Le blog de la ménagère

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Innovation ascendante

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, novembre 29 2016

Social Good Week 2016 : on participe!

Participez à la Social Good Week 2016, découvrez le programme:
http://www.socialgoodweek.com/programme/

Rejoignez le web social et solidaire et découvrez les dizaines d'événements prévus partout en France du 30.11 au 06.12.2016. "La Social Good Week, c’est une semaine d’événements partout en France pour encourager, fédérer et mettre en lumière les initiatives qui mettent le numérique au service de l’intérêt général." Propulsée par HelloAsso et tous ceux qui ont proposé des événements.   Janique Laudouar

En savoir plus : lire le manifeste.

Découvrir le programme:

Lancement 30 Novembre 18:30 · Liberté Living-Lab · Paris, Ile-de-France, QG 2016

Un programme participatif

Le 30 Novembre : de l'apprentissage du code (Ateliers d’initiation au code animés par des étudiants de la Web@cadémie ), au potager qui « se refait une beauté » à la Recyclerie dans le 18ème, en passant par une matinée de réflexion de HelloAsso et Facebook, le numérique au service de l’éducation et de la formation, et web-pratiques : coding, logiciels libres, blog et site internet, etc. la mission est remplie. le numérique au service au service de l'intérêt général, trop souvent oublié dans les programmes politiques. C'est encore la société civile et les associations qui semblent au plus au plus proche du « web social et solidaire », retour à l'éthique original de la création d'Internet et du Web,

Jusqu'au 7 décembre, entrainez-vous à devenir un citoyen agile. Plus de 80 événements au programme de la Social Good Week !

"Qui vous représente le mieux?"

C'est #MAVOIX qui ouvrira la soirée de lancement le 30 novembre 2016 au Living Lab, Paris, une présentation à 4 voix de contributrices actives  : pourquoi et comment hacker l'Assemblée nationale en 2017? La Ménagère y participe.

"#MAVOIX, c'est quoi ? C'est une expérimentation démocratique qui vise à « hacker » l'Assemblée Nationale en juin 2017, faire entrer des citoyens volontaires et tirés au sort qui relaieront les décisions des citoyens à travers une plateforme de vote électronique en logiciel libre. #MaVoix ce sont des citoyens et citoyennes qui co-construisent la gouvernance de façon organique. Pas de porte parole, pas de chef."et Action! " Nous allons lancer les appels à candidatures pour les futur.e.s député.e.s de façon imminente : oui, vous, vous ici, pourrez y participer !Nous préparons des formations pour les futur.e.s député.e.s et les citoyens acteurs des lois et nous continuons à co-construire les outils qui nous permettront d'agir une fois les députés en place, à l'Assemblée Nationale."
#MaVoix a déjà eu une expérience concrète du vote en  participant au printemps 2016  à des législatives partielles organisées à Strasbourg et obtenu 4.25% des voix, pas mal!

"Faire société – Quel sens?"La Revue du Cube n°11 lancement émission débat  le 1er décembre 19h30, pour participer 

La Ménagère participe  : "La Société du bien vivre"

Le 1er décembre lancement au Cube à Issy-les-Moulineaux en partenariat avec la Social Good Week du n° 11 de la Revue du Cube sur le thème ."Faire société, quel sens?" . la problématique énoncée par Nils Aziosmanoff, président du Cube "Quel Sens ?"  est le point de départ de contributions d'auteurs venant d'horizons divers.  "Si les infrastructures réseaux sont au cœur de la nouvelle économie, les investissements publics mobilisés posent la question de la réelle plus value sociale, citoyenne, culturelle ou éducative qu’ils produisent à l’échelle locale. Le changement n’est pas une fin en soi, il n’est qu’un outil pour agir. C’est donc bien le progrès humain issu de la révolution numérique qui est questionné."

Lancé dans le cadre de la Social Good Week le 1er décembre, avec un plateau qu'on peut suivre en direct et auquel on peut bien sûr participer, et commenter via twitter. La Ménagère a participé à ce numéro très attendu de La Revue du Cube avec un article "La société du bien vivre".
"Comment se dégage le sens dans la multitude d’initiatives et d’efforts individuels et collectifs ? C’est peu à peu, pas à pas, que le sens chemine et nous contamine. La multitude d’initiatives qui, à l’échelle planétaire, s’entrecroisent et s’échelonnent dans l’espace et dans le temps, pose un objectif commun : retrouver du sens à nos vies. Des actions qui semblent dispersées sont les pièces d’un gigantesque puzzle, le paysage d’un monde nouveau qui commence se dévoiler où l’intelligence collective et le pouvoir d’agir deviennent des réalités."

Et à propos des élections, sujet d'actualité,on retrouve Julien Letailleur, une récente rencontre avec ce candidat virtuel et fictif à la Présidence de la République, donnait lieu à des ateliers où s’ébauchait la problématique d’un État agile.

Un personnage symbolique se veut un simple porte-voix des propositions citoyennes, réunissant autour de lui des entrepreneurs du numérique, des acteurs de l'innovation publique, mais aussi tout citoyen (connecté) de bonne volonté. 


Autre aperçu des contributeurs
de La Revue du Cube :

http://cuberevue.com/category/quel-sens/perspectives-quel-sens

"Faire société – Manifeste de la Social Good Week", bien sûr,Léa Thomassin et Ismaël Le Mouël (photo ci-contre).

« Au bout des doigts le monde entier (« Empêcher que le monde se défasse ») Véronique Anger-de Friberg

Quelle sagesse, au présent et au futur, pour une humanité en mutation?  de Abdennour Bidar


http://cuberevue.com/category/quel-sens/point-de-vue-quel-sens

    Aux actes, citoyens !  Dominique Sciamma,  "Le territoire des « faiseurs » ne se limite évidemment pas qu’à celui des objets et de la matière, même si tout finit un jour par se matérialiser. La société elle-même devient l’objet de nos projets, et c’est au quotidien, et à nos échelles, que nous devons alors construire les conditions de nos relations sociales et de leur développement."

qui rejoint La Société du Bien vivre, Janique Laudouar, "Le temps est venu pour les citoyens de co-construire une société de « l’intérêt collectif et de la joie de vivre ».

«  Search for Terrestrial Intelligence – STI@home », Olivier Auber,

"L’existence de formes de vies extraterrestres intelligentes parmi les milliers de milliards de galaxies qui dansent dans l’Univers ne fait aucun doute"

D’une possible constitution intime du sens, Étienne Armand Amato..."Galopante innovation. Fabuleuse constellation d’étoiles filantes. Essaim de Réseaux tout en lumières et informations."

et deux échapées du Web Summit de Lisbonne Evénement incontournable des acteurs du numérique, le Web Summit, qui s’est tenu pour la première fois à Lisbonne (Portugal)
Le Web Summit 2016 surfe sur la vague des Social Good Tech,  Jeanne Bretécher et Flora Clodic-Tanguy

Sans oublier les «Presque Fictions » http://cuberevue.com/category/quel-sens/presque-fiction-quel-sens

Les Récifs : Le sens de la vie. (E-Th@ï- suite)

Yann Minh :  “Le sens de la vie, c’est la survie.” Portée par les spirales à 40° des flux de nanorobots, Leslie voltigeait en apesanteur dans le bain bio-modificateur qui transformait le corps parfait de grande femme guerrière qu’elle s’était choisie il y a plusieurs décennies.

Bref, vous aurez compris, la Social Good Week est faite pour VOUS, acteurs du changement et décidés à ce qu'il advienne.

Janique Laudouar


Les deux lieux cités
(mais il y en a beaucoup d'autres) :
Liberté Living Lab
https://liberte.paris/ 9 rue d’Alexandrie 75002 Paris
Le Cube : Le Cube, centre de création numérique20, Cours Saint Vincent - 92130 Issy-les-Moulineaux
Tél : 01 58 88 3000

lundi, juillet 4 2016

Congrès du Futur #2 « optimisme offensif »

Mathieu Baudin entouré des facilitateurs du Congrès du Futur #2 à la Gaité Lyrique : rencontre des Réinventeurs

C'est l'été – ou ça devrait l'être – et les pages Facebook se couvrent de photos de barbecue ou de tables en bois dans des décors bucoliques.

Le mois de juin a vu un florilège de manifestations qu'on peut ranger sous le signe de lacivic tech. Le 10 juin Personal Democracy nous invitait au « Printemps de la Civic Tech » à la Gaité Lyrique, puis c'était au tour de l'Institut des Futurs souhaitables le 24 juin de privatiser tout un étage, dédié au Congrès du Futur #2, qui rassemblait tout l'« écosystème » : 300 participants attendus. Les Réinventeurs sont nombreux mais parfois isolés. Là, ils se rencontrent. "Cet événement est accompagné d’une plateforme web qui cartographie et donne à voir 200 « conspirateurs positifs » Mission de ce think tank et do tank  : "Contribuer à l’émergence de ce nouveau Monde qui s’esquisse, en reliant dans un même écosystème ces explorateurs et volontaires du siècle qui vient, leur offrant un espace singulier d’ « empowerment », une « ressourcerie », une fabrique à questionnements fertiles où l’on prend collectivement le temps de la complexité afin d’expérimenter ici et maintenant des solutions pour demain."

Janique Laudouar

Ci-contre la journaliste Flora Clodic en immersion comme facilitatrice. Lire son article sur Medium "Le 2ème Congrès du Futur a rechargé nos batteries"

Tous #conspirateurspositifs

Le Blog de la Ménagère, invitée au tire de « média positif » a été dès son entrée dans le hall de la Gaité Lyrique accueillie par un « hug », un calin. Le ton de la journée était donné : sous le signe du « care », le soin apporté à l'autre, de la bienveillance décidément une valeur montante, d'un « optimisme offensif ». ‪#‎demain‬ ‪#‎joie‬ ‪#‎réinvention‬. Le code couleur cette fois : vert d'eau comme les gentils facilitateurs de la rencontre qui arborent un tee-shirt « L'avenir ne se prévoit pas, il se prépare."

Des ateliers étaient organisés afin de définir les contours du Futur. Face à Vincent que je n'avais pas vu depuis longtemps je suis embarquée avec mon partenaire de binôme dans un dispositif dont l'IFs a le secret pour dérouter le participant et débusquer l'intime. Nos contributions seront ensuite recueillies via des post-its pour constituer une vision collaborative du Futur. Nous devons choisir 3 obstacles que nous avons rencontré et les ressources que nous avons mobilisé pour les surmonter. J'écoute Vincent, l'interroge, puis ce sera à son tour. Tous nous sommes assis à terre, face à face. A côté de moi David Guez, de LaPrimaire.org, face à Jean-Pierre Goux, auteur de l'essai « Siècle Bleu, Pour changer le XXIème siècle » (2016). Plus loin, Antoine Brachet co-fondateur des 100 Barbares, et Forent Guignard Le Drenche, que je croise souvent ces temps-ci. L'expérience est intéressante, l'ambiance à mi-chemin entre grand-messe dans un espace cathédralisé et un confessionnal intime, tant le domaine spirituel est présent.

Les mots pour le dire

Le sens des formules et un certain goût pour le littéraire est l'une des valeurs ajoutées de l'IFs qui mérite son titre de «Fab Lab intellectuel». Sur le site on cite Antonio Gramsci «Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres" .  J'avais déjà rencontré Mathieu Baudin, directeur de l'IFs, au Cube à Issy-les-Moulineaux lors d'un des Rendez-vous du Futur citant « Ecouter la forêt qui pousse plutôt que l'arbre qui tombe."Le Récit fait aussi partie de la panoplie. « Récit du Monde d’Après, inspirer un Nouveau Récit sur l’avenir, plus positif, afin de montrer à la société civile que Demain est déjà là."   Il y a d'ailleurs des auteurs, artistes ; plasticiens, poètes parmi les experts qui accompagnent le voyage « Art is our weapon » Elyx, petit personnage fictif et héros transmedia qu'on retrouve mis en situation http://elyx.net/ était au rendez-vous ainsi que son créateur Yak, Yacine AIT KACI. L'après-midi des ateliers étaient organisés selon le principe duWorld Café

Et puis l'instant de contemplation de «la Blue Marble, la célèbre photo de la Terre. Celle-ci fut prise le 7 décembre 1972 par les astronautes de l’équipage d’Apollo 17 à 45 000 km de la Terre pendant ce qui fut le dernier voyage vers la Lune » C'est cette photo du Siècle Bleu qui sera projetée dans le noir en conclusion de la journée, avec un peu de l'histoire de Jean-Pierre Goux encore ébloui par sa rencontre avec la Nasa, Un autre explorateur de l'intime à la télévision et expert en « parenthèse inattendue », Fréderic Lopez intervient comme « grand témoin » pour conclure la soirée.

Vous êtes super!

«Vous êtes super!» : une vidéo propose un moyen à la portée de tous pour prévenir l'agressivité ambiante, se promener avec une pancarte « Vous êtes super ! »Parmi ses complices l'Institut des Futurs souhaitables compte Patrick Viveret, Cynthia Fleury, ou Jean-Paul Delevoye, Mathieu Baudin insiste sur le côté « décalé »de ce qui pourrait être un outil de formation et un dispositif d'aide au changement classique pour les entreprises ou les institutions. « Plutôt une école », précise-il « L'Ecole du Futur » ». C'est une expérience vivifiante que fait vivre ce dispositif participatif avec l'objectif de « recharger les batteries » car il fait basculer l'écosystème vers le monde qui vient et ses nouvelles valeurs, Sur le grand panneau des ressources que chacun peut mobiliser « se reconnecter avec l'essentiel », « revaloriser le spirituel et le relationnel » «éducation positive », « rencontrer d'autres cultures non consuméristes »Une restitution ultérieure des productions de la journée prévue en septembre 2016.Combien ça coûte ? Le tarif est un peu « à la Robin des Bois », précise Mathieu Baudin : pour les participants un tarif ajusté à leurs moyens, pour les partenaires un prix normal. Prochaine exploration : la Lab Session "25 décideurs voyageurs vont décaler leur regard, détecter les signaux faibles et porter leur attention sur des expérimentations porteuses d’avenir ici et maintenant," Janique Laudouar

Prochain rendez-vous ! Petit déjeuner de présentation de la Lab SessionMardi 5/07 9h-10h30

8h45 : café d’accueil

9h-9h30 : intervention sur "L'Art d'imaginer les Futurs" par Mathieu Baudin, historien et prospectiviste, directeur de l'Institut des Futurs souhaitables

9h30-10h : présentation de la Lab Session, cycle Prospective, Innovation et Développement Durable de l'IFs, un voyage aller-retour vers le monde d’après - La Prospective au service de l’innovation

10h-10h30 : témoignages d’anciens participants de la Lab Session et échanges avec l’auditoire

En Pratique :http://www.futurs-souhaitables.org

« L’IFs s’adresse à tous ceux qui se questionnent sur notre société et qui aimeraient participer d’une manière ou d’une autre à la construction de futurs souhaitables, que cela soit au sein d’entreprises, d’organismes publiques ou privés, de collectivités territoriales, des grands corps d’État, des mondes associatifs ou encore des métiers des arts et de la culture."

samedi, mai 21 2016

OuiShare Fest 2016 : avançons ensemble!

Duc Ha Duong, Officience, un des entrepreneurs emblématiques du numérique, les 100 Barbares, photoJL

A OuiShare #OSFEST16, on ne « suit » pas simplement 3 jours d'innovation  : on y « fait sa part », pour reprendre l'expression de Colibris . Chacun contribue à construire « le monde que nous voulons » guidé par l'époustouflante programmation. Pendant 3 jours on travaille dans un décor rudimentaire et une sobriété voulue (zéro waste), probablement plus vite et mieux qu'aucun parti politique ne le fait actuellement. C'est ici qu'on peut s'informer mais aussi apprendre des autres dans un gai partage du savoir fidèle à la philosophie de OuiShare. Et comme l'observe actuellement l'Université de Paris-Saclay qui mène une enquête (Sharing Networks) sous la conduite de Antonio A.Casili, (i3, Mines-Telecom),  et Paola Tubaro (LRI, CNRS) les participants forment un réseau national et international. ( Résultats publiés dans OuiShare Magazine). Ce réseau informel et spontané, connecté à l'innovation, imprégné de valeurs humaines, semble prêt à faire vivre de nouvelles gouvernances en entreprise, dans la ville, et en politique.  

                                                                          Janique Laudouar

Nous reviendrons sur le sujet de la Civic Tech et de ses valeurs dans une seconde partie. Lire le billet de Lison de Happy Democracy, Voxe sur Medium.

 

Avançons ensemble!

« La République du XXIème siècle ne doit pas dire à ces gens ce qu'ils ont à faire : elle doit leur offrir l'écrin à partir duquel ils auront le droit de passer de l'expérimentation à la grande échelle » pouvait-on lire dans l'éditorial de Usbek et Rica à partager sur le stand de la MAIF, partenaire de OuiShare Fest 2016. La « Super République » rêvée en couverture, « les gens » sont en train de la faire. « Ce pays est génial et on ne le sait pas » dit encore Usbek et Rica. Elus qui créent un écosystème propice à l'innovation sur leur territoire, grands groupes qui osent tout changer et bousculer l'inertie de leur organisation interne, comme l'a décrit, entre autres, Sébastien Bazin de la chaîne d'hôtel Accor Hotels, et toute cette société civile qui s'active partout dans le monde – OuiShare garde son caractère international – CEO, PME, entrepreneurs, start-ups, corporates, fonctionnaires, universitaires, scientifiques, communautés, collectifs politiques, activistes, ONG, geeks, codeurs, hackers, changemakers, doers, slashers ou tout simplement esprits curieux. Si l'expérimentation est toujours là 4 ans après le lancement de OuiShare comme think tank de la société collaborative, aujourd'hui le pragmatisme semble indiquer la ligne de conduite : avançons ensemble !

Le changement d'échelle semble être un désir partagé par les participants venus non pas seulement humer l'ambiance du futur, mais travailler au présent, bosser, échanger, écouter les propositions, trouver des solutions, établir des passerelles, créer des liens entre tribus qui hier s'ignoraient encore et aujourd'hui ont envie de se rencontrer, de savoir comment ça marche de l'autre côté, et de voir si on peut avancer ensemble. 

