Le blog de la ménagère

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mardi, mars 8 2016

Loi, travail et numérique : les ministres lisent-ils les rapports?

« On a manqué une occasion historique de repenser le travail au 21ème siècle » Diana Filippova Ouishare .  On parlera aussi du Travail ce soir 8 mars 2016 à Paris à la Mutinerie  "Human After All - #1 La fin du salariat" et table ronde "CPA" à Numa Paris animée par Diana Filippova et Arthur de Grave (Ouishare)

Travail : que fait-on de notre expertise numérique ?

« On a manqué une occasion historique de repenser le travail au 21ème siècle » Diana Filippova de Ouishare, auteur de La Société collaborative La fin des hiérarchies ( Ouishare 2015),lors de l'émission de Frédéric Taddéï Ce soir ou jamais dont le thème était " La loi Travail : un débat historique ?"Cette phrase de Diana Filippova explique l'ampleur de la controverse autour de la loi sur le travail. En 2016 cette loi sur le travail apparait comme étriquée aux yeux des experts du numérique, inadéquate pour les syndicats, et finalement inacceptable aux yeux de tous. Ironie, c'est Martine Aubry qui rappelle qu'une loi sur le travail ne peut faire l'impasse sur «les nouvelles technologies » et que « il faut parler de l'ubérisation de la société » 

Lors du Ouishare Fest 2015, axé sur la société collaborative, nous écrivions « Consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle. »

Ouishare Fest 2016 fera le point, avec, nouveauté, une organisation interne reposant sur la technologie blockchain. «Internet a permis l’émergence de formes d’organisation où la valeur n’est plus produite par une entité centrale, mais par tout le monde. Les intermédiaires coordonnent les individus et agrègent la valeur en un service. » (Primavera de Filippi, expert blockchain).Nous avons des chercheurs, nous avons des think tanks de tout bord. Citons The Family, avec la publication de Nicolas Colin et Henri Verdier qui a fait dateL'âge de la multitude: Entreprendre et gouverner après la révolution numérique (2012, Armand Colin). Le collectif Les 100 Barbares, qui avaient réagi pour la prise en compte des entrepreneurs du numérique. Nous avons des pionniers comme Le Cube à Issy-les-Moulineaux qui propose Les rendez-vous du futur et édite la revue prospective La Revue du Cube.  "Vous ne perdrez pas vos 59' à regarder cet échange vidéo entre 2 pointures", nous recommande Xavier de Mazenod : Michel Serres et Bernard Stiegler débattent pour la revue Philosophie. Parmi les philosophes qui ont écrit sur le sujet, Bernard Stiegler, « L'emploi est mort, vive le travail » Nous avons la French Tech, nous avons des écoles du code, même en milieu rural, Nous avons des Commissions, nous avons des Délégations, nous avons des Hautes Autorités et des Hautes Ecoles, de multiples débats sur la place publique initiés par des trentenaires actifs et entrepreneur.  Que fait-on de l'expertise de notre écosystème numérique ?

Loi sur le travail et numérique : les ministres lisent-ils les rapports qu'ils commandent ?

On pourrait en douter . On peut lire sur le site du Ministère du Travail : « Le DRH d’Orange, Bruno Mettling, a remis mardi 15 septembre son rapport « Transformation numérique et vie au travail » à Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. » 36 préconisations. L’auteur du rapport voit la transformation numérique comme « une opportunité pour permettre la mise en place progressive de nouvelles organisations du travail plus transversales, plus souples, de nouveaux modes de fonctionnement, plus coopératifs et plus collectifs ». Puis, c'est Benoît Thieulin, entrepreneur (Netscouade) et expert, qui lui succède en tant que Président du Conseil National du Numérique à l'époque. 20 recommandations. « A l’occasion de la remise du rapport “ Travail, Emploi, Numérique, les nouvelles trajectoires ” à Myriam El Khomri le 6 janvier 2016, le Conseil national du numérique (CNNum) présente 20 recommandations pour ouvrir de nouvelles trajectoires au travail et à l’emploi à l’heure du numérique. » Trois axes : "Quels nouveaux métiers, quelles nouvelles compétences et comment conduire la transformation numérique des entreprises ?"quelles sont les pratiques des services publics dans le monde". « Comment l'automatisation et la numérisation des activités agissent-elles sur le travail et ses conditions ? »

Tenir compte de la métamorphose décryptée dans les rapports, cesser de nommer crise un changement de paradigme, analyser le travail dans le contexte d'une mutation majeure, les solutions sont en grande partie dans l'écosystème numérique que nous avons tous contribué à bâtir.

