Le blog de la ménagère

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mercredi, octobre 25 2017

Web Summit 2017 Lisbonne : tech, innovation et politique

Le Web Summit qui aura lieu à Lisbonne du 6 au 9 novembre affiche 60 000 participants, 160 Pays. Des entrepreneurs français y seront et auront l'occasion de rencontrer les personnalités les plus diverses du monde la tech et de l'entreprise mais pas seulement, l'éthique, la politique, la créativité, la gouvernance, la planète sont au rendez-vous. Le ministre de l'économie du Portugal Manuel Caleira Cabra ouvrira le Growth Summit. On y traitera économie, politique, marketing, crypto monnaie et même ...voitures volantes. Le social est présent aussi avec, par exemple, Crisis Text Line qui aide les gens en crise.  Dix millions de messages qui deviennent des données qui vont ensuite pourvoir venir en aide dans des situations d'addiction, d'abus sexuel, de suicide.  Janique Laudouar

Valentin Chaput est l'un des quatre fondateurs (avec Virgile Deville) d'Open Source Politics  et a été invité à intervenir au Web Summit «la où la tech mondiale se rencontre », tech, media et politique, Open Source Politics fait partie des mouvements de la civic tech qui ont joué un rôle actif lors des élections présidentielles et législatives en œuvrant pour la participation citoyenne. Depuis le printemps 2016 OSP est devenue une entreprise relevant de l’Économie sociale et solidaire, accompagnant les collectivités, les institutions, les gouvernements dans la transition numérique. Plusieurs entrées sont proposées sur le site, OPS a été facilitateur lors de plusieurs événements publics et ont accompagné Etalab, la Ville de Paris, ou encore Arc Innovation pour le Grand Paris. 

Qu'attend Valentin Chaput de sa participation au Web Summit ? 

VC L’intérêt c'est la présence d'acteurs importants. J'interviens le mercredi dans la partie Forum, technologie et politique.

JL A Lisbonne il y aura des personnalités du monde de la politique, des entrepreneurs, des innovateurs. Quels sont les thèmes qui t'intéressent ? 

VC Les plate formes numériques,  les données, la sécurité seront parmi les thèmes abordés.

JL Le management est aussi un des thèmes du Web Summit? Est-ce qu'on manage une entreprise Économie Sociale et solidaire comme une autre entreprise ? Est-ce que tu vas aussi en tirer quelque chose sur le management pour Open Sources Politics, il y a des CEO, des fondateurs et des managers importants ?

VC Nous sommes quatre fondateurs donc nous fonctionnons de façon horizontale, chacun a son mot à dire. Pour les décisions il y a un système de vote. L'économie sociale et solidaire a un statut, il y a un engagement de redistribution. Et puisque nous travaillons avec les logiciels libres il y a une multitude de collaborateurs autour de nous.

  "Avec le numérique, la démocratie continue entre les élections", peut-on lire sur le site d'OSP comme l'avait déjà montré l'initiative de make.org Réinventons l'Assemblée nationale le 20 septembre. L'Assemblée nationale consulte actuellement via une plateforme en ligne et recueille les propositions des citoyens jusqu'au 6 novembre.

JL Suite à la consultation des citoyens en ligne sur le site de l'Assemblée nationale et aux nombreuses initiatives de la société civile  est-ce que la consultation va enfin devenir un nouvel usage ? Est-ce que les parlementaires vont y recourir ?

VC Au niveau national, et aussi au niveau local, de plus en plus d'élus y sont ouverts. Dans la consultation actuelle sur le site l’Assemblée nationale, ce qui est intéressant c'est la perspective de changer la procédure et d'institutionnaliser la consultation.

JL « Une démarche de consultation doit être suivie et animée. Cela demande du temps et certaines compétences (création de contenus, newsletters, ateliers d'intelligence collective) ». peut-on lire sur le site OSP . Comment impliquer les citoyens, tous ont-ils envie de s'engager ? Ce ne sont pas les outils qui manquent, mais tous y-ont-il accès, comment faire en sorte que ça ne soit pas « toujours les mêmes?

