Le blog de la ménagère

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mercredi, octobre 4 2017

Citoyens et élus : interaction bienvenue!

source image :   http://consultation.mediation-numerique.fr/

Du monde, beaucoup de monde, pour assister a la rencontre organisée par make.org “Réinventer l'Assemblée nationale”. Une nécessité partagée par 200 députés qui ont manifesté leur intérêt annonce Axel Vauchez de make.org et par le Président de l'Assemblée nationale François de Rugy présent pour clore le débat “Grâce à vous, la rencontre entre les Civic Tech françaises et l'Assemblée nationale chez Make.org a été un énorme succès avec plus de 1.500 personnes, 200 Civic Tech, 80 députés (et 200 députés représentés)". Un échantillon de 11 innovations emblématiques pour réinventer l'Assemblée étaient là pour présenter applis et plateformes– Le Drenche, Acropolis, et LCP filmaient et un Facebook live suivre en direct le débat. Des dizaines d'autres innovations civic tech, des citoyens motivés auraient pu assister si l'hémicycle make.org avait été extensible. Ne pas sous-estimer l'intérêt des citoyens pour leur participation en politique!     Janique Laudouar

Evolution du débat : la participation citoyenne 

Il y a longtemps que Le Blog de la Ménagère suit les avancées de la participation citoyenne. Rappelons qu'en 2015 Démocratie Ouverte et Parlement et Citoyens avaient déjà imaginé un débat à l'Assemblée nationale entre élus et citoyens intéressés par le débat démocratique :  Démocratie Ouverte, une renaissance politique. Beaucoup de billets sur le sujet  pêle mêle : Mobilité citoyenneExpérimentations démocratiquesLes jours heureux, l'alternative citoyenneLa Démocratie, c'est maintenant , 2015, l'année de l'empowerment La politique c'est vous ! "Ils vous ont donné leur voix, donnez leur la parole" les citoyens veulent âtre consultés 

Depuis, les pionniers de la démocratie participative ont évolué avec des propositions concrètes. Pour les followers de la Civic Teh ce sont des retrouvailles plutôt que des découvertes, et le plaisir de voir progresser de façon positive associations et start-ups. L'objectif de tous : des applis pour faire la loi existent, pour reprendre l'expression de Jeremie Paret de Stig, utilisons les. Parlement & citoyens, Assembl, Fluicity, Voxebot de Voxe.org, qui souhaite simplifier et renforcer la relation entre la jeune génération et ses représentants via le VoxeBotKawa avec le concept de débat hors les murs, make.org avec l'idée d'utiliser  la Question Citoyenne au Gouvernement : “Une fois par semaine, à l’Assemblée nationale, une question citoyenne est posée au gouvernement. Durant la semaine qui précède la séance, Make.org consulte plusieurs dizaines de milliers de citoyens, qui peuvent ainsi avoir une chance de poser leur question au gouvernement.” Notre député avec la solution de brainlinks pour créer de l'engagement, Démocratie Ouverte avec L'incubateur système D, appel en cours et bien d'autre initiatives. Ci-dessous Valérie Petit, Nord (9e circonscription), séduit Florent Guignard (Le Drenche) et Armel Le Coz, Démocratie Ouverte.

Des députés de bonne volonté

Les outils sont la, la volonté politique parfois – mais pas toujours - mais comment s'assurer de l'engagement citoyen en dehors des périodes électorales? Une question dans la salle : Bercy a les mails de tous ceux qui payent leurs impôts en ligne, pourquoi l'AN ne les utiliserait pas pour dialoguer?
Pour les députés des français de l'étranger la question se pose. On leur reproche de ne pas vivre a l'étranger. Faux s'insurge Anne Genetet, Français établis hors de France (11e circonscription) qui facilite le dialogue avec ses administrés dont elle a tous les mails. Paula Forteza, Français établis hors de France (2e circonscription), LREM a poursuivi la croisade en faveur du numérique et de la transparence qu'elle avait exerçait déjà et encore maintenant en faveur de l'OGP. On retrouvera avec plaisir a un poste de collaborateur un développeur expérimenté Emmanuel Raviart devenu collaborateur parlementaire présenter le mandat : l'agenda et les comptes ouverts de la députée, et sa profession de foi “ouverture, transparence, participation numérique” avec la volonté “d'outiller les députés”. À cette fin, mon équipe et moi allons proposer des formations sur des outils numériques pouvant être utiles au cours d’un mandat." On trouvera dans le groupe de travail "Démocratie numérique”, qui a reçu récemment Loïc Blondiaux, des députés de bonne volonté de tous les partis. L'idée de la participation citoyenne fait son chemin, y compris par chez des députés LR comme Véronique Louwagie (Orne 61) qui ont la volonté d'élargir le cercle de leur contacts, et de ne pas rester dans “l'entre soi” des élus entre eux. L'idée d'associer les habitants du territoire à l'actualité législative pour avoir leur avis et leur ressenti, pourquoi pas?

Pacôme Rupin député du secteur de la Bastille où avait lieu le débat ( 7e circo de Paris (4e, 11e, 12e arrdt) trentenaire qui prône de nouvelles methodes de relation avec les citoyens via ateliers citoyens pour pouvoir en permanence dialoguer reinventer le role du deputé. “L'innovation politique c'est de renouveler le lien avec le citoyen mais aussi la manière de travailler entre Député.e.s” a-t-il tweeté sur le débat.

On citera encore Valérie Petit, Nord (9e circonscription) bardée de diplômes et armée d'une force de conviction à la hauteur de ses ambitions. Parmi les initiatives en faveur de l'engagement : aller trouver les citoyens en bus parcourant le territoire. Et bien sûr, une apparition remarquée de Cédric Villani,   chargé par le gouvernement d’une mission sur l’intelligence artificielle.

"Une assemblée nationale efficace"

Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy nous donne sa feuille de route : réformer l'Assemblée nationale avec des groupes de travail constitués, mais dans le contexte d'une réforme ultérieure de la constitution. Le plus difficile ce n'est pas trouver les outils civic tech, qui sont opérationnels, mais l'engagement citoyen qu'il faut savoir susciter en l'impliquant. Il souhaite "davantage de données publiques" et moins d'"opacité et de secret". Et la co-construction de la loi? L'évaluation de la loi est évoquée par François de Rugy “je voudrais surtout qu'il y ait une clause de revoyure pour les cas où les décrets auraient dévoyé l'esprit de la loi. J'aimerais également que tous les rapports produits par les commissions de l'Assemblée ne restent pas lettre morte. Ils devraient se conclure par des préconisations : législatives, réglementaires et le cas échéant fiscales et budgétaires”. (Le Parisien, "Je veux une assemblée nationale efficace"). 

Eh oui, nos institutions ont vieilli et il y a maintenant des députés trop jeunes pour continuer à accepter de fonctionner avec les règles du vieux monde, et qui sont impatients de réinventer le rôle du député...et d'y associer les citoyens?   

Janique Laudouar

Et bien sûr il y a des dizaines d'initiatives pour une démocratie interactive on peut citer Democracy OS qui prône l'open source, Open Source Politics,  Civocracy "Ne laissez pas les autres décidés sans vous..."


mercredi, avril 19 2017

Avec #MaVoix33 au marché de Talence

"MaVoix33 Bordeaux Circo 3

“Le week-end avant les élections, ils vont tous être la!” C'est vrai, les militants des partis classiques sont là. Ce dimanche sur le marche de Talence, comme la veille sur le marche de Bègles #MaVoix est là aussi avec l'affiche miroir et son slogan spécial Bordeaux “Votez pour vous!”

C'est sur cette 3eme “circo” de Bordeaux que les candidat(e)s se présentent. Florence, de Villenave-d'Ornon hésite encore. S'inscrire comme l'ont fait plus de 285 candidats #MaVoix en France c'est facile.Un formulaire en ligne. S'organiser pour faire campagne pour les élections législatives demande réflexion. L'objectif de #MaVoix est maintenant bien connu de ceux qui s'intéressent de prés au renouveau de la démocratie. “Pour la 1ère fois dans le monde peut-être, des simples citoyennes et citoyens, auto-géré.e.s, s’inviteront à la table des décisions, ayant conquis des sièges dans un parlement, leur permettant de décider directement sur quelques sièges gagnés leurs décisions.” peut-on lire sur Facebook. Atteindre l'objectif de 20 000 votes a Bordeaux et aux alentours est un challenge porté avec conviction par l'équipe bordelaise.

Sur le marché de Talence (33)

Une première dame âgée et avenante est accostée par David. Elle approuve notre démarche et va même plus loin “ ces vieux sénateurs, pourquoi en a-t-on encore besoin, ça nous coute cher!” et “ces députés, a quoi ça sert?”. Comme beaucoup d'autres elle hésite a voter pour des candidats citoyens inconnus “jeunes, qui n'ont pas d'expérience, est-ce qu'ils seront capables d'être députés?”.                                    David en pleine discussion

Pourtant Madame, vous-même semblez avoir les idées claires ! Et nous lui expliquons le principe : des députés citoyens formés sur notre Mooc, accompagnes par l'équipe, ayant a disposition tout le réseau de compétence du collectif #MaVoix. Le déluge législatif des dernières années laisse un gout amer : lois dont les décrets d'application ne sont jamais parus, lois inapplicables, lois inutiles ou combattues, le bilan est loin d'être satisfaisant et le pari de faire mieux dans l'intérêt de tous semble séduire : la soif de changement est palpable en ce Lundi de Pâques,

Pas facile de nouer le dialogue avec tous ceux qui, sans doute lassés de l'infernal débat sur les présidentielles, passent leur chemin. L'idée que les citoyens sont en capacité d'agir pour l'intérêt général ne va pas de soi. L'habitude de s'en référer a plus éduqué et surtout “mieux placé” ou “haut placé a la vie dure. Plus loin c'est un socialiste pur et dur “Votez pour Benoit Hamon pour changer de système”. Aux élections législatives, il votera pour un élu local “Moi, j'ai besoin de connaitre ceux pour qui je vais voter, de savoir ce qu'ils valent” Le hashtag de #MaVoix perturbe parfois “J'ai pas envie que ça se passe sur twitter, Internet c'est bien, mais moi je veux les connaitre, je veux leur parler”. #MaVoix a toujours été en faveur des rencontres “dans la vraie vie” comme méthode de travail, même si des réunions régulières ont lieu en ligne via deshangouts. Mais pour cet habitué de la politique locale, avoir quelqu'un de local, et de bien identifie est essentiel. “Comment garantir que le députe #MaVoix ne subira pas de pression? Réponse : l'engagement moral des députes sera très fort. Il sera connu de dizaines, centaines de personnes du mouvement. La “réputation” est une garantie.

Le députe #MaVoix un élu national, pourquoi?

Aller sur les marchés, être a l'écoute des arguments, voila qui est tout a fait dans la ligne expérimentale de #MaVoix. Du coup nous nous posons des questions pragmatiques liées au tirage au sort : un élu local? Et Florence, candidate potentielle, s'interroge : comment vais-je faire campagne pour me faire élire? Face aux moyens des partis classiques, #MaVoix compte sur le bénévolat et un maximum de dons grâce à la défiscalisation, ça a très bien fonctionné lors des élections partielles de Strasbourg. Après débat sur le forum, il a été conclu que le tirage au sort serait national, avec la possibilité toutefois pour chaque groupe local, de faire le choix d'un tirage au sort local. Le 6 mai il y a un tirage national très organisé a Paris, qui se déroulera sous l'égide d'un officier assermenté et désignera les candidat·e·s #MAVOIX qui seront présentés dans une cinquantaine de circonscriptions lors des législatives des 11 & 18 juin 2017. Le 18 avril l'équipe parisienne se réunissait aux Grands Voisins (voir ci-dessous) pour en préparer la logistique et répondre aux dernières questions.

Mais en région, on ne change pas les habitudes ancrées aussi facilement et l'argument d'un vote en faveur du député qui connait son territoire reste prégnant et a prendre en compte. L'idée d'un événement a fort impact local est émise. L'idée aussi que le candidat députe ne doit pas forcement habiter la circonscription, mais doit pourvoir s'y rendre en mois d'une heure de voiture. “C'est l'équipe locale qui fait vivre la démocratie" répond Jeff sur le Forum #Ma Voix, "il n'y a pas que l'élu.”

Organiser le changement

Sur le marche les militants des partis classiques se montrent intéressés. Au retour je suis raccompagnée dans Bordeaux par Olivier, que j'ai rencontré un paquet de tracts Fillon a la main. Entrepreneur industriel, père de 5 enfants, et militant de droite, il nous félicite pour notre démarche “originale” qui correspond a un vrai besoin de renouveler la politique. Non adhérent, c'est un militant ponctuel de droite. “Le système ne peut plus continuer comme avant.Les primaires ouvertes ont échappe aux partis. Ce sont les militants qui ont choisi. Et de préférence un outsider” Pour lui aussi la consultation permanente lui semble essentielle “Il faut que les gens puissent donner leur avis en amont, avant de formaliser une loi”. Olivier restera en contact avec #Mavoix et est convaincu “qu'il vaut mieux organiser le changement que le subir”.

                                                                                                                                        Janique Laudouar

TAS Le tirage au sort de #MaVoix aura lieu le 6 mai à Paris "Les Grand Voisins" 82 avenue Denfert-Rochereau 75014. Bénévoles demandés la veille le 5 mai.

DONS : n'oubliez pas que si vous faites un don à #MaVoix pour la campagne électorale, il est défiscalisé et vous recevrez une attestation pour votre déclaration d'impôts.

S'inscrire comme député : jusqu'au 25 avril : https://candidature.mavoix.info/

S'inscrire sur le Forum #MaVoix pour tout savoir sur la campagne électorale : https://forum.mavoix.info/

jeudi, mars 30 2017

La Discut' : soirée citoyenne à Préaux-du-Perche

         La Discut', tirage au sort des tables au Relais-Saint-Germain, Preaux-du-Perche

“Quand et comment écrivez-vous ? ”Je pose la question à Patrick Bard, photographe et auteur, accompagné de Marie-Berthe, photographe également venus à La Discut' au restaurant Relais-Saint-Germain à Préaux du Perche (Orne 61). Réponse :“Le matin tôt” “Comme Balzac, à 4 heures du matin”? Réponse : “Il faut écrire tous les jours, même quand on n'en a pas envie” C'est le secret de presque tous les écrivains.


