Le blog de la ménagère

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lundi, avril 15 2019

Merci, les Gilets Jaunes !

La parole libérée

A quelques heures de la prise de parole d'Emmanuel Macron pour conclure le Grand Débat ce lundi 15 avril (annulée à cause de l'incendie de Notre-Dame de Paris) et quel que soit son propos et les propositions, on regrette qu'il n'ait pas eu au départ du mouvement un élan d'empathie spontanée,  "Gilets Jaunes, je vous ai compris !" face à cette parole libérée. 

En libérant la parole, leur parole, les Gilets Jaunes ont libéré la France. Une France corsetée dans ses habitudes (ne pas trop en changer),  une France compassée dans un capitalisme rigide, dans une foi immodérée en l'économie, un système politique archaïque. Merci, les Gilets Jaunes!

La culture des ronds-points : on se parle, c'est "la famille"

Une trouvaille visuelle, ce Gilet Jaune, un point de ralliement inattendu, dans des lieux souvent ingrats, péages, ronds-points devenus lieux de fraternité. Comme l'a souligné  François Ruffin.dans son film sur les Gilets Jaunes actuellement projeté "J'veux du soleil !", trop de gens étaient  condamnés  non seulement à des fins de mois difficiles, mais à une "dégradation esthétique" avec pour paysage quotidien les enseignes des grandes surfaces, les postes à essence, les toits en tôle, les péages d'autoroute. Par ces naïves cabanes improvisées, palettes de chantier, barbecues, chaleur humaine, par ces partages,  les Gilets Jaunes ont donné naissance à une culture à préserver : la culture des ronds-points.  Où on dit les choses comme elles sont , avec les mots qu'on a, qui ne sont pas les mêmes que ceux des médias et des ministres. Moi, j'ai noté beaucoup de bon sens, de sagesse, j'ai rencontré beaucoup de belles personnes, de femmes qui s'exprimaient clairement, à l'image de celle par qui tout a commencé, Priscilla Ludosky. 

"Fraternité" le mot prend tout son sens. Les ronds-points ont permis de se faire des amis et plus si affinités, de trouver un emploi surtout de ne plus se sentir seul. "La Famille" pour parler comme Jérôme Rodrigues, ce n'est pas un vain mot, c'est une solidarité qui s'est forgé en découvrant qu'on avait la même vie, les mêmes problèmes, les mêmes espoirs aussi. Formidable renouveau d'intérêt pour la politique de ces Gilets Jaunes et citoyens sympathisants qui tout à coup "ne veulent plus subir" mais  comprendre comment leur pays marche  et pourrait mieux marcher. "Le vrai partage, c'est maintenant. Jaune et visible" clame le dos du Gilet. Ils veulent rester visibles, ces ex-invisibles. 

La prise de parole d'Emmanuel Macron pour conclure le Grand Débat ce lundi 15 avril ayant été annulée, il peut encore la modifier.  Quel que soit son propos  et ses propositions, on regrette qu'il n'ait pas eu un élan de sympathie spontanée pour son "peuple", "Gilets. on pourra lire utilement l'article  "Les langues de l'intelligence collective : parlez-vous la langue de la multitude?" que vient de publier Baptiste Millet sur le site de Bluenove un des analystes du Débat. Cette crise de la parole, et de la difficulté à se faire comprendre et à comprendre, la langue n'étant pas pas la même, a été identifie par le sociologue Bruno Latour "des muets s'adressant à des sourds" (...) Le sentiment de désespoir vient de ce double blocage  à l'émission comme à la réception" et largement explicitée dans ses publications, notamment dans l'article  "A la recherche de l'hétéronomie politique, les nouveaux Cahiers de doléance" (Esprit) . Il va falloir pourtant les comprendre, ces "paroles de français".