VC En multipliant les points de contact, en parallèle à la consultation en ligne, Open Source Politics organise des ateliers « dans la vraie vie », et les opinions des participants sont répercutés sur la plate forme, ce qui incite à aller la visiter. Nous proposons des dispositifs à ceux que nous accompagnons.

JL Comment avez-vous été choisis pour accompagner la consultation sur le site de l Assemblée nationale. Vous avez fait un « pitch » meilleur que les autres ?

VC Il y a eu un appel d'offres, une consultation de plusieurs plate formes, on nous a demandé un devis, et nous avons été retenus. C'est vrai que le coté « logiciel libre » a compté. Techniquement c'est le site de l'Assemblée nationale qui reste hébergeur et gère l'informatique, nous avons aidé à la mise en place du dispositif et nous sommes responsables de la modération et de la synthèse finale.

JL Est-ce que le mot clef dans ce type de consultation via une plate forme n'est pas l'accompagnement, l'animation ? Et est-ce que vos partenaires, qui sont souvent des administrations, jouent le jeu ?

VC Oui, on attend d'eux qu'ils soient réactifs, qu'ils construisent des événements. Nous avons acquis de l'expérience, développé une méthodologie

JL En vue des élections législatives et présidentielles en France, il y a eu de nombreuses initiatives « civic tech », vont-elles continuer, comment vont-elles évoluer ?

VC En fait Open Source Poltics se positionne comme une Gov Tech, notre vocation est d'aider les gouvernements à utiliser les outils numériques. Sinon il y aura une pluralité de choix dans la civic tech, certains mouvements sont plus temporaires, comme #MaVoix ou La Primaire.org, d'autres affichent leur vocation de start-ups comme Voxe.org avec le robot VoxeBot.

JL Comment avoir la garantie que les contributions des citoyens seront repris dans la co-construction des lois ?

VC Il faut garder une vigilance, mais j'ai bon espoir que la démocratie citoyenne aboutira avant la fin du quinquennat.

Entretien avec Valentin Chaput Janique Laudouar

Pour rencontrer l'équipe d'Open Source Politics hackhatons et meet-ups. Prochain meet-up :

Consultation #ReformesAN : Le citoyen au coeur de la fabrique de la loi le 2 novembre au Liberté Living Lab 

dimanche, juillet 9 2017

OuiShare Fest 2017 passe à l'action

Photo  OuiShare Fest 2017 Stefano Borghi

lls viennent de Lisbonne, Barcelone, Berlin Gand, Montréal, San Francisco, Detroit, d'Islande, d'Argentine, de Tchécoslovaquie forts de leur expérience concrète. C'est comme ça que OuiShare avance et nous fait avancer : en multipliant les retours d’expériences des acteurs qui partout dans le monde contribuent au changement. La révélation de l’économie collaborative a eu lieu, sa critique aussi, OuiShare Fest 2017 passe a l'action. Après l'exploration, c'est l'explosion. Un feu d'artifice d' expériences concrètes, de démarches, de réussites, des outils, des méthodes, avec un zeste d'ambiance  new New Age sous le soleil californien de Pantin.  

                                                                                                                                                                          Janique Laudouar

De Révolution à Évolution

En 2014, Pia Mancini portait un message révolutionnaire “ quelle démocratie a l'heure d'Internet?” et démontrait l’archaïsme des systèmes de gouvernance. Elle affirmait. “Nous voulons notre place a la table des décideurs” en proposant une plate-forme de vote Democracy OS et le Net Parti a Buenos Aires.Les collectifs citoyens français s'en sont inspirés pour faire entendre leur voix lors des élections présidentielles et législatives. “Reprendre le pouvoir par l'action collective” était la thématique du premier jour du Fest, avec un  fish bowl sur la mise à jour de la démocratie – la Civic Tech peut-elle aider?.

