Le blog de la ménagère

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Tag - OuiShare Fest

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dimanche, juillet 2 2017

Pourquoi nous aimons OuiShare Fest 2017

                                               OuiShare Fest 2017

Courageux

Parce que c'est courageux d'organiser un événement et de s'assurer qu'il va continuer à se distinguer des autres. Toujours en avance, parfois à rebours, et à coup sûr excitant OuiShare Fest 2017 ne décevra pas. Villes de tous les pays, unissez-vous! Parce que miser sur les villes et sur leurs habitants, c'est une piste durable, et que nous avons besoin d'exemples concrets et aussi de concepts et d'outils pour nous organiser au-delà des états nations. A signaler Michel Bauwens P2P Fondation vient de publier sa cartographie de la Ville de Gand que nous avions annoncé dans un précédent article – en attente de la traduction en anglais. Les villes de Barcelone, Detroit, New York, entre autres, seront présentes. Le pouvoir et l'empowerment sont toujours d'actualité. Ancien pouvoir contre Nouveau pouvoir modéré par Arthur de Grave : « Le concept de “nouveau pouvoir” a été cite par CNN comme l’une des dix idées qui peuvent changer le monde. » Pouvoir collectif (Day 1 Regaining collective power from the bottom-up), les plateformes (Day 2 , Rethinking our cities as platforms), les villes connectées (Day 3 Building global urban networks).

Nouveau lieu, Les Magasins Généraux à Pantin, nouvelle ouverture au public : le OuiShare Fest ouvre ses portes jusqu'à 22h00 TOUS les soirs et l'entrée est libre à partir de 18h00.

Happy

Parce qu'être connecté nous rend heureux et même en meilleure santé quand nous savons utiliser nos réseaux. C'est le titre d'une session mercredi 5 juillet 16h 17  Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même .Miriam Notten is managing consultant La Red, Delft, Pays Bas et Paola Tubaro, chercheuse au CNRS qui travaille sur les liens noués pendant le fest. https://databigandsmall.com/ « Nos amis dévoilent un vrai trésor de ressources qui aurait pu rester invisible ou inaccessible ». Vrai, nous ne mesurons sans doute pas assez à quel point les réseaux sociaux sont devenus une source première d'information. On travaillera sur vos réseaux, comment les améliorer et l'outil utilisé sera “Networking Wishlist”


International

Parce que pour cause d'élections présidentielles et législatives nous sommes un peu englués dans le franco-française que OuiShare Fest 2017 continue à nous dé-formater, parce que vraiment international. La gouvernance des villes collaboratives : une étude de cas comparative de neuf villes européennes  mercredi de 15h à 19h45 et pendant les 3 jours mené par Lies van den Eijnden, chercheuse Sharing Cities, ShareNL Pays Bas.https://sharingcitiesalliance.com.« La stratégie de Barcelone pour la souveraineté numérique: construire la ville en réseau à partir d'un rassemblement de citoyens » Quelle est la stratégie digitale de Barcelone ? Comment la technologie peut-elle conduire à une plus grande participation aux procédés démocratiques ? Cette session se penchera sur la stratégie de Barcelona Ville Rebelle, qui réfléchit au droit à la smart city et à une transformation numérique durable, participative et efficiente. Francesca Bria, Vice-president, innovation at city of Barcelona.

Humain

On aime OuiShare parce que la dimension humaine est présente sur place, et aussi parce que les thèmes abordés n'oublient jamais les avancées dans l'humain. Un exemple ? Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional. «  Au-delà de la consommation, de plus en plus de gens participent à des activités de production ou de distribution: jardins communautaires, coopératives alimentaires, groupes d'achats, fermes urbaines. La culture du Do It Yourself pénètre dans le secteur alimentaire, ouvrant la voie à l'émergence d'une nouvelle culture alimentaire. La table ronde explorera l'interaction entre les politiques alimentaires et les initiatives citoyennes dans leur capacité à susciter la souveraineté alimentaire et à assurer la résilience du système alimentaire. » modéré par Myriam Bouré, Entrepreneur, Open Food France, Daniel Wathelet Président, International Urban Food Network, Jeudi 6 juillet 16:20 – 17:30.