Écrire, c'est ce que tous les participants ont fait pendant cette soirée placée sous le haut patronage d'Aristote et de son essai toujours actuel “Politique”. Objectif, “mutualiser la curiosité”, « susciter la discussion” « s'approprier la chose publique » en posant des questions autour des programmes des candidats à la présidentielle, tous partis confondus. Lire des extraits des programmes sans nommer qui est le candidat et essayer d'en dégager le sens et les ouvertures possibles. Tapas et apéro. Géraldine et Franck sont aux manettes de ce restaurant face à l’Église de Préaux, qui fait partie de ceux qui ont du succès dans le Perche. Ils ont su animer le lieu en proposant des soirées à thème, littéraires ou musicales

«Mutualiserla curiosité »

Règle du jeu de la soirée La Discut' : “la bienveillance et les réglés de savoir vivre”, “s’écouter les uns les autres”, “ne pas se juger” et des dispositifs inventifs issus de l'éducation populaire. On tire au sort sa table. Je dois me séparer de Fabrice Deschamps avec qui je suis venue, qui a fondé le Cercle du Pays Nogentais ; à côté de lui Ecopertica, qui a popularisé l'usage du chanvre comme isolant dans le Perche .Puis “présentations croisées”, chacun demandant à son voisin de gauche “Qu'est-ce que tu es venu faire là ce soir?” Ma blonde voisine se nomme Martine, et revient d'un voyage d'hiver, Asie, entre autres, et elle a envie de s'informer sur ce qui se passe en France. La politique? Après avoir envisagé le vote blanc, elle est comme beaucoup de français et ne sait toujours pas pourquoi elle va voter. En tout cas, “je ne voterai pas “utile”, ça non, on ne m'y reprendra plus, plus jamais!”. Nous sommes d'accord! Salomé fait partie des animatrice de la soirée. Chloé est venue discuter. Cécile espère être étonnée.

Celui qui nous surprend, c'est Thierry, qui habite Préaux et est plus connu comme chanteur sous un autre nom. D'abord il nous la joue sceptique et détaché “je suis venu boire une petite bière” et “je reste deux minutes pour voir”. Et peu à peu on découvre : “je m’intéresse a la politique depuis toujours”. Et son diagnostic est très clair, il y a maintenant deux France qui se côtoient, “Une France qui est déjà là, active, qui assiste à l'agonie d'une France archaïque, antédiluvienne”. “Il y a une prise de conscience, on sait maintenant que les gens en politique sont des gestionnaires ce ne sont pas des politiques”. En tout cas pas au sens d'Aristote. Et puis, dans une envolée lyrique, Thierry se lance dans une métaphore, celle “du promeneur qui se trouve devant un arbre qui tombe mais moi, je vois les mille arbres qui poussent sans avoir conscience qu'ils sont déjà une forêt”. Oui, mais cette France qui pousse, pèse-t-elle vraiment face à la France “verticale” qui fonctionne toujours du Haut vers le bas? Est-ce que toutes ces initiatives des français “agiles” et actifs vont arriver à former un réseau? “Le réseau”, nous dit Thierry, “il va s'auto-créer, il ne faut surtout pas fabriquer des réseaux factices.”

Quelles propositions dans les programmes ?

Et puis nous passons à l'exercice pratique de la lecture des propositions par thématique. Économie et travail. Tollé général ! Découpées en tranche les propositions nous apparaissent comme imprécises, “Davantage”, nous dit Salomé “des prises de positions”. De simples “constats” , de la “langue de bois”. “La dictature financière”? Lola “ceux qui ont le pouvoir sont aussi en liaison avec l'argent, la finance joue un rôle énorme, avantager le fric c'est ça, le pouvoir” La proposition de dégressivité des allocations et de leur suppression en cas de second refus d'un emploi? “Mais ça existe déjà!” “Le travail est-ce qu'on se pose la question sur ce qu'est le travail aujourd'hui?” Anne nous raconte l'histoire de cette femme, radiée avec son fils, car elle n'a pas d'ordinateur pour actualiser sa situation en ligne. Oui, mais parfaitement rodée au système, elle sait que ses allocations lui reviendront le mois d'après. Où est la logique? Lola nous recommande un film « Moi Daniel Blake. Santé, éducation, légalisation du cannabis, tous les sujets y passent. Puis peu à peu la table 1 fait des propositions innovantes, à la fois plus audacieuses et réalistes que les programmes des candidats.

Dehors, c'est le printemps, il fait bon, Franck nous parle de son rêve de désert, la Mongolie. « ne rien faire », « ne plus penser ». A chacun son utopie. A une autre table, on discute avec Élise des propositions de loi sur les semences et l'accès à l'eau. Et une fois de plus on s'aperçoit que les habitants d'un territoire sont souvent parfaitement informés, et donc mûrs pour participer à l'élaboration de la loi. Une conclusion ludique nous dévoile le nom des candidats attaché à chaque proposition.

A quand la prochaine réunion ?

On attend le compte-rendu de cette rencontre conviviale et citoyenne les propositions d'une prochaine réunion tournent autour de “la démocratie directe” et la présentation des collectifs citoyens hors parti comme #MaVoix. C'est sûr que tous sont convaincus qu'il va falloir trouver autre chose que la démocratie représentative avec un élu qui les représente sans les consulter pendant 5 ans. La participation citoyenne à la gouvernance est devenue une dimension nouvelle dont les candidats sont obligés de tenir compte.         Janique Laudouar

Alors, à la prochaine pour discuter de la démocratie et de la participation des citoyens ..;

                                                                                                                      

lundi, mars 13 2017

Mobilité citoyenne

#MaVoix, le formulaire de candidature est en ligne(lire ci-dessous), plus d'une centaine de citoyenn(e)s ont répondu à #Distuveuxbienêtremadéputée

Partout en France les actions citoyennes se multiplient à l'approche des élections législatives et présidentielles. Rapidement, quelques rendez-vous où vous pouvez participer ou créez votre propre événement. Une fois de plus on ne peut que constater que les applications et les plate-formes numériques offrent une possibilité inédite d'intégration des propositions citoyennes jusqu'à présent sous-exploitée par les partis politiques, même si certains commencent à percevoir positivement l'agilité citoyenne au lieu de s'en inquiéter.
Janique Laudouar

L'autre Débat : porter la voix des citoyens, un Facebook live

L'Autre débat : la présidentielle ouverte par la Civic Tech Les initiatives pour faire connaître la volonté citoyenne se multiplient : ce jour lundi 13 mars à 20 heures, en direct sur Facebook Live, les candidats les moins visibles sont invités à débattre face à des millions de Français.

Voxe.org, Stig, Accropolis, Change.org et GOV unissent leurs voix pour porter celles des citoyens et faire parvenir leurs questions aux candidats à l’élection présidentielle. Au cours de ce débat de 2 heures qui pourra rassembler plus d’un million de Français, Laura Rouaux (Voxe.org) et Jean Massiet (Accropolis) interrogeront les candidats sur les propositions et les questions des citoyens remontées en amont et pendant l’émission.

Pour en savoir plus : www.voxe.org/lautre-debat

"Je suis citoyenne indignée mais pas résignée"#MaVoix

« Je suis citoyenne indignée mais pas résignée. Je me porte volontaire pour devenir députée. Je VEUX que cette expérience /expérimentation soit durable et pérenne." (...)  Je fais le choix de l'action. Je choisis de désobéir à l'establishment qui voudrait que l'on continue d'être de doux électeurs, esclaves modernes. »

Céline Marseille (13008)

Après des mois de travail collaboratif continu autour de l'objectif « hacker l'Assemblée citoyenne », #MaVoix met en ligne un formulaire de candidature https://candidature.mavoix.info/

#Distuveuxbienêtremadéputée Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 25 avril à minuit.

La Primaire.org : parrainez !

Pour que Charlotte Marchandise, élue démocratiquement, obtienne les parrainages nécessaires, « le moyen le plus efficace pour atteindre un(e) élu(e) cela reste la lettre manuscrite personnalisée ». Pour faciliter la tâche La Primaire propose un formulaire destiné à recueillir les parrainages des élus

https://charlotte-marchandise.fr/parrainages-elu-e-s/

Tournée citoyenne et démocratie permanente

La tournée citoyenne continue dans le département de l'Eure-et-Loir. J'ai suivi l'un des rendez-vous de la Tournée Citoyenne intiée par Territoires Hautement Citoyens. Accueilli par le maire Victor Provot à Thiron Gardais et Armel Le Coz et Enora Démocratie Ouverte. Autour du buffet local raffiné de Fantine, nous étions une conviés à discuter autour de la question suivante : « À quoi devrait ressembler la démocratie permanente dans la région d’ici 2 ou 3 ans ? ». Présent un élu pas comme les autres, Charles Fournier, vice-Président de la Région Centre qui a tout compris de l'indignation citoyenne mais aussi de la capacité des citoyens à être force de propositions dans les territoires.

"Vers des territoires collaboratifs", Bretagne

L’économie collaborative ne s'essouffle pas elle se diversifie nous dit http://www.territoires-collaboratifs.net/ Au terme d'un travail (projet Domno) sur 4 territoires en Bretagne et 44 une rencontre les 29 et 30 mars Rennes "vers des territoires collaboratifs" permettra de faire un point sur ces initiatives collaboratives sur les territoires locaux.

Warn : nous sommes prêts !

Participe à une soirée démocratique !La première se tiendra le 22 mars au SenseSpace à Paris. Il y en aura d'autres en région. Le Warn a repéré et agrégé les initiatives citoyennes. « Le #WARN! c’est quoi ? Nous sommes des acteur.ices du changement qui voulons apporter des réponses concrètes aux défis actuels – emploi, santé, environnement… » #nousendemocratie « Nous nous rejoindrons pour découvrir ces alternatives et partager avec leurs porteurs-ses de projets autour d’un forum participatif. Le temps d’une soirée, projetons dans la démocratie que nous cherchons à instaurer… » http://wearereadynow.net/

Hackathons, meetups, workshops.

Depuis le printemps 2016, Open Source Politics http://www.opensourcepolitics.eu/ est une entreprise relevant du champ de l’économie sociale et solidaire, si vous voulez de l'accompagnement pour vos projets de participation citoyenne, il est là « Hackathons, meetups, workshops... Nous concrétisons votre démarche participative grâce à des événements physiques. »

Le printemps citoyen

Encore Kawaa ! Des débats, des rencontres, des ateliers du 21 mars au 5 avril 2017, http://www.printempscitoyen.fr/

Osons Les Jours Heureux !

Prochaine rencontre : Du 24 au 26 mars à l’ancien Monastère de Sainte-Croix dans la Drôme.

Un objectif important du séminaire de Die est de définir le pilotage du mouvement #LesJoursHeureux.

dimanche, octobre 23 2016

#LesJoursHeureux : l'alternative citoyenne

#LesJoursHeureux conférence de presse à la Recyclerie pour la sortie du livre le 2 novembre 2016 (Actes-Sud)

“Et nous vivrons des jours heureux” Le titre est poétique, mais le livre qui parait le 2 novembre chez Actes Sud n'a rien d'utopique : un constat assez court, celui que nous faisons tous sur la nécessité d'une autre vie, d'une autre démocratie, mais surtout un livre de solutions. 100 auteurs et 120 actions. #LesJoursHeureux est un mouvement intergénérationnel “qui vise a faire advenir une société du bien vivre en actualisant le programme “Les Jours Heureux" du Conseil National de la Resistance.”  (Claude Alphandery, résistant, a contribué au programme)  Janique Laudouar

Resister et créer” : l'alternative attendue

120 mesures pour résister et créer par 100 auteurs issus de la société civile, c'est une réponse forte a ceux qui qui prétendraient qu'il n'y a “pas d'alternative” (Rappel : TINA There is no alternative, slogan attribue au Premier Ministre britannique Margaret Thatcher). Les TINA francais d'aujourd'hui vont finir par l'admettre : la société civile est riche d'expertise, de propositions. L'un des mérites du mouvement #LesJoursHeureux est d'être l'un des premiers a faire cet effort de reliance dont rêvent tous les collectifs afin de peser enfin sur la société. Sortir de l'entre soi des réseaux sociaux et même des réseaux solidaires pas toujours connus du grand public, dépasser aussi le mouvement civic tech, qui joue un rôle capital dans la transition numérique, mais qui ne peut a lui seul accomplir une révolution démocratique. #LesJoursHeureux réalisent cette transition de terrain avec la Marche commencée "le 7 octobre sur les routes de France à la rencontre de citoyen.ne.s et de résistants." Ils nous invitent a faire 700 km avec eux et nous retrouver le 5 novembre a Paris, pour un grand événement festif auquel est associé NuitDebout. et bien d'autres.

LE LIVRE

Un petit livre, un peu du même format que le livre culte “Indignez-vous!” de Stéphane Hessel, Christiane Hessel soutient d'ailleurs le mouvement et était présente. Le contenu : des propositions concrètes sur les grands enjeux l'emploi et le travail, la transition, écologique énergétique, agricole, l'éducation, le logement, la santé et la justice, traités par des experts des sujets. Ce qui conditionne tout : l'exigence d'un renouveau démocratique. Là tout le monde est d'accord, y compris les 80 % de français las de voir toujours les mêmes hommes politiques au pouvoir et si peu d'écoute des citoyens. Le livre a donne lieu a un travail éditorial professionnel assez classique, avec comité de lecture, priant les auteurs de raccourcir leur texte,

Question de la Ménagère aux auteurs : quelle méthodologie a été adoptée pour que collaborent efficacement 100 auteurs venus d'horizons différents, et comment surmonter les divergences d'opinion?

“Par l'exercice des désaccords féconds, pour reprendre l'expression de Patrick Viveret” répond , répond Thierry Salomon, ingénieur énergeticien (Negawatt), “L'objectif était d'avoir un petit livre”donc on a décidé de raccourcir les contributions, entre 3000 et 5000 signes”. Un comite éditorial s'est constitué. “ Chaque thème a eu un auteur pilote” Un exercice d'intelligence collective. En ce qui concerne la reliance, précise Fanny Charrasse, co-fondatrice et on a du relier sur le même thème des gens qui étaient opposés comme par exemple Corinne Lepage et Francois Ruffin. On a contacté les auteurs en octobre 2015.

