Le blog de la ménagère

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi, mai 14 2018

Convergences en Tunisie : «Jeunesse, exprime-toi! »

Forum Convergences à Tunis

Beaucoup de femmes tunisiennes pour assiter au Forum Convergences le 9 mai dans ce superbe lieu Beit al-Hikma à Carthage, ancien palais dans un quartier résidentiel de Tunis. L'objectif «ESS’Ploration, vers une Tunisie Zéro exclusion, Zéro carbone, Zéro pauvreté», encore nulle part atteint et dont tous s'accordent à dire qu'il devient une nécessité. Comment l'ESS . (Economie sociale et solidaire) peut-elle contribuer ?.

Ouverture par l'ambassadeur de l'Europe : Patrick Bergamini cite les communistes italiens et Karl Marx Jean-Louis Bancel Président de MedESS et Credit Coopérifqui intervient un peu plus tard et cite Stéphane Heissel « Engagez-vous ! ». On sait alors que le Forum a de bons parrains et aussi des partenaires comme UBCI Groupe BNP Paris Bas, Med ESS, ou encore la fondation Friedrich-Ebert-Stiffung.

« Mettre les talents des uns au service des autres », la citation choisie par Patrick Bergamini pourrait s'appliquer à l'ensemble du Forum où on aura vu des intiatives de jeunes contredire l'idée reçue qu'ont des Tunisiens plus âgés que « que cette génération est indifférente. ».A tel point que le Président de la Tunisie va mener une enquête nationale post-élections pour savoir pourquoi les jeunes ont délaissé les urnes, souilgnant toutefois que 37% des nouveaux élus avaient moins de 35 ans (Tunisie numérique). L'individualisme et le consumérisme sont des problèmes communs à beaucoup de pays, et la Tunisie n'est pas un cas à part. Un appel a projet de Convergences avait eu lieu préalablement, l'entrée était gratuite, un processus « démocratique ». Beaucoup de jeunes ont montré lors de cette journée leur capacité à proposer des services innovants, notamment.d'accompagnement et de dévelopement de l'ESS. Les salles des ateliers étaient pleines sur des thématiques actuelles: entreprenariat vert, entreprenariat social, micro finances, coopération territoriale. On trouvera le programme complet sur le site de Convergences Lofti Ben Aissa ancien directeur des études fiscales Ministère des Finances et fraichement élu nous signale que la loi tunisienne sur l'ESS vient d'être mise en ligne pour consultation.www.legislation.tn

Generation start-up, quel accompagnement?

 Nous n'allons pas laisser nos jeunes se diriger vers la voie un peu facile de la fonction publique » se désole une consultante « il faut développer le goût de l'entreprenariat. » C'est ce que faitLab'ess une plateforme collaborative, «  Laboratoire de l’Economie Sociale et Solidaire" (Lab’ess) qui a ouvert un espace de coworking à Tunis. C'est l'objectif de l'atelier Generation start-up , nous avons pu faire connaissance avec ENDA  qui présentait plusieurs initiatives lors de l'atelier. Quelques exemples : 

Nizar Taoudi présente avec humour le parcours de Sejnane Plast entreprise de matériel agricole d'irrigation, à partir de recyclage de déchets plastiques. Ne pas se laisser décourager par les étapes chaotiques ni même l'échec. Semble en bonne voie.

Remarqué également, présenté par  Dorra Kammoun, co-fondatrice de Techability,  un projet qui pourrait tous nous concerner , outil de suivi en temps réel de votre facture d'électricité.Normalement ENDA ne finance pas la tech et les start-ups mais fait une exception pour Techability, « eco-friendly »http://www.techability.tn/

Avec beaucoup d'enthousiasme et forte de son expérience de dévelopement de l'ESS en Occitanie et d'un réseau ESS européen Berenice Dondey dévoile les qualités nécessaires pour entreprendre dans l'ESS : savoir faire un "plaidoyer", par exemple.»Les associations vont plus vite que les institutions ». Le numérique a apporté la notion de « citoyenneté implicante ». Il faut co-construire avec les citoyens. "Les gens ont une expertise d'usage sur leur territoire. »