Images : Workshop Civic Tech : Will the Revolution be Uberized?  Julien Bayou, élu et porte porole des Verts, Heloise de Civocracy, Julie de Pimodan de Fluicity, Léonore de Roquefeuil Voxe, Maria Mella LaPrimaire.org . Participants au workshop.
Le 21 mai était une journée ouverte à tous et de nombreux collectifs étaient là

Partage de la valeur

Et enfin on comprend le titre, «After the Gold Rush», après la Ruée vers l'or, métaphore restée quelque peu mystérieuse. Oui, il y a ces formidables mutations, mais qu'en fait-on ? Oui il y a ce territoire à explorer, tel l'Ouest de la Californie à l'heure des pionniers. L'Or, promesse de bonheur est mis en parallèle avec cette économie de partage qui devait être par tous et pour tous. Il y a des réussites éclatantes mais qui demandent à être revisitées. Rappelons avec Paul Valery que les « les faits sont têtus » et que le salaire des grands patrons jugé disproportionné par tous sauf par les intéressés, n'a en rien évolué, au contraire, il devient de plus en plus choquant et révoltant : il symbolise une création de valeur de plus en plus centralisée et de moins en moins partagée. Hors le discours de OuiShare se doit toujours d'avoir un temps d'avance et questionne aujourd'hui la création de valeur issue du changement de modèle économique et sa répartition. La technologie Blockchain déjà présente lors du précédent Fest est cette année abordée de façon plus concrète via plusieurs experts et projets, («Blockchain beyond bitcoin » Stephane Tual, Slock.It, «Blockchain : the end of corporations or its reinvention , Nadia Filali, Caisse des dépôts, Arno Loeven, Philips Healthcare Blockchain Lab, Claire Balva, Blockchain France. Vincent Fily, Microsoft. Une technologie qui, selon Antonin Léonard peut être une solution pour la décentralisation de la valeur créée via les plateformes. La DAO (Decentralized Autonomous Organization) est abordée avec la même logique de répartition. «La montée inexorable de la DAO » titre Slock it «loue, vend ou partage «  à peu près tout, mais sans intermédiaire objectif qui lui a permis une levée de fond spectaculaire. « C'est la future infrastructure de l'économie de partage » annonce le site qui vient de se voir attribuer l'IoTAwards (internet des objets connectés) Vers Le Réseau Universel de Partage ? (Universal Sharing Network).

Partage du savoir

La mise en danger des « vieux modèles » peut être stimulante pour les organisations qui en ont compris les enjeux. Mais pour un état qui « semble dépassé par une vision court-termiste » et « dans l'incapacité de saisir les enjeux du numérique » (MAIF) , le réflexe est plutôt conservateur : sauver à tout prix des modèles condamnés et des professions sinistrées, et alourdir encore la dette publique. Pour les jeunes millenials, ces trentenaires agiles avec le numérique qui ont déjà tout compris du parti qu'ils pouvaient en tirer, la lourdeur de l'état et de son administration, les contraintes archaïques, le déluge législatif, génèrent de la colère et du mépris, quand ce n'est pas de la violence. Finie, la paix sociale, quand il y a un tel décalage entre la jeunesse et ses gouvernants, entre la société souhaitée et celle qu'on tente de leur imposer. Mais patience, grâce à leur maîtrise des plateformes digitales, leur usage pertinent des algorithmes, leur aspiration à de nouvelles valeurs, ils construisent la « politique collaborative » qui va changer nos institutions. Les millenials n'attendent plus que le système s'adapte, ils créent des écoles et des cours en ligne A Ouishare nombreux sont venus avec de nouveaux modèles de méthodologie éducative (Jeremy Lamri, Monkey Tie) ou d'écoles autonomes (Ramin Faranghi Ecole autonome) plus adaptées au XXIème siècles que nos systèmes d'éducation classiques

Partage de la gouvernance en entreprise

Démocratie dans l'entreprise?
Peut-on instituer une véritable démocratie dans l'entreprise ? Y a-t-il des similarités avec la démocratie politique qui nous est familière ? Quelles sont les solutions proposées par les coopératives et les mutuelles implantées depuis longtemps en France ?

« La démocratie dans l'entreprise »Jean-Louis Bancel Président (Crédit coopératif), Catherine Coupet (CEO Up Group) Dominique Mahé (Président Maif) moderé par Marguerite Grandjean (OuiShare). L'entreprise ajoute une corde à son arc : elle devient purpose-driven, objectif d'intéret général. Les mots-clefs du management ont changé : confiance, écoute, fluidité surgissent de la table ronde modérée par Marguerite Grandjean, OuiShare connector, expert sur le sujet de la gouvernance. La démocratie dans l'entreprise, fait partie de la mutation et tient compte du désir des jeunes d'une société moins verticale et plus collaborative. La MAIF opère la mutation de son modèle coopératif en prenant des parts dans des start-ups (guest-to-guest) et comme partenaire de Ouishare vers une société collaborative. Partenaire de l'Université Jean Monnet, de l'Institut Mines Telecom, pour un MOOC « Comprendre l'économie collaborative » qui sera lancé en septembre www.fun-mooc.fr : un entretien filmé avec Antonin Léonard avait lieu sur la terrasse MAIF où on prolonge les débats du « Circus ». Un effort reste à faire pour impliquer les clients mutualistes MAIF pas toujours informés de ces avancées. Chez Up, (les chèques-déjeuners, 3 millions de sociétaires) on accorde beaucoup d'importance au partage de la décision. Mais comment faire vivre cette démocratie dans l'entreprise ? La question est posée « Ecouter la voix des silencieux » En organisant des éspaces d'échanges . Le Crédit coopératif a l'ambition d'instaurer la traçabilité pour ses clients, important de savoir « où va l'argent ?. Pour la Maif les mots clefs sont audace et confiance . « D'abord la confiance en nous » dit Dominique Mahé, « en notre modèle. »

L'entreprise entre Horizontalité et verticalité : l'exemple de Accor Hotels

Comment le management des start-ups influence les grands groupes ? L'horizontalité est une des valeurs plébiscitées à OuiShare.Tout n'est pas si simple. Car les grands groupes ont un héritage « d'inertie » comme le pointe Sébastien Bazin Président directeur général d'Accor Hotels face à une jeune start-upeuse Celine Lazorthes Founder & CEO, MANGOPAY qui le « challenge » en posant d'emblée la question de la concurrence airbnb . « Je ne suis pas contre eux », répond Sébastien Bazin, « c'est le futur et je veux en faire partie. Je suis ici pour apprendre. Nous avons raté trop d'étapes depuis 12 ans, Expedia et Booking, Trip advisor. Je ne veux plus être un spectateur. Nous, chaîne d'hôtel, nous nous sommes concentrés sur le produit, la marque. Hors c'est le client qui est au centre. Facebook interagit des millions de fois avec ses clients, et nous, combien de fois par an ? Je veux qu'ils viennent à Accor pour faire du co-coworking, qu'ils invitent des amis, pas seulement pour y dormir. airbnb c'est une idée forte, mais elle a déjà 7 ans, ils devront s'adapter. Ils proposent plus davantage de volume à un prix inférieur au nôtre, nous devons faire un effort dans ce sens. » Céline fait remarquer qu'avec les taxis de type Uber, quand elle arrive de l'aéroport, elle trouve un prix fixe, une bouteille d'eau et peut recharger son portable. Que propose Accor pour marquer le changement ? Sébastien Bazin souligne l'obstacle de l'inertie dans les grands groupes, dirigés par des plus de 50 ans. Joël de Rosnay, qu'il estime, lui a fait remarquer que les jeunes«millenials», les trentenaires, n'attendent pas  : « Je sais ce que je veux, et je le veux maintenant. » Et s'ils ne le trouvent pas, ils l'inventeront. C'est pourquoi il a été décidé à Accor de monter un comité directeur parallèle, un shadow cabinet, composé de jeunes, 8 femmes et 7 hommes. C'est eux qui portent une vision du futur. D'instaurer la transparence. Et l'horizontalité" Action : le personnel d'Accor, venu avec la responsable Talents et Compétences Arantxa Balson. « We will survive » conclut Sébastien Bazin, « Nous survivrons » Voir  : « Flat or Hierarchical Organization ? Breaking the binary with Buffer and Accor Hotels, modéré par Antonin Léonard. (image).

A OuiShare on fait un travail sérieux mais on ne se prend pas au sérieux. Diana Filippova et team OuiShare

Le travail à l'ère digitale, nos institutions à l'âge de l'algorithme : évangélisons!

Pour la communauté OuiShare, qui a mis en pratique ses convictions en faisant toute la CR transparence sur l'organisation, quelle conclusion ? Pour Diana Filippova (OuiShare/microsoft) , la question du travail reste centrale et nombre de conférences y étaient cette année dédiées («The ( Present) Future of Work », « Challenging our traditional beliefs in work and business», «Prêt à travailler à l'ère post-industrielle?» Esko Kilpi Company, Tim Leberecht Founder, The Business Romantic Society, Nilofer Merchant Author, The Social Era, Harvard Business Review modéré par Arthur de Grave) . Pour Diana c'est «l'âge de la maturité et l'établissement de points clefs. Le sujet principal, c'est le travail» Assez du brassage de concepts. il faut maintenant «entrer dans le dur» des vraies transformations. C'est aussi l'avis de l'auteur de ecobase21.net «Evitons le piège des généralités dans les débats et entrons dans les détails» Michel Giran a recensé « de multiples réseaux d'acteurs du changement». Les compétences et les solutions existent, il faut maintenant les mettre en œuvre à une échelle significative et Ouishare peut y contribuer.  «L'âge de la maturité, c'est aussi vivre dans la conversation plutôt que dans le divergence». Et pour y arriver, «créer des espaces de dialogue, des agoras. A Ouishare, c'est important d'accueillir les nouveaux participants de manière naturelle, les «confirmés» connaissent, «ils savent où trouver les gens, ils savent que ça se passe autant sur le green qu'à l'intérieur ». Alors, l'événement et son futur ? Lever des fonds pour un événement est ardu.«Il y a une crise de l'événementiel en France » note Diana. Et il vrai que les participants ont critiqué ces conférences arrogantes qui prolifèrent un peu partout avec Super Héros du Net et Big ideas, et qui leur semblent relever d'un registre archaïque. Image : Domenico di Siena Civic Wise rend hommage a Nuit Debout place de la République en parlant des agoras (Gentrification from below)

Le challenge de la rencontre entre organisations et start-ups est-il un pari gagné? Pour Arthur de Grave, co-fondateur et éditeur de OuiShare magazine, «nous avons l'habitude de l'hybridation, c'est la quatrième édition. Nous faisons en sorte que ceux qui n'ont pas l'habitude d'interagir ne soient pas perdus, nous créons des espaces de dialogue» Après les tables rondes, des lieux sont aménagés pour prolonger le dialogue. «On a appris à être pédagogue, cette année nous avons indiqué pour chaque session des niveaux d'expérience, ça va de «Découverte» à«Avancé». Le Fest est un moment d'accélération, de catalyseur. OuiShare Fest reste un événement à taille humaine, 1500 participants inscrits, 2000 personnes qui ont suivi les conférences en live, 3000 attendus pour la journée ouverte du samedi 21 mai.» L'évolution, après «le souffle naïf de la première édition»? (Cette année 2016 est la 4ème édition) «Au départ c'est le culturel néo libéral qui nous a poussé à bout, il fallait trouver un nouveau cadre». Et c'est vrai qu'à OuiShare c'est le côté «nulle part ailleurs» qui séduit, une vraie originalité dans les sujets mais aussi dans la préservation d'une ambiance unique dans ce brassage de publics différents mais animés d'une curiosité commune. Malgré ce défi d'équilibriste entre tribus diverses «Ouishare vieillit bien» conclut Arthur de Grave.

Partage et Bien Commun


"Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martele en conclusion Yochai Benkler (Harvard), Si le mot « partage » est toujours omniprésent, le rôle de OuiShare en 2016 est plutôt cette année un rôle de partage du savoir, sortir de « l'entre-soi » de l'innovation débridée et de l'élite hyperconnectée, pour endosser encore davantage un rôle constructif d'accompagnement des institutions et des entreprises dans la transition numérique, d'acculturation des organisations de bonne volonté, qu'elles soient publiques ou privées. Sans oublier l'individu qui doit s'armer de compétences adaptées à l'ère des réseaux (Building indivividual Capabilities for the Network era). Non, tout ne depend pas des réseaux et des plateformes. « It's all about people, skills, wishes and beliefs ». « Tout dépend des gens, de leur savoir-faire, de leurs désirs, de leurs convictions. »

                                                                                Janique  Laudouar  

A suivre  dans la partie 2 a venir "Civic Tech : les nouvelles valeurs de la démocratie"

Un compte-rendu partie 2 sera consacré  a la Civic Tech et aux collectifs en train de se constituer partout dans le monde.

 

mercredi, mars 2 2016

Les agriculteurs de demain : la montée des circuits courts

"Marchands des 4 saisons" :  "je me connecte, je compose mon panier, je récupère ma commande", Marc Dorel, fondateur du réseau

Agriculture digitale, agriculture solidaire, agriculture responsable, agriculture respectueuse, agriculture bio, les labels ne manquent pas au Salon de l'Agriculture, les pistes non plus. Face à la diversité des initiatives, et aux « démarches citoyennes » se confirme l'impression que la société civile se montre plus innovante et plus agile à inventer l'agriculture de demain que les pouvoirs politiques . Janique Laudouar

"Comment sont formés les agriculteurs de demain, » questionnait Le Monde du 25/02/16 précisant que « malgré les crises à répétition, la filière agronome attire de nombreux étudiants." Les agriculteurs, on les aime. LeSalon de l'agriculture est omniprésent et nous concerne tous. La montée en puissance des circuits courts tempère d'optimisme la révolte des éleveurs. Une occasion de revoir Marc Dorel rencontré au Week End Web #5 avec les Barbares, qui a fondé Marchand des 4 saisons, qui fait parti des désormais célébrés « circuits courts ». Une agriculture « 100% responsable », comme le précise le site ludique et fonctionnel Marchands des 4 saisons. Ce 27 février, Marc Dorel a remis un rapport à François Hollande pour améliorer l'alimentation et la distribution.

Dans ce Pavillon 4 de la Porte de Versailles dédié aux services , la part belle est faite à une « autre agriculture », dont on se demande pourquoi elle n'est pas considérée comme une des solutions. La livraison dans un point de retrait de proximité associé à une commande en ligne séduit de plus en de consommateurs mais dérange ceux qui ont régné depuis des décennies sur l'agriculture « PAC » et le « système » d'aides. Qu'attendent les politiques pour faire le constat que le « système » en vigueur est caduque et déclarer la fin du rendement à tout prix : surproduction, baisse de qualité, prix trop bas, cours fluctuants, normes contraignantes, marges trop élevées des distributeurs, concurrence étrangère, libéralisation, autant de points à réformer. Les consommateurs délaissent la viande, surtout quand elle est de moindre qualité. Le rejet devant la maltraitance animale, l'option végétarienne - plébiscitée par des stars internationales comme Gwyneth Palthrow- ,ou en France Mélanie Laurent et Cyril Dion auteurs du film DEMAIN, sont parmi les causes qui appellent à une refonte du « système ». En finir avec la surenchère du « moins cher », répondre à la diversité des attentes des consommateurs » font partie des issues.

On a répandu la rumeur que « les français ne voulaient pas payer le juste prix ». Faux. Ce ne sont pas les consommateurs qui ont initié cette baisse des prix, mais les circuits de distribution, et les syndicats qui ont accepté les aides européennes en échange des « prix bas » et du slogan fallacieux qu'il fallait produire plus pour« nourrir la planète » et privilégier la quantité. Aujourd'hui la demande de qualité et de diversité n'est pas satisfaite par le « système » agricole classique. Les produits locaux valorisent le territoire et répondent au désir d'être des habitants d'être « locavore ». Autant de tendances négligées par les « instances », à commencer par l'Europe. Je goûte à une délicieuse compte de pommes. Marc Dorel a des projets ambitieux d'expansion, en particulier l'ouverture de boutiques « Marchands des 4 saisons ». A noter qu'il est aussi adepte du « management libéré » et gère son entreprise selon ce principe.

David, co-fondateur La Ruche qui dit Oui!

Circuit court, ferme digitale, "Les Champs du possible"...

Autre circuit courtLa Ruche qui dit oui! Rassemblons-nous pour acheter les meilleurs produits aux agriculteurs et aux artisans de nos régions ». Pour le co-fondateur Marc-David Choukroun, «l'agriculture, c'est un système qu'on a crée, on pensait que c'était la solution. Historiquement, les producteurs faisaient tous du circuit court. De plus en plus de producteurs y reviennent. Il n'y a pas « les bons et les méchants », les maraîchers d'un hectare et les grands céréaliers. Il faut soutenir la transition de qualité." Une démarche tournée vers les producteurs, on peut lire sur le site. « Une plateforme et une équipe vous sont dédiées pour vous aider à développer vos ventes, à optimiser votre logistique, et accompagner vos projets » avec des « frais de service qui correspondent à 16,7% de votre chiffre d’affaires hors taxes. » Une charte prône la transparence. Pour Guilhem Chéron, autre co-fondateur de La Ruche Qui dit Oui ! « Les enjeux agricoles sont immenses. Nous avons le sentiment que l’action nous échappe, que les décisions ne sont pas à notre portée. Dans ce contexte, La Ruche Qui dit Oui ! permet aux citoyens de coopérer pour réinventer l’agriculture par le terrain. Ceci avec agilité, efficacité, et gourmandise. »

Le circuit des AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) - souvent circuit bénévole et associatif connaît lui aussi une croissance et correspond,d à des valeurs recherchées : « l'amélioration des liens sociaux, de la responsabilité sociale, du sens de la communauté et de la confiance. » Des associations comme Terre de Liens permettent de trouver des terres pour l'installation d'agriculteurs.La Ferme Digitale accueillera le 3 mars à partir de 16 Agri Open pitch du Campus "Les Champs du Possible" et les projets « numériques » de jeunes agriculteurs." Envie de simplifier votre gestion d’exploitation ?" Venez tester Ekylibre.

Agriculture digitale, agriculture solidaire, agriculture responsable, agriculture respectueuse, agriculture bio, les labels ne manquent pas, les pistes ne non plus. Face à la diversité des initiatives et des « démarches citoyennes, se confirme l'impression que la société civile et les démarches citoyennes se montre plus innovante et plus agile à inventer l'agriculture de demain que les pouvoirs politiques.

Janique Laudouar

lundi, février 22 2016

Ma Journée Blockchain


Les plateformes de vote utilisant Blockchain réinventent-elles la démocratie?

