Le blog de la ménagère

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samedi, novembre 5 2011

Demos, démocratie, le peuple

Philosophe et écrivain, directeur de recherche au CNRS Marie-José Mondzain est d'abord une experte du décryptage de l'image (Images à suivre son dernier ouvrage, Bayard, 2011 ) . Interrogée sur France Culture immédiatement après l'annonce « Athènes renonce officiellement à la tenue d'un référendum » elle estime que l'idée d'un référendum a permis de « réintroduire la dimension politique là où elle avait été abandonnée » par l'Europe qui prend essentiellement « des décisions économiques et financières ». Elle juge sévèrement « l'arrogance, la violence » du « couple sauvage » Angela Merkel/Nicolas Sarkozy et rappelle que le mot « démocratie » vient du grec « demos », le peuple. La démocratie c'est la « mémoire  du peuple grec ». Les indignés ont raison de se révolter contre « l'indignité » qu'il leur est demandé de vivre...

En Grèce le peuple continue de refuser à payer pour les erreurs des gouvernants. Le site http://www.presseurop.eu/fr publie ce même vendredi 4 novembre « L’UE l’a bien cherché » de l'éditorialiste Marek Magierowski (SourceRzeczpospolita) revient avec humour à la réalité vécue par les Grecs. « "L’avenir de l’Europe" est la dernière chose dont se soucient les Grecs aujourd’hui. Vous imaginez un jeune chômeur de 25 ans qui voterait en faveur de réformes radicales parce que "l’avenir de l’Europe" l’exige ? Ou un fonctionnaire qui accepterait que son salaire soit réduit d’un tiers parce que c’est "ce qu’attend Berlin" ? » Pour lui «  les coupables sont les dirigeants de l’UE qui ont leurré l’opinion publique européenne en brandissant la vision d’une Europe de plus en plus démocratique, où les citoyens auraient de plus en plus leur mot à dire. Au lieu de cela, ils ont accouché d’un système qui n’a pas grand-chose à voir avec la démocratie."

jeudi, novembre 3 2011

Sauver un monde dont nous ne voulons pas

L'annonce d'une consultation d'une population sur un avenir qui les concerne met le feu à l'entre soi européen. Folie, bêtise, stupeur, les réactions de panique en disent long sur l'habitude prise par les gouvernants de ne plus considérer l'avis des populations qu'ils gouvernent comme le cœur de la démocratie. On se souviendra du NON clairement exprimé par référendum par la France à une constitution européenne peu lisible, par trop libérale et technocratique et annonciatrice des problèmes qu'on semble découvrir aujourd'hui: c'était un non de bon sens dont les gouvernants, à commencer par Nicolas Sarkozy, n'ont pas voulu tenir compte. Stéphane Hessel interrogé par David Eloy dans le supplément ALTERMONDES livré avec Liberation du 2 novembre 2011 propose une fois encore d'associer les peuples aux organisations internationales « C'est là que le système pêche : il fonctionne actuellement au profit d'oligarchies mondiales et pas au profit de la véritable démocratie ». Passer outre et prier les peuples « bien » voter, c'est-à-dire de voter selon ce que veut l'oligarchie politique européenne, quand bien même les décisions prises ont prouvé leur inefficacité ou leur nuisance, est une habitude dont il faut commencer à se défaire.

Ce retour à une véritable démocratie doit maintenant inclure la consultation de la société civile et de l'expertise citoyenne à tous les échelons de la gouvernance. Face à une pensée politique unique qui persiste à répéter en boucle que sauver un monde dont nous ne voulons pas à coups de milliards est « la seule solution possible », le web bouillonne d'idées innovantes d'analyses non conventionnelles, de propositions alternatives pour un autre monde. Le chaos précède la métamorphose.

Source image : Radio Grenouille
cet été une programmation « chaotique » en réponse «  à l’ordre imposé par les prophètes du profit »