Débat au Cube sur le thème PARTAGER

"L’économie du partage est en outre fort intéressante parce qu’elle privilégie des échanges de nature nouvelle, qui permettent à l’usager de sortir de cette approche de consommateur que nous avons héritée du 20èmesiècle."
Ce n'est pas un homme politique qui parle ce langage que tout le monde attend, mais Carlos Moreno, Professeur des Universités, et expert de la ville intelligente. PARTAGER est le thème de la revue en ligne du CUBE # 6 http://www.cuberevue.com/, « création et société numérique ». Un e-book de cette série d'articles qui donnent les clefs du présent et du futur est prévu.

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Sur le site du Cube on peut revoir le débat les points de vue exprimés par Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen, co-fondateur et porte parole de l’ONG Colibris-Mouvement pour la Terre et l’HumanismeSylvain Kern, entrepreneur et fondateur de la Cité de la RéussiteHortense Gauthier / HP Process, artiste transmedia, directrice de Databaz, centre d’art expérimental à Angoulême.

Comme le formule Niels Aziosmanoff, président du Cube, centre de création numérique, « Après un voyage de deux cent mille ans, l’homo sapiens s’apprête à rencontrer son successeur dans la grande chaîne de l’évolution. » Un message qui devrait enthousiasmer la planète, mais curieusement le monde politique se refuse à entrer dans ce XXIème siècle. Partout en Europe ou presque on parle et encore de « crise » de « croissance », de « courbe du chômage », plutôt que d'employer un vocabulaire tonique et tourné vers l'avenir : monde en mutation, nouveau paradigme, tout ce qui est en marche depuis l'invention d'Internet, de l'intelligence artificielle, et des objets connectés. Dire que ce n'est pas une « crise » dont on verrait un jour la fin, mais un monde nouveau qui se profile. « Empathie, altruisme, partage, innovation sociale et co-créativité sont les forces vives d’une nouvelle nation transfrontalière » écrit encore Niels Aziosmanoff dans son édito. Voilà qui est loin de l'Europe telle qu'elle est et telle devenue et que les citoyens français refusent largement. Non par désintérêt, mais pour marquer leur désapprobation face à un déficit de démocratie. Informés ou pas sur l'imminence d'un nouveau monde, les citoyens sentent bien que l'ancien monde a vécu, et que l'Europe fait partie de cet archaïsme si elle continue à les tenir en dehors des décisions qui les concernent les citoyens européens.

Innover : les citoyens n'attendent plus les politiques

La nouveauté c'est que les citoyens n'attendent plus le monde politique. Ils innovent : de « l'habitat participatif » au partage d'appartement, de l'économie collaborative à l'écologie au quotidien, du crowdfunding à l'échange, ce sont dix mille initiatives qui ne sont pas aidées par les pouvoirs publics et qui rencontrent le succès, parfois même la fortune. Aujourd'hui si tant de français s'exilent, c'est parce qu'il ont pour interlocuteur une administration dont l'objectif a toujours été de conserver, et qui ne semble pas sur le terrain bousculée par le « choc de simplification » annoncé. L'administration fiscale a su se réformer et les français ont adopté la déclaration en ligne. Pourquoi l'éducation nationale ne peut en faire autant, alors que tant d'enseignants innovent? Le Cube a d'ailleurs su nouer très tôt des partenariats avec le monde éducatif incitant à l'usage du multimédia que semble découvrir chaque nouveau Ministre de l'éducation nommé. Les enseignants et inspecteurs avertis utilisent le numérique dès l'arrivée de l'Internet en France -quand l'administration centrale n'en était pas encore informée, péché suprême, et leur barrait la route. En vain : François Jarraud a fondé le Café Pédagogique en se fondant sur une communauté d'enseignants. Autrefois combattu, il est aujourd'hui enfin admis par les instances officielles et est devenu journaliste. A la question « Comment gérer le changement?" Le Café Pédagogique cite Emmanuel Davidenkoff sur France Inter. «  "Passer d'une logique de top down à une logique bottom up". C'est comme cela qu'on peut réellement impulser le changement dans l'éducation nationale ». « Et pourtant elle tourne » disait Galilée en parlant de la planète terre, Galilée forcé de se renier, pour ne pas être accusé d 'hérésie. L'arrivée du numérique permet d'affirmer ses convictions et de les vivre sans en référer à la hiérarchie.

Participer

« Un laboratoire planétaire maillant de multiples initiatives, pour co créer, cultiver et polliniser les bonnes pratiques, et distribuer les fruits abondants de l’intelligence collective ». L'utopie proche décrite par Niels Aziosmanoff, c'est ce qu'a inventé le philosophe Pierre Levy. Il propose « Une mémoire numérique participative »...mais du Canada où il a du s'exiler puisqu'on lui a offert une chaire d'intelligence collective à l'Université d'Ottawa. Une équipe d'ingénieurs travaille à une application qui partage, non des amis plus ou moins proches, mais un écosystème qui regroupe des affinités électives à travers le monde. Un condensé de penseurs et d'innovateurs dispersés réunis grâce aux algorithmes, ce devrait être enthousiasmant...et ça l'est pour ceux qui suivent depuis longtemps de précurseur de l'intelligence collective. Mais qui va le soutenir en France ? La question reste ouverte.

