avec son partenaire à la recherche des initiatives “équitables” avant de lancer Veja, Sébastien Kopp déplore que les grands groupes choisissent de réduire les coûts de fabrication au profit des dépenses en communication. Les “grands groupes” cherchent d'ailleurs à se rapprocher des entreprises comme Veja : inclure de l'éthique dans leur démarche devient aujourd'hui indispensable pour H&M, par exemple. Veja et est connu de tous grâce en grande partie au bouche à oreille. Le Centre Commercial, c'est un style de vie choisi . “C'est en produisant Veja que j'ai changé ma façon de consommer”, ajoute Sébastien Kopp “je ne crois pas au changement d'échelle, je crois aux petits pas. On me demande comment on a fait je réponds, si vous avez un projet, plantez!”. Les tonnes de paires de baskets vendues c'est la preuve que ça marche, Et si l'alliance de la robustesse et de l'éthique était la nouvelle façon de s'habiller? Moins acheter mais mieux acheter, choisir, troquer, recycler conclut la table ronde.

La preuve par l'exemple

La démarche de Veja preuve par l'exemple, on la retrouvera partout ailleurs au Forum Convergences. Le Triangle de Gonesse (Carma) une expérience à suivre toujours dans le domaine de l'agroécologie, B2020 http://b2020generation.com un accompagnement pour engager sa communauté dans le domaine du développement durable. Un atelier participatif  "Structurer une économie unie et puissante du Social Business” mettait l'accent sur l'accompagnement. Peut-être le mot clef de ce Forum. 

L'Hermitage, à une heure de Paris, se veut un laboratoire de éthique de vie en train de se mettre en place. Agroécologie, transition énergétique, data au service de l'intérêt général. Le projet Hermitage reprend presque toutes les catégories présentes à Convergences pour les appliquer in situ. Grâce à un crowdfunding très efficace il y a eu une première levée de fond qui va permettre au projet de démarrer. Une journée Porte Ouvertes a déjà suscité la curiosité. “C'est le "proof of concept” explique l'un des responsables. La société civile déploie maintenant un nombre d'initiatives réussies qui donnent de l'espoir et sans doute aussi, puisque c'est d'actualité, de nouveaux emplois.

Une soirée media avec Spark News, et la soirée de clôture de l'événement aujourd'hui mardi 5 septembre.

Janique Laudouar

dimanche, juillet 9 2017

OuiShare Fest 2017 passe à l'action

Photo  OuiShare Fest 2017 Stefano Borghi

lls viennent de Lisbonne, Barcelone, Berlin Gand, Montréal, San Francisco, Detroit, d'Islande, d'Argentine, de Tchécoslovaquie forts de leur expérience concrète. C'est comme ça que OuiShare avance et nous fait avancer : en multipliant les retours d’expériences des acteurs qui partout dans le monde contribuent au changement. La révélation de l’économie collaborative a eu lieu, sa critique aussi, OuiShare Fest 2017 passe a l'action. Après l'exploration, c'est l'explosion. Un feu d'artifice d' expériences concrètes, de démarches, de réussites, des outils, des méthodes, avec un zeste d'ambiance  new New Age sous le soleil californien de Pantin.  

                                                                                                                                                                          Janique Laudouar

De Révolution à Évolution

En 2014, Pia Mancini portait un message révolutionnaire “ quelle démocratie a l'heure d'Internet?” et démontrait l’archaïsme des systèmes de gouvernance. Elle affirmait. “Nous voulons notre place a la table des décideurs” en proposant une plate-forme de vote Democracy OS et le Net Parti a Buenos Aires.Les collectifs citoyens français s'en sont inspirés pour faire entendre leur voix lors des élections présidentielles et législatives. “Reprendre le pouvoir par l'action collective” était la thématique du premier jour du Fest, avec un  fish bowl sur la mise à jour de la démocratie – la Civic Tech peut-elle aider?.

Pia Mancini revient a OuiShare Fest pour contribuer a la conversation : les institutions peuvent-elles rivaliser avec des citoyens agiles, connectés, impatients de participer a la co-construction des lois et qui ont développe des plate formes numériques opérationnelles? Amelie Bazet tente de défendre le point de vue d'Etalab qui a plusieurs reprises a fait appel a la société civile pour participer au projet Open Gov, une initiative à échelle mondiale qui vise à améliorer les modes de gouvernance. Mais le temps long de l'administration est-il compatible avec la réactivité des start-ups privées qui offre déjà les services dont les citoyens ont besoin? Et l'administration n'a-t-elle pas dans ses gênes l'instinct de conservation avant tout?
Ce sont des activistes comme Jeremy Heimans présent à OuiShare qui ont initié des mouvements comme Avaaz, (
qui revendique 20 millions de membres) “qui permet aux citoyens de peser sur les décisions politiques partout dans le monde” et ont impulsé de nouveaux usages numériques. "Il prône une transformation en profondeur de l’idée même de pouvoir dans les sociétés connectéesavec Purpose purpose.com/".  "Gunnar Grimson geek et analyste venu d'Islande est catégorique, il tweete : “si nous n'avons pas de participation citoyenne, nous n'avons pas de démocratie” et une suggestion “le meilleur moyen de s'assurer de la participation citoyenne, c'est de s'assurer qu'ils s'amusent en participant! ”Mais le fun ne garantit pas d'avoir un représentant à l'Assemblée nationale au bout du compte. ” La Civic Tech elle même doit apprendrea se relier entre collectifs ayant des objectifs similaires. Cette reliance tant clamée ne semble pas avoir eu lieu entre mouvements, malgré les efforts de Synergie Démocratique, par exemple, pour cartographier les mouvements citoyens ou Voxe.org qui poursuit sa mission “pédagogique” d'information politique avec le robot VoxeBot . Les administrations et certains ministères ont trop longtemps -depuis plus de quinze ans - sous-estimé la mutation mondiale et le changement d'ère – que représentait le numérique, tandis qu'une partie de la société civile agile avançait dans ce nouveau monde en bravant les entraves. Créer de nouvelles alliances avec les citoyens et les entrepreneurs semble la solution la plus réaliste. Justement, à OuiShare, on découvre comment. 

Nouvelles alliances

Aujourd'hui le nouveau monde est là et les institutions réalisent qu'il faut faire avec. Plus question de résister il faut s'allier. C'est ce qu'ont compris des territoires et des villes innovants, qui ont choisi de se faire accompagner dans leur transition par de jeunes entrepreneurs qui ont dans leur parcours l’expérience de la civic tech et du développement de plate formes dédiées a la démocratie digitale.  d'abord un mouvement en faveur de la participation 

"De la vision au changement: façonner l'histoire de nos villes avait pour objectif de discerner les meilleurs outils de dialogue entre ville et citoyen:« l'engagement démocratique nécessite un certain nombre d'outils disponibles et accessibles pour chaque citoyen. Les plate-formes open source sont un point clef. Mais il y a aussi d'autres formes de communication, face à face, différents media, applications, chats, commentaires, quels sont les plus pertinents ? »

http://www.opensourcepolitics.eu/d'abord un mouvement en faveur de la participation citoyenne est devenu une entreprise, qui propose des solutions civic tech, forte de toute l’expérience citoyenne de Valentin Chaput et Virgile Deville, ses co-fondateurs, qui ont accompagné, avec CivicWise, le vaste projet Arc de l'innovation. ambition de fédérer les territoires a l'Est de Paris autour de valeurs communes par le rapprochement d'acteurs investis dans l'innovation.“ la collaboration territoriale comme levier de développement de la nouvelle économie" “la gouvernance ouverte et agile du projet” lui a valu d'être lauréat des Defis Urbains 2017. Un processus itératif de co-construction, avec l'esprit d'entreprise sociale que revendique Open Source Politics et l'expérience internationale de CivicWise sur les villes. Un bon exemple de passage de l'activisme politique a la concrétisation.

Un atelier sur les communs et un nouveau lieu The Camp ....soon soon soon ...

Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martelait en conclusion de OuiShare 2016 Yochai Benkler (Harvard). Les communs ont bien été abordés dans unatelierqui a eu l'air de passionner les participants “Quels communs pour un tiers-lieu ? Quels sont les critères de réussites, notamment d’un point de vue juridique “? je suis arrivée au moment de la restitution des ateliers, pas assez pour commenter mais assez pour savoir qu'un nouveau lieu allait être lancé
The Camp (Marina Rachline et Antoine Meunier). Manquait sans doute une bibliographie celle fournie par P2P Fondation entre autres, expert du sujet. On pouvait prolonger sa curiosité avec la mini-librairie proposée dans le Circus des Magasin Généraux selon la tradition de OuiShare.

Dépasser le modèle de la Silicon Valley


Non la France ne doit succomber à la dictature de l’innovation qui règne dans la Silicon Valley,”,écrit Mehdi Medjaoui, speaker qui nous alerte sur les abus de création de start-up comme produits financiers éphémères, ça passe ou ça casse. Et ça casse dans beaucoup de cas comme le confirmera Nicolas Colin (The Family) Il y a heureusement d'autres modèles pour booster les entrepreneurs. Encore faut-il réajuster la notion d'entrepreneur et la démystifier, ce que fait magistralement Nicolas Colin en 13 slides coups de poing dans la session modérée par par Benjamin Tincq avec, Jennifer Clamp(Techweek Nouvelle Zelande) et Rui Quinta(With Company, Portugal). Moins connu que Barcelone, la démarche de Lisbonne est présentée par Rui Quinta Managing Partner and Strategist à With Company. adepte de la culture du Design Thinking. C'est ainsi qu'est né le projet #definelisboa Define Lisboa http://definelisboa.pt/, une démarche de co-construction entre la ville de Lisbonne et ses habitants qui commence par une provocation Lisbonne est-il le nouveau Berlin? Un appel sur la plate forme dédiée : Comment voyez-vous Lisbonne?
Et les lisboètes se sont exprimés par dessins, par couleur, par petite phrase
http://definelisboa.pt/resultsComment voyez-vous son écosystème d'entrepreneurs? “ Le premier incubateur est né d'une volonté de la ville de Lisbonne http://fablablisboa.pt/, d'autres ont suivi. Lors d'un récent voyage à Lisbonne on a pu constater la vitalité des start-ups et des lieux de co-working.

