- respect et honneur aux boulogne boys ! 1 grande pensé a la viktim du bambou armé é assassin! ACAB !

- lol honte aux fachos de boulogne ! tu trouve ça normal peut etre que depuis le temps qu'o sait qui ya des fachos au parc que vos dirigent n'aient rien fait pour faire le menage

- toonshape t'es partout toi sale cafard,tu fous ta merde partout sale bolos,j'espere que ta pute de mere se fera egorger sous peu que tu puisse comprendre l'ampleur d'un tel drame...tocard.

ACAB, c'est-à-dire "All Cops are Bastards", mais il y a pire que l'insulte, il y a ce sens de "l'honneur" qui fait qu'on tue pour un regard croisé, pour un drapeau agité, tout ce qui porte atteinte à cet honneur perverti qui tient lieu d'identité aux boys bands. L'"honneur" d'une soeur qu'il faut défendre, l'honneur du clan, du groupe, de la famille.  "Honneur" fait partie des tags sur les blogs que nous dévoile FOOT: DRAME ET XÉNOPHOBIE de John-Paul Lepers http://johnpaullepers.blogs.com/john_paul_lepers_leblog/2006/11/images_psg.html

comporte des vidéos et des liens sur des blogs de supporters et permet d’apprécier le langage des blogs des supporters. Voilà les tags d’une URL sur laquelle je ne ferai pas de lien, pour éviter la dissémination de la violence et qui propose un choix de vidéos de bagarres : « arabe arabes bagarre barbare black blanc comique courage délire entrainement fight figt foot football hooligan médecin maroc marocain marrant noir ridicule rire sketch skinhead vaillance vieux white ».

Le commentaire de Fred le confirme : « Le nombre de vidéos mises en ligne est affolante. Scenes de stades hystériques, batailles rangées de rue, ultra violence,... Les liens avec l'extrême droite dure ou les mouvement identitaires sont aussi assumés. Il existe un site "référence" pour les parisiens "hooligans", revendiqués et assumés comme tels. http://www.pariscasuals.com/. Et force est de constater qu'on est loin du supporter de la buvette à papa. Ce site est d'ailleurs amené à disparaitre au vu des derniers évènements. Pour réapparaitre ailleurs... »

Sur ce site des témoignages : « present hier soir. A la sortie du parc on peut sentir la tension. Proche du bar le princes qlq bagares, le groupe parisiens(si on peut apler ca un groupe), part en direction du rond point de st cloud et la un groupe de 5-6 juifs passent avec un sourir en coin et ce fout de la gueule des parisiens, bagarres a 6 contre 6 mais pas plus donc stop les delires de 150 contre 1. Ensuite ba le mec (policier) sort de nul part prendre un des juifs qui été mal mené, puis il part tombe etc.... et puis ba la bavure, aucune somation rien il tire directe(pas de brassard police sur lui). »

Ainsi la défaite, inhérente au sport, n’est plus tolérée, et surtout pas quand il s’agit de la victoire d’une équipe israélienne, de « juifs ». La défaite n’est pas vécue comme l’aboutissement possible d’un match mais comme une humiliation par ceux qui avaient compté sur la victoire (pour donner un peu d’éclat et de sens à leur vie ?) : « L'humiliation subie par notre équipe » « Les gens sont à cran, d'autant + que l'on s'est fait humilier par notre équipe, une fois de + (après Haïfa...). »  L’humiliation est une expression qui revient souvent comme étant à la base des faits. Et aussi la haine entre bandes: haine entre « Boulogne boys » et « Tigris ». La rubrique « reports » du site http://www.pariscasuals.com fait état des cognes et bagarres annoncées à chaque match en France et à l’étranger. Sur les blogs on insulte, on invective, on cherche à savoir à qui on a à faire « tu serais pas 1 feuj ? ». On ne dit plus un mec, mais « un juif », « un black », « un blanc ». Il y a un racisme anti-blanc comme il y a un racisme anti-arabe.

On sait comment raconter les faits, mais on ne sait pas comment les expliquer. Comment vient la haine de l’autre. Comment une vie peut être vacante au point d’avoir besoin de la haine pour la remplir, constituer une occupation valide et incarner « la banalité du mal ». J’ai trouvé un début de réponse dans les premières pages de « Considérations morales » d’Hannah Arendt. Elle  parle  du procès d’Eichmann qu’elle relatait à Jérusalem : « Aussi monstrueux qu’aient été les faits, l’agent n’était ni monstrueux ni démoniaque, et la seule caractéristique décelable dans son passé comme dans son comportement durant le procès et l’interrogatoire de police était un fait négatif : ce n’était pas la stupidité mais une curieuse et authentique inaptitude à penser . Il fonctionnait dans son rôle de grand criminel de guerre aussi bien que sous le régime nazi ; il n’avait pas la moindre difficulté à accepter un système de règles absolument différent. »

Pour le plus grand nombre, suivre la règle, le code, tient lieu d’armature, code du sport, code de la bande, code des marques, code de l’administration. « Les clichés, les phrases toutes faites, l’adhésion à des codes d’expression ou de conduites conventionnels ou standardisés, ont socialement la fonction reconnue de nous protéger de la réalité, de cette exigence de pensée que les événements et les faits éveillent en vertu de leur existence. »

Prenez une éducation formatée, qui se préoccupe en vain d’une utopique « égalité des chances » et non d’amener chacun à la conscience et à la pensée, répandez un critère universel de réussite sociale, l’argent, avec ses modèles de gagneurs, les sportifs riches et célèbres, et on aura le fondement des racines du mal.  Dès lors qu’une fraction de la jeunesse est dissuadée de penser, elle adoptera les premiers codes à portée de la main, qui donneront un sens à sa vie, en faisant l’impasse sur l’exigence de la pensée. Comme Eichmann adopte le code du régime nazi, faute de s’être forgé une pensée critique, les supporters et les héros des faits divers adoptent le code et le langage de la haine et du racisme, mais ils auraient pu aussi bien en adopter d’autres, s’ils s’étaient trouvés sur leur chemin. La capacité à penser par eux-mêmes, distincte de la connaissance et du savoir ne semble pas avoir fait partie des exercices exigés dans leur éducation.

 Et ici il faut rendre hommage aux tentatives d’universités populaires comme celles de la Maison Populaires à Montreuil dont le séminaire de philosophie "Ce qui force à penser » s’achève le mardi 28 novembre avec « Ici et là », les formes de la conscience à l’époque de la reproduction (3/3) « Pierre-Damien Huyghe, professeur à l’Université de Paris I

Suivra :

Emmanuel Levinas : l’hospitalité, la différence sexuelle et l’animalité
mardis 19 décembre 2006, 9 et 23 janvier 2007 à 20 h
par Paulette Kayser, docteur en philosophie à l’université de Paris VIII
Dernière publication : Emmanuel Levinas : la trace du féminin, éd. PUF, 2000 

http://www.maisonpop.net/rubrique.php3?id_rubrique=11