La journée d'études  organisée par le CERSA: Centre d'Etudes et de Recherches en Sciences Administratives et Politiques/ CNRS / le 19 février portait sur les aspects techniques, juridiques et éthiques du protocole blockchain, présentation de Primavera de Filippi, chercheuse au CERSA, Université de Harvard, expert Blockchain, Danièle Bourcier, directrice de recherche au CNRS, (informatique juridique et serendipité) et impliquée dans de multiples instances « numériques », dont responsable scientifique Creative Commons France, l'a souhaité la plus ouverte possible. Le profil très divers des participants (informaticien, robotique, intelligence artificielle, finance, esthétique) a donné lieu à un passionnant débat sur les usages actuels et potentiels de cette technologie exponentielle. Il va sans dire qu'il est impossible de retranscrire ici toute la richesse des remarques des participants pour la plupart déjà très concernés par le sujet, l'objectif de ce billet étant plutôt de rendre hommage au CERSA, cette unité du CNRS parfaitement en phase avec les innovations technologiques actuelles et à venir et les interrogations cruciales qu'elles suscitent. La blockchain fait parler d'elle au moins autant que l'application bitcoin qui l'utilise. Elle donne lieu à des travaux et rencontres à un échelon international, de Sydney à Hong Kong, dans des domaines aussi divers que la politique, la gouvernance, la finance,
Janique Laudouar

Illustration "The trust machine" "Comment la technologie Blockchain pourrait changer le monde"

La fin des intermédiaires ?

Quelques jours auparavant, suite à la Lift Conference à Genève du 10 au 12 février, un article suisse «Blockchain», la chaîne qui libère? » (Nic Umi Le Temps 15 02 16)) citait Primavera de Filippi motivant ma participation à la journée d'études Blockchain  : «Autrefois, il y avait surtout des gros opérateurs centralisés, qui fournissaient des services ou des produits et qui les livraient à des consommateurs qui avaient un rôle passif dans le processus»rappelle-t-elle. Et puis? «Internet a permis l’émergence de formes d’organisation où la valeur n’est plus produite par une entité centrale, mais par tout le monde. Les intermédiaires coordonnent les individus et agrègent la valeur en un service. »La question de la valeur non plus produite par quelques uns mais par tous se trouve au cœur de la problématique actuelle de la remise en question de la démocratie représentative par des collectif citoyens de plus en plus nombreux, et blockchain une apporte peut-être la réponse technologique à la question de la gouvernance décentralisée.

Présentation de Blockchain par Primavera de Filippi à Ouishare Fest 2015

Quelques principes de blockchain

Une présentation de la technologie par Primavera de Filippi, et commentée, entre autres, par Yves Moreau, Université de Leuven  Paul Bourgine, (Polytechnique, Unesco, fondateur de l'Institut des Systèmes complexes, Alexis Colomb, chaire de finance au CNAM, a d'abord permis de décrypter les principes de base, puis cité quelques applications prometteuses et d'autres déjà établies comme ethereum Les principes fondamentaux sur lesquels repose la technologie blockchain pourraient servir une démocratie ouverte et participative, ou plus modestement contribuer à l'autonomie des citoyens habitués à déléguer aux institutions ou à des intermédiaires privés nombre de transactions dans leur vie quotidienne, suggère Paul Bourgine : éducation, assurance, immobilier, certaines énergétiques, par exemple.

Ce que Blockchain permet  (ma libre interprétation de la présentation) est une chaîne de signatures numériques dans un réseau pair à pair. Chaque signature part de la transaction précédente et une nouvelle transaction s'ajoute à la chaîne jusqu'à former un « noeud, » qui sera ensuite validé par des responsables, dont l'expertise est largement fondée sur la réputation et l'influence dans la communauté. Un espace pour des « métadonnées » est possible avec la transaction. Le caractère infalsifiable réside dans l’impossibilité de revenir en arrière et de modifier ou falsifier les transactions ainsi consignés. Toute transaction est réputée infalsifiable et doit pouvoir être tracée. Une validation consensuelle et régulière de la blockchain par des « mineurs »( nom des volontaires validateurs de la blockchain) en garantit le bon fonctionnement Les mineurs sont rétribués pour leur travail de validation. Ainsi la « confiance » ne repose pas sur l'humain comme avec les intermédiaires classiques (banques, assurance, notaire etc) mais sur une technologie fiable car non fondée sur la confiance, justement, (trustless). mais sur la rigueur du code. L'usage de contrats intelligents (smart contracts) « codes informatiques gérant seuls des transactions et ce sans intermédiaires et de façon sécurisée. » (Les Échos) Proof of work, proof of stake (dominant), proof of existence sont des méthodes d'obtention du consensus qui semblent avoir fait leurs preuves. Il y a encore bien d'autres traits spécifiques à blockchain qu'on pourra trouver dans les articles spécialisés – dont ceux de Satoshi Nakamoto sur la bitcoin.

De fait il faut maintenant d'énormes ressources computationnelles pour maintenir l'ensemble de la blockchain. Yves Moreau de l'université de Leuven, nous présente la photo d'une « ferme de mining » : pas à la portée de tout le monde ! Il nous présente également un gadget, une « tirelire » personnelle dédiée aux transactions et évitant toute intrusion extérieur.

Illustration : une ferme de "mining" (Wikipedia) Islande

Blockchain peut-il servir la démocratie ?

Danièle Bourcier, faisait justement remarquer que ce même vendredi 19 février Le Monde titrait « Partis politiques : peut-on faire sans eux ? » (Jean-Baptiste de Monvallon) qui débutait par « Méfiance, défiance, deconnexion, dégoût, discrédit... » La méfiance croissante des citoyens vis à vis des partis politiques, mais aussi des institutions, ne peut plus être niée, sauf sans doute par ceux-là même qui continuent à en bénéficier, et qui seront les derniers à avoir intérêt à la reconnaître et à en tirer les conséquences.

En quoi blockchain peut servir une gouvernance les mouvements collectifs citoyens  de plus en plus nombreux (Regards Citoyens, la primaire.org, Démocratie Ouverte, #MaVoix, Voxe.org etc)


Il est à craindre de voir naître dans ces collectifs actifs un noyau dur « d'intermédiaires » centralisés qui seraient au final les seuls bénéficiaires d'un travail collectif qui aura employé de centaines de bonnes volontés pendant des dizaines de mois. Il serait intéressant d'examiner le rôle que peut jouer blockchain dans une gouvernance décentralisée ou chaque contribution serait consignée et évaluée dans un grand livre transparent et collectif. Chacun apportant de la valeur, garder une trace de son existence devient possible, répertorier ainsi de façon transparente et non falsifiable l'apport de chacun, le valoriser au sein du groupe. A titre d'exemple des bénévoles qui auraient contribué à fabriquer de la ressource (site web, blog, application etc) du contenu (articles, essais, publications) des événements (manifestations, forum, séminaires), de l'innovation, de la communication, bref toute contribution ayant permis une valeur ajoutée à une cause commune, verrait sa contribution ajoutée à une blockchain vertueuse où le travail de validation du groupe serait semblable à celui des « mineurs » de la bitcoin. On éviterait ainsi les problèmes qui existent dans les partis traditionnels dont on peut constater actuellement les divisions : prise de pouvoir, lutte des egos, éviction, trahison, frustration, voire corruption etc. On constitue ainsi une base de données des apports et valeurs.

La start-up Colony, qui facilite la création d'entreprises en ligne, propose un système de rétribution fondé sur la méritocratie et la réputation, la « pollinisation ».« Les décisions sont prises démocratiquement, tout le monde a une voix. Plus votre expertise est grande, plus vous avez d'influence, plus vous avez d'influence, plus vous gagnez de nectar. »Le système de rétribution des contributions reste ouvert aux propositions inventives.

Blockchain et vote en ligne

La technologie Blockchain peut aussi servir les projets de plateformes de vote en ligne, qui elles aussi se multiplient. « Au lieu de reposer sur un serveur unique, une blockchain repose sur un très grand nombre de “noeuds” : pour pirater une blockchain et, par exemple, modifier une transaction (un vote, un message), il faudrait prendre le contrôle d’au moins la moitié de ces noeuds. » précise un article de l'équipe de Blockchain France« D’ores et déjà, plusieurs initiatives ont commencé à voir le jour pour appliquer la blockchain au vote en ligne : citons ainsi Flux PublicVotes, qui utilise les « smart contracts ou encoreV-initiative/.  Un des projets les plus prometteurs en la matière est la start-up FollowMyVote, qui propose une plateforme de vote en ligne open-source et transparente, fondée sur une blockchain. Une clé cryptographique, carte électorale digitale, garantit l’identité du votant. Jean-Marc Leroux a présenté le « travail en progrès » d'une plateforme de vote pour #Ma Voix, il a également évoqué le projet FranceConnect accès universel aux administrations en ligne. Toutes ces plateformes déclarent avec conviction ré-inventer « la démocratie du futur ».

Blockchain : redonner de la confiance

Danièles Bourcier pose la question de la confiance dans les institutions au regard de l'histoire. Pourquoi est-elle si menacée aujourd'hui ? Le « tiers de confiance », est-il appelé à disparaître ? De l'avis général, la domination de la finance sur les états nations est pour beaucoup dans cette perte de confiance. La corruption, « les affaires », la déconnexion des élus et des élites viennent encore s'ajouter au malaise. Les institutions ne se sont pas adaptées aux nouveaux besoins des individus.« Dans l’histoire de l’humanité, c’est la première fois qu’on peut se soustraire, dans une large mesure, à un tiers de confiance »,s’enthousiasme Pierre Porthaux dans  Les Echos.  Probléme : contrairement aux cartes de crédit qui assure les possesseurs, Blockchain ne rembourse pas en cas de perte ou d'improbable fraude. Alexis Colomb,  est plus réservé : « tant qu'il n'y a pas de garantie assurancielle, la maturité de ces systèmes n'est pas assurée ».Paul Bourgine voit dans Blockchain une opportunité pour les citoyens de reprendre la main et de constituer des groupements collectifs pour ce qui est la gestion de l'énergie, par exemple, largement déléguée aujourd'hui. Il y voit aussi avec Yves Moreau une possibilité de greffer l'intelligence artificielle sur Blockchain – comme l'ont d'ailleurs suggéré plusieurs scientifiques dont Stephen Hawking, avec Elon Musk CEO de Tesla, l'intelligence artificielle étant selon eux une menace potentielle pour la race humaine.

Primavera de Filippi voit une source d'organisation blockchain dans les DACS ( distributed autonomous corporations.)  Pas d'implication humaine nécessaire sauf un accord de base sur le code. Nous y voyons une responsabilisation du citoyen : une incitation à faire l'effort de mise à niveau technologique constante devient nécessaire, et comprendre les mécanismes du protocole blockchain en fait partie.Dans l'idéal, il faudrait que chacun puisse être un « player », un acteur de la société. D'où la nécessité d'une éducation « numérique » et même d'une éducation au code comme on commence à en voir en France avec des initiatives privées. "Il n'est pas plus difficile de s’initier à blockchain qu'à la lecture d'un contrat d'assurance de 30 pages" remarque l'un des participants. En fait « il y aurait un glissement de la confiance des humains aux systèmes » ! Les mécanismes de régulation sont peut-être plus fiables exercés par une machine.

Technologie et droit : « revoir le design de la loi »

L'un des objet de la Journée d'études était l'aspect juridique de la blockchain. Le « déluge législatif » actuel ne semble pas aller dans le sens annoncé d'une « simplification de l'état ». La demande des citoyens est pourtant simple : qu'on s'occupe de leur vie quotidienne et qu'on arrête de multiplier les lois et contraintes qui ne les concernent pas dont certaines sont réputées défaillantes, comme la loi sur la protection des majeurs. Trop de lois soulèvent des protestations d'envergure en comme la loi sur la santé de la part des professionnels médecins, et actuellement la loi sur le travail. On sait que 20% seulement des lois émanent du Parlement et que 80% émanent de l'état. Dominique Rousseau, constitutionnaliste l'a suggéré : certaines lois pourraient être remplacées par des contrats. Et pourquoi pas explorer les "smart contracts" de Blockchain ? Ou s'orienter vers la loi « résolution de problèmes « ? On voit aujourd'hui les tribunaux débordés incapables d'assurer les multiples missions qui leur sont confiées, fait-on remarquer. Pas une question de moyens, comme on l'entend trop souvent : la Justice n'a pas encore fait sa « révolution numérique" et cette transition numérique de la justice française devient urgente. La demande de certains collectifs citoyens comme Démocratie Ouverte et Parlement & Citoyens est celle d'une gouvernance contributive et d'une co-construction de la loi -dont a a vu les prémices avec la consultation d'Axelle Lemaire République Numérique.  On parle aussi d'une « loi collaborative », une loi dont l'objectif serait la résolution de conflits plutôt qu'une bataille juridique d'une partie contre une autre. "Il n’est ni possible ni souhaitable d’appliquer les règles du droit traditionnel à l’environnement numérique ; il est donc nécessaire d’établir un nouveau cadre juridique spécifique à cet environnement" répète Primavera de Filippi. Nous allons vers une société « sans friction » prédit un article de la communauté bitcoin citant « L'évolution de la confiance » (The Evolution of Trust, David Brooks dans le New York Times). « Les mécanismes pour établir la confiance privée devenant plus efficaces, le rôle des gouvernements devient mineur ». A une époque de l'évolution de la confiance,  « Il faut une autre façon d'écrire le droit » aujourd'hui, souligne Danièle Bourcier. « Le design de la loi doit être revu. »

Janique Laudouar

J'ai récemment rencontré Philippe Honigman qui travaille sur"Une refonte du management grâce à la blockchain" via l'application Backfeed, gouvernance décentralisée, et souhaite l'appliquer à un projet d'entreprise décentralisée. Il  pose lui aussi la question de la contribution dans un collectif : "méritocratie organique (par ex : acquérir de l’influence en proportion de ses contributions et de son alignement avec les valeurs des pairs), et partage de la valeur (par ex : rétribuer les contributions selon les évaluations des pairs).

mercredi, février 17 2016

Week End Barbare : vive la bienveillance!

Communauté, think tank, conseil, prospective les 100 Barbares sont un peu tout ça et sont aussi entrepreneurs du numérique, aptes à trouver du financement grâce, par exemple, à des conférences. Ils mériteraient en tout cas d'être un pôle de ressource pour des décideurs politiques en mal d'une vision du futur, telle que la conçoivent les citoyens et telle qu'elle est en train d'émerger. Quelques mots-clefs issus du Week End Barbare (WEB) #5  les 12 et 13 février à Macon donneront le ton.

Laetitia : partage, bienveillance, joie. Antoine : bienveillance, écoute, fun. Clara : bienveillance, vivre ensemble, apprentissage. Delphine : surprenant, enrichissant, convivialité. Vincent : partage, bienveillance, rassurant. Thomas : énergie, air, famille. Bienveillance, expérimentation, prune dit un autre BarbActeur.  Bienveillance est notre mot-clef.   Janique Laudouar

Belles personnes, beaux projets

                                            Atelier autour du Pressoir

Belles personnes  beaux projets  beau lieu près de Macon. Autour du feu de cheminée, feuille de route des ateliers et esprits aiguisés, parole a tous, convivialité, Saint-Veran. Des tablées de + 25 autour d'une nourriture exquise et légère. Mixez le tout et vous avez le monde tel qu il devrait être ; innovant, bienveillant en mode dynamique constructive. Forcément, les solutions suivent. La méthode barbare est proche de celle de make sense et de son dispositif de hold up où un groupe d'intelligence collective se réunit autour d'un défi posé par un porteur de projet et lui propose des solutions. Les Barbares sélectionnés par un vote démocratique sont venus autant pour exposer leur projet que pour résoudre le problème des autres ; avec des temps ludiques ou les vannes fusent et des temps forts ou les solutions circulent. Magique.

Bienveillance : une nouvelle valeur

S'il n'y avait qu'un mot-clef à retenir de ce we : « bienveillance ». Accolé au mot barbare peut l'expression sembler paradoxale, mais c'est la réalité qu'ont vécu les BarbarActeurs. Venus pitcher des projets différents, mais tous vecteurs de changement, que ce soit dans l'entreprise que Philippe imagine « décentralisée » grâce au processus blockchain (nous y reviendrons dans un prochain billet) , dans le management que Stéphane Perrin (Via Ferrata) et Marc Dorel souhaitent « libéré », ("Le management liberé" Marc Dorel éditions HJ) dans le conseil pour lequel Boris a conçu  Etika Mondo une formation « holistique », Guillaume qui peaufine TribeCare pour «  matérialiser la bienveillance au sein des tribus pour adoucir les galères de la vie » Catherine l'Optimiste, Clara de l'association Frateli, et Thibaud qui n'a pas lâché sa caméra, ils se sont retrouvés autour des mêmes valeurs. L'écoute était au rendez-vous, chacun prenant le temps de s'imprégner du projet de l'autre dans des ateliers conçus dans un esprit de réciprocité. La liste complète projets sont sur la page Facebook du groupe les 100 Barbares.

Bienveillance n'est pas à confondre avec bisounours. C'est un antidote à l'agressivité, la lassitude, la vacuité générale qui menace de gagner la société et le monde politique. C'est l'écoute de tous par tous, pour « écrire l'avenir et avancer ensemble ». L'application à la politique semble évidente : écoute bienveillante de tous les citoyens par tous les élus, écoute des citoyens de tous les élus afin de participer aux décisions. Même chose dans les territoires. Un peu de prospective, et beaucoup de bienveillance. Il suffit d'une méthode, et aujourd'hui, la technologie numérique le permet.

Efficacité : un groupe, des solutions

Le numérique était présent dans les projets et les méthodes de travail, mais davantage encore la culture technologique, penser hors de la boîte, culture de l'open source, l'intelligence collective en pratique. Il ne faut pas oublier l'origine des 100 barbares qui sont à la base des entrepreneurs du numérique. La qualité et l'authenticité de l'écoute a séduit les participants qui se sentaient en confiance et pas en compétition. Honneur aux femmes avec Catherine l'Optimiste dépassée par le succès de son site sur l'optimisme – qui n'a pas vu ses petites vignettes ? - »le site qui vous apporte du bonheur au quotidien ». Elle demande comment gérer le flux des contributeurs qui ont tout de suite été nombreux à likersa page. Sandrine qui voulait un pitch pour présenter son projet Kitalire et a trouvé dix BarbActeurs enthousiastes. Clara et sa jolie idée  Momento, venue chercher avec Thomas une application qui projetterait de façon aléatoire les photos du passé pour se souvenir des belles choses. Emmanuelle dont on a entrevu le projet Arduino de barette connectée « Tester la barrette connectée : elle existe!! on a besoin de vous pour la tester :la fabriquer en Arduino et vous coudre l'habit! Delphine et son prochain voyage Escapademos, « explorer ce à quoi pour­rait ressembler la citoyenneté de demain, les défis du changement climatique ». D'autres encore venues en observatrices ou représentantes de #MaVoix, Flora, Laetitia, Janique. Caterina Romanelli italienne parisienne hyper diplômée en charge de l'investissement "Environment, Social, Governance" au sein d'une société européennede capital-investissement.