Paroles de français : "être acteurs et pilotes de notre vie de citoyen"

Des revendications/propositions des Gilets Jaunes recoupent souvent celles des citoyens

 Le Grand Débat, auquel ils ont peu participé, c'est pourtant  grâce à eux, Gilets Jaunes, qui ont commencé à formuler des revendications,  très tôt, contrairement  à ce qu'on peut lire. Dès le 1 er décembre on en a parlé dans les ronds-points, de la démocratie, avec une fixette sur le RIC c'est vrai ! Mais les revendications n'ont jamais été floues, elles sont retravaillées en collectif et assemblées et formulées dans les groupes Facebook et sur les plateaux télé. La volonté de participer a donné lieu à un thème du Grand Débat "Démocratie et Citoyenneté".  Comme l'ont formulé si bien les citoyens tirés au sort qui ont élaboré les propositions  finales du Grand Débat, l'idée qui resurgit est bien "être acteurs et pilotes de notre vie de citoyen" ou encore "Mise en place de consultation citoyenne". A Dijon j'ai suivi,  envoyée par l'Observatoire des Débats une de ces Conférences Citoyennes Régionales, munie d'une grille d'observation commune à tous les observateurs,  et j'ai été bluffée par la motivation  de ces citoyens lambda, une centaine de citoyens tirés au sort par téléphone réunis dans un gymnase -au froid ! - dont la moitié  était sympathisants Gilets Jaunes. Sociologiquement  : retraités bien sur, infirmière, fonctionnaire territorial, ancien maire, agriculteur. C'est de ces professions que devrait être composée notre Assemblée nationale. L'Observatoire des Débats est une initiative citoyenne indépendante  lancée fin janvier 2019 composée de groupes  de chercheurs  dont on trouvera le détail sur le site. ils viennent de publier un communiqué suite au travail d'observation en cours. Pour les observateurs dit le communiqué https://observdebats.hypotheses.org "la fin du Grand Débat marque une étape cruciale du mouvement politique singulier ouvert par les Gilets Jaunes. "  Démocratie ouverte un des premiers mouvements "Civic tech" vient de re-proposer au gouvernement sous renom de Gilets Citoyens une "assemblée de citoyens tirés au sort visant à transformer les revendications issues du Grand Débat et du Vrai Débat en solutions opérationnelles à soumettre par referendum à l'ensemble des français". Soutenue par Priscilla Ludosky, Cyril Dion, co-réalisateur film "Demain".

Dans la ligne de mire des propositions autour du thème "Organisation de l'état et des collectivités territoriales"  : le millefeuille administratif avec la proposition, par exemple "Suppression d'un échelon territorial (département) pour réduire le millefeuille administratif". Faire des économies, ils sont pour "rendre contraignants  les rapports de la Cour des Comptes" qui ne sont que des "recommandations actuellement "Et ça coûterait zéro euro" ajoute une participant.

Il faut souligner que pour que ces réunions soient efficaces, lest indispensables qu'elles soient encadrées et accompagnées si possible par des professionnels de ce type d'animation, en l'occurrence à Dijon (Missions Publiques entre autres).  En tout cas par des facilitateurs et facilitatrices dont le rôle est de gérer le collectif, d'instaurer des règles et un dispositif précis et minuté.Le post-it avec une simple intention doit devenir à la fin de la concertation une proposition dont la faisabilité  ne peut être mise en doute, "y compris sur le plan légal" ajoute un participant. 

Revaloriser le travail : "Gilet Jaune, quel est votre métier?"  

Sur les ronds-points, pas que de la violence, de la créativité aussi, comme cette Tour Eiffel bâtie par des menuisiers.  Un slogan celui d'un cri de guerre historique des spartiates? 

« Le mouvement des “gilets jaunes” est avant tout une demande de revalorisation du travail » Le sociologue Yann Le Lann, maître de conférence à l'Université de Lille,  a coordonné une enquête sur profil des manifestants : « Ce sont les classes populaires, employés et ouvriers, qui sont sur les barrages » écrit-il dans un article publié par Le Monde.  D'où l'absence du thème du chômage. C'est grâce aux Gilets Jaunes qu'on découvre que tout un système est fait pour décourager de trouver et garder un travail, l'augmentation de la taxe carbone pour des auto-entrepreneurs. ou des emplois services qui font des dizaines de kilomètres par jour, des centaines par mois a été "la goutte d'eau". Du travail, oui, mais trop mal payé par rapport aux allocations chômage, si on ajoute la garde d'enfant et la voiture, peu ou pas de transports en commun en milieu rural. Les Gilets Jaunes ont alerté la France sur quantité de métiers mal payés, des salaires  trop bas.  Les Gilets Jaunes n'ont pas une mentalité d'assistés et d'ailleurs sont parfois agacés par des aides trop facilement attribués sans contrepartie. Certains  gagnent bien leur vie, ouvrier ajusteur pour une grosse entreprise, ou chargé de logistique pour un groupe, mais sont solidaire du mouvement, parce que non, la vie qu'on nous propose n'est pas seulement une question d'argent. Travailler sans pouvoir d'achat au bout,  c'est insupportable, surtout quand on vous met sans cesse sous les yeux la consommation comme finalité.