Janique Laudouar



vendredi, juin 12 2015

Ma contribution sur Parlement & Citoyens : co-construire la Justice à l'ère numérique

Co-construire la Justice à l'ère numérique

La nouvelle version de Parlement & Citoyens est opérationnelle ! Ma contribution "Co-construire la Justice à l'ère numérique avec et par les citoyens" est aujourd'hui 12 juin est  particulièrement d'actualité : on découvre une fois de plus les failles de notre système judiciaire dont nous avions déjà souligné la lenteur. L'aspect balzacien de certains cabinets d'instruction laisse rêveur... Après 4 ans d'instruction la relaxe est prononcée pour Dominique Strauss-Kahn. Un commentaire de Jack Lang sur BFM TV relayé par le Hufftington Post fustige ces "instructions  inconsidérées, bâclées" et parfois uniquement à charge. "Une fois de plus, la question de l’institution du juge d’instruction est posée en France. Cette situation dans laquelle un juge d’instruction peut mettre en cause l’honneur et la dignité d’un homme ou d’une femme pendant des années est inacceptable"déclare-t-il. Ces carences ne concernent pas seulement les "people" et les personnalités médiatico-politiques, mais aussi de simples citoyens. Et puis  aussi le journaliste blogueur, le lanceur d'alerte, le fonctionnaire en désaccord avec son administration.

Nous souhaitons la collaboration du citoyen à ce qui le regarde au plus haut chef : une justice moderne, accessible, lisible, qui n' a plus peur d'admettre ses erreurs et d'ouvrir de vraies voies de recours en défense des libertés. Pour y arriver : l'implication active des « pratiqueurs », pour reprendre le terme du chercheur d'Emmanuel Mahé et des « experts amateurs » que sont devenus les citoyens aujourd'hui, et qui peuvent être des collaborateurs, des co-auteurs, à l'ère de la participation et de l'interaction.C'est pourquoi loin de dresser un plan tout fait, nous proposons quelques pistes pour une « Justice numérique » qui seront complétées par la réflexion collective.

Janique Laudouar

Une "ambition numérique" dirigée vers les citoyens

Thierry Mandon Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification  visite le 19 mai  les ateliers organisés par la Mission Etalab et animés par Colibri "« Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ? "C'est la co-construction des lois qui vient en tête des sujets plébiscités.

Il est plus que temps de faire entrer notre système judiciaire dans l'ère numérique". Ce constat issu de la  consultation "Ambition numérique"(CNNum) devient une urgence. 95% des citoyens sont mécontents de la justice, de sa lenteur, de son opacité, de ses lois archaïques et complexes, et appellent à une simplification. Dans cette même consultation du CNNum, l'Ordre des avocats de Paris écrit "Le monde est devenu numérique alors même que la justice et le droit français continuent de l'aborder avec les outils légués par le XXème siècle".  On cite justice et médias, justice et politique, mais on oublie trop souvent la justice ordinaire qui par son incapacité à entamée une réforme dirigée vers les citoyens envahit leur vie parfois pendant des années avec des instructions qui s'éternisent.

Steeve Morin, développeur informatique, a entrepris de transférer le code civil sur le site GitHub https://github.com/steeve/france.code-civil qu'utilise la communauté des développeurs. "les "commits" soit les changements en terme de code, en sont plus faciles à lire que la liste de 40 décrets!"

"Les parlementaires font-ils la loi ?" On peut citer aussi La Fabrique de la Loi http://www.lafabriquedelaloi.fr/ qui permet d'explorer plus de 290 textes de lois, une initiative de Regards Citoyens, projet de recherche mené avec Sciences-Po.

Il y a aussi http://oz-imagidroit.tumblr.com/, « représenter le droit français avec des images et des shémas (Olivia Zarcate, Imagidroit) «  juriste de formation, a créé Imagidroit en 2012 pour faciliter l’accès au droit grâce à la pensée visuelle ».

Co-construire la loi

Lors du Forum Ouvert le 19 mai « Comment rénover et pérenniser les modes de coopération entre administration et citoyens ? » organisée par Etalab, c'est la co-construction des lois qui est arrivé en tête des usages démocratiques à instaurer. Rappelons que « la politique d’ouverture et de partage des données publiques (« Open data », voir le site https://www.data.gouv.fr/ est pilotée, sous l’autorité du Premier ministre, par la mission Etalab. Et que l'ouverture des données va modifier de façon internationale les rapports entre citoyens et administration. « Le numérique est ainsi une opportunité pour renouveler, enrichir, étendre la participation et la co-construction entre l’Etat et les citoyens. » peut-on lire sur  le blog de la mission Etalab https://www.etalab.gouv.fr/gouvernement-ouvert. Ou encore sur le site du « La transformation de l’État implique beaucoup de créativité, de dialogue et de capacité à dépasser des références devenues obsolètes. » (Thierry Mandon, Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification.