L'actualité sur la problématique du travail « Peut-on encore fonder notre société sur le travail ? Ou au contraire, faut-il inscrire le droit à la paresse dans la constitution ? » speaker entre autres Arthur de Grave journaliste et editeur de Ouishare Magazine, mercredi 5, 18h 15 19h 45.

Tech mais pas trop

Parce que maintenant que tout le monde presque est connecté, l'accent sur le numérique prend des tournures plus précises de service au citoyen comme  Un laboratoire d'avenir permanent : la technologie pour les citoyens  qui a lieu pendant les trois jours mené par Samir Lahiri et Jurjen de Vries Permanent Future Lab. Ou encore modéré par Benjamin Tincq co-fondateur de Ouishare, Des écosystèmes d'entrepreneurs dans les villes: dépasser le modèle de la Silicon Valley.  Ce n'est plus le passage obligé des tech entrepreneurs et d'ailleurs le New York Times a consacré une page aux French Star-ups. «La Silicon Valley n'est plus le seul modèle d'innovation, de création d'emplois et d'impact local. Au fur et à mesure que les communautés de start-ups apparaissent dans toutes les grandes villes du monde, cette session explorera ce qui crée un bon écosystème entrepreneurial et comment construire et en nourrir un dans votre ville. » Nicolas Colin de The Family fera partie des speakers.  Et encore : dans une master class de 9 h à 14 h le 6 juillet tout sur les API au service de la sharing economy (B to B), design, architecture, management.

Ateliers

Parce que OuiShare est une occasion de mettre à jour ses compétences. Des ateliers comme Sharitories :Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes. Mais on peut dire aussi que pour une somme assez modique qui commence avec des tickets à 50 euros pour les free-lance et les étudiants, OuiShare "permanent beta" est un atelier de 3 jours non stop qui se clôture par un carnaval brésilien et beaucoup d'étoiles dans la tête...

                                                                                                                                                                                                 Janique Laudouar

Les Magasins généraux,  1, rue de l’Ancien Canal, 93500 Pantin

METRO : Eglise de Pantin

dimanche, mai 24 2015

OuiShare Fest 2015 : immersion dans la société collaborative

« Consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle. Et pourtant l'économie collaborative devient planétaire. Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare Fest 2015 aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.

Janique Laudouar

L'économie collaborative dans le hall d'entrée du Cabaret Sauvage lors du OuiShare Fest 2015 : de plus en plus de publications sur le sujet.

Vivre dans une société collaborative

Il y a le monde tel qu'il est, et le monde tel qu'il devrait être, dont OuiShare collecte, diffuse et incarne les valeurs.OuiShare Fest 2015, c'est trois jours d'immersion dans le monde tel qu'il est déjà, pour les1000 aficionados et connecteurs qui se sont réunis du 20 au 22 mai au Cabaret Sauvage, Parc de la Villette à Paris. Ce qui va changer le monde, ce n'est ni la technologie, ni les applications, ni l'économie, ce sont les gens. Vous, moi la façon dont nous allons nous adapter et opérer notre « transition ». Transition du vieux monde vers le nouveau monde que nous voulons : un monde dédié à l'altruisme, au bien commun, au partage, à la contribution, non comme utopie, mais illustré par des initiatives concrètes. OuiShare Fest cette année dépasse le thème de l'économie collaborative pour aborder celui d'une société collaborative, faite par les gens pour les gens, via les systèmes peer to peer et les plate-formes et technologies diverses et aussi une solide dose de philosophie, sociologie, bref une panoplie mentale adaptée au citoyen conscient et connecté.

Le business model de OuiShare Fest est en soi un exemple : une communauté mondiale, des bénévoles de toutes les nationalités, tous motivés par la philosophie OuiShare qu'ils pratiquent eux-mêmes, heureux d'être là. Ces bénévoles trié sur le volet viennent d'une école de commerce à Grenoble ou préparent un doctorat à Berkeley, une école de design à Londres ou Helsinki. Ils partagent 50% de leur temps en « tâches » pour le festival et 50% de leur temps à engranger du savoir, de la valeur ajoutée, des contacts. Des partenaires comme la Maif ou la SNCF, La Poste ou Castorama, Up, ne sont pas des sponsors au sens traditionnel du terme, mais viennent pour apprendre et s'informer. Des billets payants, qui peuvent être assez chers, certes, mais avec des tarifs abordables si on sait s'y prendre à temps comme le tarif « hacker » à 50 euros. Et les participants ont eu droit à un accueil attentionné du café du petit déjeuner aux tartines de confiture du goûter, du 100% bio, toilettes sèches et zéro waste, pas de papier glacé, le programme sur les téléphones mobiles grâce à l'application Sched. Et la soirée de clôture OuiShare Love, ouverte au public ! OuiShare Fest, c'est aussi la fête !

