L'annonce d'une consultation d'une
population sur un avenir qui les concerne met le feu à l'entre soi européen.
Folie, bêtise, stupeur, les réactions de panique en disent long sur l'habitude
prise par les gouvernants de ne plus considérer l'avis des populations qu'ils
gouvernent comme le cœur de la démocratie. On se souviendra du NON clairement
exprimé par référendum par la France à une constitution européenne peu lisible,
par trop libérale et technocratique et annonciatrice des problèmes qu'on semble
découvrir aujourd'hui: c'était un non de bon sens dont les gouvernants, à
commencer par Nicolas Sarkozy, n'ont pas voulu tenir compte. Stéphane Hessel
interrogé par David Eloy dans le supplément ALTERMONDES livré avec Liberation du 2 novembre 2011 propose une fois
encore d'associer les peuples aux organisations internationales « C'est là
que le système pêche : il fonctionne actuellement au profit d'oligarchies
mondiales et pas au profit de la véritable démocratie ». Passer outre et
prier les peuples « bien » voter, c'est-à-dire de voter selon ce que
veut l'oligarchie politique européenne, quand bien même les décisions prises
ont prouvé leur inefficacité ou leur nuisance, est une habitude dont il faut
commencer à se défaire.
Ce retour à une véritable démocratie doit maintenant inclure la consultation de la société civile et de l'expertise citoyenne à tous les échelons de la gouvernance. Face à une pensée politique unique qui persiste à répéter en boucle que sauver un monde dont nous ne voulons pas à coups de milliards est « la seule solution possible », le web bouillonne d'idées innovantes d'analyses non conventionnelles, de propositions alternatives pour un autre monde. Le chaos précède la métamorphose.