Le blog de la ménagère

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Tag - Débat SR FB 2007

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jeudi, mai 3 2007

Duel ou débat?

« Un face-à-face à contre-emploi », un duel « musclé », la presse a du mal à désigner un vainqueur : tous considèrent que les électeurs spectateurs auront été confortés dans leur choix.

« Les socialistes ont trouvé un leader » (Catherine Ney, Europe 1), « Une tigresse et un matou » (Sud-Ouest).

Nous reviendrons plus tard sur ce débat, mais je cite une réaction à chaud d’une militante PS interrogée par rmc à la sortie du visionnage collectif dans le 18ème : "c’est Ségolène Royal qui a eu la « hauteur » d’une présidente, et mis le débat à ce niveau". En choisissant l'attaque, elle a continué dans le registre de l'audace, elle a joué "le tout pour le tout", la sincerité, l'indignation, les valeurs et les idées. Nicolas Sarkozy, policé, courtois, a plutôt été dans le registre d'un débat télévisé ordinaire, se préoccupant de donner une bonne image et de séduire les journalistes sur le plateau.

Qui aura séduit la France? Sans doute ne faut-il pas exagérer l'importance de ce débat dans le choix des électeurs, choix déjà opéré avant le 2 mai pour la plupart des gens interrogés, même si des commentaires à l'emporte-pièce sur le réseau démontrent qu'il existe encore beaucoup (trop?) d'électeurs qui se fondent sur cet exercice imposé du face à face, alors que le choix devrait être muri par les informations qui ont été diffusées  par les équipes de campagne et par les divers médias depuis le début de la cette campagne présidentielle 2007, qui dans quelques jours touche à sa fin.

Dernière minute, déclaration de François Bayrou : je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy.

dimanche, avril 29 2007

La France respire : quelques réflexions sur le débat Ségolène Royal-François Bayrou du 28 avril 2007

Voir aussi dans les billets précédents image par image ma matinée au débat, Hôtel Westin, Paris

Cette femme est une bosseuse. Ce débat, elle l’a voulu, elle l’a eu, et elle l’a préparé. Ceux qui ont l’habitude de faire la moue à propos des  discours de Ségolène Royale en seront pour leur frais. : elle se montre magistrale, dans le sérieux et la décontraction, dans la connaissance des dossiers comme dans le sens de la répartie, sans jamais oublier de sourire. C’est en vain qu’Olivier Mazerolle (BFM TV)essaie de lui rappeler le chronomètre et l’hypothétique égalité du temps de parole. Quand elle prend la parole, elle la garde et ne la lâche pas. François Bayrou, beau joueur, fait savoir, qu’il n’aura pas l’esprit comptable.

L'intégralité du dbat sur BFM TV , RMC, (dailymotion)

 « Je mets au premier rang la démocratie participative ». Cette phrase semble éclairer la totalité du débat Ségolène Royal/François Bayrou du 28 avril dont on peut retrouver la restransription dans les médias. « Nous ne sommes pas ici au nom des partis politiques », dit encore Ségolène Royal. Et de fait l’un et l’autre sont ici réunis sur un point de convergence majeur : la nécessité du retour de la démocratie en France. « Rien n’est plus nécessaire dans la vie politique française que de faire bouger les lignes » dira François Bayrou.  Ce que Ségolène Royale ne cesse de répeter, le mot-clef de ce débat, : consultation. « Je fais respirer la société française ». La France respire, …

 Gouverner au XXIème sicècle

Examiner point par point, sur les grands dossiers sélectionnés par les journalistes chargés de les interpeller, les convergences/divergences est important, mais il  plus essentiel encore de comprendre à quel point quelque chose de nouveau se déclenche enfin : Ségolène Royal et François Bayrou savent qu’on ne peut plus s’adresser au citoyen du XXIème siècle, qui grâce à Internet  a accès à l’expertise mondiale en matière d’économie, de sociologie, de travail et d’emploi, comme on s’adressait  à celui du XXIème siècle. Le citoyen blogueur est devenu acteur, comme on l’aura vu avec des personnalités comme Christophe Grébert, qui vient de gagner son procès contre la Mairie de Puteaux (qui affiche une façon « hauts-de-Seine de gouverner, dirait François Bayrou) , ou encore Etienne Chouard, qui a mené depuis son blog le « non » à la constitution europénne. Le pot de terre commence à gagner parfois contre le pot de fer, et ça c’est nouveau.