Les députés ont-ils lu les propositions citoyennes ?

Le 9 avril c'est face à une assemblée houleuse qu'Edouard Philippe présentait le Grand Débat. Du chahut mais du beau monde : Marlène Schiappa ravissante en rose avec un chignon de princesse, François Ruffin studieux sur son ordinateur, Delphine Batho, Christian Jacob, Matthieu Orphelin, Adrien Quatennens, et les ministres dans les premiers rangs, Nicole Belloubet, Gérard Darmanin, pour en citer quelques uns. Des absents : les 5 garants du Débat ...et les Gilets Jaunes.  
Et là, stupéfaction . J'attendais que soient plébiscitées ou réfutées des propositions citoyennes précises. Mais du Grand Débat il n'en a été que dès peu question. Les députés ont-ils lu les propositions citoyennes? On peut pourtant en consulter facilement les synthèses! https://granddebat.fr/pages/syntheses-du-grand-debat et 
Les français tirés au sort délibèrent lors d'une Conférence Régionale Citoyenne à Dijon.  Accompagnement par un protocole précis bien étudié. 

"Un mur de défiance entre les français et ceux qui les représentent" 

(Edouard Philippe le 8 avril Assemblée nationale) 

Alors que La République en marche avait (presque) réussi à minimiser les partis politiques dans lesquels les français n'ont plus confiance, ils resurgissent, chacun prenant la parole pour critiquer l'action gouvernementale ou en chanter les louanges. Seul le Premier Ministre semblait avoir une connaissance du sujet  en soulignant 4 points principaux à retenir du Débat, en premier lieu "Un mur de défiance entre les français et ceux qui les représentent" . La défiance  ne diminue pas "au contraire elle progresse"
- "Et les salaires? " Chahut ironique dans la salle.

"Nous devons construire une démocratie délibérative" 

poursuit Edouard Philippe "même si rien ne remplacera la démocratie  représentative". Un peu plus tard Gilles Le Gendre renchérira en affirmant " qu'à l'occasion du Grand Débat la démocratie participative s'est déployée" et il mentionnera "la participation des français à la fabrication de la loi." Ce que la civic tech demande depuis des années. 
"Mettre fin à isolement, l'abandon" est un autre point fort pour Edouard Philippe. "Réconcilier  les territoires avec les métropoles proches".  La création d'une énième commission ou agence, commissions rejetées par les français justement, est-elle vraiment une idée? "Création d'une agence nationale de la cohésion des territoires"  Ah, bon, mais il n'y a pas déjà un Ministère pour s'occuper des territoires? 
La transition écologique bien sur...mais "En matière d'énergie renouvelable il y a un décalage  entre les annonces et la réalité".  Ce que le "terrain a pu constater avec des factures d'électricité qui comportent 40% de taxe et mangent le budget des ménages. 
- dans la salle : "Les français ne veulent pas d'incantation, des actes!  
Les interventions des députés de tout bord suite à cette présentation semblaient si décevantes, étriquées, et si loin du sujet du Grand Débat qu'il est inutile de les retranscrire. C'est aussi l'avis d'Edouard Philippe qui a conclu avec une certaine amertume  que les "paroles de français" étaient des propositions plus imaginatives et constructives  que celles des députés. Démocratie participative, on vous dit !
                                                                                                                                                            Janique Laudouar
  
Merci à Véronique Louwagie députée de l'Orne qui m'a permis d'assister  à cette séance. Elle a instauré dans l'Orne (61), un Conseil de Circonscription  mixant élus et simples citoyens. Efficace. Un exemple à suivre? 
Merci pour leur dynamisme et leur créativité au Groupe "Les Gilets Jaunes d'Alençon" qui ont peaufiné leur revendications et proposent un petit déjeuner et plusieurs rendez-vous cette semaine du lundi 15 avril à Alençon à ceux qui veulent mieux connaître la réflexion collective des Gilets  Jaunes. 

vendredi, janvier 2 2015

Si j'étais présidente …mes voeux 2015

Si j'étais présidente …

Dans un récent article pour la Revue du Cube, j'imagine une « presque fiction » ACTION , une France en 2017 sans gouvernance où les citoyens AGISSENT et se passent très bien des politiques. Il est temps d'appliquer l'analyse de Nils Aziosmanoff dans son éditorial AGIR : «Issues de la révolution numérique, deux puissantes forces œuvrent aux transformations du monde : « les machines qui pensent » et « l’énergie créative de la multitude ». Pour ces premiers jours de l'année, j'imagine une autre fiction « Si j'étais présidente... ». Voilà quel serait mon discours pour les vœux adressés aux français.