« Bye bye autism » c'est le nom qu'a donné à son initiaitive Olfa Safraou, fondatrice, persuadée qu'une pédagogie adaptée peut aider ces enfants "différents" que Bye Bye autism réussit à intégrer. Nous en venons à parler santé, prévention, intégration avec une participante jeune médecin Tous les intervenants s'accordent sur un même facteur de découragement : trop de bureaucratie, de procédures administratives!Comme en France, alors ?

« Former les leaders 3zero de demain »

Un atelier interactif et participatif sous forme de fish bowl pour un sujet majeur : la formation. Comment sensbiliser les étudiants à l'entreprenariat social au cours de leur cursus universitaire et post universitaire ? Entre l'enseignement académique et un enseignement réellement axé sur l'entreprenariat, il semble qu'il y ait encore une révolution à faire. Il faut insérer les « soft skills » dans les programmes de formation, suggère un participant. « La plus grande qualité, c'est l'adaptabilité » appuie une participante, «la gestion des variables dans un monde qui change en permanence, ne pas subir, sortir de sa zone de confort » Ce qu'on aura compris, c'est que les sacro-saint diplômes ne mènent pas forcement à l'emploi ni au bonheur dans le travail. Former les leaders 3zero de demain, co-organisé avec We love Sousse . Atelier qui se conclut par une très jolie idée du bouillant animateur et expert formateur Addnane Addioui (Ashoka fellow) demandant à chacun de révéler son rêve le plus fou . « abandonner le confort de la fonction publique pour travailler dans une ferme sera l'un » « impliquer tous les pays arables dans un seul eco-système »

Jeunesse, exprime-toi !

Le Forum se concluait par une soirée « Youth we can » où des conseils de mentors accompagnaient des jeunes venus « pitcher » devant eux. On peut conclure qu' adapter et réformer le système éducatif, repenser la formation, sont des objectifs très similaires aux enjeux actuels en France qui permettront l'essor de nouvelles façons de voir leur avenir chez les jeunes. Une raison supplémentaire de former des partenariats Tunisie France.  
                                                                                                                                                                                      Janique Laudouar

lundi, septembre 12 2016

Changer le monde? Oui, mais ....

Les collectifs citoyens sont nombreux à travailler dur comme #MaVoix, ici en visite à l'Assemblée Nationale, à hacker en 2017. Objectif : reprendre le pouvoir sur nos vies, co-construire nos lois, proposer une alternative aux partis politiques classiques. Oui mais...arriverons-nous à changer le monde? Faut-il passer par une transformation personnelle? Comment convaincre? Et comment se démultiplier pour soutenir efficacement ces multiples initiatives citoyennes?

C'est un pavé dans la mare qu'a lancé Pierre Fournier en publiant dans Ouishare Magazine un article à contre-courant   « Pourquoi j'ai décidé d'arrêter de changer le monde. «  « L’engagement et la volonté de changer le monde ont le vent en poupe. Mais le petit monde de l’innovation sociale est encore et toujours un milieu où règne l’entre-soi. Cela fait dix ans que je m’investis comme bénévole auprès de divers mouvements, et je connais trop bien leurs côtés sombres. »J'exprime mon désaccord : je lui réponds du tac au tac via un commentaire sur Facebook « la plupart des collectifs dont ‪#‎MaVoix‬sont parfaitement conscients des écueils et les anticipent par un fonctionnement interne qui en tient compte. Par ailleurs on peut aussi faire la démonstration inverse que l'engagement collectif passe nécessairement par un regard plus rigoureux sur soi qui peut conduire à un épanouissement "augmenté". Lui même d'ailleurs le prouve, avec une belle citation de Mathieu Ricard. « A l’exception des catastrophes naturelles, la majorité des souffrances humaines sont dues à la malveillance, l’avidité, la jalousie, l’indifférence, bref à l’attitude égocentrique qui nous empêche de penser au bonheur d’autrui."