Parmi les projets d'entrepreneurs, celui de Philippe Honigman expert Blockchain : « Transformer une start-up en une communauté ouverte, en décentralisation la gouvernance et la distribution des revenus » l'un des projets d'entreprise s'est posé la question d'une entreprise fonctionnant un peu sur le principe du logiciel libre. Si tout le monde collabore, quelle est la rétribution de chacun ? Comment rétribuer la valeur ajoutée ? Il propose blockchain comme solution. Boris : son dispositif de formation Etika Mondo à destination des entreprises gagnait à la fin du week-end en maturation et en clarté grâce à l'éclairage apporté par le groupe et aussi à l'expérience de l'hôte Christophe Carrier qui lui-même a une entreprise « la co-entreprise ».Vincent : WhatHappensNow un an sur la route à travers les continents pour comprendre la transition post-industrielle », une formation qu'il a taillé à la mesure de son ambition. La Paillasse 2.0 : "Big hacks pour l'émergence d'une Recherche Science/Tech collaborative et ouverte, libérée et globalisée." Concrètement : le projet " Epidemium est programme inédit de recherche scientifique participatif et ouvert, destiné à mieux comprendre le cancer grâce aux open big data !" Pour la majorité des projets, une page Facebook existe qui en dit plus long et permet de rejoindre la communauté. Sans oublier le projet qui résume peut-être le mieux l'ébullition en cours de la société civile et la renaissance démocratique « Un peuple totalitaire ? » , ""Contribuer à identifier le meilleur format de gouvernance compatible avec un projet de société bienveillante, après la Révolution Numérique", dispositif de roman collectif imaginé par Antoine Brachet co-fondateur des Barbares autour duquel ont fusé les propositions les plus folles. "La conclusion d'est effectuée autour du Fishbowl proposé par Antonin Léonard de OuiShare où chacun a exprimé son émotion.
                                                                                                                                                                                                                       Janique Laudouar

Nouveau ! FLora Clodic a aussi contribué à faire revivre l'esprit du Web #5 : "WEB #5, ou comment j’ai réveillé la barbare qui sommeille en moi" (21 02 16)

dimanche, mai 24 2015

OuiShare Fest 2015 : immersion dans la société collaborative

« Consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle. Et pourtant l'économie collaborative devient planétaire. Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare Fest 2015 aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.

Janique Laudouar

L'économie collaborative dans le hall d'entrée du Cabaret Sauvage lors du OuiShare Fest 2015 : de plus en plus de publications sur le sujet.

Vivre dans une société collaborative

Il y a le monde tel qu'il est, et le monde tel qu'il devrait être, dont OuiShare collecte, diffuse et incarne les valeurs.OuiShare Fest 2015, c'est trois jours d'immersion dans le monde tel qu'il est déjà, pour les1000 aficionados et connecteurs qui se sont réunis du 20 au 22 mai au Cabaret Sauvage, Parc de la Villette à Paris. Ce qui va changer le monde, ce n'est ni la technologie, ni les applications, ni l'économie, ce sont les gens. Vous, moi la façon dont nous allons nous adapter et opérer notre « transition ». Transition du vieux monde vers le nouveau monde que nous voulons : un monde dédié à l'altruisme, au bien commun, au partage, à la contribution, non comme utopie, mais illustré par des initiatives concrètes. OuiShare Fest cette année dépasse le thème de l'économie collaborative pour aborder celui d'une société collaborative, faite par les gens pour les gens, via les systèmes peer to peer et les plate-formes et technologies diverses et aussi une solide dose de philosophie, sociologie, bref une panoplie mentale adaptée au citoyen conscient et connecté.

Le business model de OuiShare Fest est en soi un exemple : une communauté mondiale, des bénévoles de toutes les nationalités, tous motivés par la philosophie OuiShare qu'ils pratiquent eux-mêmes, heureux d'être là. Ces bénévoles trié sur le volet viennent d'une école de commerce à Grenoble ou préparent un doctorat à Berkeley, une école de design à Londres ou Helsinki. Ils partagent 50% de leur temps en « tâches » pour le festival et 50% de leur temps à engranger du savoir, de la valeur ajoutée, des contacts. Des partenaires comme la Maif ou la SNCF, La Poste ou Castorama, Up, ne sont pas des sponsors au sens traditionnel du terme, mais viennent pour apprendre et s'informer. Des billets payants, qui peuvent être assez chers, certes, mais avec des tarifs abordables si on sait s'y prendre à temps comme le tarif « hacker » à 50 euros. Et les participants ont eu droit à un accueil attentionné du café du petit déjeuner aux tartines de confiture du goûter, du 100% bio, toilettes sèches et zéro waste, pas de papier glacé, le programme sur les téléphones mobiles grâce à l'application Sched. Et la soirée de clôture OuiShare Love, ouverte au public ! OuiShare Fest, c'est aussi la fête !

D'Internet à blockchain

Internet est bien à la base de tout, et comme le dit justement Pia Mancini (Argentine), qui présentait sa plate-forme DemocracyOS, Partido de la Red, Internet a d'abord été conçu comme un système décentralisé à son origine, puis s'est centralisé à nouveau avec le monopole de grands groupes qui ont su se saisir de avec opportunité du code et de l’algorithme, puis se décentralise à nouveau via des technologies comme block chain, utilisée pour BTC, bitcoin. Technologie phare de ces 3 jours, elle peut s'appliquer à d'autres usages coopératifs. 

Transition : vers un autre mode de vie

(ici Carole Delga, Secrétaire d'état, avec Diana Filippova et Yoann Duriaux)

Reste l'économie classique. Reste la politique classique. C'est bien pourquoi la thématique « transition » est choisie. Nous voulons de moins en moins consommer et de plus en plus participer, partager, expérimenter, agir, aimer, inventer, créer. Dès lors il est nécessaire d'inventer d'autres modèles. « Aujourd’hui, je suis aussi coworkeuse, je voyage avec Couchsurfing et Airbnb, j’utilise vélib et autolib, et je soutiens de projets sur des plateformes de crowdfunding, et je suis adhérente à une coopérative alimentaire. L’un des piliers de la communauté OuiShare reste tout de même le rejet de la surconsommation de masse et un mode de vie plus responsable. » confie Asmaa (OuiShare) au blog consocollaborative.La vidéo (avec sous-titre en français) de The story of stuff  est un petit bijou de pédagogie qui engage à une citoyenneté responsable. Le stuff, c'est toute cette masse de surproduction si mal distribuée et parfois nocive.

Comme le dit justement Carole Delga,  Secrétaire d'état du commerce et de l'artisanat  venue visiter la manifestation, "consommer, acquérir, était dans les années 50 à 70 la marque d'un statut social". C'est presque l'inverse aujourd'hui, quand on entend un jeune décrire son style de vie, Emmaüs pour les objets, covoiturage et vol low coast pour se déplacer, et du « do it yourself » avec du bois recyclé quand il a besoin d'un meuble. « Fini la propriété, vive l'usage ! » pour reprendre le titre d'un des événements « satellite » du jeudi 21 mars ou encore sur les murs « Plus de joie moins de choses ». C'est maintenant ne plus consommer qui est de venu la marque du citoyen averti et mature, par rapport aux tristes caddies pleins à ras bord de la consommation de masse. Interpellée par Yoan Duriaux, apôtre des tiers lieux en France, sur la nécessité de prendre en compte cette société civile agile, celle des makers et des Fab Labs, Carole Delga assure qu'elle en informe les chambres de commerce, et diffuse sa conviction qu'il faut rapprocher cette « économie de partage », de l'économie circulaire, de l'économie sociale et solidaire bien intégrée dans les territoires. Ces nouvelles économies ont des valeurs sociales et des questionnements proches.

Pour Antonin Léonard, ce qui exige encore beaucoup d'énergie,c'est ce  "tiraillement" entre l'ancien monde, toujours bien en place, même s'il est fragilisé par les sondages et autres signaux fort ou faible faibles de désaffection, et ce nouveau monde en expansion. D'où le titre « Lost in transition ? » choisi pour cette troisième édition. « Nous n'avons pas les même mots » constate Antonin Léonard, pourtant en faveur du dialogue entre les deux mondes. Le vocabulaire du programme : « consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle.

Tisser des liens

Au coeur de ces trois jours, les rencontres humaines. Chacun a envie de savoir qui est l'autre, son voisin, chacun se parle et échange. Il est aussi enrichissant de bavarder avec une bénévole collaborant à Mon cher Paris que d'échanger une carte de visite avec le philosophe Michel Bauwens.

Michel Bauwens, entretien avec Diana Filippova. Ci-dessous "The sharing table" : on peut prendre un objet et visiter le site http://www.shareable.net/

« Give before you take », « Donnez avant de recevoir » : avec ce message évangélisateur ouvrant le festival, Charles Eisenstein ("Sacred Economics) aura donné le ton. Don qu'on peut faire à certaines plate-formes « gratuites » comme Wikipedia qui aura montré la voie du succès coopératif Contribuer au financement de plateformes à encourager. Un bénévole me parle du projet très avancé dans lequel il est impliqué La Louve, projet de coopérative dans le 18ème arrondissement de Paris ou les « actionnaires » donneront aussi un peu de leur temps, 3 h par semaine.

Rencontre humaine aussi avec les grands bénéficiaires de l'économie collaborative, qui sont la cible de méfiance et de critique dans la controverse actuelle. En écoutant Frédéric Mazella, de bla bla car, réussite emblématique avec 20 millions de membres avec profil vérifié, ou Scott Heiferman de Meet up, plate-forme de rencontre de gens partageant un intérêt commun, qui annonce meet-up pro pour les entreprises, on s'aperçoit que ce qui est à la base de leur réussite, c'est bien la croyance en leur projet, leur sincérité, l'authenticité de leur force de conviction. Sens de l'observation, volonté de co-construction avec les utilisateurs, et une plate-forme en ligne bien conçue et efficace ont fait le reste. Leur moteur a été le souci de combler les besoins nouveaux en services adapté aux moyens des citoyens, d'être à leur écoute et de co-créer avec eux, qui ne semble plus être la préoccupation des politiques classiques. La confiance reste le mot-clef de l'économie collaborative, comme nous l'avions écrit  dans un billet sur l'économie collaborative et comme le confirme Vincent Houba d'architectures invisibles.

Transition du vertical à l'horizontal

Transition : passer d'une société verticale à une société horizontale, c'est presque mission impossible en France où la pyramide hiérarchique reste trop souvent inflexible. Les nouveaux managers ont en commun le même regard sur « cette société en « silo » dont nous ne voulons plus ». Diana Filippova coordonnatrice fait partie de cette population de jobouts, ceux qui ont osé quitter un « vrai » travail rémunérateur pour se lancer dans une aventure créative. Scott Heifferman de Meet up insiste sur la nécessité d'aimer ce qu'on fait. Parmi les événements satellites, la question est posée par la Gaité Lyrique et iGi Partners le 8 juin d'un nouveau type de management« Le XXIe siècle amène la remise en cause de l’organisation pyramidale et des managers. Exit le Taylorisme, place à l’innovation pour que les organisations retrouvent agilité et performance.Dans un tel contexte, l’Holacratie suscite curiosité et questionnement : une organisation peut-elle réellement fonctionner sans chef ?» Elle peut en tout cas redistribuer, et c'est un peu le reproche qui est fait à ceux qui actuellement, qui engrange des bénéfices sans les partager et sans penser les nouveaux modes du travail. « Décentralisé », « autonome », « par les gens et pour les gens », reste le modèle à atteindre comme http://lazooz.org, « collaborating transportation » dont le modèle original renouvelle le genre du co-voiturage (on paye en monnaie alternative, la zooz) et prévient les critiques : plus on utilise la plate-forme, plus on conduit, plus on gagne en actions de la société !

Nouveaux savoirs, nouveaux métiers : "le futur du travail"

Est-ce la fin du travail salarié comme le prédit Jeremy Rifkin,  et Bernard Stiegler dans un entretien à WeDEMAIN à l'occasion du dernier OuiShare Fest? "Le modèle salarial tel qu’on le connaît aujourd’hui et que défendent les syndicats est celui de Keynes et de Ford." "L’emploi salarié va devenir minoritaire." ""Freelance" est devenue le statut "normal" du travailleur déclare Sara  Horowitz qui a crée https://www.freelancersunion.org/  qu s'exprime sur le futur du travail. Une étude américaine livre le chiffre de 53% de travailleurs free-lance aux Etats-Unis. Notre pari est que de nouveaux savoirs, de nouvelles compétences, vont créer de nouveaux métiers pour la société collaborative. Savoir créer une communauté, une plate-forme en ligne, savoir mobiliser une communauté s'apprend : avec FullMobs, "la mobilisation nouvelle génération" par exemple, qui propose de vous aider à mobiliser les foules, de s'impliquer dans des actions de solidarité. Un jeune entrepreneur français s'inspire de Thunderclap pour monter Daycause : soit une plate-forme qui se propose d'orchestrer votre communication "rallier des soutiens pour diffuser un message tous ensemble au même moment sur les réseaux sociaux. On parle de communication collaborative". Sharetribe se propose de vous créer votre "place de marché" en quelques minutes!Voilà qui va faciliter de l'idée au projet, non?

Implémenter l'économie collaborative fait partie des nouvelles missions déjà en marche d'associations ou d'entreprises. Devenir consultant pour les villes ou collectivités comme collaboriamo à Milan, (fait partie de Sharitories, un projet OuiShare), ou Territoires hautement citoyens http://www.territoires-hautement-citoyens.fr lancé par Armel Le Coz de Démocratie Ouverte. Savoir coder, décrypter et utiliser les bases de données, le web sémantique ou les technologies alternatives comme blockchain. Savoir accompagner les entreprises  sur le chemin du changement, comme peers.org,  les aider à développer leur business modèles comme http://estrelab.com/,  à comprendre et appliquer les nouvelles valeurs, http://alkimya.co/.

Nouveaux modèles dans l'agriculture, avec, par exemple, l'ilôt des combles, http://www.lilotdescombes.fr/ microferme en permaculture. Les OuiShare awards et le tableau d'honneur de La Poste ont mis en valeur des initiatives très variées nées du crowdfunding. Dans le domaine de l'artisanat, le numérique peut changer la donne avec l'imprimante 3D, entre autres. Les entrepreneurs collaboratifs se sont aussi emparé du marché du "do-it-yourself", du fait main, de la dentelle, du tricot, on peut citer etsy et A little market, qui eût cru à cette réussite? Autant de pistes pour se lancer dans une nouvelle activité qui pour l'instant semblent pur l'instant « hors du radar » du marché de l'emploi. Il faudra aussi sans doute de nouveaux modèles d'éducation ou la réactivité, l’agilité, l'adaptabilité, la créativité, la persévérance, le mindfullness, seront des comportements et compétences enseignés et mise en valeur. Avec générosité, les entrepreneurs internationaux présents ont prodigué conseils et concepts clefs pour lancer sa plate-forme sur la place de marché. Fréderic Laloux auteur belge de "Reinventing organizations", "pour ceux qui pensent que le modèle actuel a atteint ses limites". A la fois pragmatique et idéaliste

"Y-a-t-il une application pour sauver la démocratie ?"

Mathieu Lerondeau, La Netscouade animait le débat avec Armel Le Coz, Démocratie Ouverte, Clara Delétraz, ex-French Tech, qui prépare un nouveau projet, Simona Levi, International Network, X.net, Clémence Pène Digital Strategy, Mairie de Paris,  présentaient leurs plate-formes dédiées à une démocratie ouverte, faite par et pour les citoyens.« Gouverner c'est prévoir » : l'adage depuis longtemps déserté la classe politique mais il est relayé au niveau mondial par une multitude de mouvements qui ont pour objectif de designer une nouvelle gouvernance, par et pour les citoyens. Simona Levi défend avec passion  http://xnet-x.net/en/ C'est un des modèles de démocratie en ligne. Plutôt que de passer leur temps à pourfendre les archaïsmes, la jeunesse mondiale les contourne : elle teste, elle expérimente, elle se lance et souvent réussit. Cette jeunesse là, très présente à OuiShare, semble plus mûre pour la gouvernance que bien des gloires usées de la politique. Des dizaines de collectifs émergent pour contester les « grands sommets », les « assemblées nationales » ces « autorités » instituées qui donnent l'impression d'être déconnectées du quotidien des habitants, et au final de délivrer une gouvernance européenne et mondiale médiocre et inadaptée. Présents à OuiShare Démocratie Ouverte, DémocratieOS, Assemblée-virtuelle, Regards Citoyens, Vox la plate-forme internationale de comparaison des programmes politiques ou encore l'Institut des Futurs souhaitables. Certains sont déterminé et actifs mais discrets comme # Ma Voix. Co-constuire les lois semble aujourd'hui un minium pour redonner son sens au mot « démocratie ». Pour d'autres comme Parlement et Citoyens, il s'agit d'accompagner les élus et de les convaincre d'impliquer les citoyens dans la gouvernance. Tous ont des plate-formes en ligne opérationnelles.

Hacker un terme de plus en plus fréquent pour désigner le fait de construire une réponse parallèle aux institutions. On parle de hacker l'Assemblée nationale, hacker la politique, hacker les élections. En projet : hacker par une présence active le sommet mondial du développement durable à Paris. Hacker a un sens positif et constructif. Face à une classe politique qui démontre chaque jour davantage à gauche comme à droite sa stratégie électoraliste et court-termiste, la proposition est de co-construire une gouvernance proche des gens avec tous les citoyens. Reste à déterminer quand et comment se rencontreront ces initiatives et quels dispositifs communes elles peuvent envisager. La technologie blockchain est déjà utilisée par DemocracyOS. Slim Bouzid, tunisien, (contrepoints.org)la décrit comme «un modèle à bases de données décentralisées, où l’innovation et la créativité sont totalement distribuées et librement accessibles à tous ».