Actuellement une loi, même quand elle est défaillante ou inapplicable, reste très difficile à amender et à réformer avec des navettes interminables entre Sénat et Parlement. Un exemple : la loi sur les protection des majeurs qui donne tout pouvoir aux mandataires judiciaires , dénoncée par des dizaines de collectifs et d'associations qui protestent et crient leur souffrance et leur révolte face aux abus, par les médias, des publications. Mais ils ne sont pas entendus.

 L'amélioration rapide des lois existantes est une mission impossible actuellement . Que les lois soient expérimentées avant d'être lancées comme une barque fragile dans l'océan législatif semble une évidence acquise...mais non mise en œuvre.

Justice et numérique, à quand?

Il est temps de mesurer les enjeux de ces carences graves du à l'archaïsme: on commence à dire tout haut le ravage que peut créer dans la vie d'innocents des instructions hâtives, pour ne pas dire « bâclées, inappropriées », pour reprendre les termes des propos de Jack Lang par certains magistrats débordés et peu soucieux d'humanité, méprisant violents parfois, avec le justiciable même et surtout quand il est innocent et peu au fait du « système ». C'est un tort fait aux juges qui font preuve de conscience et de compétence, comme l'éthique des magistrats d'ailleurs l'exige, le Conseil supérieur de la magistrature a publié en 2010 " un « Recueil des obligations déontologiques des magistrats », librement accessible au public, afin de renseigner les citoyens et de guider les magistrats sur les exigences éthiques résultant de l’exercice de leurs fonctions."

"Il lui revient : d' améliorer sa formation pour éviter le retard de la procédure causé par son approche non professionnelle. de maintenir pendant toute sa vie le haut niveau de compétence professionnelle d'utiliser tous les outils juridiques, avec lesquels il se familiariser.

Dans chaque procédure, il veille à fixer des délais raisonnables aux parties et à lui même.

Le juge fait tous les efforts pour être le plus prompt possible et pour rendre ses décisions sans retard"

Hors le Juge a-t-il fait l'effort suffisant pour remplir ces obligations quand on voit les délais se prolonger et les outils numériques ignoré?
Certains le font depuis longtemps, citons Antoine Garapon " Le 7 avril dernier, “Le procès civil en version originale”, premier livre numérique juridique réalisé par Antoine Garapon et des chercheurs associés à l’IHEJ, a reçu le Prix du Cercle Montesquieu 2015."
Le juge unique est actuellement tout puissant alors que la collégialité avait été annoncée. Il n'y aucun recours réel pour le justiciable contre l'abus de pouvoir d'un magistrat. Il faut une réforme de la justice pénale et civile qui intègre le vécu et les demandes des citoyens, des avocats, et ne soit pas uniquement élaborée par les professionnels du droit des ministères, les syndicats de magistrats. Les mises en examen abusives avec au bout de 5 ans un non-lieu sont inadmissibles et ravagent la vie des citoyens les menant parfois au suicide. Manque de moyens? Manque surtout des usages de bases du numérique (liens hypertextuels, mots clefs-clefs etc). Il en résulte des tribunaux débordés qui n'ont plus le temps, ni de faire procéder à une véritable enquête préliminaire avant mise en examen, qui est un acte grave, ni de prendre connaissance des dossiers, ni d'examiner le profil du justiciable, ni de l'informer correctement sur les délais et coûts prévisibles de la procédure. Dans la pratique, la loi n'est plus respectée et les délais sont hors normes.

Dans un article du HuffPost l'avocat Dominique Inschauspe s'exprime. « Le véritable scandale est ici: dans son rapport de 2007, la Commission de suivi de la détention provisoire estimait que, en 2005, quelque 1100 personnes détenues avant procès avaient été libérées après avoir été blanchies. Plus d'un millier d'innocents libérés chaque année! Le plus long de ces délais (cas d'infractions graves avec une dimension internationale) est de 6 ans et 8 mois: près de 7 ans en détention sans être jugé."(...) Il faut en terminer avec de tels abus et il n'y a qu'une seule réforme possible: que la loi réduise ces longs délais maximum."

Plus récemment l'avocat pénaliste Eric Dupond Moretti a fait des déclarations publiques courageuses sur certaines instructions, et a fait parvenir le 14 mai 2015 à tous les députés avocats un courrier avec une proposition de loi concernant le secret professionnel des avocats,", « à la suite des révélations concernant la surveillance téléphonique de notre Confrère Thierry Herzog ». Encore un signe nécessaire de la co-construction de la loi avec ceux qui en subissent les débordements.

