Le blog de la ménagère

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dimanche, juillet 9 2017

OuiShare Fest 2017 passe à l'action

Photo  OuiShare Fest 2017 Stefano Borghi

lls viennent de Lisbonne, Barcelone, Berlin Gand, Montréal, San Francisco, Detroit, d'Islande, d'Argentine, de Tchécoslovaquie forts de leur expérience concrète. C'est comme ça que OuiShare avance et nous fait avancer : en multipliant les retours d’expériences des acteurs qui partout dans le monde contribuent au changement. La révélation de l’économie collaborative a eu lieu, sa critique aussi, OuiShare Fest 2017 passe a l'action. Après l'exploration, c'est l'explosion. Un feu d'artifice d' expériences concrètes, de démarches, de réussites, des outils, des méthodes, avec un zeste d'ambiance  new New Age sous le soleil californien de Pantin.  

                                                                                                                                                                          Janique Laudouar

De Révolution à Évolution

En 2014, Pia Mancini portait un message révolutionnaire “ quelle démocratie a l'heure d'Internet?” et démontrait l’archaïsme des systèmes de gouvernance. Elle affirmait. “Nous voulons notre place a la table des décideurs” en proposant une plate-forme de vote Democracy OS et le Net Parti a Buenos Aires.Les collectifs citoyens français s'en sont inspirés pour faire entendre leur voix lors des élections présidentielles et législatives. “Reprendre le pouvoir par l'action collective” était la thématique du premier jour du Fest, avec un  fish bowl sur la mise à jour de la démocratie – la Civic Tech peut-elle aider?.

Pia Mancini revient a OuiShare Fest pour contribuer a la conversation : les institutions peuvent-elles rivaliser avec des citoyens agiles, connectés, impatients de participer a la co-construction des lois et qui ont développe des plate formes numériques opérationnelles? Amelie Bazet tente de défendre le point de vue d'Etalab qui a plusieurs reprises a fait appel a la société civile pour participer au projet Open Gov, une initiative à échelle mondiale qui vise à améliorer les modes de gouvernance. Mais le temps long de l'administration est-il compatible avec la réactivité des start-ups privées qui offre déjà les services dont les citoyens ont besoin? Et l'administration n'a-t-elle pas dans ses gênes l'instinct de conservation avant tout?
Ce sont des activistes comme Jeremy Heimans présent à OuiShare qui ont initié des mouvements comme Avaaz, (
qui revendique 20 millions de membres) “qui permet aux citoyens de peser sur les décisions politiques partout dans le monde” et ont impulsé de nouveaux usages numériques. "Il prône une transformation en profondeur de l’idée même de pouvoir dans les sociétés connectéesavec Purpose purpose.com/".  "Gunnar Grimson geek et analyste venu d'Islande est catégorique, il tweete : “si nous n'avons pas de participation citoyenne, nous n'avons pas de démocratie” et une suggestion “le meilleur moyen de s'assurer de la participation citoyenne, c'est de s'assurer qu'ils s'amusent en participant! ”Mais le fun ne garantit pas d'avoir un représentant à l'Assemblée nationale au bout du compte. ” La Civic Tech elle même doit apprendrea se relier entre collectifs ayant des objectifs similaires. Cette reliance tant clamée ne semble pas avoir eu lieu entre mouvements, malgré les efforts de Synergie Démocratique, par exemple, pour cartographier les mouvements citoyens ou Voxe.org qui poursuit sa mission “pédagogique” d'information politique avec le robot VoxeBot . Les administrations et certains ministères ont trop longtemps -depuis plus de quinze ans - sous-estimé la mutation mondiale et le changement d'ère – que représentait le numérique, tandis qu'une partie de la société civile agile avançait dans ce nouveau monde en bravant les entraves. Créer de nouvelles alliances avec les citoyens et les entrepreneurs semble la solution la plus réaliste. Justement, à OuiShare, on découvre comment. 

Nouvelles alliances

Aujourd'hui le nouveau monde est là et les institutions réalisent qu'il faut faire avec. Plus question de résister il faut s'allier. C'est ce qu'ont compris des territoires et des villes innovants, qui ont choisi de se faire accompagner dans leur transition par de jeunes entrepreneurs qui ont dans leur parcours l’expérience de la civic tech et du développement de plate formes dédiées a la démocratie digitale.  d'abord un mouvement en faveur de la participation 

"De la vision au changement: façonner l'histoire de nos villes avait pour objectif de discerner les meilleurs outils de dialogue entre ville et citoyen:« l'engagement démocratique nécessite un certain nombre d'outils disponibles et accessibles pour chaque citoyen. Les plate-formes open source sont un point clef. Mais il y a aussi d'autres formes de communication, face à face, différents media, applications, chats, commentaires, quels sont les plus pertinents ? »

http://www.opensourcepolitics.eu/d'abord un mouvement en faveur de la participation citoyenne est devenu une entreprise, qui propose des solutions civic tech, forte de toute l’expérience citoyenne de Valentin Chaput et Virgile Deville, ses co-fondateurs, qui ont accompagné, avec CivicWise, le vaste projet Arc de l'innovation. ambition de fédérer les territoires a l'Est de Paris autour de valeurs communes par le rapprochement d'acteurs investis dans l'innovation.“ la collaboration territoriale comme levier de développement de la nouvelle économie" “la gouvernance ouverte et agile du projet” lui a valu d'être lauréat des Defis Urbains 2017. Un processus itératif de co-construction, avec l'esprit d'entreprise sociale que revendique Open Source Politics et l'expérience internationale de CivicWise sur les villes. Un bon exemple de passage de l'activisme politique a la concrétisation.

Un atelier sur les communs et un nouveau lieu The Camp ....soon soon soon ...

Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martelait en conclusion de OuiShare 2016 Yochai Benkler (Harvard). Les communs ont bien été abordés dans unatelierqui a eu l'air de passionner les participants “Quels communs pour un tiers-lieu ? Quels sont les critères de réussites, notamment d’un point de vue juridique “? je suis arrivée au moment de la restitution des ateliers, pas assez pour commenter mais assez pour savoir qu'un nouveau lieu allait être lancé
The Camp (Marina Rachline et Antoine Meunier). Manquait sans doute une bibliographie celle fournie par P2P Fondation entre autres, expert du sujet. On pouvait prolonger sa curiosité avec la mini-librairie proposée dans le Circus des Magasin Généraux selon la tradition de OuiShare.

Dépasser le modèle de la Silicon Valley


Non la France ne doit succomber à la dictature de l’innovation qui règne dans la Silicon Valley,”,écrit Mehdi Medjaoui, speaker qui nous alerte sur les abus de création de start-up comme produits financiers éphémères, ça passe ou ça casse. Et ça casse dans beaucoup de cas comme le confirmera Nicolas Colin (The Family) Il y a heureusement d'autres modèles pour booster les entrepreneurs. Encore faut-il réajuster la notion d'entrepreneur et la démystifier, ce que fait magistralement Nicolas Colin en 13 slides coups de poing dans la session modérée par par Benjamin Tincq avec, Jennifer Clamp(Techweek Nouvelle Zelande) et Rui Quinta(With Company, Portugal). Moins connu que Barcelone, la démarche de Lisbonne est présentée par Rui Quinta Managing Partner and Strategist à With Company. adepte de la culture du Design Thinking. C'est ainsi qu'est né le projet #definelisboa Define Lisboa http://definelisboa.pt/, une démarche de co-construction entre la ville de Lisbonne et ses habitants qui commence par une provocation Lisbonne est-il le nouveau Berlin? Un appel sur la plate forme dédiée : Comment voyez-vous Lisbonne?
Et les lisboètes se sont exprimés par dessins, par couleur, par petite phrase
http://definelisboa.pt/resultsComment voyez-vous son écosystème d'entrepreneurs? “ Le premier incubateur est né d'une volonté de la ville de Lisbonne http://fablablisboa.pt/, d'autres ont suivi. Lors d'un récent voyage à Lisbonne on a pu constater la vitalité des start-ups et des lieux de co-working.

La démarche de Rui Quinta et de tous les nombreux participants (60 entretiens) abouti à la co-construction d' une cartographie de l'écosystème des start-ups. Il nous livre sa recette pour s'assurer de l'engagement citoyen.

  1. Provocation
  2. Participation
  3. Inspiration
  4. Co-création
  5. Validation
Par ailleurs Rui Quinta colle parfaitement avec la culture de la ville puisqu'il est aussi impliqué dans la traditionnelle poissonnerie de famille Peixaria Centenária  dans le quartier de Praça de Flores....et sur facebook naurellement!

L'exemple de Barcelone BARCELONA DIGITAL CITY est souvent cité https://barcelonaencomu.cat/ et Francesca Pick nous en fait la présentation en slides https://www.slideshare.net/francescabria/bcn-digital-ouishare-fest-2017. On peut également lire l' entretien par Albert Cañigueral OuiShare Barcelona Connector dans OuiShare Magazine

Lors d'une autre table ronde, Le maire de la ville de Genk, Wim Dries,très pro-actif et très applaudi fait part de façon honnête des difficultés concrètes qu'il rencontre : comment convaincre les habitants qui laissent leur voiture inutilisée pendant 7 heures par jours de la partager? On attend avec impatience la traduction de l'essai sur la cartographie sur les ressources citoyennes réalisée en mai juin 2017 par Michel Bauwens P2P Fondation,

La conclusion commune à la thématique des villes : il ne suffit pas pour les villes de multiplier les incubateurs ou les espaces de co-working, il faut s'assurer que l’intérêt du citoyen est réellement pris en compte. Les données, oui, mais au service du citoyen.


Sharing : partager l'humain

Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même”. Paola Tubaro et Miriam Notten Managing consultant, La Red (Pays-Bas) poursuivent l'étude commencée avec Antonio Casilli sur les connexions établies à OuiShare. Avant OuiShareFest et après OuiShare Fest. Elles ont mené un atelier sur le sujet. L'art de la connexion n'est pas inné, il se cultive, et oui, c'est vrai nous apprenons des autres. https://databigandsmall.com/sharing-networks-2017/

De la sharing economy, l’économie de partage, on retient davantage à OuiShare Fest 2017 le mot partage humain plutôt qu’économie de partage, même si l’économie et la finance sont abordes sous divers aspects. Un thème récurrent est celui du partage de la découverte de ce nouveau monde, sortir de l’élite connectée, aller vers les autres. Pendant ces trois jours on aura moins parle de connexion à Internet que de connexion entre êtres humains : connexion entre les gens, les projets, les communautés, les villes, leurs habitants.