“Quant a la reliance des réseaux, le lien avec d'autres mouvements” déclare Yvan Richard, nous avons choisi la reliance de préférence a la convergence. Dire “Venez nous rejoindre”, ca ne marche plus! Il faut d'abord se rencontrer se connaitre, respecter l'identité de l'autre et ensuite on peut parler de se relier. Ont participé, entre autres, La Belle Démocratie, Le Pouvoir citoyen en marche, Synergie Démocratique, #2017AgirEnsemble.” Les #JoursHeureux ont dans leur statuts juridiques l'organisation en cercles de compétence, la sociocratie.

40 réseaux partenaires du livre, une étape vers la reliance des collectifs. Ci-contre Sophie de NuitDebout.

La consultation des citoyens

“On aurait preferé associer les citoyens des le départ”, dit Yvan Richard, “mais  compte tenu des délais c'était plus efficace de commencer par 100 auteurs puis de soumettre à une consultation ouverte."  Avec le site, une grande consultation citoyenne va commencer autour des propositions de loi, les commenter, les ré- écrire. Ce sera possible sur la plateforme de consultation avec #2017 Agir Ensemble et l'Association des Paralysés de France.

On peut dès maintenant s'exprimer sur 9 mesures essentielles http://les-jours-heureux.fr/category/9-mesures-essentielles/.

“Cette démarche, avec sa plateforme collaborative ouverte à toutes les citoyennes et tous les citoyens, a pour ambition de co-construire des propositions qui seront présentées auprès des candidats à l’élection présidentielle et aux législatives de 2017.” “Comment faire parvenir ces propositions aux candidats à l'élection présidentielle “ est une question posée par Christiane Hessel, qui en cours d'organisation. Pas simple de poser la question du “renouvellement des institutions” à ceux qui en font partie. Les personnalités politiques seront interrogées sur les 9 mesures essentielles

Des Pyrénées à Paris, la marche des Jours Heureux  http://lesjoursheureuxlepacte.fr/marche  Source la Gazette Debout https://gazettedebout.fr/2016/09/21/pyrenees-a-paris-marche-jours-heureux/

Questions à Yvan Richard (comédien) et co-organisateur  #LesJoursheureux

Q Comment est venu l'idée de ce livre?

YR Invités par un collectif citoyen dans le Vercors, une centaine d'auteurs ont rédigé un diagnostic assortis de principes de loi dans le but de bâtir une société démocratique.

Q Quel est l'enjeu, alors que les élections présidentielles et législatives approchent?

YR Ce qui compte pour nous, ce ne sont pas les personnes, c'est le cadre qu'on va créer, c'est une stratégie à long terme de réappropriation, d'empowerment, l'enjeu, c'est changer de système. Nous allons rencontrer des élus en ce sens. Nous sommes pour que les citoyens , la société civile travaillent ensemble.

RELIANCE

La reliance des collectifs va être l'enjeu majeur des mois qui précèdent les élections. Il n'y a que peu de différence d'objectif entre "LesJoursHeureux, et, par exemple, La Primaire.org “Ici, pas de parti politique mais des citoyens engagés pour réinventer le système traditionnel » ou Synergie Démocratique “rendre aux citoyens leur place en politique”. Le Collectif Roosevelt, https://collectif-roosevelt.fr/ partenaire des Jours Heureux, fait cette même proposition “Reconnaître la place des citoyens, leurs compétences, leurs capacités à produire des analyses et des propositions alternatives et ce dès le début des grands projets publics”

Prochain rendez-vous le 5 novembre : l'arrivée de la Marche à Paris sera fêtée lors d'une soirée en compagnie de nombreuses associations et autres marches citoyenne.

Janique Laudouar

dimanche, juillet 17 2016

7 janvier 2015-14 juillet 2016

7 janvier 2015-14 juillet 2016 et puis ...?

14 juillet 2016, Nice  source image Gazette Debout
7 janvier 2015, Paris, Charlie Hebdo,  13 novembre 2015, Bataclan, Paris, Saint-Denis, 22 mars 2016, Bruxelles, et bien d'autres dans le monde

« L'art de la guerre est l'art de duper, et en donnant toujours l'apparence contraire de ce que l'on est, on augmente les chances de victoire. »

(Sun Tse L'art de la guerre Agora Classiques 1993) 

« Qui ne réfléchit pas et méprise l’ennemi sera vaincu. »

(http://suntzufrance.fr/les-meilleures-citations-de-lart-de-la-guerre/

"L'art de la guerre" : comprendre la culture de l'autre

Et l'art de la paix?

Photos prises sur les murs de Paris en janvier 2015 (Photo Janique Laudouar)

samedi, avril 30 2016

L'Effet Nuit Debout

L'effet Nuit Debout : mon journal

"Nuit Debout n’appartient à personne. Nuit Debout appartient à nous tous". (Gazette Debout.). Restez éveillés https://gazettedebout.org/ 

Le 8 avril : Rêve Général

« Ainsi, il arrive aux classes « populaires » de revenir du néant où on a voulu les enfouir, et d’en revenir avec quelque fracas. » (Frédéric Lordon « Un film d'action directe » dans Le Monde Diplomatique de février 2016 à propos de "Merci Patron" de François Ruffin et éditeur du journal Fakir.

Un mois après Nuit Debout est toujours dans la place note le journal Le Monde ce 30 avril.

Où comment j'ai vécu les premières Nuit Debout : un contre-commentaire. Cet article a été écrit le lendemain du 8 avril, avant la polémique sur la violence qui s'est exercé sur le philosophe Alain Finkielkraut. «On aurait voulu discréditer un mouvement positif mais fragile qu’on ne s’y serait pas pris autremen (Le Blog de Fédé Davout) sur Mediapart. Depuis, c'est la violence qui semble avoir focalisé l'attention des médias et du monde politique. Des blessés. Des casseurs. De la violence à juste titre dénoncée. Il faut revenir à l'origine de Nuit Debout, il faut l'avoir vécu, pour comprendre. C'est toute l'agilité de la société civile et des "digital natives" qui se déploie sous nos yeux. Le pouvoir d'aller vite et bien en collectif, réseaux, collaboration, connexions, échanges, wiki, tumblr, web TV (hello Mehdi) ringardise nos processus politiques. "

On peut parler de l'effet Nuit Debout. La manifestation a enfin attiré l'attention sur les milliers d'initiatives en France et dans le monde qui sous le label de «civic tech» ont pour objectif de proposer un autre système de gouvernance. Une gouvernance où les citoyens seraient écoutés, où les lois ne seraient plus assenées, où le déluge de législatif ne serait plus le seul moyen de gouverner, où la démocratie reprendrait tout son sens. Tout son bon sens dont elle a cruellement manqué toutes ces dernières années. Nuit Debout agit comme un révélateur de ces « révolutions invisibles ». Avec le résultat qu'on ne peut plus ignorer le mouvement Civic Tech. En ignorant largement le monde en mutation, en s'accrochant aux vestiges d'un autre siècle, le monde politique n'a pas compris que l'agilité citoyenne et les plateformes numériques étaient les nouveaux attributs de la démocratie. Le Rêve Général va s'étendre.  #Globaldebout                                                                                                       Janique Laudouar

Le manifeste de Nuit Debout

"Sais-­tu ce qui se passe là ? Des milliers de personnes se réunissent Place de la République à Paris, et dans toute la France, depuis le 31 mars. Des assemblées se forment où les gens discutent et échangent. Chacun se réapproprie la parole et l’espace public."

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le mouvement est plus organisé qu'il le paraît, avec régulation des prises de parole, validation des créations de commission, des compte-rendus d'assemblée, et surtout une certaine conception de « l'intelligence des foules »qui accorde l'égalité à tous : pas de meneur. "« Nuit debout n’est pas un phénomène spontané. Même s’il n’est piloté ou téléguidé par aucun leader, il s’agit d’un mouvement organisé" analyse le politologue  Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l’université ­Paris-I-Panthéon-Sorbonne, dans un entretien accordé à Catherine Vincent (Le Monde Idées 14 04 2016).  Et partout une atmosphère de partage, de bienveillance et même d'amour. Le vendredi 8 avril, j'assiste à une prise de parole sous un dôme éphémère. Le dôme se dégonfle brusquement et menace de tomber sur nous. Aussitôt des dizaines de bras se soulèvent pour le soutenir. "Un symbole du partage" s'exclame une jeune femme. Est-ce le succès du film« Merci Patron » et le journal de François Ruffin « Fakir » qui ont allumé la mèche ? : «  les gens avaient envie d'agir » répond-t-il dans Télérama. « On ne veut plus de politiques qui trichent », explique Louis de Gouyon-Matignon militant et soutien de Nuit Debout interrogé par Europe1. Hugo veut « agir jusque dans les racines du système ». Nuit Debout a demandé une nouvelle autorisation de manifester.

Le 9 avril Place de la République

 "Permis de rêver" «Je rêve que les gens se sourient et se regardent dans le métro.»

Ce matin on vide la place les cabanes et les tentes, et les derniers occupants. En douceur, semble-t-il. Mais les voix demeurent. Elles commencent même à se faire entendre ailleurs que sur les réseaux sur les médias classiques, ce matin sur Europe1, un joli montage en musique (« Retiens la nuit! ») et des paroles fortes.

Et Nuit Debout s'organise... En France Nuit Debout se propage à la vitesse de la viralité  ...Les médias alternatifs et participatifs se multiplient. "A Nuit Debout on m'a dit écris tes rêves"  http://www.la-zep.fr/cest-lactu/a-nuit-debout-on-ma-dit-ecris-tes-reves/

Le 15 avril Numa Paris

NuitDebout fait irruption à la fin du débat dont l'objectif est de présenter divers projets citoyens qui donneront lieu le lendemain à un hackathon organisé par Open Law et Open Source Politics. Les développeurs vont se déchaîner pour faire progresser des plateformes numériques de vote ou de débat citoyen. NuitDebout lance un appel : dimanche, commission numérique. Nous avons besoin de vous !

Le16 avril Numa Paris

Le lendemain on teste: comment retenir les meilleurs décisions ? Le hackhaton s'est réparti en ateliers. Autour de la table plusieurs développeurs dont Open Gov, le chef développeur d'Etalab. Loomio? On visite le site de NuitDebout Bruxelles

« Le choix d’un outil adapté pour mener les campagnes de donation est éminemment stratégique, poursuit Maxime Blondeau. Les mouvements contestataires récents ont essuyé les plâtres avec plus ou moins de succès : Occupy Wall Street a périclité au moment où la question s’est posée. Les Indignés, en revanche, se sont renforcés et ont engendré une offre politique parce qu’ils ont su être plus pragmatiques sur la question des donations. »

"Salons de discussion :Venez prêter main forte à la commission Accueil et Sérénité"Le manifeste est là : 
« Ni entendues ni représentées, des personnes de tous horizons reprennent possession de la réflexion sur l’avenir de notre monde. La politique n’est pas une affaire de professionnels, c’est l’affaire de tous. L’humain devrait être au cœur des préoccupations de nos dirigeants. Les intérêts particuliers ont pris le pas sur l’intérêt général. »
Janique Laudouar

Lire entre autres le billet de Flora Clodic-Tanguy : "Les défis démocratiques de Nuit Debout"

Lire l'entretien « A Nuit debout, la qualité du débat démocratique est l’enjeu prioritaire » dans le Monde Idées de Catherine Vincent avec le politologue Loïc Blondiaux 14-04-2016 "

Premier mai : ==14h00/15h30 == Programme (source https://www.convergence-des-luttes.org/

* L'ère du numérique, l'ouverture d'une voie vers une économie de la coopération
Intervenants:
- Yann Le Pollotec: spécialiste de la révolution numérique et ses impacts économiques
- Sébastien Broca: sociologue, postdoctorant à l’université Paris- 1 Panthéon-SorbonneHervé
- Le Crosnier: enseignant-chercheur à l'Université de Caen spécialiste des technologies du web et la culture numérique.

== 15h00 ==
* Manifestation du 1er mai et pour le retrait de loi El Khomri. Départ de Bastille, en direction de Nation.

Programme de la rencontre internationale de #Globaldebout week-end du 7 et 8 mai 2016 à Paris, place de la République


jeudi, mars 24 2016

Democratie DIY faites-là vous même : les solutions citoyennes

Le 19 mars, c'était à Paris, avant le 22 mars à Bruxelles, une journée positive, pleine d'enseignement et d'actions concrètes, une journée porteuse d'espoir, d'optimisme et de vision d'avenir.

Faire se rencontrer des porteurs de projets de renouveau démocratique était l'objectif de la journée Démocratie Do-it Yourself du samedi 19 mars, organisée par DO à la Maison du Paris durable, lieu dédié «  à la diffusion des solutions pour les porteurs de projets, confirmés ou débutants ». 100 participants étaient là pour formuler et examiner des solutions concrètes, innovantes. Au-delà de la convivialité des rencontres, « dans la vraie vie » de collectifs agiles à communiquer via le numérique, pour Démocratie Ouverte et l'Open Gouv. #OpenGovFr #DIYdemocratie,

L'équipe Démocratie Ouverte au presque complet ...dont le co-fondateur Armel Le Coz

Dispositifs imaginatifs et tempo d'enfer

Des dispositifs ludiques et efficaces donnaient à Démocratie Do-it Yourself un tempo d'enfer : speed dating, bar camp, « bol de poisson ». Le speed dating permettait un tête à tête avec un autre porteur de projet. Certains déjà très répertoriés, d'autres à découvrir. Je croyais connaître toutes les plateformes en cours de développement, et je découvre STIG actuellement en version beta. "Voter ne change que les joueurs.Changez le jeu. Participez à la création de la volonté générale avec Stig, l'app de démocratie participative" qui s'adresse également aux élus. A tester. Dans le domaine du « journalisme constructif » j'ai parlé à Florent Guignard de Le Drenche (ci-contre) : une façon originale de présenter les débats et sorti des "usual suspects" des plateaux télé. Dommage que les sujets traités restent pour l'instant trop souvent anecdotique.  J'avais échangé en ligne avec Simon Louvet (Aternatiba, Synergie Démocratique, ci-contre avec Antoine Vagnon Call For Team), autre foisonnement d'initiatives, et je fais enfin sa connaissance : très chaleureux IRL, dans la vraie vie. Je suis heureuse de retrouver l'équipe de Voxe.org, Léonore de Roquefeuil, Sébastien, Mon rôle était de présenter #MaVoix, un des premiers mouvements «civic tech » et de parler de son actualité : les élections partielles de Strasbourg en mai. Déjà deux candidat(e)s pour #MaVoix! Enfin, dialogue avec Loïc Blondiaux, politologue et professeur à l'Université Paris I. L'après-midi était consacré à un « marathon des pitchs », 1 minute 30 pour présenter son projet. ! Enfin la métaphore de Claude,  l'Archipel, a enthousiasmé les participants, chaque collectif étant considérée comme un îlot dont la multiplication va constituer un archipel, soit des mouvements tendant vers le même objectif. S'il y a nuance ou divergence de modalités entre les mouvements, l'archipel des archipels reste à construire. C'est parti!