La démarche de Rui Quinta et de tous les nombreux participants (60 entretiens) abouti à la co-construction d' une cartographie de l'écosystème des start-ups. Il nous livre sa recette pour s'assurer de l'engagement citoyen.

  1. Provocation
  2. Participation
  3. Inspiration
  4. Co-création
  5. Validation
Par ailleurs Rui Quinta colle parfaitement avec la culture de la ville puisqu'il est aussi impliqué dans la traditionnelle poissonnerie de famille Peixaria Centenária  dans le quartier de Praça de Flores....et sur facebook naurellement!

L'exemple de Barcelone BARCELONA DIGITAL CITY est souvent cité https://barcelonaencomu.cat/ et Francesca Pick nous en fait la présentation en slides https://www.slideshare.net/francescabria/bcn-digital-ouishare-fest-2017. On peut également lire l' entretien par Albert Cañigueral OuiShare Barcelona Connector dans OuiShare Magazine

Lors d'une autre table ronde, Le maire de la ville de Genk, Wim Dries,très pro-actif et très applaudi fait part de façon honnête des difficultés concrètes qu'il rencontre : comment convaincre les habitants qui laissent leur voiture inutilisée pendant 7 heures par jours de la partager? On attend avec impatience la traduction de l'essai sur la cartographie sur les ressources citoyennes réalisée en mai juin 2017 par Michel Bauwens P2P Fondation,

La conclusion commune à la thématique des villes : il ne suffit pas pour les villes de multiplier les incubateurs ou les espaces de co-working, il faut s'assurer que l’intérêt du citoyen est réellement pris en compte. Les données, oui, mais au service du citoyen.


Sharing : partager l'humain

Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même”. Paola Tubaro et Miriam Notten Managing consultant, La Red (Pays-Bas) poursuivent l'étude commencée avec Antonio Casilli sur les connexions établies à OuiShare. Avant OuiShareFest et après OuiShare Fest. Elles ont mené un atelier sur le sujet. L'art de la connexion n'est pas inné, il se cultive, et oui, c'est vrai nous apprenons des autres. https://databigandsmall.com/sharing-networks-2017/

De la sharing economy, l’économie de partage, on retient davantage à OuiShare Fest 2017 le mot partage humain plutôt qu’économie de partage, même si l’économie et la finance sont abordes sous divers aspects. Un thème récurrent est celui du partage de la découverte de ce nouveau monde, sortir de l’élite connectée, aller vers les autres. Pendant ces trois jours on aura moins parle de connexion à Internet que de connexion entre êtres humains : connexion entre les gens, les projets, les communautés, les villes, leurs habitants.

Le co-living, qu'est-ce que c'est ? Un phénomène qui prend son essor. Inês Santos Silva, Aliados (Portugal) Futuriste, expert en social good, modérait une session au Théâtre en posant la question, c'est pour qui le co-living? Ed Thomas présentait The collective, "une nouvelle façon de vivre à Londres", enthousiasmant,  Fabrice Simondi CEO Pure House. Autre session avec Pure House qui cherche à savoir ce qui est à partager en nous interrogeant. Révélateur !Partager sa chambre, sa salle de bains, son jardin? J'ai participé à une conversation informelle et je ressors...avec de nouvelles connexions dont une start-up luxembourgeoise Äerdschëff , "traduction luxembourgeoise de « earthship » et que nous nous inspirons de ce concept inventé par Mike Reynolds dans les années 70 dans le désert de Taos, aux États-Unis. Un Äerdschëff est un bâtiment dont les 5 principes fondateurs se basent sur la production et la gestion off-grid de ses propres ressources pour satisfaire les besoins de l’Homme de manière résiliente et durable : l’autonomie en eau, en assainissement,en électricité, en chauffage, et même l’autonomie alimentaire." Peut-être que dans le désert rural français...

J'aurais aimé répondre à l'invitation « d'expérience sensorielle »de Gabriela Montero fondatrice de Gastronomia Viva, Viva con Amor!  sur le Floating Fest le long du canal …trop tard ! Mais je vais la « suivre ». Une autre conférence " Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional" consacrait la révolution culturelle qui s'opère actuellement autour de produire et se nourrir. On pouvait revoir Malik Yakini, directeur exécutif du Réseau de la sécurité alimentaire de la communauté noire de Detroit, raconter comme dans le film Demain le renouveau de Detroit.

La technologie, oui mais quel impact?

Et le numérique? Tout le monde – ou presque - est maintenant conscient qu'on ne parle plus d'outil mais d'une mutation irréversible qui affecte tous les domaines et toutes les couches de la société. “C'est l'étape d’après” lance Antoine Brachet qui travaille dans une entreprise numérique et a co-fondé Les 100nBarbares qui a réuni il y a 2 ans 100 entrepreneurs du numérique décides a se faire entendre. Il suit une masterclass sur l'intelligence collective qui confirme son intuition que chaque personne est singulière et que c'est cette singularité qu'il faut savoir valoriser et laisser s'exprimer. « De la même manière que la permaculture tire partie de la biodiversité, on peut créer de la valeur en tirant le meilleur parti des compétences et aspirations des individus » démontre un récent article d'Usbek et Rica (Vincent Lucchese), « Le coût humain de l’effondrement sera dramatique » https://m.usbeketrica.com/article/le-cout-humain-de-l-effondrement-sera-dramatique une mise en garde qui aborde l'innovation sous l'angle du biomimétisme et de la a permaéconomie. Le contraire de notre éducation nationale, qui se méfie des singularités et les électrons libres et ignore ses élèves “hauts potentiels”! D'où le succès d'initiatives privées, comme Station F, qui vient d'ouvrir ses portes là encore, la société civile avance. Le biomimétic design était présent à OuiShare"Design Biomimétique: Écouter la Nature et (se) Construire avec elle". A suivre.

La master class sur les API d'un niveau “tout public” avait comme objectif de nous initier à l'API (Application Programming Interface) ce qu' a fait qu' a fait Arnaud Lauret IT architect at AXA Banque, the API handyman en nous décryptant le monde des API appliqués à la sharing économy : Facebook, Salesforce, Google, Netflix, Paypal, Twitter, Amazon Web Services. Les chiffres parlent : 1 million d'API dans le monde.

Plus philosophique et culturelle Mehdi Medjaoui, USA (https://oauth.io/home, apidays conferences http://www.apidays.io/ ) nous ouvre les yeux sur l'incroyable expansion de l'univers des API qui est en train de métamorphoser le commerce mondial. "Mehdi Medjaoui : “Le design des API conditionne la forme du monde de demain” On lira avec profit l'article de Diana Filippova pour KMF  "sa vision de l’entrepreneuriat, des API et de la tech est d’abord politique." Pas une masterclass technique, mais une master class éveil au véritable « challenge culturel » que représente l'expansion mondiale des API. Des entrepreneurs classiques y assistaient, conscients de la nécessité de mener à bien la transition digitale de leur entreprise.

Un regret : ne pas avoir suivi les masterclass sur l'organisation des plate-formes de Francesca Pick, http://ouishare.net/en, https://encode.org/ https://enspiral.com/  et Simone Cicero , Platform Design Toolkit.

Distribution de badges OuiShare Fest à un groupe de jeunes près du Canal de l'Ourcq, une jeune fille demande "C'est la Seine?"

Tous engagés dans vos villes?

Paradoxalement, c'est au moment où les villes et les territoires s'avisent de faire participer les citoyens, de booster les entrepreneurs sur leur territoire, que le problème se pose : comment susciter l'engagement citoyen? Sortir de l'entre-soi est définitivement l'un des points communs à bon nombre de sessions et d'outils présentés à OuiShare Fest 2017. Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes attire un public nombreux à la Factory. Bilan.

OuiShare Magazine dans un article de Samuel Roumeau retrace les débuts de ce projet d'accompagnement, dont l'ambition était de co-construire une boîte à outils commune. "A l’automne 2014, OuiShare a lancé un projet ambitieux d’accompagnement des collectivités locales visant à saisir les nombreuses opportunités offertes par l’économie collaborative sur un territoire. Ce nouveau projet se nomme Sharitories.
Aujourd'hui les plate-formes de consultation des citoyens existent, Civocracy, (Héloïse Le Masne) Collecticity (Julien Quistrebert). "Ne laissez pas les autres décider sans vous!" nous dit Civovracy, décidez du futur de votre école, de la sécurité des rues..tandis que Collecticity est dédié au financement participatif des projets publics. Oui mais...on ne peut pas forcer un maire de ville ou de village à utiliser les plateformes ou un citoyen à être actif dans sa ville. Sauf que ...nous dit Floris Voorink, City of Hilversum (Pays Bas) "décider "d'en haut" et sans consultation, ça ne marche plus! A la moindre décision, vous risquez d'avoir tout un groupe de citoyens qui proteste! Vous devez donc trouver un moyen de les faire participer!"

L'engagement citoyen est devenu une nécessité mais être un citoyen actif suppose un certain nombre de pré-requis, pas toujours partagés par le plus grand nombre. On ne peut plus parler de “fracture numérique” au sens informatique du terme, il est aujourd'hui facile et bon marché d'être connecté. Les associations locales, le réseau existant des EPN (Espaces Publiques Numériques), les tiers-lieux son là pour acculturer à la pratique d'Internet. Oui, mais il ne s'agit plus seulement de pratiquer le “numérique”, mais d'être immergé dans un monde global digital L'outillage n'est plus le même. Avoir un smartphone ne signifie pas savoir s'en servir pour communiquer et se relier en tant que citoyen à sa ville. Car la panoplie du citoyen est considérablement “augmentée” : savoir utiliser les applis, la vidéo, what's app ou snapchat, les facebook live, skype, s'y retrouver dans l'univers des APIS, réserver un hotel, un appartement, un billet de train. On peut imaginer -mais une étude a-t-elle été faite – qu'une partie de la population est aguerrie, quelque soit son âge, car les seniors ne sont pas en reste, mais les autres? L'échange se limite au texto individuel de base?