                                                                                                                     Janique Laudouar

Ce que j'aurais dit aux français : mes vœux pour 2015.

« Chers compatriotes, je sais que vous êtes en avance, que la société civile va vite, aussi j'ai décidé de vous écouter. Tous les ministres, tous les parlementaires seront en 2015 attentifs à vos initiatives comme à vos propositions. Chaque maire, chaque président de communauté de communes , chaque député, chaque sénateur, tant que ces missions existeront, ouvrira une plate-forme dédiée aux propositions des habitants de leur territoire. Chaque parlementaire répondra à vos remarques et l'Assemblée nationale se saisira en priorité de vos propositions de lois ou de modifications de lois existantes. La vie quotidienne des français sera au centre de mes préoccupations. Permettez-moi d'indiquer des pistes qui vous permettront en 2015 de regarder le futur avec lucidité et d'y faire face.

L'écosystème "Imagination for people" une plateforme qui recense et accompagne les projets de demain,

Une vision à long terme

« Le règne de l’urgence caractérise l’économie actuelle et domine la société dans son ensemble. Or, sans la prise en compte du long terme, la vie de nos contemporains deviendra un enfer. »Jacques Attali Pour une économie positiverapport remis en  2014 à François Hollande

Si j'étais présidente, j'innoverai : j'arrêterai les inaugurations à la René Coty et je passerai davantage de temps à imaginer. J'arrêterai de pensées en terme d'année pour penser en terme de décennies. Bref, j'aurai à cœur de laisser à d'autres les commémorations pour me concentrer sur une vision d'avenir à long terme et anticiper. J'aurai conscience que pour beaucoup de citoyens l'enfer prédit par Jacques Attali est peut-être déjà là...

Plus belle la vie...

« Des citoyens de plus en plus persuadés que les politiques ne s'occupent pas d'eux » 88% des français sont persuadés que les gouvernants ne s'occupent pas de leur préoccupations" Rapport annuel sur l'état de la France en 2014 CESE Conseil Économique Social et Environnemental Publié le : 10/12/2014

Que veulent les français, que voulons-nous ? La réponse est simple : plus belle la vie. Et plus SIMPLE ! Que la vie soit plus belle demain qu'hier, c'était la logique du progrès. Hors aujourd'hui un parfum de nostalgie semble signifier que « c'était mieux avant », qu'avant, il n'y a pas si longtemps, la vie était plus plus libre, plus joyeuse, avec moins de contraintes. Un même cri du cœur réunit les entrepreneurs et les simples citoyens : trop de lois, trop de directives, trop de contraintes. La complexité et l'instabilité juridique et l'archaïsme de certaines administrations alourdit la vie quotidienne des français, qui ont l'impression de vivre dans un océan de dysfonctionnement en perpétuel tsunami juridique.

Démocratie : un Ministère de la Participation 

« En démocratie, il y a toujours une alternative »Daniel Cohn-Bendit Europe 1 02/01/15. 

"À travers le numérique, une génération qui a changé de mentalité apprend à se prendre en main. Elle modifie les règles sans même s’en apercevoir. L’empowerment, c’est la responsabilisation. Les technologies apportent le temps réel, les moyens humains et parfois également financiers. Le citoyen actif veut s’impliquer et non plus déléguer. La réponse ne vient plus d’en haut ». Natacha Quester-Séméon Journaliste, vidéo blogueuse, chroniqueuse radio et entrepreneure, La revue du Cube décembre 2014

 La réponse ne vient plus d'en haut »est une évidence, un constat dont il convient de prendre acte.La participation des citoyens à la gouvernance devient le pivot de la nouvelle démocratie. La politique, c'est VOUS ! « Co-construire les politiques publiques avec les citoyens » devient une urgence. La consultation sera organisée, accompagnée. sera de présenter des solutions alternatives dans tous les domaines de la gouvernance. Nous sortons de trop d'années où on vous présente, chers compatriotes, des solutions uniques, une pensée unique et peu d'alternatives. Le budget de ce nouveau Ministère sera dégagé grâce à la suppression progressive des agences d'état  et autres institutions para-publiques dont le surnombre est acté et dont l'utilité reste à démontrer et Les moyens techniques d'expression citoyenne existent depuis longtemps avec le Web et les réseaux sociaux et ont été sous-estimés .