Ateliers :  territoire et citoyens, stratégies électorales


Lors des ateliers thématiques on a vu à quel point l'action locale était primordiale. Territoires Hautement Citoyens fondé par Armel Le Coz a un dispositif très rôdé pour soutenir les collectivités vers la transition démocratique. Mais ils sont nombreux à s'ancrer dans leur région avec l'objectif de faire prendre en compte par les élus les initiatives citoyennes. Charles Deffrennes et Antoine Vagnon Call for Team, un très ingénieux dialogue avec les collectivités, qui ne les heurte pas mais travaille avec elles, et une solution proposée par Antoine Vagnon : glisser un ambassadeur du citoyen dans chaque collectivité. Clément Damiens avec Communecter. Un outil dans lequel les citoyens sont communectés, "connectés a leur commune". Local également Koom « agir localement pour un monde meilleur » Bulb in town déjà rencontré lors de mon premier billet sur l'économie collaborative. Telles sont quelques unes des solutions à disposition des élus. CitizenLab va faire campagne via La Primaire.org (présenté ici par David Guez) et a déjà préparé son Manifeste. Eliott Lepers présentait La Primaire de gauche, manifeste pour une transformation de l'intérieur d'un des partis classiques (PS). L'horizontalité est l'un des points commun à tous les mouvements et stratégies électorales : la fin de la France des « silos » et son fonctionnement hiérarchique archaïque, une gouvernance par et pour les citoyens.

Eliott Lepers venu présenter La Primaire de gauche

La révolution intérieure : altruisme, bienveillance, partage

« Rien ne serait possible sans la qualité de bienveillance et d'écoute entre les acteurs, leur volonté d'inclusion » note Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l'université Paris I , confirmant ainsi notre intuition que la bienveillance est une nouvelle valeur dans une démocratie renouvelée. Cécile Calé (SCIC Coop-Cité / CitizenLab) a rappelé à quel point la révolution démocratique reposait d'abord sur une révolution intérieure : seule une prise de conscience de la responsabilité de chacun donnera un sens au mouvement collectif. Une action auprès des jeunes en particulier. Isabelle Lefort lors du Positive Economy Forum de Jacques Attali avait déjà défini l' « altruisme rationnel » comme une nouvelle valeur du politique et du citoyen digital. « Tel est le challenge qu’il nous faudra relever au XXIème siècle : redonner à l’altérité et l’altruisme toute la place qui leur revient, en nous appuyant sur la puissance de la révolution technologique. » Le don, la partage, l'échange l'entraide, autant de valeurs morales dont on voit le revival et qui vont à l'encontre des drames que nous vivons avec le terrorisme. Ce n'est pas fortuit si la Revue du Cube propose « La responsabilité » comme thème de son prochain numéro.

Loïc Blondiaux : conclusion, questions

Loïc Blondiaux, expert,  voit dans cette volonté de renaissance démocratique un retour à l'effervescence pré-révolutionnaire de 1789. La mise en cause de la démocratie représentative est le point commun des collectifs. Comment exister entre les élections, comment informer et former les citoyens, comment faire voir en temps réel la volonté générale, comment conserver un contrôle sur les institutions, comment contourner les partis politiques, voire les remplacer ? Comment inventer le journalisme politique ? A revoir : le vocabulaire d'initié « excluant » (néologismes, importations anglo-saxonne et). Il note aussi une « aristocratie du code » : la proportion des informaticiens, développeurs est un atout pour les collectifs, mais les modes d'emploi doivent être compris de tous. La volonté d'horizontalité, de transparence, rassemble les acteurs, tous « amoureux de la démocratie ». Mais, comme le soulignait aussi Caroline Hodak, communicante, cette renaissance a un problème de visibilité et de communication. Aucun de ces mouvements ne veut ou ne peut se rendre visible auprès des médias classiques « Les institutions résistent » commente Loïc Blondiaux prenant la métaphore d'un géant Gulliver figé, encerclé par de multiples piqures d'épingle de lilliputiens... mais nullement atteint. « Les institutions vont essayer de vous phagocyter, de vous instrumentaliser ». Elles vont vouloir « garder le logiciel intact » sans rien changer aux structures, en donnant un semblant de coup de neuf et d'idées nouvelles à des institutions archaïques.

Solutions citoyennes...et numériques

« Une enquête Harris Interactive, réalisée pour le jeune mouvement citoyen LRF, révèle que 8 Français sur 10 jugent que les citoyens sont plus capables de trouver des solutions que les hommes politiques. » (Le Figaro) Parmi les solutions concrètes pour que le lien tissé ne s'évapore pas : la newlsetter HappyDemocracy de Voxe.org pourrait donner des nouvelles de tous les mouvements citoyens et un agenda de même qu fédère déjà la "civic tech" sur meet up. L'idée d'un label pour l'ensemble des mouvements citoyens a été évoquée.  

Voxe a déjà une plateforme opérationnelle en en développement complémentaire, d'autres sont en cours d'expérimentation, Démocracy OS, Stig. « Comment le numérique peut associer les citoyens aux décisions budgétaires ? », telle est la solution proposée par Gilles via une plateforme numérique.http://budgetparticipatif.info. La méthode de fonctionnement de DO : la plus démocratique possible, des « cercles » thématiques peuvent être ouverts par les membres qui les animent. Une prochaine rencontre organisée par Synergie Démocratique le week-end du 16 et 17 avril à Saint-Ouen avec l'objectif similaire de rencontre entre collectifs. Et enfin une grande Fête de la Démocratie annoncée par DO.

Aux manettes vidéo : DEMOS XXI. Pas pu citer tous les groupes et initiatives, la vidéo (documentaire en préparation) complétera.

« Démocratie Ouverte http://democratieouverte.org/ regroupe les acteurs français et francophones du renouveau démocratique – start-ups civiques, associations, collectifs citoyens - qui développent des solutions innovantes au service de davantage de transparence et d’engagement dans notre système politique ».

vendredi, février 12 2016

"A nous d'écrire l'avenir" Barbare (WEB) #5

Nouveau! Voxe propose une newsletter et un agenda démocratique. Inscrivez-vous !

"A nous d'écrire l'avenir" : Antoine Brachet annonçant le Week End Barbare (WEB) #5

L'agenda démocratique citoyen explose !

Pendant que le monde politico-médiatique se concentre sur la problématique de la réforme de la constitution et le remaniement ministériel, l'agenda démocratique citoyen explose! Un vent de fraicheur souffle sur la démocratie!

"Sommes-nous en Démocratie ? Existe-t-il des solutions pour débloquer notre système politique, pour rendre aux citoyens leur place en politique?" Agora 2017 a posé la question ce jeudi 11 février à Lyon au nom de Génération Citoyens : "Sommes-nous encore en démocratie?", - débat qu'on pouvait suivre en direct sur You Tube- Question presque dépassée! Les initiatives intéressantes, intelligentes, innovantes et surtout à la hauteur des enjeux explosent  partout en France. Janique Laudouar                                                                                                                             

Les Barbares (bienveillants)  Week End Barbare (WEB) #5

Ils se réunissent ce week-end du 12 au 14 février un Week End Barbare (WEB) #5.  "L'année dernière", raconte sur Medium Antoine Brachet l'un des fondateurs, "nous avions lancé l’opérationBarBar#1, rassemblant plus de 500 d’entre nous à l’Archipel le 31 mars 2015, dont 60 organisateurs." Et maintenant ...rencontre avec  : "les BarbActeurs, qui ont des projets en accord avec les valeurs du manifeste barbare (changer le monde avec les nouvelles règles que nous anticipons tous, positivement, sans se soumettre à la règle absolue du profit)."

26 BarbActeurs, ont proposé leur projet, et concocté pour le présenter une vidéo de 1 minute 30. On vous racontera.

Et pendant ce temps là, Démocratie Ouverte ...

De plus en plus d'adhérents à Démocratie Ouverte. Et ils préparent un BIG événement à la rentrée et se réunissent le 19 mars pour le préparer. On vous en dira plus bientôt...

dimanche, janvier 24 2016

LA DEMOCRATIE, C'EST MAINTENANT

« NE LEUR LAISSONS PAS 2017 ! »

Signe des temps, les militants n'attendent plus « les appareils » pour décider et « passer à l'action ». "Une primaire de gauche? Allons-y." Quelque 500 militants, associatifs, politiques, syndicaux ou simples citoyens lancent dimanche la création d'un "comité d’organisation de la primaire de gauche" annonce le JDD du 24 janvier 2016. L'appel au changement y figure : « Nous prenons en charge l’organisation de cette primaire. Nous allons faire de cet objet, encore non identifié, l’instrument d’un changement politique ». On y retrouve en autres Julien Bayou, Caroline de Haas et Eliott Lepers,  designer de politique, activiste, chef d'entreprise, écolo Mais surtout, «1000 citoyennes et citoyens, de tous les départements, de toutes origines de tous engagements». Libération avait déjà publié l'appel pour une primaire à gauche signé par divers intellectuels et politiques. Un site http://primairedegauche.fr/ est déjà en ligne signale Libération, avec budget (annoncé : 200 000 euros) et financement participatif.  A 150 kilomètres de Paris (Orne 61) Génération Citoyens organisait avec succès le 14 janvier l'inauguration de locaux en présence de Jean-Marie Cavada et de plus deux cent personnes. Le phénomène n'est pas uniquement  parisien. Janique Laudouar

Une approche ludique pour acculturer les citoyens à la loi : le projet Nesquiz, une démonstration lors du hackhaton à Numa par Jill Jên-Vie, en thèse à Orsay

OPEN LAW, OPEN DATA, OPEN GOV : Open Democracy Now!

Numa Paris vient d’organiser une rencontre le 22 janvier sur le thème Open Democracy Now avec Open Law et différents collectifs entre autres: Etalab, Regards Citoyens, Voxe, #MaVoix, DemocacysOS France. Le numérique apporte des solutions pratiques et concrètes au soutien et au développement de la démocratie ».  " En terme de révolution par l’intérieur,la technologie numérique nous permet déjà d'envisager des changements radicaux des processus politiques et administratifs existants. L'innovation peut-elle être publique ? C'est le pari d'Etalab lors de la réunion de mai 2015 « Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ?" Introduction à Open Gov par République citoyenne, Lancelot Pecquet modérait la rencontre.

"Numérique, politique et démocratie : implosion et explosion annoncées",  avait prédit Léonore de Roquefeuil, co-fondatrice de Voxe. dans http://www.democratiemiseajour.fr/ en parlant de ces "citoyens-hackers" La rencontre se concluait le samedi 23 janvier par une forme de hackhaton avec développeurs autour de la construction de plate-formes numériques de vote et de solutions open source.

Ce foisonnement rejoint la prédiction que nous avions faite à propos de l'économie collaborative  «Les politiques s'enlisent, les français s’organisent »,

Ci-dessus Emmanuel Raviart, développeur à Etalab, et Quitterie de Villepin, #MaVoix. Ci-dessous Benjamin Ooghe-Tabanou Regards Citoyens et Léonore de Roquefeuil, Voxe

lundi, septembre 14 2015

Nouvelle Démocratie : la relève politique

"Vite, faites entrer les barbares" : "la démocratie face à la révolution numérique, transformer les relations entre la puissance publique et les citoyens" "réinventer les élections" étaient parmi les thèmes de la conférence sur la démocratie de Nicolas Colin du 9 juillet 2015 à The Family en partenariat avec l'Institut Montaigne. Qui sont les "Barbares"? A l'origine des entrepreneurs du numérique décidés à "débloquer la France". Une élite éclairée et rompue au digital, certes, mais cet automne c'est la société civile "ordinaire" qui partout en France semble vouloir se mettre en ordre de marche et "hacker" la démocratie.

La société civile en ordre de marche pour renouveler la politique

Il y a quelques mois, ils étaient encore invisibles. « Hors du radar ». Mais en cette rentrée politique, impossible de les ignorer. Qui ? Nous, vous et moi, la société civile, citoyens qui agissons, porteurs de nouvelles valeurs. Il y a plusieurs mois nous les annoncions. Ils sont là et bien là. Et pas seulement en France. Le phénomène est international. Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, DemocracyOS s'étend dans le monde, El partido de la Red en Argentine, Islande, Tunisie. Et il sonne comme un avertissement. Et un espoir : une renaissance politique.

(Image : à OuishareFest 2015 trois femmes en politique  , Pia Mancini DemocracysOS, Léonor de Roquefeuil, Voxe, Primavera de Filippi (chercheuse expert blockchain), discutent des plateformes numériques!

L'émission C dans l'air le 25 août sur la 5 avait pour sujet «La tentation Varoufakis», citant l'ex ministre grec comme exemple de dissidence des gouvernances classiques. Sur le plateau seule Corinne Lepage semblait avoir conscience de la profonde mutation politique en marche « "On est au début d'une uberisation de la politique". Et de décrire une classe politique « hors sol » qui continue à penser en terme d'échéance électorale. Quand elle souligne le foisonnement de mouvements porteurs d'idées en marche et d'actions en cours, immédiatement l'un des intervenants les qualifie de « populisme », et de masquer par une connotation négative son incompréhension du phénomène. Car le plus stupéfiant c'est qu' « ils » ignorent l'explosion ou font semblant de l'ignorer. « Ils », le pouvoir, la classe politique « classique », les élus, les « élites déconnectées », bref le petit monde politico-médiatique, celui qui devrait être le plus informé, le plus à l'écoute

« Pas sans nous ! »

« Pas sans nous !» (nom de la Coordination Nationale « Pas sans nous »http://www.passansnous.org ) semble être le cri du cœur des citoyens las des lois qui continuent à tomber comme des couperets sans consultation autre que le traditionnel va et vient entre Assemblée nationale et Sénat. Las des annonces non suivies d'effet. Las du dysfonctionnement récurrent d'une administration « centrale » demeurée par nature conservatrice, dont la force d'inertie exaspère. Las d'une justice dont la lenteur et les délais hors norme ne semblent jamais remis en cause. Las enfin des mesurettes là où ils attendaient des changements structurels. Les gouvernances semblent devenues peu à peu inadaptées pour faire face au monde présent et au monde qui vient. C'est à la fois un constat politique mais aussi un ressenti exprimé ou tacite dans les populations qui ne sentent pas écoutées et dont les préoccupations prioritaires ne sont pas prises en compte.