Pia Mancini revient a OuiShare Fest pour contribuer a la conversation : les institutions peuvent-elles rivaliser avec des citoyens agiles, connectés, impatients de participer a la co-construction des lois et qui ont développe des plate formes numériques opérationnelles? Amelie Bazet tente de défendre le point de vue d'Etalab qui a plusieurs reprises a fait appel a la société civile pour participer au projet Open Gov, une initiative à échelle mondiale qui vise à améliorer les modes de gouvernance. Mais le temps long de l'administration est-il compatible avec la réactivité des start-ups privées qui offre déjà les services dont les citoyens ont besoin? Et l'administration n'a-t-elle pas dans ses gênes l'instinct de conservation avant tout?
Ce sont des activistes comme Jeremy Heimans présent à OuiShare qui ont initié des mouvements comme Avaaz, (
qui revendique 20 millions de membres) “qui permet aux citoyens de peser sur les décisions politiques partout dans le monde” et ont impulsé de nouveaux usages numériques. "Il prône une transformation en profondeur de l’idée même de pouvoir dans les sociétés connectéesavec Purpose purpose.com/".  "Gunnar Grimson geek et analyste venu d'Islande est catégorique, il tweete : “si nous n'avons pas de participation citoyenne, nous n'avons pas de démocratie” et une suggestion “le meilleur moyen de s'assurer de la participation citoyenne, c'est de s'assurer qu'ils s'amusent en participant! ”Mais le fun ne garantit pas d'avoir un représentant à l'Assemblée nationale au bout du compte. ” La Civic Tech elle même doit apprendrea se relier entre collectifs ayant des objectifs similaires. Cette reliance tant clamée ne semble pas avoir eu lieu entre mouvements, malgré les efforts de Synergie Démocratique, par exemple, pour cartographier les mouvements citoyens ou Voxe.org qui poursuit sa mission “pédagogique” d'information politique avec le robot VoxeBot . Les administrations et certains ministères ont trop longtemps -depuis plus de quinze ans - sous-estimé la mutation mondiale et le changement d'ère – que représentait le numérique, tandis qu'une partie de la société civile agile avançait dans ce nouveau monde en bravant les entraves. Créer de nouvelles alliances avec les citoyens et les entrepreneurs semble la solution la plus réaliste. Justement, à OuiShare, on découvre comment. 

Nouvelles alliances

Aujourd'hui le nouveau monde est là et les institutions réalisent qu'il faut faire avec. Plus question de résister il faut s'allier. C'est ce qu'ont compris des territoires et des villes innovants, qui ont choisi de se faire accompagner dans leur transition par de jeunes entrepreneurs qui ont dans leur parcours l’expérience de la civic tech et du développement de plate formes dédiées a la démocratie digitale.  d'abord un mouvement en faveur de la participation 

"De la vision au changement: façonner l'histoire de nos villes avait pour objectif de discerner les meilleurs outils de dialogue entre ville et citoyen:« l'engagement démocratique nécessite un certain nombre d'outils disponibles et accessibles pour chaque citoyen. Les plate-formes open source sont un point clef. Mais il y a aussi d'autres formes de communication, face à face, différents media, applications, chats, commentaires, quels sont les plus pertinents ? »

http://www.opensourcepolitics.eu/d'abord un mouvement en faveur de la participation citoyenne est devenu une entreprise, qui propose des solutions civic tech, forte de toute l’expérience citoyenne de Valentin Chaput et Virgile Deville, ses co-fondateurs, qui ont accompagné, avec CivicWise, le vaste projet Arc de l'innovation. ambition de fédérer les territoires a l'Est de Paris autour de valeurs communes par le rapprochement d'acteurs investis dans l'innovation.“ la collaboration territoriale comme levier de développement de la nouvelle économie" “la gouvernance ouverte et agile du projet” lui a valu d'être lauréat des Defis Urbains 2017. Un processus itératif de co-construction, avec l'esprit d'entreprise sociale que revendique Open Source Politics et l'expérience internationale de CivicWise sur les villes. Un bon exemple de passage de l'activisme politique a la concrétisation.

