"L'effort pour rendre l'autre fou" ou le "meurtre psychologique"

Le "justiciable", le citoyen forcé d'aller en justice, qui dès le départ est d'accord pour une médiation, un accord amiable dans le cas d'une succession ou d'un divorce, ne voit que très rarement sa bonne volonté récompensée par des dommages et intérêts conséquents si la partie adverse continue à se montrer belliqueuse et si les procédures perdurent contre son gré. Contrairement aux usages anglo-saxons, où « l'effort pour rendre l'autre fou »selon l'expression du célèbre psychanalyste américain Harold Searles, et la cruauté mentale sont sanctionnés, et où les avocats obtiennent des dommages et intérêts substantiels . Dans son ouvrage culte « L'effort pour rendre l'autre fou » Harold Searles démontre que « L’individu devient schizophrénique, en partie, à cause d’un effort continu – largement ou totalement inconscient – de la ou des personnes importantes de son entourage pour le rendre fou. » 

Oui, c'est exactement cela que peut ressentir le "justiciable" qui doit demeurer des années sous le coup de la haine et de la vengeance de l'autre, l'impression de « devenir fou ». L'impression de ne plus pouvoir être lui-même comme avant. L'impression de ne plus pouvoir être sociable ni aimable ni normal. C'est une mort morale et sociale que vivent parfois certains justiciables épuisés par des années de combat en Justice. « L’effort pour rendre l’autre fou peut consister, avant tout autre chose, en l’équivalent psychologique du meurtre; il peut, en effet, représenter essentiellement une tentative de destruction de l’autre. » Ce « meurtre psychologique,» la justice française le reconnaît rarement et le dédommage encore plus rarement. Il est temps qu'une réforme de la Justice le prenne en compte, et mette aussi en place des sanctions dissuasives contre les procédures abusives.

L'amende civile actuelle plafonnée apparemment à 3000 euros semble bien faible au regard du temps et des moyens mobilisés par la Justice.