Les femmes sont très présentes à OuiShare Fest , Pia Mancini, DemocrayOS,  Partido de la Red, Léonor de Roquefeuil de Voxe, plateforme civique, Primavera de Filippi, chercheuse, ça discute fort autour de blockchain et son usage pour les plate-formes !

DemocracyOS est une plateforme open source d'expression citoyenne que tous les pays peuvent utiliser  "la Tunisie l'a utilisé pour élaborer sa constitution,  la Tanzanie l'utilise" nous dit Pia Macini. "Le parti politique ( Partido de la Red) reste nécessaire pour synthétiser l'intelligence collective." Un nouvel engouement pour blockchain exposé par la chercheuse Primavera de Filippi et un atelier bien mené par Caterina Rindi

OuiShare Perspective

«Ce sont moins les techniques et les outils que les formes d'organisation et d'action qui sont les plus prometteuses, à court et moyen terme. »

Un projet pour la fin de l'été, POC21, http://poc21.cc/camp/the-innovation-camp.html un « camp » qui va réunir pendant un mois des makers innovants, designers, ingénieurs, dans un château pour « hacker » de façon positive l'événement très officiel de le COP2 et proposer des prototypes open-source sur les thèmes de la Conférence sur le climat des Nations Unies ( 30 novembre au 11 décembre 2015). Pour s'exprimer, dans ce sommet mondial il faut avoir le statut « d'observateur accrédité » selon des catégories officielles définies. Une restriction très « ancien monde » qui exclut les défenseurs passionnés!

Le monde que nous voulons : "C'est parti!"

Pour Antonin Léonard interrogé par une équipe brésilienne, OuiShare est passé de la position d'expert à celle de militant pour la naissance d'une nouvelle société. « Nous sommes des doers ». Pour Arthur de Grave, que retirer du OuiShareFest 2015 ? : «  On a gagné en professionnalisme ! » Sur les projets futurs : il n'y pense pas encore, « ça tourne ! » Et sur l'avenir de la société collaborative, Arthur de Grave répond: « C'est parti ! » Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.  Janique Laudouar

mercredi, septembre 24 2014

"L'émergence des communaux collaboratifs" (Jeremy Rifkin)

« Le capital social deviendra beaucoup plus important que le capital économique ou financier » (Jeremy Rifkin)

"L'émergence des communaux collaboratifs"

Nous le pressentions, nous l'écrivions, nous le constations : l'économiste Jeremy Rifkin, économiste, prospectiviste, le formule de façon claire «  le capital social deviendra beaucoup plus important que le capital économique ou financier. » Dans un entretien à Telerama, à l'occasion de la sortie de son nouvel essai « La Nouvelle Société du coût marginal zéro", il donne cet exemple de l'enfant qui partagera ses jouets plutôt que de les posséder. « Il apprend en effet « naturellement » que les jouets ne sont pas des objets que l'on possède mais des expériences auxquelles on accède pour un temps donné, et que l'on partage avec les autres. Il se prépare en fait, dès son plus jeune âge, à l'économie du partage qui l'attend. »

Accéder à des expériences demandera une agilité à capter les flux et l'information, à fabriquer rapidement du lien et des connexions, à savoir « bricoler » tant au sens sociologique du terme qu'au sens pratique avec les Fab Labs. Cette formation n'est pas dispensée à l'heure actuelle, d'où le grand désarroi des politiques publiques, tant l'éducation nationale que les structures chargés de l'emploi qui tablent encore sur un hypothétique « retour de la croissance » ou « pouvoir d'achat des ménages. » qui relève d'une économie du XXème siècle et qui freine plus qu'elle ne soutient.

Les gouvernances européennes peuvent-elles encore ignorer l'économie de partage ?

Comment nos gouvernances ignorent-elles à ce point ce que la société civile commence à pratiquer ? Car on a beau chercher dans les communiqués de presse, dans les débats politiques et économiques, dans les médias , on voit peu de commentaires sur l'économie de partage. Pourtant va bientôt avoir lieu le mois de l’Économie sociale et solidaire en octobre et novembre qui fera écho aux initiatives locales dans toutes les régions. Pourtant le Forum des usages coopératifs à Brest en juillet a montré la voie. Pourtant la communauté OuiShare qui se fait l'écho de cette économie a été reçue à Matignon. Pourtant Jacques Attali via Planet Finance organise le LHFForum, forum de «l'économie positive » au Havre du 24 septembre au 26 septembre 3 jours de conférences et ateliers pour découvrir les idées et projets innovants et durables de près de 450 entrepreneurs sociaux, dirigeants d'entreprise, responsables politiques, artistes, universitaires ou encore citoyens engagés.

Il n'est pas anodin de savoir que Jeremy Rifkin travaille avec Angela Merkel sur certains sujets.

Et pendant ce temps là, en France, Gérard Larcher brigue la présidence du Sénat et les médias s'emparent du retour de Nicolas Sarkozy...Sommes nous condamnés à ce débat français déconnecté, ou allons nous nous nous emparer du futur en agissant?

Jeremy Rifkin au Cube ce soir 24 septembre 2014

    L’émission est en direct sur plusieurs sites dont Les Rendez-vous du Futur. Elle sera retransmise également dans quelques lieux relais dont la Maison écocitoyenne à Bordeaux, et l’école Telecom Management à Paris.

-       Les internautes pourront poser des questions via le tchat et twitter (#rdvf)

-       Il y aura quelques surprises dans l’émission…

-       Nous avons le plaisir pour cette soirée exceptionnelle d’avoir comme partenaires : Triple C, le Forum Changer d’Ere et l’institut des Futurs Souhaitables.

lundi, septembre 8 2014

Encore ...""un grand plan numérique pour l'école"...comme en 1998 ...

Des professeurs innovants du Collège Aliénor d'Aquitaine (Salles, Gironde) David Bouchillon et Sophie Aries inversent le concept traditionnel de l'école avec la "classe inversée" et utilisent le temps de présence de l'enseignant pour mettre  les élèves en activité.

(Encore!) "un grand plan numérique pour l'école"? Comme en 1998?

« Lors d'un déplacement dans un collège de la banlieue parisienne, le Président de la République a annoncé "un grand plan numérique pour l'école. » titrait un article du Monde le 2 septembre.

En cette rentrée scolaire un peu bousculée, il est de bon ton de ne pas oublier « le numérique » et la « formation des enseignants » - un peu comme si les enseignants faisaient partie d'un îlot à part dans la société resté à l'écart de toutes les innovations technologiques.

Et se souvenir grâce aux archives de Libération des enseignants qui en ....1998 étaient connectés et pratiquants et prônaient "L'écran bouclier anti-violence à l'école": « Les enseignants qui ont un peu de pratique pédagogique savent que l'écran est un bouclier non négligeable dans le combat contre la violence à l'école. L'élève auquel on présente pour la première fois l'Internet est un élève captivé: plus un mot, plus un geste, plus rien à voir avec le tableau noir. La vraie vie est là, toute en couleurs et en animations multimédia »

Les heureux « branchés » sur le « numérique » - en 1998 « multimédia »,  lançaient des alertes sur la nécessité de "Régénérer l'enseignement. Une intégration efficace des nouvelles technologies à l'école exige un changement profond de l'administration, de ses méthodes et de l'organisation du travail."

« les enseignants condamnés jusqu'ici à pratiquer les nouvelles technologies dans le cadre étroit de l'enseignement classique: les effectifs chargés des classes, le découpage horaire contraignant de 55 minutes, le cloisonnement disciplinaire peu compatible avec les «liens» entre savoirs à mettre en oeuvre sur les réseaux. » En ajoutant que :

« Certains s'en réjouissent et ne jurent que par l'Internet qui leur permettra d'informer en temps réel les cadres et d'entamer un dialogue interactif. D'autres rechignent et reculeront le moment où ils devront passer des «pyramides du pouvoir aux réseaux de savoirs».

Car le problème n'est pas celui de l'équipement ou même de la formation mais là encore la volonté d'une réforme structurelle et organisationnelle qui accompagnerait le "numérique à l'école".

Les enseignants innovants

Ce sont souvent certains « enseignants » avancés qui très tôt ont impulsé une révolution des usages et tenté d'en convaincre l'administration à laquelle ils sont soumis. On peut citer la réussite emblématique du «Café Pédagogique » de François Jarraud, devenu depuis éditeur à plein temps,  ou encore les sites Web pionniers en la matière de création de communautés comme Les Clionautes, Histoire, géographie et TICE ou  Weblettres. Depuis les initiatives innovantes des enseignants rodés aux usages du numérique se diversifient. David Bouchillon et Sophie Aries du collège Aliénor d'Aquitaine (Salles, Gironde) pratiquent "la classe inversée" : "la présence du professeur est utilisée au maximum pour réaliser des activités, mettre en activité les élèves".

 Mais "l'innovation ascendante" connait toujours un cheminement plus longs que les "grands plans" d'état...

Le code à l'école

Pour les élèves on reparle de l'apprentissage du code. «L'essor des formations de code informatique est un phénomène très urbain, reconnaît Xavier de Mazenod, fondateur de Ze Village. Mais il existe un vrai besoin et une forte demande dans les campagnes.»déclare Xavier de Mazenod au Figaro dans l'article de Géraldine Russel "Les campagnes, nouvel eldorado du numérique ?

"Mutinerie Village est à la fois un espace de travail, de formation et d’évènements." L'ambiance est ...mutine, plutôt geek mais pas que.... le vert appelle le foin, le potager et les légumes bio. Un peu pirate aussi, le nom mutin n'est pas neutre, selon l'un des fondateurs Xavier Jaquemet, il évoque la résistance. Les "mutins des champs" sont entrepreneurs, designers, développeurs, journalistes, graphistes, illustrateurs, consultants, investisseurs...hommes et femmes..« Situé dans une ferme du Perche, entre les bois et les champs, Mutinerie Village est un espace de travail, de formations et d'évènements. Mutinerie Village c'est 40 hectares de liberté, de création et de partage à moins de 2 heures de Paris" nous dit Antoine van den Broek, président de la Mutinerie dans le blog incwo.

L'école numérique de Simplon Village avance avec des candidatures déjà retenues. "il est encore temps de candidater... jusqu'au dimanche 14 septembre."

Et Xavier de Mazenod annonce également une nouvelle formation de ce type au Télécentre de Boitron (61) :" Lancement de la 1ère formation de développeurs informatiques web/mobile multimodale (en elearning + présentiel) rurale au télécentre de Boitron pour demandeurs d'emploi." Partenariat Zevillage.net et Simplon.co, ce format permet aux élèves d'appendre le code informatique à distance pendant 6 mois et chaque mois de se regrouper une semaine au télécentre de Boitron.

SIMPLONLINE http://simplon.co/foad une formation en ligne à distance qui débute le 6 octobre.


Un appel à projets est en cours pour « Développer l’approche de la maîtrise du codage informatique chez les jeunes du premier et second degré » nous informe Net Public. Date limite de réponse 15 septembre 2014.

Et aussi ...

Assises de la pédagogie organisées par le CRAP- Cahiers pédagogiques

"Le changement, c’est maintenu ?" Le mardi 21 octobre de 9h30 à 18h au lycée Edgar Quinet, 63 rue des Martyrs - Paris IXe

dimanche, juin 29 2014

« J'ai un nouveau métier » : l'école numérique verte arrive à La Loupe

Simplon Village : une école numérique au vert à La Loupe

Janique Laudouar, 29 juin 2014
« J'ai un nouveau métier ». Cette déclaration spontanée entendue le samedi matin 28 juin à la Loupe, Eure et Loir, a convaincu les participants à la présentation de Simplon Village http://simplon-village.com/. Elus, entrepreneurs, éducateurs, ou habitants adeptes depuis longtemps du numérique sont venus soutenir cette initiative innovante portée par simplon.co à Montreuil, et Zevillage, le site de référence national du télétravail né en milieu rural (Orne 61). L'Ecole numérique au vert a trouvé ses locaux : l'ancien collège de la Loupe 18 rue de la Gare. Le collège Jean Monnet à la Loupe, et son équipe, le principal du Collège et trois professeurs sont partants pour le projet qui réunit déjà de nombreux partenaires, dont le Conseil Général d'Eure-et-Loir (28) et sa délégation, une jeune équipe présentant des "objets connectés". L'ambition : une formation gratuite pour transformer des débutants motivés en entrepreneurs programmeurs professionnels avec un mot-clef : le code. Ou comment on fait d'un chômeur un développeur web en 6 mois d'apprentissage intensif.

« Intensif n'est pas un mot innocent », c'est beaucoup de travail admet Rémy Maucourt devenu développeur free lance grâce à simplo.co et qui facture sa prestation jusqu'à 500 euros par jour après avoir été un an au chômage. « Au début un long tunnel, un mur à casser pour comprendre les premiers concepts du code, un ou deux mois dans le noir ». Dans la future formation qui va débuter à l'automne le code est roi. Avec le rêve d'inventer peut-être l'algorithme de demain...Avec cette formation Romain Coeur a changé de métier, d'ingénieur dans l'aviation civile à développeur.  « Apprendre à coder, mais pas seulement » ajoute Rémy Maucourt, « la formation c'est aussi faire de la veille, de la prospective,  développer une confiance dans l'avenir, et la certitude de pouvoir apprendre tous les nouveaux métiers qui vont venir et d'être enfin dans un secteur de croissance ». Et de faire maintenant partie d'un réseau de mutualisation et d'échanges entre élèves« Simplon ça ne s'arrêtera pas »...

Erwan Kazzar, Simplon Village, et Anna STEPANOFF Innov'Educ

De nouveaux métiers numériques

La sélection? Pas par le niveau d'études. "De Bac moins 2 à Bac +8" commente Erwan Kezzar, cofondateur de Simplon.co à Montreuil, une ancienne usine transformé en espace convivial d'apprentissage et de réseautage. Erwan Kezzar,  cite les participants à la session de formation qui ont déjà lancé avec un certain succès leur propre projet. « Apprendre à apprendre » est un des points forts de la pédagogie, et aussi« apprendre par la pratique, apprendre ensemble,  se donner à 100% ». La motivation, plus que le niveau d'études, est un critère de sélection. Les fondateurs de l'école numérique au vert de la Loupe se sont inspirés pour Simplon Village de ce modèle, lui-même s'inspirant des « boot camps » à l'américaine, San Francisco, Chicago ou New York proposent des sessions d'entrainement intense. « On cherche des élèves motivés, débrouillards et surtout autonomes ». Cette formation débouche non seulement sur le métier de programmeur mais sur de nouveaux métiers comme « référent digital », capable de débloquer tous les problème quotidiens auquel se heurte une PME ou TPE avec le numérique ou encore pour ceux qui n'ont tout à fait atteint le niveau de programmeur « éducateur numérique » au service des habitants et des structures des collectivités locales.
Xavier de Mazenod, Zevillage le site du télétravail

L'avantage de cette formation : le travail à distance sur lequel rebondit Xavier de Mazenod, fondateur de Zevillage qui rappelle dans sa présentation les principaux avantages du télétravail « évolution sociologique importante »  : moins de stress, moins d'argent dans les transports, un management plus transversal, 96% des télétravailleurs sont satisfaits révèle un récent sondage d'où une baisse de l'absentéisme, une culture de travail collaboratif.

« Libres ensemble » est le motto de la Mutinerie espace de co-working à Paris. L'exode à la campagne étant un des paramètres possibles, la Mutinerie est installée dans une jolie maison de village non loin de La Loupe, Saint-Victor de Buthon. Xavier Jacquemet l'un des co-fondateurs est venu parler des projets de ce nouveau lieu. Pour lui, ce ne sont pas les murs qui doivent primer, mais l'humain. : « Le cœur d'une organisation ce sont ses talents ». Les convictions mises en pratique à la Mutinerie : la convivialité, l'ouverture « les meilleurs idées surgissent souvent autour de la machine à café » ou encore « les organisations se développent autour d'un écosystème ». Logiciels libres, humains libres, un état d'esprit sans doute fertile quand il vient de la société civile et quand les élus acceptent comme ceux de La Loupe d'être à l'écoute des compétences qui viennent dynamiser leur territoire

Un écosystème issu de la société civile dans les territoires : et dans le Perche ?

Après Zevillage dans l'Orne, des initiatives locales commencent à se faire connaître dans le Perche ornais  : Ecopertica qui met en place un réseau de construction écologique avec une approche innovante, comme l'habitat participatif. Dans le Perche eurélien La Boîte à outils s'installe, dans un créneau similaire : le petit bricolage qui manque cruellement aux particuliers venus s'installer en milieu rural. Le cinéma Le Rex à Nogent-le Rotrou a récemment programmé une série sur le thème «  « Regards sur le monde rural », avec par exemple des agriculteurs pas comme les autresla famille Ouy à Nocé, agriculteurs et transformateurs de produits bio avec succès depuis 20 ans. L'association Artank a commencé à mettre en ligne une carte dynamique des acteurs culturels innovants du Perche. Un club d'investissement qui a pour objectif de sélectionner et soutenir les jeunes pousses du Perche est en cours de formation à l'initiative d'un nouvel élu de Nogent-le-Rotrou . Un Forum qui regroupe ces initiatives locales relevant d'une nouvelle économie dont l'économie collaborative aura lieu à Nogent-le-Rotrou fin novembre durant le mois de l'Economie sociale et solidaire (ESS). Initié par Jean Thenaisy (maipouquoi)ce Forum se propose de démontrer qu'il est possible de "Vivre et consommer autrement", travailler autrement, en faisant une place à de nouvelles formes d'économie et de façon concrète à des stands de démonstration d'initiatives locales, tables rondes, ateliers.

Les structures tournées vers l'emploi se sont démultipliées :  Pôle Emploi, boostemploi,  Comité de Bassin d'Emploi, Capemploi mais le chômage court toujours : "Le chômage augmente de 0,7% en mai. La barre symbolique des 5 millions de chômeurs, catégories A, B et C confondues, est franchie" (Europe 1). Ces nouvelles valeurs semblent encore étrangères ou marginales alors qu'elles constituent peut-être le socle des emplois de demain. Ces nouveaux métiers dont la France est déjà en manque sont-ils pris en compte dans les missions des structures "officielles"? L'édition du vendredi 27 juin Ouest-France titre «le chômage de longue durée explose », alors que de nombreuses entreprises et particuliers sont en manque de services : qu'il s'agisse d'anciens métiers qu'il convient de remettre au goût du jour, comme cantonnier pour les chemins ruraux, ou encore faucheur d'herbe de petites surfaces, tâche que plus aucun agriculteur ne veut faire ou de nouveaux métiers de services : d'immenses besoins auprès de la génération des babyboomers vieillissants mais qui ne veulent rien lâcher et surtout pas les technologies qui leur permettent de conserver une place sociale active, voire des compléments de revenus pour leur retraite.  Eux sont prêts à payer pour un «assistant personnel » numérique, d'où l'idée peut-être d'une coopérative mutualisant les « free-lance ».