Un atelier sur les communs et un nouveau lieu The Camp ....soon soon soon ...

Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martelait en conclusion de OuiShare 2016 Yochai Benkler (Harvard). Les communs ont bien été abordés dans unatelierqui a eu l'air de passionner les participants “Quels communs pour un tiers-lieu ? Quels sont les critères de réussites, notamment d’un point de vue juridique “? je suis arrivée au moment de la restitution des ateliers, pas assez pour commenter mais assez pour savoir qu'un nouveau lieu allait être lancé
The Camp (Marina Rachline et Antoine Meunier). Manquait sans doute une bibliographie celle fournie par P2P Fondation entre autres, expert du sujet. On pouvait prolonger sa curiosité avec la mini-librairie proposée dans le Circus des Magasin Généraux selon la tradition de OuiShare.

Dépasser le modèle de la Silicon Valley


Non la France ne doit succomber à la dictature de l’innovation qui règne dans la Silicon Valley,”,écrit Mehdi Medjaoui, speaker qui nous alerte sur les abus de création de start-up comme produits financiers éphémères, ça passe ou ça casse. Et ça casse dans beaucoup de cas comme le confirmera Nicolas Colin (The Family) Il y a heureusement d'autres modèles pour booster les entrepreneurs. Encore faut-il réajuster la notion d'entrepreneur et la démystifier, ce que fait magistralement Nicolas Colin en 13 slides coups de poing dans la session modérée par par Benjamin Tincq avec, Jennifer Clamp(Techweek Nouvelle Zelande) et Rui Quinta(With Company, Portugal). Moins connu que Barcelone, la démarche de Lisbonne est présentée par Rui Quinta Managing Partner and Strategist à With Company. adepte de la culture du Design Thinking. C'est ainsi qu'est né le projet #definelisboa Define Lisboa http://definelisboa.pt/, une démarche de co-construction entre la ville de Lisbonne et ses habitants qui commence par une provocation Lisbonne est-il le nouveau Berlin? Un appel sur la plate forme dédiée : Comment voyez-vous Lisbonne?
Et les lisboètes se sont exprimés par dessins, par couleur, par petite phrase
http://definelisboa.pt/resultsComment voyez-vous son écosystème d'entrepreneurs? “ Le premier incubateur est né d'une volonté de la ville de Lisbonne http://fablablisboa.pt/, d'autres ont suivi. Lors d'un récent voyage à Lisbonne on a pu constater la vitalité des start-ups et des lieux de co-working.

La démarche de Rui Quinta et de tous les nombreux participants (60 entretiens) abouti à la co-construction d' une cartographie de l'écosystème des start-ups. Il nous livre sa recette pour s'assurer de l'engagement citoyen.

  1. Provocation
  2. Participation
  3. Inspiration
  4. Co-création
  5. Validation
Par ailleurs Rui Quinta colle parfaitement avec la culture de la ville puisqu'il est aussi impliqué dans la traditionnelle poissonnerie de famille Peixaria Centenária  dans le quartier de Praça de Flores....et sur facebook naurellement!

L'exemple de Barcelone BARCELONA DIGITAL CITY est souvent cité https://barcelonaencomu.cat/ et Francesca Pick nous en fait la présentation en slides https://www.slideshare.net/francescabria/bcn-digital-ouishare-fest-2017. On peut également lire l' entretien par Albert Cañigueral OuiShare Barcelona Connector dans OuiShare Magazine

Lors d'une autre table ronde, Le maire de la ville de Genk, Wim Dries,très pro-actif et très applaudi fait part de façon honnête des difficultés concrètes qu'il rencontre : comment convaincre les habitants qui laissent leur voiture inutilisée pendant 7 heures par jours de la partager? On attend avec impatience la traduction de l'essai sur la cartographie sur les ressources citoyennes réalisée en mai juin 2017 par Michel Bauwens P2P Fondation,

La conclusion commune à la thématique des villes : il ne suffit pas pour les villes de multiplier les incubateurs ou les espaces de co-working, il faut s'assurer que l’intérêt du citoyen est réellement pris en compte. Les données, oui, mais au service du citoyen.