Avant l'été plusieurs débats et séminaires ont dénoncé cette fausse démocratie et la nécessité d'aller vers un autre type de gouvernance, une nouvelle démocratie. « Les vieilles pratiques démocratiques se périment à toute vitesse et l’essoufflement de notre modèle politique appelle une réponse, sous peine de voir les mouvements contestataires se multiplier. » prédit Nicolas Colin co-fondateur de The Family où avait lieu la conférence très suivie « Les barbares attaquent...la démocratie » en partenariat avec l'Institut Montaigne. Etaient intervenants,Thierry Favre, fondateur de Democratech, Arthur Muller, Co-founder de Liegey Muller Pons,Camille Vaziaga, déléguée générale de Renaissance Numérique.  Le Forum « Changer d'ère » organisé à la Villette donnait des pistes concrètes et exposait les solutions expérimentées par les citoyens. Joël de Rosnay et d'autres y présentaient un avenir imaginatif et porteur d'espoir. Joël de Rosnay figure parmi les contributeurs de La Revue du Cube avait choisi pour thème de son dernier numéro #8 de mai 2015 « Révolution positive ». Le prochain thème sera encore plus précis : « Refondation ». « Le 14 juillet 2015, le Conseil économique social et environnemental (CESE) et l’Institut des Futurs souhaitables se sont unis pour mettre en lumière ces héros et héroïnes, ces « révolutionnaires positifs » . « 150 collectifs porteurs d’une vision alternative, optimiste et inclusive de l’avenir » http://congresdufutur.org/     

La nouvelle démocratie : la relève politique est assurée

Croire en la refondation de la démocratie, oui mais avec qui ? Et là c'est plutôt réjouissant car la relève semble assurée. Face au déluge législatif, lois ficelées à la hâte et qui révèlent ensuite leur inadéquation au «terrain » et leurs failles, Parlement & citoyens propose la co-gouvernance et la co-construction des lois. Avec certains élus conscients de la nécessité de co-gouverner. Une nouvelle plate-forme en ligne et son mode d'emploi permet de s'inscrire et de faire des propositions. Des députés ont rejoint le projet. Le rapport du maire-adjoint de Lille à la secrétaire d’État en charge du numérique Axelle Lemaire prône un véritable « partenariat public-privé-population ». Mais ces préconisations seront-elles adoptées par le gouvernement? Les collectifs, eux, sont libres d'agir MAINTENANT. Démocratie Ouverte grandit vite et de vient de fusionner avec le groupe animé par Michel Briand, Gouvernance contributive. Selon Armel Le Coz : «D’une poignée de co-fondateurs passionnés et de porteurs de projets démocratiques » le mouvement fédère de « de plus en plus de citoyens qui cherchent des espaces pour s’engager et agir concrètement en faveur de la transition démocratique. » VOXE recrute et cherche des passionnés de démocratie participative « intéressés par la politique, autonomes et qui ont envie d'agir dans la transition démocratique. » La transition se prépare dès maintenant : « en 2017, nous n'avons pas envie de voter pour vous » déclare https://democratech.co/ «  Autre collectif, Regards Citoyens, dont les membres « se sont rencontrés sur Internet dans un désir commun de proposer un accès simplifié au fonctionnement de nos institutions démocratiques à partir des informations publiques. » « Inventer la démocratie du XXIe siècle, un débat à la fois: DemocracyOS arrive en France. « Ré-inventer la Démocratie c'est possible. Partons à la rencontre d'idées, de personnes, d'outils, pluriels et innovants » affiche DEMOS XXI le web-documentaire qui espère réunir les fonds sur Kiss kiss bang bang.

L’Institut des Futurs souhaitables « participe de cette dynamique à un moment clef où partout dans le monde, les porteurs d’innovations concrètes se révèlent et se rassemblent. » Le tirage au sort est un dispositif qui revient souvent comme alternative à la démocratie représentative. Etienne Chouard milite depuis longtemps en sa faveur, et pour l'écriture d'une nouvelle constitution écrite par les citoyens. En Belgique « Le député Peter Vanvelthoven, c’est son nom, veut que les sièges du sénat ne soient plus occupés que par des citoyens tirés au sort ! » Le collectif #MaVoix (lancé au printemps) par Quitterie de Villepin souhaite aussi le tirage au sort. Une simple page sur Facebook au printemps a fait boule de neige. On peut y lire le manifeste du collectif qui lui aussi grandit. Des députés volontaires éduqués par des MOOC puis ensuite désignés par tirage au sort pour défendre les demandes citoyennes. Dans #MaVoix, des compétences, des têtes bien faites comme Valentin Chaput qui pratique l' « open source politics » transparence, échange d'information, réunions ouvertes grâce à l'application meet up. DEMOS réclame une chose simple : 6 Lois par an, décidées par et pour le peuple. Les citoyens exigent le remplacement du Sénat par des Assemblées Démocratiques dont les membres pourront être vous et moi. Mais cette « chose simple » est-elle souhaitée par les gouvernants en place ?

Et pendant ce temps là...la classe politique

« Et pendant ce temps là », écrit Jacques Attali dans l'Express du 26 août au 1 septembre, « la classe politique prépare benoitement sa rentrée sur le mode le plus traditionnel et le plus éloigné des enjeux -bref le plus nul, le plus indigne du pays. » Cynisme, ignorance ou indifférence, le manque d'écoute de la société civile devient criant et le silence des élus assourdissant face à l'explosion des aspirations et actions citoyennes. « Ici à Brest en fin de mandat la gouvernance contributive et l'innovation sociale ouverte ont été inscrites dans le programme de l'équipe élue. Mais dans la réalité, très peu d'élus s'approprient ce changement de paradigme vers une société contributive » nous dit Michel Briand, membre du Conseil national du numérique, initiateur du Forum des Usages Coopératifs à Brest qui en en 2014 avait anticipé la mutation politique et le nouveau rôle de l'élu. « Ceux qui gouvernent n’ont pas intérêt à soulever la question du bon gouvernement. Gouverner aujourd’hui, c’est essayer de survivre, c’est séduire. L’intérêt des gouvernants est de rester dans une telle conception archaïque du pouvoir comme propriété personnelle, comme outil de manutention des esprits et d’élimination des adversaires. »constate Pierre de Rosanvallon, professeur au Collège de France auteur de nombreux ouvrages sur la démocratie et fondateur du projet« Raconter la vie », donner la parole aux « invisibles »,  « pour remédier à la mal-représentation qui ronge le pays. » Il vient de publier « Le Bon gouvernement ». « Le centre de gravité est aujourd’hui la relation gouvernés-gouvernants. »

Et Demain? 

« Facebook a compté un milliard d’utilisateurs connectés en un seul jour » soit « 1 habitant de la terre sur 7 »(http://www.presse-citron.net/lundi-un-habitant-de-la-terre-sur-sept-etait-sur-facebook/. La civilisation du numérique rend caduque l'actuelle relation gouvernants avec tout pouvoir, gouvernés qui subissent. Avec l'arrivée d'Internet en France l'interactivité est entrée depuis 20 ans dans les usages des citoyens qui sont mûrs pour une vraie démocratie qui inclut leur participation et leur expertise. « Chacun, citoyen, journaliste, webmaster ou autre peut s’emparer de la plateforme et l’enrichir. » affiche Voxe. « Parlement & Citoyens «  permet aux citoyens et aux parlementaires de rechercher ensemble les solutions aux problèmes de notre pays » grâce à une plate-forme où il suffit de s'inscrire pour proposer ou commenter une loi. Une interaction permanente entre gouvernés-gouvernants, grâce aux plate-formes numériques et aux applications qui rend la fluide, est la nécessaire condition de la démocratie aujourd'hui.

Voxe.org est finaliste de GoogleImpactChallenge 2015. Vous pouvez voter : https://impactchallenge.withgoogle.com/france2015/charity/voxe

La 4ème édition du LHFORUM / Positive Economy Forum au Havre du 16 au 19 septembre 2015
http://positiveeconomy.co/fr/positive-economy-forum-le-havre-2015-2/

L'émergence des communs populaires http://tempsdescommuns.org/
http://tempsdescommuns.org/jardins-partages-en-communs/
  Festival francophone des communs du 5 au 18 octobre 

"Curieuses démocraties" Saillans, 18-20 septembre 2015 http://www.curieusesdemocraties.org/

http://www.ted.com/talks/pia_mancini_how_to_upgrade_democracy_for_the_internet_era?language=en

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20141219.OBS8339/start-up-ces-barbares-qui-veulent-debloquer-la-france.html

vendredi, juin 12 2015

Ma contribution sur Parlement & Citoyens : co-construire la Justice à l'ère numérique

Co-construire la Justice à l'ère numérique

La nouvelle version de Parlement & Citoyens est opérationnelle ! Ma contribution "Co-construire la Justice à l'ère numérique avec et par les citoyens" est aujourd'hui 12 juin est  particulièrement d'actualité : on découvre une fois de plus les failles de notre système judiciaire dont nous avions déjà souligné la lenteur. L'aspect balzacien de certains cabinets d'instruction laisse rêveur... Après 4 ans d'instruction la relaxe est prononcée pour Dominique Strauss-Kahn. Un commentaire de Jack Lang sur BFM TV relayé par le Hufftington Post fustige ces "instructions  inconsidérées, bâclées" et parfois uniquement à charge. "Une fois de plus, la question de l’institution du juge d’instruction est posée en France. Cette situation dans laquelle un juge d’instruction peut mettre en cause l’honneur et la dignité d’un homme ou d’une femme pendant des années est inacceptable"déclare-t-il. Ces carences ne concernent pas seulement les "people" et les personnalités médiatico-politiques, mais aussi de simples citoyens. Et puis  aussi le journaliste blogueur, le lanceur d'alerte, le fonctionnaire en désaccord avec son administration.

Nous souhaitons la collaboration du citoyen à ce qui le regarde au plus haut chef : une justice moderne, accessible, lisible, qui n' a plus peur d'admettre ses erreurs et d'ouvrir de vraies voies de recours en défense des libertés. Pour y arriver : l'implication active des « pratiqueurs », pour reprendre le terme du chercheur d'Emmanuel Mahé et des « experts amateurs » que sont devenus les citoyens aujourd'hui, et qui peuvent être des collaborateurs, des co-auteurs, à l'ère de la participation et de l'interaction.C'est pourquoi loin de dresser un plan tout fait, nous proposons quelques pistes pour une « Justice numérique » qui seront complétées par la réflexion collective.

Janique Laudouar

Une "ambition numérique" dirigée vers les citoyens

Thierry Mandon Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification  visite le 19 mai  les ateliers organisés par la Mission Etalab et animés par Colibri "« Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ? "C'est la co-construction des lois qui vient en tête des sujets plébiscités.

Il est plus que temps de faire entrer notre système judiciaire dans l'ère numérique". Ce constat issu de la  consultation "Ambition numérique"(CNNum) devient une urgence. 95% des citoyens sont mécontents de la justice, de sa lenteur, de son opacité, de ses lois archaïques et complexes, et appellent à une simplification. Dans cette même consultation du CNNum, l'Ordre des avocats de Paris écrit "Le monde est devenu numérique alors même que la justice et le droit français continuent de l'aborder avec les outils légués par le XXème siècle".  On cite justice et médias, justice et politique, mais on oublie trop souvent la justice ordinaire qui par son incapacité à entamée une réforme dirigée vers les citoyens envahit leur vie parfois pendant des années avec des instructions qui s'éternisent.

Steeve Morin, développeur informatique, a entrepris de transférer le code civil sur le site GitHub https://github.com/steeve/france.code-civil qu'utilise la communauté des développeurs. "les "commits" soit les changements en terme de code, en sont plus faciles à lire que la liste de 40 décrets!"

"Les parlementaires font-ils la loi ?" On peut citer aussi La Fabrique de la Loi http://www.lafabriquedelaloi.fr/ qui permet d'explorer plus de 290 textes de lois, une initiative de Regards Citoyens, projet de recherche mené avec Sciences-Po.

Il y a aussi http://oz-imagidroit.tumblr.com/, « représenter le droit français avec des images et des shémas (Olivia Zarcate, Imagidroit) «  juriste de formation, a créé Imagidroit en 2012 pour faciliter l’accès au droit grâce à la pensée visuelle ».

Co-construire la loi

Lors du Forum Ouvert le 19 mai « Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ? » organisée par Etalab, c'est la co-construction des lois qui est arrivé en tête des usages démocratiques à instaurer. Rappelons que « la politique d’ouverture et de partage des données publiques (« Open data », voir le site https://www.data.gouv.fr/ est pilotée, sous l’autorité du Premier ministre, par la mission Etalab. Et que l'ouverture des données va modifier de façon internationale les rapports entre citoyens et administration. « Le numérique est ainsi une opportunité pour renouveler, enrichir, étendre la participation et la co-construction entre l’Etat et les citoyens. » peut-on lire sur  le blog de la mission Etalab https://www.etalab.gouv.fr/gouvernement-ouvert. Ou encore sur le site du « La transformation de l’État implique beaucoup de créativité, de dialogue et de capacité à dépasser des références devenues obsolètes. » (Thierry Mandon, Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification.

Actuellement une loi, même quand elle est défaillante ou inapplicable, reste très difficile à amender et à réformer avec des navettes interminables entre Sénat et Parlement. Un exemple : la loi sur les protection des majeurs qui donne tout pouvoir aux mandataires judiciaires , dénoncée par des dizaines de collectifs et d'associations qui protestent et crient leur souffrance et leur révolte face aux abus, par les médias, des publications. Mais ils ne sont pas entendus.