D'Internet à blockchain

Internet est bien à la base de tout, et comme le dit justement Pia Mancini (Argentine), qui présentait sa plate-forme DemocracyOS, Partido de la Red, Internet a d'abord été conçu comme un système décentralisé à son origine, puis s'est centralisé à nouveau avec le monopole de grands groupes qui ont su se saisir de avec opportunité du code et de l’algorithme, puis se décentralise à nouveau via des technologies comme block chain, utilisée pour BTC, bitcoin. Technologie phare de ces 3 jours, elle peut s'appliquer à d'autres usages coopératifs. 

Transition : vers un autre mode de vie

(ici Carole Delga, Secrétaire d'état, avec Diana Filippova et Yoann Duriaux)

Reste l'économie classique. Reste la politique classique. C'est bien pourquoi la thématique « transition » est choisie. Nous voulons de moins en moins consommer et de plus en plus participer, partager, expérimenter, agir, aimer, inventer, créer. Dès lors il est nécessaire d'inventer d'autres modèles. « Aujourd’hui, je suis aussi coworkeuse, je voyage avec Couchsurfing et Airbnb, j’utilise vélib et autolib, et je soutiens de projets sur des plateformes de crowdfunding, et je suis adhérente à une coopérative alimentaire. L’un des piliers de la communauté OuiShare reste tout de même le rejet de la surconsommation de masse et un mode de vie plus responsable. » confie Asmaa (OuiShare) au blog consocollaborative.La vidéo (avec sous-titre en français) de The story of stuff  est un petit bijou de pédagogie qui engage à une citoyenneté responsable. Le stuff, c'est toute cette masse de surproduction si mal distribuée et parfois nocive.

Comme le dit justement Carole Delga,  Secrétaire d'état du commerce et de l'artisanat  venue visiter la manifestation, "consommer, acquérir, était dans les années 50 à 70 la marque d'un statut social". C'est presque l'inverse aujourd'hui, quand on entend un jeune décrire son style de vie, Emmaüs pour les objets, covoiturage et vol low coast pour se déplacer, et du « do it yourself » avec du bois recyclé quand il a besoin d'un meuble. « Fini la propriété, vive l'usage ! » pour reprendre le titre d'un des événements « satellite » du jeudi 21 mars ou encore sur les murs « Plus de joie moins de choses ». C'est maintenant ne plus consommer qui est de venu la marque du citoyen averti et mature, par rapport aux tristes caddies pleins à ras bord de la consommation de masse. Interpellée par Yoan Duriaux, apôtre des tiers lieux en France, sur la nécessité de prendre en compte cette société civile agile, celle des makers et des Fab Labs, Carole Delga assure qu'elle en informe les chambres de commerce, et diffuse sa conviction qu'il faut rapprocher cette « économie de partage », de l'économie circulaire, de l'économie sociale et solidaire bien intégrée dans les territoires. Ces nouvelles économies ont des valeurs sociales et des questionnements proches.

Pour Antonin Léonard, ce qui exige encore beaucoup d'énergie,c'est ce  "tiraillement" entre l'ancien monde, toujours bien en place, même s'il est fragilisé par les sondages et autres signaux fort ou faible faibles de désaffection, et ce nouveau monde en expansion. D'où le titre « Lost in transition ? » choisi pour cette troisième édition. « Nous n'avons pas les même mots » constate Antonin Léonard, pourtant en faveur du dialogue entre les deux mondes. Le vocabulaire du programme : « consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle.

Tisser des liens

Au coeur de ces trois jours, les rencontres humaines. Chacun a envie de savoir qui est l'autre, son voisin, chacun se parle et échange. Il est aussi enrichissant de bavarder avec une bénévole collaborant à Mon cher Paris que d'échanger une carte de visite avec le philosophe Michel Bauwens.

