Dans un billet intitulé
« garageland » le journaliste et blogueur J.C Féraud justifie la mise
en « pause » de son blog MON ECRAN RADAR
« Ces derniers temps, Mon Ecran Radar sort rarement du garage où je
l'ai temporairement garé cet été, après deux ans d'usage intensif et très
exactement 100 billets
au compteur ». J'ai arrêté, puis repris, Le Blog de la
Ménagère, et ce propos me touche. « Blog en pause pour une durée
indéterminée "est un message qu'on rencontre de plus en plus. « Je
suis pris de vertige face à l'accélération du monde, à la
folie de l'internet temps réel sur Twitter et ailleurs. Les journées filent à
la vitesse de la lumière dans la fibre optique. Comme tous les journalistes de
l'an 15 après Internet, je me sens submergé par l'actualité devenue
folle. » Aveu annonciateur d'un proche essoufflement général
? « Résultat mon blog dérive lentement dans le cyberespace, comme
un vaisseau en panne de carburant. » Mon Ecran Radar participe
néanmoins au http://www.golden-blog-awards.fr/ Good
Luck!
Publier, oui, mais à quel
prix? Combien de dimanches ensoleillés à pâlir devant l'écran, combien de temps
passé à ajuster les mots et les images et pour quelle gratification? Combien de
temps à se « reconfigurer » et se mettre à jour, s'approprier les
nouvelles applications? Nous sommes devenus des logiciels humains, soumis à une
fuite avant quotidienne. Pour quel avantage? Economique? Très peu tirent leur
épingle du jeu. Social? Que de gloires éphémères...Non, il s'agit du désir de
participer qui n'a pas encore été à ce jour analysé, de cette furie de
« vivre dans le courant » pour reprendre l'expression de la
sociologue Danah Boyd citée par Internet actu.

Pèse sur nos épaules de blogueur tout ce qu'on ne fait pas à cause ce sacré devoir qu'on s'est auto-assigné : nourrir notre monstre en ligne. Tailler ses rosiers, prendre le thé chez le voisin, faire un gâteau au chocolat peu à peu ont fait place au maintien chronophage de notre identité virtuelle. Hier encore nous étions prêts à tout pour que notre radeau se maintienne à flot dans le sillage des grands voiliers. Prendre part à la course semblait un objectif naturel. On ne se posait pas la question. Aujourd'hui, les questions se posent dans la vraie vie, peut-être parce qu'elle est plus que jamais menacée et que les enjeux du monde actuel sont forts. Le dysfonctionnement du monde réel nous empêche de mener la belle vie sur les réseaux. Et s'impose une autre tentation pour notre vie virtuelle : le mode pause.