Citons un extrait du récent rapport de Pierre Delmas Goyon, conseiller à la cour de Cassation auteur principal d'un travail demandée par la Garde des Sceaux dans le cadre de "La Justice au XXIème sicèle, sur le « Juge au XXIème siècle », et qui préconisait « un citoyen acteur, une équipe de justice ». "Le groupe de travail sur ''le juge du 21ème siècle'' a fait 67 propositions (voir le rapport) parmi lesquelles la création d'une plateforme de règlement en ligne des litiges et d'un acte de procédure d'avocat, le développement de la médiation familiale, l'amélioration des supports d'information des juges ou encore la possibilité pour les justiciables d'accéder par internet aux procédures qui les concernent afin de faciliter le suivi."

« Proposition n° 13. Faire préparer par des assistants de justice, à la demande du juge d’instruction ou du juge des libertés, des synthèses, établies selon un modèle-type afin de garantir leur objectivité, qui seront officiellement versées au dossier. L’objectif recherché est de faciliter la prise de connaissance de dossiers très volumineux par des intervenants multiples (juge d’instruction, JLD, ministère public, avocat, chambre de l’instruction, juridiction de jugement), sans induire une lecture partiale ou tronquée. »

Voilà une proposition que le numérique peut concrétiser rapidement. Mais les mentalités du monde clos de la Justice sont-elles prêtes à l'accepter?

Notre objectif : réduire le volume des dossiers, simplifier, accélerer

Notre objectif est assez simple et s'inspire sur le plan de droit de certaines propositions des rapports issus de « Justice du XXIème siècle » en s'appuyant sur la culture numérique pour leur mise en œuvre. Nous souhaitons la collaboration du citoyen à ce qui le regarde au plus haut chef : une justice moderne, accessible, lisible, qui n' a plus peur d'admettre ses erreurs et d'ouvrir de vraies voies de recours en défense des libertés. Pour y arriver : l'implication active des « pratiqueurs », pour reprendre le terme du chercheur d'Emmanuel Mahé et des « experts amateurs » que sont devenus les citoyens aujourd'hui, et qui peuvent être des collaborateurs, des co-auteurs, à l'ère de la participation et de l'interaction.C'est pourquoi loin de dresser un plan tout fait comme objectif, nous proposons quelques pistes pour une « Justice numérique » qui seront complétées par la réflexion collective.

Nous citons ici quelques propositions de notre projet, merci à Anthony Masure professeur agrégé, docteur en esthétique et designer pour sa veille active et ses invitations à des séminaires et au groupe Design en recherche.

Faire appel au design et au design de service pour « redessiner » une justice co-élaborée par et pour les citoyens

1 Une justice co-élaborée avec les citoyens et des designers, et non par les seuls techniciens du droit. Il en ressortira une simplification sur le fond et sur la forme, une justice lisible et si possible transparente. Ce n'est pas le fonctionnement interne de la justice qui doit guider le législateur et présider à la loi : le ressenti et le témoignage du vécu quotidien des citoyens doit être intégré comme réalité essentielle, ce qui n'est pas le cas actuellement avec certaines lois trop « loin du terrain » donc contestées.

2 Réduire le volume des dossiers non par une simple copie numérique du dossier, mais par l'usage dans les pièces du dossier et procès verbaux d'audiences des mots clefs, des liens hypertextuels, logiciel de reconnaissance d'écriture manuscrite (OCR) etc. Une harmonisation entre les logiciels utilisés pour le compte-rendu des services de police et compte-rendu des audiences serait souhaitable.

3 Réduire les délais : alors que la marche du monde s'accélère, la justice s'arroge le droit d'être hors délai. Nous proposons de normer les délais, d'inscrire des dates-limites comme il y en a dans toutes les administrations. Pour le justiciable, par contre on note parfois des délais complexes ou très courts pour réagir en appel.

4 Normaliser grâce à l'open data et le recueil des données des jugements appliqués dans les juridictions aujourd'hui disparates en matière civile et pénale. Cela suppose une correspondance entre juridictions aujourd'hui inexistante : il peut y avoir une lecture différente du même dossier par deux juridictions et des peines très différentes, ce qui n'est pas admissible.

5 Instituer une base de données accessibles aux avocats comme aux magistrats et aux citoyens. Re-coder éventuellement la loi dans un souci d'accessibilité comme le fait actuellement

6 En matière pénale : les magistrats en cas de comparution pour mise en examen seront obligés d'indiquer très précisément les faits et les « indices graves et concordants » repérés par mot-clefs dans les dossiers et non une simple ligne du code pénal qui ne peut renseigner ni le « mis en cause » ni l'avocat sur la nature des faits reprochés. Cette obligation limitera on l'espère les mises en examen abusives.