 L'amélioration rapide des lois existantes est une mission impossible actuellement . Que les lois soient expérimentées avant d'être lancées comme une barque fragile dans l'océan législatif semble une évidence acquise...mais non mise en œuvre.

Justice et numérique, à quand?

Il est temps de mesurer les enjeux de ces carences graves du à l'archaïsme: on commence à dire tout haut le ravage que peut créer dans la vie d'innocents des instructions hâtives, pour ne pas dire « bâclées, inappropriées », pour reprendre les termes des propos de Jack Lang par certains magistrats débordés et peu soucieux d'humanité, méprisant violents parfois, avec le justiciable même et surtout quand il est innocent et peu au fait du « système ». C'est un tort fait aux juges qui font preuve de conscience et de compétence, comme l'éthique des magistrats d'ailleurs l'exige, le Conseil supérieur de la magistrature a publié en 2010 " un « Recueil des obligations déontologiques des magistrats », librement accessible au public, afin de renseigner les citoyens et de guider les magistrats sur les exigences éthiques résultant de l’exercice de leurs fonctions."

"Il lui revient : d' améliorer sa formation pour éviter le retard de la procédure causé par son approche non professionnelle. de maintenir pendant toute sa vie le haut niveau de compétence professionnelle d'utiliser tous les outils juridiques, avec lesquels il se familiariser.

Dans chaque procédure, il veille à fixer des délais raisonnables aux parties et à lui même.

Le juge fait tous les efforts pour être le plus prompt possible et pour rendre ses décisions sans retard"

Hors le Juge a-t-il fait l'effort suffisant pour remplir ces obligations quand on voit les délais se prolonger et les outils numériques ignoré?
Certains le font depuis longtemps, citons Antoine Garapon " Le 7 avril dernier, “Le procès civil en version originale”, premier livre numérique juridique réalisé par Antoine Garapon et des chercheurs associés à l’IHEJ, a reçu le Prix du Cercle Montesquieu 2015."
Le juge unique est actuellement tout puissant alors que la collégialité avait été annoncée. Il n'y aucun recours réel pour le justiciable contre l'abus de pouvoir d'un magistrat. Il faut une réforme de la justice pénale et civile qui intègre le vécu et les demandes des citoyens, des avocats, et ne soit pas uniquement élaborée par les professionnels du droit des ministères, les syndicats de magistrats. Les mises en examen abusives avec au bout de 5 ans un non-lieu sont inadmissibles et ravagent la vie des citoyens les menant parfois au suicide. Manque de moyens? Manque surtout des usages de bases du numérique (liens hypertextuels, mots clefs-clefs etc). Il en résulte des tribunaux débordés qui n'ont plus le temps, ni de faire procéder à une véritable enquête préliminaire avant mise en examen, qui est un acte grave, ni de prendre connaissance des dossiers, ni d'examiner le profil du justiciable, ni de l'informer correctement sur les délais et coûts prévisibles de la procédure. Dans la pratique, la loi n'est plus respectée et les délais sont hors normes.

Dans un article du HuffPost l'avocat Dominique Inschauspe s'exprime. « Le véritable scandale est ici: dans son rapport de 2007, la Commission de suivi de la détention provisoire estimait que, en 2005, quelque 1100 personnes détenues avant procès avaient été libérées après avoir été blanchies. Plus d'un millier d'innocents libérés chaque année! Le plus long de ces délais (cas d'infractions graves avec une dimension internationale) est de 6 ans et 8 mois: près de 7 ans en détention sans être jugé."(...) Il faut en terminer avec de tels abus et il n'y a qu'une seule réforme possible: que la loi réduise ces longs délais maximum."

Plus récemment l'avocat pénaliste Eric Dupond Moretti a fait des déclarations publiques courageuses sur certaines instructions, et a fait parvenir le 14 mai 2015 à tous les députés avocats un courrier avec une proposition de loi concernant le secret professionnel des avocats,", « à la suite des révélations concernant la surveillance téléphonique de notre Confrère Thierry Herzog ». Encore un signe nécessaire de la co-construction de la loi avec ceux qui en subissent les débordements.

Citons un extrait du récent rapport de Pierre Delmas Goyon, conseiller à la cour de Cassation auteur principal d'un travail demandée par la Garde des Sceaux dans le cadre de "La Justice au XXIème sicèle, sur le « Juge au XXIème siècle », et qui préconisait « un citoyen acteur, une équipe de justice ». "Le groupe de travail sur ''le juge du 21ème siècle'' a fait 67 propositions (voir le rapport) parmi lesquelles la création d'une plateforme de règlement en ligne des litiges et d'un acte de procédure d'avocat, le développement de la médiation familiale, l'amélioration des supports d'information des juges ou encore la possibilité pour les justiciables d'accéder par internet aux procédures qui les concernent afin de faciliter le suivi."

« Proposition n° 13. Faire préparer par des assistants de justice, à la demande du juge d’instruction ou du juge des libertés, des synthèses, établies selon un modèle-type afin de garantir leur objectivité, qui seront officiellement versées au dossier. L’objectif recherché est de faciliter la prise de connaissance de dossiers très volumineux par des intervenants multiples (juge d’instruction, JLD, ministère public, avocat, chambre de l’instruction, juridiction de jugement), sans induire une lecture partiale ou tronquée. »

Voilà une proposition que le numérique peut concrétiser rapidement. Mais les mentalités du monde clos de la Justice sont-elles prêtes à l'accepter?

Notre objectif : réduire le volume des dossiers, simplifier, accélerer

Notre objectif est assez simple et s'inspire sur le plan de droit de certaines propositions des rapports issus de « Justice du XXIème siècle » en s'appuyant sur la culture numérique pour leur mise en œuvre. Nous souhaitons la collaboration du citoyen à ce qui le regarde au plus haut chef : une justice moderne, accessible, lisible, qui n' a plus peur d'admettre ses erreurs et d'ouvrir de vraies voies de recours en défense des libertés. Pour y arriver : l'implication active des « pratiqueurs », pour reprendre le terme du chercheur d'Emmanuel Mahé et des « experts amateurs » que sont devenus les citoyens aujourd'hui, et qui peuvent être des collaborateurs, des co-auteurs, à l'ère de la participation et de l'interaction.C'est pourquoi loin de dresser un plan tout fait comme objectif, nous proposons quelques pistes pour une « Justice numérique » qui seront complétées par la réflexion collective.

Nous citons ici quelques propositions de notre projet, merci à Anthony Masure professeur agrégé, docteur en esthétique et designer pour sa veille active et ses invitations à des séminaires et au groupe Design en recherche.

Faire appel au design et au design de service pour « redessiner » une justice co-élaborée par et pour les citoyens

1 Une justice co-élaborée avec les citoyens et des designers, et non par les seuls techniciens du droit. Il en ressortira une simplification sur le fond et sur la forme, une justice lisible et si possible transparente. Ce n'est pas le fonctionnement interne de la justice qui doit guider le législateur et présider à la loi : le ressenti et le témoignage du vécu quotidien des citoyens doit être intégré comme réalité essentielle, ce qui n'est pas le cas actuellement avec certaines lois trop « loin du terrain » donc contestées.

2 Réduire le volume des dossiers non par une simple copie numérique du dossier, mais par l'usage dans les pièces du dossier et procès verbaux d'audiences des mots clefs, des liens hypertextuels, logiciel de reconnaissance d'écriture manuscrite (OCR) etc. Une harmonisation entre les logiciels utilisés pour le compte-rendu des services de police et compte-rendu des audiences serait souhaitable.

3 Réduire les délais : alors que la marche du monde s'accélère, la justice s'arroge le droit d'être hors délai. Nous proposons de normer les délais, d'inscrire des dates-limites comme il y en a dans toutes les administrations. Pour le justiciable, par contre on note parfois des délais complexes ou très courts pour réagir en appel.

4 Normaliser grâce à l'open data et le recueil des données des jugements appliqués dans les juridictions aujourd'hui disparates en matière civile et pénale. Cela suppose une correspondance entre juridictions aujourd'hui inexistante : il peut y avoir une lecture différente du même dossier par deux juridictions et des peines très différentes, ce qui n'est pas admissible.

5 Instituer une base de données accessibles aux avocats comme aux magistrats et aux citoyens. Re-coder éventuellement la loi dans un souci d'accessibilité comme le fait actuellement

6 En matière pénale : les magistrats en cas de comparution pour mise en examen seront obligés d'indiquer très précisément les faits et les « indices graves et concordants » repérés par mot-clefs dans les dossiers et non une simple ligne du code pénal qui ne peut renseigner ni le « mis en cause » ni l'avocat sur la nature des faits reprochés. Cette obligation limitera on l'espère les mises en examen abusives.

7 Sécurité et protection des données, justification des écoutes, seront étudiés parallèlement, avec la CNIL, par exemple. On veillera à la limitation des abus possibles dans le cadre de la loi sur le renseignement.

8  Une étude de cas sera proposée dans un premier temps comme projet de recherche expérimental entre un laboratoire de droit, un laboratoire de design un département relevant d'une administration concernée, si possible Etalab et/ou le Secrétariat d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification

dimanche, janvier 11 2015

Ils ont accompagné nos vies, nous les accompagnons.

"Nous, Charlie, sortirons notre journal mercredi prochain »

Ils ont accompagné nos vies, nous les accompagnons

Au-delà du chagrin et de la révolte, qui eût cru que cette bande de talentueux potaches d'un hebdo que son public avait parfois un peu délaissé allait avoir entre le 7 janvier et le 11 janvier 2015 une influence planétaire qui on l'espère va perdurer? Ouvrir les yeux, devoir de vigilance mais aussi un immense devoir d'analyse critique : il faut arrêter d'interpréter le terrorisme avec les seuls critères de notre culture occidentale. Sous-estimer et ne pas nommer la violence ne peut mener ni à son évaluation, son anticipation et encore moins à son éradication. Et en attendant, achetez CharlieHebdo    Janique Laudouar


                                                  

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dimanche, octobre 12 2014

La politique, c'est vous !

Après le Forum des Usages coopératifs à Brest en juillet, le Positive Forum au Havre en septembre, le Forum de Mulhouse les vendredi 24 et samedi 25 octobre 2014.

"Une économie qui a du sens"

Et lancement en octobre du mois de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) avec des manifestations en novembre et dans toute la France. "Le Mois de l’ESS est une campagne événementielle d’envergure qui existe depuis maintenant 7 ans. Conférences, ciné débats, ateliers, colloques, manifestations de sensibilisation, sur l’ensemble des territoires et en lien avec tous les thèmes  de l’ESS comme  l’achat responsable, l’épargne solidaire auxquels vous êtes tous conviés!

"Les citoyens, acteurs-clefs de la société positive.

Changer la société est un projet collectif qui repose sur chacun de nous."

Manifeste pour une société positive, ouvrage coordonné par Jacques Attali (Mille et une nuits)

"La politique, ça ne sert strictement plus à rien, droite ou gauche".

 (Oriane, auditrice, intervenant sur Europe 1 le lundi 13 octobre).

"On voit qu'il n'est plus possible de perpétuer les « silos verticaux » de notre monde politique. Au moment où la défiance envers les élus actuels s'avère croissante, il y a un nouveau rôle enthousiasmant pour une classe politique rajeunie, renouvelée ou éclairée. Et peut-être féminisée."


Janique Laudouar

Même si ce blog n'est pas un wiki, n'hésitez pas à nous faire part des initiatives innovantes que vous rencontrez.
                                     

L'intelligence collective est là!

Partout en France des séminaires, des agoras, des forums, des initiatives où étincellent la parole et surtout l'action, et l'imagination des citoyens, entreprises, associations, collectifs. Et ça marche. Les gens se démènent pour l'emploi, pour une vie meilleure, pour une planète habitable, pour faire émerger l'innovation ou faire respecter la tradition. De l'imprimante 3D aux églises de village. a échange, ça partage, ça interagit, ça compare, ça invente, ça VIT et ça BOUGE.

Internet est redevenu ce qu'il a toujours été, pour qui sait explorer en dehors des lieux communs et du commerce : une caisse de résonance d'une nouvelle société, qui est en train d'émerger « en dehors du radar » pour reprendre l'expression de Jacques-François Marchandise dans sa brillante conclusion au Forum des Usages Coopératifs de Brest (du 1 au 4 juillet 2014). Pendant ces jours ont fourmillé des exemples d'actions « positives » et de partage de bonnes pratiques. Michel Briand qui vient de quitter son poste d'élu à Brest est à l'origine du Forum qu'il a souhaité comme « un lieu où les faiseurs se rassemblent » Il a guidé Axelle Lemaire, secrétaire d'état au numérique dans les ateliers citoyens. Le thème cette année était  Territoires et dynamiques contributives, la coopération en marche. Le retour d'expérience sur une politique publique du numérique à Brest permet à Michel Briand d'esquisser un: "Premier pas vers une gouvernance contributive" en impliquant les personnes et en "changeant la posture des élus et services qui deviennent animateurs plus que prescripteurs." Le bouillant Jean-Michel Cornu donnait des clefs pour travailler en collectif sans se prendre la tête, expérience gagnée via la plateforme en ligne "des idées issues de l'intelligence collective" Imagination for people. Imagination for People vous propose une plateforme collaborative multilingue en mode open source dédiée à l'innovation sociale et à la créativité citoyenne."

Encore plus récemment Jacques Attali a réuni lors du Positive Forum Economy au Havre du 24 au 26 septembre 2014 un bouquet d'actions émanant « de la base », c'est-à-dire « des gens », qui se prennent en main et décident de faire bouger les lignes ou de changer leur vie, prélude à changer le monde. Des exemples de chefs d'entreprise rodés, de start-ups à succès de l'économie collaborative mais aussi d'initiatives spontanées parce que nécessaires dans le désert africain ou la banlieue parisienne. Nous reviendrons plus précisément sur ce Forum stimulant et documenté.

