Le blog de la ménagère

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mardi, juin 19 2018

Faut-il tuer le CESE? Ou l'encourager? La participation citoyenne en question

Faut-il tuer le CESE ?

Faut-il tuer le CESE ? Ou en faire un partenaire ? Sous ce titre provocateur, nous entendons par CESE le symbole de ces institutions para gouvernementales dotées de moyens mais dont on ne sait plus vraiment quelle est leur utilité. Il ne s'agit pas de fustiger les femmes et des hommes de bonne volonté qui y travaillent mais de s'interroger sur la raison d'être des institutions, en terme d'efficacité. «  483 comités, nous sommes un pays qui crée beaucoup de comités » dira Patrick Bernasconi président du CESE en introduction. Nous étions conviés par Décider ensemble et Synopia à un colloque « La Place du citoyen et de la société civile dans la décision publique ». Décider ensemble s'attache depuis 10 ans à « diffuser une culture de la décision partagée ». Présence dans la salle du Drenche, de Parlement & Citoyens, Didier Fradin avec Elisabeth Dau impliqué entre autres dans ce nouveau mouvement le Municipalisme.

Dernière minute

Ce colloque avait lieu le 14 juin, en préalable au débat qui vient de commencer à l'Assemblée nationale sur la révision constitutionnelle. Si on mentionne "l'accélération de la fabrique de la loi", n'est pas explicitée la participation du citoyen à la co-construction de la loi. Depuis Démocratie Ouverte a lancé pour le mercredi 11 juillet une réunion qui pose la question "Partout en France, des centaines d’innovations démocratiques et de solutions institutionnelles sont inventées et parfois expérimentées dans les territoires. Il est du devoir de l’Etat et des parlementaires de les encourager et de s’assurer que la participation du citoyen dans la vie publique ne reste pas une simple promesse de campagne. "

Adopte un amendement citoyen ! Conférence de presse & ‘Match démocratique’ - Mercredi 11 Juillet 2018 à partir de 18h à la Halle Civique Belleville 27 rue Piat, 75020 Paris

La participation citoyenne

La participation citoyenne comme on l'a répété avec constance sur ce blog est devenue nécessaire à l'élaboration des politiques publiques, mais où lui donner sa place ? Peut-on « institutionnaliser » la participation ? Le CESE aimerait bien se positionner comme intermédiaire entre la société civile et l'état et devenir « La Chambre du Futur » telle qu'imaginée par le Chef de l’État, mais ses règles de fonctionnement semblent d'un autre temps, à réformer d'urgence. 500 000 voix citoyennes pour examiner une pétition, un seuil beaucoup trop haut comme il sera dit. Une plateforme de consultation existe mais les sujets traités sont décidés par le CESE. Il faut donc attendre mois ou années. La note de cadrage sur la révision constitutionnelle de Décider ensemble pointe précisément les difficultés et l'état des lieux : Omnipotent et omniprésent l’État concentre le pouvoir et les moyens au détriment d’initiatives locales qui pourraient porter efficacement et durablement la vision d'avenir suggérée par l’exécutif.

Points de vue d'intervenants : Loïc Blondiaux, Julie de Pimodan de Fluicity, Baki Youssoufou We sign it Severina Bellina, le député Mathieu Orphelin, le sénateur Henri Cabanel ,  

La grille des fragilités

Severina Bellina est directrice de de l'Institut de recherche sur la gouvernance et à ce titre observatrice des « pouvoirs » à travers le monde et sur le territoire français. La grille des fragilités sert à repérer les points de faiblesse des états qui peuvent mener à la violence . L'approche gestionnaire de certains états n'a pour objectif que de reproduire un modèle. L'état est déconnecté des aspirations et initiatives. Aujourd'hui la défiance et la peur dominent les interactions Des catégories de population restent invisibles. Institutionnaliser, oui, mais la participation doit être un « pouvoir par le bas, sinon ça ne fonctionne pas » il ne faut pas institutionnaliser « par le haut »

Comprendre les enjeux des habitants avec Fluicity

Julie de Pimodan et son équipe ont interviewé 2000 citoyens avant de fonder Fluicity. Verdict : la non participation est due principalement au sentiment profond de ne pas avoir d'impact. Comment restituer cet impact : la démocratie à l'échelle locale. La plateforme permet de comprendre les enjeux des habitants et apporte une valeur ajoutée : une audience, une qualité démocratique, mieux comprendre la population grâce au big data. Le numérique est un accélérateur de participation citoyenne. Dans la ville de Vernon 12% de la population est connectée à la plateforme (500 personnes) . Un tableau de bord qui permet aux élus d'être plus efficace, on creuse les propositions des habitants pour en déterminer la faisabilité. Permet aussi de faire remonter les points de vue originaux.

« La participation citoyenne demande des moyens » (Baki Youssoufou)

Baki Youssoufou est un social media stratégiste, son métier, c'est l'amplification digitale. Il a fondé le site de pétition We sign it : 4 millions de citoyens en France, 7 milions si on inclut l'international.

Il pose la question de la participation citoyenne en terme d'objectif. Comment ? Pourquoi ? Parce que c'est dans l'air du temps ? Business ? Volonté politique ? En tout cas on ne peut pas séparer le fond de la forme : les 6 hackhatons que We sign it vient d'organiser font partie des outils. « On ne peut pas créer des outilsoffshore dans des lieux éloignés. En même temps que les outils il faut fabriquer les moyens de faire participer les citoyens ». La participation citoyenne ne peut pas se faire à coût zéro : il faut des moyens similaires aux campagnes électorales. « La démocratie, ça coûte cher. "

Parlement ouvert avec le député Mathieu Orphelin

Des députés au parcours comme Mathieu Orphelin député LREM Maine et Loir 1ère circonscription ont su sortir l'écologie de son carcan pour se mobiliser sur l'environnement . . Ancien porte-parole de Nicolas Hulot, il fait la proposition sur son site « Mettre l’environnement, le climat et biodiversité à l’article 1er de la Constitution serait une avancée majeure et indispensable. Il pense lui aussi que mobiliser 500 000 citoyens comme le demande le CESE, c'est beaucoup. Il lance le Parlement Ouvert sur la première circonscription du Maine-et-Loire. « Un lieu de construction et d’échanges pour renforcer les liens entre le député et les citoyens et acteurs du territoire. » et avec Paula Fortezza Questions citoyennes au gouvernement.

Egalement intervenant Henri Cabanel,(sénateur de l’Hérault) agriculteur viticulteur qui travaille avec Parlement & Citoyens Henri Cabanel et Joël Labbé (sénateur du Morbihan) ont lancé une nouvelle consultation publique sur la plateforme de Parlement & Citoyens. L’objectif de cette consultation est de co-construire avec les citoyens deux propositions de loi sur le statut de l’élu.

On peut aussi citer les élus qui ont monté des assemblées avec leurs habitants. Un mixte d'élus et de simples citoyens pour Véronique Louwagie députée de la 2ème circonscription de Orne qui réunit avec succès son Conseil de Circonscription en commissions de réflexion sur les projets de loi examiné à l'Assemblée nationale. Récemment le 11 juin "sur le thème de l’apprentissage et de la formation. Échanges intéressants avec les Compagnons du Devoir sur des expériences, du vécu, des orientations et préconisations".

Encore un rapport sur le numérique ! 

ll y avait déjà – entre autres - Ambition numérique" (Benoit Thieulin) Rapport du CNNum : engager la France dans la "transition numérique.nouvelles manières de concevoir et d'évaluer les politiques publiques "dans une logique de gouvernement ouvert" Est-il utile de commander un nouveau rapport sur un sujet proche, qui reprend des éléments largement diffusés ces dernières années ou régulièrement dans la presse et apporte peu de reflexion nouvelle ?« Réseaux sociaux numériques : comment renforcer l'engagement citoyen ?   ne répond pas vraiment à cette question cruciale et se consacre essentiellement à un panorama généraliste des réseaux sociaux et une analyse de leurs usages. Rien de nouveau. Anne Popelin, auteure, membre du CESE, n'est pas une expert du numérique, ce qu'elle avoue avec modestie. Gérard Aschieri co-auteur non plus. Parlement & citoyens est cité, Nuit Debout, mais peu des collectifs civic tech qui sont nés avec la période électorale entre 2015 et 2017 et sont peut être appelés à jouer un rôle dans les prochaines. élections. On peut citer Open Source Politics ou encore Voxe dont l'un des objectifs est de susciter l'engagement chez les plus jeunes et bien sûr Démocratie Ouverte partenaire du CESE. Un rapport oui, mais n'est-il pas temps pour le CESE de passer de la préconisation à l'action ? A commencer par se doter lui-même d'outils permettant le dialogue avec les citoyens.

Loïc Blondiaux : le tendanceur de la politique

Loïc Blondiaux, en chasseur de tendances de la politique, est sans doute celui qui décrit le mieux la frustration actuelle. Sa reflexion n'est jamais figée ni « déjà vu » mais toujours réactulaisée au plus près des mouvances. Il pointe l'accélération du temps, la pression pour répondre en temps réel qui finit par ne plus laisser place au temps de la délibération. L'échange est perçu comme un affrontement. Le système éducatif ne forme pas à l'écoute de l'autre. Il en résulte une posture de défiance de ceux qui n'ont pas réussi dans le système scolaire (hyper compétitif, hyper individualisé).Dans ce type de gouvernement technocratique « la décision ne sert à rien si on connaît déjà la réponse » Les réponses sont déjà là, les objectifs tels que « réduire les déficits » empêchent toute discussion.Les intérêts économiques priment toujours sur l'intérêt de la Nature. Les décisions sont prises entre individus cooptés.

Pour Loïc Blondiaux, il n'y a pas de déficit d'outils. Les outils sont là, mais il manque 3 éléments

1 La volonté : il faut que ceux qui organisent la participation aient vraiment envie qu'elle produise des effets.

2 La crédibilité : elle ne peut pas se donner d'emblée. Il faut que les citoyens aient le sentiment que leur interlocuteur ait de l'influence.

3 Les moyens : pas de participation sans moyens Que fait-on des avis et propositions collectés ? Il faut les traiter et c'est un long travail de traitement des données.

Quel soutien ? Quelle(s) solution(s) ? L'accompagnement des institutions par les collectifs citoyens

« Le CESE devient la chambre de la société civile et animera la démocratie participative » annonce le CESE sur son site La Chambre du Futur, peut-être mais accompagnée par les collectifs citoyens qui sont déjà des observateurs de la vie publique et leur donner les moyens d'élargir leur action. “Améliorer NosDéputés.fr n’est possible qu’avec l’aide de l’Assemblée nationale ! Lettre aux questeurs » écrit Regards Citoyens. NosDéputés.fr & NosSénateurs.fr La Fabrique de la Loi reprend du service grâce à un financement, . Les espaces de participation du Sénat, par exemple, semblent de pure forme, et la participation citoyenne peut prise en compte. On se souviendra comment Regards Citoyens avait accompagné le décryptage d'une participation citoyenne en nous réunissant pour dépouiller les avis en ligne des citoyens consultés.

Assez de rapports et de préconisations, de « personnalités qualifiées » qui ne seront plus nommées par la Présidence comme l'a annoncé Emmanuel Macron. Pourquoi ne pas interroger les collectifs politiques citoyens qui foisonnent et voir quelles méthodes provoquent – ou non - l'engagement sur les nombreuses plateformes en ligne dédiées à la participation citoyenne. Quel espoir de fédération et quel poids auprès de la gouvernance et par quelles voies ? Quel impact ?

S'il y a un rôle à jouer pour l'institution si elle veut passer à l'action, c'est soutenir et rémunérer l'accompagnement "civic tech"  en faisant appel aux nombreux mouvements et jeunes entreprises du « numérique », comme make.sense ou make.org, Bluenove, l'Institut des Futurs souhaitables, qui sont en capacité de le faire. Parlement  & Citoyens, Fluicity, We Sign it, Démocratie Ouverte, La Belle démocratie, Open Source Politics, Regards Citoyens, Voxe.org, qui ont à la fois la conviction, les outils et les « followers ». Il faut observer les méthodes agiles des jeunes entrepreneurs pour faire aboutir leur démarche. Ce sont les meilleurs alliés des élus, si on veut bien se donner les moyens d'organiser l'alliance avec l'agilité et la sincérité nécessaire.

Janique Laudouar

mardi, janvier 2 2018

2018 : janvier avec Alter'Coop

18 janvier premier module du cursus Pédagogie de l'altérité et de la coopération au Forum 104 à Paris conférence de Patrick Viveret .


Premier janvier, premières résolutions ...et les applis qui vont avec. Un expert (psychiatre Stéphane Clerget sur RTL) recommande de ne pas en faire trop : trois bonnes résolutions doivent suffire surtout quand il s'agit de résolutions difficiles à tenir comme arrêter de fumer ou d'être sur Facebook plus d'une heure par jour. Les bonnes résolutions des français concernent surtout la santé et le bien-être....maigrir en tête et « positiver » en troisième place selon La Depêche. 