Darwin (Bordeaux) est un exemple de création bottom up d'une synergie dans la ville. Adopté et occupé par les habitants, il est difficile aujourd'hui de le remettre en cause pour un projet top down de plan d'urbanisme officiel conçu bien avant. Le temps de la technocratie entre la décision et la mise en œuvre ne peut rivaliser avec les nouvelles valeurs de la société civile : réactif, créatif, ephémére, mobile, adaptable.

Après le film DEMAIN de Cyril Dion et Mélanie Laurent, le documentaire "PRINTEMPS CITOYEN "vous emmène à la rencontre de personnes qui un peu partout sur la planète s'efforcent de ré-imaginer et d'améliorer nos systèmes politiques. Dans cette quête de changement la ville devient un terrain privilégié pour expérimenter de nouvelles pratiques démocratiques.” et un débat suit comment les citoyens peuvent-ils se réapproprier leurs villes? Au-delà d'un gadget participatif, comment porter les Civic Tech à l'étape d'après ?

Antonin Léonard (à droite)  et un chapeau OuiShare Fest 2017 pensent déjà à l'étape d'après

L'étape d'après?

Is France the place to set up your creative business? “ Pub dans le New York Times, rendez-vous annuel à Las Vegas, l'état s'est emparé de l'innovation et du numérique et la French Tech est devenu un label. Mais clairement c'est la société civile et les entrepreneurs privés qui mènent la danse du Futur aujourd'hui. Des Peter Thiel, des Elon Musk, existent en Europe et il faut les soutenir plutôt que réinventer des structures étatiques qui seront de toute façon en retard. On peut citer Faut-il imposer la mise à jour de nos administrations trop frileuses face au numérique? Pas de “top down” préconise Xavier Damman , CEO d'Open Collective co-fondé avec Pia Mancini. “Ne perdons pas de temps à convaincre ceux qui n'ont toujours rien compris, il y a suffisamment de gens dans le monde qui veulent changer et innover, identifions les obstacles qu'ils rencontrent et soutenons les.”Et les obstacles restent nombreux : l'écart entre riches et pauvres, la frilosité et l'archaïsme des institutions, le manque de curiosité des médias classiques qui se cantonnent confortablement dans l'ancien monde et font défiler “toujours les mêmes”.
Le thème de la justice sociale était abordé sous de multiples angles « Grands ensembles: comment sortir de 'l'erreur collective » réunissait sous la tente urbanistes, architectes, associations
Fatima Idhammou,  Sarcelloscope, Layla Zanifi,, L'ATELIER D'EDGAR, Arthur de Grave et bien d'autres parmi les participants..Taoufik Vallipuram de OuiShare qui co-modérait a animé un grand nombre de conférences et élaboré des évènements prospectifs dont le Forum Demain Habiter en Partage (Habitat groupé, coopératif, multigénérationnel, espaces partagés, co-living). De nombreuses initiatives interrogent la place du collectif dans le logement. Furent cités Levi-Strauss par Arthur de Grave et Julien Talpin, Community organizing : De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis de et Sylvie Tissot L’État et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique ».Nous avons des chercheurs, sachons nous inspirer de leurs analyses, et des réflexions pertinentes émises par un public averti. Des expressions comme « politique de la ville » ou « le vivre ensemble » ont fait leur temps et nombre de concepts de « l'ancien monde » ont prouvé leur inefficacité.
La colère contre l'establishment risque de prendre des formes bien plus violentes que le Brexit ou le rejet des partis politiques classiques. Aux mêmes dates que Le Fest se déroulait à Hambourg en Allemagne des manifestations contre le G20, voitures et vitrines saccagées, les affrontements entre les manifestants anti-G20 et les forces de l’ordre continuent à se dérouler non stop dans la nuit de jeudi soir.

OuiShare sur Instagram #ouishare

L'identité OuiShare

Se pose la question de l'identité de OuiShare. Quel positionnement futur? OuiShare, c'est un état d'esprit, oasis de civilité et de partage, OuiShare Fest, un moment de grâce. Comment le prolonger? Lamarque OuiShare a su s'internationaliser avec des événements à Barcelone, en Amérique latine, un réseau de 20 villes, une'équipe de 80 connecteurs dans le monde rodée à l'organisationnel, sans compter les milliers de fans connectés. Cette année OuiShare s'est approché des missions d'un organisme de formation en outillant les participants avec les masterclass. J'imagine OuiShare en CapGemini du Futur, en consultant de l’Éducation nationale ou du Ministère du Travail. Ce Think Tank du nouveau monde, quel bénéfice pour nos institutions encore trop souvent démarchées par des entreprises de "l'ancien monde"! L’évangélisation est toujours dans l'ADN de OuiShare qui prouve une fois de plus sa capacité à capter les nouvelles valeurs et à renouveler ses dispositifs. Oui, mais qu'en faire, comment les disséminer et les partager? Avoir une vision d'ensemble du projet n'est pas si facile malgré les données ouvertes et le travail considérable de l'équipe. OuiShare se veut modeste, responsable, et l'est, et prône les valeurs d'open source http://opensource.ouishare.net/ mais de façon ...aristocratique, ce qui est une valeur ajoutée, mais risque de déconcerter des organisations et les services publics moins sophistiqués. On sort de OuiShareFest galvanisé, mais l'effet risque d'être de courte durée s'il n'est pas relayé tout au long de l'année et par un changement d'échelle significatif en 2018 – laissons un peu de temps. 2018: IMPACT!

Et on quitte les bords du canal de l'Ourcq et la sympathique fiesta brésilienne et tous ces gens qu'on aime bien un peu frustré : la profusion de propositions nuit un peu à l'appropriation.Less is more. Un peu moins d'intervenants et un peu moins de redondance entre sessions? Un peu plus d'espace de synthèse et d'échanges où on réunirait les attendees participants à une même session pour savoir ce qu'ils en ont retenu et ce qu'ils vont pouvoir mettre en pratique dans leur vie? En théorie, c'est prévu dans le programme, mais pas vraiment matérialisé. Trop de soleil, peut-être, sur les Magasins Généraux. L'application Sched utilisée pendant les Fest le permet et OuiShare la maîtrise parfaitement. Les connexions existent - en théorie, et d'ailleurs sont effectives, je suis sûre que comme moi les participants suivent maintenant sur twitter les intervenants qu'ils ont apprécié, et et les liens qui sont pertinents pour leur activité. Ce que je retire de OuiShare cette année : l'envie de me plonger dans les vidéos, ce que je ne fais jamais. Parce que j'ai entrevu des micro-solutions dans tous les domaines qui touchent de près ma vie, manger, habiter, se connecter, communiquer, aider les collectifs que je soutiens à gérer leur-plateforme, et que j'ai envie d'approfondir et de partager . Nous avons glané à OuiShare fest 2017 une panoplie d'outils pour le nouveau monde, il faut entretenir la flamme. Une suggestion assez simple à réaliser : un Best of de OuishareFest avant la fin de l'année avec projection des vidéos et un débat. Formule un peu classique mais on peut y ajouter danses sacrées, méditation etmindfull business, ce dont nous avons tous besoin.

                                                                                                                                                                               Janique Laudouar

Bye bye OuiShare Fest Paris, rendez-vous 19 au 21 novembre à Barcelone  http://bcn.ouisharefest.com/





dimanche, juillet 2 2017

Pourquoi nous aimons OuiShare Fest 2017

                                               OuiShare Fest 2017

Courageux

Parce que c'est courageux d'organiser un événement et de s'assurer qu'il va continuer à se distinguer des autres. Toujours en avance, parfois à rebours, et à coup sûr excitant OuiShare Fest 2017 ne décevra pas. Villes de tous les pays, unissez-vous! Parce que miser sur les villes et sur leurs habitants, c'est une piste durable, et que nous avons besoin d'exemples concrets et aussi de concepts et d'outils pour nous organiser au-delà des états nations. A signaler Michel Bauwens P2P Fondation vient de publier sa cartographie de la Ville de Gand que nous avions annoncé dans un précédent article – en attente de la traduction en anglais. Les villes de Barcelone, Detroit, New York, entre autres, seront présentes. Le pouvoir et l'empowerment sont toujours d'actualité. Ancien pouvoir contre Nouveau pouvoir modéré par Arthur de Grave : « Le concept de “nouveau pouvoir” a été cite par CNN comme l’une des dix idées qui peuvent changer le monde. » Pouvoir collectif (Day 1 Regaining collective power from the bottom-up), les plateformes (Day 2 , Rethinking our cities as platforms), les villes connectées (Day 3 Building global urban networks).

Nouveau lieu, Les Magasins Généraux à Pantin, nouvelle ouverture au public : le OuiShare Fest ouvre ses portes jusqu'à 22h00 TOUS les soirs et l'entrée est libre à partir de 18h00.

