Les élections législatives sont peut-être plus encore que les élections présidentielles, l'occasion de mesurer la cruauté inhérente à l'ambition politique. Une première constatation : il y a bien une logique dans ce vote de premier tour en faveur de la gauche, et les électeurs n'entendent pas renier leur vote présidentiel. Deuxième constation : le flou est difficilement accepté par les électeurs. Exit Rama Yade qui a après avoir opté pour le Parti radical a finalement soutenu à la dernière minute Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles pour finalement revenir faire campagne auprès de Jean-louis Borloo, de moins en moins convaincant. Très menacé François Bayrou, isolé, dont le parti MoDem a prouvé d'année en année son inexistence. "Il aurait mieux valu qu'il garde sa langue", dit-un homme de son village. Exit en très grand nombre les candidats qui se sont présentés avec une étiquette floue « divers droite ».

Enfin, cruelle législatives, les égos ne sont pas épargnés, la popularité ne sert plus Ségolène Royal, et la fougue n'aura pas suffit à Jean-Luc Mélenchon. Cruel aussi de voir des élus locaux qui font du bon boulot sur le terrain mais n'ont pas été choisis comme candidat par leur parti être éliminés dès le premier tour. En politique, on gagne ou on perd.