Un atelier collaboratif au Forum de Brest

ll y a aussi, selon Cyrille Giquello du Pôle CoopAxis à  l'exemple du logiciel libre qui fonctionne de façon planétaire et a ouvert la voie d'un mode de fonctionnement réussi où la compétition s'efface pour laisser la place au bien commun. Hébergé par une pépinière d'entreprises et voisin d'une future « cantine numérique » de Tours, le Pôle CoopAxis (Pôle territorial de coopération économique, PTCE) a adopté un mode de fonctionnement non vertical, ouvert et transparent, dans l'objectif de favorise l'innovation sociale par le numérique.«´un écosystème constitué d´acteurs et d´outils animés par une structure collective. » Même ouverture d'esprit pour les voisin la Scop Artefacts ou le  Cresol (Réseau d’Economie Solidaire), qui a pour mission de diffuser l'économie sociale et solidaire (ESS) et qui propose des actions dans le cadre de la manifestation nationale du mois de l'ESS en novembre. On pourrait multiplier les exemples d'initiatives locales innovantes un peu partout en France : Rennes, Strasbourg, Brest et aussi en milieu rural où les écoles de code et les tiers lieux fleurissent. Start-up week-end, coding goûter, code à distance, webschool, école numérique au vert, tels sont les mots teintés d'anglo-saxon dont les jeunes entrepreneurs couvrent le territoire. Ces expériences s'appuient sur le numérique et fonctionnent en réseau de cooptation, maillant les territoire de points d'action à identifier et suivre.

«Aux actes, citoyens !»

« Avec la diffusion des supports numériques mobiles, la relation de la population au pouvoir est radicalement modifiée : la démocratie devient possible. » analyse Florence Durand-Tornare dans son article « Élus, dormez tranquilles, les citoyens connectés veillent !de Liberation du 6 octobre 2014.Sur internet et ses dérivés, cette nouvelle démocratie se joue déjà en direct et par «le bas» en créant des mouvements d’opinion et de l’interaction horizontale. Loin du marketing politique, de ses méthodes descendantes et de la sondocratie, des citoyens créent des liens et des repères pour agir localement. »

Que les citoyens agissent et à une échelle nationale est encore très loin d'être repéré et pris au sérieux pas les partis et par le monde politico-médiatique. Deux France semblent se superposer, l'une « officielle » et l'autre plus souterraine mais bien plus porteuse de valeurs et surtout capable de prospective ! Inventer les usages de demain, les emplois de demain.

« Mulhouse c'est vous ! »Le Forum Libération de Mulhouse les vendredi 24 et samedi 25 octobre 2014 à la Filature, le Forum va dans quelques jours aborder ce qui devrait être aborder par les partis politiques et ne l'est pas : la participation des citoyens à la vie politique. Parmi thèmes abordés « La société civile ne cesse d'inventer des formes d'engagements qui dépassent le militantisme traditionnel. » ou encore La démocratie en réseau Internet décuple les possibilités d'information et d'action des citoyens dans la ville. Et aussi La confiance règne !Tentons de comprendre les raisons du pessimisme qui accapare notre société, et inversons la tendance !

Déjà de nombreux articles vont dans ce sens : «Empowerment»et «community organizing» peuvent remobiliser les quartiers » prédit Réda Didi du Think Tank « Graines de quartier ». Autre Think Tank et proposition positive de Alexandre Jost : « Face à la défiance des hommes vis-à-vis de leur avenir, la Fabrique Spinoza, formule une proposition : celle de définir collectivement un cap de société vers le bonheur citoyen ; pour réenchanter le climat social et générer un dynamisme économique.»

Et si le monde officiel de la politique continue à s’agripper à ses places ; à l’obsession d’occuper ou de retrouver le pouvoir ?demandent Sandra Laugier professeur de philosophie et Albert Ogien -, il est à craindre qu’on n’entende bientôt les slogans qui ont résonné sur tant de places du monde : «Vous ne nous représentez pas», ou tout simplement : «Dégage !»

On voit qu'il n'est plus possible de perpétuer les « silos verticaux » de notre monde politique. Au moment où la défiance envers les élus actuels s'avère croissante, il y a un nouveau rôle enthousiasmant pour une classe politique rajeunie, renouvelée ou éclairée. Et peut-être féminisée.

Janique Laudouar

Quelques lieux qui bougent en territoire rural (à proximité de la Ménagère)

La Mutinerie Village et ses mutins,  Simplon numérique (Eure et Loir) école de programmeurs au vert.

Le Télécentre de Boitron (Orne) et sa formation de 6 mois de codeurs à distance

La Ruche qui dit oui permet de vous réunir pour acheter directement aux producteurs de votre région.

Ecopertica : centre de ressources sur l'éco-construction dans le Perche.

A noter le Codel (28), qui a proposé  le lundi 13 octobre à Chartres un événement "business contact" mettant en valeur les entreprises innovantes.Ici Elokence "solutions intelligentes de dialogue homme-machine", ici Akinator le Génie du Web.

Et toujours en Région Centre présentation du mois de l'ESS le 30 octobre à Orléans : L’Observatoire de la CRESS Centre  rendra compte d'une étude sur les filières d’avenir à explorer en région Centre. Economie verte (réemploi, écoconstruction, etc), tourisme, culture, numérique, mobilité, circuits courts ou encore silver économie et formation, pour permettre aux acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (associations, coopératives, mutuelles, etc.) d’investir ces filières."

Quelques lectures (à compléter)

Devenir soi de Jacques Attali

"Le Principe démocratie : enquête sur les nouvelles formes du politique», La Découverte 2014. Sandra Laugier et Albert Ogien

Vers la sobriété heureuse Pierre Rahbi

Renverser l'insoutenable Yves Citton

Éloge de l'anormalité Mathieu Pigasse

Quelques liens qui font bouger les lignes (à compléter)

imagination for people : "Plus de 2500 projets en lien avec l’innovation sociale sont déjà référencés dans 75 pays.

democratieouverte.org, vers plus de participation et de transparence

mondepute.fr

jeudi, juin 12 2014

« Ils vous ont donné leur voix, donnez leur la parole » : les citoyens veulent être consultés

L'association concert-urbain "mène une action originale afin de mettre les nouvelles technologies au service du dialogue et de la concertation sociale" et répertorient les sites qui vont dans ce sens.

Parmi les applications repérées : http://www.tellmycity.com/

"Tellmycity permet à tous de signaler un problème, suggérer une idée ou féliciter une initiative à partir d’un smartphone ou d’un formulaire web" 

La demande est là, les citoyens veulent être consultés sur les décisions qui les concernent, et pas seulement tous les 5 ans! Les outils existent. Mesdames et messieurs les élus, à vous de jouer!


dimanche, janvier 12 2014

« La justice du XXIè siècle » sera-t-elle rapide, lisible et collaborative ?

Les opinions des français sur la justice sont claires : ils sont 96% à penser que la justice est trop lente et presque autant qu'elle est trop complexe « La justice n'a pas un fonctionnement moderne », et aucune réforme n'a eu lieu depuis ...1958 souligne le premier Ministre Jean-Marc Ayrault en ouverture du grand débat professionnel « La Justice du XXIème siècle » les 10 et 11 janvier 2014. Cette rencontre, Christiane Taubira la souhaite « historique » dans cet immeuble de l'Unesco à l'architecture métissée qu'elle cite avec plaisir : Costa (Bresil) Gropius (Allemagne, Bauhaus) et bien sûr Le Corbusier pour la France. Pendant ces deux jours menés tambour battant autour d'ateliers de travail thématiques, le monde judiciaire s'éveille enfin, et avec un certain enthousiasme, à la nécessité de se réformer. On se connaît, on se salue, on se fait la bise, et on suit avec assiduité en prenant de notes et en posant des questions : le colloque fait partie de la formation continue des magistrats et avocats.

Que veut le "justiciable" ? Avant tout une justice rapide et plus simple.

Grand absent du colloque où il n'est pas représenté dans les interventions, où il semble avoir été peu consulté lors des rapports commandés par la garde des Sceaux, le justiciable est cependant, selon Christiane Taubira, «toujours au au cœur de la justice ». Il veut par dessus tout une justice plus rapide. L'enquête présentée par Jean-Paul Jean, avocat général près la Cour de cassation, donnera lieu à une publication détaillée début 2014 et peut servir de base pour les réformes annoncées : « raccourcir les délais » vient en tête, suivi par « simplifier les procédures » et « mieux informer », « améliorer les locaux » vient en tout dernier, ...alors que le grand chantier d'un nouveau Palais de Justice est entamé. Non seulement le justiciable veut des délais plus courts, mais il vaut aussi qu'on l'informe des délais prévisibles de la procédure et qu'il sache un peu mieux à quoi s'en tenir en terme de calendrier et de coût. Car en France on a des délais hors normes et ou les tribunaux débordés d'Ile de France déprogramment les audiences prévues d'une année sur l'autre. Une audience en appel devant le tribunal administratif de Paris arrive chez le justiciable stupéfait avec la date ...d'avril 2016 ! A l'époque du temps réel....

De la confiance à la défiance : crise des institutions, crise de la démocratie ?

« Les démocraties modernes doivent instaurer de nouvelles légitimités. » dira Pierre Rosanvallon professeur au Collège de France en introduction. Car le cœur du problème est là : la perte de confiance généralisée des français pour le monde politique commence à atteindre les institutions qu'on croyait inébranlables. La Justice fait partie de ces « institutions invisibles » dont les piliers étaient « confiance, autorité légitimité ». Mais qu'est-ce que la confiance : « c'est une hypothèse sur un comportement futur c'est un « économiseur de contrat ». Mais si on pense le contrat trahi, la confiance se délite …Coïncidence ou confirmation, le Baromètre de la Confiance politique du CEVIPOF qui parait le 13 janvier est au plus bas :  "ll faut parler de défiance politique, économique et sociale" déclare Pascal Perrineau à Arlette Chabot sur Europe1 , 87% des français pensent que les hommes politiques ne se préoccupent pas des gens comme eux.
Pour Fabienne Brugère, professeur de philosophie à l'Université Montaigne, Bordeaux, l'individu est devenu une valeur du monde social, le travail n'est plus le mode d'appartenance à un groupe, la sociabilité on la trouve aussi dans les réseaux. Ce sont ces changements majeurs et sans doute ne peut-on plus donner l'image du siècle dernier d'une justice opaque et menaçante dont le justiciable ne sait ce qu'il sortira après des années d'attente qui ravagent souvent sa vie. La justice civile quotidienne et ses multiples lourdeurs, lenteurs et rituels, peut être douloureuse et parfois meurtrière, tant son envahissement interminable des vies peut mener au suicide

Cet appel à une démocratie plus participative sera relayé par Jean-Paul Delevoye, Président du CESE, très applaudi, et certains des jeunes greffiers ou magistrats qui viendront témoigner du décalage entre le langage codé du magistrat et la difficulté à le comprendre du justiciable.

La Justice à l'« Age de l'accès » (Jeremy Rifkin) : une nouvelle proximité

Le Ministère de la Justice semble avoir tenu à distance la révolution numérique opérée par d'autres ministères comme le Ministère des finances où les citoyens depuis longtemps peuvent faire leur déclaration d'impôt en ligne. Ce qui accentue encore le décalage entre un citoyen « expert » et le Juge du XIXème siècle, tassé derrière son bureau aux murs couverts de milliers de dossiers « papier » dont il ne semble pas venir à bout - avec une unique greffière pour l'assister. Depuis l'arrivée du Web en France les citoyens sont rodés aux formes collaboratives de l'acquisition de la connaissance, forums, recherche, réseaux et sont eux-même producteurs d'information et d'expression. Pierre Levy décrit dès 1997 dans « L'intelligence collective » les phénomènes des collectifs intelligents déterritorialisés qui se forment et interagissent par associations, échanges. La proximité est une nouvelle exigence du justiciable pas tant la proximité géographique, que la proximité dans la relation. Être acteur, agir et interagir avec la Justice et pas seulement la subir, telle semble la nouvelle posture du « justiciable acteur » à l'âge de l'accès souhaité par Christiane Taubira. Face aux réseaux sociaux, l'image du Juge inaccessible, solitaire et souverain, semble obsolete aux magistrats eux-mêmes. S'annonce une justice plus collective reposant sur un travail d'équipe. Pierre Rosanvallon prône une décision délibérée plutôt que souveraine, et invite le corps des magistrats à apporter sa contribution à cette nouvelle dimension : la collégialité.

L'orange de la justice collaborative

Lors de l'atelier présidé par le nouvellement nommé Bâtonnier du Barreau de Paris Pierre-Olivier Sur, dont on a pu apprécier le sens l'humour et de la répartie, la médiation était le grand sujet, une justice sans juge et sans procédure, quel rêve ! Mais attention, l'ombre portée du Juge et aussi celle de l'avocat devront toujours se manifester et il a été clair que l'avocat était le bienvenu tout au long du processus de médiation. La notion de « greffière juridictionnelle » a été rejetée dans cet atelier,  non à un divorce low cost où les greffiers remplaceraient juges et avocats!

Combien de temps encore le justiciable va-il supporter que la perte d'une jambe vaille 25000 euros dans une juridiction et 40 000 dans une autre. « 25 000 euros pour une jambe,c'est tout ?» s'étonnera Pierre-Olivier Sur ajoutant « Ca se plaide !» Accélérer le traitement des dommages corporels par une base de données recensant les jurisprudences, comme en propose l'avocate spécialisée Claudine Bernfled, oui, un référentiel avec fourchettes et barêmes, peut-être, mais attention, chaque cas est singulier et les « barêmes » ne doivent pas empêcher le juge de décider ni l'avocat de plaider.

L'ORANGE DE PIERRE DELMAS-GOYON! Ce qui semble faire consensus c'est la justice collaborative, concept développé dans le rapport de Pierre Delmas-Goyon  « Le Juge du XXIe siècle, un citoyen acteur, une équipe de justice ». On m'explique le principe par la métaphore de l'orange : deux parties veulent la même orange. Dans la justice classique le juge tranche et attribue l'orange à l'un au détriment de l'autre. Avec la médiation : une part de l'orange est attribuée à l'un et une part à l'autre, même si les parts sont inégales, il y a un progrès. Avec la justice collaborative et un travail d'équipe, on prendra le temps de se pencher sur les motivations et les objectifs des parties et on découvrira qu'en réalité l'un a besoin de l'écorce pour des fruits confits et l'autre de la pulpe pour du jus d'orange ...et que le partage peut s'opérer à la satisfaction des deux parties.