L'article a un impact : 4700 partages en une semaine Pierre Fournier a assisté au  à Montréal au Forum Social Mondial 2016, vient de passer avec succès sa première année de Master 2 en management des organisations ESS au Mans. Il hésite entre continuer ou entrer dans la vie active, comme consultant, pourquoi pas, il en a l'expérience. Du coup, on a envie d'échanger avec Pierre Fournier, 23 ans, qui pourrait bien être un exemple de la relève politique qu'on attend...si on laisse la place à sa génération.                                                                                                                          Janique Laudouar

  • JL Pourquoi mettre l'accent sur le côté sombre, au moment où on a tant besoin que les collectifs et la civic tech pèsent de tout leur poids dans la vie sociale et politique ?
  • PF Ce n'est pas un ras le bol du bénévolat, je ne le condamne pas, au contraire, je condamne les fondateurs, dirigeants, cadres, que ce soit association éducation populaire, entreprise sociale.
  • JL A #MaVoix, nous faisons une chasse aux egos peut-être excessive. Dans ton article tu dénonces l’égocentrisme, le goût du pouvoir, la socialisation de l'individu au sein de l'organisation, avec risque de «  perte d’identité personnelle au profit du collectif », une vision qui se rapproche un peu de la secte !
  • PF J'ai revu film La Vague,tiré du récit d'une expérience américaine. Un professeur d'histoire dans les années 60, avait du mal à faire comprendre à ses élèves pourquoi le peuple allemand s'était soumis au régime nazi. Pendant une semaine, il réussit à fédérer 200 jeunes et les mener à l'autocratie, étape par étape. Dans les collectifs le processus est le même. Il y a un risque de dérive sectaire.
  • JL C'est vrai qu'il y a dans ces groupes un problème de reconnaissance du travail fourni au sein d'un collectif, qui peut mener au désenchantement. Tu écris dans l'article «une reconnaissance de façade» Quel forme de reconnaissance pour que le bénévole ne se sente pas « utilisé » ?
  • PF La reconnaissance peut se faire dans un cadre « hiérarchique » : monter en grade. Au bout d'un certain temps, on propose du travail aux personnes qui sont sont très engagées. Dans ces nouvelles structures économie solidaire, collaborative, il faudrait créer un cadre assez bienveillant dont l'objectif serait ...ne pas se foutre sur la gueule!
  • JL Là où je suis d'accord avec toi, on peut avoir l'impression d'occuper une place dans une hiérarchie« fictive » d'un collectif qui ne rapporte pas de moyens d'existence au bénévole.
  • PF Dans mon article j'écris «Nombreux sont les jeunes qui sont en quête de sens et désirent avant tout que leur action ait un impact social et environnemental positif. »  Je viens de rencontrer énormément de jeunes qui veulent changer le monde, mais au final combien resteront ? Il ne doivent pas se laisser happer par ces structures.
  • JL Tu dis que tu as rencontré des gens «inspirants», donc tu as tiré parti du bénévolat ?
  • PF Il faut être un peu «égoïste», rencontrer des personnes inspirantes qu'on n'aurait pas pu rencontrer ailleurs, et construire un capital relationnel, humain.
  • JL Tu as raison de mentionner l'humain, il faut davantage d'altruisme.
  • PF Un des problèmes à Nuit Debout, c'est que le changement personnel n'est pas traité. Pourquoi tu fais ça, quelles sont tes motivations, il faut poser la question.
  • JL OuiShare Fest 2016 comportait des ateliers sur le changement personnel. Et peut-être une nouvelle façon d'aborder le travail ?
  • PF Oui à Ouishare, on réfléchi pendant des mois sur le sujet. J'ai été en stage dans une petite coopérative, Social Media Squad, en mode communication non violente, entreprise libérée, bonheur au travail, j'ai pu avoir l'expérience de travailler différemment.
  • JL Est-ce que ce n'est pas la question que les jeunes comme toi se posent ? Est-ce que justement il n'est pas temps de définir les principes d'une nouvelle approche du travail ?
  • PF Constat : votre génération ne nous laisse aucun espace ! Il faut une posture de transmission et laisser la place. C'est ce qui est compliqué en France.
  • JL Tu peux me parler de l'éducation populaire ?
  • PF Je l'ai découvert quand j'avais 16 ans, ça existe depuis un siècle et demi, ils ont crée Pôle emploi, les foyers de jeunes travailleurs, les centres d'information et d'orientation,
  • JL Quel lien avec le numérique et les nouvelles écoles ?
  • PF J'ai rencontré des gens qui montent des écoles alternatives. Mais...quel est l'intérêt d'un état de donner à ces jeunes différentes voies, de les rendre acteurs de leur propre vie, les politiques ne peuvent plus contrôler la population Il y a eu l’expérience de Céline Alvarez qui a réussi a rendre des jeunes plus murs, ils ont pu savoir lire et écrire en 2 ans . Il devrait y avoir une culture du résultat, qui est exceptionnel, pourquoi le pouvoir en place n'en veut pas ? . Faire bouger ces mammouths de l'administration, c'est aborder la question politique, si on veut un changement d'échelle.
  • JL que vois-tu comme avenir politique, dans les 2 années qui viennent quand les sondages nous répètent que 83 % des français rejettent les partis classiques qu'ils trouvent trop centrés sur les élections?
  • PF Je ne vois pas le monde de demain, je vois plutôt le monde d'après-demain. Je fais l'analogie avec les années 30, la peur entre les communautés qui a amené Hitler au pouvoir. On sait que ça peut se passer. La base de 83% est prête à changer, mais les 17%, de l'élite vont-ils avoir le courage de dire qu'ils sont incompétents ?
  • JL Une raison de sourire ?
  • PF Ce qu'il y a de positif, ce que j'ai découvert pendant mon stage, c'est ce qu'Internet permet, et c'est là la révolution, n'importe qui peut créer et diffuser sa propre information, aucun pouvoir ne peut contrôler ça, on peut sensibiliser les citoyens qui peuvent devenir acteurs de leur vie exprimer leur point de vue . Jamais je n'aurais pensé écrire un article qui a fait 4700 partages ne moins d'une semaine et touché 10 000 personnes dans le monde. D'où l’intérêt de sensibiliser au web. Les gens font confiance à leur proches, à leur amis, à leurs réseaux les plate formes comme airbnb ont su faire émerger des tiers de confiance, on peut décliner le même principe dans l'économique, le politique, le social. En tirant tout le fil, on change radicalement la société.                                               Janique Laudouar