7 Sécurité et protection des données, justification des écoutes, seront étudiés parallèlement, avec la CNIL, par exemple. On veillera à la limitation des abus possibles dans le cadre de la loi sur le renseignement.

8  Une étude de cas sera proposée dans un premier temps comme projet de recherche expérimental entre un laboratoire de droit, un laboratoire de design un département relevant d'une administration concernée, si possible Etalab et/ou le Secrétariat d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification

vendredi, janvier 2 2015

Si j'étais présidente …mes voeux 2015

Si j'étais présidente …

Dans un récent article pour la Revue du Cube, j'imagine une « presque fiction » ACTION , une France en 2017 sans gouvernance où les citoyens AGISSENT et se passent très bien des politiques. Il est temps d'appliquer l'analyse de Nils Aziosmanoff dans son éditorial AGIR : «Issues de la révolution numérique, deux puissantes forces œuvrent aux transformations du monde : « les machines qui pensent » et « l’énergie créative de la multitude ». Pour ces premiers jours de l'année, j'imagine une autre fiction « Si j'étais présidente... ». Voilà quel serait mon discours pour les vœux adressés aux français.

                                                                                                                     Janique Laudouar

Ce que j'aurais dit aux français : mes vœux pour 2015.

« Chers compatriotes, je sais que vous êtes en avance, que la société civile va vite, aussi j'ai décidé de vous écouter. Tous les ministres, tous les parlementaires seront en 2015 attentifs à vos initiatives comme à vos propositions. Chaque maire, chaque président de communauté de communes , chaque député, chaque sénateur, tant que ces missions existeront, ouvrira une plate-forme dédiée aux propositions des habitants de leur territoire. Chaque parlementaire répondra à vos remarques et l'Assemblée nationale se saisira en priorité de vos propositions de lois ou de modifications de lois existantes. La vie quotidienne des français sera au centre de mes préoccupations. Permettez-moi d'indiquer des pistes qui vous permettront en 2015 de regarder le futur avec lucidité et d'y faire face.

L'écosystème "Imagination for people" une plateforme qui recense et accompagne les projets de demain,

Une vision à long terme

« Le règne de l’urgence caractérise l’économie actuelle et domine la société dans son ensemble. Or, sans la prise en compte du long terme, la vie de nos contemporains deviendra un enfer. »Jacques Attali Pour une économie positiverapport remis en  2014 à François Hollande

Si j'étais présidente, j'innoverai : j'arrêterai les inaugurations à la René Coty et je passerai davantage de temps à imaginer. J'arrêterai de pensées en terme d'année pour penser en terme de décennies. Bref, j'aurai à cœur de laisser à d'autres les commémorations pour me concentrer sur une vision d'avenir à long terme et anticiper. J'aurai conscience que pour beaucoup de citoyens l'enfer prédit par Jacques Attali est peut-être déjà là...

Plus belle la vie...

« Des citoyens de plus en plus persuadés que les politiques ne s'occupent pas d'eux » 88% des français sont persuadés que les gouvernants ne s'occupent pas de leur préoccupations" Rapport annuel sur l'état de la France en 2014 CESE Conseil Économique Social et Environnemental Publié le : 10/12/2014

Que veulent les français, que voulons-nous ? La réponse est simple : plus belle la vie. Et plus SIMPLE ! Que la vie soit plus belle demain qu'hier, c'était la logique du progrès. Hors aujourd'hui un parfum de nostalgie semble signifier que « c'était mieux avant », qu'avant, il n'y a pas si longtemps, la vie était plus plus libre, plus joyeuse, avec moins de contraintes. Un même cri du cœur réunit les entrepreneurs et les simples citoyens : trop de lois, trop de directives, trop de contraintes. La complexité et l'instabilité juridique et l'archaïsme de certaines administrations alourdit la vie quotidienne des français, qui ont l'impression de vivre dans un océan de dysfonctionnement en perpétuel tsunami juridique.

Démocratie : un Ministère de la Participation 

« En démocratie, il y a toujours une alternative »Daniel Cohn-Bendit Europe 1 02/01/15. 