En conclusion le Bâtonnier du Barreau de Paris Pierre-Olivier Sur voit 3 éléments émergents à l'horizon de la justice à venir  : un jugement par étape laissant la place à une tentative de rapprochement des parties avec le contrôle du Juge. Les avocats y sont prêts. Deuxième tendance, le contentieux de masse -on l'a vu avec le Mediator, et sans doute dans le futur avec les actions de classe – et au passage il déplore que le nouveau Palais de Justice n'ait pas prévu d'accueillir les procès de masse. Et enfin la « cyberjustice ».

«Travailler ensemble» : l'expérience des Pays-Bas

L'atelier où il y avait le plus de monde est sans conteste dira son rapporteur Michaël Janas est sans doute celui où on parle de « travailler ensemble pour plus de lisibilité et d'efficacité pour les citoyens » et de « l'évolution des métiers. » Ont été évoqué « l'organisation largement individuelle du travail du Juge » qui « fragmente la connaissance », la jurisprudence qui peut devenir un outil, le lien avec l'université et les avocats, l'importance de l'accueil par le greffier. Dans d'autres ateliers on évoquait « le nouvel office du Juge » qu'a examiné Jean-Louis Nadal, ou « comment reconnaître les nouveaux modes d'exercice de la justice », Antoine Garapon ayant été chargé du rapport sur « La prudence et l'autorité : l'office du Juge au XXIème siècle".

Mais ce qui a enthousiasmé les magistrats est sans conteste le témoignage d'Esther de Rooij, présidente adjointe du tribunal d'Amsterdam, qui depuis plusieurs années pratique le travail d'équipe : « aux Pays Bas, on a souvent des réunions ». Et encore il faut « viser la qualité sur le fond maintenir la confiance du public, une fois qu'elle est perdue c'est difficile de revenir en arrière ». Il y a donc des « normes de qualité », qui décrivent « quel doit être le comportement du Juge, le Président d'un tribunal peut discuter librement avec le Juge ». Et surtout des usages collaboratifs qui semblent très en avance sur les pratiques françaises « relecture collégiale des décisions, exposés des motifs en matière pénale », et on a les délais en tête. Une inspectrice des services judiciaires approuve et souligne « à quel point en France le magistrat ne pouvait plus travailler de manière isolée ». Dans la salle les témoignages surgissent pour que disparaisse l'archaïsme des mentalités : « l'ego démesuré du Juge » qui risque de faire obstacle, ou encore « la honte » de devoir faire appel à un assistant judiciaire, pourtant jugé par tous efficace, ainsi que le lien avec la recherche.

268 recommandations, quelques mots-clefs et le calendrier

La condition pour raccourcir les délais est d'accepter un nouveau regard sur les métiers et les process. Mot-clef numéro un  : le nouveau juge, fini le juge isolé dans son cabinet. Numéro 2 et corollaire : travail en équipe. Vive la justice collaborative ! Le travail de « tour de contrôle » des magistrats du Parquet est devenu tellement astreignant et ingrat qu'on n'arrive plus à recruter. Numéro 3 : médiation, tous les acteurs y semblent prêt. Numéro 4 : le justiciable acteur. Même si on ne comprend pas encore tout à fait ce qui le rendra « acteur de son parcours », le citoyen n'est plus disposé à subir . Numéro 5 : le numérique. Il n'y qu'au Ministère de la Justice qu'on parle encore de « nouvelles technologies » comme au début du siècle, c'est dire le chemin qu'il reste à faire ! Avec toute la prudence et la sécurité qui s'impose on devra avoir recours au sms et autres outils. D'autres concepts et propositions seront à relever dans les rapports et les vidéos en ligne sur le portail du Ministère.

Quelques oublis ? 

Quelques oublis, peut-être : le droit, trop vite évacué par Jean-Jacques Urvoas, président de laCommission des lois du Sénat qui devrait être à l'écoute des citoyens qui « viennent le voir pour les tutelles » et s'atteler au Sénat à réformer des lois « mal ficelées », à commencer par la loi actuelle sur la Protection des majeurs dont les failles ouvrent la porte à tous les abus. Le rôle du Sénat devrait être de vérifier l'application des lois et d'en faire le bilan, quand autant de français lésés témoignent de leurs archaïsme ou de leurs effets pervers. Le traitement des erreurs judiciaires : "l'erreur est humaine", alors pourquoi la justice a tellement de mal à se dédire et admettre l'erreur? Le justiciable n'est pas oublié, les enquêtes sont là, mais au-delà des chiffres, on aurait aimé des témoignages et du vécu, et que soit prise en compte une force de proposition émanant du « terrain » des citoyens au nom de l'intelligence collective si souvent citée.

Le calendrier 2014

Le calendrier est en marche, la Garde des Sceaux annonce « un certain nombre de dispositions consolidées par cette réflexion avant la mi 2014 »...mais les mentalités suivront-elles ? Christiane Taubira, dont on attendait la citation finale, - elle sera de Saint-Exupery - en est persuadée «Je crois que l'envie est là ».

jeudi, novembre 14 2013

La Ménagère avait raison : «Ne multipliez pas les lois que personne ne demande »...

« Moi Président de la République", j'arrêterais de multiplier les lois que personne ne demande ..."

Dans son billet du 3 mai 2012, tout en soutenant François Hollande, la Ménagère écrivait : « Moi Président de la République", j'arrêterais de multiplier les lois que personne ne demande ...sans me soucier des moyens de les appliquer et j'aurais le souci de me pencher sur le gigantesque dysfonctionnement de la Justice en France, dénoncé par l'Europe et les syndicats de la magistrature, par les Procureurs de la République eux-mêmes et par les magistrats qui ont fait grève. 

Trop de lois en France partent d'une bonne intention et sur le terrain s'avèrent inapplicables et désastreuses et induisent des effets pervers . Jean-Pierre Bel, Président du sénat a eu la bonne idée de réactiver la Commission des lois pour vérifier l'application de toutes ces lois récentes mal ficelées et sans moyens pour les appliquer. Il faudrait consulter davantage les citoyens sur ces lois qu'ils subissent dans leur vie quotidienne, ces lois "théoriques" de fait inapplicables sur le terrain. » 

Mais on l'aura vu, le Sénat, bien qu'alerté par de multiples sources sur les failles de certaines lois mal ficelées ou non appliquées, comme la loi actuelle sur la protection des majeurs, ne semble pas pressés de les réformer. D'où l'importance de prendre l'habitude d'expérimenter avant de légiférer.

Ségolène Royal s'interroge : « "Il aurait fallu expérimenter avant de généraliser"

Dans ses déclarations à la presse sur la loi sur la réforme des rythmes scolaires Ségolène Royal remet en cause le caractère uniforme des lois et l'habitude du législateur du législateur de raisonner en terme global sans tenir compte de la diversité des territoires. On se souviendra de la « taxe carbone » abandonnée sous le précédent gouvernement qui prétendait taxer de façon nationale tous les automobilistes prenant préférant leur voiture aux transports en commun...en oubliant que certaines régions, rurales ne particulier, n'ont tout simplement pas de transport en commun. La révolte de la Bretagne contre l’écotaxe est en partie de même nature : comment taxer de la même façon une métropole où les transports ferroviaires sont présents avec plusieurs gares et un coin reculé du Finistère où le train n'existe pas ?

Dans un entretien accordé à Sud-Ouest « La présidente de Poitou-Charentes a pointé un "déficit de méthode" dans son application. "C'est une forme de brutalité, l'uniformité, parce qu'on ne peut traiter de la même façon les écoles urbaines dans lesquelles il n'y a pas de problème de transports scolaires et des petites écoles rurales (...) avec des heures fixes pour les transports scolaires."

« 15 français en colère » dans Le Parisien : "il y a trop d'injustices!"

Un des « 15 Français en colère qui s'exprime dans Le Parisien du 14 novembre 2013 soulève le déficit d'adaptation du droit et sa non application « l'arsenal judiciaire n'est plus adapté à notre temps » en parlant de la sécurité et des braquages à répétition et prônant « Il serait temps de responsabiliser les parents. Une absence non justifiée, c'est tant en moins sur les allocations familiales » oubliant que la loi existe, mais qu'elle est rarement appliquée. Laxisme ? Une femme médecin de Strasbourg opposante au « mariage pour tous » lance « Arrêtez de passer en force ».

Ce n'est pas tant le Président de la République François Hollande qui est à blâmer que son administration, qui légifère à tour de bras sans suffisamment se soucier en amont des conditions d'application de lois nouvelles. « On croule sous le travail administratif » pour ce directeur d'agence de transport routier « on est à bout, broyés par la paperasse, les devis, les taxes les normes, l'administration ! Déclare en écho un chef d'une petite entreprise de plomberie entreprise »

« Deux tiers des entreprises estiment que les services publics ne sont pas à leur écoute. Les procédures judiciaires sont jugées les plus complexes, montre un sondage BVA. » note un article des Echos du 26 octobre « Choc de simplification » : les entreprises veulent du concret" (Marie Bellan)

Face à l'expression du vécu de terrain et à l'instabilité juridique décriée par tous, le « choc de simplification » annoncé » par le chef de l'état reste à ce jour très ...confidentiel.

samedi, janvier 28 2012

Votez Anonymous?

Anonymous | Lettre ouverte « Appel Aux Armes ! » En 2012, Anonymous invite tous les êtres humains à créer quelque chose et le présenter au monde. Ceci est un appel pour apporter votre brique à l'édifice, pour que le monde puisse le voir. Un appel pour ne jamais se taire. Un appel pour toujours faire preuve d'audace.

Précédant le débat pendant lequel François Hollande a exprimé ses propositions face à Alain Juppé, France 2 avait présenté le 23 janvier 2012 un reportage sur  Anonymous, le collectif qui fait parler de lui. On peut penser ce qu'on veut sur Anonymous mais on ne peut nier  la créativité, le talent, l'imagination dans la forme, qualités qui font trop souvent défaut à la classe politique. Une tenue dans écriture laisse supposer que le groupe n'est pas composé que de « ces hackers de génie », qualification dans laquelle ils ne se reconnaissent pas, mais aussi de « sensibilités » correspondant aux attentes. 

Réponse cinglante à l'adresse de France 2 « ?ous sommes outrés.; » Anonymous ne saurait être réduit de la sorte à un groupe de pirates du web, aussi géniaux soient-ils. « Anonymous est le peuple. Anonymous est partout. »

« Recherchez-nous et vous nous trouverez. Nous sommes parmi vous. Nous sommes vous. »

A suivre?  L'appel est relayé, entre autres,  par rezocitoyen

samedi, novembre 5 2011

Demos, démocratie, le peuple

Philosophe et écrivain, directeur de recherche au CNRS Marie-José Mondzain est d'abord une experte du décryptage de l'image (Images à suivre son dernier ouvrage, Bayard, 2011 ) . Interrogée sur France Culture immédiatement après l'annonce « Athènes renonce officiellement à la tenue d'un référendum » elle estime que l'idée d'un référendum a permis de « réintroduire la dimension politique là où elle avait été abandonnée » par l'Europe qui prend essentiellement « des décisions économiques et financières ». Elle juge sévèrement « l'arrogance, la violence » du « couple sauvage » Angela Merkel/Nicolas Sarkozy et rappelle que le mot « démocratie » vient du grec « demos », le peuple. La démocratie c'est la « mémoire  du peuple grec ». Les indignés ont raison de se révolter contre « l'indignité » qu'il leur est demandé de vivre...

En Grèce le peuple continue de refuser à payer pour les erreurs des gouvernants. Le site http://www.presseurop.eu/fr publie ce même vendredi 4 novembre « L’UE l’a bien cherché » de l'éditorialiste Marek Magierowski (SourceRzeczpospolita) revient avec humour à la réalité vécue par les Grecs. « "L’avenir de l’Europe" est la dernière chose dont se soucient les Grecs aujourd’hui. Vous imaginez un jeune chômeur de 25 ans qui voterait en faveur de réformes radicales parce que "l’avenir de l’Europe" l’exige ? Ou un fonctionnaire qui accepterait que son salaire soit réduit d’un tiers parce que c’est "ce qu’attend Berlin" ? » Pour lui «  les coupables sont les dirigeants de l’UE qui ont leurré l’opinion publique européenne en brandissant la vision d’une Europe de plus en plus démocratique, où les citoyens auraient de plus en plus leur mot à dire. Au lieu de cela, ils ont accouché d’un système qui n’a pas grand-chose à voir avec la démocratie."

jeudi, novembre 3 2011

Sauver un monde dont nous ne voulons pas

L'annonce d'une consultation d'une population sur un avenir qui les concerne met le feu à l'entre soi européen. Folie, bêtise, stupeur, les réactions de panique en disent long sur l'habitude prise par les gouvernants de ne plus considérer l'avis des populations qu'ils gouvernent comme le cœur de la démocratie. On se souviendra du NON clairement exprimé par référendum par la France à une constitution européenne peu lisible, par trop libérale et technocratique et annonciatrice des problèmes qu'on semble découvrir aujourd'hui: c'était un non de bon sens dont les gouvernants, à commencer par Nicolas Sarkozy, n'ont pas voulu tenir compte. Stéphane Hessel interrogé par David Eloy dans le supplément ALTERMONDES livré avec Liberation du 2 novembre 2011 propose une fois encore d'associer les peuples aux organisations internationales « C'est là que le système pêche : il fonctionne actuellement au profit d'oligarchies mondiales et pas au profit de la véritable démocratie ». Passer outre et prier les peuples « bien » voter, c'est-à-dire de voter selon ce que veut l'oligarchie politique européenne, quand bien même les décisions prises ont prouvé leur inefficacité ou leur nuisance, est une habitude dont il faut commencer à se défaire.

Ce retour à une véritable démocratie doit maintenant inclure la consultation de la société civile et de l'expertise citoyenne à tous les échelons de la gouvernance. Face à une pensée politique unique qui persiste à répéter en boucle que sauver un monde dont nous ne voulons pas à coups de milliards est « la seule solution possible », le web bouillonne d'idées innovantes d'analyses non conventionnelles, de propositions alternatives pour un autre monde. Le chaos précède la métamorphose.

Source image : Radio Grenouille
cet été une programmation « chaotique » en réponse «  à l’ordre imposé par les prophètes du profit »

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