Vous pouvez encore contribuer par vos commentaires à la consultation en cours https://contribuez.cnnumerique.fr/

Sur le travail : « Le travail va devenir une rareté »

« Le travail salarié, vieux de 200 ans, va disparaître. Le travail en lui-même va devenir une rareté. Faut-il pleurer sa disparition ? Non. Rappelons-nous que, sous Louis XIV, il était interdit de travailler 220 jours par an, à tel point que même les paysans s’en plaignaient. Plus la société s’est sédentarisée, plus il a fallu travailler dur pour survivre, et le travail a été littéralement mythifié. Il est temps de repenser son utilité, à l’instar de Jeremy Rifkin qui prédit « La fin du travail » dans un de ses ouvrages. Il est aussi temps de reconstruire de nouveaux contrats sociaux, car dans la société de la connaissance qui émerge, l’utilisation du capital et son accumulation pourraient être remis en cause.

Nous vivons une période de bascule, de destruction créatrice au sens de Schumpeter, qui va être douloureuse car ces périodes sont celles où il faut tout réinventer. Au lieu de nous lamenter sur la fin des métiers peu qualifiés, au lieu d’interdire les recherches en matière de séquençage du génome, interrogeons-nous sur la société que nous voulons pour 2035 : la Rome antique et ses esclaves, ou une société libérée des notions même de travail et, pourquoi pas, de propriété ? » (Gilles Babinet, digital champion pour l'Europe et entrepreneur dans l'étude l'EY La révolution des métiers)

Le télétravail  et les tiers lieux 

Le télétravail  et les tiers lieux « Le télétravail peut comporter des risques d’isolement pour le salarié. L’une des solutions pour remédier à cet inconvénient consiste à travailler dans un « tiers lieu » entre le bureau et la maison pour y retrouver un collectif de travail, choisi et non subi. » Xavier de Mazenod, fondateur de Zevillage et du télécentre de Boitron, revue Kaizen 11 décembre 2014.

(Ici tiers lieu "LeVillage", Paris et "Mutinerie Village" dans le Perche) deux conceptions d'un lieu pour se réunir, échanger, travailler, se former, inventer...

L'économie 

L'économie numérique

« Le numérique peut être une chance pour la France. La transformation numérique est la chance que la France doit saisir. » (Philippe Lemoine, Rapport Lemoine | président du Forum d'action modernités et président de la Fondation internet nouvelle génération « La nouvelle grammaire du succès - La transformation numérique de l'économie française » - novembre 2014)

En 2015 j'arrêterai de tenir à bout de bras notre veille économie à bout de souffle, comme le conseille Jeremy Rifkin, je tiendrai compte des rapports et ouvrages existants. De nouveaux modèles économiques et organisationnels doivent se substituer à une France pyramidale et hiérarchique qui bride l'innovation émanant « du bas ».

D'autres économies sont possibles 

" Des modèles innovants émergent ainsi et génèrent des richesses à la fois financières et positives, extra-financières. En se fixant d’autres objectifs, notamment sociaux et environnementaux,que celui exclusivement financier, et en les plaçant au même niveau que le profit, ces organisations sont d’ores et déjà des acteurs de l’économie positive." Jacques Attali,  Positive Forum Economy

L'économie sociale et solidaire

Je tiendrai compte de l'essor de l'économie sociale et solidaire et de la volonté des citoyens comme des entreprises de travailler dans un contexte qui a du sens.

L'économie collaborative.

Je connaîtrai le prix de la vie : qui peut prendre un taxi aujourd'hui avec 7 euros au départ du compteur ? Qui peut payer un loyer de 800 euros mensuels ? Je favoriserai l'économie de partage le co-voiturage, l'habitat participatif, je modifierai les règles archaïques des lobbys et des agences d'état dans ces domaines et dans de nombreux autres. Je sais que les français s'organisent pour partager et échanger.