Happy

Parce qu'être connecté nous rend heureux et même en meilleure santé quand nous savons utiliser nos réseaux. C'est le titre d'une session mercredi 5 juillet 16h 17  Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même .Miriam Notten is managing consultant La Red, Delft, Pays Bas et Paola Tubaro, chercheuse au CNRS qui travaille sur les liens noués pendant le fest. https://databigandsmall.com/ « Nos amis dévoilent un vrai trésor de ressources qui aurait pu rester invisible ou inaccessible ». Vrai, nous ne mesurons sans doute pas assez à quel point les réseaux sociaux sont devenus une source première d'information. On travaillera sur vos réseaux, comment les améliorer et l'outil utilisé sera “Networking Wishlist”


International

Parce que pour cause d'élections présidentielles et législatives nous sommes un peu englués dans le franco-française que OuiShare Fest 2017 continue à nous dé-formater, parce que vraiment international. La gouvernance des villes collaboratives : une étude de cas comparative de neuf villes européennes  mercredi de 15h à 19h45 et pendant les 3 jours mené par Lies van den Eijnden, chercheuse Sharing Cities, ShareNL Pays Bas.https://sharingcitiesalliance.com.« La stratégie de Barcelone pour la souveraineté numérique: construire la ville en réseau à partir d'un rassemblement de citoyens » Quelle est la stratégie digitale de Barcelone ? Comment la technologie peut-elle conduire à une plus grande participation aux procédés démocratiques ? Cette session se penchera sur la stratégie de Barcelona Ville Rebelle, qui réfléchit au droit à la smart city et à une transformation numérique durable, participative et efficiente. Francesca Bria, Vice-president, innovation at city of Barcelona.

Humain

On aime OuiShare parce que la dimension humaine est présente sur place, et aussi parce que les thèmes abordés n'oublient jamais les avancées dans l'humain. Un exemple ? Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional. «  Au-delà de la consommation, de plus en plus de gens participent à des activités de production ou de distribution: jardins communautaires, coopératives alimentaires, groupes d'achats, fermes urbaines. La culture du Do It Yourself pénètre dans le secteur alimentaire, ouvrant la voie à l'émergence d'une nouvelle culture alimentaire. La table ronde explorera l'interaction entre les politiques alimentaires et les initiatives citoyennes dans leur capacité à susciter la souveraineté alimentaire et à assurer la résilience du système alimentaire. » modéré par Myriam Bouré, Entrepreneur, Open Food France, Daniel Wathelet Président, International Urban Food Network, Jeudi 6 juillet 16:20 – 17:30.

L'actualité sur la problématique du travail « Peut-on encore fonder notre société sur le travail ? Ou au contraire, faut-il inscrire le droit à la paresse dans la constitution ? » speaker entre autres Arthur de Grave journaliste et editeur de Ouishare Magazine, mercredi 5, 18h 15 19h 45.

Tech mais pas trop

Parce que maintenant que tout le monde presque est connecté, l'accent sur le numérique prend des tournures plus précises de service au citoyen comme  Un laboratoire d'avenir permanent : la technologie pour les citoyens  qui a lieu pendant les trois jours mené par Samir Lahiri et Jurjen de Vries Permanent Future Lab. Ou encore modéré par Benjamin Tincq co-fondateur de Ouishare, Des écosystèmes d'entrepreneurs dans les villes: dépasser le modèle de la Silicon Valley.  Ce n'est plus le passage obligé des tech entrepreneurs et d'ailleurs le New York Times a consacré une page aux French Star-ups. «La Silicon Valley n'est plus le seul modèle d'innovation, de création d'emplois et d'impact local. Au fur et à mesure que les communautés de start-ups apparaissent dans toutes les grandes villes du monde, cette session explorera ce qui crée un bon écosystème entrepreneurial et comment construire et en nourrir un dans votre ville. » Nicolas Colin de The Family fera partie des speakers.  Et encore : dans une master class de 9 h à 14 h le 6 juillet tout sur les API au service de la sharing economy (B to B), design, architecture, management.

Ateliers

Parce que OuiShare est une occasion de mettre à jour ses compétences. Des ateliers comme Sharitories :Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes. Mais on peut dire aussi que pour une somme assez modique qui commence avec des tickets à 50 euros pour les free-lance et les étudiants, OuiShare "permanent beta" est un atelier de 3 jours non stop qui se clôture par un carnaval brésilien et beaucoup d'étoiles dans la tête...

                                                                                                                                                                                                 Janique Laudouar

Les Magasins généraux,  1, rue de l’Ancien Canal, 93500 Pantin

METRO : Eglise de Pantin

mercredi, mai 31 2017

Business Storm and Festa June in Lisbon

Source image : http://lisboanarua.com/

Why Lisbon?

But why is everybody rushing to Lisbon? Not only because of the sunny weather, or the price of life which did not raise when euro started : the price of the bica, expresso is still less than one euro, 70 cents, as in France it is closer to 1 euro 50 - the lowest price - up to 3 or 4 euros. Not only because portuguese people are nice AND efficient and smiling. Portugal is dynamic and has understood many things about the art of living in the 21st century. When other countries are still fighting to desperately try to keep the old world alive, Portugal seems to have entered innovation and a healthier way of living in the most natural way. Creativity is booming in food. Try Descobre Restaurante  and their special Bacalau and Leite Creme de Laranja in Belem. Local tascas allow locals to eat plenty, a whole lunch for 10 euros, marescos and peixe. While France is making comments about Brigitte Macron's skirt, portuguese TV is busy making sure young people eat fruits. There is a concern for alternative education and more qualified cursus for industry and tehnical jobs. Pope Francois and Fatima and saudade and tradition are still srong. Lisboa Festa,  Santo António, muito venerado, is coming in June. Start-ups and young entrepreneurs seem to create exciting events as well such as The Business Storm.

The Business Storm Cascais

"The Business Storm is a world famous, new-millennium, unique business event format that aims to disrupt the business world." A rendez-vous designed for start-ups to optimize their process. “Portugal is a top destination to create, test, fail fast and try again” says StartUP Portugal.“Viable’s mission is to reduce that entrepreneurship failure rate!”. A new partner, inspiring Business incubator : Startup Lisboa. A dozen French coworkers from Officience in Paris decided to join in a work trip in Lisboa and Cascais, an “offytrip”.such as http://somanyways.org, / ,  And they have a look at Cascais where the event is taking place June 1 st. They will for sure speak about the new ways of working of the younger generation and the way to re-think jobs. We'll give you news.

https://medium.com/scribe/il-est-temps-de-repenser-notre-mani%C3%A8re-de-travailler-9071170ca485

http://lisbon.business-storm.com

Casa das Histórias Paula Rego Avenida da República, 300
2750-475 Cascais

Custo: 99,00€ | 269,00€
Horário: 1 junho das 8h00 às 19h00 | 2 junho das 9h00 às 16h00
Inscrições e Insformações: a decorrer até à data do evento | 967 261 334 | maia.pedro@business-storm.com | htpps://goo.gl/wPgU2p
Organização: Business Storm Global
http://lisbon.business-storm.com/#register

mercredi, avril 19 2017

Avec #MaVoix33 au marché de Talence

"MaVoix33 Bordeaux Circo 3

“Le week-end avant les élections, ils vont tous être la!” C'est vrai, les militants des partis classiques sont là. Ce dimanche sur le marche de Talence, comme la veille sur le marche de Bègles #MaVoix est là aussi avec l'affiche miroir et son slogan spécial Bordeaux “Votez pour vous!”

C'est sur cette 3eme “circo” de Bordeaux que les candidat(e)s se présentent. Florence, de Villenave-d'Ornon hésite encore. S'inscrire comme l'ont fait plus de 285 candidats #MaVoix en France c'est facile.Un formulaire en ligne. S'organiser pour faire campagne pour les élections législatives demande réflexion. L'objectif de #MaVoix est maintenant bien connu de ceux qui s'intéressent de prés au renouveau de la démocratie. “Pour la 1ère fois dans le monde peut-être, des simples citoyennes et citoyens, auto-géré.e.s, s’inviteront à la table des décisions, ayant conquis des sièges dans un parlement, leur permettant de décider directement sur quelques sièges gagnés leurs décisions.” peut-on lire sur Facebook. Atteindre l'objectif de 20 000 votes a Bordeaux et aux alentours est un challenge porté avec conviction par l'équipe bordelaise.

Sur le marché de Talence (33)

Une première dame âgée et avenante est accostée par David. Elle approuve notre démarche et va même plus loin “ ces vieux sénateurs, pourquoi en a-t-on encore besoin, ça nous coute cher!” et “ces députés, a quoi ça sert?”. Comme beaucoup d'autres elle hésite a voter pour des candidats citoyens inconnus “jeunes, qui n'ont pas d'expérience, est-ce qu'ils seront capables d'être députés?”.                                    David en pleine discussion

Pourtant Madame, vous-même semblez avoir les idées claires ! Et nous lui expliquons le principe : des députés citoyens formés sur notre Mooc, accompagnes par l'équipe, ayant a disposition tout le réseau de compétence du collectif #MaVoix. Le déluge législatif des dernières années laisse un gout amer : lois dont les décrets d'application ne sont jamais parus, lois inapplicables, lois inutiles ou combattues, le bilan est loin d'être satisfaisant et le pari de faire mieux dans l'intérêt de tous semble séduire : la soif de changement est palpable en ce Lundi de Pâques,

Pas facile de nouer le dialogue avec tous ceux qui, sans doute lassés de l'infernal débat sur les présidentielles, passent leur chemin. L'idée que les citoyens sont en capacité d'agir pour l'intérêt général ne va pas de soi. L'habitude de s'en référer a plus éduqué et surtout “mieux placé” ou “haut placé a la vie dure. Plus loin c'est un socialiste pur et dur “Votez pour Benoit Hamon pour changer de système”. Aux élections législatives, il votera pour un élu local “Moi, j'ai besoin de connaitre ceux pour qui je vais voter, de savoir ce qu'ils valent” Le hashtag de #MaVoix perturbe parfois “J'ai pas envie que ça se passe sur twitter, Internet c'est bien, mais moi je veux les connaitre, je veux leur parler”. #MaVoix a toujours été en faveur des rencontres “dans la vraie vie” comme méthode de travail, même si des réunions régulières ont lieu en ligne via deshangouts. Mais pour cet habitué de la politique locale, avoir quelqu'un de local, et de bien identifie est essentiel. “Comment garantir que le députe #MaVoix ne subira pas de pression? Réponse : l'engagement moral des députes sera très fort. Il sera connu de dizaines, centaines de personnes du mouvement. La “réputation” est une garantie.