Les autres 

Moi ce serait plutôt en numéro Un renouer avec les autres, ceux avec qui je suis fâchée depuis des années ou encore ceux que j'ai éjecté un peu trop rapidement de ma vie parce qu'ils n'étaient pas ce qu'ils semblaient être. « L'enfer c'est les autres » selon Jean-Paul Sartre, une vérité que les réseaux sociaux ont encore amplifié Les pratiques de développement personnel se sont multiplié, via les coaches, les conseils, les plateformes, les essais, lesarticles, et sont bien plus à l'ordre du jour à l'approche de 2020 que la réussite sociale. « Et, bien entendu, ce sont les autres, ces différents, qui nous font grandir par leurs interpellations, pour autant que nous pouvons les entendre et les accueillir. » nous dit Christine Marsan. qui a impulsé https://www.altercoop.org/ (pédagogie de l'altérité et de la coopération) qui propose en 2018 un cycle de formation «  Diverses méthodes, outils, exercices, mises en situations seront proposés dans les domaines de la gestion des conflits, violences et crises, médiation et aussi en Intelligence Collective et coopération. Des pratiques de pleine présence faciliteront la conscience de soi et de la relation à autrui. » « La relation à autrui », c'est bien ce qui est au cœur de toutes nos vies, privées ou professionnelles.  

Christine Marsan, je l'ai d'abord rencontré en 2016 lors des réunions du collectif #MaVoix, où elle excellait en propositions de dispositifs d'intelligence collective pour faire travailler ensemble des participants venus d'horizons divers qui ne se connaissaient pas. Efficace. Puis récemment je l'ai revu lors du Web 8, événement initié par les 100 Barbares qui réunissait des porteurs de projets, dont le projet https://www.altercoop.org/. D'abord un peu agacée par le vocabulaire à mon goût un peu trop usé - comme "le vivre ensemble", j'ai été convaincue à la fois par son expérience et par son énergie. Sur mon propre projet, relations humaines et réseaux, elle me donne une piste, aller dans un sens positif, plutôt comment optimiser les relations sur les réseaux que dénoncer les violences des nouveaux codes sociaux.

En 1993 Christine Marsan met au point via une pédagogie spécifique pour collégiens et lycéens, l'équivalent d'un bilan de compétences.. suit dès 1998 un cursus pour les entreprises, savoir anticiper être dans la prospective plutôt que dans le court terme. En 2011 et 2012 elle a co-créé les Ateliers de la Mutation.http://www.lesateliersdelamutation.com/ Think, be et do Tank. Rendre visible et appréhender les mutations est le fil rouge de son parcours et celui de ses partenaires. Elle publie livres et articles en particulier dans UP Magazine. Et a réuni des parrains prestigieux, comme Edgar Morin, Patrick Viveret ; Amanda Roche, Michel Bauwens Thierry Janssen, Hanh Nguyen Ngoc. Il manque sans doute une femme ...comme Angelina Jolie.  

Design pédagogique

Alter'Coop propose en 2018 : 7 modules, 6 réseaux partenaires, 6 lieux/régions. On retrouvera les vidéos de présentation sur le site.

Le 18 janvier, c'est le premier des module Il a lieu à Paris et commence par une conférence d'introduction de Patrick Viveret. Les vidéos de présentation sont sur le site. L'intelligence collective est toujours au cœur du dispositif dont l'originalité est la diversité des approches « en nous basant aussi bien sur les apports des peuples premiers, sur les sciences humaines, que sur les récentes méthodes et pratiques. »Et puisque qu'on parle de révolutionner le domaine de la formation, l'objectif « privilégier la coopération à la compétition » semble une option devenue essentielle  

                                                                                                                                                                            Janique Laudouar

dimanche, juillet 9 2017

OuiShare Fest 2017 passe à l'action

Photo  OuiShare Fest 2017 Stefano Borghi

lls viennent de Lisbonne, Barcelone, Berlin Gand, Montréal, San Francisco, Detroit, d'Islande, d'Argentine, de Tchécoslovaquie forts de leur expérience concrète. C'est comme ça que OuiShare avance et nous fait avancer : en multipliant les retours d’expériences des acteurs qui partout dans le monde contribuent au changement. La révélation de l’économie collaborative a eu lieu, sa critique aussi, OuiShare Fest 2017 passe a l'action. Après l'exploration, c'est l'explosion. Un feu d'artifice d' expériences concrètes, de démarches, de réussites, des outils, des méthodes, avec un zeste d'ambiance  new New Age sous le soleil californien de Pantin.  

                                                                                                                                                                          Janique Laudouar

De Révolution à Évolution

En 2014, Pia Mancini portait un message révolutionnaire “ quelle démocratie a l'heure d'Internet?” et démontrait l’archaïsme des systèmes de gouvernance. Elle affirmait. “Nous voulons notre place a la table des décideurs” en proposant une plate-forme de vote Democracy OS et le Net Parti a Buenos Aires.Les collectifs citoyens français s'en sont inspirés pour faire entendre leur voix lors des élections présidentielles et législatives. “Reprendre le pouvoir par l'action collective” était la thématique du premier jour du Fest, avec un  fish bowl sur la mise à jour de la démocratie – la Civic Tech peut-elle aider?.

Pia Mancini revient a OuiShare Fest pour contribuer a la conversation : les institutions peuvent-elles rivaliser avec des citoyens agiles, connectés, impatients de participer a la co-construction des lois et qui ont développe des plate formes numériques opérationnelles? Amelie Bazet tente de défendre le point de vue d'Etalab qui a plusieurs reprises a fait appel a la société civile pour participer au projet Open Gov, une initiative à échelle mondiale qui vise à améliorer les modes de gouvernance. Mais le temps long de l'administration est-il compatible avec la réactivité des start-ups privées qui offre déjà les services dont les citoyens ont besoin? Et l'administration n'a-t-elle pas dans ses gênes l'instinct de conservation avant tout?
Ce sont des activistes comme Jeremy Heimans présent à OuiShare qui ont initié des mouvements comme Avaaz, (
qui revendique 20 millions de membres) “qui permet aux citoyens de peser sur les décisions politiques partout dans le monde” et ont impulsé de nouveaux usages numériques. "Il prône une transformation en profondeur de l’idée même de pouvoir dans les sociétés connectéesavec Purpose purpose.com/".  "Gunnar Grimson geek et analyste venu d'Islande est catégorique, il tweete : “si nous n'avons pas de participation citoyenne, nous n'avons pas de démocratie” et une suggestion “le meilleur moyen de s'assurer de la participation citoyenne, c'est de s'assurer qu'ils s'amusent en participant! ”Mais le fun ne garantit pas d'avoir un représentant à l'Assemblée nationale au bout du compte. ” La Civic Tech elle même doit apprendrea se relier entre collectifs ayant des objectifs similaires. Cette reliance tant clamée ne semble pas avoir eu lieu entre mouvements, malgré les efforts de Synergie Démocratique, par exemple, pour cartographier les mouvements citoyens ou Voxe.org qui poursuit sa mission “pédagogique” d'information politique avec le robot VoxeBot . Les administrations et certains ministères ont trop longtemps -depuis plus de quinze ans - sous-estimé la mutation mondiale et le changement d'ère – que représentait le numérique, tandis qu'une partie de la société civile agile avançait dans ce nouveau monde en bravant les entraves. Créer de nouvelles alliances avec les citoyens et les entrepreneurs semble la solution la plus réaliste. Justement, à OuiShare, on découvre comment. 

Nouvelles alliances

Aujourd'hui le nouveau monde est là et les institutions réalisent qu'il faut faire avec. Plus question de résister il faut s'allier. C'est ce qu'ont compris des territoires et des villes innovants, qui ont choisi de se faire accompagner dans leur transition par de jeunes entrepreneurs qui ont dans leur parcours l’expérience de la civic tech et du développement de plate formes dédiées a la démocratie digitale.  d'abord un mouvement en faveur de la participation 

"De la vision au changement: façonner l'histoire de nos villes avait pour objectif de discerner les meilleurs outils de dialogue entre ville et citoyen:« l'engagement démocratique nécessite un certain nombre d'outils disponibles et accessibles pour chaque citoyen. Les plate-formes open source sont un point clef. Mais il y a aussi d'autres formes de communication, face à face, différents media, applications, chats, commentaires, quels sont les plus pertinents ? »

http://www.opensourcepolitics.eu/d'abord un mouvement en faveur de la participation citoyenne est devenu une entreprise, qui propose des solutions civic tech, forte de toute l’expérience citoyenne de Valentin Chaput et Virgile Deville, ses co-fondateurs, qui ont accompagné, avec CivicWise, le vaste projet Arc de l'innovation. ambition de fédérer les territoires a l'Est de Paris autour de valeurs communes par le rapprochement d'acteurs investis dans l'innovation.“ la collaboration territoriale comme levier de développement de la nouvelle économie" “la gouvernance ouverte et agile du projet” lui a valu d'être lauréat des Defis Urbains 2017. Un processus itératif de co-construction, avec l'esprit d'entreprise sociale que revendique Open Source Politics et l'expérience internationale de CivicWise sur les villes. Un bon exemple de passage de l'activisme politique a la concrétisation.

Un atelier sur les communs et un nouveau lieu The Camp ....soon soon soon ...

Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martelait en conclusion de OuiShare 2016 Yochai Benkler (Harvard). Les communs ont bien été abordés dans unatelierqui a eu l'air de passionner les participants “Quels communs pour un tiers-lieu ? Quels sont les critères de réussites, notamment d’un point de vue juridique “? je suis arrivée au moment de la restitution des ateliers, pas assez pour commenter mais assez pour savoir qu'un nouveau lieu allait être lancé
The Camp (Marina Rachline et Antoine Meunier). Manquait sans doute une bibliographie celle fournie par P2P Fondation entre autres, expert du sujet. On pouvait prolonger sa curiosité avec la mini-librairie proposée dans le Circus des Magasin Généraux selon la tradition de OuiShare.

Dépasser le modèle de la Silicon Valley


Non la France ne doit succomber à la dictature de l’innovation qui règne dans la Silicon Valley,”,écrit Mehdi Medjaoui, speaker qui nous alerte sur les abus de création de start-up comme produits financiers éphémères, ça passe ou ça casse. Et ça casse dans beaucoup de cas comme le confirmera Nicolas Colin (The Family) Il y a heureusement d'autres modèles pour booster les entrepreneurs. Encore faut-il réajuster la notion d'entrepreneur et la démystifier, ce que fait magistralement Nicolas Colin en 13 slides coups de poing dans la session modérée par par Benjamin Tincq avec, Jennifer Clamp(Techweek Nouvelle Zelande) et Rui Quinta(With Company, Portugal). Moins connu que Barcelone, la démarche de Lisbonne est présentée par Rui Quinta Managing Partner and Strategist à With Company. adepte de la culture du Design Thinking. C'est ainsi qu'est né le projet #definelisboa Define Lisboa http://definelisboa.pt/, une démarche de co-construction entre la ville de Lisbonne et ses habitants qui commence par une provocation Lisbonne est-il le nouveau Berlin? Un appel sur la plate forme dédiée : Comment voyez-vous Lisbonne?
Et les lisboètes se sont exprimés par dessins, par couleur, par petite phrase
http://definelisboa.pt/resultsComment voyez-vous son écosystème d'entrepreneurs? “ Le premier incubateur est né d'une volonté de la ville de Lisbonne http://fablablisboa.pt/, d'autres ont suivi. Lors d'un récent voyage à Lisbonne on a pu constater la vitalité des start-ups et des lieux de co-working.

La démarche de Rui Quinta et de tous les nombreux participants (60 entretiens) abouti à la co-construction d' une cartographie de l'écosystème des start-ups. Il nous livre sa recette pour s'assurer de l'engagement citoyen.

  1. Provocation
  2. Participation
  3. Inspiration
  4. Co-création
  5. Validation
Par ailleurs Rui Quinta colle parfaitement avec la culture de la ville puisqu'il est aussi impliqué dans la traditionnelle poissonnerie de famille Peixaria Centenária  dans le quartier de Praça de Flores....et sur facebook naurellement!

L'exemple de Barcelone BARCELONA DIGITAL CITY est souvent cité https://barcelonaencomu.cat/ et Francesca Pick nous en fait la présentation en slides https://www.slideshare.net/francescabria/bcn-digital-ouishare-fest-2017. On peut également lire l' entretien par Albert Cañigueral OuiShare Barcelona Connector dans OuiShare Magazine

Lors d'une autre table ronde, Le maire de la ville de Genk, Wim Dries,très pro-actif et très applaudi fait part de façon honnête des difficultés concrètes qu'il rencontre : comment convaincre les habitants qui laissent leur voiture inutilisée pendant 7 heures par jours de la partager? On attend avec impatience la traduction de l'essai sur la cartographie sur les ressources citoyennes réalisée en mai juin 2017 par Michel Bauwens P2P Fondation,

La conclusion commune à la thématique des villes : il ne suffit pas pour les villes de multiplier les incubateurs ou les espaces de co-working, il faut s'assurer que l’intérêt du citoyen est réellement pris en compte. Les données, oui, mais au service du citoyen.


Sharing : partager l'humain

Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même”. Paola Tubaro et Miriam Notten Managing consultant, La Red (Pays-Bas) poursuivent l'étude commencée avec Antonio Casilli sur les connexions établies à OuiShare. Avant OuiShareFest et après OuiShare Fest. Elles ont mené un atelier sur le sujet. L'art de la connexion n'est pas inné, il se cultive, et oui, c'est vrai nous apprenons des autres. https://databigandsmall.com/sharing-networks-2017/

De la sharing economy, l’économie de partage, on retient davantage à OuiShare Fest 2017 le mot partage humain plutôt qu’économie de partage, même si l’économie et la finance sont abordes sous divers aspects. Un thème récurrent est celui du partage de la découverte de ce nouveau monde, sortir de l’élite connectée, aller vers les autres. Pendant ces trois jours on aura moins parle de connexion à Internet que de connexion entre êtres humains : connexion entre les gens, les projets, les communautés, les villes, leurs habitants.