Sharing : partager l'humain

Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même”. Paola Tubaro et Miriam Notten Managing consultant, La Red (Pays-Bas) poursuivent l'étude commencée avec Antonio Casilli sur les connexions établies à OuiShare. Avant OuiShareFest et après OuiShare Fest. Elles ont mené un atelier sur le sujet. L'art de la connexion n'est pas inné, il se cultive, et oui, c'est vrai nous apprenons des autres. https://databigandsmall.com/sharing-networks-2017/

De la sharing economy, l’économie de partage, on retient davantage à OuiShare Fest 2017 le mot partage humain plutôt qu’économie de partage, même si l’économie et la finance sont abordes sous divers aspects. Un thème récurrent est celui du partage de la découverte de ce nouveau monde, sortir de l’élite connectée, aller vers les autres. Pendant ces trois jours on aura moins parle de connexion à Internet que de connexion entre êtres humains : connexion entre les gens, les projets, les communautés, les villes, leurs habitants.

Le co-living, qu'est-ce que c'est ? Un phénomène qui prend son essor. Inês Santos Silva, Aliados (Portugal) Futuriste, expert en social good, modérait une session au Théâtre en posant la question, c'est pour qui le co-living? Ed Thomas présentait The collective, "une nouvelle façon de vivre à Londres", enthousiasmant,  Fabrice Simondi CEO Pure House. Autre session avec Pure House qui cherche à savoir ce qui est à partager en nous interrogeant. Révélateur !Partager sa chambre, sa salle de bains, son jardin? J'ai participé à une conversation informelle et je ressors...avec de nouvelles connexions dont une start-up luxembourgeoise Äerdschëff , "traduction luxembourgeoise de « earthship » et que nous nous inspirons de ce concept inventé par Mike Reynolds dans les années 70 dans le désert de Taos, aux États-Unis. Un Äerdschëff est un bâtiment dont les 5 principes fondateurs se basent sur la production et la gestion off-grid de ses propres ressources pour satisfaire les besoins de l’Homme de manière résiliente et durable : l’autonomie en eau, en assainissement,en électricité, en chauffage, et même l’autonomie alimentaire." Peut-être que dans le désert rural français...

J'aurais aimé répondre à l'invitation « d'expérience sensorielle »de Gabriela Montero fondatrice de Gastronomia Viva, Viva con Amor!  sur le Floating Fest le long du canal …trop tard ! Mais je vais la « suivre ». Une autre conférence " Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional" consacrait la révolution culturelle qui s'opère actuellement autour de produire et se nourrir. On pouvait revoir Malik Yakini, directeur exécutif du Réseau de la sécurité alimentaire de la communauté noire de Detroit, raconter comme dans le film Demain le renouveau de Detroit.

La technologie, oui mais quel impact?

Et le numérique? Tout le monde – ou presque - est maintenant conscient qu'on ne parle plus d'outil mais d'une mutation irréversible qui affecte tous les domaines et toutes les couches de la société. “C'est l'étape d’après” lance Antoine Brachet qui travaille dans une entreprise numérique et a co-fondé Les 100nBarbares qui a réuni il y a 2 ans 100 entrepreneurs du numérique décides a se faire entendre. Il suit une masterclass sur l'intelligence collective qui confirme son intuition que chaque personne est singulière et que c'est cette singularité qu'il faut savoir valoriser et laisser s'exprimer. « De la même manière que la permaculture tire partie de la biodiversité, on peut créer de la valeur en tirant le meilleur parti des compétences et aspirations des individus » démontre un récent article d'Usbek et Rica (Vincent Lucchese), « Le coût humain de l’effondrement sera dramatique » https://m.usbeketrica.com/article/le-cout-humain-de-l-effondrement-sera-dramatique une mise en garde qui aborde l'innovation sous l'angle du biomimétisme et de la a permaéconomie. Le contraire de notre éducation nationale, qui se méfie des singularités et les électrons libres et ignore ses élèves “hauts potentiels”! D'où le succès d'initiatives privées, comme Station F, qui vient d'ouvrir ses portes là encore, la société civile avance. Le biomimétic design était présent à OuiShare"Design Biomimétique: Écouter la Nature et (se) Construire avec elle". A suivre.