François Bayrou, qui a arpenté les soirées des blogueurs (j’ai eu l’occasion d’échanger avec lui lors de sa venue à la République des blogs), et Ségolène Royal en reprenant le concept de « l’intelligence collective », ont capté l’essence d’un nouveau paradigme, d’une profonde mutation. Nicolas Sarkozy, en s’entourant d’abord de Xavier Moisant, puis de Loïc le Meur, a  lui aussi compris l’importance du numérique, mais de façon plus généraliste, « apprise », moins incarnée, comme en témoigne le discours sur « La France à l’ère numérique » visiblement rédigé par un professionnel de l’Internet. Il n’a pas su appliquer l’impact du numérique à sa vision de la démocratie.

Moderniser la démocratie

François Bayrou l’avait déclaré la veille à Jean-Michel Aphatie sur RTL « Il y a 7 millions de personnes qui ont choisi de voter pour moi. Ces 7 millions de personnes représentent la Droite modérée pour une part, le Centre pour une grande part, une partie de la Gauche républicaine pour une autre part et des gens venus de l'écologie ou d'ailleurs. Ils ont tous un point commun. Ils pensent que pour réformer notre pays, il faut qu'il se modernise et que pour se moderniser, il est important qu'il accepte enfin, des règles démocratiques qu'il n'a jamais acceptées jusqu'à ce jour. »

La France a pris de mauvaises habitudes, ce que Julien Dray interrogé par la presse à la fin du débat du 28 avril nommera «la régression du débat instititutionnel »   : celle d’une gouvernance sûre d'elle et autoritaire, d’un parlement qui n’a plus son mot a dire, d’une administration qui coupe des têtes à chaque changement politique (combien de ministres de l’éducation nationale en 10 ans !) , celle d’une répression voilée pour qui n’est pas « du bon côté du manche », c’est-à-dire du parti majoritaire. Le coût économique de cette « placardisation » tacite est sans doute extravagant. Ceux qui ne sont pas du côté du pouvoir dominant ne sont pas éliminés, bien sûr quand il s’agit d’entrepreneurs ou de hauts fonctionnaires, c’est impossible : il sont simplement ignorés, freinés, voient leurs projets stagner, et savent qu’ils n’ont qu’une solution, attendre la prochaine majorité pour refaire surface . Cette façon de pratiquer  a toujours eu cours, dans le service public, comme dans le monde des affaires.

Il y a aussi le fait que trop de décisions lourdes de conséquence sont prises par les élus sans consultation, au seul motif qu’ils sont élus  : on aura vu le « tollé » qu’a soulevé la décision de Jean-Paul Huchon decidant (après un débat interne, certes) la gratuité des transports en Ile-de-France pour les Rmistes et leur famille, décision qui ne semble avoir fait l’objet d’aucune annonce préalable d’aucun débat public. Même méthode pour le CPE de Dominique de Villepin, le lundi de Pentecôte de Jean-Pierre Raffarin, la loi sur les retraites de Jean-François Fillon, réforme nécessaire, mais dans la façon dont elle a été menée, continue à pénaliser très injustement, comme l’a fait remarquer Ségolène Royal, ceux qui sont contraints au temps partiel, en majorité des femmes, et disqualifie ceux qui ayant fait des études longues, se voient proposer rétrospectivement des sommes astronomiques et indécentes pour le rachat de leurs années d’études. Cette façon de procéder, asséner des lois sans les affiner, sans en mesurer la casse et les effets pervers est devenue insupportable aux français.