L'économie circulaire

Elle est déjà adoptée par beaucoup d'entre vous et donne lieu à des innovations. « L’économie circulaire est un système économique qui vise à optimiser l’utilisation des ressources naturelles et à réduire les impacts environnementaux de notre production et consommation. Partout en France, des initiatives socialement innovantes répondent à ces objectifs.http://www.lelabo-ess.org/?Economie-circulaire-et-innovation Le recyclage dans de nombreux domaines ont déjà abouti à de belles réussites.

La sobriété heureuse

Dans son essai "Vers la sobriété heureuse" le philosophe agriculteur Pierre Rabhi raconte son parcours : comment dès l'âge de 20 ans "la modernité m'est apparue comme une immense imposture" et encore ""On a le sentiment d'un immense gâchis, qui aurait pu être évité si on avait adopté un modèle de société alliant intelligence et générosité". (Vers la Sobriété heureuse, Actes Sud 2010). C'est pourquoi je ne ferai pas reposer pas la croissance au sens traditionnel du terme comme vision d'avenir. C'est une notion du siècle dernier, je préfère donner de la visibilité aux jeunes start-ups créatives qui font l'économie du XXIème siècle en multipliant l'accès à des financements inventifs. Intelligence collective, partage, imagination, innovation sont des mots plus puissants que "croissance".

Sur l'innovation de rupture

« Quand je parle de la démocratisation de l'innovation, je veux dire que les utilisateurs des produits et des services – firmes et consommateurs individuels – sont de plus en plus capables d'innover par eux-mêmes. » Eric Von Hippel, professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et auteur deDemocratizing Innovation, cité par Dominique Cardon, sociologue et auteur de La démocratie Internet. Promesses et limites, Éditions du Seuil, coll. « La république des idées », 2010.

Je tiendrai compte du fait que les utilisateurs sont aujourd'hui des innovateurs. Chaque région sera tenue de mettre en valeur sous une forme de données dynamique les actions innovantes de la société civile, qu'il s'agisse de particuliers, de chercheurs ou de start-ups, de scientifiques ou d'artistes.

Je tiendrai compte du fait que les utilisateurs sont aujourd'hui des innovateurs. Chaque région sera tenue de mettre en valeur sous une forme de données dynamique les actions innovantes de la société civile, qu'il s'agisse de particuliers, de chercheurs ou de start-ups, de scientifiques ou d'artistes.

Trop d'innovations de rupture ont encore ignorées par nos administrations parce qu'il n'y a pas d'expertise pour les analyser et parce qu'elles viennent bouleverser l'ordre établi. L'administration n'a que trop tendance à rejeter ce qu'elle ne connaît pas et ce qui ne correspond pas aux règles établies, qui datent parfois des années 50 et de l'après -guerre. Chaque Préfet de Région aura une cellule « Innovation » qu'il tiendra à jour, et chaque député aura à recenser les avancées innovantes des citoyens de son territoire, particuliers, association, entreprises, et non des structures institutionnalisées et coûteuses qui ont trop tendance à monopoliser l'innovation et à en accaparer les financements.

Chers compatriotes, je ne peux pas tout développer dans cette courte intervention, et je vous propose de vous recevoir non pas à l'Elysée, mais sur la plate-forme collaborative en ligne où vous serez mes invités. Je vous la promets pour très bientôt en 2015. Et vous savez que je tiens toujours mes promesses...

A suivre...d'autres propositions ...Vous pouvez aussi collaborer à @PoliticMenage

Source image en tête de l'article :  Source image :http://www.syrobo.org  Veronique-Syrobo le 17 03 2014

dimanche, novembre 2 2014

La Région Centre donne de la visibilité à l'économie solidaire.

Source illustration : affiche CRESS 7ème édition du mois de l'économie sociale et solidaire (ESS)

En région Centre, la reconnaissance d'une« autre économie »

Lors d'une présentation le 30 octobre des manifestations qui ont lieu en novembre pendant le mois de l'économie sociale et solidaire (ESS), le Président de la Région Centre François Bonneau a marqué sa volonté de donner une reconnaissance à part entière à l' économie sociale et solidaire et de la porter au même rang que l'économie de marché « classique ». Les chiffres montrent que cette économie trop méconnue avant la loi dite « Hamon » qui lui confère une crédibilité, a un impact réel sur l'emploi, avec la spécificité de « placer l'homme à un niveau important ». En Région Centre l'ESS c'est 10, 2% des emplois, 10, 8% des établissements employeurs, 1, 9 milliards de rémunération brute distribuées et une hausse de 6 % de ses emplois entre le 31 décembre 2006 et le 31 décembre 2013.