Le députe #MaVoix un élu national, pourquoi?

Aller sur les marchés, être a l'écoute des arguments, voila qui est tout a fait dans la ligne expérimentale de #MaVoix. Du coup nous nous posons des questions pragmatiques liées au tirage au sort : un élu local? Et Florence, candidate potentielle, s'interroge : comment vais-je faire campagne pour me faire élire? Face aux moyens des partis classiques, #MaVoix compte sur le bénévolat et un maximum de dons grâce à la défiscalisation, ça a très bien fonctionné lors des élections partielles de Strasbourg. Après débat sur le forum, il a été conclu que le tirage au sort serait national, avec la possibilité toutefois pour chaque groupe local, de faire le choix d'un tirage au sort local. Le 6 mai il y a un tirage national très organisé a Paris, qui se déroulera sous l'égide d'un officier assermenté et désignera les candidat·e·s #MAVOIX qui seront présentés dans une cinquantaine de circonscriptions lors des législatives des 11 & 18 juin 2017. Le 18 avril l'équipe parisienne se réunissait aux Grands Voisins (voir ci-dessous) pour en préparer la logistique et répondre aux dernières questions.

Mais en région, on ne change pas les habitudes ancrées aussi facilement et l'argument d'un vote en faveur du député qui connait son territoire reste prégnant et a prendre en compte. L'idée d'un événement a fort impact local est émise. L'idée aussi que le candidat députe ne doit pas forcement habiter la circonscription, mais doit pourvoir s'y rendre en mois d'une heure de voiture. “C'est l'équipe locale qui fait vivre la démocratie" répond Jeff sur le Forum #Ma Voix, "il n'y a pas que l'élu.”

Organiser le changement

Sur le marche les militants des partis classiques se montrent intéressés. Au retour je suis raccompagnée dans Bordeaux par Olivier, que j'ai rencontré un paquet de tracts Fillon a la main. Entrepreneur industriel, père de 5 enfants, et militant de droite, il nous félicite pour notre démarche “originale” qui correspond a un vrai besoin de renouveler la politique. Non adhérent, c'est un militant ponctuel de droite. “Le système ne peut plus continuer comme avant.Les primaires ouvertes ont échappe aux partis. Ce sont les militants qui ont choisi. Et de préférence un outsider” Pour lui aussi la consultation permanente lui semble essentielle “Il faut que les gens puissent donner leur avis en amont, avant de formaliser une loi”. Olivier restera en contact avec #Mavoix et est convaincu “qu'il vaut mieux organiser le changement que le subir”.

                                                                                                                                        Janique Laudouar

TAS Le tirage au sort de #MaVoix aura lieu le 6 mai à Paris "Les Grand Voisins" 82 avenue Denfert-Rochereau 75014. Bénévoles demandés la veille le 5 mai.

DONS : n'oubliez pas que si vous faites un don à #MaVoix pour la campagne électorale, il est défiscalisé et vous recevrez une attestation pour votre déclaration d'impôts.

S'inscrire comme député : jusqu'au 25 avril : https://candidature.mavoix.info/

S'inscrire sur le Forum #MaVoix pour tout savoir sur la campagne électorale : https://forum.mavoix.info/

jeudi, mars 30 2017

La Discut' : soirée citoyenne à Préaux-du-Perche

         La Discut', tirage au sort des tables au Relais-Saint-Germain, Preaux-du-Perche

“Quand et comment écrivez-vous ? ”Je pose la question à Patrick Bard, photographe et auteur, accompagné de Marie-Berthe, photographe également venus à La Discut' au restaurant Relais-Saint-Germain à Préaux du Perche (Orne 61). Réponse :“Le matin tôt” “Comme Balzac, à 4 heures du matin”? Réponse : “Il faut écrire tous les jours, même quand on n'en a pas envie” C'est le secret de presque tous les écrivains.


Écrire, c'est ce que tous les participants ont fait pendant cette soirée placée sous le haut patronage d'Aristote et de son essai toujours actuel “Politique”. Objectif, “mutualiser la curiosité”, « susciter la discussion” « s'approprier la chose publique » en posant des questions autour des programmes des candidats à la présidentielle, tous partis confondus. Lire des extraits des programmes sans nommer qui est le candidat et essayer d'en dégager le sens et les ouvertures possibles. Tapas et apéro. Géraldine et Franck sont aux manettes de ce restaurant face à l’Église de Préaux, qui fait partie de ceux qui ont du succès dans le Perche. Ils ont su animer le lieu en proposant des soirées à thème, littéraires ou musicales

«Mutualiserla curiosité »

Règle du jeu de la soirée La Discut' : “la bienveillance et les réglés de savoir vivre”, “s’écouter les uns les autres”, “ne pas se juger” et des dispositifs inventifs issus de l'éducation populaire. On tire au sort sa table. Je dois me séparer de Fabrice Deschamps avec qui je suis venue, qui a fondé le Cercle du Pays Nogentais ; à côté de lui Ecopertica, qui a popularisé l'usage du chanvre comme isolant dans le Perche .Puis “présentations croisées”, chacun demandant à son voisin de gauche “Qu'est-ce que tu es venu faire là ce soir?” Ma blonde voisine se nomme Martine, et revient d'un voyage d'hiver, Asie, entre autres, et elle a envie de s'informer sur ce qui se passe en France. La politique? Après avoir envisagé le vote blanc, elle est comme beaucoup de français et ne sait toujours pas pourquoi elle va voter. En tout cas, “je ne voterai pas “utile”, ça non, on ne m'y reprendra plus, plus jamais!”. Nous sommes d'accord! Salomé fait partie des animatrice de la soirée. Chloé est venue discuter. Cécile espère être étonnée.

Celui qui nous surprend, c'est Thierry, qui habite Préaux et est plus connu comme chanteur sous un autre nom. D'abord il nous la joue sceptique et détaché “je suis venu boire une petite bière” et “je reste deux minutes pour voir”. Et peu à peu on découvre : “je m’intéresse a la politique depuis toujours”. Et son diagnostic est très clair, il y a maintenant deux France qui se côtoient, “Une France qui est déjà là, active, qui assiste à l'agonie d'une France archaïque, antédiluvienne”. “Il y a une prise de conscience, on sait maintenant que les gens en politique sont des gestionnaires ce ne sont pas des politiques”. En tout cas pas au sens d'Aristote. Et puis, dans une envolée lyrique, Thierry se lance dans une métaphore, celle “du promeneur qui se trouve devant un arbre qui tombe mais moi, je vois les mille arbres qui poussent sans avoir conscience qu'ils sont déjà une forêt”. Oui, mais cette France qui pousse, pèse-t-elle vraiment face à la France “verticale” qui fonctionne toujours du Haut vers le bas? Est-ce que toutes ces initiatives des français “agiles” et actifs vont arriver à former un réseau? “Le réseau”, nous dit Thierry, “il va s'auto-créer, il ne faut surtout pas fabriquer des réseaux factices.”

Quelles propositions dans les programmes ?

Et puis nous passons à l'exercice pratique de la lecture des propositions par thématique. Économie et travail. Tollé général ! Découpées en tranche les propositions nous apparaissent comme imprécises, “Davantage”, nous dit Salomé “des prises de positions”. De simples “constats” , de la “langue de bois”. “La dictature financière”? Lola “ceux qui ont le pouvoir sont aussi en liaison avec l'argent, la finance joue un rôle énorme, avantager le fric c'est ça, le pouvoir” La proposition de dégressivité des allocations et de leur suppression en cas de second refus d'un emploi? “Mais ça existe déjà!” “Le travail est-ce qu'on se pose la question sur ce qu'est le travail aujourd'hui?” Anne nous raconte l'histoire de cette femme, radiée avec son fils, car elle n'a pas d'ordinateur pour actualiser sa situation en ligne. Oui, mais parfaitement rodée au système, elle sait que ses allocations lui reviendront le mois d'après. Où est la logique? Lola nous recommande un film « Moi Daniel Blake. Santé, éducation, légalisation du cannabis, tous les sujets y passent. Puis peu à peu la table 1 fait des propositions innovantes, à la fois plus audacieuses et réalistes que les programmes des candidats.

Dehors, c'est le printemps, il fait bon, Franck nous parle de son rêve de désert, la Mongolie. « ne rien faire », « ne plus penser ». A chacun son utopie. A une autre table, on discute avec Élise des propositions de loi sur les semences et l'accès à l'eau. Et une fois de plus on s'aperçoit que les habitants d'un territoire sont souvent parfaitement informés, et donc mûrs pour participer à l'élaboration de la loi. Une conclusion ludique nous dévoile le nom des candidats attaché à chaque proposition.

A quand la prochaine réunion ?

On attend le compte-rendu de cette rencontre conviviale et citoyenne les propositions d'une prochaine réunion tournent autour de “la démocratie directe” et la présentation des collectifs citoyens hors parti comme #MaVoix. C'est sûr que tous sont convaincus qu'il va falloir trouver autre chose que la démocratie représentative avec un élu qui les représente sans les consulter pendant 5 ans. La participation citoyenne à la gouvernance est devenue une dimension nouvelle dont les candidats sont obligés de tenir compte.         Janique Laudouar

Alors, à la prochaine pour discuter de la démocratie et de la participation des citoyens ..;

                                                                                                                      

lundi, mars 13 2017

Mobilité citoyenne

#MaVoix, le formulaire de candidature est en ligne(lire ci-dessous), plus d'une centaine de citoyenn(e)s ont répondu à #Distuveuxbienêtremadéputée

Partout en France les actions citoyennes se multiplient à l'approche des élections législatives et présidentielles. Rapidement, quelques rendez-vous où vous pouvez participer ou créez votre propre événement. Une fois de plus on ne peut que constater que les applications et les plate-formes numériques offrent une possibilité inédite d'intégration des propositions citoyennes jusqu'à présent sous-exploitée par les partis politiques, même si certains commencent à percevoir positivement l'agilité citoyenne au lieu de s'en inquiéter.
Janique Laudouar

L'autre Débat : porter la voix des citoyens, un Facebook live

L'Autre débat : la présidentielle ouverte par la Civic Tech Les initiatives pour faire connaître la volonté citoyenne se multiplient : ce jour lundi 13 mars à 20 heures, en direct sur Facebook Live, les candidats les moins visibles sont invités à débattre face à des millions de Français.