Eric Girard, maire de La Loupe et Président de la Communauté de Communes des Portes du Perche  soutient le projet et était présent samedi lors de la table ronde avec la députée Laure de la Raudière, a bien compris qu'il fallait d'abord faire venir talents et compétences sur le territoire avant de penser locaux et structures. Beaucoup trop d'élus font encore la démarche inverse : on voit se multiplier les bâtiments neufs pour les Pôle Emploi, salles des fêtes dans chaque village mais peu de réflexion sur l'écosystème de compétences émanant de la société civile pour les animer. Le « plus jeune maire d'Eure et Loir » Victor Provot de Thiron Gardais mise sur une attraction dynamique et des évènementiels participatifs et festifs  comme les 900 ans de l'abbaye de Thiron-Gardais, une médiathèque active sans compter qu'il a su attirer une « star » comme Stéphane Bern qui se rend avec gentillesse aux fêtes locales.

Il est temps que les élus pensent à consulter et impliquer leurs habitants dans les projets. Les compétences numériques sur leurs territoires sont là, experts, journalistes, webdesigners, développeurs,  directeurs artistiques, producteurs de contenus pour le Web, qui ne demandent qu'à mettre leur expertise au service du bien commun. 
Janique Laudouar

Des ateliers d'initiation avaient lieu l'après-midi on en retrouvera les photos sur la page Facebook "Simplon Village". 

"Apprenez la programmation et l'entreprenariat numérique : envoyez votre CV"

Contact : simplon.village@gmail.com

mardi, mai 13 2014

PARTAGER

                                                                                           Débat au Cube sur le thème PARTAGER

"L’économie du partage est en outre fort intéressante parce qu’elle privilégie des échanges de nature nouvelle, qui permettent à l’usager de sortir de cette approche de consommateur que nous avons héritée du 20èmesiècle."
Ce n'est pas un homme politique qui parle ce langage que tout le monde attend, mais Carlos Moreno, Professeur des Universités, et expert de la ville intelligente. PARTAGER est le thème de la revue en ligne du CUBE # 6 http://www.cuberevue.com/, « création et société numérique ». Un e-book de cette série d'articles qui donnent les clefs du présent et du futur est prévu.

Partager

Sur le site du Cube on peut revoir le débat les points de vue exprimés par Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen, co-fondateur et porte parole de l’ONG Colibris-Mouvement pour la Terre et l’HumanismeSylvain Kern, entrepreneur et fondateur de la Cité de la RéussiteHortense Gauthier / HP Process, artiste transmedia, directrice de Databaz, centre d’art expérimental à Angoulême.

Comme le formule Niels Aziosmanoff, président du Cube, centre de création numérique, « Après un voyage de deux cent mille ans, l’homo sapiens s’apprête à rencontrer son successeur dans la grande chaîne de l’évolution. » Un message qui devrait enthousiasmer la planète, mais curieusement le monde politique se refuse à entrer dans ce XXIème siècle. Partout en Europe ou presque on parle et encore de « crise » de « croissance », de « courbe du chômage », plutôt que d'employer un vocabulaire tonique et tourné vers l'avenir : monde en mutation, nouveau paradigme, tout ce qui est en marche depuis l'invention d'Internet, de l'intelligence artificielle, et des objets connectés. Dire que ce n'est pas une « crise » dont on verrait un jour la fin, mais un monde nouveau qui se profile. « Empathie, altruisme, partage, innovation sociale et co-créativité sont les forces vives d’une nouvelle nation transfrontalière » écrit encore Niels Aziosmanoff dans son édito. Voilà qui est loin de l'Europe telle qu'elle est et telle devenue et que les citoyens français refusent largement. Non par désintérêt, mais pour marquer leur désapprobation face à un déficit de démocratie. Informés ou pas sur l'imminence d'un nouveau monde, les citoyens sentent bien que l'ancien monde a vécu, et que l'Europe fait partie de cet archaïsme si elle continue à les tenir en dehors des décisions qui les concernent les citoyens européens.

Innover : les citoyens n'attendent plus les politiques

La nouveauté c'est que les citoyens n'attendent plus le monde politique. Ils innovent : de « l'habitat participatif » au partage d'appartement, de l'économie collaborative à l'écologie au quotidien, du crowdfunding à l'échange, ce sont dix mille initiatives qui ne sont pas aidées par les pouvoirs publics et qui rencontrent le succès, parfois même la fortune. Aujourd'hui si tant de français s'exilent, c'est parce qu'il ont pour interlocuteur une administration dont l'objectif a toujours été de conserver, et qui ne semble pas sur le terrain bousculée par le « choc de simplification » annoncé. L'administration fiscale a su se réformer et les français ont adopté la déclaration en ligne. Pourquoi l'éducation nationale ne peut en faire autant, alors que tant d'enseignants innovent? Le Cube a d'ailleurs su nouer très tôt des partenariats avec le monde éducatif incitant à l'usage du multimédia que semble découvrir chaque nouveau Ministre de l'éducation nommé. Les enseignants et inspecteurs avertis utilisent le numérique dès l'arrivée de l'Internet en France -quand l'administration centrale n'en était pas encore informée, péché suprême, et leur barrait la route. En vain : François Jarraud a fondé le Café Pédagogique en se fondant sur une communauté d'enseignants. Autrefois combattu, il est aujourd'hui enfin admis par les instances officielles et est devenu journaliste. A la question « Comment gérer le changement?" Le Café Pédagogique cite Emmanuel Davidenkoff sur France Inter. «  "Passer d'une logique de top down à une logique bottom up". C'est comme cela qu'on peut réellement impulser le changement dans l'éducation nationale ». « Et pourtant elle tourne » disait Galilée en parlant de la planète terre, Galilée forcé de se renier, pour ne pas être accusé d 'hérésie. L'arrivée du numérique permet d'affirmer ses convictions et de les vivre sans en référer à la hiérarchie.

Participer

« Un laboratoire planétaire maillant de multiples initiatives, pour co créer, cultiver et polliniser les bonnes pratiques, et distribuer les fruits abondants de l’intelligence collective ». L'utopie proche décrite par Niels Aziosmanoff, c'est ce qu'a inventé le philosophe Pierre Levy. Il propose « Une mémoire numérique participative »...mais du Canada où il a du s'exiler puisqu'on lui a offert une chaire d'intelligence collective à l'Université d'Ottawa. Une équipe d'ingénieurs travaille à une application qui partage, non des amis plus ou moins proches, mais un écosystème qui regroupe des affinités électives à travers le monde. Un condensé de penseurs et d'innovateurs dispersés réunis grâce aux algorithmes, ce devrait être enthousiasmant...et ça l'est pour ceux qui suivent depuis longtemps de précurseur de l'intelligence collective. Mais qui va le soutenir en France ? La question reste ouverte.

Ouishare Fest 2014 était présent à la Foire de Paris sous la pluie pour annoncer sa manifestation annuelle du 5 au 7 mai, qui affichait complet mais qu'on pouvait suivre en livesur le site. « D'une société égocentrique à une societé eco-centrique, super conférence » l'un un des tweets les plus populaires « @tomasdelara ) ou encore «Les communautés collaboratives, objet sociologique non identifié". Avec des intervenants pionniers, comme Rachel Botsman, un des auteurs phares, avec laquelle nous avions déjà fait connaissance  il y a plusieurs mois dans l'article de la Ménagère consacré à l'économie collaborative. Fréderic Taddéï semble être l'un des seuls journalistes à penser « hors de la boîte », l'un des seuls médias classique à mettre en débat l'ancienne et nouvelle économie dans un récent « Ce soir ou jamais » sur France 2. Le thème de l'émission du était «Qui est propriétaire de quoi ? La propriété mise à mal dans tous les domaines ».  Invitée, Diana Filippova égérie de la nouvelle économie collaborative et l'une connectrices de Ouishare Paris a commence à faire passer le message au grand public.

L'essor du « co », du co-working au copass

Sur les réseaux, cette nouvelle philosophie se dissémine à vitesse grand V comme le blog http://www.imagiter.fr/ qui affiche sa profession de foi : le don et les maison du don comme « portes ouvertes à une nouvelle civilisation ».  « Faire connaître, dans le plus de domaines possibles, tout ce qui n'attire pas le main stream. Qui, pourtant, fait beaucoup pour les nouvelles façons de raisonner, de ressentir, de voir, d'écouter ou d'analyser - et dont le manque nous est cruel. Et, surtout, ces esprits synthétiques, quasiment en voie de disparition, qui nous rappellent que penser c'est agir, que les connaissances c'est pour faire connaissance. Ou que les plus grandes sensualités restent de goûter les saveurs des savoirs »

Certes après le co-working on voit se multiplier les « co » : copass l'un des lauréats du Ouishare, "co-art" et "co-créer", le préfixe « co » est porteur, en passe de devenir tendance et sans doute doit on rester vigilant. A remarquer parmi les lauréats de Ouishare, "SYMBA IDF est la monnaie destinée aux organisations symbiotiques (entreprises, associations…) d’Île de France pour relocaliser l’économie, créer des échanges vertueux et développer la richesse économique, sociale, environnementale et culturelle du territoire."  Les AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne ) ses sont organisés partout et leur offre, une alternative aux « hard discount ».  L'économie sociale et solidaire se répand, avec de nouveaux actionnaires qui sont des citoyens ordinaires qui ont fait le choix de prendre une part financière dans un projet de proximité. Dans le Perche, Ecopertica a démontré sa capacité de financement participatif et son savoir-faire en matière d'éco-construction avec les produits locaux, chanvre, chaux, bois des forêts. Des agriculteurs pionniers en "bio" dans la discrétion sont les nouveaux héros : Roland et Marie-Odile Ouy, agriculteurs bio, éleveurs, à Nocé (61) ont à la fois la philosophie et la pratique, des jeunes fils à long catogan qui ressemblent à des acteurs de Twilight, et font des études d'ingénieurs en agriculture à l'Esitpa. Une image innovante de l'agriculture : ils font l'objet d'un film projeté le 13 mai au Rex de Nogent-le-Rotrou : "Naturellement" de Patricia Jouvencel. Ci-contre La Ferme des Ouy.

Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen est aussi l'un des fondateurs de Colibris, la révolution douce qui prône « coopérer pour changer » mentionnait lors du débat au Cube que le bénévolat était en augmentation en France. Il y a donc de la place pour le partage traditionnel et les nouvelles formes de partage. Et une forme d'espoir auquel le monde politique ferait bien de s'intéresser.                                                                                                                                                                                      

Articles cités sur http://www.cuberevue.com/,                                                                                                                                             

Edito #6 : Partager

Nils Aziosmanoff président du Cube

http://www.cuberevue.com/edito-6-partager/3038

Le partage, une notion au cœur de la ville de demain

Carlos Moreno Professeur des Universités, scientifique, spécialiste de la Smart City

http://www.cuberevue.com/partage-notion-au-coeur-ville-demain/3356

Une mémoire numérique participative

Janique Laudouar directrice éditoriale Web

http://www.cuberevue.com/memoire-numerique-participative/3375


Prochainement: Rendez-vous du Futur spécial "Forum Changer d'Ère"

Dans le cadre du partenariat exceptionnel avec le forum "Changer d'Ère", émission live Les Rendez-vous du Futur

Le jeudi 22 mai 14 19h30 - 21h Tarif : Entrée libre Public : Tout public

mercredi, février 19 2014

Le philosophe Pierre Levy invente le GPS de l'intelligence collective

Source image The Automated Data Center: Two Layers of Technology Innovation, 17/12/2013 Bill Kleyman https://www.datacenterknowledge.com

Janique Laudouar 19/02/2014

Une causerie autour du futur du numérique

Confidentiel et convivial, ce rendez-vous autour d'une causerie-débat informelle de Pierre Levy réunissait le 15 février 2014 ceux qui depuis longtemps suivent le philosophe précurseur de l'intelligence collective et du virtuel, qu’il enseignait dans les années 90 au département Hypermédia de l'Université Paris 8. Actuellement le Canada lui a offert une chaire de recherche sur l'intelligence collective à Ottawa.

Le thème : « Le jour va bientôt se lever pour une civilisation qui se concevra elle-même comme un sujet planétaire. » Depuis l'avènement de ce qu'on nommait dans les années 90 « les autoroutes de l'information », puis«les  nouvelles technologies » et aujourd'hui « le numérique »,nous échangeons, nous collectons, nous cherchons, nous créons, nous produisons, nous baignons dans un flux de plus en plus dense de données ou data devenu incontrôlable par le particulier. Pour tenter d'en dégager le sens à une échelle mondiale, Pierre Levy invente depuis 20 ans un langage l'IEML (Information Economy Meta-language), « système de codage sémantique efficace , une technologie symbolique, », un « métalangage », mais surtout projet de civilisation, l'ambition d'orienter le futur de de la communication numérique vers une humanité meilleure. "Nous pouvons aujourd’hui connaître immédiatement notre propre position géographique et accéder automatiquement à la géolocalisation de n’importe quel objet ainsi qu’à la manière d’y accéder à pied ou par un quelconque moyen de transport. De la même façon, nous pourrons dans le futur nous situer dans le monde des idées, y localiser n’importe quelle personne, objet ou ensemble de données et explorer ses voisinages sémantiques".

L'algorithme au service de l'intelligence collective.

A l'heure où 50% de la population mondiale est connectée c'est moins l'accès à Internet et l'outil numérique qui posent problème, que mettre au service de l'intelligence collective la collection de données et leur exploitation, ce que savent faire pour l'instant avec une qualité inégale les agences des nations ou des publicitaires, ou des groupes innovants comme Google ou Facebook. Ce qui change aujourd'hui, nous dit Pierre Levy, c'est l'adressage et la manipulation des données par le biais des web robots et des algorithmes. Il cite l'exemple de la campagne de Barack Obama qui a engagé 70 informaticiens qui ont analysé l'ensemble des électeurs susceptibles de changer d'avis. Une approche « big data marketing », connue du marketing - voir par exemple le site emarketing - mais innovante en politique. Dans cette campagne, les algorithmes avaient la première place..

Qu'est-ce qu 'un algorithme? Nous en faisons tous l'expérience avec le courrier électronique : nos échanges, que nous imaginons privés, contiennent des mots-clefs repérés par des « robots » . Si nous écrivons que nous cherchons un abri jardin, un hôtel au Maroc, nous risquons d'être bombardés par des offres commerciales en ligne sur les même thèmes. Google a récemment fêté ses 15 ans avec l'annonce d'un nouvel algorithme (Hummingbird ou Colibri en français) dans le lieu même où les deux étudiants de Stanford inventaient il y a 15 ans le moteur de recherche, un « garage » accolé à une maison de banlieue, selon la tradition américaine de « l'innovation de garage ». « Google apporte plus de 500 modifications par an à son algorithme, soit en moyenne 1,4 modifications par jour » nous dit Fréderic Gaye sur son site Le Référencement naturel. S'il est devenu « un géant », google, le doit à sa capacité à se reconfigurer en permanence. Facebook vient lui aussi d'annoncer des changements dans l' algorithme d'affichage dans le flux d'actualité de l'utilisateur. « WhatsApp, Viber, Skype, Line, WeChat ou SnapChat... les applications de messagerie instantanée pullulent et attisent les mastodontes du Net, qui les rachètent à prix d'or. » constate mns actualités. « Facebook met 14 milliards d'euros pour racheter une start-up qui n'a même pas cinq ans d'ancienneté et qui a 55 salariés », s'exclame Axel de Tarlé sur Europe 1 en parlant de « la bataille des données », ajoutant que ce que Facebook rachète c'est la base des 450 millions d'utilisateurs qui va lui permettre, du moins c'est le pari, de rester au top. Et sur les marchés émergents comme l'Inde ou le Brésil. L'algorithme participe de l'exploitation mondiale de nos données privées tout en nous offrant « gratuitement » ces merveilleux outils. Google aussi est impliqué dans le traitement de la connaissance avec le "Knowledge graph". "Il permet à Google d’aller chercher les informations dont vous avez besoin pour les afficher directement sur le moteur de recherche" nous dit le site de google, qui prend soin d'ajouter le mot "connaissance" à sa collecte de données. et qui a investi $7.35 billion de dollars dans son nouveau Data Center nous apprend Rich Miller rédacteur en chef de Data Center Knowledge.

Mais la pensée de Pierre Levy est dirigée vers le sens que prendra le futur du numérique. Où nous mène cette société datacentrique ? « Le changement n'est pas achevé, et il offre encore de nombreuses possibilités d'inflexions et d'initiatives créatives ».

Source image : interface dans « Minority Report », Steven Spielbeg, 2002

Le langage IEML : vers un outil opératoire ?

Imaginons dans nos vie quotidiennes un merveilleux outil, une boule de cristal bourrée de coordonnées croisées grâce à l'IEML qui aura repéré ceux qui les utilisent  dans le monde entier : l'utilisateur n'aura pas besoin s'apprendre ce langage constitué et validé au fil des années, pas plus qu'il ne connaît les algorithmes qui régissent les réseaux sociaux. Pierre Levy imagine cet outil tout en rondeur à l'image de la planète, mais pourquoi pas aussi des écrans transparents tels qu'on les a vus dans le film de Steven Spielberg « Minority Report » en 2002, adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick, auteur de science fiction qui met en scène de façon « philosophique » le traitement des données et leur impact sur la vie privée. En 2014, c'est toujours l'enjeu des débats actuels sur l'identité numérique et la protection des données y compris au niveau européen.

Si on ne cesse d'inventer des outils numériques qui modifient nos usages, des mobiles flexibles, des imprimantes 3 D des « google glass », peu de recherche semble émerger à une échelle significative sur le façonnage de nos cerveaux et de nos idées via la mutation à l'oeuvre alors que le numérique a bouleversé nos vies privées, professionnelles, notre appréhension du monde de l'éducation à la recherche de l'âme sœur. Peu d'exploitation dans un sens à la fois noble et efficace et surtout utiles aux gens l'open data, des données publiques en ligne du gouvernement français.