Le co-living, qu'est-ce que c'est ? Un phénomène qui prend son essor. Inês Santos Silva, Aliados (Portugal) Futuriste, expert en social good, modérait une session au Théâtre en posant la question, c'est pour qui le co-living? Ed Thomas présentait The collective, "une nouvelle façon de vivre à Londres", enthousiasmant,  Fabrice Simondi CEO Pure House. Autre session avec Pure House qui cherche à savoir ce qui est à partager en nous interrogeant. Révélateur !Partager sa chambre, sa salle de bains, son jardin? J'ai participé à une conversation informelle et je ressors...avec de nouvelles connexions dont une start-up luxembourgeoise Äerdschëff , "traduction luxembourgeoise de « earthship » et que nous nous inspirons de ce concept inventé par Mike Reynolds dans les années 70 dans le désert de Taos, aux États-Unis. Un Äerdschëff est un bâtiment dont les 5 principes fondateurs se basent sur la production et la gestion off-grid de ses propres ressources pour satisfaire les besoins de l’Homme de manière résiliente et durable : l’autonomie en eau, en assainissement,en électricité, en chauffage, et même l’autonomie alimentaire." Peut-être que dans le désert rural français...

J'aurais aimé répondre à l'invitation « d'expérience sensorielle »de Gabriela Montero fondatrice de Gastronomia Viva, Viva con Amor!  sur le Floating Fest le long du canal …trop tard ! Mais je vais la « suivre ». Une autre conférence " Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional" consacrait la révolution culturelle qui s'opère actuellement autour de produire et se nourrir. On pouvait revoir Malik Yakini, directeur exécutif du Réseau de la sécurité alimentaire de la communauté noire de Detroit, raconter comme dans le film Demain le renouveau de Detroit.

La technologie, oui mais quel impact?

Et le numérique? Tout le monde – ou presque - est maintenant conscient qu'on ne parle plus d'outil mais d'une mutation irréversible qui affecte tous les domaines et toutes les couches de la société. “C'est l'étape d’après” lance Antoine Brachet qui travaille dans une entreprise numérique et a co-fondé Les 100nBarbares qui a réuni il y a 2 ans 100 entrepreneurs du numérique décides a se faire entendre. Il suit une masterclass sur l'intelligence collective qui confirme son intuition que chaque personne est singulière et que c'est cette singularité qu'il faut savoir valoriser et laisser s'exprimer. « De la même manière que la permaculture tire partie de la biodiversité, on peut créer de la valeur en tirant le meilleur parti des compétences et aspirations des individus » démontre un récent article d'Usbek et Rica (Vincent Lucchese), « Le coût humain de l’effondrement sera dramatique » https://m.usbeketrica.com/article/le-cout-humain-de-l-effondrement-sera-dramatique une mise en garde qui aborde l'innovation sous l'angle du biomimétisme et de la a permaéconomie. Le contraire de notre éducation nationale, qui se méfie des singularités et les électrons libres et ignore ses élèves “hauts potentiels”! D'où le succès d'initiatives privées, comme Station F, qui vient d'ouvrir ses portes là encore, la société civile avance. Le biomimétic design était présent à OuiShare"Design Biomimétique: Écouter la Nature et (se) Construire avec elle". A suivre.

La master class sur les API d'un niveau “tout public” avait comme objectif de nous initier à l'API (Application Programming Interface) ce qu' a fait qu' a fait Arnaud Lauret IT architect at AXA Banque, the API handyman en nous décryptant le monde des API appliqués à la sharing économy : Facebook, Salesforce, Google, Netflix, Paypal, Twitter, Amazon Web Services. Les chiffres parlent : 1 million d'API dans le monde.

Plus philosophique et culturelle Mehdi Medjaoui, USA (https://oauth.io/home, apidays conferences http://www.apidays.io/ ) nous ouvre les yeux sur l'incroyable expansion de l'univers des API qui est en train de métamorphoser le commerce mondial. "Mehdi Medjaoui : “Le design des API conditionne la forme du monde de demain” On lira avec profit l'article de Diana Filippova pour KMF  "sa vision de l’entrepreneuriat, des API et de la tech est d’abord politique." Pas une masterclass technique, mais une master class éveil au véritable « challenge culturel » que représente l'expansion mondiale des API. Des entrepreneurs classiques y assistaient, conscients de la nécessité de mener à bien la transition digitale de leur entreprise.

Un regret : ne pas avoir suivi les masterclass sur l'organisation des plate-formes de Francesca Pick, http://ouishare.net/en, https://encode.org/ https://enspiral.com/  et Simone Cicero , Platform Design Toolkit.

Distribution de badges OuiShare Fest à un groupe de jeunes près du Canal de l'Ourcq, une jeune fille demande "C'est la Seine?"

Tous engagés dans vos villes?

Paradoxalement, c'est au moment où les villes et les territoires s'avisent de faire participer les citoyens, de booster les entrepreneurs sur leur territoire, que le problème se pose : comment susciter l'engagement citoyen? Sortir de l'entre-soi est définitivement l'un des points communs à bon nombre de sessions et d'outils présentés à OuiShare Fest 2017. Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes attire un public nombreux à la Factory. Bilan.

OuiShare Magazine dans un article de Samuel Roumeau retrace les débuts de ce projet d'accompagnement, dont l'ambition était de co-construire une boîte à outils commune. "A l’automne 2014, OuiShare a lancé un projet ambitieux d’accompagnement des collectivités locales visant à saisir les nombreuses opportunités offertes par l’économie collaborative sur un territoire. Ce nouveau projet se nomme Sharitories.
Aujourd'hui les plate-formes de consultation des citoyens existent, Civocracy, (Héloïse Le Masne) Collecticity (Julien Quistrebert). "Ne laissez pas les autres décider sans vous!" nous dit Civovracy, décidez du futur de votre école, de la sécurité des rues..tandis que Collecticity est dédié au financement participatif des projets publics. Oui mais...on ne peut pas forcer un maire de ville ou de village à utiliser les plateformes ou un citoyen à être actif dans sa ville. Sauf que ...nous dit Floris Voorink, City of Hilversum (Pays Bas) "décider "d'en haut" et sans consultation, ça ne marche plus! A la moindre décision, vous risquez d'avoir tout un groupe de citoyens qui proteste! Vous devez donc trouver un moyen de les faire participer!"

L'engagement citoyen est devenu une nécessité mais être un citoyen actif suppose un certain nombre de pré-requis, pas toujours partagés par le plus grand nombre. On ne peut plus parler de “fracture numérique” au sens informatique du terme, il est aujourd'hui facile et bon marché d'être connecté. Les associations locales, le réseau existant des EPN (Espaces Publiques Numériques), les tiers-lieux son là pour acculturer à la pratique d'Internet. Oui, mais il ne s'agit plus seulement de pratiquer le “numérique”, mais d'être immergé dans un monde global digital L'outillage n'est plus le même. Avoir un smartphone ne signifie pas savoir s'en servir pour communiquer et se relier en tant que citoyen à sa ville. Car la panoplie du citoyen est considérablement “augmentée” : savoir utiliser les applis, la vidéo, what's app ou snapchat, les facebook live, skype, s'y retrouver dans l'univers des APIS, réserver un hotel, un appartement, un billet de train. On peut imaginer -mais une étude a-t-elle été faite – qu'une partie de la population est aguerrie, quelque soit son âge, car les seniors ne sont pas en reste, mais les autres? L'échange se limite au texto individuel de base?

Darwin (Bordeaux) est un exemple de création bottom up d'une synergie dans la ville. Adopté et occupé par les habitants, il est difficile aujourd'hui de le remettre en cause pour un projet top down de plan d'urbanisme officiel conçu bien avant. Le temps de la technocratie entre la décision et la mise en œuvre ne peut rivaliser avec les nouvelles valeurs de la société civile : réactif, créatif, ephémére, mobile, adaptable.

Après le film DEMAIN de Cyril Dion et Mélanie Laurent, le documentaire "PRINTEMPS CITOYEN "vous emmène à la rencontre de personnes qui un peu partout sur la planète s'efforcent de ré-imaginer et d'améliorer nos systèmes politiques. Dans cette quête de changement la ville devient un terrain privilégié pour expérimenter de nouvelles pratiques démocratiques.” et un débat suit comment les citoyens peuvent-ils se réapproprier leurs villes? Au-delà d'un gadget participatif, comment porter les Civic Tech à l'étape d'après ?

Antonin Léonard (à droite)  et un chapeau OuiShare Fest 2017 pensent déjà à l'étape d'après

L'étape d'après?

Is France the place to set up your creative business? “ Pub dans le New York Times, rendez-vous annuel à Las Vegas, l'état s'est emparé de l'innovation et du numérique et la French Tech est devenu un label. Mais clairement c'est la société civile et les entrepreneurs privés qui mènent la danse du Futur aujourd'hui. Des Peter Thiel, des Elon Musk, existent en Europe et il faut les soutenir plutôt que réinventer des structures étatiques qui seront de toute façon en retard. On peut citer Faut-il imposer la mise à jour de nos administrations trop frileuses face au numérique? Pas de “top down” préconise Xavier Damman , CEO d'Open Collective co-fondé avec Pia Mancini. “Ne perdons pas de temps à convaincre ceux qui n'ont toujours rien compris, il y a suffisamment de gens dans le monde qui veulent changer et innover, identifions les obstacles qu'ils rencontrent et soutenons les.”Et les obstacles restent nombreux : l'écart entre riches et pauvres, la frilosité et l'archaïsme des institutions, le manque de curiosité des médias classiques qui se cantonnent confortablement dans l'ancien monde et font défiler “toujours les mêmes”.
Le thème de la justice sociale était abordé sous de multiples angles « Grands ensembles: comment sortir de 'l'erreur collective » réunissait sous la tente urbanistes, architectes, associations
Fatima Idhammou,  Sarcelloscope, Layla Zanifi,, L'ATELIER D'EDGAR, Arthur de Grave et bien d'autres parmi les participants..Taoufik Vallipuram de OuiShare qui co-modérait a animé un grand nombre de conférences et élaboré des évènements prospectifs dont le Forum Demain Habiter en Partage (Habitat groupé, coopératif, multigénérationnel, espaces partagés, co-living). De nombreuses initiatives interrogent la place du collectif dans le logement. Furent cités Levi-Strauss par Arthur de Grave et Julien Talpin, Community organizing : De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis de et Sylvie Tissot L’État et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique ».Nous avons des chercheurs, sachons nous inspirer de leurs analyses, et des réflexions pertinentes émises par un public averti. Des expressions comme « politique de la ville » ou « le vivre ensemble » ont fait leur temps et nombre de concepts de « l'ancien monde » ont prouvé leur inefficacité.
La colère contre l'establishment risque de prendre des formes bien plus violentes que le Brexit ou le rejet des partis politiques classiques. Aux mêmes dates que Le Fest se déroulait à Hambourg en Allemagne des manifestations contre le G20, voitures et vitrines saccagées, les affrontements entre les manifestants anti-G20 et les forces de l’ordre continuent à se dérouler non stop dans la nuit de jeudi soir.

OuiShare sur Instagram #ouishare

L'identité OuiShare

Se pose la question de l'identité de OuiShare. Quel positionnement futur? OuiShare, c'est un état d'esprit, oasis de civilité et de partage, OuiShare Fest, un moment de grâce. Comment le prolonger? Lamarque OuiShare a su s'internationaliser avec des événements à Barcelone, en Amérique latine, un réseau de 20 villes, une'équipe de 80 connecteurs dans le monde rodée à l'organisationnel, sans compter les milliers de fans connectés. Cette année OuiShare s'est approché des missions d'un organisme de formation en outillant les participants avec les masterclass. J'imagine OuiShare en CapGemini du Futur, en consultant de l’Éducation nationale ou du Ministère du Travail. Ce Think Tank du nouveau monde, quel bénéfice pour nos institutions encore trop souvent démarchées par des entreprises de "l'ancien monde"! L’évangélisation est toujours dans l'ADN de OuiShare qui prouve une fois de plus sa capacité à capter les nouvelles valeurs et à renouveler ses dispositifs. Oui, mais qu'en faire, comment les disséminer et les partager? Avoir une vision d'ensemble du projet n'est pas si facile malgré les données ouvertes et le travail considérable de l'équipe. OuiShare se veut modeste, responsable, et l'est, et prône les valeurs d'open source http://opensource.ouishare.net/ mais de façon ...aristocratique, ce qui est une valeur ajoutée, mais risque de déconcerter des organisations et les services publics moins sophistiqués. On sort de OuiShareFest galvanisé, mais l'effet risque d'être de courte durée s'il n'est pas relayé tout au long de l'année et par un changement d'échelle significatif en 2018 – laissons un peu de temps. 2018: IMPACT!