La master class sur les API d'un niveau “tout public” avait comme objectif de nous initier à l'API (Application Programming Interface) ce qu' a fait qu' a fait Arnaud Lauret IT architect at AXA Banque, the API handyman en nous décryptant le monde des API appliqués à la sharing économy : Facebook, Salesforce, Google, Netflix, Paypal, Twitter, Amazon Web Services. Les chiffres parlent : 1 million d'API dans le monde.

Plus philosophique et culturelle Mehdi Medjaoui, USA (https://oauth.io/home, apidays conferences http://www.apidays.io/ ) nous ouvre les yeux sur l'incroyable expansion de l'univers des API qui est en train de métamorphoser le commerce mondial. "Mehdi Medjaoui : “Le design des API conditionne la forme du monde de demain” On lira avec profit l'article de Diana Filippova pour KMF  "sa vision de l’entrepreneuriat, des API et de la tech est d’abord politique." Pas une masterclass technique, mais une master class éveil au véritable « challenge culturel » que représente l'expansion mondiale des API. Des entrepreneurs classiques y assistaient, conscients de la nécessité de mener à bien la transition digitale de leur entreprise.

Un regret : ne pas avoir suivi les masterclass sur l'organisation des plate-formes de Francesca Pick, http://ouishare.net/en, https://encode.org/ https://enspiral.com/  et Simone Cicero , Platform Design Toolkit.

Distribution de badges OuiShare Fest à un groupe de jeunes près du Canal de l'Ourcq, une jeune fille demande "C'est la Seine?"

Tous engagés dans vos villes?

Paradoxalement, c'est au moment où les villes et les territoires s'avisent de faire participer les citoyens, de booster les entrepreneurs sur leur territoire, que le problème se pose : comment susciter l'engagement citoyen? Sortir de l'entre-soi est définitivement l'un des points communs à bon nombre de sessions et d'outils présentés à OuiShare Fest 2017. Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes attire un public nombreux à la Factory. Bilan.

OuiShare Magazine dans un article de Samuel Roumeau retrace les débuts de ce projet d'accompagnement, dont l'ambition était de co-construire une boîte à outils commune. "A l’automne 2014, OuiShare a lancé un projet ambitieux d’accompagnement des collectivités locales visant à saisir les nombreuses opportunités offertes par l’économie collaborative sur un territoire. Ce nouveau projet se nomme Sharitories.
Aujourd'hui les plate-formes de consultation des citoyens existent, Civocracy, (Héloïse Le Masne) Collecticity (Julien Quistrebert). "Ne laissez pas les autres décider sans vous!" nous dit Civovracy, décidez du futur de votre école, de la sécurité des rues..tandis que Collecticity est dédié au financement participatif des projets publics. Oui mais...on ne peut pas forcer un maire de ville ou de village à utiliser les plateformes ou un citoyen à être actif dans sa ville. Sauf que ...nous dit Floris Voorink, City of Hilversum (Pays Bas) "décider "d'en haut" et sans consultation, ça ne marche plus! A la moindre décision, vous risquez d'avoir tout un groupe de citoyens qui proteste! Vous devez donc trouver un moyen de les faire participer!"

