La Discut', tirage au sort des tables au Relais-Saint-Germain, Preaux-du-Perche

“Quand et comment écrivez-vous ? ”Je pose la question à Patrick Bard, photographe et auteur, accompagné de Marie-Berthe, photographe également venus à La Discut' au restaurant Relais-Saint-Germain à Préaux du Perche (Orne 61). Réponse :“Le matin tôt” “Comme Balzac, à 4 heures du matin”? Réponse : “Il faut écrire tous les jours, même quand on n'en a pas envie” C'est le secret de presque tous les écrivains.


Écrire, c'est ce que tous les participants ont fait pendant cette soirée placée sous le haut patronage d'Aristote et de son essai toujours actuel “Politique”. Objectif, “mutualiser la curiosité”, « susciter la discussion” « s'approprier la chose publique » en posant des questions autour des programmes des candidats à la présidentielle, tous partis confondus. Lire des extraits des programmes sans nommer qui est le candidat et essayer d'en dégager le sens et les ouvertures possibles. Tapas et apéro. Géraldine et Franck sont aux manettes de ce restaurant face à l’Église de Préaux, qui fait partie de ceux qui ont du succès dans le Perche. Ils ont su animer le lieu en proposant des soirées à thème, littéraires ou musicales

«Mutualiserla curiosité »

Règle du jeu de la soirée La Discut' : “la bienveillance et les réglés de savoir vivre”, “s’écouter les uns les autres”, “ne pas se juger” et des dispositifs inventifs issus de l'éducation populaire. On tire au sort sa table. Je dois me séparer de Fabrice Deschamps avec qui je suis venue, qui a fondé le Cercle du Pays Nogentais ; à côté de lui Ecopertica, qui a popularisé l'usage du chanvre comme isolant dans le Perche .Puis “présentations croisées”, chacun demandant à son voisin de gauche “Qu'est-ce que tu es venu faire là ce soir?” Ma blonde voisine se nomme Martine, et revient d'un voyage d'hiver, Asie, entre autres, et elle a envie de s'informer sur ce qui se passe en France. La politique? Après avoir envisagé le vote blanc, elle est comme beaucoup de français et ne sait toujours pas pourquoi elle va voter. En tout cas, “je ne voterai pas “utile”, ça non, on ne m'y reprendra plus, plus jamais!”. Nous sommes d'accord! Salomé fait partie des animatrice de la soirée. Chloé est venue discuter. Cécile espère être étonnée.

Celui qui nous surprend, c'est Thierry, qui habite Préaux et est plus connu comme chanteur sous un autre nom. D'abord il nous la joue sceptique et détaché “je suis venu boire une petite bière” et “je reste deux minutes pour voir”. Et peu à peu on découvre : “je m’intéresse a la politique depuis toujours”. Et son diagnostic est très clair, il y a maintenant deux France qui se côtoient, “Une France qui est déjà là, active, qui assiste à l'agonie d'une France archaïque, antédiluvienne”. “Il y a une prise de conscience, on sait maintenant que les gens en politique sont des gestionnaires ce ne sont pas des politiques”. En tout cas pas au sens d'Aristote. Et puis, dans une envolée lyrique, Thierry se lance dans une métaphore, celle “du promeneur qui se trouve devant un arbre qui tombe mais moi, je vois les mille arbres qui poussent sans avoir conscience qu'ils sont déjà une forêt”. Oui, mais cette France qui pousse, pèse-t-elle vraiment face à la France “verticale” qui fonctionne toujours du Haut vers le bas? Est-ce que toutes ces initiatives des français “agiles” et actifs vont arriver à former un réseau? “Le réseau”, nous dit Thierry, “il va s'auto-créer, il ne faut surtout pas fabriquer des réseaux factices.”

Quelles propositions dans les programmes ?

Et puis nous passons à l'exercice pratique de la lecture des propositions par thématique. Économie et travail. Tollé général ! Découpées en tranche les propositions nous apparaissent comme imprécises, “Davantage”, nous dit Salomé “des prises de positions”. De simples “constats” , de la “langue de bois”. “La dictature financière”? Lola “ceux qui ont le pouvoir sont aussi en liaison avec l'argent, la finance joue un rôle énorme, avantager le fric c'est ça, le pouvoir” La proposition de dégressivité des allocations et de leur suppression en cas de second refus d'un emploi? “Mais ça existe déjà!” “Le travail est-ce qu'on se pose la question sur ce qu'est le travail aujourd'hui?” Anne nous raconte l'histoire de cette femme, radiée avec son fils, car elle n'a pas d'ordinateur pour actualiser sa situation en ligne. Oui, mais parfaitement rodée au système, elle sait que ses allocations lui reviendront le mois d'après. Où est la logique? Lola nous recommande un film « Moi Daniel Blake. Santé, éducation, légalisation du cannabis, tous les sujets y passent. Puis peu à peu la table 1 fait des propositions innovantes, à la fois plus audacieuses et réalistes que les programmes des candidats.

Dehors, c'est le printemps, il fait bon, Franck nous parle de son rêve de désert, la Mongolie. « ne rien faire », « ne plus penser ». A chacun son utopie. A une autre table, on discute avec Élise des propositions de loi sur les semences et l'accès à l'eau. Et une fois de plus on s'aperçoit que les habitants d'un territoire sont souvent parfaitement informés, et donc mûrs pour participer à l'élaboration de la loi. Une conclusion ludique nous dévoile le nom des candidats attaché à chaque proposition.

A quand la prochaine réunion ?

On attend le compte-rendu de cette rencontre conviviale et citoyenne les propositions d'une prochaine réunion tournent autour de “la démocratie directe” et la présentation des collectifs citoyens hors parti comme #MaVoix. C'est sûr que tous sont convaincus qu'il va falloir trouver autre chose que la démocratie représentative avec un élu qui les représente sans les consulter pendant 5 ans. La participation citoyenne à la gouvernance est devenue une dimension nouvelle dont les candidats sont obligés de tenir compte.         Janique Laudouar

Alors, à la prochaine pour discuter de la démocratie et de la participation des citoyens ..;