Hausse des impôts ou baisse d'indemnités des élus ? Populisme ou réaction logique ?

La réponse à l'annonce de l'augmentation de 1% des impôts locaux par l'équipe municipale du Mans suscite une réaction sous forme de pétition: « Hausse des impôts au Mans ? ... Baisse des indemnités des élus ! » (http://www.mesopinions.com/fr) Dépenses publiques jugées indispensables par les élus locaux financées par plus d'impôts : voilà qui devient de plus en plus intolérable aux yeux des habitants. Les indemnités cumulées des élus tournent autour de 9000 euros mensuels –plus d'information voir le blog de René Dosière - grâce souvent au cumul des mandats,– alors que le plafond de ressources des retraités indiqué par la loi Fillon 2010 sur la réforme des retraites est de 1050 euros mensuels de ressources cumulées, sinon, coupe sombre du minimum contributif qui était versé jusqu'en 2012. C'est en rapprochant ces deux chiffres que s'accentue l'impression d'une France divisée en deux, celle des élites soucieux de conserver cumuls et avantages qui vont avec et celle des français sommés de subir des coupes dans leur budget quotidien. Face à des priorités et des décisions auxquelles ils participent de moins en moins, ils sont de plus en plus nombreux à considérer le lien de confiance est rompu. "Est-ce moral d'exiger des français ce qu'ils ne s'appliquent pas?" dit un commentaire.


« Les premiers paradis fiscaux ce sont l' assemblée nationale et le sénat » (commentaire en ligne suite à l'émission C dans l'air)

source image : plages de rêve http://www.tuxboard.com

L'exaspération des français vient très clairement que se dessine de plus en plus clairement une France de privilégiés dont les politiques feraient partie, et une France de sous-citoyens classe moyenne condamnée à subir les décisions sans participer à la concertation, puisque le referendum est ...perdu de vue. Le "mariage pour tous" qui figurait en deux lignes p 31 du programme de François Hollande candidat est devenue une priorité sociétale de François Hollande Président provoquant les remous qu'on sait. Le non cumul des mandats dont le rapport Jospin commandé en début de mandat et souhaité par la majorité des Français est reculé en 2017 provoquant l'indignation dans les commentaires sur les réseaux.

Ainsi ce commentaire d'elise89 suite à l'émission C dans l'air sur France 5: « vu d'un citoyen qui gagne le 1200 euros/mois, les premiers paradis fiscaux ce sont l' assemblée nationale et le sénat avec les avantages que leurs membres de tous les bords se sont votés . Est ce moral, d'exiger des français, ce qu'ils ne s'appliquent pas ? Frais de déplacements non justifiés, durée de cotisations de retraite minime, etc... »

Les élus ralentissent-ils significativement la dépense publique?

Un peu pris au hasard, comme exemple ce graphique des dépenses locales du site du Conseil général de l'Yonne qui a le mérite de la transparence  http://www.cg89.fr/Le-Conseil-General/Budget-2013. Les élus ont de bonne foi l'impression qu'il faut continuer comme avant ou presque  avec l'impression d'agir pour le bien public. «  En dépit de ce contexte défavorable, les élus ont souhaité que le territoire et ses habitants ne soient pas pénalisés et privés d’infrastructures et d’actions d’animation. » Continuent à être qualifiés d'incontournables les parkings des petits villages, salles des fêtes redondantes, parcs naturels aux 40 chargés de mission, gendarmeries neuves (pourquoi?) clochers d'églises etc. Et c'est tout le problème : chaque élu aura à coeur de prouver que les dépenses sociales ou d'aménagement du territoire restent à leurs yeux indispensables ...quitte à augmenter les impôts locaux de leurs habitants. L'incapacité  de remettre en cause "le système" pour « penser hors de la boîte »,  selon l'expression anglo-saxonne explique sans doute en partie la progression inexorable des dépenses publiques.

Source image : Conseil général de l'Yonne http://www.cg89.fr/Le-Conseil-General/Budget-2013 qu'on peut féliciter pour son souci de transparence.

Chaque politique regroupe l’ensemble des dépenses s’y rapportant ainsi que les dépenses du personnel départemental concourant à sa mise en œuvre.