Le co-living, qu'est-ce que c'est ? Un phénomène qui prend son essor. Inês Santos Silva, Aliados (Portugal) Futuriste, expert en social good, modérait une session au Théâtre en posant la question, c'est pour qui le co-living? Ed Thomas présentait The collective, "une nouvelle façon de vivre à Londres", enthousiasmant,  Fabrice Simondi CEO Pure House. Autre session avec Pure House qui cherche à savoir ce qui est à partager en nous interrogeant. Révélateur !Partager sa chambre, sa salle de bains, son jardin? J'ai participé à une conversation informelle et je ressors...avec de nouvelles connexions dont une start-up luxembourgeoise Äerdschëff , "traduction luxembourgeoise de « earthship » et que nous nous inspirons de ce concept inventé par Mike Reynolds dans les années 70 dans le désert de Taos, aux États-Unis. Un Äerdschëff est un bâtiment dont les 5 principes fondateurs se basent sur la production et la gestion off-grid de ses propres ressources pour satisfaire les besoins de l’Homme de manière résiliente et durable : l’autonomie en eau, en assainissement,en électricité, en chauffage, et même l’autonomie alimentaire." Peut-être que dans le désert rural français...

J'aurais aimé répondre à l'invitation « d'expérience sensorielle »de Gabriela Montero fondatrice de Gastronomia Viva, Viva con Amor!  sur le Floating Fest le long du canal …trop tard ! Mais je vais la « suivre ». Une autre conférence " Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional" consacrait la révolution culturelle qui s'opère actuellement autour de produire et se nourrir. On pouvait revoir Malik Yakini, directeur exécutif du Réseau de la sécurité alimentaire de la communauté noire de Detroit, raconter comme dans le film Demain le renouveau de Detroit.

La technologie, oui mais quel impact?

Et le numérique? Tout le monde – ou presque - est maintenant conscient qu'on ne parle plus d'outil mais d'une mutation irréversible qui affecte tous les domaines et toutes les couches de la société. “C'est l'étape d’après” lance Antoine Brachet qui travaille dans une entreprise numérique et a co-fondé Les 100nBarbares qui a réuni il y a 2 ans 100 entrepreneurs du numérique décides a se faire entendre. Il suit une masterclass sur l'intelligence collective qui confirme son intuition que chaque personne est singulière et que c'est cette singularité qu'il faut savoir valoriser et laisser s'exprimer. « De la même manière que la permaculture tire partie de la biodiversité, on peut créer de la valeur en tirant le meilleur parti des compétences et aspirations des individus » démontre un récent article d'Usbek et Rica (Vincent Lucchese), « Le coût humain de l’effondrement sera dramatique » https://m.usbeketrica.com/article/le-cout-humain-de-l-effondrement-sera-dramatique une mise en garde qui aborde l'innovation sous l'angle du biomimétisme et de la a permaéconomie. Le contraire de notre éducation nationale, qui se méfie des singularités et les électrons libres et ignore ses élèves “hauts potentiels”! D'où le succès d'initiatives privées, comme Station F, qui vient d'ouvrir ses portes là encore, la société civile avance. Le biomimétic design était présent à OuiShare"Design Biomimétique: Écouter la Nature et (se) Construire avec elle". A suivre.

La master class sur les API d'un niveau “tout public” avait comme objectif de nous initier à l'API (Application Programming Interface) ce qu' a fait qu' a fait Arnaud Lauret IT architect at AXA Banque, the API handyman en nous décryptant le monde des API appliqués à la sharing économy : Facebook, Salesforce, Google, Netflix, Paypal, Twitter, Amazon Web Services. Les chiffres parlent : 1 million d'API dans le monde.

Plus philosophique et culturelle Mehdi Medjaoui, USA (https://oauth.io/home, apidays conferences http://www.apidays.io/ ) nous ouvre les yeux sur l'incroyable expansion de l'univers des API qui est en train de métamorphoser le commerce mondial. "Mehdi Medjaoui : “Le design des API conditionne la forme du monde de demain” On lira avec profit l'article de Diana Filippova pour KMF  "sa vision de l’entrepreneuriat, des API et de la tech est d’abord politique." Pas une masterclass technique, mais une master class éveil au véritable « challenge culturel » que représente l'expansion mondiale des API. Des entrepreneurs classiques y assistaient, conscients de la nécessité de mener à bien la transition digitale de leur entreprise.

Un regret : ne pas avoir suivi les masterclass sur l'organisation des plate-formes de Francesca Pick, http://ouishare.net/en, https://encode.org/ https://enspiral.com/  et Simone Cicero , Platform Design Toolkit.

Distribution de badges OuiShare Fest à un groupe de jeunes près du Canal de l'Ourcq, une jeune fille demande "C'est la Seine?"

Tous engagés dans vos villes?

Paradoxalement, c'est au moment où les villes et les territoires s'avisent de faire participer les citoyens, de booster les entrepreneurs sur leur territoire, que le problème se pose : comment susciter l'engagement citoyen? Sortir de l'entre-soi est définitivement l'un des points communs à bon nombre de sessions et d'outils présentés à OuiShare Fest 2017. Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes attire un public nombreux à la Factory. Bilan.

OuiShare Magazine dans un article de Samuel Roumeau retrace les débuts de ce projet d'accompagnement, dont l'ambition était de co-construire une boîte à outils commune. "A l’automne 2014, OuiShare a lancé un projet ambitieux d’accompagnement des collectivités locales visant à saisir les nombreuses opportunités offertes par l’économie collaborative sur un territoire. Ce nouveau projet se nomme Sharitories.
Aujourd'hui les plate-formes de consultation des citoyens existent, Civocracy, (Héloïse Le Masne) Collecticity (Julien Quistrebert). "Ne laissez pas les autres décider sans vous!" nous dit Civovracy, décidez du futur de votre école, de la sécurité des rues..tandis que Collecticity est dédié au financement participatif des projets publics. Oui mais...on ne peut pas forcer un maire de ville ou de village à utiliser les plateformes ou un citoyen à être actif dans sa ville. Sauf que ...nous dit Floris Voorink, City of Hilversum (Pays Bas) "décider "d'en haut" et sans consultation, ça ne marche plus! A la moindre décision, vous risquez d'avoir tout un groupe de citoyens qui proteste! Vous devez donc trouver un moyen de les faire participer!"

L'engagement citoyen est devenu une nécessité mais être un citoyen actif suppose un certain nombre de pré-requis, pas toujours partagés par le plus grand nombre. On ne peut plus parler de “fracture numérique” au sens informatique du terme, il est aujourd'hui facile et bon marché d'être connecté. Les associations locales, le réseau existant des EPN (Espaces Publiques Numériques), les tiers-lieux son là pour acculturer à la pratique d'Internet. Oui, mais il ne s'agit plus seulement de pratiquer le “numérique”, mais d'être immergé dans un monde global digital L'outillage n'est plus le même. Avoir un smartphone ne signifie pas savoir s'en servir pour communiquer et se relier en tant que citoyen à sa ville. Car la panoplie du citoyen est considérablement “augmentée” : savoir utiliser les applis, la vidéo, what's app ou snapchat, les facebook live, skype, s'y retrouver dans l'univers des APIS, réserver un hotel, un appartement, un billet de train. On peut imaginer -mais une étude a-t-elle été faite – qu'une partie de la population est aguerrie, quelque soit son âge, car les seniors ne sont pas en reste, mais les autres? L'échange se limite au texto individuel de base?

Darwin (Bordeaux) est un exemple de création bottom up d'une synergie dans la ville. Adopté et occupé par les habitants, il est difficile aujourd'hui de le remettre en cause pour un projet top down de plan d'urbanisme officiel conçu bien avant. Le temps de la technocratie entre la décision et la mise en œuvre ne peut rivaliser avec les nouvelles valeurs de la société civile : réactif, créatif, ephémére, mobile, adaptable.

Après le film DEMAIN de Cyril Dion et Mélanie Laurent, le documentaire "PRINTEMPS CITOYEN "vous emmène à la rencontre de personnes qui un peu partout sur la planète s'efforcent de ré-imaginer et d'améliorer nos systèmes politiques. Dans cette quête de changement la ville devient un terrain privilégié pour expérimenter de nouvelles pratiques démocratiques.” et un débat suit comment les citoyens peuvent-ils se réapproprier leurs villes? Au-delà d'un gadget participatif, comment porter les Civic Tech à l'étape d'après ?

Antonin Léonard (à droite)  et un chapeau OuiShare Fest 2017 pensent déjà à l'étape d'après

L'étape d'après?

Is France the place to set up your creative business? “ Pub dans le New York Times, rendez-vous annuel à Las Vegas, l'état s'est emparé de l'innovation et du numérique et la French Tech est devenu un label. Mais clairement c'est la société civile et les entrepreneurs privés qui mènent la danse du Futur aujourd'hui. Des Peter Thiel, des Elon Musk, existent en Europe et il faut les soutenir plutôt que réinventer des structures étatiques qui seront de toute façon en retard. On peut citer Faut-il imposer la mise à jour de nos administrations trop frileuses face au numérique? Pas de “top down” préconise Xavier Damman , CEO d'Open Collective co-fondé avec Pia Mancini. “Ne perdons pas de temps à convaincre ceux qui n'ont toujours rien compris, il y a suffisamment de gens dans le monde qui veulent changer et innover, identifions les obstacles qu'ils rencontrent et soutenons les.”Et les obstacles restent nombreux : l'écart entre riches et pauvres, la frilosité et l'archaïsme des institutions, le manque de curiosité des médias classiques qui se cantonnent confortablement dans l'ancien monde et font défiler “toujours les mêmes”.
Le thème de la justice sociale était abordé sous de multiples angles « Grands ensembles: comment sortir de 'l'erreur collective » réunissait sous la tente urbanistes, architectes, associations
Fatima Idhammou,  Sarcelloscope, Layla Zanifi,, L'ATELIER D'EDGAR, Arthur de Grave et bien d'autres parmi les participants..Taoufik Vallipuram de OuiShare qui co-modérait a animé un grand nombre de conférences et élaboré des évènements prospectifs dont le Forum Demain Habiter en Partage (Habitat groupé, coopératif, multigénérationnel, espaces partagés, co-living). De nombreuses initiatives interrogent la place du collectif dans le logement. Furent cités Levi-Strauss par Arthur de Grave et Julien Talpin, Community organizing : De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis de et Sylvie Tissot L’État et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique ».Nous avons des chercheurs, sachons nous inspirer de leurs analyses, et des réflexions pertinentes émises par un public averti. Des expressions comme « politique de la ville » ou « le vivre ensemble » ont fait leur temps et nombre de concepts de « l'ancien monde » ont prouvé leur inefficacité.
La colère contre l'establishment risque de prendre des formes bien plus violentes que le Brexit ou le rejet des partis politiques classiques. Aux mêmes dates que Le Fest se déroulait à Hambourg en Allemagne des manifestations contre le G20, voitures et vitrines saccagées, les affrontements entre les manifestants anti-G20 et les forces de l’ordre continuent à se dérouler non stop dans la nuit de jeudi soir.