Et on quitte les bords du canal de l'Ourcq et la sympathique fiesta brésilienne et tous ces gens qu'on aime bien un peu frustré : la profusion de propositions nuit un peu à l'appropriation.Less is more. Un peu moins d'intervenants et un peu moins de redondance entre sessions? Un peu plus d'espace de synthèse et d'échanges où on réunirait les attendees participants à une même session pour savoir ce qu'ils en ont retenu et ce qu'ils vont pouvoir mettre en pratique dans leur vie? En théorie, c'est prévu dans le programme, mais pas vraiment matérialisé. Trop de soleil, peut-être, sur les Magasins Généraux. L'application Sched utilisée pendant les Fest le permet et OuiShare la maîtrise parfaitement. Les connexions existent - en théorie, et d'ailleurs sont effectives, je suis sûre que comme moi les participants suivent maintenant sur twitter les intervenants qu'ils ont apprécié, et et les liens qui sont pertinents pour leur activité. Ce que je retire de OuiShare cette année : l'envie de me plonger dans les vidéos, ce que je ne fais jamais. Parce que j'ai entrevu des micro-solutions dans tous les domaines qui touchent de près ma vie, manger, habiter, se connecter, communiquer, aider les collectifs que je soutiens à gérer leur-plateforme, et que j'ai envie d'approfondir et de partager . Nous avons glané à OuiShare fest 2017 une panoplie d'outils pour le nouveau monde, il faut entretenir la flamme. Une suggestion assez simple à réaliser : un Best of de OuishareFest avant la fin de l'année avec projection des vidéos et un débat. Formule un peu classique mais on peut y ajouter danses sacrées, méditation etmindfull business, ce dont nous avons tous besoin.

                                                                                                                                                                               Janique Laudouar

Bye bye OuiShare Fest Paris, rendez-vous 19 au 21 novembre à Barcelone  http://bcn.ouisharefest.com/





mardi, janvier 24 2017

Expérimentations démocratiques

L'actualité nationale et internationale récente le prouve : les résultats des élections ne sont plus ceux qui sont attendus. Vrai pour les États-Unis, vrai pour la France. Un raison supplémentaire pour s'intéresser aux nouvelles formes de la démocratie. C'est ce que propose le colloque du GIS (Groupement d'Intérêt Scientifique) Démocratie et Participation, Les expérimentations démocratiques aujourd’hui : convergences, fragmentations, portées politiques les 26, 27, 28 Janvier 2017 à la MSH Paris-Nord (Saint-Denis). Les inscriptions sont closes, preuve de l'intérêt manifesté. Preuve aussi de son actualité en cette année électorale   Janique Laudouar

«Des jardins partagés aux sciences participatives, des Civic tech à l’économie sociale et solidaire, des fablabs aux mouvements des places, l’objectif du colloque est de dresser une cartographie des multiples expérimentations démocratiques, d’établir des liens conceptuels éclairant les dynamiques en cours » Et pour conclure la synthèse du colloque donnera lieu à un manifeste « Demain la démocratie,un Manifeste pour l'orientation du Gis Démocratie et Participation ».

Que la recherche ait « l’ambition d’interroger leurs significations politiques, leurs potentialités de transformation de l’action et de la décision publiques et, plus profondément, de renouvellement des pratiques politiques » est une bonne nouvelle. L'originalité de ce colloque est de reposer sur un dialogue entre acteurs au cœur des collectifs citoyens et des initiatives de la société civile, et chercheurs. Introduit par Loïc Blondiaux Cessp, Univ. Paris 1) et Jean-Michel Fourniau (Dest-Ifsttar et Gspr-EHESS) le jeudi 26 janvier, il s'achèvera sur la rédaction d'un Manifeste définissant les nouvelles orientations 2017-2021 du Gis Démocratie et Participation et ses modes de coopération avec les acteurs de la participation

Quel projet politique pour les civic tech ?

Jeudi 26 Agir ensemble sera le thème du premier jour. Le Blog de la Ménagère interviendra en fn de matinée dans l'atelier animé par Clément Mabi (Costech, Univ. Compiègne)Lucie Anizon et David Prothais (Institut de la concertation et de la participation citoyenne) avec Réflexion sur la diversité des projets politiques incarnés dans des « civic tech » avec :

  • Elisa Lewis (Démocratie Ouverte)
  • Janique Laudouar (Le blog de la ménagère)
  • Valentin Chaput (Open Democracy Now / Democracy OS)
  • Nicolas Patte (Cap Collectif)

Quel projet politique pour les civic tech ? "L'objectif central de l'atelier est de mettre en discussion l'idée qu'il n'y pas "une" mais "des" Civic Tech" avec différents rapports à la démocratie, différents modèles de participation "embarqués" dans les outils." précise Clément Mabi. Depuis longtemps Le Blog de la Ménagère observe les avancées de la société civile en économie comme en politique, et en particulier la démocratie vue par les citoyens. Aujourd’hui'hui des collectifs, des mouvements, des associations ont pour objectif un renouvellement de la démocratie dans un foisonnement enthousiaste où le bénévolat repose souvent sur de vraies compétences. Le numérique permet à moindre coût de s'inscrire dans la mouvance civic tech Les trentenaires de la civic tech sont tous hyper connectés, tout en ayant le souci d'éduquer au numérique et de ne pas laisser isolés ceux qui le sont moins.

Quelles ressources pour agir ?

Aujourd'hui, comment agir ensemble ? Des mouvements à la fois proches mais œuvrant séparément vont-ils se regrouper ? Et de quels moyens et outils disposent-ils pour le faire, dans quel objectif ?

Dans un atelier parallèle, la « Capitalisation des connaissances pour les acteurs de la participation » sera animé par Gilles Pradeau Atelier commun du Gis Démocratie et Participation et de Décider ensemble dans le cadre des 1ères Rencontres de la participation à Bordeaux

L'après-midi le thème « Pouvoir(s) » permettra de faire le point sur des mouvements qui ont bouger les lignes comme Nuit Debout, Fais ta loi, Democracy OS et Regards Citoyens : « L’expérience comme méthode démocratique », mais aussi des expériences de jardins partagés comme « la citoyenneté en actes dans les jardins partagés de Strasbourg et de Rome » (Victoria Sachsé et Sandrine Glatron (DynamE, Univ. de Strasbourg)

Vendredi 27 sera consacré aux Savoir(s), et à la redistribution « (Re) Distribuer (les places, rôles sociaux, ressources, capacités…) et en soirée «  soirée : Des Indignés aux “municipalités du changement”

Samedi 28 en matinée : (S’)Émanciper, thème introduite par Julien Talpin ( (Ceraps, Cnrs), Saillans : où en est l’expérimentation démocratique ?Atelier animé par Loïc Blondiaux. Expérimentons ensemble (présentation de projets en cours), Atelier animé par Gilles Pradeau (Gis Démocratie et participation) où interviendront entre autres Jean-Michel Knutsen (Citizens UK) : « Pratique du Broad-Based Community Organising dans l’Angleterre post-Brexit ».

Si 2016 aura été l'année de l'exploration en matière de démocratie, 2017 on l'espère sera celle du regroupement de mouvements porteurs d'un vrai changement des institutions, d'une innovation démocratique réelle fondée sur la participation des citoyens à la gouvernance.

« Le Colloque débouchera sur la rédaction d’un « Manifeste » définissant les nouvelles orientations 2017-2021 du Gis Démocratie et Participation et ses modes de coopération avec les acteurs de la participation. »

Janique Laudouar

Le programme complet du colloque peut être téléchargé sur le site de Démocratie et Participation 

lundi, septembre 12 2016

Changer le monde? Oui, mais ....

Les collectifs citoyens sont nombreux à travailler dur comme #MaVoix, ici en visite à l'Assemblée Nationale, à hacker en 2017. Objectif : reprendre le pouvoir sur nos vies, co-construire nos lois, proposer une alternative aux partis politiques classiques. Oui mais...arriverons-nous à changer le monde? Faut-il passer par une transformation personnelle? Comment convaincre? Et comment se démultiplier pour soutenir efficacement ces multiples initiatives citoyennes?

C'est un pavé dans la mare qu'a lancé Pierre Fournier en publiant dans Ouishare Magazine un article à contre-courant   « Pourquoi j'ai décidé d'arrêter de changer le monde. «  « L’engagement et la volonté de changer le monde ont le vent en poupe. Mais le petit monde de l’innovation sociale est encore et toujours un milieu où règne l’entre-soi. Cela fait dix ans que je m’investis comme bénévole auprès de divers mouvements, et je connais trop bien leurs côtés sombres. »J'exprime mon désaccord : je lui réponds du tac au tac via un commentaire sur Facebook « la plupart des collectifs dont ‪#‎MaVoix‬sont parfaitement conscients des écueils et les anticipent par un fonctionnement interne qui en tient compte. Par ailleurs on peut aussi faire la démonstration inverse que l'engagement collectif passe nécessairement par un regard plus rigoureux sur soi qui peut conduire à un épanouissement "augmenté". Lui même d'ailleurs le prouve, avec une belle citation de Mathieu Ricard. « A l’exception des catastrophes naturelles, la majorité des souffrances humaines sont dues à la malveillance, l’avidité, la jalousie, l’indifférence, bref à l’attitude égocentrique qui nous empêche de penser au bonheur d’autrui."

L'article a un impact : 4700 partages en une semaine Pierre Fournier a assisté au  à Montréal au Forum Social Mondial 2016, vient de passer avec succès sa première année de Master 2 en management des organisations ESS au Mans. Il hésite entre continuer ou entrer dans la vie active, comme consultant, pourquoi pas, il en a l'expérience. Du coup, on a envie d'échanger avec Pierre Fournier, 23 ans, qui pourrait bien être un exemple de la relève politique qu'on attend...si on laisse la place à sa génération.                                                                                                                          Janique Laudouar

  • JL Pourquoi mettre l'accent sur le côté sombre, au moment où on a tant besoin que les collectifs et la civic tech pèsent de tout leur poids dans la vie sociale et politique ?
  • PF Ce n'est pas un ras le bol du bénévolat, je ne le condamne pas, au contraire, je condamne les fondateurs, dirigeants, cadres, que ce soit association éducation populaire, entreprise sociale.
  • JL A #MaVoix, nous faisons une chasse aux egos peut-être excessive. Dans ton article tu dénonces l’égocentrisme, le goût du pouvoir, la socialisation de l'individu au sein de l'organisation, avec risque de «  perte d’identité personnelle au profit du collectif », une vision qui se rapproche un peu de la secte !
  • PF J'ai revu film La Vague,tiré du récit d'une expérience américaine. Un professeur d'histoire dans les années 60, avait du mal à faire comprendre à ses élèves pourquoi le peuple allemand s'était soumis au régime nazi. Pendant une semaine, il réussit à fédérer 200 jeunes et les mener à l'autocratie, étape par étape. Dans les collectifs le processus est le même. Il y a un risque de dérive sectaire.
  • JL C'est vrai qu'il y a dans ces groupes un problème de reconnaissance du travail fourni au sein d'un collectif, qui peut mener au désenchantement. Tu écris dans l'article «une reconnaissance de façade» Quel forme de reconnaissance pour que le bénévole ne se sente pas « utilisé » ?
  • PF La reconnaissance peut se faire dans un cadre « hiérarchique » : monter en grade. Au bout d'un certain temps, on propose du travail aux personnes qui sont sont très engagées. Dans ces nouvelles structures économie solidaire, collaborative, il faudrait créer un cadre assez bienveillant dont l'objectif serait ...ne pas se foutre sur la gueule!
  • JL Là où je suis d'accord avec toi, on peut avoir l'impression d'occuper une place dans une hiérarchie« fictive » d'un collectif qui ne rapporte pas de moyens d'existence au bénévole.
  • PF Dans mon article j'écris «Nombreux sont les jeunes qui sont en quête de sens et désirent avant tout que leur action ait un impact social et environnemental positif. »  Je viens de rencontrer énormément de jeunes qui veulent changer le monde, mais au final combien resteront ? Il ne doivent pas se laisser happer par ces structures.
  • JL Tu dis que tu as rencontré des gens «inspirants», donc tu as tiré parti du bénévolat ?
  • PF Il faut être un peu «égoïste», rencontrer des personnes inspirantes qu'on n'aurait pas pu rencontrer ailleurs, et construire un capital relationnel, humain.
  • JL Tu as raison de mentionner l'humain, il faut davantage d'altruisme.
  • PF Un des problèmes à Nuit Debout, c'est que le changement personnel n'est pas traité. Pourquoi tu fais ça, quelles sont tes motivations, il faut poser la question.
  • JL OuiShare Fest 2016 comportait des ateliers sur le changement personnel. Et peut-être une nouvelle façon d'aborder le travail ?
  • PF Oui à Ouishare, on réfléchi pendant des mois sur le sujet. J'ai été en stage dans une petite coopérative, Social Media Squad, en mode communication non violente, entreprise libérée, bonheur au travail, j'ai pu avoir l'expérience de travailler différemment.
  • JL Est-ce que ce n'est pas la question que les jeunes comme toi se posent ? Est-ce que justement il n'est pas temps de définir les principes d'une nouvelle approche du travail ?
  • PF Constat : votre génération ne nous laisse aucun espace ! Il faut une posture de transmission et laisser la place. C'est ce qui est compliqué en France.
  • JL Tu peux me parler de l'éducation populaire ?
  • PF Je l'ai découvert quand j'avais 16 ans, ça existe depuis un siècle et demi, ils ont crée Pôle emploi, les foyers de jeunes travailleurs, les centres d'information et d'orientation,
  • JL Quel lien avec le numérique et les nouvelles écoles ?
  • PF J'ai rencontré des gens qui montent des écoles alternatives. Mais...quel est l'intérêt d'un état de donner à ces jeunes différentes voies, de les rendre acteurs de leur propre vie, les politiques ne peuvent plus contrôler la population Il y a eu l’expérience de Céline Alvarez qui a réussi a rendre des jeunes plus murs, ils ont pu savoir lire et écrire en 2 ans . Il devrait y avoir une culture du résultat, qui est exceptionnel, pourquoi le pouvoir en place n'en veut pas ? . Faire bouger ces mammouths de l'administration, c'est aborder la question politique, si on veut un changement d'échelle.
  • JL que vois-tu comme avenir politique, dans les 2 années qui viennent quand les sondages nous répètent que 83 % des français rejettent les partis classiques qu'ils trouvent trop centrés sur les élections?
  • PF Je ne vois pas le monde de demain, je vois plutôt le monde d'après-demain. Je fais l'analogie avec les années 30, la peur entre les communautés qui a amené Hitler au pouvoir. On sait que ça peut se passer. La base de 83% est prête à changer, mais les 17%, de l'élite vont-ils avoir le courage de dire qu'ils sont incompétents ?
  • JL Une raison de sourire ?
  • PF Ce qu'il y a de positif, ce que j'ai découvert pendant mon stage, c'est ce qu'Internet permet, et c'est là la révolution, n'importe qui peut créer et diffuser sa propre information, aucun pouvoir ne peut contrôler ça, on peut sensibiliser les citoyens qui peuvent devenir acteurs de leur vie exprimer leur point de vue . Jamais je n'aurais pensé écrire un article qui a fait 4700 partages ne moins d'une semaine et touché 10 000 personnes dans le monde. D'où l’intérêt de sensibiliser au web. Les gens font confiance à leur proches, à leur amis, à leurs réseaux les plate formes comme airbnb ont su faire émerger des tiers de confiance, on peut décliner le même principe dans l'économique, le politique, le social. En tirant tout le fil, on change radicalement la société.                                               Janique Laudouar

Bientôt : Pierre Fournier prépare une conférence Tedx au Mans, où Sarthois, habitants du pays de la Loire, seront conviés ainsi que des experts nationaux sur un thème qui nous concernera tous : agir ensemble.

