Forum Convergences à Tunis

Beaucoup de femmes tunisiennes pour assiter au Forum Convergences le 9 mai dans ce superbe lieu Beit al-Hikma à Carthage, ancien palais dans un quartier résidentiel de Tunis. L'objectif «ESS’Ploration, vers une Tunisie Zéro exclusion, Zéro carbone, Zéro pauvreté», encore nulle part atteint et dont tous s'accordent à dire qu'il devient une nécessité. Comment l'ESS . (Economie sociale et solidaire) peut-elle contribuer ?.

Ouverture par l'ambassadeur de l'Europe : Patrick Bergamini cite les communistes italiens et Karl Marx Jean-Louis Bancel Président de MedESS et Credit Coopérifqui intervient un peu plus tard et cite Stéphane Heissel « Engagez-vous ! ». On sait alors que le Forum a de bons parrains et aussi des partenaires comme UBCI Groupe BNP Paris Bas, Med ESS, ou encore la fondation Friedrich-Ebert-Stiffung.

« Mettre les talents des uns au service des autres », la citation choisie par Patrick Bergamini pourrait s'appliquer à l'ensemble du Forum où on aura vu des intiatives de jeunes contredire l'idée reçue qu'ont des Tunisiens plus âgés que « que cette génération est indifférente. ».A tel point que le Président de la Tunisie va mener une enquête nationale post-élections pour savoir pourquoi les jeunes ont délaissé les urnes, souilgnant toutefois que 37% des nouveaux élus avaient moins de 35 ans (Tunisie numérique). L'individualisme et le consumérisme sont des problèmes communs à beaucoup de pays, et la Tunisie n'est pas un cas à part. Un appel a projet de Convergences avait eu lieu préalablement, l'entrée était gratuite, un processus « démocratique ». Beaucoup de jeunes ont montré lors de cette journée leur capacité à proposer des services innovants, notamment.d'accompagnement et de dévelopement de l'ESS. Les salles des ateliers étaient pleines sur des thématiques actuelles: entreprenariat vert, entreprenariat social, micro finances, coopération territoriale. On trouvera le programme complet sur le site de Convergences Lofti Ben Aissa ancien directeur des études fiscales Ministère des Finances et fraichement élu nous signale que la loi tunisienne sur l'ESS vient d'être mise en ligne pour consultation.www.legislation.tn

Generation start-up, quel accompagnement?

 Nous n'allons pas laisser nos jeunes se diriger vers la voie un peu facile de la fonction publique » se désole une consultante « il faut développer le goût de l'entreprenariat. » C'est ce que faitLab'ess une plateforme collaborative, «  Laboratoire de l’Economie Sociale et Solidaire" (Lab’ess) qui a ouvert un espace de coworking à Tunis. C'est l'objectif de l'atelier Generation start-up , nous avons pu faire connaissance avec ENDA  qui présentait plusieurs initiatives lors de l'atelier. Quelques exemples : 

Nizar Taoudi présente avec humour le parcours de Sejnane Plast entreprise de matériel agricole d'irrigation, à partir de recyclage de déchets plastiques. Ne pas se laisser décourager par les étapes chaotiques ni même l'échec. Semble en bonne voie.

Remarqué également, présenté par  Dorra Kammoun, co-fondatrice de Techability,  un projet qui pourrait tous nous concerner , outil de suivi en temps réel de votre facture d'électricité.Normalement ENDA ne finance pas la tech et les start-ups mais fait une exception pour Techability, « eco-friendly »http://www.techability.tn/

Avec beaucoup d'enthousiasme et forte de son expérience de dévelopement de l'ESS en Occitanie et d'un réseau ESS européen Berenice Dondey dévoile les qualités nécessaires pour entreprendre dans l'ESS : savoir faire un "plaidoyer", par exemple.»Les associations vont plus vite que les institutions ». Le numérique a apporté la notion de « citoyenneté implicante ». Il faut co-construire avec les citoyens. "Les gens ont une expertise d'usage sur leur territoire. »

« Bye bye autism » c'est le nom qu'a donné à son initiaitive Olfa Safraou, fondatrice, persuadée qu'une pédagogie adaptée peut aider ces enfants "différents" que Bye Bye autism réussit à intégrer. Nous en venons à parler santé, prévention, intégration avec une participante jeune médecin Tous les intervenants s'accordent sur un même facteur de découragement : trop de bureaucratie, de procédures administratives!Comme en France, alors ?

« Former les leaders 3zero de demain »

Un atelier interactif et participatif sous forme de fish bowl pour un sujet majeur : la formation. Comment sensbiliser les étudiants à l'entreprenariat social au cours de leur cursus universitaire et post universitaire ? Entre l'enseignement académique et un enseignement réellement axé sur l'entreprenariat, il semble qu'il y ait encore une révolution à faire. Il faut insérer les « soft skills » dans les programmes de formation, suggère un participant. « La plus grande qualité, c'est l'adaptabilité » appuie une participante, «la gestion des variables dans un monde qui change en permanence, ne pas subir, sortir de sa zone de confort » Ce qu'on aura compris, c'est que les sacro-saint diplômes ne mènent pas forcement à l'emploi ni au bonheur dans le travail. Former les leaders 3zero de demain, co-organisé avec We love Sousse . Atelier qui se conclut par une très jolie idée du bouillant animateur et expert formateur Addnane Addioui (Ashoka fellow) demandant à chacun de révéler son rêve le plus fou . « abandonner le confort de la fonction publique pour travailler dans une ferme sera l'un » « impliquer tous les pays arables dans un seul eco-système »

Jeunesse, exprime-toi !

Le Forum se concluait par une soirée « Youth we can » où des conseils de mentors accompagnaient des jeunes venus « pitcher » devant eux. On peut conclure qu' adapter et réformer le système éducatif, repenser la formation, sont des objectifs très similaires aux enjeux actuels en France qui permettront l'essor de nouvelles façons de voir leur avenir chez les jeunes. Une raison supplémentaire de former des partenariats Tunisie France.  
                                                                                                                                                                                      Janique Laudouar