Ouishare Fest 2014 était présent à la Foire de Paris sous la pluie pour annoncer sa manifestation annuelle du 5 au 7 mai, qui affichait complet mais qu'on pouvait suivre en livesur le site. « D'une société égocentrique à une societé eco-centrique, super conférence » l'un un des tweets les plus populaires « @tomasdelara ) ou encore «Les communautés collaboratives, objet sociologique non identifié". Avec des intervenants pionniers, comme Rachel Botsman, un des auteurs phares, avec laquelle nous avions déjà fait connaissance  il y a plusieurs mois dans l'article de la Ménagère consacré à l'économie collaborative. Fréderic Taddéï semble être l'un des seuls journalistes à penser « hors de la boîte », l'un des seuls médias classique à mettre en débat l'ancienne et nouvelle économie dans un récent « Ce soir ou jamais » sur France 2. Le thème de l'émission du était «Qui est propriétaire de quoi ? La propriété mise à mal dans tous les domaines ».  Invitée, Diana Filippova égérie de la nouvelle économie collaborative et l'une connectrices de Ouishare Paris a commence à faire passer le message au grand public.

L'essor du « co », du co-working au copass

Sur les réseaux, cette nouvelle philosophie se dissémine à vitesse grand V comme le blog http://www.imagiter.fr/ qui affiche sa profession de foi : le don et les maison du don comme « portes ouvertes à une nouvelle civilisation ».  « Faire connaître, dans le plus de domaines possibles, tout ce qui n'attire pas le main stream. Qui, pourtant, fait beaucoup pour les nouvelles façons de raisonner, de ressentir, de voir, d'écouter ou d'analyser - et dont le manque nous est cruel. Et, surtout, ces esprits synthétiques, quasiment en voie de disparition, qui nous rappellent que penser c'est agir, que les connaissances c'est pour faire connaissance. Ou que les plus grandes sensualités restent de goûter les saveurs des savoirs »

Certes après le co-working on voit se multiplier les « co » : copass l'un des lauréats du Ouishare, "co-art" et "co-créer", le préfixe « co » est porteur, en passe de devenir tendance et sans doute doit on rester vigilant. A remarquer parmi les lauréats de Ouishare, "SYMBA IDF est la monnaie destinée aux organisations symbiotiques (entreprises, associations…) d’Île de France pour relocaliser l’économie, créer des échanges vertueux et développer la richesse économique, sociale, environnementale et culturelle du territoire."  Les AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne ) ses sont organisés partout et leur offre, une alternative aux « hard discount ».  L'économie sociale et solidaire se répand, avec de nouveaux actionnaires qui sont des citoyens ordinaires qui ont fait le choix de prendre une part financière dans un projet de proximité. Dans le Perche, Ecopertica a démontré sa capacité de financement participatif et son savoir-faire en matière d'éco-construction avec les produits locaux, chanvre, chaux, bois des forêts. Des agriculteurs pionniers en "bio" dans la discrétion sont les nouveaux héros : Roland et Marie-Odile Ouy, agriculteurs bio, éleveurs, à Nocé (61) ont à la fois la philosophie et la pratique, des jeunes fils à long catogan qui ressemblent à des acteurs de Twilight, et font des études d'ingénieurs en agriculture à l'Esitpa. Une image innovante de l'agriculture : ils font l'objet d'un film projeté le 13 mai au Rex de Nogent-le-Rotrou : "Naturellement" de Patricia Jouvencel. Ci-contre La Ferme des Ouy.

Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen est aussi l'un des fondateurs de Colibris, la révolution douce qui prône « coopérer pour changer » mentionnait lors du débat au Cube que le bénévolat était en augmentation en France. Il y a donc de la place pour le partage traditionnel et les nouvelles formes de partage. Et une forme d'espoir auquel le monde politique ferait bien de s'intéresser.                                                                                                                                                                                      

Articles cités sur http://www.cuberevue.com/,                                                                                                                                             

Edito #6 : Partager

Nils Aziosmanoff président du Cube

http://www.cuberevue.com/edito-6-partager/3038

Le partage, une notion au cœur de la ville de demain

Carlos Moreno Professeur des Universités, scientifique, spécialiste de la Smart City

http://www.cuberevue.com/partage-notion-au-coeur-ville-demain/3356

Une mémoire numérique participative

Janique Laudouar directrice éditoriale Web

http://www.cuberevue.com/memoire-numerique-participative/3375


Prochainement: Rendez-vous du Futur spécial "Forum Changer d'Ère"

Dans le cadre du partenariat exceptionnel avec le forum "Changer d'Ère", émission live Les Rendez-vous du Futur

Le jeudi 22 mai 14 19h30 - 21h Tarif : Entrée libre Public : Tout public