« Vivre et consommer autrement »

Cette « autre » économie semble en pleine actualité car elle correspond aux attentes des français qui ne peuvent plus ou ne veulent plus consommer à outrance et se révoltent contre le gaspillage, qu'il s'agisse de grands travaux contestables ou de gaspillage alimentaire. Le recyclage sera d''ailleurs abordé dans plusieurs des manifestations. Les «bonnes adresses pour acheter responsable» seront indiquées, ou encore « les conseils pour créer son entreprise autrement ». On côtoie l'ESS sans le savoir : les mutuelles de santé en font partie, certaines banques aussi, les coopératives (agricoles, coopératives de de production, de crédit etc). «Le secteur associatif s'est beaucoup mobilisé pour professionnaliser les initiatives » ajoute la Vice Présidente en charge Marie-Madeleine Mialot-Mulller, qui insiste sur le fait que l'ESS recrute, pas des « petits boulots », mais développe de nouvelles filières, met en place une innovation organisationnelle, procure des emplois, y compris des CDI à des jeunes. Cette économie est porteuse de nouvelles valeurs dans lesquels les jeunes se reconnaissent. Ils choisissent des entreprises qui adoptent un nouveau management, qui laissent une place à l'humain, au bénévolat de compétences et participent au bien commun. L'un des événements a d'ailleurs pour intitulé Le rôle croissant de l'homme dans l'entreprise le 17 novembre à Chartres fait d'ailleurs partie des événements. La reprise d'entreprise par ses salariés, sous forme de SCOP sera présentée  pendant les manifestations.

Les filières et métiers de demain 

L'observatoire de la CRESS (Chambre de l'Economie Sociale et Solidaire Centre) présentait l'étude réalisée par le cabinet ExtraCité de Lille «Les filières d'avenir à explorer en Région Centre » : actions et initiatives, secteurs d'activité moteurs pour la croissance, nouvelles filières. Principalement économie verte, tourisme et culture, numérique, mobilité, circuit court alimentaire, formation professionnelle éducation, etsilver économy. Des cas précis ont permis de mesurer tout l'intérêt de miser sur l'ESS. François Clergeot du cluster AGHIR (Vierzon) et ses 3 collaborateurs se présentent comme « un facilitateur de projets » dans le domaine de la silver economy: projets innovants d'entreprises, favoriser des projets collaboratifs.Un travail de documentation pour repérer les acteurs de la région permet de voir les secteurs impliqués. Brigitte BIGOT est Directrice d’AGIR (36) présenté par Alice Gomez. Un chantier d'insertion avec les textiles usagés pour matière première. « Au travers de cette filière d'avenir, l'association souhaite pérenniser un savoir -faire local, pour que le territoire gère ses propres déchets, objectifs sociaux et environnementaux." Un site avec des fonctionnalités étudiés pour impliquer le visiteur est la preuve qu'une initiative réussit d'autant mieux qu'elle est accompagnée par une plateforme technologique performante.   Pour Thierry HANON, Val bio Centre et ses paniers bio du Val de Loire :« Valbio Centre répond à un marché  émergent : la demande de produits bio et locaux » . Il n'hésite pas à dire que le parcours de l'entreprise est passé par un échec formateur, pour ensuite connaître une demande croissante : 130 000 paniers 244 points de dépôts, 100 emplois crées, 40 pour conditionnement et distribution, 60 en production. L'accent est mis sur l'innovation dans l'organisationnel «  la mise en marché, mutualisation des outils informatiques, circuit court. «  On ne peut pas utiliser les règles d'hier pour les marchés de demain » conclut Thierry Hanon.

Pourquoi cette économie n'est-elle pas plus connue ?