Montréal Forum Social Mondial 2016 : https://fsm2016.org/

samedi, mai 14 2016

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée ?

"Le OuiShare Fest rassemble chaque année des entrepreneurs, leaders d'opinion, et communautés du monde entier prêts à explorer les limites émergentes de notre société. » Révolution dans la gouvernance, le travail, l'entreprise, la société. http://2016.ouisharefest.com/ #OSFest16 . Venez!
Workshop participatif proposé par La Ménagère « Civic Tech : la Révolution sera-elle Uberisée? » mercredi matin, 11h30, Lab, dans la catégorieDigital Insitutions and the City.    Janique Laudouar

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée?

Comme l'année dernière Le Blog de la Ménagère va suivre la TOTALE des 4 jours du OUISHARE FEST 2016 du mercredi 18 au 21 sur le thème La Ruée vers l'or et après ?  Je suis certaine de trouver à OuiShare du neuf, du stimulant, de la prospective, du constructif, et  une ambiance unique, électrisante, qui mêle convivialité et haut niveau de réflexion, jeunes bénévoles et experts internationaux. Le programme est articulé autour de thèmes au plus près de nos interrogations,le futur du travail, civic tech et les communautés en réseau,  les organisations du 21ème siècle...et il y a toutes sortes de goodies, dont un mode d'emploi.  Trois jours de fête, d'ébullition des cerveaux et de coolitude, mais qui cette année prendront parfois un aspect plus grave : ce monde va mal, il faut que les solutions imaginées par la société civile et les entrepreneurs agiles voient le jours. L'économie collaborative, faisons le point, elle est passée dans les mœurs, avec ses réussites incontestables et ses failles à rectifier. Et surtout élargissons le débat vers la société collaborative  : le monde semble s'être mis en mouvement, DEBOUT, et pas seulement en France où Nuit Debout continue, progresse. 

Les GENS progressent, ils sont connectés et en réseau. Il y a des digital natives, nés dans le numérique, d'autres seniors, pionniers connectés depuis l'arrivée d'internet en France, porteurs de 20 ans de culture numérique. L'échange est transgénérationnel et international. Civic tech : l'expression regroupe tous ces collectifs citoyens qui sont beaucoup plus articulés, avancés et structurés qu'on ne le croit dans l'élaboration d'une nouvelle démocratie, liquide, ouverte, participative et numérique. Ils travaillent dans une relative discrétion loin des médias classiques. Ils inventent un rêve collectif, et comptent bien le mettre en œuvre dans la gouvernance, dans l'entreprise, dans le management, dans le travail, dans l'éducation. Venez voir « les utopies se transformer en décisions » Pour reprendre l'expression de Régis Debray à propos de son engagement ( invité d'Anne Sinclair sur Europe 1 le 14 mai). NuitDebout Roma source image twitter citée par Francesco Brancaccio

Partout dans le monde...et #Chemin Faisant

Partout dans le monde on voit comme dans un jeu vidéo les gouvernances remises en question, et les têtes tomber pour avoir triché, Bang Bang. A l'ère de la transparence et des Panama Papers, difficile de masquer ces détestables dérives dont les gens ne veulent plus, c'est vérité versus mensonge, intégrité versus, corruption versus, confiance versus défiance, action versus immobilisme, horizontalité versus hiérarchie, société civile connectée versus élite déconnectée, intérêt général versus intérêts particuliers, collectifs politiques versus partis classiques. Ouishare a défini une charte des nouvelles valeurs. Ce sont ces nouvelles valeurs qui se mettent en place, de nouveaux espoirs portés par la jeunesse. On peut compter sur OuiShare non pour donner le cap, mais pour nous inviter à le co-construire.

Inviter aussi les autres mouvements, comme les collectifs qui tiendront un stand le samedi 21 mai, journée gratuite, #MaVoix et Voxe.org avec Curious, les 100 Barbares communauté de plus en plus Open et inventive avec un stand Roman Collectif Un peuple totalitaire où vous ferez la connaissance de Julien Letailleur avec "Romançons ensemble la démocratie dont nous rêvons" samedi à 16h30,

Et en Bonus le dimanche 22 mai, une invitation à avancer ensemble dans la nature parisienne, autour du Lac Daumesnil. Les 100 Barbares,  vous vous souvenez : ce groupe d'entrepreneurs du numérique qui avait fait le buzz et s'était réuni à l'Archipel en 2015. Vous vous souvenez de cette conférence à The Family qui avait pour thème « Les barbares attaquent la démocratie » avec Nicolas Colin qui partageait sa vision des choses, une « culture différente », et prédisait l'avenir de la démocratie En 2015, ils étaient 500, ils sont aujourd'hui 5000 sur les réseaux et veulent se rencontrer dans la vraie vie. En 2016 Marchons #Chemin Faisant avec les 100 Barbares, et un nouvel axe, avec Sandrine qui propose un BarbEngagetoi, ou Lune et son Rêve Collectif! Avec Alexandra « un espace BarbaKids !!! Mon fils a toujours rêvé d'une école en plein air » Que vous soyez Babarattentif ou Babaracteurs, le dimanche 22 mai, venez!

L'engagement citoyen : devenez le décideur!

La Révolution sera-t-elle Uberisée? Mercredi 18 mai 11:30am - 12:15pm 50 personnes de toutes les nationalités se sont inscrites à ce Lab. A Ouishare et dans ce workshop, oui il y aura du blockchain, oui il y aura des start-ups, oui, il y aura de la décentralisation, oui il y aura les digital cities et comment faire participer les citoyens, oui il y aura de la démocratie ouverte et participative, oui il y aura des plates-formes numériques de votes. Oui, on parlera de Nuit Debout et qui a mis au point sa plate-forme de propositions,  http://questions.nuitdebout.fr/69marsLe Blog de la Ménagère a invité Leonore de Roquefeuil, CEO et co-fondatrice de Voxe.org, Happy Democracy newsletter  http://newswatch.voxe.org/. Voxe fera (peut-être) une annonce surprise sur sa nouvelle plate-forme, Julien Bayou militant social et politique, élu régional, EELV, qui suit de très près toutes les manifestions actuelles, Julie de Pimodan Fondatrice et CEO de Fluicity http://www.flui.city/ qui travaille au dialogue entre territoires, élus et citoyens« Donnez votre avis et dialoguez facilement avec vos élus. », David Guez et Maria Mella pour faire le point : LaPrimaire.org https://laprimaire.org Et Héloïse et Chloe de Civocracy viendront peut-être nous rejoindre. Le sujet central sera comment inciter à l'engagement citoyen, maintenant que nous avons les plates-formes, les applis, que nous avons appris à nous rencontrer dans la vraie vie, à échanger ? Nous travaillons tous beaucoup à une nouvelle gouvernance, celle que les gens attendent, arriverons nous à la mettre en place ? Et comme c'est un atelier participatif on votera ensemble pour les nouvelles valeurs. Et le même jour à 17h 45, The Future of Democracy, un Fish bowl, ce dispositif de 4 chaises où tout le monde peut s'assoir et prendre la parole, alors Exprimez-vous !

                                                                                                                                Janique Laudouar

Source : Nuit Debout Instagram  Laury-Anne (Gazette debout) : "reprenez la parole grâce au journal indépendant de la Nuit Debout"Une très belle image comme il y en a sur les plateformes Nuit Debout, wiki, tumblr, Gazette Debout, Convergences des Luttes

#MaVoix sera là le 18 mai au Fishbowl de Ouishare et à Strasbourg pour les élections partielles le 22 mai.

Open Source Politics, "la communauté Civic Tech en France", Valentin Chaput 

mercredi, novembre 4 2015

Art et économie de partage : Host an artist

Host an artist soirée de lancement mercredi 4 novembre galerie Claude Samuel Paris http://www.hostanartist.com/

De la politique à l'art

« La politique n'est pas une science, c'est un art » disait Alain Bergougnioux défendant les « professionnels de la politique » lors des Entretiens de Solferino où il reçevait avec Henri Weber Pierre Rosanvallon sur le thème "Qu'est-ce qu'un bon gouvernement?". Passons donc de la politique à l'art. 

HOST AN ARTIST Résidence d'artistes chez l'habitant

Anne Roquigny on l'aime pour son parcours sans faute, pour sa maîtrise de "l'art numérique" et l'invention d'un dispositif qui fait le tour de l'Europe WJ'S. Soutenons aujourd'hui le projet Host an artist http://www.hostanartist.com/ de Anne Roquigny et David Guez. En allant à la soirée de lancement le 4 novembre galerie Galerie Claude Samuel http://www.claude-samuel.com/ 69 Avenue Daumesnil, 75012 Paris pour ceux qui sont à dans la capitale. L'EXPOSITION : Antoine Schmitt, Jacques Perconte, Aude Morandat, Eric Pajot, Nicolas Boone, Magali Daniaux, Cédric Pigot

Jacques Perconte également exposé à la Galerie Charlot "Horizons" du 15 octobre au 21 novembre 2015 http://www.galeriecharlot.com/fr/expo/99/Jacques-Perconte-Horizons

Mieux encore en versant une somme sur la plateforme de crowdfunding Kickstarter. « En échange de ces résidences, les artistes offrent à leurs mécènes une œuvre d’art, un texte original, un cours particulier, un concert privé ou toute forme qui permet de créer un lien inédit avec leurs hôtes. » Vite qualifié « airbnb de l'art », Host an artist part d'un constat similaire à bien des concepts de l'économie collaborative : des espaces vides chez les particuliers. Rencontre via la plateforme Web. Une initiative qui concerne tous les territoires. « A terme, il s’agit de proposer une plateforme qui relie artiste et citoyen, mais aussi institutions et initiatives locales »
                                                                                                                                      Janique Laudouar

En savoir plus sur le site et l'excellent ArtHebdoMedias http://www.artshebdomedias.com/article/021115-hostanartist-en-ligne-la-suite-de-paul-valery


lundi, septembre 7 2015

Réfugiés : Action ! En ligne : CALM "Comme à la maison"

L'équipe de Calm, source et auteur image Noam.A

CALM : un dispositif en ligne nouvelle preuve de l'agilité citoyenne

Nous annoncions depuis longtemps l'avènement de la société civile, ("Les politiques s'enlisent, les français s'organisent") en terme d'action comme d'anticipation sociale et politique. Aujourd'hui, au cœur de l'actualité, une nouvelle preuve de l'agilité citoyenne : « Réfugiés Connectés » le premier Hackathon sur l'asile en France a eu lieu il y a 7 mois à l'initiative de SINGAFRANCE « Créateur de lien social et incubateur de projets qui changent la société ».

« Le dispositif CALM (Comme à la Maison)  permet la mise en relation entre des réfugiés mal logés ou sans domicile fixe et des particuliers ». Comment? " Il s’appuie sur une communauté grandissante de citoyens souhaitant s’engager sur l’accueil des réfugiés et, à terme, sur une plateforme web qui permettra un impact plus important ».

L'initiative de SINGA a le mérite de sortir l'expression « réfugiés » d'une masse informe et sans identité, et de souligner « qu 'il n'y pas de "profil-type" de réfugié, mais au contraire "une immense diversité des langues, des âges, des professions, des expériences, et par exemple, l'écart significatif entre ceux qui maîtrisent les codes du numérique et ceux qui le découvrent. » Au-delà du logement, il est proposé de s'engager pour un accompagnement : soutien d'apprentissage de la langue, accompagnement à la recherche d'emploi, « réfugiés porteurs de projets artistiques et culturels. » Sans oublier un appel aux sereni qui peuvent effectuer une veille juridique, académique, internationale. ll y a dans d’autres pays et d’autres secteurs d’activités des idées brillantes dont nous pourrions nous inspirer ou que nous pourrions dupliquer pour améliorer l’accueil et l’installation des réfugiés. »

Voir aussi dans le même esprit signalé par Julien Bayou http://aiderlesrefugies.fr/

Stay calm. Rester calme et agir. Sereno : calme, serein en italien mais aussi impartial, objectif https://en.wiktionary.org/wiki/sereno

http://singa.fr/la-communaute/calm-comme-a-la-maison/

jeudi, avril 16 2015

2015, l'année de "l'empowerment?"