IEML A quoi ça sert ? « Les écosystèmes d'idées seront observables »

L'ambition est énorme, d'où la difficulté de Pierre Levy à faire appréhender son projet, maintenant que la « grammaire » de l'IEML est prête, et de faire émerger du « labo » à « l'outil » : une nouvelle couche d'adressage avec l'objectif d'augmenter l'intelligence collective, la capacité cognitive individuelle, le développement, humain la prospérité et économique, les droits de l'homme etc. Jusque là nous avions été un peu sceptiques  et pas assez attentifs lors des présentations à l'université Paris 8: tant de « lubies » de chercheurs même réputés se révèlent inapplicables. Mais ce soir de février 1014, Pierre Levy a été clair et convaincant, malgré la complexité du projet. Mettre la puissance d'analyse des données entre les mains de tout le monde, c'est proche d'une démocratie participative ...qui est loin d'être le concept le mieux partagé en France et à travers le monde...d'où les obstacles rencontrés. Et pourtant ; ce que Pierre Lévy nomme « connaissance réflexive » est applicable dans de nombreux domaines.

Les applications de l'IEML dans nos vies

Les musées du monde entier ont dèja des débats passionnants sur le thème "patrimoine et web de données", et en France on peut citer entre autres la BNF qui a fait une avancée remarquée. Tout ce qui traite de la gestion des ressources humaines dans le service public est en manque d'outils. Dans l'éducation nationale en France les personnels avancent encore « à l'ancienneté » et les profils atypiques, les innovateurs, les expérimentations ne sont pas récompensées à leur juste valeur quand elle ne sont pas freinées. Et pourtant il y a un réseau d'innovateurs à travers toutes les académies. François Jarraud enseignant devenu journaliste a été pionnier grâce au numérique en impulsant Le Café Pédagogique. François Muller a été longtemps en charge de l'innovation au Rectorat de Paris, et pratique « le numérique" au service de l'éducation. Il est maintenant au Ministère de l'éducation nationale de Paris à l'origine de   RESPIRE.  un réseau social d'échanges de savoirs professionnels sur l'innovation pour les enseignants. Mais tous deux ont mis  15 ans pour arriver à une reconnaissance. Quel rêve et quels gains économiques si un outil opératoire pouvait repérer en temps réel et rassembler virtuellement les compétences parmi le million d'enseignants et croiser les « écosystèmes d'idées », en tirer parti pour la rénovation de l'éducation au XXIe siècle. On imagine aussi que nos administrations Pôle Emploi ou les caisses de Retraite qui croulent sous d'énormes données pourraient faire avec ce futur outil. 

Source image : visualisation de données Hypercarte ARTANK réalisée par Dataveyes

Les collectivités territoriales auraient alors le choix de ne plus s'en tenir à l'organigramme « officiel » des élus décideurs pour...tout décider du sort des habitants, mais aussi de faire émerger des propositions citoyennes. En les identifiant à travers une cartographie d'écosystèmes d'habitants qui viendraient booster l'économie locale ( habitat, éducation, culture, tourisme, agriculture, etc) l'économie d'un territoire serait gagnante et bien plus innovante. "« L’extraction automatique d’informations pertinentes à partir des données ne sera plus réservé à une élite politique, technologique et financière : un nouveau médium social et une nouvelle vague de littératie auront distribué ce pouvoir cognitif entre les mains de tous. » L'initiative collective, l'économie sociale et solidaire, l'économie collaborative, comme nous l'avons écrit Les politiques s'enlisent : les français s'organisent, vive l'économie collaborative ! sont déjà à l'oeuvre."

Et dans ce monde de conflits individuels, familiaux, sociétaux, monde des idées ou des religions qui s'affrontent, où on lit tous les jours des nouvelles sanglantes de la barbarie émanant de tous les continents, « En Centrafrique regain de violence et de haine » ou "Sanglante répression en Ukraine". Un outil qui grâce au big data permet à l'homme de progresser grâce au au numérique et d'élever le niveau de civilisation, l'expérience vaut la peine d'être tentée sans attendre.

« Connais-toi toi-même » (Socrate) : le GPS des idées et de la connaissance

De quoi a besoin Pierre Levy : selon lui, "de 12 ingénieurs" pour développer une démonstration accessible aux décideurs. Selon moi il a aussi et surtout besoin d'un top designer  (comme Etienne MIneur, par exemple) qui lui invente un nom de marque international et un symbole aussi fort et déjanté que la pomme croquée avec laquelle Steve Jobs et Steve Wozniak ont lancé "Apple".  Il a besoin d'une Zara Hadid http://www.zaha-hadid.com ou de l'éternel Philippe Starck http://www.starck.com/fr . Lors de cette « causerie » du 15 février les idées n'ont pas tardé à fuser. Étaient présents ce soir là entre autres Michèle Drechsler,  Inspectrice de l'Education Nationale, conseillère en technologies d'information et de communication pour l'éducation du Recteur de l'Académie Orléans-Tours, une des inspectrices les plus compétentes  pratiquant à un haut niveau le numérique, des auteurs, des entrepreneurs, de jeunes innovateurs comme la plateforme noosfeer.

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Cette inscription sur le temple de Delphes en Grèce et popularisé par le philosophe Socrate, c'est un peu ce que propose ce « GPS des idées » de Pierre Levy : mieux nous connaître et connaître les autres, mieux nous rassembler pour penser et agir collectivement, un outil en théorie infiniment plus noble et pertinent pour le futur du numérique que les réseaux sociaux actuels.

Source image : ISEA Istanbul, EMERGENCE, an interactive biofeedback art by Sean Montgomery, Diego Rioja, Mustafa Bagdati, Hyperstrata, Kasa Gallery

Pierre Levy interview sur France culture  sur son blog

Michèle Drechsler : Inspectrice de l'Education Nationale, membre titulaire du conseil national pour l'innovation pour la réussite éducative depuis Avril 2013 et docteur en sciences de l'information et de la communication.( Elle a soutenu sa thèse de doctorat en 2009 sur les pratiques du socialbookmarking dans l'éducation, une porte ouverte sur l'intelligence collective)

François Muller : RESPIRE,  Journée nationale de l'innovation (27 mars 2014)  6 grands Prix de l'innovation seront alors décernés. Votez pour le PRIX DU PUBLIC en ligne. http://www.francoismuller.net/

Et l'un des premiers à avoir cru à l'IEML, Samuel Szoniecky, au département Hypermédia persévère dans son "travail de jardinage des connaissances continu notamment pour créer des objets pédagogiques dans le cadre des ateliers laboratoire CreaTIC : http://idefi-creatic.net/


vendredi, novembre 22 2013

Les politiques s'enlisent : les français s'organisent, vive l'économie collaborative !

Les politiques s'enlisent : les français s'organisent, vive l'économie collaborative !

Tu pars et tu ne sais pas quoi faire de tes affaires ? Lors d'un stage ou échange à l'étranger, stocke tes affaires chez un particulier. Jusqu'à 50% moins cher... » La solution : le co-stockage.

La vie est devenue trop chère, et pas seulement pour les étudiants, et si on en inventait une autre ? L'imagination est à nouveau au pouvoir avec les jeunes entrepreneurs. Le préfixe « co » est la clef magique de cette nouvelle économie, ce « Nouvel Eldorado » présentée le 21 novembre cadre de la traditionnelle Fête de l'entrepreneur organisée par la Chaire Entrepreneuriat d'ESCP (École supérieure de commerce de Paris).

« La monnaie de la nouvelle économie est la confiance »(Rachel Botsman)

A côté des food trucks alignés dans la Cour de l'ESCP, Start me up, qui regroupe les entrepreneurs du campus, proposait des rencontres autour de l'économie collaborative, ce nouveau concept fondé sur le partage et l'échange. Des start-up aux noms plein de fantaisie, BlaBlaCar, KissKissBankBank, Bulb in town, et au business plan solide. Un mot-clef , point commun à toutes ces initiatives : confiance. Confiance dans leur « produit », d'abord, parfois patiemment élaboré pendant plusieurs années, confiance entre les membres de leur « communauté ». La confiance que les gens ont perdu dans les institutions et les politiques, ils la placent maintenant dans ces jeunes entreprises qui permettent une relation de particulier à particulier, qu'il s'agisse de confier son appartement ou sa voiture. « La monnaie de la nouvelle économie est la confiance » prophétisait la gourou de l'économie collaborative dans Rachel Botsman une TED conférence remarquée.

"Demain, Saint-Malo-Rennes, 5 euros !"

« Demain Saint-Malo Rennes, 5 euros » En Peugeot 307. Paris Bruxelles 20 euros, « trajet direct et confortable. BlaBlaCar  commencé très tôt sous le nom de covoiturage.fr , avec peu de budget et c'est maintenant un succès international. Comment ça marche ? C'est simple : « Faire la route tout seul ça coûte cher, ce n'est pas bon pour l'environnement ...» La solution : « Trouvez votre covoiturage parmi plus d'un million de trajets à venir ». On peut s'inscrire, même en dernière minute. Des start-up comme BlaBlaCar ont parfaitement intégré les mécanismes d'Internet : avis et recommandations des passagers, site ultra convivial avec BlaBla blogs, BlaBla news, BlaBla quiz, et BlaBla Tours rencontres IRL (In real life) des managers avec leur communauté. Question dans la salle « Mais il faut des millions d'euros pour lance un tel business model » Réponse de Laurence Wagner « Pas du tout, quand j'ai rejoint le fondateur j'ai commencé avec 500 euros de budget com ! ». Et aujourd'hui 5 millions de membres, un million de passagers impliqués par mois, et un impact certain sur le CO2.

Le joli nom de Bulb in town évoque les territoires, le terroir, le terreau, la jacinthe qui sort de terre même en hiver. Cette start-up invente le crowdsourcing local...Cette start-up invente le crowdsourcing local.« Aidez OccaZou!, Librairie Solidaire, à retrouver une OccaZouMobile!!« Participez au financement des commerces et associations près de chez vous, profitez en échange de bons plans exclusifs. » C'est fait : ce jeune libraire solidaire a réuni les fonds et conduit désormais sa librairie mobile. Les contributeurs et donateurs  ont gagné des livres et aussi des relations chaleureuses. Même opportunité pour la boulangerie du village qui veut faire des cupcakes ou le restaurant des soirées animées.

Car dans cette économie d'échange on ne gagne pas que de l'argent ! On gagne de la chaleur humaine, de l'intelligence émotionnelle, du respect, des relations, de la réputation. Et ce n'est pas Vincent de KissKissBankBank qui dira le contraire : « Libérez la créativité » KissKissBankBank met en relation des créateurs de projets et des contributeurs passionnés par la créativité. Vous souhaitez lancer votre projet ou soutenir un projet. Ce guide vous permettra de trouver toutes les réponses dont vous avez besoin. 9 824 809 €ont été collectés pour 5 297 projetscréatifs ou innovants grâce à 195 113 KissBankers.

La réputation, nouveau "metric" économique

« Se sentir chez soi chez les autres », c'est sejourning, site de location d'apparements entre particuliers avec assurance. Le site repose une fois de plus sur les outils Web et réseaux sociaux qui ont fait leurs preuves, et aussi sur une assurance « béton ». On doit retrouver son appart tel qu'on l'a laissé aux locataires...Et c'est là que l'on voit en quoi ces nouveaux intermédiaires intermédiaires sont indispensables dans leur rôle d'accompagnateur de projet. Ainsi la notion d'ordre et de propreté peut varier d'un particulier à un autre, et le rôle régulateur de l'équipe desejourning est là pour aider les particuliers à dialoguer. Pour l'instant zéro problème !

Marjolaine Grondin était également présente avec Blackbird, un outil communuautaire étudiant  pour l'instant destiné à Sciences Po, et on pouvait lire sur sa page Facebook « Dans quelques minutes je pitcherai Blackbird à Xavier Niel, Marc Simoncini et Jacques-Antoine Granjon, pour la finale de 101 projets. » Il y a donc pour ces start-ups concurrence et opportunités à condition d'envisager le marché du travail et de l'entreprise avec de nouvelles valeurs, un nouvel état d'esprit où l'honnêteté est une vraie valeur à la fois morale et économique. Tricher sur la qualité et la fiabilité est devenu quasi impossible avec la notion de réputation qui vous suit sur les réseaux du début à la fin...C'est le cas aussi pour 99designs qui garantit la qualité de ses 263 692 designers et pour Buzzcar en pleine fusion avec son ex-concurrent Citizen Car. Prêter sa voiture, c'est un risque qu'il faut accompagner. Ca bouge ! « Cookening vient d’annoncer l’acquisition de Beyond Croissant. La start-up qui vous propose de vous inviter chez l’habitant pour y partager un repas devient au passage un candidat sérieux au titre de leader français de l’eatsurfing. » Nous annonce Arthur de Grave sur le Blog de la consommation collaborative. Pour mesurer la réputation et la valoriser, on peut faire appel à la start-up Feedback qui incube à l'ESCP.


Une nouvelle valeur d'usage : l'expérience prime sur la propriété

Selon Nicolas Bouzou et Christophe Marquès, économistes du cabinetAsterès qui a publié en juin une étude sur le sujet appliquée au secteur hôtelier, « l’économie collaborative repose sur le prêt, le don, l’échange, la location et la vente de biens d’occasion ». Le principe est fondamentalement simple : l’usage d’un bien prime sur sa propriété. »  peut-on lire sur le Digital Post DDB http://digitalpost.ddb.fr/dans un retour sur retour sur l'étude d’Altimeter du mois de juin 2013. C'est ausi cet article de Nicolas Rauline qui suit l'affaire dans Les Echos Business,  au titre révélateur "Quand les start-up du partage bousculent l'économie traditionnelle".

Mais c'est la remise en cause du capitalisme, ça ! Mais oui, c'est une révolution soft qui commence à faire parler d'elle y compris parmi les économistes et qui frappe de ringardise les politiques d'état et leurs lourds appareils, leur frilosité face à l'innovation. Face à eux, mais aussi avec eux, pour les informer et les convaincre, Ouishare, encore un nom sémantiquement porteur : « OuiShare est une communauté ouverte internationale composée de passionnés -entrepreneurs, designers, makers, chercheurs, décideurs publics, citoyens, et bien d’autres- qui oeuvrent pour le développement de l’économie collaborative ».


Un gisement d'emploi qui commence à intéresser les territoires : Ouishare a initié une récente rencontre à Bordeaux . Ouishare c'est ce hub qui regroupe tout ce qui compte en matière d'économie collaborative et qui n'a pas peur d'avouer son ambition : prendre le pouvoir ! Face à des politiques qui ne le veulent pas le lâcher, c'est parfois difficile, non ? « Oui, un peu schizophrène » répond la lumineuse young leader, animatrice de OuiShareParis « nous considérons que nous avons une mission de service public, mais attention maintenant que l'économie collaborative prend de l'ampleur, l'état se rend compte du chaos que ça peut générer dans les institutions ! Nous avons été invités par Fleur Pellerin, mais nous gardons notre indépendance, pas d'allégeance à un parti ou une politique »

Pas question de revenir à la nostalgie des « 50 glorieuses » et à l'emploi style années 80, hélas encore beaucoup trop présent à l'esprit des "politiques" et des corps intermédiaires,  quand tout un nouveau champ économique s'ouvre. A expérimenter et vivre. Les prochains rendez-vous : Ouishare Fest auquel nous sommes tous conviés du 5 au 7 mai 2014. Et le 4 décembre à l'ESCP Europe « Osez l'innovation économique, les monnaies complémentaires et autres systèmes d'échange solidaires ». Inscrivez-vous ! Et que le gouvernement s'inscrive aussi !

"L'avenir du monde ne peut plus attendre. Pour appréhender la société autrement, nous devons changer de " logiciel de pensée ".

A lire (entre autres) : "Vive la corévolution !: Pour une société collaborative" Sophie Novel , Stéphane Riot  

"What's Mine Is Yours: The Rise of Collaborative Consumption"Rachel Botsman, Roo Rogers

samedi, octobre 26 2013

« Move fast and break things » L'agilité numérique peut-elle être européenne ?

Agilité : http://www.grenoble-em.com/712-qu-est-ce-que-l-agilite-en-entreprise--1.aspx

 « Move fast and break things » L'agilité numérique peut-elle être européenne ?

Chacun d'entre nous peut mesurer à son échelle personnelle le dynamisme de la recherche et développement des entreprises américaines numériques les plus connues.  Google, Apple, Facebook nous bombardent en permanence de leurs nouveautés. « J'adore la philosophie chez Facebook : « move fast and break things » moto de l'innovation de rupture et qui s'étend à tous les employés, ingénieurs, et le fondateur et CEO  Mark Zuckerberg« l'innovation et le développement ne s'arrêtent jamais » (Brett Reilly http://socialmediaseo.net ). On se référera à l'amusante littérature de Zoe Shepard, lanceuse d'alerte sur le fonctionnemet de nos services publics, pour comprendre comment les jeux de pouvoir en France tuent la réactivité, l'innovation et l'imagination. La manie française d'engendrer des plans d'état plutôt que de repérer l'innovation spontanée a la vie dure. Et pourtant les initiatives de petites structures interconnectées, mobiles et en veille, sont multiples. « Animé par les membres de la communauté museogeek francophone, le wiki de MuzeoNum est un exemple d'initiative spontanée d'une génération qui n'attend pas les directives d'état pour bouger et la première question qu'on peut lire sur leur wiki est « Comment convaincre les conservateurs en interne de l'intérêt du multimedia et des réseaux sociaux? "(27 septembre 2013). Autrement dit, comment convaincre la hiérarchie de l'innovation reste un passage obligé – plus ou moins long selon la direction à laquelle on a à faire.