Voxe.org, Stig, Accropolis, Change.org et GOV unissent leurs voix pour porter celles des citoyens et faire parvenir leurs questions aux candidats à l’élection présidentielle. Au cours de ce débat de 2 heures qui pourra rassembler plus d’un million de Français, Laura Rouaux (Voxe.org) et Jean Massiet (Accropolis) interrogeront les candidats sur les propositions et les questions des citoyens remontées en amont et pendant l’émission.

Pour en savoir plus : www.voxe.org/lautre-debat

"Je suis citoyenne indignée mais pas résignée"#MaVoix

« Je suis citoyenne indignée mais pas résignée. Je me porte volontaire pour devenir députée. Je VEUX que cette expérience /expérimentation soit durable et pérenne." (...)  Je fais le choix de l'action. Je choisis de désobéir à l'establishment qui voudrait que l'on continue d'être de doux électeurs, esclaves modernes. »

Céline Marseille (13008)

Après des mois de travail collaboratif continu autour de l'objectif « hacker l'Assemblée citoyenne », #MaVoix met en ligne un formulaire de candidature https://candidature.mavoix.info/

#Distuveuxbienêtremadéputée Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 25 avril à minuit.

La Primaire.org : parrainez !

Pour que Charlotte Marchandise, élue démocratiquement, obtienne les parrainages nécessaires, « le moyen le plus efficace pour atteindre un(e) élu(e) cela reste la lettre manuscrite personnalisée ». Pour faciliter la tâche La Primaire propose un formulaire destiné à recueillir les parrainages des élus

https://charlotte-marchandise.fr/parrainages-elu-e-s/

Tournée citoyenne et démocratie permanente

La tournée citoyenne continue dans le département de l'Eure-et-Loir. J'ai suivi l'un des rendez-vous de la Tournée Citoyenne intiée par Territoires Hautement Citoyens. Accueilli par le maire Victor Provot à Thiron Gardais et Armel Le Coz et Enora Démocratie Ouverte. Autour du buffet local raffiné de Fantine, nous étions une conviés à discuter autour de la question suivante : « À quoi devrait ressembler la démocratie permanente dans la région d’ici 2 ou 3 ans ? ». Présent un élu pas comme les autres, Charles Fournier, vice-Président de la Région Centre qui a tout compris de l'indignation citoyenne mais aussi de la capacité des citoyens à être force de propositions dans les territoires.

"Vers des territoires collaboratifs", Bretagne

L’économie collaborative ne s'essouffle pas elle se diversifie nous dit http://www.territoires-collaboratifs.net/ Au terme d'un travail (projet Domno) sur 4 territoires en Bretagne et 44 une rencontre les 29 et 30 mars Rennes "vers des territoires collaboratifs" permettra de faire un point sur ces initiatives collaboratives sur les territoires locaux.

Warn : nous sommes prêts !

Participe à une soirée démocratique !La première se tiendra le 22 mars au SenseSpace à Paris. Il y en aura d'autres en région. Le Warn a repéré et agrégé les initiatives citoyennes. « Le #WARN! c’est quoi ? Nous sommes des acteur.ices du changement qui voulons apporter des réponses concrètes aux défis actuels – emploi, santé, environnement… » #nousendemocratie « Nous nous rejoindrons pour découvrir ces alternatives et partager avec leurs porteurs-ses de projets autour d’un forum participatif. Le temps d’une soirée, projetons dans la démocratie que nous cherchons à instaurer… » http://wearereadynow.net/

Hackathons, meetups, workshops.

Depuis le printemps 2016, Open Source Politics http://www.opensourcepolitics.eu/ est une entreprise relevant du champ de l’économie sociale et solidaire, si vous voulez de l'accompagnement pour vos projets de participation citoyenne, il est là « Hackathons, meetups, workshops... Nous concrétisons votre démarche participative grâce à des événements physiques. »

Le printemps citoyen

Encore Kawaa ! Des débats, des rencontres, des ateliers du 21 mars au 5 avril 2017, http://www.printempscitoyen.fr/

Osons Les Jours Heureux !

Prochaine rencontre : Du 24 au 26 mars à l’ancien Monastère de Sainte-Croix dans la Drôme.

Un objectif important du séminaire de Die est de définir le pilotage du mouvement #LesJoursHeureux.

mardi, janvier 24 2017

Expérimentations démocratiques

L'actualité nationale et internationale récente le prouve : les résultats des élections ne sont plus ceux qui sont attendus. Vrai pour les États-Unis, vrai pour la France. Un raison supplémentaire pour s'intéresser aux nouvelles formes de la démocratie. C'est ce que propose le colloque du GIS (Groupement d'Intérêt Scientifique) Démocratie et Participation, Les expérimentations démocratiques aujourd’hui : convergences, fragmentations, portées politiques les 26, 27, 28 Janvier 2017 à la MSH Paris-Nord (Saint-Denis). Les inscriptions sont closes, preuve de l'intérêt manifesté. Preuve aussi de son actualité en cette année électorale   Janique Laudouar

«Des jardins partagés aux sciences participatives, des Civic tech à l’économie sociale et solidaire, des fablabs aux mouvements des places, l’objectif du colloque est de dresser une cartographie des multiples expérimentations démocratiques, d’établir des liens conceptuels éclairant les dynamiques en cours » Et pour conclure la synthèse du colloque donnera lieu à un manifeste « Demain la démocratie,un Manifeste pour l'orientation du Gis Démocratie et Participation ».

Que la recherche ait « l’ambition d’interroger leurs significations politiques, leurs potentialités de transformation de l’action et de la décision publiques et, plus profondément, de renouvellement des pratiques politiques » est une bonne nouvelle. L'originalité de ce colloque est de reposer sur un dialogue entre acteurs au cœur des collectifs citoyens et des initiatives de la société civile, et chercheurs. Introduit par Loïc Blondiaux Cessp, Univ. Paris 1) et Jean-Michel Fourniau (Dest-Ifsttar et Gspr-EHESS) le jeudi 26 janvier, il s'achèvera sur la rédaction d'un Manifeste définissant les nouvelles orientations 2017-2021 du Gis Démocratie et Participation et ses modes de coopération avec les acteurs de la participation

Quel projet politique pour les civic tech ?

Jeudi 26 Agir ensemble sera le thème du premier jour. Le Blog de la Ménagère interviendra en fn de matinée dans l'atelier animé par Clément Mabi (Costech, Univ. Compiègne)Lucie Anizon et David Prothais (Institut de la concertation et de la participation citoyenne) avec Réflexion sur la diversité des projets politiques incarnés dans des « civic tech » avec :

  • Elisa Lewis (Démocratie Ouverte)
  • Janique Laudouar (Le blog de la ménagère)
  • Valentin Chaput (Open Democracy Now / Democracy OS)
  • Nicolas Patte (Cap Collectif)

Quel projet politique pour les civic tech ? "L'objectif central de l'atelier est de mettre en discussion l'idée qu'il n'y pas "une" mais "des" Civic Tech" avec différents rapports à la démocratie, différents modèles de participation "embarqués" dans les outils." précise Clément Mabi. Depuis longtemps Le Blog de la Ménagère observe les avancées de la société civile en économie comme en politique, et en particulier la démocratie vue par les citoyens. Aujourd’hui'hui des collectifs, des mouvements, des associations ont pour objectif un renouvellement de la démocratie dans un foisonnement enthousiaste où le bénévolat repose souvent sur de vraies compétences. Le numérique permet à moindre coût de s'inscrire dans la mouvance civic tech Les trentenaires de la civic tech sont tous hyper connectés, tout en ayant le souci d'éduquer au numérique et de ne pas laisser isolés ceux qui le sont moins.

Quelles ressources pour agir ?

Aujourd'hui, comment agir ensemble ? Des mouvements à la fois proches mais œuvrant séparément vont-ils se regrouper ? Et de quels moyens et outils disposent-ils pour le faire, dans quel objectif ?

Dans un atelier parallèle, la « Capitalisation des connaissances pour les acteurs de la participation » sera animé par Gilles Pradeau Atelier commun du Gis Démocratie et Participation et de Décider ensemble dans le cadre des 1ères Rencontres de la participation à Bordeaux

L'après-midi le thème « Pouvoir(s) » permettra de faire le point sur des mouvements qui ont bouger les lignes comme Nuit Debout, Fais ta loi, Democracy OS et Regards Citoyens : « L’expérience comme méthode démocratique », mais aussi des expériences de jardins partagés comme « la citoyenneté en actes dans les jardins partagés de Strasbourg et de Rome » (Victoria Sachsé et Sandrine Glatron (DynamE, Univ. de Strasbourg)

Vendredi 27 sera consacré aux Savoir(s), et à la redistribution « (Re) Distribuer (les places, rôles sociaux, ressources, capacités…) et en soirée «  soirée : Des Indignés aux “municipalités du changement”

Samedi 28 en matinée : (S’)Émanciper, thème introduite par Julien Talpin ( (Ceraps, Cnrs), Saillans : où en est l’expérimentation démocratique ?Atelier animé par Loïc Blondiaux. Expérimentons ensemble (présentation de projets en cours), Atelier animé par Gilles Pradeau (Gis Démocratie et participation) où interviendront entre autres Jean-Michel Knutsen (Citizens UK) : « Pratique du Broad-Based Community Organising dans l’Angleterre post-Brexit ».

Si 2016 aura été l'année de l'exploration en matière de démocratie, 2017 on l'espère sera celle du regroupement de mouvements porteurs d'un vrai changement des institutions, d'une innovation démocratique réelle fondée sur la participation des citoyens à la gouvernance.