L'une des thématique du OUISHARE FEST 2015 du 20 au 22 mai 2015  : transition, la gouvernance horizontale et l'empowerment.
Et toujours l'économie collaborative...

L'empowerment et le numérique

" En terme de révolution par l’intérieur, la technologie numérique nous permet déjà d'envisager des changements radicaux des processus politiques et administratifs existants."Numérique, politique et démocratie : implosion et explosion annoncées",  par Léonore de Roquefeuil, Co-fondatrice de Voxe

« Les technologies d’aujourd’hui font qu’il devient possible de demander des comptes, et d’assurer la transparence »... » « De la même manière, nous souhaitons qu’il y ait une ouverture de toutes les données de ce qu’on appelle l’ « e-gouvernement ». Nous souhaitons la simplification : que les citoyens puissent eux-mêmes participer à cette simplification de l’action publique».  François Hollande, Allocution du Président de la République, - New York, Nations Unies – le 24 Septembre 2014

Empowerment :une notion anglo-saxonne liée à au numérique et à Internet  : "donner du pouvoir à..." Donner du pouvoir au citoyen afin qu'il prenne part à l'élaboration des lois qui le concerne, « c'est dans l'air », - mais pas à la télévision ! "Et si l'empowerment commençait par soi-même? écrit  Natacha Quester-Séméon, Journaliste, vidéo blogueus et entrepreneuse dans La Revue du Cube?. L'année 2015 sera-t-elle l'année de "l'empowerment?"

Janique Laudouar

Citoyens et politiques

Rendre le vote obligatoire, le remède miracle pour réconcilier citoyens et politiques ? C'est avec LES politiques que les français sont fâchés, et non LA politique. Le rapport de Claude Bartolome, Président de l'Assembée nationale (en téléchargement) Libérer l'engagement citoyen pour refonder le lien civique » a pour sous-titre « La République par tous et pour tous ». On peut y lire la proposition « Renforcer la démocratie participative, instrument de l'inclusion politique. » « Mettre en place une plate-forme numérique d’expertise bénévole mobilisable par les citoyens et les associations dans le cadre des concertations publiques. »Propositions louables, mais toujours conçues comme « partant du haut ».

Hors ces plate-formes existent, elles sont déjà mises en place par la société civile, il suffit à la gouvernance de les prendre en compte et de les inclure dans le processus démocratique. On peut citer Parlement & Citoyens qui dialogue avec les députés. "Parlement & Citoyens permet "aux parlementaires et aux citoyens de travailler ensemble"avec l'objectif de «restaurer la confiance" Les initiatives pullulent, et ce grâce au numérique. Pierre de Rosanvallon qui depuis longtemps le prédit « Au fond, être représenté, c'est avoir le sentiment que le monde politique donne un langage à ce qu'on vit. Ce n'est plus le cas, d'où la stigmatisation actuelle des élites. ». Bernard Stiegler poursuit inlassablement le décryptage d'un mode numérique via Ars Industrialis, Pierre Levy invente l'alphabet de l'intelligence collective. Aujourd'hui, il est clair que la chronique d'une mort est actée, et qu'il faut trouver des solutions de démocratie réelle et ouverte pour accompagner la démocratie représentative.


Débats et manifestations sur la démocratie citoyenne

Est-ce en rendant le vote obligatoire qu'on rénovera le « lien civique », Europe 1 qui aborde le sujet le 16 avril 2015, ou en faisant participer les citoyens à la démocratie « ils n'ont pas en face d'eux l'offre politique qui leur convient » critique Hervé Mariton député de la Drôme.  . On ne peut plus ignorer que les initiatives pour une démocratie impliquant directement les citoyens se multiplient. Parmi les plus attendues celle de Ouishare Festival, http://2015.ouisharefest.com/program dont la thématique traitera de la transition, la gouvernance horizontale et l'empowerment. L'instructive Conférence sur la participation citoyenne de Démocratie Ouverte à l'Assemblée nationale le 30 mars a été suivie de près par un débat à l'Université Dauphine avec les étudiants du master 2,  Armel Le Coz les ayant coaché sur la thématique . Affaires publiques « "Transformer la politique pour faire face à la crise: comment les jeunes réinventent-ils l'engagement politique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des institutions locales?" avec Robin Reda, le plus jeune maire de France, Diana Filippova (Réseau d'entrepreneuriat social OuiShare), Agathe Cagé (Think Tank "Cartes sur Table" et l'Association des Jeunes de France). Ci-contre Robin Reda et Diana Filippova )

Parmi les manifestations récentes on peut citer Démocratie mise à jour, une restitution a eu lieu le 9 avril sous le haut-patronage de Corinne Erhel, députée des Côtes-d’Armor, et Laure de la Raudière, députée de l’Eure-et-Loir). 

Le 20 avril, le cycle de réflexion sur le numérique se conclut à Sciences Po, Terra Nova Etudiants  vous invite à débattre avec Thierry Mandon, Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, auprès du Premier ministre. Plusieurs thématiques dont « Gouvernement ouvert : "le numérique peut-il rénover les modes de participation citoyenne en garantissant une plus grande transparence des décisions politiques ? » Et parmi les manifestations récurrentes et pionnières, le Forum des usages coopératifs là Brest dont Michel Briand est l'infatigable animateur a dégagé de nombreuses pistes en 2014. Cette même année la Commission nationale du Débat Public avait organisé un colloque international « Le citoyen et la décision publique ». Le Cube à Issy-les-Moulineaux recevra le 28 avril Michel Bauwens dans le cadre des Rendez-vous du Futur

Les plates-formes de participation citoyenne

(non exhaustif...)

Quant aux plates-formes, elles sont trop nombreuses pour les citer toutes. Parlement & Citoyens a trouvé un modèle, et fait preuve de pédagogie en expliquant en images la démarche à suivre ,  Avec VOXE, n'importe quel citoyen peut contribuer à entrer les programmes politiques en ligne, ainsi qu'à ajouter du contenu enrichi.questionnez vos élus est opérationnel ..ainsi que La Quadrature du Net  les élus joueront-ils le jeu en répondant? Encore une :  DemocracyOS est une plateforme open source : libre, gratuite, indépendante, réplicable. "Son but est de favoriser la participation de tous à la fabrique de décisions politiques, à l'heure où internet a changé presque tous les aspects de notre vie quotidienne... sauf le fonctionnement de nos démocraties." Nos Députés.fr rend compte de l'activité parlementaire. On peut aussi citer les partisans du tirage au sort. Ou Etienne Chouard  et sa volonté de faire écrire la consititution par les citoyens. 

Altercarto est à la fois une mutuelle de données, d'outils et de méthodes ; et un réseau de partage d'expériences d'usages citoyens des données statistiques publiques localisées. Nous citoyens organise une « vigie » sur les dépenses publiques. Le magazine RNSL cite «  l’ambition des stat-activistes, ces militants de la donnée qui souhaitent mettre le chiffre au service de l’émancipation citoyenne ».

Qui a dit que nous n'avions pas de penseurs de la mutation, outre les pionniers du Net, les économistes, les philosophes,  des ouvrages récents décrivent cette énergie positive et ces "Révolutions invisibles" (Les Liens qui libèrent). dont le titre n'est pas sans rappeler les essais prémonitoires publiés par Eric Hazan (La Fabrique) par "Comité Invisible",  "L'insurrection qui vient", A mes amis".

Elles sont plusieurs à en faire le pari, Quitterie de Villepin, "Nous voulons notre place à la table des décisions", (Ma voix), Léonore de Roquefeuil qui écrit « Dans le futur, on peut raisonnablement imaginer que ces dynamiques qui facilitent l’émergence de groupes de citoyens voulant prendre leur place à la table des décisions pourraient à terme contribuer à faire exploser les partis pour aller vers une démocratie moins représentative et plus directe. Des signes nous indiquent qu’il est fort possible qu’en France, nous verrons cette folle promesse (ou menace ?) dès les élections législatives de 2017."

                                                                                                     Janique Laudouar


dimanche, avril 5 2015

"Démocratie Ouverte ": une renaissance politique

"La transition démocratique : une journée à l'Assemblée nationale

Le débat organisé par Démocratie Ouverte à l'Assemblée nationale le 30 mars - le lendemain des élections départementales - commençait par ce constat : « à l'échelle locale,à l'échelle européenne, le besoin d'un renouveau démocratique se fait de plus en plus pressant. Des mouvements spontanés naissent grâce aux réseaux, qui pourraient bien se révéler en 2017, à l'occasion des présidentielles et des législatives. Le 31 mars, se réunissait à Paris à l'Archipel les Barbares. Ce nom mystérieux regroupe des individus bien décidés à faire valoir leur conviction via les  réseaux sociaux. Ce soir là, ils ont pitché leurs projets, échangé des témoignages, partagé des expériences « inspirantes » à partager pour changer le monde. Et une nouvelle démocratie...

                                                                                                                                                                                                                    Janique Laudouar

La fin de la démocratie représentative ?

L'analyse très lucide de Loïc Blondiaux, professeur chercheur à Paris I en ouverture permet de mieux comprendre ce que les politiques s'obstinent à ne pas voir. La démocratie représentative s'est imposée à la fin du 18ème siècle, une représentation exclusive qui est remise en cause aujourd'hui. Dans «  un contexte d'affaiblissement des démocraties occidentales incapables de régler les crises et d'influencer la vie des sociétés» les citoyens ont de plus en plus de mal à accepter qu'on leur demande de payer une ardoise d'une gouvernance défectueuse, d'un endettement pour lequel ils ne se tiennent pas responsables. Partout en Europe et aussi ailleurs les mouvements de refus se multiplient répondant à l'appel de Stéphane Hessel « Indignez-vous », des Indignés de Occupy Wall Street à Podemos en Espagne « Mover ficha: convertir la indignación en cambio político », « Prendre les choses en main : convertir l'indignation en changement politique » On assiste « à une mobilisation critique des grands projets venus d'en haut » ou au contraire à « un sentiment d'indifférence qui monte » ou encore des formes d'auto-organisation « on va faire sans l'état, sans les institutions. » ce qui « représente un risque très fort pour les démocraties. ». Dans la participation citoyenne, Loïc Blondiaux voit une série d'enjeux : la capacité pour chacun d'influencer la loi, préserver l'intensité du débat démocratique – citant Pericles et la démocratie grecque « Nous considérons tous ceux qui se désintéressent de la démocratie comme des parasites.",faire une place à l'expertise profane dans le processus de décision démocratique.« Aujourd'hui la prise de décision a lieu a lieu a huit clos. Hors pour qu'elle soit légitime, il faut qu'elle ait été débattue. » Il ne faut pas sous-estimer « l'hostilité et l'inertie des structures institutionnelles et la tentation néo-monarchique du chef, ce désir existe.

Hackhaton, un modèle efficace de collaboration ?

Gilles Babinet est devenu le porte-parole de tous ceux qui ont une vision autre que celle qu'on continue à nous proposer d'une France « verticalisée ». « Une France un peu engoncée dans de veilles habitudes », notamment celle d'une « fascination pour les élites, les « grands corps, les personnels  ultra qualifiés» au détriment d'une classe plus représentative et peu présente dans les ministères ou à l' Assemblée nationale qui compte 40% de fonctionnaires. Un système qui a du mal à opérer une transition vers une demande pourtant de plus en plus ardente des citoyens : celle de participer. « Nous ne sommes pas pleinement reflétés, les citoyens sont prisonniers d'enjeux qui ne sont pas les leurs ». Pourtant, il y a de nouvelles voies. Et on ne s'étonnera pas que Gilles Babinet, « digital champion pour l'Europe », cite Lawrence Lessing « code is law » « le code conforme la réalité » et prône le design de la réalité comme une des formes nouvelles de débat politique, donnant l'exemple du hackhaton -auquel il participer personnellement - comme « réalité puissante ». Non, légiférer n'est pas le seul mode de gouvernance, il émane des initiatives positives des territoires. C'est l'essor du numérique et en particulier des plate-formes comme celle de Parlement & Citoyens qui permet à ces initiatives de fédérer et d'exister 

« L'ADN numérique pilote notre action » (Laure Lucchesi Etalab)

Laure Lucchesi présente Etalab, l'outil officiel de l'ouverture des données, avancée majeure pour la démocratie ouverte. Avoir accès aux données permet entre autres de décrypter les dépenses publiques. La France est membre d'Open Gov et à ce titre a l'obligation de préparer un plan d'étape. Il faut développer une culture de la « comptability » notion difficile à traduire, une culture de la « redevabilité » mais qui correspond au désir des citoyens de savoir comment l'argent de leurs impôts est dépensé. Munie de données précises, l'expertise citoyenne peut œuvrer pour le bien commun. « La technostructure ne peut plus régler à elle seule la complexité » affirme Laurence Lucchesi, « l'ADN numérique pilote notre action ». L'expertise citoyenne a de l'avenir.