"À travers le numérique, une génération qui a changé de mentalité apprend à se prendre en main. Elle modifie les règles sans même s’en apercevoir. L’empowerment, c’est la responsabilisation. Les technologies apportent le temps réel, les moyens humains et parfois également financiers. Le citoyen actif veut s’impliquer et non plus déléguer. La réponse ne vient plus d’en haut ». Natacha Quester-Séméon Journaliste, vidéo blogueuse, chroniqueuse radio et entrepreneure, La revue du Cube décembre 2014

 La réponse ne vient plus d'en haut »est une évidence, un constat dont il convient de prendre acte.La participation des citoyens à la gouvernance devient le pivot de la nouvelle démocratie. La politique, c'est VOUS ! « Co-construire les politiques publiques avec les citoyens » devient une urgence. La consultation sera organisée, accompagnée. sera de présenter des solutions alternatives dans tous les domaines de la gouvernance. Nous sortons de trop d'années où on vous présente, chers compatriotes, des solutions uniques, une pensée unique et peu d'alternatives. Le budget de ce nouveau Ministère sera dégagé grâce à la suppression progressive des agences d'état  et autres institutions para-publiques dont le surnombre est acté et dont l'utilité reste à démontrer et Les moyens techniques d'expression citoyenne existent depuis longtemps avec le Web et les réseaux sociaux et ont été sous-estimés .

Vous pouvez encore contribuer par vos commentaires à la consultation en cours https://contribuez.cnnumerique.fr/

Sur le travail : « Le travail va devenir une rareté »

« Le travail salarié, vieux de 200 ans, va disparaître. Le travail en lui-même va devenir une rareté. Faut-il pleurer sa disparition ? Non. Rappelons-nous que, sous Louis XIV, il était interdit de travailler 220 jours par an, à tel point que même les paysans s’en plaignaient. Plus la société s’est sédentarisée, plus il a fallu travailler dur pour survivre, et le travail a été littéralement mythifié. Il est temps de repenser son utilité, à l’instar de Jeremy Rifkin qui prédit « La fin du travail » dans un de ses ouvrages. Il est aussi temps de reconstruire de nouveaux contrats sociaux, car dans la société de la connaissance qui émerge, l’utilisation du capital et son accumulation pourraient être remis en cause.

Nous vivons une période de bascule, de destruction créatrice au sens de Schumpeter, qui va être douloureuse car ces périodes sont celles où il faut tout réinventer. Au lieu de nous lamenter sur la fin des métiers peu qualifiés, au lieu d’interdire les recherches en matière de séquençage du génome, interrogeons-nous sur la société que nous voulons pour 2035 : la Rome antique et ses esclaves, ou une société libérée des notions même de travail et, pourquoi pas, de propriété ? » (Gilles Babinet, digital champion pour l'Europe et entrepreneur dans l'étude l'EY La révolution des métiers)

Le télétravail  et les tiers lieux 

Le télétravail  et les tiers lieux « Le télétravail peut comporter des risques d’isolement pour le salarié. L’une des solutions pour remédier à cet inconvénient consiste à travailler dans un « tiers lieu » entre le bureau et la maison pour y retrouver un collectif de travail, choisi et non subi. » Xavier de Mazenod, fondateur de Zevillage et du télécentre de Boitron, revue Kaizen 11 décembre 2014.

(Ici tiers lieu "LeVillage", Paris et "Mutinerie Village" dans le Perche) deux conceptions d'un lieu pour se réunir, échanger, travailler, se former, inventer...

L'économie 

L'économie numérique

« Le numérique peut être une chance pour la France. La transformation numérique est la chance que la France doit saisir. » (Philippe Lemoine, Rapport Lemoine | président du Forum d'action modernités et président de la Fondation internet nouvelle génération « La nouvelle grammaire du succès - La transformation numérique de l'économie française » - novembre 2014)

En 2015 j'arrêterai de tenir à bout de bras notre veille économie à bout de souffle, comme le conseille Jeremy Rifkin, je tiendrai compte des rapports et ouvrages existants. De nouveaux modèles économiques et organisationnels doivent se substituer à une France pyramidale et hiérarchique qui bride l'innovation émanant « du bas ».

D'autres économies sont possibles 

" Des modèles innovants émergent ainsi et génèrent des richesses à la fois financières et positives, extra-financières. En se fixant d’autres objectifs, notamment sociaux et environnementaux,que celui exclusivement financier, et en les plaçant au même niveau que le profit, ces organisations sont d’ores et déjà des acteurs de l’économie positive." Jacques Attali,  Positive Forum Economy

L'économie sociale et solidaire

Je tiendrai compte de l'essor de l'économie sociale et solidaire et de la volonté des citoyens comme des entreprises de travailler dans un contexte qui a du sens.

L'économie collaborative.