OuiShare sur Instagram #ouishare

L'identité OuiShare

Se pose la question de l'identité de OuiShare. Quel positionnement futur? OuiShare, c'est un état d'esprit, oasis de civilité et de partage, OuiShare Fest, un moment de grâce. Comment le prolonger? Lamarque OuiShare a su s'internationaliser avec des événements à Barcelone, en Amérique latine, un réseau de 20 villes, une'équipe de 80 connecteurs dans le monde rodée à l'organisationnel, sans compter les milliers de fans connectés. Cette année OuiShare s'est approché des missions d'un organisme de formation en outillant les participants avec les masterclass. J'imagine OuiShare en CapGemini du Futur, en consultant de l’Éducation nationale ou du Ministère du Travail. Ce Think Tank du nouveau monde, quel bénéfice pour nos institutions encore trop souvent démarchées par des entreprises de "l'ancien monde"! L’évangélisation est toujours dans l'ADN de OuiShare qui prouve une fois de plus sa capacité à capter les nouvelles valeurs et à renouveler ses dispositifs. Oui, mais qu'en faire, comment les disséminer et les partager? Avoir une vision d'ensemble du projet n'est pas si facile malgré les données ouvertes et le travail considérable de l'équipe. OuiShare se veut modeste, responsable, et l'est, et prône les valeurs d'open source http://opensource.ouishare.net/ mais de façon ...aristocratique, ce qui est une valeur ajoutée, mais risque de déconcerter des organisations et les services publics moins sophistiqués. On sort de OuiShareFest galvanisé, mais l'effet risque d'être de courte durée s'il n'est pas relayé tout au long de l'année et par un changement d'échelle significatif en 2018 – laissons un peu de temps. 2018: IMPACT!

Et on quitte les bords du canal de l'Ourcq et la sympathique fiesta brésilienne et tous ces gens qu'on aime bien un peu frustré : la profusion de propositions nuit un peu à l'appropriation.Less is more. Un peu moins d'intervenants et un peu moins de redondance entre sessions? Un peu plus d'espace de synthèse et d'échanges où on réunirait les attendees participants à une même session pour savoir ce qu'ils en ont retenu et ce qu'ils vont pouvoir mettre en pratique dans leur vie? En théorie, c'est prévu dans le programme, mais pas vraiment matérialisé. Trop de soleil, peut-être, sur les Magasins Généraux. L'application Sched utilisée pendant les Fest le permet et OuiShare la maîtrise parfaitement. Les connexions existent - en théorie, et d'ailleurs sont effectives, je suis sûre que comme moi les participants suivent maintenant sur twitter les intervenants qu'ils ont apprécié, et et les liens qui sont pertinents pour leur activité. Ce que je retire de OuiShare cette année : l'envie de me plonger dans les vidéos, ce que je ne fais jamais. Parce que j'ai entrevu des micro-solutions dans tous les domaines qui touchent de près ma vie, manger, habiter, se connecter, communiquer, aider les collectifs que je soutiens à gérer leur-plateforme, et que j'ai envie d'approfondir et de partager . Nous avons glané à OuiShare fest 2017 une panoplie d'outils pour le nouveau monde, il faut entretenir la flamme. Une suggestion assez simple à réaliser : un Best of de OuishareFest avant la fin de l'année avec projection des vidéos et un débat. Formule un peu classique mais on peut y ajouter danses sacrées, méditation etmindfull business, ce dont nous avons tous besoin.

                                                                                                                                                                               Janique Laudouar

Bye bye OuiShare Fest Paris, rendez-vous 19 au 21 novembre à Barcelone  http://bcn.ouisharefest.com/





dimanche, juillet 2 2017

Pourquoi nous aimons OuiShare Fest 2017

                                               OuiShare Fest 2017

Courageux

Parce que c'est courageux d'organiser un événement et de s'assurer qu'il va continuer à se distinguer des autres. Toujours en avance, parfois à rebours, et à coup sûr excitant OuiShare Fest 2017 ne décevra pas. Villes de tous les pays, unissez-vous! Parce que miser sur les villes et sur leurs habitants, c'est une piste durable, et que nous avons besoin d'exemples concrets et aussi de concepts et d'outils pour nous organiser au-delà des états nations. A signaler Michel Bauwens P2P Fondation vient de publier sa cartographie de la Ville de Gand que nous avions annoncé dans un précédent article – en attente de la traduction en anglais. Les villes de Barcelone, Detroit, New York, entre autres, seront présentes. Le pouvoir et l'empowerment sont toujours d'actualité. Ancien pouvoir contre Nouveau pouvoir modéré par Arthur de Grave : « Le concept de “nouveau pouvoir” a été cite par CNN comme l’une des dix idées qui peuvent changer le monde. » Pouvoir collectif (Day 1 Regaining collective power from the bottom-up), les plateformes (Day 2 , Rethinking our cities as platforms), les villes connectées (Day 3 Building global urban networks).

Nouveau lieu, Les Magasins Généraux à Pantin, nouvelle ouverture au public : le OuiShare Fest ouvre ses portes jusqu'à 22h00 TOUS les soirs et l'entrée est libre à partir de 18h00.

Happy

Parce qu'être connecté nous rend heureux et même en meilleure santé quand nous savons utiliser nos réseaux. C'est le titre d'une session mercredi 5 juillet 16h 17  Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même .Miriam Notten is managing consultant La Red, Delft, Pays Bas et Paola Tubaro, chercheuse au CNRS qui travaille sur les liens noués pendant le fest. https://databigandsmall.com/ « Nos amis dévoilent un vrai trésor de ressources qui aurait pu rester invisible ou inaccessible ». Vrai, nous ne mesurons sans doute pas assez à quel point les réseaux sociaux sont devenus une source première d'information. On travaillera sur vos réseaux, comment les améliorer et l'outil utilisé sera “Networking Wishlist”


International

Parce que pour cause d'élections présidentielles et législatives nous sommes un peu englués dans le franco-française que OuiShare Fest 2017 continue à nous dé-formater, parce que vraiment international. La gouvernance des villes collaboratives : une étude de cas comparative de neuf villes européennes  mercredi de 15h à 19h45 et pendant les 3 jours mené par Lies van den Eijnden, chercheuse Sharing Cities, ShareNL Pays Bas.https://sharingcitiesalliance.com.« La stratégie de Barcelone pour la souveraineté numérique: construire la ville en réseau à partir d'un rassemblement de citoyens » Quelle est la stratégie digitale de Barcelone ? Comment la technologie peut-elle conduire à une plus grande participation aux procédés démocratiques ? Cette session se penchera sur la stratégie de Barcelona Ville Rebelle, qui réfléchit au droit à la smart city et à une transformation numérique durable, participative et efficiente. Francesca Bria, Vice-president, innovation at city of Barcelona.

Humain

On aime OuiShare parce que la dimension humaine est présente sur place, et aussi parce que les thèmes abordés n'oublient jamais les avancées dans l'humain. Un exemple ? Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional. «  Au-delà de la consommation, de plus en plus de gens participent à des activités de production ou de distribution: jardins communautaires, coopératives alimentaires, groupes d'achats, fermes urbaines. La culture du Do It Yourself pénètre dans le secteur alimentaire, ouvrant la voie à l'émergence d'une nouvelle culture alimentaire. La table ronde explorera l'interaction entre les politiques alimentaires et les initiatives citoyennes dans leur capacité à susciter la souveraineté alimentaire et à assurer la résilience du système alimentaire. » modéré par Myriam Bouré, Entrepreneur, Open Food France, Daniel Wathelet Président, International Urban Food Network, Jeudi 6 juillet 16:20 – 17:30.

L'actualité sur la problématique du travail « Peut-on encore fonder notre société sur le travail ? Ou au contraire, faut-il inscrire le droit à la paresse dans la constitution ? » speaker entre autres Arthur de Grave journaliste et editeur de Ouishare Magazine, mercredi 5, 18h 15 19h 45.

Tech mais pas trop

Parce que maintenant que tout le monde presque est connecté, l'accent sur le numérique prend des tournures plus précises de service au citoyen comme  Un laboratoire d'avenir permanent : la technologie pour les citoyens  qui a lieu pendant les trois jours mené par Samir Lahiri et Jurjen de Vries Permanent Future Lab. Ou encore modéré par Benjamin Tincq co-fondateur de Ouishare, Des écosystèmes d'entrepreneurs dans les villes: dépasser le modèle de la Silicon Valley.  Ce n'est plus le passage obligé des tech entrepreneurs et d'ailleurs le New York Times a consacré une page aux French Star-ups. «La Silicon Valley n'est plus le seul modèle d'innovation, de création d'emplois et d'impact local. Au fur et à mesure que les communautés de start-ups apparaissent dans toutes les grandes villes du monde, cette session explorera ce qui crée un bon écosystème entrepreneurial et comment construire et en nourrir un dans votre ville. » Nicolas Colin de The Family fera partie des speakers.  Et encore : dans une master class de 9 h à 14 h le 6 juillet tout sur les API au service de la sharing economy (B to B), design, architecture, management.

Ateliers

Parce que OuiShare est une occasion de mettre à jour ses compétences. Des ateliers comme Sharitories :Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes. Mais on peut dire aussi que pour une somme assez modique qui commence avec des tickets à 50 euros pour les free-lance et les étudiants, OuiShare "permanent beta" est un atelier de 3 jours non stop qui se clôture par un carnaval brésilien et beaucoup d'étoiles dans la tête...

                                                                                                                                                                                                 Janique Laudouar

Les Magasins généraux,  1, rue de l’Ancien Canal, 93500 Pantin

METRO : Eglise de Pantin

samedi, mai 21 2016

OuiShare Fest 2016 : avançons ensemble!

Duc Ha Duong, Officience, un des entrepreneurs emblématiques du numérique, les 100 Barbares, photoJL

A OuiShare #OSFEST16, on ne « suit » pas simplement 3 jours d'innovation  : on y « fait sa part », pour reprendre l'expression de Colibris . Chacun contribue à construire « le monde que nous voulons » guidé par l'époustouflante programmation. Pendant 3 jours on travaille dans un décor rudimentaire et une sobriété voulue (zéro waste), probablement plus vite et mieux qu'aucun parti politique ne le fait actuellement. C'est ici qu'on peut s'informer mais aussi apprendre des autres dans un gai partage du savoir fidèle à la philosophie de OuiShare. Et comme l'observe actuellement l'Université de Paris-Saclay qui mène une enquête (Sharing Networks) sous la conduite de Antonio A.Casili, (i3, Mines-Telecom),  et Paola Tubaro (LRI, CNRS) les participants forment un réseau national et international. ( Résultats publiés dans OuiShare Magazine). Ce réseau informel et spontané, connecté à l'innovation, imprégné de valeurs humaines, semble prêt à faire vivre de nouvelles gouvernances en entreprise, dans la ville, et en politique.  