Michel Bauwens, entretien avec Diana Filippova. Ci-dessous "The sharing table" : on peut prendre un objet et visiter le site http://www.shareable.net/

« Give before you take », « Donnez avant de recevoir » : avec ce message évangélisateur ouvrant le festival, Charles Eisenstein ("Sacred Economics) aura donné le ton. Don qu'on peut faire à certaines plate-formes « gratuites » comme Wikipedia qui aura montré la voie du succès coopératif Contribuer au financement de plateformes à encourager. Un bénévole me parle du projet très avancé dans lequel il est impliqué La Louve, projet de coopérative dans le 18ème arrondissement de Paris ou les « actionnaires » donneront aussi un peu de leur temps, 3 h par semaine.

Rencontre humaine aussi avec les grands bénéficiaires de l'économie collaborative, qui sont la cible de méfiance et de critique dans la controverse actuelle. En écoutant Frédéric Mazella, de bla bla car, réussite emblématique avec 20 millions de membres avec profil vérifié, ou Scott Heiferman de Meet up, plate-forme de rencontre de gens partageant un intérêt commun, qui annonce meet-up pro pour les entreprises, on s'aperçoit que ce qui est à la base de leur réussite, c'est bien la croyance en leur projet, leur sincérité, l'authenticité de leur force de conviction. Sens de l'observation, volonté de co-construction avec les utilisateurs, et une plate-forme en ligne bien conçue et efficace ont fait le reste. Leur moteur a été le souci de combler les besoins nouveaux en services adapté aux moyens des citoyens, d'être à leur écoute et de co-créer avec eux, qui ne semble plus être la préoccupation des politiques classiques. La confiance reste le mot-clef de l'économie collaborative, comme nous l'avions écrit  dans un billet sur l'économie collaborative et comme le confirme Vincent Houba d'architectures invisibles.

Transition du vertical à l'horizontal

Transition : passer d'une société verticale à une société horizontale, c'est presque mission impossible en France où la pyramide hiérarchique reste trop souvent inflexible. Les nouveaux managers ont en commun le même regard sur « cette société en « silo » dont nous ne voulons plus ». Diana Filippova coordonnatrice fait partie de cette population de jobouts, ceux qui ont osé quitter un « vrai » travail rémunérateur pour se lancer dans une aventure créative. Scott Heifferman de Meet up insiste sur la nécessité d'aimer ce qu'on fait. Parmi les événements satellites, la question est posée par la Gaité Lyrique et iGi Partners le 8 juin d'un nouveau type de management« Le XXIe siècle amène la remise en cause de l’organisation pyramidale et des managers. Exit le Taylorisme, place à l’innovation pour que les organisations retrouvent agilité et performance.Dans un tel contexte, l’Holacratie suscite curiosité et questionnement : une organisation peut-elle réellement fonctionner sans chef ?» Elle peut en tout cas redistribuer, et c'est un peu le reproche qui est fait à ceux qui actuellement, qui engrange des bénéfices sans les partager et sans penser les nouveaux modes du travail. « Décentralisé », « autonome », « par les gens et pour les gens », reste le modèle à atteindre comme http://lazooz.org, « collaborating transportation » dont le modèle original renouvelle le genre du co-voiturage (on paye en monnaie alternative, la zooz) et prévient les critiques : plus on utilise la plate-forme, plus on conduit, plus on gagne en actions de la société !

Nouveaux savoirs, nouveaux métiers : "le futur du travail"

Est-ce la fin du travail salarié comme le prédit Jeremy Rifkin,  et Bernard Stiegler dans un entretien à WeDEMAIN à l'occasion du dernier OuiShare Fest? "Le modèle salarial tel qu’on le connaît aujourd’hui et que défendent les syndicats est celui de Keynes et de Ford." "L’emploi salarié va devenir minoritaire." ""Freelance" est devenue le statut "normal" du travailleur déclare Sara  Horowitz qui a crée https://www.freelancersunion.org/  qu s'exprime sur le futur du travail. Une étude américaine livre le chiffre de 53% de travailleurs free-lance aux Etats-Unis. Notre pari est que de nouveaux savoirs, de nouvelles compétences, vont créer de nouveaux métiers pour la société collaborative. Savoir créer une communauté, une plate-forme en ligne, savoir mobiliser une communauté s'apprend : avec FullMobs, "la mobilisation nouvelle génération" par exemple, qui propose de vous aider à mobiliser les foules, de s'impliquer dans des actions de solidarité. Un jeune entrepreneur français s'inspire de Thunderclap pour monter Daycause : soit une plate-forme qui se propose d'orchestrer votre communication "rallier des soutiens pour diffuser un message tous ensemble au même moment sur les réseaux sociaux. On parle de communication collaborative". Sharetribe se propose de vous créer votre "place de marché" en quelques minutes!Voilà qui va faciliter de l'idée au projet, non?