 Consulter, associer, négocier

Ce que Ségolène Royale n’a cessé de répeter, le mot-clef de ce débat, : consultation. « Je fais respirer la société » se traduit par le souci constant de ne plus édicter des lois sans associer à la réflexion et à la décision les citoyens et les partenaires sociaux. Le pacte présidentiel, elle l’a toujours presenté non comme un dogme, mais comme un contrat « ajustable » entre la Présidence et les Français, et ça aussi c’est nouveau. Tant d’hommes – ou de femmes -  politiques s’accrochent à une mesure inefficace au seul motif qu’ils en revendiquent la paternité : le droit à l’ajustement, le droit à l’erreur ou à la révision devrait faire partie de la vie politique.

 Convergences/divergences…mais une même volonté de « faire bouger les lignes »

Les détailler, est sans doute utile, et la presse reprend les points essentiels, mais à patir du moment où il a semble évident que le PS comme le futur Parti démocrate plaçait l’écoute des français  et le dialogue. En ce sens il s’agit de relativiser l’importance des convergences/divergences : ce ne sont que des points de départ à une discussion. « l’affrontement bloc contre bloc ça ne marche pas »,dit encore Ségolène Royal. Certes, s’il y a désaccord, sur, par exemple, la loi Fillon sur les retraites, que le parti socilaiste voudrait remettre à plat, on sent que rien n’est fermé, que Ségolène Royal comme François Bayrou se sont affranchis du dogme des partis sans pour autant les désavouer. Qu’il s’agisse de trouver de nouvelles sanctions pour les primo-délinquants -Ségolène Royale est favorable à un travail d’intérêt général, trop peu employé à son avis, ou de débattre de la carte scolaire, sujet de divergence, un dialogue se noue. Même si François Bayrou conclut : « je ne sais pas encore pour qui je voterai le 6 mai », le rapprochement a eu lieu, dans l’aisance, l’humour, le sérieux. Et surtout, les français auront compris qu’ils seront consultés : référendum, jurys citoyens.

Par contraste, la gouvernance de l’UMP, annoncée par François Fillon, interviewé sur Europe 1 le dimanche 29 avril semble glaciale et surtout inchangée. Il annonce « Dès le mois de juillet on fera voter des réformes » …ça on connaît, les réformes pendant l’été, concoctées à toute allure « par ceux qui savent », sans concertation, débat public. « Tous les pouvoirs resteront entre les mains d’un seul parti dominant » selon l’expression de François Bayrou. Et alors peu importe les idées UMP énoncées, la méthode restera la même, réformer dans l'auto-satisfaction et la précipitation, pour le soi-disant « intérêt général », avec la conviction qui semble maintenant bien archaïque qu’une poignée de dirigeants peuvent faire avancer la France…sans les français.

13 h 30: on plie

Et voilà, c’est fini. Belle matinée pour la démocratie.

 

Après le débat

Je rencontre un trio de journalistes femmes et leur demande ce qu’elles ont pensé du débat : « gagnant-gagnant »,  pour la journaliste de BFMTV. Alma Ventura (RMC, "Les coulisses de la politique") pose les dernières questions.

Monsieur "bayroumobile" : « Un jour historique, on a cassé le mur de Berlin »

Je rencontre Monsieur bayroumobile et bavarde : "Le blog de Pascal Casimir-Perrier au volant de la voiture de François BAYROU »


  « Un jour historique, on a cassé le mur de Berlin ». pour Pascal Casimir-Perrier. Avec sa bayroumobile, il a accompagné François Bayrou, spontanément,  il a rencontré dans toute la France des « français du quotidien ». Au-delà « des points qui nous rapprochent, des points qui nous différencient », Pascal Casimir-Perrier affiche la même hauteur de vue que les débateurs : le vrai projet c’est  « comment vont vivre les français ? ». Quelques jours avant, il est allé visiter les deux partis. D’abord le PS, avec lequel il a bavardé. Puis à l’UMP, « on m’a dit de me casser ». Du coup il est retourné au PS : il a été accueilli par les Jeunes Socialistes, il espère monter un débat avec les Jeunes UDF dans les jours qui viennent (surveiller son blog). Même s'il ne sait pas encore comment et pour qui il va voter...