                                                                          Janique Laudouar

Nous reviendrons sur le sujet de la Civic Tech et de ses valeurs dans une seconde partie. Lire le billet de Lison de Happy Democracy, Voxe sur Medium.

 

Avançons ensemble!

« La République du XXIème siècle ne doit pas dire à ces gens ce qu'ils ont à faire : elle doit leur offrir l'écrin à partir duquel ils auront le droit de passer de l'expérimentation à la grande échelle » pouvait-on lire dans l'éditorial de Usbek et Rica à partager sur le stand de la MAIF, partenaire de OuiShare Fest 2016. La « Super République » rêvée en couverture, « les gens » sont en train de la faire. « Ce pays est génial et on ne le sait pas » dit encore Usbek et Rica. Elus qui créent un écosystème propice à l'innovation sur leur territoire, grands groupes qui osent tout changer et bousculer l'inertie de leur organisation interne, comme l'a décrit, entre autres, Sébastien Bazin de la chaîne d'hôtel Accor Hotels, et toute cette société civile qui s'active partout dans le monde – OuiShare garde son caractère international – CEO, PME, entrepreneurs, start-ups, corporates, fonctionnaires, universitaires, scientifiques, communautés, collectifs politiques, activistes, ONG, geeks, codeurs, hackers, changemakers, doers, slashers ou tout simplement esprits curieux. Si l'expérimentation est toujours là 4 ans après le lancement de OuiShare comme think tank de la société collaborative, aujourd'hui le pragmatisme semble indiquer la ligne de conduite : avançons ensemble !

Le changement d'échelle semble être un désir partagé par les participants venus non pas seulement humer l'ambiance du futur, mais travailler au présent, bosser, échanger, écouter les propositions, trouver des solutions, établir des passerelles, créer des liens entre tribus qui hier s'ignoraient encore et aujourd'hui ont envie de se rencontrer, de savoir comment ça marche de l'autre côté, et de voir si on peut avancer ensemble. 

Images : Workshop Civic Tech : Will the Revolution be Uberized?  Julien Bayou, élu et porte porole des Verts, Heloise de Civocracy, Julie de Pimodan de Fluicity, Léonore de Roquefeuil Voxe, Maria Mella LaPrimaire.org . Participants au workshop.
Le 21 mai était une journée ouverte à tous et de nombreux collectifs étaient là

Partage de la valeur

Et enfin on comprend le titre, «After the Gold Rush», après la Ruée vers l'or, métaphore restée quelque peu mystérieuse. Oui, il y a ces formidables mutations, mais qu'en fait-on ? Oui il y a ce territoire à explorer, tel l'Ouest de la Californie à l'heure des pionniers. L'Or, promesse de bonheur est mis en parallèle avec cette économie de partage qui devait être par tous et pour tous. Il y a des réussites éclatantes mais qui demandent à être revisitées. Rappelons avec Paul Valery que les « les faits sont têtus » et que le salaire des grands patrons jugé disproportionné par tous sauf par les intéressés, n'a en rien évolué, au contraire, il devient de plus en plus choquant et révoltant : il symbolise une création de valeur de plus en plus centralisée et de moins en moins partagée. Hors le discours de OuiShare se doit toujours d'avoir un temps d'avance et questionne aujourd'hui la création de valeur issue du changement de modèle économique et sa répartition. La technologie Blockchain déjà présente lors du précédent Fest est cette année abordée de façon plus concrète via plusieurs experts et projets, («Blockchain beyond bitcoin » Stephane Tual, Slock.It, «Blockchain : the end of corporations or its reinvention , Nadia Filali, Caisse des dépôts, Arno Loeven, Philips Healthcare Blockchain Lab, Claire Balva, Blockchain France. Vincent Fily, Microsoft. Une technologie qui, selon Antonin Léonard peut être une solution pour la décentralisation de la valeur créée via les plateformes. La DAO (Decentralized Autonomous Organization) est abordée avec la même logique de répartition. «La montée inexorable de la DAO » titre Slock it «loue, vend ou partage «  à peu près tout, mais sans intermédiaire objectif qui lui a permis une levée de fond spectaculaire. « C'est la future infrastructure de l'économie de partage » annonce le site qui vient de se voir attribuer l'IoTAwards (internet des objets connectés) Vers Le Réseau Universel de Partage ? (Universal Sharing Network).

Partage du savoir

La mise en danger des « vieux modèles » peut être stimulante pour les organisations qui en ont compris les enjeux. Mais pour un état qui « semble dépassé par une vision court-termiste » et « dans l'incapacité de saisir les enjeux du numérique » (MAIF) , le réflexe est plutôt conservateur : sauver à tout prix des modèles condamnés et des professions sinistrées, et alourdir encore la dette publique. Pour les jeunes millenials, ces trentenaires agiles avec le numérique qui ont déjà tout compris du parti qu'ils pouvaient en tirer, la lourdeur de l'état et de son administration, les contraintes archaïques, le déluge législatif, génèrent de la colère et du mépris, quand ce n'est pas de la violence. Finie, la paix sociale, quand il y a un tel décalage entre la jeunesse et ses gouvernants, entre la société souhaitée et celle qu'on tente de leur imposer. Mais patience, grâce à leur maîtrise des plateformes digitales, leur usage pertinent des algorithmes, leur aspiration à de nouvelles valeurs, ils construisent la « politique collaborative » qui va changer nos institutions. Les millenials n'attendent plus que le système s'adapte, ils créent des écoles et des cours en ligne A Ouishare nombreux sont venus avec de nouveaux modèles de méthodologie éducative (Jeremy Lamri, Monkey Tie) ou d'écoles autonomes (Ramin Faranghi Ecole autonome) plus adaptées au XXIème siècles que nos systèmes d'éducation classiques

Partage de la gouvernance en entreprise

Démocratie dans l'entreprise?
Peut-on instituer une véritable démocratie dans l'entreprise ? Y a-t-il des similarités avec la démocratie politique qui nous est familière ? Quelles sont les solutions proposées par les coopératives et les mutuelles implantées depuis longtemps en France ?

« La démocratie dans l'entreprise »Jean-Louis Bancel Président (Crédit coopératif), Catherine Coupet (CEO Up Group) Dominique Mahé (Président Maif) moderé par Marguerite Grandjean (OuiShare). L'entreprise ajoute une corde à son arc : elle devient purpose-driven, objectif d'intéret général. Les mots-clefs du management ont changé : confiance, écoute, fluidité surgissent de la table ronde modérée par Marguerite Grandjean, OuiShare connector, expert sur le sujet de la gouvernance. La démocratie dans l'entreprise, fait partie de la mutation et tient compte du désir des jeunes d'une société moins verticale et plus collaborative. La MAIF opère la mutation de son modèle coopératif en prenant des parts dans des start-ups (guest-to-guest) et comme partenaire de Ouishare vers une société collaborative. Partenaire de l'Université Jean Monnet, de l'Institut Mines Telecom, pour un MOOC « Comprendre l'économie collaborative » qui sera lancé en septembre www.fun-mooc.fr : un entretien filmé avec Antonin Léonard avait lieu sur la terrasse MAIF où on prolonge les débats du « Circus ». Un effort reste à faire pour impliquer les clients mutualistes MAIF pas toujours informés de ces avancées. Chez Up, (les chèques-déjeuners, 3 millions de sociétaires) on accorde beaucoup d'importance au partage de la décision. Mais comment faire vivre cette démocratie dans l'entreprise ? La question est posée « Ecouter la voix des silencieux » En organisant des éspaces d'échanges . Le Crédit coopératif a l'ambition d'instaurer la traçabilité pour ses clients, important de savoir « où va l'argent ?. Pour la Maif les mots clefs sont audace et confiance . « D'abord la confiance en nous » dit Dominique Mahé, « en notre modèle. »

L'entreprise entre Horizontalité et verticalité : l'exemple de Accor Hotels

Comment le management des start-ups influence les grands groupes ? L'horizontalité est une des valeurs plébiscitées à OuiShare.Tout n'est pas si simple. Car les grands groupes ont un héritage « d'inertie » comme le pointe Sébastien Bazin Président directeur général d'Accor Hotels face à une jeune start-upeuse Celine Lazorthes Founder & CEO, MANGOPAY qui le « challenge » en posant d'emblée la question de la concurrence airbnb . « Je ne suis pas contre eux », répond Sébastien Bazin, « c'est le futur et je veux en faire partie. Je suis ici pour apprendre. Nous avons raté trop d'étapes depuis 12 ans, Expedia et Booking, Trip advisor. Je ne veux plus être un spectateur. Nous, chaîne d'hôtel, nous nous sommes concentrés sur le produit, la marque. Hors c'est le client qui est au centre. Facebook interagit des millions de fois avec ses clients, et nous, combien de fois par an ? Je veux qu'ils viennent à Accor pour faire du co-coworking, qu'ils invitent des amis, pas seulement pour y dormir. airbnb c'est une idée forte, mais elle a déjà 7 ans, ils devront s'adapter. Ils proposent plus davantage de volume à un prix inférieur au nôtre, nous devons faire un effort dans ce sens. » Céline fait remarquer qu'avec les taxis de type Uber, quand elle arrive de l'aéroport, elle trouve un prix fixe, une bouteille d'eau et peut recharger son portable. Que propose Accor pour marquer le changement ? Sébastien Bazin souligne l'obstacle de l'inertie dans les grands groupes, dirigés par des plus de 50 ans. Joël de Rosnay, qu'il estime, lui a fait remarquer que les jeunes«millenials», les trentenaires, n'attendent pas  : « Je sais ce que je veux, et je le veux maintenant. » Et s'ils ne le trouvent pas, ils l'inventeront. C'est pourquoi il a été décidé à Accor de monter un comité directeur parallèle, un shadow cabinet, composé de jeunes, 8 femmes et 7 hommes. C'est eux qui portent une vision du futur. D'instaurer la transparence. Et l'horizontalité" Action : le personnel d'Accor, venu avec la responsable Talents et Compétences Arantxa Balson. « We will survive » conclut Sébastien Bazin, « Nous survivrons » Voir  : « Flat or Hierarchical Organization ? Breaking the binary with Buffer and Accor Hotels, modéré par Antonin Léonard. (image).

A OuiShare on fait un travail sérieux mais on ne se prend pas au sérieux. Diana Filippova et team OuiShare

Le travail à l'ère digitale, nos institutions à l'âge de l'algorithme : évangélisons!