Bientôt : Pierre Fournier prépare une conférence Tedx au Mans, où Sarthois, habitants du pays de la Loire, seront conviés ainsi que des experts nationaux sur un thème qui nous concernera tous : agir ensemble.

Montréal Forum Social Mondial 2016 : https://fsm2016.org/

dimanche, novembre 2 2014

La Région Centre donne de la visibilité à l'économie solidaire.

Source illustration : affiche CRESS 7ème édition du mois de l'économie sociale et solidaire (ESS)

En région Centre, la reconnaissance d'une« autre économie »

Lors d'une présentation le 30 octobre des manifestations qui ont lieu en novembre pendant le mois de l'économie sociale et solidaire (ESS), le Président de la Région Centre François Bonneau a marqué sa volonté de donner une reconnaissance à part entière à l' économie sociale et solidaire et de la porter au même rang que l'économie de marché « classique ». Les chiffres montrent que cette économie trop méconnue avant la loi dite « Hamon » qui lui confère une crédibilité, a un impact réel sur l'emploi, avec la spécificité de « placer l'homme à un niveau important ». En Région Centre l'ESS c'est 10, 2% des emplois, 10, 8% des établissements employeurs, 1, 9 milliards de rémunération brute distribuées et une hausse de 6 % de ses emplois entre le 31 décembre 2006 et le 31 décembre 2013.