« Le Colloque débouchera sur la rédaction d’un « Manifeste » définissant les nouvelles orientations 2017-2021 du Gis Démocratie et Participation et ses modes de coopération avec les acteurs de la participation. »

Janique Laudouar

Le programme complet du colloque peut être téléchargé sur le site de Démocratie et Participation 

mardi, janvier 17 2017

Heimtextil 2017 : Explorations

Source image : Carlin International/Exalis, Ambiance 2001 Odyssée de l'espace, vers l'inconnu...

HEIMTEXTIL 2017  :  A LA RECHERCHE DE L'INCONNU @heimtextil

Janique Laudouar

Au thème du bien-être présent en 2015 puis en 2016 a succède le thème Explorations en 2017 au salon Heimtextil (du 10 au 13 janvier 2017) Un titre qu'on devrait à l’alpiniste Italien Simone Moro : « le temps de l’exploration n’est pas fini ! »
En 2016, le thème du "bien être", relax, ralentir  ici l'installation du designer hollandais Harm Rensik massage des pieds  Photo J.L
En 2017 Explorations : à la recherche de l'inconnu...mais l'essentiel reste "faites tout avec amour"...

Explorations

Avant Davos ( ce mardi 17 janvier s’ouvre à Davos la 47e édition du Forum économique mondial) les responsables politiques devraient se rendre début janvier à Heimtextil, le plus grand salon international de textiles à Francfort (Allemagne). Une fréquentation en hausse, 70 000 visiteurs de tous les pays, la Chine en force, l'Afrique, les pays arabes, 2963 exposants venus de 67 pays, encore en hausse par rapport à l'année dernière. Ici on ne parle pas seulement de tissus et de literie, mais de tendances et d'aspirations des consommateurs, de bouleversement dans la conception du design d'hôtel, d'innovation dans les matériaux mais aussi dans les usages. Il faut pouvoir quitter son stand et se rendre auTheme Park niveau 6 où sont exposés par thématique et par couleur les tendances repérées par les agences internationales convoquées pour imaginer le futur..

"Tous ceux qui explorent les nouveaux champs des possibles pour renouveler le Retail, l’Hotellerie, le Transport et l’Habitation."

Cette année c'est Carlin, bureau de style français, qui donne le ton. Six agences internationales  oeuvrent pour le  Theme Park, avec toujours la présence incontournable de Anne-Marie Commandeur ( Fondatrice et Creative direktor Stijlinstituut Amsterdam). Le Theme Park offre un espace d'exposition, des conférences, un catalogue.  Au thème du bien-être présent en 2015 puis en 2016 succède le thème de Explorations en 2017. « Décoder le marketing » dans ses formes les plus nouvelles, plonger dans l'inconnu pour de nouvelles sensations, cerner les atmosphères attendues, prendre la posture du chercheur à l'affut du monde qui vient, telle est l'attitude adoptée par les tendanceurs. Exploration virtuelle en 3D, exploration des planètes ou de la nature et des animaux. Rien de très nouveau par rapport à 2016, où ce pistes étaient déjà présentes, sauf peut-être le mariage réussi du tissu et de la lumière grâce à de réelles innovations.

Ci-contre Malin Bobeck, designer textile et artiste, 30 ans, Suède, Stockholm

Depuis sa création nous avons eu un coup de coeur pour Glowee (France) qu'on avait déjà repéré comme une des plus prometteuses start-up française, un site inspirant et poétique. 

"Glowee, c'est la mer qui nous éclaire. Une source de lumière vivante, qui fonctionne sans consommer d'électricité, et en émettant peu de pollution lumineuse et de CO2"

La bioluminescence est à la base de cette "innovation de rupture bio-inspirée" qui utilise "les propriétés naturelles bioluminescentes d’organismes marins." De façon très concrète, cet éclairage naturel peut être utilisé pour l'habillage des vitrines la nuit.

Source image : site Glowee. Dès ce mois janvier 2017, il devrait être possible d'éclairer les vitrines de nuit par ce procédé.

Qui, en 2017, n'a pas envie de voir enfin la vie en rose ? Mon coup de coeur pour le rose

Carlin a proposé un workshop pendants le salon qui permet aux participants de s'approprier le best of du salon. Le catalogue Heimtextil est imprimé et édité chaque année. Pantone est là, bien sûr, pour rappeler que tout est dans la nuance. Pour ma part, je donne le premier prix à la couleur rose (ci-contre Kas International, Autriche), dans toutes ses gammes, du rose veille tuile au rose simili Schiaparelli et aussi aux imprimés de rose et rouge.
Janique Laudouar



Sources images : 

KAS International Autriche, Presse Heimtextil 2017, - Messe Frankfurt Exhibition GmbH / Pietro Sutera Theme Park,

Messe Frankfurt Exhibition GmbH / Jean-Luc Valentin,Messe Frankfurt Exhibition GmbH / Jochen Günther Theme Park



mardi, novembre 29 2016

Social Good Week 2016 : on participe!

Participez à la Social Good Week 2016, découvrez le programme:
http://www.socialgoodweek.com/programme/

Rejoignez le web social et solidaire et découvrez les dizaines d'événements prévus partout en France du 30.11 au 06.12.2016. "La Social Good Week, c’est une semaine d’événements partout en France pour encourager, fédérer et mettre en lumière les initiatives qui mettent le numérique au service de l’intérêt général." Propulsée par HelloAsso et tous ceux qui ont proposé des événements.   Janique Laudouar

En savoir plus : lire le manifeste.

Découvrir le programme:

Lancement 30 Novembre 18:30 · Liberté Living-Lab · Paris, Ile-de-France, QG 2016

Un programme participatif

Le 30 Novembre : de l'apprentissage du code (Ateliers d’initiation au code animés par des étudiants de la Web@cadémie ), au potager qui « se refait une beauté » à la Recyclerie dans le 18ème, en passant par une matinée de réflexion de HelloAsso et Facebook, le numérique au service de l’éducation et de la formation, et web-pratiques : coding, logiciels libres, blog et site internet, etc. la mission est remplie. le numérique au service au service de l'intérêt général, trop souvent oublié dans les programmes politiques. C'est encore la société civile et les associations qui semblent au plus au plus proche du « web social et solidaire », retour à l'éthique original de la création d'Internet et du Web,

Jusqu'au 7 décembre, entrainez-vous à devenir un citoyen agile. Plus de 80 événements au programme de la Social Good Week !

"Qui vous représente le mieux?"

C'est #MAVOIX qui ouvrira la soirée de lancement le 30 novembre 2016 au Living Lab, Paris, une présentation à 4 voix de contributrices actives  : pourquoi et comment hacker l'Assemblée nationale en 2017? La Ménagère y participe.

"#MAVOIX, c'est quoi ? C'est une expérimentation démocratique qui vise à « hacker » l'Assemblée Nationale en juin 2017, faire entrer des citoyens volontaires et tirés au sort qui relaieront les décisions des citoyens à travers une plateforme de vote électronique en logiciel libre. #MaVoix ce sont des citoyens et citoyennes qui co-construisent la gouvernance de façon organique. Pas de porte parole, pas de chef."et Action! " Nous allons lancer les appels à candidatures pour les futur.e.s député.e.s de façon imminente : oui, vous, vous ici, pourrez y participer !Nous préparons des formations pour les futur.e.s député.e.s et les citoyens acteurs des lois et nous continuons à co-construire les outils qui nous permettront d'agir une fois les députés en place, à l'Assemblée Nationale."
#MaVoix a déjà eu une expérience concrète du vote en  participant au printemps 2016  à des législatives partielles organisées à Strasbourg et obtenu 4.25% des voix, pas mal!

"Faire société – Quel sens?"La Revue du Cube n°11 lancement émission débat  le 1er décembre 19h30, pour participer 

La Ménagère participe  : "La Société du bien vivre"

Le 1er décembre lancement au Cube à Issy-les-Moulineaux en partenariat avec la Social Good Week du n° 11 de la Revue du Cube sur le thème ."Faire société, quel sens?" . la problématique énoncée par Nils Aziosmanoff, président du Cube "Quel Sens ?"  est le point de départ de contributions d'auteurs venant d'horizons divers.  "Si les infrastructures réseaux sont au cœur de la nouvelle économie, les investissements publics mobilisés posent la question de la réelle plus value sociale, citoyenne, culturelle ou éducative qu’ils produisent à l’échelle locale. Le changement n’est pas une fin en soi, il n’est qu’un outil pour agir. C’est donc bien le progrès humain issu de la révolution numérique qui est questionné."

Lancé dans le cadre de la Social Good Week le 1er décembre, avec un plateau qu'on peut suivre en direct et auquel on peut bien sûr participer, et commenter via twitter. La Ménagère a participé à ce numéro très attendu de La Revue du Cube avec un article "La société du bien vivre".
"Comment se dégage le sens dans la multitude d’initiatives et d’efforts individuels et collectifs ? C’est peu à peu, pas à pas, que le sens chemine et nous contamine. La multitude d’initiatives qui, à l’échelle planétaire, s’entrecroisent et s’échelonnent dans l’espace et dans le temps, pose un objectif commun : retrouver du sens à nos vies. Des actions qui semblent dispersées sont les pièces d’un gigantesque puzzle, le paysage d’un monde nouveau qui commence se dévoiler où l’intelligence collective et le pouvoir d’agir deviennent des réalités."

Et à propos des élections, sujet d'actualité,on retrouve Julien Letailleur, une récente rencontre avec ce candidat virtuel et fictif à la Présidence de la République, donnait lieu à des ateliers où s’ébauchait la problématique d’un État agile.

Un personnage symbolique se veut un simple porte-voix des propositions citoyennes, réunissant autour de lui des entrepreneurs du numérique, des acteurs de l'innovation publique, mais aussi tout citoyen (connecté) de bonne volonté. 