Pour la communauté OuiShare, qui a mis en pratique ses convictions en faisant toute la CR transparence sur l'organisation, quelle conclusion ? Pour Diana Filippova (OuiShare/microsoft) , la question du travail reste centrale et nombre de conférences y étaient cette année dédiées («The ( Present) Future of Work », « Challenging our traditional beliefs in work and business», «Prêt à travailler à l'ère post-industrielle?» Esko Kilpi Company, Tim Leberecht Founder, The Business Romantic Society, Nilofer Merchant Author, The Social Era, Harvard Business Review modéré par Arthur de Grave) . Pour Diana c'est «l'âge de la maturité et l'établissement de points clefs. Le sujet principal, c'est le travail» Assez du brassage de concepts. il faut maintenant «entrer dans le dur» des vraies transformations. C'est aussi l'avis de l'auteur de ecobase21.net «Evitons le piège des généralités dans les débats et entrons dans les détails» Michel Giran a recensé « de multiples réseaux d'acteurs du changement». Les compétences et les solutions existent, il faut maintenant les mettre en œuvre à une échelle significative et Ouishare peut y contribuer.  «L'âge de la maturité, c'est aussi vivre dans la conversation plutôt que dans le divergence». Et pour y arriver, «créer des espaces de dialogue, des agoras. A Ouishare, c'est important d'accueillir les nouveaux participants de manière naturelle, les «confirmés» connaissent, «ils savent où trouver les gens, ils savent que ça se passe autant sur le green qu'à l'intérieur ». Alors, l'événement et son futur ? Lever des fonds pour un événement est ardu.«Il y a une crise de l'événementiel en France » note Diana. Et il vrai que les participants ont critiqué ces conférences arrogantes qui prolifèrent un peu partout avec Super Héros du Net et Big ideas, et qui leur semblent relever d'un registre archaïque. Image : Domenico di Siena Civic Wise rend hommage a Nuit Debout place de la République en parlant des agoras (Gentrification from below)

Le challenge de la rencontre entre organisations et start-ups est-il un pari gagné? Pour Arthur de Grave, co-fondateur et éditeur de OuiShare magazine, «nous avons l'habitude de l'hybridation, c'est la quatrième édition. Nous faisons en sorte que ceux qui n'ont pas l'habitude d'interagir ne soient pas perdus, nous créons des espaces de dialogue» Après les tables rondes, des lieux sont aménagés pour prolonger le dialogue. «On a appris à être pédagogue, cette année nous avons indiqué pour chaque session des niveaux d'expérience, ça va de «Découverte» à«Avancé». Le Fest est un moment d'accélération, de catalyseur. OuiShare Fest reste un événement à taille humaine, 1500 participants inscrits, 2000 personnes qui ont suivi les conférences en live, 3000 attendus pour la journée ouverte du samedi 21 mai.» L'évolution, après «le souffle naïf de la première édition»? (Cette année 2016 est la 4ème édition) «Au départ c'est le culturel néo libéral qui nous a poussé à bout, il fallait trouver un nouveau cadre». Et c'est vrai qu'à OuiShare c'est le côté «nulle part ailleurs» qui séduit, une vraie originalité dans les sujets mais aussi dans la préservation d'une ambiance unique dans ce brassage de publics différents mais animés d'une curiosité commune. Malgré ce défi d'équilibriste entre tribus diverses «Ouishare vieillit bien» conclut Arthur de Grave.

Partage et Bien Commun


"Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martele en conclusion Yochai Benkler (Harvard), Si le mot « partage » est toujours omniprésent, le rôle de OuiShare en 2016 est plutôt cette année un rôle de partage du savoir, sortir de « l'entre-soi » de l'innovation débridée et de l'élite hyperconnectée, pour endosser encore davantage un rôle constructif d'accompagnement des institutions et des entreprises dans la transition numérique, d'acculturation des organisations de bonne volonté, qu'elles soient publiques ou privées. Sans oublier l'individu qui doit s'armer de compétences adaptées à l'ère des réseaux (Building indivividual Capabilities for the Network era). Non, tout ne depend pas des réseaux et des plateformes. « It's all about people, skills, wishes and beliefs ». « Tout dépend des gens, de leur savoir-faire, de leurs désirs, de leurs convictions. »

                                                                                Janique  Laudouar  

A suivre  dans la partie 2 a venir "Civic Tech : les nouvelles valeurs de la démocratie"

Un compte-rendu partie 2 sera consacré  a la Civic Tech et aux collectifs en train de se constituer partout dans le monde.

 

samedi, mai 14 2016

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée ?

"Le OuiShare Fest rassemble chaque année des entrepreneurs, leaders d'opinion, et communautés du monde entier prêts à explorer les limites émergentes de notre société. » Révolution dans la gouvernance, le travail, l'entreprise, la société. http://2016.ouisharefest.com/ #OSFest16 . Venez!
Workshop participatif proposé par La Ménagère « Civic Tech : la Révolution sera-elle Uberisée? » mercredi matin, 11h30, Lab, dans la catégorieDigital Insitutions and the City.    Janique Laudouar

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée?

Comme l'année dernière Le Blog de la Ménagère va suivre la TOTALE des 4 jours du OUISHARE FEST 2016 du mercredi 18 au 21 sur le thème La Ruée vers l'or et après ?  Je suis certaine de trouver à OuiShare du neuf, du stimulant, de la prospective, du constructif, et  une ambiance unique, électrisante, qui mêle convivialité et haut niveau de réflexion, jeunes bénévoles et experts internationaux. Le programme est articulé autour de thèmes au plus près de nos interrogations,le futur du travail, civic tech et les communautés en réseau,  les organisations du 21ème siècle...et il y a toutes sortes de goodies, dont un mode d'emploi.  Trois jours de fête, d'ébullition des cerveaux et de coolitude, mais qui cette année prendront parfois un aspect plus grave : ce monde va mal, il faut que les solutions imaginées par la société civile et les entrepreneurs agiles voient le jours. L'économie collaborative, faisons le point, elle est passée dans les mœurs, avec ses réussites incontestables et ses failles à rectifier. Et surtout élargissons le débat vers la société collaborative  : le monde semble s'être mis en mouvement, DEBOUT, et pas seulement en France où Nuit Debout continue, progresse. 

Les GENS progressent, ils sont connectés et en réseau. Il y a des digital natives, nés dans le numérique, d'autres seniors, pionniers connectés depuis l'arrivée d'internet en France, porteurs de 20 ans de culture numérique. L'échange est transgénérationnel et international. Civic tech : l'expression regroupe tous ces collectifs citoyens qui sont beaucoup plus articulés, avancés et structurés qu'on ne le croit dans l'élaboration d'une nouvelle démocratie, liquide, ouverte, participative et numérique. Ils travaillent dans une relative discrétion loin des médias classiques. Ils inventent un rêve collectif, et comptent bien le mettre en œuvre dans la gouvernance, dans l'entreprise, dans le management, dans le travail, dans l'éducation. Venez voir « les utopies se transformer en décisions » Pour reprendre l'expression de Régis Debray à propos de son engagement ( invité d'Anne Sinclair sur Europe 1 le 14 mai). NuitDebout Roma source image twitter citée par Francesco Brancaccio

Partout dans le monde...et #Chemin Faisant

Partout dans le monde on voit comme dans un jeu vidéo les gouvernances remises en question, et les têtes tomber pour avoir triché, Bang Bang. A l'ère de la transparence et des Panama Papers, difficile de masquer ces détestables dérives dont les gens ne veulent plus, c'est vérité versus mensonge, intégrité versus, corruption versus, confiance versus défiance, action versus immobilisme, horizontalité versus hiérarchie, société civile connectée versus élite déconnectée, intérêt général versus intérêts particuliers, collectifs politiques versus partis classiques. Ouishare a défini une charte des nouvelles valeurs. Ce sont ces nouvelles valeurs qui se mettent en place, de nouveaux espoirs portés par la jeunesse. On peut compter sur OuiShare non pour donner le cap, mais pour nous inviter à le co-construire.

Inviter aussi les autres mouvements, comme les collectifs qui tiendront un stand le samedi 21 mai, journée gratuite, #MaVoix et Voxe.org avec Curious, les 100 Barbares communauté de plus en plus Open et inventive avec un stand Roman Collectif Un peuple totalitaire où vous ferez la connaissance de Julien Letailleur avec "Romançons ensemble la démocratie dont nous rêvons" samedi à 16h30,

Et en Bonus le dimanche 22 mai, une invitation à avancer ensemble dans la nature parisienne, autour du Lac Daumesnil. Les 100 Barbares,  vous vous souvenez : ce groupe d'entrepreneurs du numérique qui avait fait le buzz et s'était réuni à l'Archipel en 2015. Vous vous souvenez de cette conférence à The Family qui avait pour thème « Les barbares attaquent la démocratie » avec Nicolas Colin qui partageait sa vision des choses, une « culture différente », et prédisait l'avenir de la démocratie En 2015, ils étaient 500, ils sont aujourd'hui 5000 sur les réseaux et veulent se rencontrer dans la vraie vie. En 2016 Marchons #Chemin Faisant avec les 100 Barbares, et un nouvel axe, avec Sandrine qui propose un BarbEngagetoi, ou Lune et son Rêve Collectif! Avec Alexandra « un espace BarbaKids !!! Mon fils a toujours rêvé d'une école en plein air » Que vous soyez Babarattentif ou Babaracteurs, le dimanche 22 mai, venez!

L'engagement citoyen : devenez le décideur!

La Révolution sera-t-elle Uberisée? Mercredi 18 mai 11:30am - 12:15pm 50 personnes de toutes les nationalités se sont inscrites à ce Lab. A Ouishare et dans ce workshop, oui il y aura du blockchain, oui il y aura des start-ups, oui, il y aura de la décentralisation, oui il y aura les digital cities et comment faire participer les citoyens, oui il y aura de la démocratie ouverte et participative, oui il y aura des plates-formes numériques de votes. Oui, on parlera de Nuit Debout et qui a mis au point sa plate-forme de propositions,  http://questions.nuitdebout.fr/69marsLe Blog de la Ménagère a invité Leonore de Roquefeuil, CEO et co-fondatrice de Voxe.org, Happy Democracy newsletter  http://newswatch.voxe.org/. Voxe fera (peut-être) une annonce surprise sur sa nouvelle plate-forme, Julien Bayou militant social et politique, élu régional, EELV, qui suit de très près toutes les manifestions actuelles, Julie de Pimodan Fondatrice et CEO de Fluicity http://www.flui.city/ qui travaille au dialogue entre territoires, élus et citoyens« Donnez votre avis et dialoguez facilement avec vos élus. », David Guez et Maria Mella pour faire le point : LaPrimaire.org https://laprimaire.org Et Héloïse et Chloe de Civocracy viendront peut-être nous rejoindre. Le sujet central sera comment inciter à l'engagement citoyen, maintenant que nous avons les plates-formes, les applis, que nous avons appris à nous rencontrer dans la vraie vie, à échanger ? Nous travaillons tous beaucoup à une nouvelle gouvernance, celle que les gens attendent, arriverons nous à la mettre en place ? Et comme c'est un atelier participatif on votera ensemble pour les nouvelles valeurs. Et le même jour à 17h 45, The Future of Democracy, un Fish bowl, ce dispositif de 4 chaises où tout le monde peut s'assoir et prendre la parole, alors Exprimez-vous !