Je connaîtrai le prix de la vie : qui peut prendre un taxi aujourd'hui avec 7 euros au départ du compteur ? Qui peut payer un loyer de 800 euros mensuels ? Je favoriserai l'économie de partage le co-voiturage, l'habitat participatif, je modifierai les règles archaïques des lobbys et des agences d'état dans ces domaines et dans de nombreux autres. Je sais que les français s'organisent pour partager et échanger.

L'économie circulaire

Elle est déjà adoptée par beaucoup d'entre vous et donne lieu à des innovations. « L’économie circulaire est un système économique qui vise à optimiser l’utilisation des ressources naturelles et à réduire les impacts environnementaux de notre production et consommation. Partout en France, des initiatives socialement innovantes répondent à ces objectifs.http://www.lelabo-ess.org/?Economie-circulaire-et-innovation Le recyclage dans de nombreux domaines ont déjà abouti à de belles réussites.

La sobriété heureuse

Dans son essai "Vers la sobriété heureuse" le philosophe agriculteur Pierre Rabhi raconte son parcours : comment dès l'âge de 20 ans "la modernité m'est apparue comme une immense imposture" et encore ""On a le sentiment d'un immense gâchis, qui aurait pu être évité si on avait adopté un modèle de société alliant intelligence et générosité". (Vers la Sobriété heureuse, Actes Sud 2010). C'est pourquoi je ne ferai pas reposer pas la croissance au sens traditionnel du terme comme vision d'avenir. C'est une notion du siècle dernier, je préfère donner de la visibilité aux jeunes start-ups créatives qui font l'économie du XXIème siècle en multipliant l'accès à des financements inventifs. Intelligence collective, partage, imagination, innovation sont des mots plus puissants que "croissance".

Sur l'innovation de rupture

« Quand je parle de la démocratisation de l'innovation, je veux dire que les utilisateurs des produits et des services – firmes et consommateurs individuels – sont de plus en plus capables d'innover par eux-mêmes. » Eric Von Hippel, professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et auteur deDemocratizing Innovation, cité par Dominique Cardon, sociologue et auteur de La démocratie Internet. Promesses et limites, Éditions du Seuil, coll. « La république des idées », 2010.

Je tiendrai compte du fait que les utilisateurs sont aujourd'hui des innovateurs. Chaque région sera tenue de mettre en valeur sous une forme de données dynamique les actions innovantes de la société civile, qu'il s'agisse de particuliers, de chercheurs ou de start-ups, de scientifiques ou d'artistes.

Je tiendrai compte du fait que les utilisateurs sont aujourd'hui des innovateurs. Chaque région sera tenue de mettre en valeur sous une forme de données dynamique les actions innovantes de la société civile, qu'il s'agisse de particuliers, de chercheurs ou de start-ups, de scientifiques ou d'artistes.

Trop d'innovations de rupture ont encore ignorées par nos administrations parce qu'il n'y a pas d'expertise pour les analyser et parce qu'elles viennent bouleverser l'ordre établi. L'administration n'a que trop tendance à rejeter ce qu'elle ne connaît pas et ce qui ne correspond pas aux règles établies, qui datent parfois des années 50 et de l'après -guerre. Chaque Préfet de Région aura une cellule « Innovation » qu'il tiendra à jour, et chaque député aura à recenser les avancées innovantes des citoyens de son territoire, particuliers, association, entreprises, et non des structures institutionnalisées et coûteuses qui ont trop tendance à monopoliser l'innovation et à en accaparer les financements.

Chers compatriotes, je ne peux pas tout développer dans cette courte intervention, et je vous propose de vous recevoir non pas à l'Elysée, mais sur la plate-forme collaborative en ligne où vous serez mes invités. Je vous la promets pour très bientôt en 2015. Et vous savez que je tiens toujours mes promesses...

A suivre...d'autres propositions ...Vous pouvez aussi collaborer à @PoliticMenage

Source image en tête de l'article :  Source image :http://www.syrobo.org  Veronique-Syrobo le 17 03 2014

samedi, octobre 26 2013

« Move fast and break things » L'agilité numérique peut-elle être européenne ?

Agilité : http://www.grenoble-em.com/712-qu-est-ce-que-l-agilite-en-entreprise--1.aspx

 « Move fast and break things » L'agilité numérique peut-elle être européenne ?

