
Selon un des français anonymes qu'on entend dans les émissions
"participatives", et qui s'apprête à voter à nouveau Ségolène Royal,
Nicolas Sarkozy a un programme pour la France, mais Ségolène Royal a un
programme pour la France ET les français. Assez juste, cette parole de
français : ce dont la France a besoin est d'un Président qui s'occupe au moins
autant des français que de la "grandeur de la France", de leur souffrance comme
de leur esprit d'entreprise, de leur frustration comme de leur sens de
l'innovation,
une France qui en a plus qu'assez d'être freinée et
contrainte par ses dirigeants, et en ce sens l'expression de
Nicolas Sarkozy "
la France exasperée" est bien choisie, mais cette
expaspération est "de gauche" également,
assez d'une classe politique
et d'un état qui n'ont pas su se moderniser au rythme de la frange de la
société civile la plus innovante et dynamique, plus intuitive et prospective
aussi que ses hommes politiques. Ségolène Royale a su capter ce désir
de changement des français, être à leur écoute, il faut qu'elle l'élargisse et
qu'elle le mette en mots encore plus forts et encore plus audacieux.
C'est aussi l'avis de Jacques Attali, interviewé par
Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 ce mardi 24 avril dans "La
Matinale des candidats": "le retard de la classe politique sur les Français
vient enfin d'être comblé". Lui qui est à la fois ami de Nicolas Sarkozy et
admirateur de la personnalité de Ségolène Royal ne conseille personne (il part
en Inde pendant une semaine pour Planète Finance) qu'il dirige. Mais
croit sur son blog à un Printemps
français:
« Le Printemps français
», au fond c’est la mort des dinosaures (parti communiste, FN) avec des partis
de gouvernement en situation de représenter le pays, grâce au réalisme des
électeurs. La modernisation tient à l’action des
français et la classe politique était en retard : modernisez
l’état !
Il répète (voir billet précédent) que l'élection se fera sur la
personnalité, le caractère, la compétence du candidat, plus que sur un
programme. Il juge "très habile et très cohérente la
proposition de Ségolène Royale" à François Bayrou,
elle agit dans la transparence, en "femme libre", la marque de son style. Il
avait déjà noté lors le discours le 22 avril : " elle est en contact
direct avec les Français".
Ségolène Royal est celle qui qui aura fait "bouger les lignes
"de la classe politique dans son ensemble, en ne se reposant pas
sur les mécanismes de parti les plus routiniers, et sur ceux qui ont été
rejetés par les français, une gauche trop libérale (avec un zeste de gauche
caviar...) et surtout trop "déjà vu". Elle a épuré la gauche de ses
"clichés de gauche" qui avait exasperé les électeurs de gauche de 2002, elle a
su reconquérir les classes moyennes qui avaient été abandonnées au profit des
plus désherités. Elle qui a su s'entourer pour arriver au premier tour
d'une équipe aux concepts innovants, devra faire savoir qu'elle va s'entourer
en tant que présidente d'hommes et de femmes "nouveaux"...peut-être avec un
soupçon d'hommes et de femmes "expérimentés"... pour rassurer. Le "mix" est
complexe et risqué, entre innover et rassurer, la marge de manoeuvre est
étroite, mais le second tour est "jouable", comme elle l'a dit elle-même,
avec lucidité et combattivité.
Alors restons en effervescence, en mots et en actions, pour la France du
changement, la France Présidente à l'écoute des français!