« Vivre et consommer autrement »

Cette « autre » économie semble en pleine actualité car elle correspond aux attentes des français qui ne peuvent plus ou ne veulent plus consommer à outrance et se révoltent contre le gaspillage, qu'il s'agisse de grands travaux contestables ou de gaspillage alimentaire. Le recyclage sera d''ailleurs abordé dans plusieurs des manifestations. Les «bonnes adresses pour acheter responsable» seront indiquées, ou encore « les conseils pour créer son entreprise autrement ». On côtoie l'ESS sans le savoir : les mutuelles de santé en font partie, certaines banques aussi, les coopératives (agricoles, coopératives de de production, de crédit etc). «Le secteur associatif s'est beaucoup mobilisé pour professionnaliser les initiatives » ajoute la Vice Présidente en charge Marie-Madeleine Mialot-Mulller, qui insiste sur le fait que l'ESS recrute, pas des « petits boulots », mais développe de nouvelles filières, met en place une innovation organisationnelle, procure des emplois, y compris des CDI à des jeunes. Cette économie est porteuse de nouvelles valeurs dans lesquels les jeunes se reconnaissent. Ils choisissent des entreprises qui adoptent un nouveau management, qui laissent une place à l'humain, au bénévolat de compétences et participent au bien commun. L'un des événements a d'ailleurs pour intitulé Le rôle croissant de l'homme dans l'entreprise le 17 novembre à Chartres fait d'ailleurs partie des événements. La reprise d'entreprise par ses salariés, sous forme de SCOP sera présentée  pendant les manifestations.

Les filières et métiers de demain 

L'observatoire de la CRESS (Chambre de l'Economie Sociale et Solidaire Centre) présentait l'étude réalisée par le cabinet ExtraCité de Lille «Les filières d'avenir à explorer en Région Centre » : actions et initiatives, secteurs d'activité moteurs pour la croissance, nouvelles filières. Principalement économie verte, tourisme et culture, numérique, mobilité, circuit court alimentaire, formation professionnelle éducation, etsilver économy. Des cas précis ont permis de mesurer tout l'intérêt de miser sur l'ESS. François Clergeot du cluster AGHIR (Vierzon) et ses 3 collaborateurs se présentent comme « un facilitateur de projets » dans le domaine de la silver economy: projets innovants d'entreprises, favoriser des projets collaboratifs.Un travail de documentation pour repérer les acteurs de la région permet de voir les secteurs impliqués. Brigitte BIGOT est Directrice d’AGIR (36) présenté par Alice Gomez. Un chantier d'insertion avec les textiles usagés pour matière première. « Au travers de cette filière d'avenir, l'association souhaite pérenniser un savoir -faire local, pour que le territoire gère ses propres déchets, objectifs sociaux et environnementaux." Un site avec des fonctionnalités étudiés pour impliquer le visiteur est la preuve qu'une initiative réussit d'autant mieux qu'elle est accompagnée par une plateforme technologique performante.   Pour Thierry HANON, Val bio Centre et ses paniers bio du Val de Loire :« Valbio Centre répond à un marché  émergent : la demande de produits bio et locaux » . Il n'hésite pas à dire que le parcours de l'entreprise est passé par un échec formateur, pour ensuite connaître une demande croissante : 130 000 paniers 244 points de dépôts, 100 emplois crées, 40 pour conditionnement et distribution, 60 en production. L'accent est mis sur l'innovation dans l'organisationnel «  la mise en marché, mutualisation des outils informatiques, circuit court. «  On ne peut pas utiliser les règles d'hier pour les marchés de demain » conclut Thierry Hanon.

Pourquoi cette économie n'est-elle pas plus connue ?