Innovation « officielle » française versus innovation de garage américaine

Face à ce mouvement perpétuel des entreprises américaines, la Commission européenne ne peut qu'opposer des vœux pieux et des constats d'échec. Michel Barnier commissaire européen soupire, « Oui l'Europe, le numérique, c'est long, on y travaille depuis deux ans, on devrait y arriver » repris en écho par la Ministre Fleur Pellerin qui déplore le manque de « Google » à la française. Une ministre pleine de bonne volonté et de décisions alléchantes, mais qui semble ignorer l'écosystème qu'il faudrait d'abord implanter pour en finir avec la pyramide hiérarchique à la française qui depuis toujours fait preuve d'un conservatisme qui ne permet pas à l'innovation de rupture d'éclore, tant dans les administrations publiques que dans la plupart des grands groupes. Lancer le Big Data dans un système archaïque qui étouffe l'innovation quand elle n'arrive pas « du haut », et rencontre à toutes les étapes des barrages divers, une législation paralysante, des banques frileuses, le conservatisme administratif de l’État et de ses Préfets, de la Région, des élus, qui n'ont que rarement mission de repérer les petites unités et initiatives sur leur territoire, surtout si elles sont innovantes ...au point menacer les privilèges installés. Non, l'innovation en France reste toujours l'affaire de l'état ou de la région, et c'est l'argent public qui co-finance nombre de structures, une innovation lourde « officielle » qui reste ainsi sous contrôle des décideurs. Pour reprendre un slogan de start-up « Si tout semble sous contrôle, vous n'êtes tout simplement pas assez rapide. -Mario Andretti « Ce qui va à l'inverse de la philosophie de garage à l'américaine et de l'esprit de liberté et d'expérimentation qui règne dans les entreprises de Silicone Valley.

« Facebook est dirigé par des hackers ! »

Uningénieur à Facebook a relevé dans un billet les qualités qu'il trouve dans cette entreprise :

L'autonomie et la responsabilisation

données à chaque employé à Facebook.

Le Focus sur l'impact

et la liberté pour l'employé de choisir son champ d'action choix laissé du champ. « Depuis mon premier jour à Facebook, on m'a demandé « Quel est le champ à impact maximum sur lequel tu vas vouloir travailler ?

Facebook est dirigé par des Hackers

Ce ne sont pas des notables et des décideurs avertis qui dirigent Facebook, mais des pirates informatiques qui se réunissent régulièrement pour des Hackathons, des marathons informatiques à l'initiative de chacun.

Croissance et coaching

L'open space, le feed-back des pairs et le pilotage boostent la croissance parce qu'ils permettent à l'employé de prendre des initiatives : « je sais que je ne serai jamais seul en prenant des risques et en faisant des erreurs ».

Co-construction de jeux de données à la BNF

En ce sens la co-construction et la mutualisation de données de la BNF présentées lors des Rencontres médiation & numérique du Ministère de la Culture nous paraissent plus convaincantes parce qu'incarnées par une révolution interne des mentalités et comportements. Le projet utilise les outils du Web sémantique et s'inscrit dans une démarche d'ouverture des données. data.bnf.fr et Gallica ont reçu le Stanford Prize for Innovation in Research Libraries (SPIRL), et data.bnf.fr est lauréat du prix Data intelligence awards.

Les plans de soutien Big Data annoncés par Fleur Pellerin  sont trop récents pour en tirer un bilan. La condition de la réussite du projet ambitieux Big Data sera d'adopter le moto de Facebook : « bouger vite et casser les choses ».

Illustration source : http://www.startupvitamins.com/

dimanche, mai 27 2012

De la participation en politique : "Vous et moi", le "modèle Obama"

Source illustration : site http://www.ecobase21.net

« Vous et moi »

« You and I together we are going to change this country and we are going to change the world. » Vous et moi allons changer ce pays et allons changer le monde »

« Vous et moi » : d'emblée Barack Obama a associé dans son discours de candidat en 2008 ses électeurs au changement. Copié et même singé pendant la campagne présidentielle par les candidats, le modèle participatif d'Obama qui a su utiliser les nouveaux modèles issus d'Internet n'a pas encore trouvé sa place dans la gouvernance politique au quotidien. La participation, fera-t-elle partie de la vie politique?   François Hollande a bien su associer ses électeurs à sa campagne présidentielle mais les associera-il à sa gouvernance de président et comment?

 Sur un plan politique, l’idée d’une délégation ou d’une représentation de pouvoir n’a plus de sens pour nos contemporains, et ceux qui en doutent encore font régulièrement l’expérience douloureuse de l’abstention massive." ("Imaginaire social et innovation participative" Stéphane Hugon

Ce constat de l'obsolescence d'une forme de gouvernance n'est jamais fait par les centaines d'analystes conviés sur les chaines de télévision, qu'elles soient publiques ou privées. On a très peu entendu la parole citoyenne même sur la chaîne « parlementaire » dont le rôle pourrait être de compenser ce déficit d'expression publique. Et pourtant "

"C’est la mort du spécialiste, de l’ingénieur minutieux, du savant fou, ou du despote éclairé qui sait ce qui est bon pour nous."

« Il n’est désormais plus un espace social qui ne soit impacté par les transformations des modèles de l’innovation — pensons au politique, avec le modèle Obama —, jusqu’à des processus d’innovation scientifiques ou industriels — crowdsourcing, RSE, wiki et autres open hardware, en passant par les fonctions marketing ou RH, qui vont ménager une place au consommateur/collaborateur comme elles ne l’ont probablement jamais fait. »

Le site et magazine Eranos rappelle la montée de la participation dont les marques ont su tenir compte dans leur stratégie de marketing, mais très insuffisamment les politiques.

A quand l'innovation sociale?

 Une règle d’or de l’Internet est qu’il y aura toujours plus de compétence dans l’ensemble d’un réseau ouvert qu’il ne peut y en avoir dans le cerveau d’un seul développeur, fût-il le meilleur du moment. »

Ce qui a été vrai pour l'essor du logiciel libre ou les usages qui se sont mondialement répandus sur les réseaux devrait l'être pour les décisions politiques. Décider au sommet et à l'emporte pièce n'est plus tolérable pour les citoyens qui ne peuvent plus être seulement des consommateurs de politique dont il faudrait faire des citoyens/collaborateurs, à l'image des consommateurs/collaborateurs. L'innovation ne se décrète pas, elle s'adopte par et se propage avec les consommateurs. L'innovation sociale  et le design thinking sont bien connus des sociologues de pointe, comme Dominique Cardon l'un des premiers à analyser « l'innovation ascendante » et à en déduire l'impact politique. Cet impact n'a pas encore réussi à bouleverser le monde de la politique comme il a bouleversé le monde des médias.

Nous sommes dans un moment charnière où, plutôt que d’opposer en chiens de faïence les professionnels de l’information et de la politique, d’une part, et les internautes, amateurs et citoyens, de l’autre, nous devons explorer les interdépendances qui sont en train de se constituer entre ces deux mondes. » 

La participation, gouvernance du futur?

Trop de décisions et pas assez de consultation : la gouvernance 2007-2012 a montré les limites d'un système de gouvernance fondé sur la seule représentation, loin du terrain. La participation doit trouver sa place en politique, dans une alliance réelle avec la représentation. Le consommateur/collaborateur est mûr pour une gouvernance participative qui ferait des citoyens des collaborateurs des décisionnaires politiques et européens. Moins technocratique, plus proche du terrain, elle évitera bien des maux de la politique : les lois parachutées et mal ficelées, les tours d'ivoire dont l'Europe est un modèle, les décisions hâtives, les déclarations intempestives, les engagements financiers régionaux qui ne visent qu'à l'auto-proclamation des élus ou à maintenir des baronnies. Inventer de nouveaux liens entre élus et citoyens pourrait être la forme de gouvernance du futur.






lundi, octobre 10 2011

« Fin d'une histoire »...et le début d'une autre : 2006-2012

« Fin d'une histoire » écrit le Figaro parlant de La chute de la Maison Royal, titre de l'article. Le Blog de la Ménagère a été crée le mercredi 27 septembre 2006, jour de la rencontre de la République des blogs. Le contexte : la campagne présidentielle 2007 L'idée me tente de reprendre ce "Journal politiquement incorrect d’une ménagère » quelques mois avant les élections présidentielles 2012.

La scène politique revisitée

Revisiter cinq ans après, la scène politique, en dit long sur la politique elle-même et ses retournements . « Entre 2007 et 2011, Ségolène Royal avait pourtant changé. Tous ses rivaux en convenaient : elle était beaucoup mieux préparée qu'il y a quatre ans. Mais sans doute n'était-elle plus entendue des électeurs, au-delà de ses supporteurs. » poursuit le Figaro du 10 octobre. La Ségolène Royal rayonnante de ce blog a commencé en 2006 pleure sur la vidéo de 2011. Ses larmes émeuvent Arnaud Montebourg. Il l'avait soutenu en 2007. Elle n'avait pas su le garder à ses côtés. Dommage. Il a su parler à l'électorat "classe moyenne" comme elle avait su le faire en 2007. « C'est dur », dit-elle, oui, c'est dur la politique. "Elle paye sa défaite", "elle n'a pas su rebondir", "on lui a volé le parti", "pionnière". On lui a aussi volé un certain nombre d'idées, reconnues...sans elle. C'est une double défaite pour Ségolène Royal, puisqu'elle voit son ex-compagnon François Hollande triompher, alors qu'en 2007 c'était lui qui voyait monter, impuissant, sa popularité. Oui, c'est dur l'amour et ses ruptures. Le score d'Arnaud Montebourg montre assez bien à la gauche classique que les héritiers de François Mitterrand doivent être radicalement plus « à gauche » pour répondre aux attentes des électeurs. Le mot-clef «démondialisation » ne doit plus leur faire peur. Bien au contraire il leur montre la voie. Pour ceux qui n'auraient pas encore voulu l'entendre.

Photos souvenirs

Ségolène Royal (PS), Quitterie Delmas (Modem) au temps de la "Républque des blogs". Deux femmes ayant eu l'intution del'impact des réseaux sociaux et de la démocratie participative... fusillées par leur propre parti. 

 

    

 

 

vendredi, septembre 14 2007

L'accomplissement de soi : une soirée d'éveil et de gomme parfumée aux apéros du jeudi

Source illustration : boîte métallique Milou Bubble gum http://tintinomanie.chez-alice.fr/boite.htm

En cette rentrée où la presse féminine nous questionne « Etes-vous romantico-vintage, glam goth ou fashion addict ? » (Elle) Pourquoi tu cours, l’agence des idées,  nous entraîne vers d’autres hauteurs : « La vie ...c'est un peu comme un chewing-gum, elle est élastique dans le sens ou on peut choisir quelle vie on veut vivre et la vivre. »  Quelles sont les surprises qui vous attendent à la soirée bubble gum du 27 septembre? Le thème en sera …du chewing-gum participatif à l’accomplissement de soi. L’activité : faire des bulles, échanger, penser, être en état réceptif et s’ouvrir aux autres. « Face à la globalisation et l'uniformisation qui en résulte, à la pression que nous subissons quotidiennement pour être heureux, amoureux, adulant/adulé, séduisant/séduit, participant, euphorique, dynamique, et "successful"... le théme de "l'accomplissement de soi" prend une portée intéressante ... »

Au-delà de l’aspect toujours ludique et pétillant qui attire plus de 300 personnes des médias à ces désormais incontournables apéros du jeudi, une réflexion plus profonde est engagée par Jeremy Dumont et l’équipe qui animera ce thème. Qu’est-ce qu’être soi aujourd’hui ? Devenir soi-même ? Construire son mythe ?  Une rupture réussie avec le « vieil homme » ? Le courage ? Une spiritualité assumée? La conception au services des marques engagée par Pourquoi tu cours se veut fondée sur le ressenti, l’émotion, les vraies valeurs à dégager. Ces valeurs, le peuple éclectique des créatifs culturels les pressentent et les partagent, chacun selon leur mode d’expression. Fanny Granger créatrice du site A nos enfants qui interviendra pour exposer sa nouvelle façon de travailler ou encore Lionel Guesnet  « producteur et éleveur d’idées » co-auteur avec Brice Quaincé de « Ma vie sans bug » et bien d’autres encore. Les annonceurs sont à l’écoute, et viendront flairer dans le sillage des malabars acid cerise de nouvelles postures à adopter d’urgence.

Dans la même veine  Eric Seulliet, qui aura quelques jours auparavant invité les Fabricants du Futur à se réunir et à faire émerger les scénarios les plus fous et les plus efficaces.

 Ca bouge..

 Note : lesaperosdujeudi font se rencontrer les professionels des médias, marketing, creation, communication par secteurs professionnels un jeudi par mois pour faire avancer la réflexion et la création dans un monde sans idées neuves. S’inscrire sur le site.

samedi, septembre 1 2007

Libre!

Libre de participer aux blogs thématiques de la Commission sur la Libération de la Croissance Française (« participer », ça vous rappelle quelque chose ?)  présidée par Jacques Attali sur le site Libération de la croissance.Elle a « pour mission de rechercher les moyens d’améliorer la compétitivité et la productivité de l’économie française afin d’assurer une meilleure insertion de la France dans l’économie mondiale et européenne. »

Vous serez aux côtés de Jean-Noël Tronc, Directeur général d’Orange France, Anne Lauvergeon Présidente du directoire d’Areva, Théodore Zeldin, historien sociologue spécialiste de la France ou encore Eric Labaye, Directeur général de McKinsey France. Entre autres.

Dèjà une floppée de contibutions sur le blog « valorisation de la recherche, innovation et création d’entreprises ». La Ménagère sera attentive…et peut-être citera quelques « bonnes feuilles » ou « bons billets ».

 Comparaison : la croissance indienne a atteint 9, 3 % en juin 2007 (source La tribune)

samedi, juin 30 2007

"Contribution à la réforme de l'état" par Penser Public (suite)

Que se passe-t-il quand des cadres, fonctionnaires pour la plupart, se réunissent pour « Penser Public » ? Les observations se recoupent ou diffèrent, entre « membres sont issus de toutes origines professionnelle : administration d’Etat, administration hospitalière, collectivités territoriales, établissements publics, autorités administratives indépendantes, Sécurité sociale, entreprises publiques, institutions européennes et internationales. »

Le principe est passionnant et nécessaire : définir le « périmètre » des services publics aujourd’hui, et réaffirmer certaines valeurs communes, transversales, comme « la performance, l’égalité, l’intégrité, la solidarité, et le sens du service. » La dimension  européenne est présente, avec une veille sur la « conception européenne des services publics et de sa traduction en droit positif communautaire ». Un texte en projet « Contribution à la réforme de l’état » paraîtra bientôt sur le site, et il devrait interpeller les partis politiques de tous bords en quête de redéfinition des valeurs.

Ce réajustement entre rituels ancrés et prospective pour « créer un Etat moderne, l’Etat du XXIème siècle »,  s’est fait sur plusieurs années, de 2003 à 2007, ce qui donne à cette réflexion un poids et une authenticité  que n’ont sans doute pas assez souvent  les « billets » et « tribunes » lancés à la volée dans les médias. Ce travail mené avec sérieux et conviction est accompagné de propositions …comme celle d’aller vers un état « managé ». Le non management est  un des problèmes dont on commence à oser parler.

Parmi les orientations qu’on trouvera sur le site, et aussi sur des blogs régionaux car il ne faut pas oublier la déconcentration des services de l’état : explorer les meilleurs pratiques en matière de coopération entre les services d’une même organisation, et aussi entre les différentes administrations. Dresser un état des lieux sur la conduite du changement.

A suivre au grè des débats que proposera dès la rentrée Penser Public.

A noter : un "hub" des professionels des services publics a été crée sur Viadeo , David Clair, président de Penser Public en est le responsable.

La Ménagère court partout et n'a plus le temps d'écrire!

Logo du site de l'association Penser Public,  Auteur concepteur du site  Patrick Croquet

La Ménagère à fort à faire et elle dira pourquoi bientôt.

Ce samedi 30 juin, La Ménagère sera à l'assemblée générale de PENSER PUBLIC, à l'invitation de David Clair. Il y aura une intervention de Selim Allili (OFTT) sur les think tanks
(http://www.oftt.eu/)

Et quelques problématiques dont une qui m'est chère sur l'intelligence collective :

"Un Etat qui favorise et s’appuie sur l’intelligence collective de ses acteurs. L’enjeu est double.  Il s’agit d’abord de parvenir à des services publics décloisonnés caractérisés par leur intelligence collective, c'est-à-dire excellent dans sa capacité à faire émerger entre ses agents et ses structures des coopérations intellectuelles et opérationnelles efficaces. Un des corollaires de ce développement de l’intelligence collective est l’entrée de l’Etat de plain pied dans l’économie du savoir, tant dans son fonctionnement interne que dans ses relations avec les usagers et citoyens. Cela signifie qu’un des enjeux du management des services publics sera à l’avenir l’investissement dans la formation, dans la capacité des agents à coopérer de façon réelle entre eux et avec leur environnement en s’appuyant sur un recours accru aux nouvelles technologies. L’ère du « combien de divisions ? » a vécu et l’on ne pourra plus à l’avenir juger la capacité d’un service public à être efficace par son importance numérique mais par le niveau de ses compétences individuelles et collectives.

 

Il s’agit ensuite de construire un Etat dont le management libère l’initiative, la créativité de ses agents, et permette l’expérimentation. Cette possibilité d’expérimenter est fondamentale pour garantir l’existence de services publics réactifs et en phase avec les attentes de la société. En la matière, la logique d’amélioration continue actuellement privilégiée et qui consiste, au travers des méthodes d’audit ou de contrôle interne, à améliorer un tout petit peu ce qu’on faisait la veille atteint ses limites. L’Etat du XXIème siècle devra non seulement être capable d’évoluer mais aussi de révolutionner ses organisations. « On n’obtient pas la richesse en perfectionnant le connu, mais en tentant, tant bien que mal, de s’approprier l’inconnu » (Kevin Kelly).

"se pose la question de la politisation des services publics. Par tradition, les modèles sociologiques nient à l’administration un pouvoir autonome. Au contraire, la fonction publique est présentée comme un objet au service de la société, exécutant les décisions souveraines du pouvoir politique".

(....) "L’efficience, c’est l’efficacité au meilleur coût. Il s’agit d’une valeur essentielle en raison des masses financières en jeu dans les services publics, de leur nature (ressources prélevées sur la collectivité nationale) et du poids actuel de la dette publique. Il s’agit également d’un impératif pour renforcer la confiance des citoyens dans leurs services publics et, partant, restaurer le lien social.

(...)

"Dans toute organisation, l’innovation s’inscrit dans des processus multiples dont la coordination échappe le plus souvent aux niveaux centraux. Il est donc essentiel que les acteurs locaux disposent toujours d’une autonomie, d’une initiative aux marges des procédures formelles et des injonctions venant « d’en haut » et d’une capacité de proposition."

(c'est moi qui souligne)

Yeaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh!!!!!

- page 1 de 2