Jack Lang

Jack Lang reste dans le hall du Westin pour répondre aux questions.




François Bayrou et la presse

 François Bayrou reste dans la salle du débat pour répondre aux questions des journalistes, Marielle de Sarnez n’est pas loin.

Départ de Ségolène Royale

Ségolène Royale s’en va à toute allure, je ne la vois que de dos et de trois-quarts :  elle sourit, comme elle a souri tout au long du débat.

 

80 minutes après...

80 minutes – au moins et à la sortie, nous essayons d’avoir des photos. Les photographes ont un plan : ouvrir la porte et foncer dès qu’ «ils » sortent de la salle du débat.

 

11 h 30 : le débat

A 11H 15 j’arrive sans trop d’encombre dans la salle de conférence où des écrans sont installés pour la presse – la salle du débat, à cette heure-là il ne faut plus y songer. Olivier Mazerolle (BFMTV)introduit le débat et Jean-Jacques Bourdin (RMC) pose les premières questions.

Arrivée au Westin

10 h 30 : je me décide, je veux assiter au débat. je cours rue de Castiglione, Hôtel Westin.

mardi, janvier 30 2007

Continuons le débat ! « La démocratie participative continuera après l’élection ! »

Illustration : le débat en cours et en 3D sur l'environnement, sur le site de segosphere.net, la jeune garde de Ségolène.

Dernière minute actu : Une réunion parisienne de restitution des débats participatifs aura lieu le samedi 3 février entre 14h30 et 16h30 au Musée Social, 5 rue Las Cases – 75007 Paris – Métro : Solférino. 

Pour Jacques Séguela ex-gourou politique et toujours fin publicitaire,  qui s’exprime dans DirectSoir du lundi 29 janvier, la campagne électorale est « révolutionnaire ». « C’est un choc générationnel, les élephants sont renvoyés au musée. »  Dans cette campagne « Ségolène Royal est partie avec deux copines et 25 000 euros ». Et elle est arrivée à être « la candidate » ! Elle a inventé l’écoute. « D’un côté il y aura  une société de l’autoritarisme que l’on connaît par cœur, c’est la suite de la chiraquie, de l’autre on aura une société de l’écoute ».

L’écoute et le débat participatif comme modes de fonctionnement de la démocratie et …du PS étaient au coeur de la réunion du Lundi 29 janvier 2007 organisée par desirsdavenir Paris, Forum sur la démocratie participative. 4 « référents » venaient rendre compte du débat thématique dont il est responsable : « la vie chère », « éducation et formation » . « la lutte contre la violence ». Tous trentenaires. A peine plus âgés que les jeunes « segosphere », organisateurs en tee-shirt aux couleurs mauves du site et au flyer parme  flamboyant : « IMPOSE-TOI DANS LE DEBAT ». Les référents  viennent rendre compte non tant des idées que de leur expérience de la méthode participative : « un travail participatif, c’est un investissement humain et matériel important » raconte Jean-François,  « un point très positif, le travail participatif met du lien social. Et encore : « il faut une réforme structurelle prioritaire au PS, il faut ouvrir les sections aux quartiers ». Le PS s’est endormi, la dimension participative doit le réveiller, même si, au final, il avoue peu de propositions révolutionnaires. Pour Damien dont les invités au débat sur l’éducation vont de Gérard Aschieri, FSU, à Bruno Julliard, de l’UNEF la semaine prochaine, le « travailler » ensemble » a amené des « propositions innovantes » et même surpenantes, loin des clichés de la gauche. Mais oui, les profs sont d’accord pour allonger le temps de travail, il suffit de discuter des modalités…

 
En conclusion : un « kit » participatif très bien conçu dont devraient s’emparer…nos administrations imbues de technocratie. Un public convaincu, et pas seulement des militants du PS, mais des gens, simplement désireux de faire de la politique. ..à condition d’être écoutés.

 A lre  La prise de l’Elysée, Jacques Séguéla et Thierry Saussez, éditions Plon.