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« Vous et moi »

« You and I together we are going to change this country and we are going to change the world. » Vous et moi allons changer ce pays et allons changer le monde »

« Vous et moi » : d'emblée Barack Obama a associé dans son discours de candidat en 2008 ses électeurs au changement. Copié et même singé pendant la campagne présidentielle par les candidats, le modèle participatif d'Obama qui a su utiliser les nouveaux modèles issus d'Internet n'a pas encore trouvé sa place dans la gouvernance politique au quotidien. La participation, fera-t-elle partie de la vie politique?   François Hollande a bien su associer ses électeurs à sa campagne présidentielle mais les associera-il à sa gouvernance de président et comment?

 Sur un plan politique, l’idée d’une délégation ou d’une représentation de pouvoir n’a plus de sens pour nos contemporains, et ceux qui en doutent encore font régulièrement l’expérience douloureuse de l’abstention massive." ("Imaginaire social et innovation participative" Stéphane Hugon

Ce constat de l'obsolescence d'une forme de gouvernance n'est jamais fait par les centaines d'analystes conviés sur les chaines de télévision, qu'elles soient publiques ou privées. On a très peu entendu la parole citoyenne même sur la chaîne « parlementaire » dont le rôle pourrait être de compenser ce déficit d'expression publique. Et pourtant "

"C’est la mort du spécialiste, de l’ingénieur minutieux, du savant fou, ou du despote éclairé qui sait ce qui est bon pour nous."

« Il n’est désormais plus un espace social qui ne soit impacté par les transformations des modèles de l’innovation — pensons au politique, avec le modèle Obama —, jusqu’à des processus d’innovation scientifiques ou industriels — crowdsourcing, RSE, wiki et autres open hardware, en passant par les fonctions marketing ou RH, qui vont ménager une place au consommateur/collaborateur comme elles ne l’ont probablement jamais fait. »

Le site et magazine Eranos rappelle la montée de la participation dont les marques ont su tenir compte dans leur stratégie de marketing, mais très insuffisamment les politiques.

A quand l'innovation sociale?

 Une règle d’or de l’Internet est qu’il y aura toujours plus de compétence dans l’ensemble d’un réseau ouvert qu’il ne peut y en avoir dans le cerveau d’un seul développeur, fût-il le meilleur du moment. »

Ce qui a été vrai pour l'essor du logiciel libre ou les usages qui se sont mondialement répandus sur les réseaux devrait l'être pour les décisions politiques. Décider au sommet et à l'emporte pièce n'est plus tolérable pour les citoyens qui ne peuvent plus être seulement des consommateurs de politique dont il faudrait faire des citoyens/collaborateurs, à l'image des consommateurs/collaborateurs. L'innovation ne se décrète pas, elle s'adopte par et se propage avec les consommateurs. L'innovation sociale  et le design thinking sont bien connus des sociologues de pointe, comme Dominique Cardon l'un des premiers à analyser « l'innovation ascendante » et à en déduire l'impact politique. Cet impact n'a pas encore réussi à bouleverser le monde de la politique comme il a bouleversé le monde des médias.

Nous sommes dans un moment charnière où, plutôt que d’opposer en chiens de faïence les professionnels de l’information et de la politique, d’une part, et les internautes, amateurs et citoyens, de l’autre, nous devons explorer les interdépendances qui sont en train de se constituer entre ces deux mondes. » 

La participation, gouvernance du futur?

Trop de décisions et pas assez de consultation : la gouvernance 2007-2012 a montré les limites d'un système de gouvernance fondé sur la seule représentation, loin du terrain. La participation doit trouver sa place en politique, dans une alliance réelle avec la représentation. Le consommateur/collaborateur est mûr pour une gouvernance participative qui ferait des citoyens des collaborateurs des décisionnaires politiques et européens. Moins technocratique, plus proche du terrain, elle évitera bien des maux de la politique : les lois parachutées et mal ficelées, les tours d'ivoire dont l'Europe est un modèle, les décisions hâtives, les déclarations intempestives, les engagements financiers régionaux qui ne visent qu'à l'auto-proclamation des élus ou à maintenir des baronnies. Inventer de nouveaux liens entre élus et citoyens pourrait être la forme de gouvernance du futur.