                                                                                                                                Janique Laudouar

Source : Nuit Debout Instagram  Laury-Anne (Gazette debout) : "reprenez la parole grâce au journal indépendant de la Nuit Debout"Une très belle image comme il y en a sur les plateformes Nuit Debout, wiki, tumblr, Gazette Debout, Convergences des Luttes

#MaVoix sera là le 18 mai au Fishbowl de Ouishare et à Strasbourg pour les élections partielles le 22 mai.

Open Source Politics, "la communauté Civic Tech en France", Valentin Chaput 

dimanche, mai 24 2015

OuiShare Fest 2015 : immersion dans la société collaborative

« Consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle. Et pourtant l'économie collaborative devient planétaire. Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare Fest 2015 aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.

Janique Laudouar

L'économie collaborative dans le hall d'entrée du Cabaret Sauvage lors du OuiShare Fest 2015 : de plus en plus de publications sur le sujet.

Vivre dans une société collaborative

Il y a le monde tel qu'il est, et le monde tel qu'il devrait être, dont OuiShare collecte, diffuse et incarne les valeurs.OuiShare Fest 2015, c'est trois jours d'immersion dans le monde tel qu'il est déjà, pour les1000 aficionados et connecteurs qui se sont réunis du 20 au 22 mai au Cabaret Sauvage, Parc de la Villette à Paris. Ce qui va changer le monde, ce n'est ni la technologie, ni les applications, ni l'économie, ce sont les gens. Vous, moi la façon dont nous allons nous adapter et opérer notre « transition ». Transition du vieux monde vers le nouveau monde que nous voulons : un monde dédié à l'altruisme, au bien commun, au partage, à la contribution, non comme utopie, mais illustré par des initiatives concrètes. OuiShare Fest cette année dépasse le thème de l'économie collaborative pour aborder celui d'une société collaborative, faite par les gens pour les gens, via les systèmes peer to peer et les plate-formes et technologies diverses et aussi une solide dose de philosophie, sociologie, bref une panoplie mentale adaptée au citoyen conscient et connecté.

Le business model de OuiShare Fest est en soi un exemple : une communauté mondiale, des bénévoles de toutes les nationalités, tous motivés par la philosophie OuiShare qu'ils pratiquent eux-mêmes, heureux d'être là. Ces bénévoles trié sur le volet viennent d'une école de commerce à Grenoble ou préparent un doctorat à Berkeley, une école de design à Londres ou Helsinki. Ils partagent 50% de leur temps en « tâches » pour le festival et 50% de leur temps à engranger du savoir, de la valeur ajoutée, des contacts. Des partenaires comme la Maif ou la SNCF, La Poste ou Castorama, Up, ne sont pas des sponsors au sens traditionnel du terme, mais viennent pour apprendre et s'informer. Des billets payants, qui peuvent être assez chers, certes, mais avec des tarifs abordables si on sait s'y prendre à temps comme le tarif « hacker » à 50 euros. Et les participants ont eu droit à un accueil attentionné du café du petit déjeuner aux tartines de confiture du goûter, du 100% bio, toilettes sèches et zéro waste, pas de papier glacé, le programme sur les téléphones mobiles grâce à l'application Sched. Et la soirée de clôture OuiShare Love, ouverte au public ! OuiShare Fest, c'est aussi la fête !

D'Internet à blockchain

Internet est bien à la base de tout, et comme le dit justement Pia Mancini (Argentine), qui présentait sa plate-forme DemocracyOS, Partido de la Red, Internet a d'abord été conçu comme un système décentralisé à son origine, puis s'est centralisé à nouveau avec le monopole de grands groupes qui ont su se saisir de avec opportunité du code et de l’algorithme, puis se décentralise à nouveau via des technologies comme block chain, utilisée pour BTC, bitcoin. Technologie phare de ces 3 jours, elle peut s'appliquer à d'autres usages coopératifs. 

Transition : vers un autre mode de vie

(ici Carole Delga, Secrétaire d'état, avec Diana Filippova et Yoann Duriaux)

Reste l'économie classique. Reste la politique classique. C'est bien pourquoi la thématique « transition » est choisie. Nous voulons de moins en moins consommer et de plus en plus participer, partager, expérimenter, agir, aimer, inventer, créer. Dès lors il est nécessaire d'inventer d'autres modèles. « Aujourd’hui, je suis aussi coworkeuse, je voyage avec Couchsurfing et Airbnb, j’utilise vélib et autolib, et je soutiens de projets sur des plateformes de crowdfunding, et je suis adhérente à une coopérative alimentaire. L’un des piliers de la communauté OuiShare reste tout de même le rejet de la surconsommation de masse et un mode de vie plus responsable. » confie Asmaa (OuiShare) au blog consocollaborative.La vidéo (avec sous-titre en français) de The story of stuff  est un petit bijou de pédagogie qui engage à une citoyenneté responsable. Le stuff, c'est toute cette masse de surproduction si mal distribuée et parfois nocive.

Comme le dit justement Carole Delga,  Secrétaire d'état du commerce et de l'artisanat  venue visiter la manifestation, "consommer, acquérir, était dans les années 50 à 70 la marque d'un statut social". C'est presque l'inverse aujourd'hui, quand on entend un jeune décrire son style de vie, Emmaüs pour les objets, covoiturage et vol low coast pour se déplacer, et du « do it yourself » avec du bois recyclé quand il a besoin d'un meuble. « Fini la propriété, vive l'usage ! » pour reprendre le titre d'un des événements « satellite » du jeudi 21 mars ou encore sur les murs « Plus de joie moins de choses ». C'est maintenant ne plus consommer qui est de venu la marque du citoyen averti et mature, par rapport aux tristes caddies pleins à ras bord de la consommation de masse. Interpellée par Yoan Duriaux, apôtre des tiers lieux en France, sur la nécessité de prendre en compte cette société civile agile, celle des makers et des Fab Labs, Carole Delga assure qu'elle en informe les chambres de commerce, et diffuse sa conviction qu'il faut rapprocher cette « économie de partage », de l'économie circulaire, de l'économie sociale et solidaire bien intégrée dans les territoires. Ces nouvelles économies ont des valeurs sociales et des questionnements proches.

Pour Antonin Léonard, ce qui exige encore beaucoup d'énergie,c'est ce  "tiraillement" entre l'ancien monde, toujours bien en place, même s'il est fragilisé par les sondages et autres signaux fort ou faible faibles de désaffection, et ce nouveau monde en expansion. D'où le titre « Lost in transition ? » choisi pour cette troisième édition. « Nous n'avons pas les même mots » constate Antonin Léonard, pourtant en faveur du dialogue entre les deux mondes. Le vocabulaire du programme : « consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle.

Tisser des liens

Au coeur de ces trois jours, les rencontres humaines. Chacun a envie de savoir qui est l'autre, son voisin, chacun se parle et échange. Il est aussi enrichissant de bavarder avec une bénévole collaborant à Mon cher Paris que d'échanger une carte de visite avec le philosophe Michel Bauwens.

Michel Bauwens, entretien avec Diana Filippova. Ci-dessous "The sharing table" : on peut prendre un objet et visiter le site http://www.shareable.net/

« Give before you take », « Donnez avant de recevoir » : avec ce message évangélisateur ouvrant le festival, Charles Eisenstein ("Sacred Economics) aura donné le ton. Don qu'on peut faire à certaines plate-formes « gratuites » comme Wikipedia qui aura montré la voie du succès coopératif Contribuer au financement de plateformes à encourager. Un bénévole me parle du projet très avancé dans lequel il est impliqué La Louve, projet de coopérative dans le 18ème arrondissement de Paris ou les « actionnaires » donneront aussi un peu de leur temps, 3 h par semaine.

Rencontre humaine aussi avec les grands bénéficiaires de l'économie collaborative, qui sont la cible de méfiance et de critique dans la controverse actuelle. En écoutant Frédéric Mazella, de bla bla car, réussite emblématique avec 20 millions de membres avec profil vérifié, ou Scott Heiferman de Meet up, plate-forme de rencontre de gens partageant un intérêt commun, qui annonce meet-up pro pour les entreprises, on s'aperçoit que ce qui est à la base de leur réussite, c'est bien la croyance en leur projet, leur sincérité, l'authenticité de leur force de conviction. Sens de l'observation, volonté de co-construction avec les utilisateurs, et une plate-forme en ligne bien conçue et efficace ont fait le reste. Leur moteur a été le souci de combler les besoins nouveaux en services adapté aux moyens des citoyens, d'être à leur écoute et de co-créer avec eux, qui ne semble plus être la préoccupation des politiques classiques. La confiance reste le mot-clef de l'économie collaborative, comme nous l'avions écrit  dans un billet sur l'économie collaborative et comme le confirme Vincent Houba d'architectures invisibles.

Transition du vertical à l'horizontal

Transition : passer d'une société verticale à une société horizontale, c'est presque mission impossible en France où la pyramide hiérarchique reste trop souvent inflexible. Les nouveaux managers ont en commun le même regard sur « cette société en « silo » dont nous ne voulons plus ». Diana Filippova coordonnatrice fait partie de cette population de jobouts, ceux qui ont osé quitter un « vrai » travail rémunérateur pour se lancer dans une aventure créative. Scott Heifferman de Meet up insiste sur la nécessité d'aimer ce qu'on fait. Parmi les événements satellites, la question est posée par la Gaité Lyrique et iGi Partners le 8 juin d'un nouveau type de management« Le XXIe siècle amène la remise en cause de l’organisation pyramidale et des managers. Exit le Taylorisme, place à l’innovation pour que les organisations retrouvent agilité et performance.Dans un tel contexte, l’Holacratie suscite curiosité et questionnement : une organisation peut-elle réellement fonctionner sans chef ?» Elle peut en tout cas redistribuer, et c'est un peu le reproche qui est fait à ceux qui actuellement, qui engrange des bénéfices sans les partager et sans penser les nouveaux modes du travail. « Décentralisé », « autonome », « par les gens et pour les gens », reste le modèle à atteindre comme http://lazooz.org, « collaborating transportation » dont le modèle original renouvelle le genre du co-voiturage (on paye en monnaie alternative, la zooz) et prévient les critiques : plus on utilise la plate-forme, plus on conduit, plus on gagne en actions de la société !