Autre aperçu des contributeurs
de La Revue du Cube :

http://cuberevue.com/category/quel-sens/perspectives-quel-sens

"Faire société – Manifeste de la Social Good Week", bien sûr,Léa Thomassin et Ismaël Le Mouël (photo ci-contre).

« Au bout des doigts le monde entier (« Empêcher que le monde se défasse ») Véronique Anger-de Friberg

Quelle sagesse, au présent et au futur, pour une humanité en mutation?  de Abdennour Bidar


http://cuberevue.com/category/quel-sens/point-de-vue-quel-sens

    Aux actes, citoyens !  Dominique Sciamma,  "Le territoire des « faiseurs » ne se limite évidemment pas qu’à celui des objets et de la matière, même si tout finit un jour par se matérialiser. La société elle-même devient l’objet de nos projets, et c’est au quotidien, et à nos échelles, que nous devons alors construire les conditions de nos relations sociales et de leur développement."

qui rejoint La Société du Bien vivre, Janique Laudouar, "Le temps est venu pour les citoyens de co-construire une société de « l’intérêt collectif et de la joie de vivre ».

«  Search for Terrestrial Intelligence – STI@home », Olivier Auber,

"L’existence de formes de vies extraterrestres intelligentes parmi les milliers de milliards de galaxies qui dansent dans l’Univers ne fait aucun doute"

D’une possible constitution intime du sens, Étienne Armand Amato..."Galopante innovation. Fabuleuse constellation d’étoiles filantes. Essaim de Réseaux tout en lumières et informations."

et deux échapées du Web Summit de Lisbonne Evénement incontournable des acteurs du numérique, le Web Summit, qui s’est tenu pour la première fois à Lisbonne (Portugal)
Le Web Summit 2016 surfe sur la vague des Social Good Tech,  Jeanne Bretécher et Flora Clodic-Tanguy

Sans oublier les «Presque Fictions » http://cuberevue.com/category/quel-sens/presque-fiction-quel-sens

Les Récifs : Le sens de la vie. (E-Th@ï- suite)

Yann Minh :  “Le sens de la vie, c’est la survie.” Portée par les spirales à 40° des flux de nanorobots, Leslie voltigeait en apesanteur dans le bain bio-modificateur qui transformait le corps parfait de grande femme guerrière qu’elle s’était choisie il y a plusieurs décennies.

Bref, vous aurez compris, la Social Good Week est faite pour VOUS, acteurs du changement et décidés à ce qu'il advienne.

Janique Laudouar


Les deux lieux cités
(mais il y en a beaucoup d'autres) :
Liberté Living Lab
https://liberte.paris/ 9 rue d’Alexandrie 75002 Paris
Le Cube : Le Cube, centre de création numérique20, Cours Saint Vincent - 92130 Issy-les-Moulineaux
Tél : 01 58 88 3000

dimanche, octobre 23 2016

#LesJoursHeureux : l'alternative citoyenne

#LesJoursHeureux conférence de presse à la Recyclerie pour la sortie du livre le 2 novembre 2016 (Actes-Sud)

“Et nous vivrons des jours heureux” Le titre est poétique, mais le livre qui parait le 2 novembre chez Actes Sud n'a rien d'utopique : un constat assez court, celui que nous faisons tous sur la nécessité d'une autre vie, d'une autre démocratie, mais surtout un livre de solutions. 100 auteurs et 120 actions. #LesJoursHeureux est un mouvement intergénérationnel “qui vise a faire advenir une société du bien vivre en actualisant le programme “Les Jours Heureux" du Conseil National de la Resistance.”  (Claude Alphandery, résistant, a contribué au programme)  Janique Laudouar

Resister et créer” : l'alternative attendue

120 mesures pour résister et créer par 100 auteurs issus de la société civile, c'est une réponse forte a ceux qui qui prétendraient qu'il n'y a “pas d'alternative” (Rappel : TINA There is no alternative, slogan attribue au Premier Ministre britannique Margaret Thatcher). Les TINA francais d'aujourd'hui vont finir par l'admettre : la société civile est riche d'expertise, de propositions. L'un des mérites du mouvement #LesJoursHeureux est d'être l'un des premiers a faire cet effort de reliance dont rêvent tous les collectifs afin de peser enfin sur la société. Sortir de l'entre soi des réseaux sociaux et même des réseaux solidaires pas toujours connus du grand public, dépasser aussi le mouvement civic tech, qui joue un rôle capital dans la transition numérique, mais qui ne peut a lui seul accomplir une révolution démocratique. #LesJoursHeureux réalisent cette transition de terrain avec la Marche commencée "le 7 octobre sur les routes de France à la rencontre de citoyen.ne.s et de résistants." Ils nous invitent a faire 700 km avec eux et nous retrouver le 5 novembre a Paris, pour un grand événement festif auquel est associé NuitDebout. et bien d'autres.

LE LIVRE

Un petit livre, un peu du même format que le livre culte “Indignez-vous!” de Stéphane Hessel, Christiane Hessel soutient d'ailleurs le mouvement et était présente. Le contenu : des propositions concrètes sur les grands enjeux l'emploi et le travail, la transition, écologique énergétique, agricole, l'éducation, le logement, la santé et la justice, traités par des experts des sujets. Ce qui conditionne tout : l'exigence d'un renouveau démocratique. Là tout le monde est d'accord, y compris les 80 % de français las de voir toujours les mêmes hommes politiques au pouvoir et si peu d'écoute des citoyens. Le livre a donne lieu a un travail éditorial professionnel assez classique, avec comité de lecture, priant les auteurs de raccourcir leur texte,

Question de la Ménagère aux auteurs : quelle méthodologie a été adoptée pour que collaborent efficacement 100 auteurs venus d'horizons différents, et comment surmonter les divergences d'opinion?

“Par l'exercice des désaccords féconds, pour reprendre l'expression de Patrick Viveret” répond , répond Thierry Salomon, ingénieur énergeticien (Negawatt), “L'objectif était d'avoir un petit livre”donc on a décidé de raccourcir les contributions, entre 3000 et 5000 signes”. Un comite éditorial s'est constitué. “ Chaque thème a eu un auteur pilote” Un exercice d'intelligence collective. En ce qui concerne la reliance, précise Fanny Charrasse, co-fondatrice et on a du relier sur le même thème des gens qui étaient opposés comme par exemple Corinne Lepage et Francois Ruffin. On a contacté les auteurs en octobre 2015.

“Quant a la reliance des réseaux, le lien avec d'autres mouvements” déclare Yvan Richard, nous avons choisi la reliance de préférence a la convergence. Dire “Venez nous rejoindre”, ca ne marche plus! Il faut d'abord se rencontrer se connaitre, respecter l'identité de l'autre et ensuite on peut parler de se relier. Ont participé, entre autres, La Belle Démocratie, Le Pouvoir citoyen en marche, Synergie Démocratique, #2017AgirEnsemble.” Les #JoursHeureux ont dans leur statuts juridiques l'organisation en cercles de compétence, la sociocratie.

40 réseaux partenaires du livre, une étape vers la reliance des collectifs. Ci-contre Sophie de NuitDebout.

La consultation des citoyens

“On aurait preferé associer les citoyens des le départ”, dit Yvan Richard, “mais  compte tenu des délais c'était plus efficace de commencer par 100 auteurs puis de soumettre à une consultation ouverte."  Avec le site, une grande consultation citoyenne va commencer autour des propositions de loi, les commenter, les ré- écrire. Ce sera possible sur la plateforme de consultation avec #2017 Agir Ensemble et l'Association des Paralysés de France.

On peut dès maintenant s'exprimer sur 9 mesures essentielles http://les-jours-heureux.fr/category/9-mesures-essentielles/.

“Cette démarche, avec sa plateforme collaborative ouverte à toutes les citoyennes et tous les citoyens, a pour ambition de co-construire des propositions qui seront présentées auprès des candidats à l’élection présidentielle et aux législatives de 2017.” “Comment faire parvenir ces propositions aux candidats à l'élection présidentielle “ est une question posée par Christiane Hessel, qui en cours d'organisation. Pas simple de poser la question du “renouvellement des institutions” à ceux qui en font partie. Les personnalités politiques seront interrogées sur les 9 mesures essentielles

Des Pyrénées à Paris, la marche des Jours Heureux  http://lesjoursheureuxlepacte.fr/marche  Source la Gazette Debout https://gazettedebout.fr/2016/09/21/pyrenees-a-paris-marche-jours-heureux/

Questions à Yvan Richard (comédien) et co-organisateur  #LesJoursheureux

Q Comment est venu l'idée de ce livre?

YR Invités par un collectif citoyen dans le Vercors, une centaine d'auteurs ont rédigé un diagnostic assortis de principes de loi dans le but de bâtir une société démocratique.

Q Quel est l'enjeu, alors que les élections présidentielles et législatives approchent?

YR Ce qui compte pour nous, ce ne sont pas les personnes, c'est le cadre qu'on va créer, c'est une stratégie à long terme de réappropriation, d'empowerment, l'enjeu, c'est changer de système. Nous allons rencontrer des élus en ce sens. Nous sommes pour que les citoyens , la société civile travaillent ensemble.

RELIANCE

La reliance des collectifs va être l'enjeu majeur des mois qui précèdent les élections. Il n'y a que peu de différence d'objectif entre "LesJoursHeureux, et, par exemple, La Primaire.org “Ici, pas de parti politique mais des citoyens engagés pour réinventer le système traditionnel » ou Synergie Démocratique “rendre aux citoyens leur place en politique”. Le Collectif Roosevelt, https://collectif-roosevelt.fr/ partenaire des Jours Heureux, fait cette même proposition “Reconnaître la place des citoyens, leurs compétences, leurs capacités à produire des analyses et des propositions alternatives et ce dès le début des grands projets publics”

Prochain rendez-vous le 5 novembre : l'arrivée de la Marche à Paris sera fêtée lors d'une soirée en compagnie de nombreuses associations et autres marches citoyenne.

Janique Laudouar

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