« Les événements survenus sur les ZAD (Zones d'aménagement différé, rebaptisées Zones à Défendre) de Sivens et de Notre Dame des Landes ont mis sur le devant de la scène le besoin de repenser et de simplifier les procédures du débat public. »C'est le même terme d'une « contre-expertise » citoyenne qui sera employé par plusieurs intervenants, dont Laurence Monnoyer-Smith vice présidente de laCommission pour le Débat national qui parle de la grande difficulté à consulter sur « les grands projets du futur » et « se heurter à des visions du monde divergentes ». Elle préconise pour les territoires "une critériologie partagée" pour un vrai "vivre ensemble".

"Parlement & citoyens" : une plate-forme à intégrer au Parlement ?

Cyril Lage a eu l'idée de Parlement & Citoyens, s'est allié à Armel Le Coz designer de services et Bastien Jaillot, développeur. C'est leur plateforme qui a été adaptée pour la grande concertation en ligne réussie du CNN http://www.cnnumerique.fr/, qui devrait être un modèle.L'association prend de l'essor avec une stratégie douce : inciter des députés et même le Président de l'Assemblée nationale Claude Bartolome à prendre en compte l'immense désir des citoyens de participer et de proposer.

Patrick Raimbourg, député, Cyril Lage "Parlement & Citoyens"

Plate forme en ligne, Parlement et Citoyens est opérationnel et accessible, et le sera encore plus dans sa nouvelle version, qui permettra aux citoyens de proposer des lois. Dominique Raimbourg, un député « techno » plutôt en pointe (Loire-Atlantique) qui soutient Parlement & Citoyens confirme que les lois se font en comité restreint « 10 à 12 personnes ». Pour la loi pénale qu'il a réussi à faire voter après négociation, il a bien consulté 300 personnes, syndicats de magistrats, de policiers de professionnels des prisons, etc. Mais les citoyens ? Les lois qui sont votées ne sont pas assez mises à l'épreuve des faits et du terrain. « On produit de la norme il faut voit l'efficacité de la production de cette loi, on produit de la loi bavarde » Est cité comme exemple dans la salle la loi inapplicable sur la protection des majeurs dénoncée par des milliers de familles détruites et des dizaines d'associations. En vain. Omerta. La louable expérience de Claude Bartolome qui a ouvert la consultation pendant 7 jours sur le sujet de la fin de vie est jugée méritante mais insuffisante. Il faut aller plus loin dansl'empowerment, redonner le pouvoir aux citoyens. Interviendront l'après-midi sur le thème« Territoires hautement citoyens » animé par Armel Le Coz un panel de maires très actifs dans la mise en œuvre de la contribution citoyenne -dont la mairie de Paris - qui a ouvert un budget de 500 millions d'euros pour les projets participatifs - Eric Piolle maire de Grenoble, le bouillonnant Jo Spiegel, maire de Kingersheim en Alsace qui prédit « la fin des UBU rois. « Haute qualité démocratique » est sa devise, très applaudie, bravo à tous ces maires « avancés ».

Bienvenue aux contre-pouvoirs !

« Le numérique est ainsi une opportunité pour renouveler, enrichir, étendre la participation et la co-construction entre l’État et les citoyens. » peut-on lire sur Etalab. « Il faut hacker l'Assemblée nationale » s'exclame un rebelle. Inutile, « de nouveaux contre-pouvoirs afin de penser la démocratie de demain, entre ouverture et participation citoyenne. » écrit le blogueur Benjamin Sourice. Quel modèle de plateforme et d'outils de consultation ?Il en existe beaucoup. « Le problème du modèle numérique en mode “commentaires” fait remarquer Benjamin Sourice, c'est qu'il existe « un risque de création de consensus factices avec une version moderne des lobbystes qui eux aussi vont s’emparer des outils. Ce sera « la démocratie IKEA », on donnera l'outil sans se soucier d'être vigilant sur son mode d'emploi. Il vient d'ailleurs de publier un « traité de vigilance » dans son essai « Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen ». On peut citer « Questionnez vos élus » , "direct et concret", qui permet d'interroger un député via une plate-forme modérée.

La consultation lancée pour le CNNnum par la Secrétaire d'état Axelle Lemaire via une adaptation de la plateforme Parlement & Citoyens est sans conteste une réussite. Yann Bonnet qui présente le bilan fait état de 17 000 contributions et de prochains aménagements. Jean-Paul Delevoye président du CESE est depuis longtemps un convaincu, mais son discours bien senti et ses phrases chocs sont elles entendues ? Pas plus que les conseils de la Cour des Comptes ! Et pourtant «la jouissance du pouvoir est plus importante que la gestion du pouvoir », la nature de la relation au pouvoir a changé, il consiste mois à ordonner et légiférer qu'à « réguler et gérer des flux » ». « Nous sommes dans une obligation de de collaboration, de co-construction. »A quand la mise ne œuvre de cette préconisation?

On retrouve avec bonheur Quitterie de Villepin qui avait osé dire « non » en 2007 à François Bayrou et à une place en or de députée européenne. Dire très tôt non aux partis qui pourtant l'avaient adoptée lui a permis de mûrir une forme originale de démocratie présenté à le 31 mars aux « Barbares ». Ils se sont enthousiasmés pour son projet de « député augmenté »...qui consiste pour les citoyens à « récupérer leur voix » en entrant à l'Assemblée nationale. Pas de programme, pas d'idéologie, peut-être un nouveau parti « post partis traditionnels », en tout cas un dispositif, une nouvelle capacité de décision citoyenne.

                                                                                                                                                                                                              Janique Laudouar



Démocratie ouverte
a également ouvert le débat (animé) au niveau européen. Nous y reviendrons
  • Big Data, penser l'homme et le monde autrement, de Gilles Babinet, Préface d'Érik Orsenna de l'Académie française, fevrier 2015, Le Passeur
  • Dans la salle : www.capucine.net propose une carte à puces citoyenne
  • Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen" de Benjamin Sourice publié chez les Éditions Charles Léopold Mayer le 20 février 2014



dimanche, novembre 2 2014

La Région Centre donne de la visibilité à l'économie solidaire.

Source illustration : affiche CRESS 7ème édition du mois de l'économie sociale et solidaire (ESS)

En région Centre, la reconnaissance d'une« autre économie »

Lors d'une présentation le 30 octobre des manifestations qui ont lieu en novembre pendant le mois de l'économie sociale et solidaire (ESS), le Président de la Région Centre François Bonneau a marqué sa volonté de donner une reconnaissance à part entière à l' économie sociale et solidaire et de la porter au même rang que l'économie de marché « classique ». Les chiffres montrent que cette économie trop méconnue avant la loi dite « Hamon » qui lui confère une crédibilité, a un impact réel sur l'emploi, avec la spécificité de « placer l'homme à un niveau important ». En Région Centre l'ESS c'est 10, 2% des emplois, 10, 8% des établissements employeurs, 1, 9 milliards de rémunération brute distribuées et une hausse de 6 % de ses emplois entre le 31 décembre 2006 et le 31 décembre 2013.

« Vivre et consommer autrement »

Cette « autre » économie semble en pleine actualité car elle correspond aux attentes des français qui ne peuvent plus ou ne veulent plus consommer à outrance et se révoltent contre le gaspillage, qu'il s'agisse de grands travaux contestables ou de gaspillage alimentaire. Le recyclage sera d''ailleurs abordé dans plusieurs des manifestations. Les «bonnes adresses pour acheter responsable» seront indiquées, ou encore « les conseils pour créer son entreprise autrement ». On côtoie l'ESS sans le savoir : les mutuelles de santé en font partie, certaines banques aussi, les coopératives (agricoles, coopératives de de production, de crédit etc). «Le secteur associatif s'est beaucoup mobilisé pour professionnaliser les initiatives » ajoute la Vice Présidente en charge Marie-Madeleine Mialot-Mulller, qui insiste sur le fait que l'ESS recrute, pas des « petits boulots », mais développe de nouvelles filières, met en place une innovation organisationnelle, procure des emplois, y compris des CDI à des jeunes. Cette économie est porteuse de nouvelles valeurs dans lesquels les jeunes se reconnaissent. Ils choisissent des entreprises qui adoptent un nouveau management, qui laissent une place à l'humain, au bénévolat de compétences et participent au bien commun. L'un des événements a d'ailleurs pour intitulé Le rôle croissant de l'homme dans l'entreprise le 17 novembre à Chartres fait d'ailleurs partie des événements. La reprise d'entreprise par ses salariés, sous forme de SCOP sera présentée  pendant les manifestations.

Les filières et métiers de demain 

L'observatoire de la CRESS (Chambre de l'Economie Sociale et Solidaire Centre) présentait l'étude réalisée par le cabinet ExtraCité de Lille «Les filières d'avenir à explorer en Région Centre » : actions et initiatives, secteurs d'activité moteurs pour la croissance, nouvelles filières. Principalement économie verte, tourisme et culture, numérique, mobilité, circuit court alimentaire, formation professionnelle éducation, etsilver économy. Des cas précis ont permis de mesurer tout l'intérêt de miser sur l'ESS. François Clergeot du cluster AGHIR (Vierzon) et ses 3 collaborateurs se présentent comme « un facilitateur de projets » dans le domaine de la silver economy: projets innovants d'entreprises, favoriser des projets collaboratifs.Un travail de documentation pour repérer les acteurs de la région permet de voir les secteurs impliqués. Brigitte BIGOT est Directrice d’AGIR (36) présenté par Alice Gomez. Un chantier d'insertion avec les textiles usagés pour matière première. « Au travers de cette filière d'avenir, l'association souhaite pérenniser un savoir -faire local, pour que le territoire gère ses propres déchets, objectifs sociaux et environnementaux." Un site avec des fonctionnalités étudiés pour impliquer le visiteur est la preuve qu'une initiative réussit d'autant mieux qu'elle est accompagnée par une plateforme technologique performante.   Pour Thierry HANON, Val bio Centre et ses paniers bio du Val de Loire :« Valbio Centre répond à un marché  émergent : la demande de produits bio et locaux » . Il n'hésite pas à dire que le parcours de l'entreprise est passé par un échec formateur, pour ensuite connaître une demande croissante : 130 000 paniers 244 points de dépôts, 100 emplois crées, 40 pour conditionnement et distribution, 60 en production. L'accent est mis sur l'innovation dans l'organisationnel «  la mise en marché, mutualisation des outils informatiques, circuit court. «  On ne peut pas utiliser les règles d'hier pour les marchés de demain » conclut Thierry Hanon.

Pourquoi cette économie n'est-elle pas plus connue ?

Le magazine Influencia note  « La nostalgie du marché de la place du village ne s’est jamais aussi bien portée. Les nouveaux commerces (de bouche) lorgnent tous sur ce modèle de convivialité et de dialogue ; la recherche de la qualité des produits passe par la communication et l’esprit de quartier. » Le succès des « circuits courts » comme les AMAP qui seront présents lors des manifestations ESS, qui est décidément en pleine actualité positive, face au problème persistant de l'emploi. «Ce n'est pas une économie de l'assistanat et de la subvention, ce ne sont pas des emplois au rabais, ce n'est pas un marchepied pour rentrer dans l'économie marchande » précise Michel Jau, nouveau Prefet de Région, qui semble très concerné . La loi permet maintenant un rapprochement entre l'ESS et l'état et les institutions, et l'ESS devrait participer à l'aménagement du territoire.

Mais alors, question posée par la Ménagère au Président de Région, « pourquoi cette économie n'est-elle pas plus plébiscitée au plus haut niveau de l'état ? « Parce que les acteurs sont modestes » répondent les intervenants et le Président de la CRESS, reconnaît que cette économie n'a pas osé s'affirmer jusque là. Elle est rarement citée dans les grands médias. même si on commence à voir des sujets sur l'économie de partage dans les journaux télévisés. Notons aussi qu'il a été remarqué par l'étude du Labo de l'ESS « Alors que l'ESS pèse de manière significative dans l'économie globale, la grande majorité des économistes s'y intéressent très peu ». Suite à ce constat Philippe Frémeaux, éditorialiste à Alternatives Économiques a mené une enquête auprès de 24 économistes. « Nous ne sommes pas seulement en crise, mais aussi en transition. Un monde meurt tandis qu'un autre émerge. L'ESS apporte des éléments d'analyse et de pratiques alternatives. » a déclaré Dominique Plihon, professeur d'économie financière à l'université Paris 13. Pour Hervé Defalvard, maître de conférences à l'université de Marne-le-Vallée, « absente de la pensée des économistes du « main stream », et c'est logique, elle l'est tout autant chez certains économistes hétérodoxes. Un signe positif tout de même : « Ce désintérêt, cette indifférence, font place aujourd'hui à une curiosité. »

Une vision d'avenir

Les élus ont longtemps été des bâtisseurs, routes, autoroutes, hôtels de Région, et autres marques visibles de leur passage dans la ville. La Région Centre semble avoir compris que les enjeux du XXIème siècle ne se mesuraient plus seulement en degré de béton armé, ou de patrimoine au sens classique, mais que les compétences des citoyens faisaient partie d'un patrimoine immatériel à repérer et à encourager. En constituant un écosystème des initiatives des habitants, en marquant une volonté politique et en déployant les forces d'accompagnement nécessaires à l'essor de l'ESS « comme une des solutions » selon François Bonneau, la Région Centre pourrait bien faire partie des régions laboratoires qui sauront correspondre aux attentes de leurs habitants et faire vivre cette vision d'avenir qui manque tant à la politique.