Nouveaux savoirs, nouveaux métiers : "le futur du travail"

Est-ce la fin du travail salarié comme le prédit Jeremy Rifkin,  et Bernard Stiegler dans un entretien à WeDEMAIN à l'occasion du dernier OuiShare Fest? "Le modèle salarial tel qu’on le connaît aujourd’hui et que défendent les syndicats est celui de Keynes et de Ford." "L’emploi salarié va devenir minoritaire." ""Freelance" est devenue le statut "normal" du travailleur déclare Sara  Horowitz qui a crée https://www.freelancersunion.org/  qu s'exprime sur le futur du travail. Une étude américaine livre le chiffre de 53% de travailleurs free-lance aux Etats-Unis. Notre pari est que de nouveaux savoirs, de nouvelles compétences, vont créer de nouveaux métiers pour la société collaborative. Savoir créer une communauté, une plate-forme en ligne, savoir mobiliser une communauté s'apprend : avec FullMobs, "la mobilisation nouvelle génération" par exemple, qui propose de vous aider à mobiliser les foules, de s'impliquer dans des actions de solidarité. Un jeune entrepreneur français s'inspire de Thunderclap pour monter Daycause : soit une plate-forme qui se propose d'orchestrer votre communication "rallier des soutiens pour diffuser un message tous ensemble au même moment sur les réseaux sociaux. On parle de communication collaborative". Sharetribe se propose de vous créer votre "place de marché" en quelques minutes!Voilà qui va faciliter de l'idée au projet, non?

Implémenter l'économie collaborative fait partie des nouvelles missions déjà en marche d'associations ou d'entreprises. Devenir consultant pour les villes ou collectivités comme collaboriamo à Milan, (fait partie de Sharitories, un projet OuiShare), ou Territoires hautement citoyens http://www.territoires-hautement-citoyens.fr lancé par Armel Le Coz de Démocratie Ouverte. Savoir coder, décrypter et utiliser les bases de données, le web sémantique ou les technologies alternatives comme blockchain. Savoir accompagner les entreprises  sur le chemin du changement, comme peers.org,  les aider à développer leur business modèles comme http://estrelab.com/,  à comprendre et appliquer les nouvelles valeurs, http://alkimya.co/.

Nouveaux modèles dans l'agriculture, avec, par exemple, l'ilôt des combles, http://www.lilotdescombes.fr/ microferme en permaculture. Les OuiShare awards et le tableau d'honneur de La Poste ont mis en valeur des initiatives très variées nées du crowdfunding. Dans le domaine de l'artisanat, le numérique peut changer la donne avec l'imprimante 3D, entre autres. Les entrepreneurs collaboratifs se sont aussi emparé du marché du "do-it-yourself", du fait main, de la dentelle, du tricot, on peut citer etsy et A little market, qui eût cru à cette réussite? Autant de pistes pour se lancer dans une nouvelle activité qui pour l'instant semblent pur l'instant « hors du radar » du marché de l'emploi. Il faudra aussi sans doute de nouveaux modèles d'éducation ou la réactivité, l’agilité, l'adaptabilité, la créativité, la persévérance, le mindfullness, seront des comportements et compétences enseignés et mise en valeur. Avec générosité, les entrepreneurs internationaux présents ont prodigué conseils et concepts clefs pour lancer sa plate-forme sur la place de marché. Fréderic Laloux auteur belge de "Reinventing organizations", "pour ceux qui pensent que le modèle actuel a atteint ses limites". A la fois pragmatique et idéaliste

"Y-a-t-il une application pour sauver la démocratie ?"

Mathieu Lerondeau, La Netscouade animait le débat avec Armel Le Coz, Démocratie Ouverte, Clara Delétraz, ex-French Tech, qui prépare un nouveau projet, Simona Levi, International Network, X.net, Clémence Pène Digital Strategy, Mairie de Paris,  présentaient leurs plate-formes dédiées à une démocratie ouverte, faite par et pour les citoyens.« Gouverner c'est prévoir » : l'adage depuis longtemps déserté la classe politique mais il est relayé au niveau mondial par une multitude de mouvements qui ont pour objectif de designer une nouvelle gouvernance, par et pour les citoyens. Simona Levi défend avec passion  http://xnet-x.net/en/ C'est un des modèles de démocratie en ligne. Plutôt que de passer leur temps à pourfendre les archaïsmes, la jeunesse mondiale les contourne : elle teste, elle expérimente, elle se lance et souvent réussit. Cette jeunesse là, très présente à OuiShare, semble plus mûre pour la gouvernance que bien des gloires usées de la politique. Des dizaines de collectifs émergent pour contester les « grands sommets », les « assemblées nationales » ces « autorités » instituées qui donnent l'impression d'être déconnectées du quotidien des habitants, et au final de délivrer une gouvernance européenne et mondiale médiocre et inadaptée. Présents à OuiShare Démocratie Ouverte, DémocratieOS, Assemblée-virtuelle, Regards Citoyens, Vox la plate-forme internationale de comparaison des programmes politiques ou encore l'Institut des Futurs souhaitables. Certains sont déterminé et actifs mais discrets comme # Ma Voix. Co-constuire les lois semble aujourd'hui un minium pour redonner son sens au mot « démocratie ». Pour d'autres comme Parlement et Citoyens, il s'agit d'accompagner les élus et de les convaincre d'impliquer les citoyens dans la gouvernance. Tous ont des plate-formes en ligne opérationnelles.

Hacker un terme de plus en plus fréquent pour désigner le fait de construire une réponse parallèle aux institutions. On parle de hacker l'Assemblée nationale, hacker la politique, hacker les élections. En projet : hacker par une présence active le sommet mondial du développement durable à Paris. Hacker a un sens positif et constructif. Face à une classe politique qui démontre chaque jour davantage à gauche comme à droite sa stratégie électoraliste et court-termiste, la proposition est de co-construire une gouvernance proche des gens avec tous les citoyens. Reste à déterminer quand et comment se rencontreront ces initiatives et quels dispositifs communes elles peuvent envisager. La technologie blockchain est déjà utilisée par DemocracyOS. Slim Bouzid, tunisien, (contrepoints.org)la décrit comme «un modèle à bases de données décentralisées, où l’innovation et la créativité sont totalement distribuées et librement accessibles à tous ».

Les femmes sont très présentes à OuiShare Fest , Pia Mancini, DemocrayOS,  Partido de la Red, Léonor de Roquefeuil de Voxe, plateforme civique, Primavera de Filippi, chercheuse, ça discute fort autour de blockchain et son usage pour les plate-formes !

DemocracyOS est une plateforme open source d'expression citoyenne que tous les pays peuvent utiliser  "la Tunisie l'a utilisé pour élaborer sa constitution,  la Tanzanie l'utilise" nous dit Pia Macini. "Le parti politique ( Partido de la Red) reste nécessaire pour synthétiser l'intelligence collective." Un nouvel engouement pour blockchain exposé par la chercheuse Primavera de Filippi et un atelier bien mené par Caterina Rindi

OuiShare Perspective

«Ce sont moins les techniques et les outils que les formes d'organisation et d'action qui sont les plus prometteuses, à court et moyen terme. »

Un projet pour la fin de l'été, POC21, http://poc21.cc/camp/the-innovation-camp.html un « camp » qui va réunir pendant un mois des makers innovants, designers, ingénieurs, dans un château pour « hacker » de façon positive l'événement très officiel de le COP2 et proposer des prototypes open-source sur les thèmes de la Conférence sur le climat des Nations Unies ( 30 novembre au 11 décembre 2015). Pour s'exprimer, dans ce sommet mondial il faut avoir le statut « d'observateur accrédité » selon des catégories officielles définies. Une restriction très « ancien monde » qui exclut les défenseurs passionnés!

Le monde que nous voulons : "C'est parti!"

Pour Antonin Léonard interrogé par une équipe brésilienne, OuiShare est passé de la position d'expert à celle de militant pour la naissance d'une nouvelle société. « Nous sommes des doers ». Pour Arthur de Grave, que retirer du OuiShareFest 2015 ? : «  On a gagné en professionnalisme ! » Sur les projets futurs : il n'y pense pas encore, « ça tourne ! » Et sur l'avenir de la société collaborative, Arthur de Grave répond: « C'est parti ! » Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.  Janique Laudouar

mercredi, septembre 24 2014

"L'émergence des communaux collaboratifs" (Jeremy Rifkin)

« Le capital social deviendra beaucoup plus important que le capital économique ou financier » (Jeremy Rifkin)

"L'émergence des communaux collaboratifs"

Nous le pressentions, nous l'écrivions, nous le constations : l'économiste Jeremy Rifkin, économiste, prospectiviste, le formule de façon claire «  le capital social deviendra beaucoup plus important que le capital économique ou financier. » Dans un entretien à Telerama, à l'occasion de la sortie de son nouvel essai « La Nouvelle Société du coût marginal zéro", il donne cet exemple de l'enfant qui partagera ses jouets plutôt que de les posséder. « Il apprend en effet « naturellement » que les jouets ne sont pas des objets que l'on possède mais des expériences auxquelles on accède pour un temps donné, et que l'on partage avec les autres. Il se prépare en fait, dès son plus jeune âge, à l'économie du partage qui l'attend. »

Accéder à des expériences demandera une agilité à capter les flux et l'information, à fabriquer rapidement du lien et des connexions, à savoir « bricoler » tant au sens sociologique du terme qu'au sens pratique avec les Fab Labs. Cette formation n'est pas dispensée à l'heure actuelle, d'où le grand désarroi des politiques publiques, tant l'éducation nationale que les structures chargés de l'emploi qui tablent encore sur un hypothétique « retour de la croissance » ou « pouvoir d'achat des ménages. » qui relève d'une économie du XXème siècle et qui freine plus qu'elle ne soutient.

Les gouvernances européennes peuvent-elles encore ignorer l'économie de partage ?

Comment nos gouvernances ignorent-elles à ce point ce que la société civile commence à pratiquer ? Car on a beau chercher dans les communiqués de presse, dans les débats politiques et économiques, dans les médias , on voit peu de commentaires sur l'économie de partage. Pourtant va bientôt avoir lieu le mois de l’Économie sociale et solidaire en octobre et novembre qui fera écho aux initiatives locales dans toutes les régions. Pourtant le Forum des usages coopératifs à Brest en juillet a montré la voie. Pourtant la communauté OuiShare qui se fait l'écho de cette économie a été reçue à Matignon. Pourtant Jacques Attali via Planet Finance organise le LHFForum, forum de «l'économie positive » au Havre du 24 septembre au 26 septembre 3 jours de conférences et ateliers pour découvrir les idées et projets innovants et durables de près de 450 entrepreneurs sociaux, dirigeants d'entreprise, responsables politiques, artistes, universitaires ou encore citoyens engagés.