Le magazine Influencia note  « La nostalgie du marché de la place du village ne s’est jamais aussi bien portée. Les nouveaux commerces (de bouche) lorgnent tous sur ce modèle de convivialité et de dialogue ; la recherche de la qualité des produits passe par la communication et l’esprit de quartier. » Le succès des « circuits courts » comme les AMAP qui seront présents lors des manifestations ESS, qui est décidément en pleine actualité positive, face au problème persistant de l'emploi. «Ce n'est pas une économie de l'assistanat et de la subvention, ce ne sont pas des emplois au rabais, ce n'est pas un marchepied pour rentrer dans l'économie marchande » précise Michel Jau, nouveau Prefet de Région, qui semble très concerné . La loi permet maintenant un rapprochement entre l'ESS et l'état et les institutions, et l'ESS devrait participer à l'aménagement du territoire.

Mais alors, question posée par la Ménagère au Président de Région, « pourquoi cette économie n'est-elle pas plus plébiscitée au plus haut niveau de l'état ? « Parce que les acteurs sont modestes » répondent les intervenants et le Président de la CRESS, reconnaît que cette économie n'a pas osé s'affirmer jusque là. Elle est rarement citée dans les grands médias. même si on commence à voir des sujets sur l'économie de partage dans les journaux télévisés. Notons aussi qu'il a été remarqué par l'étude du Labo de l'ESS « Alors que l'ESS pèse de manière significative dans l'économie globale, la grande majorité des économistes s'y intéressent très peu ». Suite à ce constat Philippe Frémeaux, éditorialiste à Alternatives Économiques a mené une enquête auprès de 24 économistes. « Nous ne sommes pas seulement en crise, mais aussi en transition. Un monde meurt tandis qu'un autre émerge. L'ESS apporte des éléments d'analyse et de pratiques alternatives. » a déclaré Dominique Plihon, professeur d'économie financière à l'université Paris 13. Pour Hervé Defalvard, maître de conférences à l'université de Marne-le-Vallée, « absente de la pensée des économistes du « main stream », et c'est logique, elle l'est tout autant chez certains économistes hétérodoxes. Un signe positif tout de même : « Ce désintérêt, cette indifférence, font place aujourd'hui à une curiosité. »

Une vision d'avenir

Les élus ont longtemps été des bâtisseurs, routes, autoroutes, hôtels de Région, et autres marques visibles de leur passage dans la ville. La Région Centre semble avoir compris que les enjeux du XXIème siècle ne se mesuraient plus seulement en degré de béton armé, ou de patrimoine au sens classique, mais que les compétences des citoyens faisaient partie d'un patrimoine immatériel à repérer et à encourager. En constituant un écosystème des initiatives des habitants, en marquant une volonté politique et en déployant les forces d'accompagnement nécessaires à l'essor de l'ESS « comme une des solutions » selon François Bonneau, la Région Centre pourrait bien faire partie des régions laboratoires qui sauront correspondre aux attentes de leurs habitants et faire vivre cette vision d'avenir qui manque tant à la politique.

JANIQUE LAUDOUAR

Programme complet du mois de l'ESS:  http://www.lemois-ess.org/

Pour clôturer le mois : à Nogent-le-Rotrou et Margon

Forum des Initiatives solidaires dans le Perche vendredi soir 28 Novembre et 29 novembre, Nogent-le-Rotrou,  Salle Simone Sognoret 15 avenue de la République organisé par mai pourquoi

Sur le recyclage le samedi matin sur le marché de Nogent-le-Rotrou ecopertica.

Sur le numérique

L'intérêt du numérique pour le territoire: le samedi 29 novembre de 15 h à 16 h Espace Renée-Lepesqueux Salle des Fêtes, 1 Rue de la Cloche, 28400 Margon, Organisé par Romain Lalande Cre-sol, Cyrille Giquello Coop-Axis, Janique Laudouar Blog de la Ménagère

Sur les SCOP :A la découverte des SCOP le 5 novembre de 18 h à 20 h Salle Simone Signoret Nogent-le-Rotrou, organisé par le  CBE Pays Nogentais

Le village de l'ESS à Chateauroux

Le Village de l'ESS ouvrira ses portes aux professionnels de l'ESS et aux collectivités le vendredi 28 novembre de 15 à 19h, et au grand public, le samedi 29 novembre, de 9h à 13h.