JANIQUE LAUDOUAR

Programme complet du mois de l'ESS:  http://www.lemois-ess.org/

Pour clôturer le mois : à Nogent-le-Rotrou et Margon

Forum des Initiatives solidaires dans le Perche vendredi soir 28 Novembre et 29 novembre, Nogent-le-Rotrou,  Salle Simone Sognoret 15 avenue de la République organisé par mai pourquoi

Sur le recyclage le samedi matin sur le marché de Nogent-le-Rotrou ecopertica.

Sur le numérique

L'intérêt du numérique pour le territoire: le samedi 29 novembre de 15 h à 16 h Espace Renée-Lepesqueux Salle des Fêtes, 1 Rue de la Cloche, 28400 Margon, Organisé par Romain Lalande Cre-sol, Cyrille Giquello Coop-Axis, Janique Laudouar Blog de la Ménagère

Sur les SCOP :A la découverte des SCOP le 5 novembre de 18 h à 20 h Salle Simone Signoret Nogent-le-Rotrou, organisé par le  CBE Pays Nogentais

Le village de l'ESS à Chateauroux

Le Village de l'ESS ouvrira ses portes aux professionnels de l'ESS et aux collectivités le vendredi 28 novembre de 15 à 19h, et au grand public, le samedi 29 novembre, de 9h à 13h.

Les Cigales du Perche

seront présentes à la table ronde du 28 novembre à Nogent-le-Rotrou

Loi n° 2014-856 relative à l’Économie sociale et solidaire publiée au JO le 31 juillet 2014



vendredi, mars 23 2007

LE CINQUIEME POUVOIR : en avoir ou pas, en être ou ne pas en être


Ceux qui tiennent des blogs et qui suivent les élections présidentielles savent à quel point il est devenu précieux d'avoir élaboré son self-média : blog, site, ressource en ligne. Agora a lancé la formule du blog collectif . Pour rencontrer des rédacteurs, allez ce samedi 24 mars après s'être inscrit en ligne aux ....

AGORAVOX LANCE LES PREMIERES RENCONTRES DU "5e POUVOIR"

Après presque deux ans d’existence, AgoraVox, le média citoyen en ligne, célèbre son succès et organise :

« Les premières rencontres du 5e pouvoir »

 

le 24 mars 2007
à L’Usine - Saint-Denis
http://journee.agoravox.fr

 

Par ailleurs, Carlo Revelli et Joël de Rosnay, les fondateurs et rédacteurs d’AgoraVox, présenteront « Présidentielle 2007 - L’irruption des internautes dans la campagne », premier ouvrage collectif ayant pour sujet la bipolarisation de la campagne 2007."

J'ai bien envie d'y aller...mais je ressens aussi le désir d'une parenthèse dans ma vie virtuelle ce week-end, aller à la campagne par exemple...même par temps de chien...

mardi, janvier 30 2007

Continuons le débat ! « La démocratie participative continuera après l’élection ! »

Illustration : le débat en cours et en 3D sur l'environnement, sur le site de segosphere.net, la jeune garde de Ségolène.

Dernière minute actu : Une réunion parisienne de restitution des débats participatifs aura lieu le samedi 3 février entre 14h30 et 16h30 au Musée Social, 5 rue Las Cases – 75007 Paris – Métro : Solférino. 

Pour Jacques Séguela ex-gourou politique et toujours fin publicitaire,  qui s’exprime dans DirectSoir du lundi 29 janvier, la campagne électorale est « révolutionnaire ». « C’est un choc générationnel, les élephants sont renvoyés au musée. »  Dans cette campagne « Ségolène Royal est partie avec deux copines et 25 000 euros ». Et elle est arrivée à être « la candidate » ! Elle a inventé l’écoute. « D’un côté il y aura  une société de l’autoritarisme que l’on connaît par cœur, c’est la suite de la chiraquie, de l’autre on aura une société de l’écoute ».

L’écoute et le débat participatif comme modes de fonctionnement de la démocratie et …du PS étaient au coeur de la réunion du Lundi 29 janvier 2007 organisée par desirsdavenir Paris, Forum sur la démocratie participative. 4 « référents » venaient rendre compte du débat thématique dont il est responsable : « la vie chère », « éducation et formation » . « la lutte contre la violence ». Tous trentenaires. A peine plus âgés que les jeunes « segosphere », organisateurs en tee-shirt aux couleurs mauves du site et au flyer parme  flamboyant : « IMPOSE-TOI DANS LE DEBAT ». Les référents  viennent rendre compte non tant des idées que de leur expérience de la méthode participative : « un travail participatif, c’est un investissement humain et matériel important » raconte Jean-François,  « un point très positif, le travail participatif met du lien social. Et encore : « il faut une réforme structurelle prioritaire au PS, il faut ouvrir les sections aux quartiers ». Le PS s’est endormi, la dimension participative doit le réveiller, même si, au final, il avoue peu de propositions révolutionnaires. Pour Damien dont les invités au débat sur l’éducation vont de Gérard Aschieri, FSU, à Bruno Julliard, de l’UNEF la semaine prochaine, le « travailler » ensemble » a amené des « propositions innovantes » et même surpenantes, loin des clichés de la gauche. Mais oui, les profs sont d’accord pour allonger le temps de travail, il suffit de discuter des modalités…

 
En conclusion : un « kit » participatif très bien conçu dont devraient s’emparer…nos administrations imbues de technocratie. Un public convaincu, et pas seulement des militants du PS, mais des gens, simplement désireux de faire de la politique. ..à condition d’être écoutés.

 A lre  La prise de l’Elysée, Jacques Séguéla et Thierry Saussez, éditions Plon.

lundi, janvier 29 2007

Encore un débat sur l'éducation : les suggestions (rapides) de La Ménagère!

L’éducation

J’ai apprécié le Débat participatif sur la formation tout au long de la vie dans le 18ème, Paris. De bonnes idées ont été émises, notamment par les professionnels de l’éducation invités, l’inspecteur général Jean-Marie Panazol, Gabriel Cohn Bendit, mais…il y a chaque année d’excellents rapports de l’inspection générale dont le système éducatif ne tient pas compte, pourquoi? 

Usages en éducation : peut-être faudrait-il examiner les programmes et les supports d’enseignement de l’éducation nationale.  La société civile est beaucoup plus avancée dans les usages que le système éducatif qui reste figé dans sa façon d’appréhender l’éducation et dont la formation tout au long de la vie.

En France voir par exemple la méthodologie d’un récent « wikischool » : http://ru3.com/

Voir les sites collaboratifs de certains enseignants comme L’école du possible :

http://www.c-possible.org/et  et tant d’autres dont les compétences en TIC sont sous-utilisées faute d’appliquer l’intelligence collective au système éducatif.

ARGENT : placer dans chaque académie un service  pour recueilir les fonds européens au lieu de se plaindre qu’il n’y a pas de moyens, allons les chercher !  Voir par exemple l’papel à proposition « Education et formation tout au long de la vie » : http://www.educnet.education.fr/actu/actualite.php?th=actu#G20070110

Formation tout au long de la vie : de récents ouvrages démontrent la nécessité de modifier les orientations des apprentissages tous les ans. Hors le système éducatif est trop lourd pour s’adapter à une évolution rapide des métiers. Quels sont les exemples à l’étranger ? A chercher des exemples sur le site gonordisk de François Alex….et sur les rappports des relations internationales d’educnet (Ministère). Les cadres de l’éducation se sont offert de multiples voyages à l’étranger du type « benchmarking » : où est l’application ?

L’éducation nationale n’est pas assez consciente des potentialités de  l’immatériel : voir le rapport de Maurice Levy L’économie de l’immatériel, la croissance de demain sur le site du Ministère des Finances qui pointe l’incapacité des services publics à tirer partie de leurs actifs immatiériels (dont les compétences humaines). Il serait intéressant de prendre certaines recommandations de ce rapport et de voir comment elles sont applicables au système éducatif et à la formation tout au long de la vie.

Suggestion  tenir compte de l’innovation ascendante, l’éducation nationale est trop « descendante » Les enseignants sont des experts non consultés : les compétences sont sous-utilisés et l’autoritarisme règne encore, là où il faudrait un dialogue. On ne consulte pas assez les enseignants experts qui font une veille dans leur discipline, ou encore en TIC :  ces enseignants qui tiennent des blogs ou des médias doivent s’exprimer en dehors du système, car il n'y a pas de dialogue entre les cadres et la "base". C'est une conception  anachronique de la gestion des compétences à l'intérieur d'une administration ou d'une institution. Elle repose encore sur la "pyramide hiérarchique" qui est souvent amenée à freiner (ce ne sont pas les personnes qui sont en cause, mais le système qui est caduque) les initiatives quand elles sont ascendantes. Pas de "bottom up"! Le fonctionnement en réseau interne reste théorique : il n'y a que très peu de politique de communication interne. Les chefs d'établissement sont parfois informés des décisions...par la presse! Les enseignants se sont organisés en réseaux parallèles, où ils peuvent alors s'exprimer en marge du système et trouver un public.

Suggestion nouveau rôle  : les enseignants entre 55 et 65 ans peuvent-ils faire le même métier qu’à 20 ans ? (voir pénibilité des métiers, point abordé ailleurs). N’y-a-t-il pas à étudier des fonctions de « coach » auprès des élèves pour leur intégration en entreprise ?De tutorat à distance auprès des élèves  en difficulté? Ces nouveaux rôles s’appuyant sur les technologies d’information et de communication  ne permettraient-ils pas  de diversifier les compétences des enseignants ? C'est le "privé" qui est en train d'investir ce champ du soutien scolaire. Commençons par appliquer "la formation tout au long de la vie" aux enseignants. S'ils en sont des exemples incarnés, ils pourront mieux transmettre le concept à leurs élèves On ne leur dit pas assez qu'au XXIème siècle on fait 4 ou 5 métiers différents dans une vie, grâce à la possibilité de reprendre des études et de faire des choix plus mature que dans la jeunesse.

Décalage et suggestion : l’éducation nationale met 7 ans et des sommes considérables à fabriquer un « bureau virtuel » « maison »  en mobilisant ses services informatiques (bureau virtuel qui n’a toujours pas atteint la communauté éducative de certaines académies)  alors que de petites PME et le Web 2.0 ont rendu opérationnelles des plateformes collaboratives. Suggestion : lancer des appels d’offre auprès de petites PME innovantes moderniserait le système.

Débats participatifs : c'est parti pour la synthèse!

 Le meilleur moyen de porter un jugement sur les débats  participatifs...c'est d'y participer!

Vous êtes invités au premier bilan de campagne parisien le lundi 29 janvier 2007 de 19h à 23 h au FIAP,  30 rue cabanis, métro saint-Jacques ou Glacière.

Prochain débat dans le 18ème : Mardi 30 à 20h30 à la salle de l'indépendance, 48 rue duhesme.
    Débat sur "L'excellence environnementale est-elle compatible avec
    la croissance et l'emploi ?".
Invités : Magali Vergnet, délégué nationale du PS au développement durable
Jean-Claude Andréini, Chef d'entreprise, président du BURGEAP et du club 
ADEME International (membre de JBC)
M.Gossement, porte parole de France nature environnement
Jean-Pierre Caffet, sénateur, adjoint au maire de Paris en charge de
 l'urbanisme.

Plutôt que faire un compte-rendu du Débat participatif sur l'éducation organisé le jeudi 25 janvier dans le 18ème arrondissement à Paris. j'émets quelques susggestions qui font suite au débat. Chaque participant, selon une méthode bien connue dans l'entreprise, était invité à prendre la parole ou émettre une idée via un post it distibué à l'entrée. Débat animé, comme toujours quand il s'agit d'éducation, avec plus de 150 participants et des interventions tranchées. Le nuage de post it se disséminera-t-il dans la synthèse? A la sortie, les militants faisaient en tout cas avec une grande conscience professionnelle participer les personnes présentes en leur demandant de laisser par écrit leurs suggestions et entamaient déjà la synthèse.

Sur le site desirsdavenir, introductionà la problématique : "Notre système éducatif ne remplit plus sa promesse d’égalité républicaine : près d’un jeune sur cinq le quitte sans diplôme ou qualification reconnus. L’égalité des chances est pour partie un leurre et la ségrégation scolaire aggrave les ségrégations sociales et spatiales.'
Source : http://www.desirsdavenir.org/debats/index.php?105

Voir billet suivant pour suggestions et propositions

 

 

 

vendredi, décembre 22 2006

La Ménagère a dit...


Source : site Paris d'avenir

Contre le tabou de l'euro en politique et sur la "vie chère" :
Rebondissant sur l'un des commentaires (fp) du forum participatif Paris dont le thème était  "la vie chère" LA MENAGERE A DIT :

"L'alimentation : elle avait pris une place moins importante dans le budget total, mais on multiplie les campagnes prônant la consommation de fruits et légumes frais, ou de pains complets et autres,dont les prix s'envolent."
Je rebondis sur ce ce commentaire de fp pour parler du TABOU DE L'EURO, qui est le mensonge politique le plus évident : bien sûr que l'arrivée de l'euro a pourri la vie des européens (Italiens, par exemple), et que l'Europe aurait pu anticiper, prendre des mesures, protéger, au lieu du laisser-faire liberaliste. Que faire maintenant pour faire baisser les prix de la "vie chère" au quotidien? Que fait l'Europe?"

En savoir plus sur les forums participatifs :

A STRASBOURG sur Ségolène TV :

 http://www.segolene.tv/index.php?name=segolene-alsace

A PARIS : http://www.segoleneparis.fr/