Chacun d'entre nous peut mesurer à son échelle personnelle le dynamisme de la recherche et développement des entreprises américaines numériques les plus connues.  Google, Apple, Facebook nous bombardent en permanence de leurs nouveautés. « J'adore la philosophie chez Facebook : « move fast and break things » moto de l'innovation de rupture et qui s'étend à tous les employés, ingénieurs, et le fondateur et CEO  Mark Zuckerberg« l'innovation et le développement ne s'arrêtent jamais » (Brett Reilly http://socialmediaseo.net ). On se référera à l'amusante littérature de Zoe Shepard, lanceuse d'alerte sur le fonctionnemet de nos services publics, pour comprendre comment les jeux de pouvoir en France tuent la réactivité, l'innovation et l'imagination. La manie française d'engendrer des plans d'état plutôt que de repérer l'innovation spontanée a la vie dure. Et pourtant les initiatives de petites structures interconnectées, mobiles et en veille, sont multiples. « Animé par les membres de la communauté museogeek francophone, le wiki de MuzeoNum est un exemple d'initiative spontanée d'une génération qui n'attend pas les directives d'état pour bouger et la première question qu'on peut lire sur leur wiki est « Comment convaincre les conservateurs en interne de l'intérêt du multimedia et des réseaux sociaux? "(27 septembre 2013). Autrement dit, comment convaincre la hiérarchie de l'innovation reste un passage obligé – plus ou moins long selon la direction à laquelle on a à faire.

Innovation « officielle » française versus innovation de garage américaine

Face à ce mouvement perpétuel des entreprises américaines, la Commission européenne ne peut qu'opposer des vœux pieux et des constats d'échec. Michel Barnier commissaire européen soupire, « Oui l'Europe, le numérique, c'est long, on y travaille depuis deux ans, on devrait y arriver » repris en écho par la Ministre Fleur Pellerin qui déplore le manque de « Google » à la française. Une ministre pleine de bonne volonté et de décisions alléchantes, mais qui semble ignorer l'écosystème qu'il faudrait d'abord implanter pour en finir avec la pyramide hiérarchique à la française qui depuis toujours fait preuve d'un conservatisme qui ne permet pas à l'innovation de rupture d'éclore, tant dans les administrations publiques que dans la plupart des grands groupes. Lancer le Big Data dans un système archaïque qui étouffe l'innovation quand elle n'arrive pas « du haut », et rencontre à toutes les étapes des barrages divers, une législation paralysante, des banques frileuses, le conservatisme administratif de l’État et de ses Préfets, de la Région, des élus, qui n'ont que rarement mission de repérer les petites unités et initiatives sur leur territoire, surtout si elles sont innovantes ...au point menacer les privilèges installés. Non, l'innovation en France reste toujours l'affaire de l'état ou de la région, et c'est l'argent public qui co-finance nombre de structures, une innovation lourde « officielle » qui reste ainsi sous contrôle des décideurs. Pour reprendre un slogan de start-up « Si tout semble sous contrôle, vous n'êtes tout simplement pas assez rapide. -Mario Andretti « Ce qui va à l'inverse de la philosophie de garage à l'américaine et de l'esprit de liberté et d'expérimentation qui règne dans les entreprises de Silicone Valley.

« Facebook est dirigé par des hackers ! »

Uningénieur à Facebook a relevé dans un billet les qualités qu'il trouve dans cette entreprise :

L'autonomie et la responsabilisation

données à chaque employé à Facebook.

Le Focus sur l'impact

et la liberté pour l'employé de choisir son champ d'action choix laissé du champ. « Depuis mon premier jour à Facebook, on m'a demandé « Quel est le champ à impact maximum sur lequel tu vas vouloir travailler ?

Facebook est dirigé par des Hackers

Ce ne sont pas des notables et des décideurs avertis qui dirigent Facebook, mais des pirates informatiques qui se réunissent régulièrement pour des Hackathons, des marathons informatiques à l'initiative de chacun.

Croissance et coaching

L'open space, le feed-back des pairs et le pilotage boostent la croissance parce qu'ils permettent à l'employé de prendre des initiatives : « je sais que je ne serai jamais seul en prenant des risques et en faisant des erreurs ».

Co-construction de jeux de données à la BNF

En ce sens la co-construction et la mutualisation de données de la BNF présentées lors des Rencontres médiation & numérique du Ministère de la Culture nous paraissent plus convaincantes parce qu'incarnées par une révolution interne des mentalités et comportements. Le projet utilise les outils du Web sémantique et s'inscrit dans une démarche d'ouverture des données. data.bnf.fr et Gallica ont reçu le Stanford Prize for Innovation in Research Libraries (SPIRL), et data.bnf.fr est lauréat du prix Data intelligence awards.

Les plans de soutien Big Data annoncés par Fleur Pellerin  sont trop récents pour en tirer un bilan. La condition de la réussite du projet ambitieux Big Data sera d'adopter le moto de Facebook : « bouger vite et casser les choses ».

Illustration source : http://www.startupvitamins.com/