Il n'est pas anodin de savoir que Jeremy Rifkin travaille avec Angela Merkel sur certains sujets.

Et pendant ce temps là, en France, Gérard Larcher brigue la présidence du Sénat et les médias s'emparent du retour de Nicolas Sarkozy...Sommes nous condamnés à ce débat français déconnecté, ou allons nous nous nous emparer du futur en agissant?

Jeremy Rifkin au Cube ce soir 24 septembre 2014

    L’émission est en direct sur plusieurs sites dont Les Rendez-vous du Futur. Elle sera retransmise également dans quelques lieux relais dont la Maison écocitoyenne à Bordeaux, et l’école Telecom Management à Paris.

-       Les internautes pourront poser des questions via le tchat et twitter (#rdvf)

-       Il y aura quelques surprises dans l’émission…

-       Nous avons le plaisir pour cette soirée exceptionnelle d’avoir comme partenaires : Triple C, le Forum Changer d’Ere et l’institut des Futurs Souhaitables.

vendredi, novembre 22 2013

Les politiques s'enlisent : les français s'organisent, vive l'économie collaborative !

Les politiques s'enlisent : les français s'organisent, vive l'économie collaborative !

Tu pars et tu ne sais pas quoi faire de tes affaires ? Lors d'un stage ou échange à l'étranger, stocke tes affaires chez un particulier. Jusqu'à 50% moins cher... » La solution : le co-stockage.

La vie est devenue trop chère, et pas seulement pour les étudiants, et si on en inventait une autre ? L'imagination est à nouveau au pouvoir avec les jeunes entrepreneurs. Le préfixe « co » est la clef magique de cette nouvelle économie, ce « Nouvel Eldorado » présentée le 21 novembre cadre de la traditionnelle Fête de l'entrepreneur organisée par la Chaire Entrepreneuriat d'ESCP (École supérieure de commerce de Paris).

« La monnaie de la nouvelle économie est la confiance »(Rachel Botsman)

A côté des food trucks alignés dans la Cour de l'ESCP, Start me up, qui regroupe les entrepreneurs du campus, proposait des rencontres autour de l'économie collaborative, ce nouveau concept fondé sur le partage et l'échange. Des start-up aux noms plein de fantaisie, BlaBlaCar, KissKissBankBank, Bulb in town, et au business plan solide. Un mot-clef , point commun à toutes ces initiatives : confiance. Confiance dans leur « produit », d'abord, parfois patiemment élaboré pendant plusieurs années, confiance entre les membres de leur « communauté ». La confiance que les gens ont perdu dans les institutions et les politiques, ils la placent maintenant dans ces jeunes entreprises qui permettent une relation de particulier à particulier, qu'il s'agisse de confier son appartement ou sa voiture. « La monnaie de la nouvelle économie est la confiance » prophétisait la gourou de l'économie collaborative dans Rachel Botsman une TED conférence remarquée.

"Demain, Saint-Malo-Rennes, 5 euros !"

« Demain Saint-Malo Rennes, 5 euros » En Peugeot 307. Paris Bruxelles 20 euros, « trajet direct et confortable. BlaBlaCar  commencé très tôt sous le nom de covoiturage.fr , avec peu de budget et c'est maintenant un succès international. Comment ça marche ? C'est simple : « Faire la route tout seul ça coûte cher, ce n'est pas bon pour l'environnement ...» La solution : « Trouvez votre covoiturage parmi plus d'un million de trajets à venir ». On peut s'inscrire, même en dernière minute. Des start-up comme BlaBlaCar ont parfaitement intégré les mécanismes d'Internet : avis et recommandations des passagers, site ultra convivial avec BlaBla blogs, BlaBla news, BlaBla quiz, et BlaBla Tours rencontres IRL (In real life) des managers avec leur communauté. Question dans la salle « Mais il faut des millions d'euros pour lance un tel business model » Réponse de Laurence Wagner « Pas du tout, quand j'ai rejoint le fondateur j'ai commencé avec 500 euros de budget com ! ». Et aujourd'hui 5 millions de membres, un million de passagers impliqués par mois, et un impact certain sur le CO2.

Le joli nom de Bulb in town évoque les territoires, le terroir, le terreau, la jacinthe qui sort de terre même en hiver. Cette start-up invente le crowdsourcing local...Cette start-up invente le crowdsourcing local.« Aidez OccaZou!, Librairie Solidaire, à retrouver une OccaZouMobile!!« Participez au financement des commerces et associations près de chez vous, profitez en échange de bons plans exclusifs. » C'est fait : ce jeune libraire solidaire a réuni les fonds et conduit désormais sa librairie mobile. Les contributeurs et donateurs  ont gagné des livres et aussi des relations chaleureuses. Même opportunité pour la boulangerie du village qui veut faire des cupcakes ou le restaurant des soirées animées.

Car dans cette économie d'échange on ne gagne pas que de l'argent ! On gagne de la chaleur humaine, de l'intelligence émotionnelle, du respect, des relations, de la réputation. Et ce n'est pas Vincent de KissKissBankBank qui dira le contraire : « Libérez la créativité » KissKissBankBank met en relation des créateurs de projets et des contributeurs passionnés par la créativité. Vous souhaitez lancer votre projet ou soutenir un projet. Ce guide vous permettra de trouver toutes les réponses dont vous avez besoin. 9 824 809 €ont été collectés pour 5 297 projetscréatifs ou innovants grâce à 195 113 KissBankers.

La réputation, nouveau "metric" économique

« Se sentir chez soi chez les autres », c'est sejourning, site de location d'apparements entre particuliers avec assurance. Le site repose une fois de plus sur les outils Web et réseaux sociaux qui ont fait leurs preuves, et aussi sur une assurance « béton ». On doit retrouver son appart tel qu'on l'a laissé aux locataires...Et c'est là que l'on voit en quoi ces nouveaux intermédiaires intermédiaires sont indispensables dans leur rôle d'accompagnateur de projet. Ainsi la notion d'ordre et de propreté peut varier d'un particulier à un autre, et le rôle régulateur de l'équipe desejourning est là pour aider les particuliers à dialoguer. Pour l'instant zéro problème !

Marjolaine Grondin était également présente avec Blackbird, un outil communuautaire étudiant  pour l'instant destiné à Sciences Po, et on pouvait lire sur sa page Facebook « Dans quelques minutes je pitcherai Blackbird à Xavier Niel, Marc Simoncini et Jacques-Antoine Granjon, pour la finale de 101 projets. » Il y a donc pour ces start-ups concurrence et opportunités à condition d'envisager le marché du travail et de l'entreprise avec de nouvelles valeurs, un nouvel état d'esprit où l'honnêteté est une vraie valeur à la fois morale et économique. Tricher sur la qualité et la fiabilité est devenu quasi impossible avec la notion de réputation qui vous suit sur les réseaux du début à la fin...C'est le cas aussi pour 99designs qui garantit la qualité de ses 263 692 designers et pour Buzzcar en pleine fusion avec son ex-concurrent Citizen Car. Prêter sa voiture, c'est un risque qu'il faut accompagner. Ca bouge ! « Cookening vient d’annoncer l’acquisition de Beyond Croissant. La start-up qui vous propose de vous inviter chez l’habitant pour y partager un repas devient au passage un candidat sérieux au titre de leader français de l’eatsurfing. » Nous annonce Arthur de Grave sur le Blog de la consommation collaborative. Pour mesurer la réputation et la valoriser, on peut faire appel à la start-up Feedback qui incube à l'ESCP.


Une nouvelle valeur d'usage : l'expérience prime sur la propriété

Selon Nicolas Bouzou et Christophe Marquès, économistes du cabinetAsterès qui a publié en juin une étude sur le sujet appliquée au secteur hôtelier, « l’économie collaborative repose sur le prêt, le don, l’échange, la location et la vente de biens d’occasion ». Le principe est fondamentalement simple : l’usage d’un bien prime sur sa propriété. »  peut-on lire sur le Digital Post DDB http://digitalpost.ddb.fr/dans un retour sur retour sur l'étude d’Altimeter du mois de juin 2013. C'est ausi cet article de Nicolas Rauline qui suit l'affaire dans Les Echos Business,  au titre révélateur "Quand les start-up du partage bousculent l'économie traditionnelle".

Mais c'est la remise en cause du capitalisme, ça ! Mais oui, c'est une révolution soft qui commence à faire parler d'elle y compris parmi les économistes et qui frappe de ringardise les politiques d'état et leurs lourds appareils, leur frilosité face à l'innovation. Face à eux, mais aussi avec eux, pour les informer et les convaincre, Ouishare, encore un nom sémantiquement porteur : « OuiShare est une communauté ouverte internationale composée de passionnés -entrepreneurs, designers, makers, chercheurs, décideurs publics, citoyens, et bien d’autres- qui oeuvrent pour le développement de l’économie collaborative ».


Un gisement d'emploi qui commence à intéresser les territoires : Ouishare a initié une récente rencontre à Bordeaux . Ouishare c'est ce hub qui regroupe tout ce qui compte en matière d'économie collaborative et qui n'a pas peur d'avouer son ambition : prendre le pouvoir ! Face à des politiques qui ne le veulent pas le lâcher, c'est parfois difficile, non ? « Oui, un peu schizophrène » répond la lumineuse young leader, animatrice de OuiShareParis « nous considérons que nous avons une mission de service public, mais attention maintenant que l'économie collaborative prend de l'ampleur, l'état se rend compte du chaos que ça peut générer dans les institutions ! Nous avons été invités par Fleur Pellerin, mais nous gardons notre indépendance, pas d'allégeance à un parti ou une politique »

Pas question de revenir à la nostalgie des « 50 glorieuses » et à l'emploi style années 80, hélas encore beaucoup trop présent à l'esprit des "politiques" et des corps intermédiaires,  quand tout un nouveau champ économique s'ouvre. A expérimenter et vivre. Les prochains rendez-vous : Ouishare Fest auquel nous sommes tous conviés du 5 au 7 mai 2014. Et le 4 décembre à l'ESCP Europe « Osez l'innovation économique, les monnaies complémentaires et autres systèmes d'échange solidaires ». Inscrivez-vous ! Et que le gouvernement s'inscrive aussi !

"L'avenir du monde ne peut plus attendre. Pour appréhender la société autrement, nous devons changer de " logiciel de pensée ".

A lire (entre autres) : "Vive la corévolution !: Pour une société collaborative" Sophie Novel , Stéphane Riot  

"What's Mine Is Yours: The Rise of Collaborative Consumption"Rachel Botsman, Roo Rogers