Le magazine Influencia note  « La nostalgie du marché de la place du village ne s’est jamais aussi bien portée. Les nouveaux commerces (de bouche) lorgnent tous sur ce modèle de convivialité et de dialogue ; la recherche de la qualité des produits passe par la communication et l’esprit de quartier. » Le succès des « circuits courts » comme les AMAP qui seront présents lors des manifestations ESS, qui est décidément en pleine actualité positive, face au problème persistant de l'emploi. «Ce n'est pas une économie de l'assistanat et de la subvention, ce ne sont pas des emplois au rabais, ce n'est pas un marchepied pour rentrer dans l'économie marchande » précise Michel Jau, nouveau Prefet de Région, qui semble très concerné . La loi permet maintenant un rapprochement entre l'ESS et l'état et les institutions, et l'ESS devrait participer à l'aménagement du territoire.

Mais alors, question posée par la Ménagère au Président de Région, « pourquoi cette économie n'est-elle pas plus plébiscitée au plus haut niveau de l'état ? « Parce que les acteurs sont modestes » répondent les intervenants et le Président de la CRESS, reconnaît que cette économie n'a pas osé s'affirmer jusque là. Elle est rarement citée dans les grands médias. même si on commence à voir des sujets sur l'économie de partage dans les journaux télévisés. Notons aussi qu'il a été remarqué par l'étude du Labo de l'ESS « Alors que l'ESS pèse de manière significative dans l'économie globale, la grande majorité des économistes s'y intéressent très peu ». Suite à ce constat Philippe Frémeaux, éditorialiste à Alternatives Économiques a mené une enquête auprès de 24 économistes. « Nous ne sommes pas seulement en crise, mais aussi en transition. Un monde meurt tandis qu'un autre émerge. L'ESS apporte des éléments d'analyse et de pratiques alternatives. » a déclaré Dominique Plihon, professeur d'économie financière à l'université Paris 13. Pour Hervé Defalvard, maître de conférences à l'université de Marne-le-Vallée, « absente de la pensée des économistes du « main stream », et c'est logique, elle l'est tout autant chez certains économistes hétérodoxes. Un signe positif tout de même : « Ce désintérêt, cette indifférence, font place aujourd'hui à une curiosité. »

Une vision d'avenir

Les élus ont longtemps été des bâtisseurs, routes, autoroutes, hôtels de Région, et autres marques visibles de leur passage dans la ville. La Région Centre semble avoir compris que les enjeux du XXIème siècle ne se mesuraient plus seulement en degré de béton armé, ou de patrimoine au sens classique, mais que les compétences des citoyens faisaient partie d'un patrimoine immatériel à repérer et à encourager. En constituant un écosystème des initiatives des habitants, en marquant une volonté politique et en déployant les forces d'accompagnement nécessaires à l'essor de l'ESS « comme une des solutions » selon François Bonneau, la Région Centre pourrait bien faire partie des régions laboratoires qui sauront correspondre aux attentes de leurs habitants et faire vivre cette vision d'avenir qui manque tant à la politique.

JANIQUE LAUDOUAR

Programme complet du mois de l'ESS:  http://www.lemois-ess.org/

Pour clôturer le mois : à Nogent-le-Rotrou et Margon

Forum des Initiatives solidaires dans le Perche vendredi soir 28 Novembre et 29 novembre, Nogent-le-Rotrou,  Salle Simone Sognoret 15 avenue de la République organisé par mai pourquoi

Sur le recyclage le samedi matin sur le marché de Nogent-le-Rotrou ecopertica.

Sur le numérique

L'intérêt du numérique pour le territoire: le samedi 29 novembre de 15 h à 16 h Espace Renée-Lepesqueux Salle des Fêtes, 1 Rue de la Cloche, 28400 Margon, Organisé par Romain Lalande Cre-sol, Cyrille Giquello Coop-Axis, Janique Laudouar Blog de la Ménagère

Sur les SCOP :A la découverte des SCOP le 5 novembre de 18 h à 20 h Salle Simone Signoret Nogent-le-Rotrou, organisé par le  CBE Pays Nogentais

Le village de l'ESS à Chateauroux

Le Village de l'ESS ouvrira ses portes aux professionnels de l'ESS et aux collectivités le vendredi 28 novembre de 15 à 19h, et au grand public, le samedi 29 novembre, de 9h à 13h.

Les Cigales du Perche

seront présentes à la table ronde du 28 novembre à Nogent-le-Rotrou

Loi n° 2014-856 relative à l’Économie sociale et solidaire publiée au JO le 31 juillet 2014