L'engagement citoyen est devenu une nécessité mais être un citoyen actif suppose un certain nombre de pré-requis, pas toujours partagés par le plus grand nombre. On ne peut plus parler de “fracture numérique” au sens informatique du terme, il est aujourd'hui facile et bon marché d'être connecté. Les associations locales, le réseau existant des EPN (Espaces Publiques Numériques), les tiers-lieux son là pour acculturer à la pratique d'Internet. Oui, mais il ne s'agit plus seulement de pratiquer le “numérique”, mais d'être immergé dans un monde global digital L'outillage n'est plus le même. Avoir un smartphone ne signifie pas savoir s'en servir pour communiquer et se relier en tant que citoyen à sa ville. Car la panoplie du citoyen est considérablement “augmentée” : savoir utiliser les applis, la vidéo, what's app ou snapchat, les facebook live, skype, s'y retrouver dans l'univers des APIS, réserver un hotel, un appartement, un billet de train. On peut imaginer -mais une étude a-t-elle été faite – qu'une partie de la population est aguerrie, quelque soit son âge, car les seniors ne sont pas en reste, mais les autres? L'échange se limite au texto individuel de base?

Darwin (Bordeaux) est un exemple de création bottom up d'une synergie dans la ville. Adopté et occupé par les habitants, il est difficile aujourd'hui de le remettre en cause pour un projet top down de plan d'urbanisme officiel conçu bien avant. Le temps de la technocratie entre la décision et la mise en œuvre ne peut rivaliser avec les nouvelles valeurs de la société civile : réactif, créatif, ephémére, mobile, adaptable.

Après le film DEMAIN de Cyril Dion et Mélanie Laurent, le documentaire "PRINTEMPS CITOYEN "vous emmène à la rencontre de personnes qui un peu partout sur la planète s'efforcent de ré-imaginer et d'améliorer nos systèmes politiques. Dans cette quête de changement la ville devient un terrain privilégié pour expérimenter de nouvelles pratiques démocratiques.” et un débat suit comment les citoyens peuvent-ils se réapproprier leurs villes? Au-delà d'un gadget participatif, comment porter les Civic Tech à l'étape d'après ?

Antonin Léonard (à droite)  et un chapeau OuiShare Fest 2017 pensent déjà à l'étape d'après

L'étape d'après?

Is France the place to set up your creative business? “ Pub dans le New York Times, rendez-vous annuel à Las Vegas, l'état s'est emparé de l'innovation et du numérique et la French Tech est devenu un label. Mais clairement c'est la société civile et les entrepreneurs privés qui mènent la danse du Futur aujourd'hui. Des Peter Thiel, des Elon Musk, existent en Europe et il faut les soutenir plutôt que réinventer des structures étatiques qui seront de toute façon en retard. On peut citer Faut-il imposer la mise à jour de nos administrations trop frileuses face au numérique? Pas de “top down” préconise Xavier Damman , CEO d'Open Collective co-fondé avec Pia Mancini. “Ne perdons pas de temps à convaincre ceux qui n'ont toujours rien compris, il y a suffisamment de gens dans le monde qui veulent changer et innover, identifions les obstacles qu'ils rencontrent et soutenons les.”Et les obstacles restent nombreux : l'écart entre riches et pauvres, la frilosité et l'archaïsme des institutions, le manque de curiosité des médias classiques qui se cantonnent confortablement dans l'ancien monde et font défiler “toujours les mêmes”.
Le thème de la justice sociale était abordé sous de multiples angles « Grands ensembles: comment sortir de 'l'erreur collective » réunissait sous la tente urbanistes, architectes, associations
Fatima Idhammou,  Sarcelloscope, Layla Zanifi,, L'ATELIER D'EDGAR, Arthur de Grave et bien d'autres parmi les participants..Taoufik Vallipuram de OuiShare qui co-modérait a animé un grand nombre de conférences et élaboré des évènements prospectifs dont le Forum Demain Habiter en Partage (Habitat groupé, coopératif, multigénérationnel, espaces partagés, co-living). De nombreuses initiatives interrogent la place du collectif dans le logement. Furent cités Levi-Strauss par Arthur de Grave et Julien Talpin, Community organizing : De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis de et Sylvie Tissot L’État et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique ».Nous avons des chercheurs, sachons nous inspirer de leurs analyses, et des réflexions pertinentes émises par un public averti. Des expressions comme « politique de la ville » ou « le vivre ensemble » ont fait leur temps et nombre de concepts de « l'ancien monde » ont prouvé leur inefficacité.
La colère contre l'establishment risque de prendre des formes bien plus violentes que le Brexit ou le rejet des partis politiques classiques. Aux mêmes dates que Le Fest se déroulait à Hambourg en Allemagne des manifestations contre le G20, voitures et vitrines saccagées, les affrontements entre les manifestants anti-G20 et les forces de l’ordre continuent à se dérouler non stop dans la nuit de jeudi soir.

