Philosophe et écrivain,
directeur de recherche au CNRS
Marie-José Mondzain est d'abord une experte du décryptage de l'image
(Images à suivre son dernier ouvrage, Bayard, 2011 ) . Interrogée sur
France Culture immédiatement après l'annonce « Athènes renonce
officiellement à la tenue d'un référendum » elle estime que l'idée d'un
référendum a permis de « réintroduire la dimension politique là où elle
avait été abandonnée » par l'Europe qui prend essentiellement « des
décisions économiques et financières ». Elle juge sévèrement
« l'arrogance, la violence » du « couple sauvage » Angela
Merkel/Nicolas Sarkozy et rappelle que le mot « démocratie » vient du
grec « demos », le peuple. La démocratie c'est la
« mémoire du peuple grec ». Les indignés ont raison de se
révolter contre « l'indignité » qu'il leur est demandé de
vivre...
En Grèce le peuple continue de refuser à payer pour les erreurs des gouvernants. Le site http://www.presseurop.eu/fr publie ce même vendredi 4 novembre « L’UE l’a bien cherché » de l'éditorialiste Marek Magierowski (SourceRzeczpospolita) revient avec humour à la réalité vécue par les Grecs. « "L’avenir de l’Europe" est la dernière chose dont se soucient les Grecs aujourd’hui. Vous imaginez un jeune chômeur de 25 ans qui voterait en faveur de réformes radicales parce que "l’avenir de l’Europe" l’exige ? Ou un fonctionnaire qui accepterait que son salaire soit réduit d’un tiers parce que c’est "ce qu’attend Berlin" ? » Pour lui « les coupables sont les dirigeants de l’UE qui ont leurré l’opinion publique européenne en brandissant la vision d’une Europe de plus en plus démocratique, où les citoyens auraient de plus en plus leur mot à dire. Au lieu de cela, ils ont accouché d’un système qui n’a pas grand-chose à voir avec la démocratie."