Les Cigales du Perche

seront présentes à la table ronde du 28 novembre à Nogent-le-Rotrou

Loi n° 2014-856 relative à l’Économie sociale et solidaire publiée au JO le 31 juillet 2014



mercredi, septembre 24 2014

"L'émergence des communaux collaboratifs" (Jeremy Rifkin)

« Le capital social deviendra beaucoup plus important que le capital économique ou financier » (Jeremy Rifkin)

"L'émergence des communaux collaboratifs"

Nous le pressentions, nous l'écrivions, nous le constations : l'économiste Jeremy Rifkin, économiste, prospectiviste, le formule de façon claire «  le capital social deviendra beaucoup plus important que le capital économique ou financier. » Dans un entretien à Telerama, à l'occasion de la sortie de son nouvel essai « La Nouvelle Société du coût marginal zéro", il donne cet exemple de l'enfant qui partagera ses jouets plutôt que de les posséder. « Il apprend en effet « naturellement » que les jouets ne sont pas des objets que l'on possède mais des expériences auxquelles on accède pour un temps donné, et que l'on partage avec les autres. Il se prépare en fait, dès son plus jeune âge, à l'économie du partage qui l'attend. »

Accéder à des expériences demandera une agilité à capter les flux et l'information, à fabriquer rapidement du lien et des connexions, à savoir « bricoler » tant au sens sociologique du terme qu'au sens pratique avec les Fab Labs. Cette formation n'est pas dispensée à l'heure actuelle, d'où le grand désarroi des politiques publiques, tant l'éducation nationale que les structures chargés de l'emploi qui tablent encore sur un hypothétique « retour de la croissance » ou « pouvoir d'achat des ménages. » qui relève d'une économie du XXème siècle et qui freine plus qu'elle ne soutient.

Les gouvernances européennes peuvent-elles encore ignorer l'économie de partage ?

Comment nos gouvernances ignorent-elles à ce point ce que la société civile commence à pratiquer ? Car on a beau chercher dans les communiqués de presse, dans les débats politiques et économiques, dans les médias , on voit peu de commentaires sur l'économie de partage. Pourtant va bientôt avoir lieu le mois de l’Économie sociale et solidaire en octobre et novembre qui fera écho aux initiatives locales dans toutes les régions. Pourtant le Forum des usages coopératifs à Brest en juillet a montré la voie. Pourtant la communauté OuiShare qui se fait l'écho de cette économie a été reçue à Matignon. Pourtant Jacques Attali via Planet Finance organise le LHFForum, forum de «l'économie positive » au Havre du 24 septembre au 26 septembre 3 jours de conférences et ateliers pour découvrir les idées et projets innovants et durables de près de 450 entrepreneurs sociaux, dirigeants d'entreprise, responsables politiques, artistes, universitaires ou encore citoyens engagés.

Il n'est pas anodin de savoir que Jeremy Rifkin travaille avec Angela Merkel sur certains sujets.

Et pendant ce temps là, en France, Gérard Larcher brigue la présidence du Sénat et les médias s'emparent du retour de Nicolas Sarkozy...Sommes nous condamnés à ce débat français déconnecté, ou allons nous nous nous emparer du futur en agissant?

Jeremy Rifkin au Cube ce soir 24 septembre 2014

    L’émission est en direct sur plusieurs sites dont Les Rendez-vous du Futur. Elle sera retransmise également dans quelques lieux relais dont la Maison écocitoyenne à Bordeaux, et l’école Telecom Management à Paris.

-       Les internautes pourront poser des questions via le tchat et twitter (#rdvf)

-       Il y aura quelques surprises dans l’émission…

-       Nous avons le plaisir pour cette soirée exceptionnelle d’avoir comme partenaires : Triple C, le Forum Changer d’Ere et l’institut des Futurs Souhaitables.