OuiShare sur Instagram #ouishare

L'identité OuiShare

Se pose la question de l'identité de OuiShare. Quel positionnement futur? OuiShare, c'est un état d'esprit, oasis de civilité et de partage, OuiShare Fest, un moment de grâce. Comment le prolonger? Lamarque OuiShare a su s'internationaliser avec des événements à Barcelone, en Amérique latine, un réseau de 20 villes, une'équipe de 80 connecteurs dans le monde rodée à l'organisationnel, sans compter les milliers de fans connectés. Cette année OuiShare s'est approché des missions d'un organisme de formation en outillant les participants avec les masterclass. J'imagine OuiShare en CapGemini du Futur, en consultant de l’Éducation nationale ou du Ministère du Travail. Ce Think Tank du nouveau monde, quel bénéfice pour nos institutions encore trop souvent démarchées par des entreprises de "l'ancien monde"! L’évangélisation est toujours dans l'ADN de OuiShare qui prouve une fois de plus sa capacité à capter les nouvelles valeurs et à renouveler ses dispositifs. Oui, mais qu'en faire, comment les disséminer et les partager? Avoir une vision d'ensemble du projet n'est pas si facile malgré les données ouvertes et le travail considérable de l'équipe. OuiShare se veut modeste, responsable, et l'est, et prône les valeurs d'open source http://opensource.ouishare.net/ mais de façon ...aristocratique, ce qui est une valeur ajoutée, mais risque de déconcerter des organisations et les services publics moins sophistiqués. On sort de OuiShareFest galvanisé, mais l'effet risque d'être de courte durée s'il n'est pas relayé tout au long de l'année et par un changement d'échelle significatif en 2018 – laissons un peu de temps. 2018: IMPACT!

Et on quitte les bords du canal de l'Ourcq et la sympathique fiesta brésilienne et tous ces gens qu'on aime bien un peu frustré : la profusion de propositions nuit un peu à l'appropriation.Less is more. Un peu moins d'intervenants et un peu moins de redondance entre sessions? Un peu plus d'espace de synthèse et d'échanges où on réunirait les attendees participants à une même session pour savoir ce qu'ils en ont retenu et ce qu'ils vont pouvoir mettre en pratique dans leur vie? En théorie, c'est prévu dans le programme, mais pas vraiment matérialisé. Trop de soleil, peut-être, sur les Magasins Généraux. L'application Sched utilisée pendant les Fest le permet et OuiShare la maîtrise parfaitement. Les connexions existent - en théorie, et d'ailleurs sont effectives, je suis sûre que comme moi les participants suivent maintenant sur twitter les intervenants qu'ils ont apprécié, et et les liens qui sont pertinents pour leur activité. Ce que je retire de OuiShare cette année : l'envie de me plonger dans les vidéos, ce que je ne fais jamais. Parce que j'ai entrevu des micro-solutions dans tous les domaines qui touchent de près ma vie, manger, habiter, se connecter, communiquer, aider les collectifs que je soutiens à gérer leur-plateforme, et que j'ai envie d'approfondir et de partager . Nous avons glané à OuiShare fest 2017 une panoplie d'outils pour le nouveau monde, il faut entretenir la flamme. Une suggestion assez simple à réaliser : un Best of de OuishareFest avant la fin de l'année avec projection des vidéos et un débat. Formule un peu classique mais on peut y ajouter danses sacrées, méditation etmindfull business, ce dont nous avons tous besoin.

                                                                                                                                                                               Janique Laudouar

Bye bye OuiShare Fest Paris, rendez-vous 19 au 21 novembre à Barcelone  http://bcn.ouisharefest.com/