Implémenter l'économie collaborative fait partie des nouvelles missions déjà en marche d'associations ou d'entreprises. Devenir consultant pour les villes ou collectivités comme collaboriamo à Milan, (fait partie de Sharitories, un projet OuiShare), ou Territoires hautement citoyens http://www.territoires-hautement-citoyens.fr lancé par Armel Le Coz de Démocratie Ouverte. Savoir coder, décrypter et utiliser les bases de données, le web sémantique ou les technologies alternatives comme blockchain. Savoir accompagner les entreprises  sur le chemin du changement, comme peers.org,  les aider à développer leur business modèles comme http://estrelab.com/,  à comprendre et appliquer les nouvelles valeurs, http://alkimya.co/.

Nouveaux modèles dans l'agriculture, avec, par exemple, l'ilôt des combles, http://www.lilotdescombes.fr/ microferme en permaculture. Les OuiShare awards et le tableau d'honneur de La Poste ont mis en valeur des initiatives très variées nées du crowdfunding. Dans le domaine de l'artisanat, le numérique peut changer la donne avec l'imprimante 3D, entre autres. Les entrepreneurs collaboratifs se sont aussi emparé du marché du "do-it-yourself", du fait main, de la dentelle, du tricot, on peut citer etsy et A little market, qui eût cru à cette réussite? Autant de pistes pour se lancer dans une nouvelle activité qui pour l'instant semblent pur l'instant « hors du radar » du marché de l'emploi. Il faudra aussi sans doute de nouveaux modèles d'éducation ou la réactivité, l’agilité, l'adaptabilité, la créativité, la persévérance, le mindfullness, seront des comportements et compétences enseignés et mise en valeur. Avec générosité, les entrepreneurs internationaux présents ont prodigué conseils et concepts clefs pour lancer sa plate-forme sur la place de marché. Fréderic Laloux auteur belge de "Reinventing organizations", "pour ceux qui pensent que le modèle actuel a atteint ses limites". A la fois pragmatique et idéaliste

"Y-a-t-il une application pour sauver la démocratie ?"

Mathieu Lerondeau, La Netscouade animait le débat avec Armel Le Coz, Démocratie Ouverte, Clara Delétraz, ex-French Tech, qui prépare un nouveau projet, Simona Levi, International Network, X.net, Clémence Pène Digital Strategy, Mairie de Paris,  présentaient leurs plate-formes dédiées à une démocratie ouverte, faite par et pour les citoyens.« Gouverner c'est prévoir » : l'adage depuis longtemps déserté la classe politique mais il est relayé au niveau mondial par une multitude de mouvements qui ont pour objectif de designer une nouvelle gouvernance, par et pour les citoyens. Simona Levi défend avec passion  http://xnet-x.net/en/ C'est un des modèles de démocratie en ligne. Plutôt que de passer leur temps à pourfendre les archaïsmes, la jeunesse mondiale les contourne : elle teste, elle expérimente, elle se lance et souvent réussit. Cette jeunesse là, très présente à OuiShare, semble plus mûre pour la gouvernance que bien des gloires usées de la politique. Des dizaines de collectifs émergent pour contester les « grands sommets », les « assemblées nationales » ces « autorités » instituées qui donnent l'impression d'être déconnectées du quotidien des habitants, et au final de délivrer une gouvernance européenne et mondiale médiocre et inadaptée. Présents à OuiShare Démocratie Ouverte, DémocratieOS, Assemblée-virtuelle, Regards Citoyens, Vox la plate-forme internationale de comparaison des programmes politiques ou encore l'Institut des Futurs souhaitables. Certains sont déterminé et actifs mais discrets comme # Ma Voix. Co-constuire les lois semble aujourd'hui un minium pour redonner son sens au mot « démocratie ». Pour d'autres comme Parlement et Citoyens, il s'agit d'accompagner les élus et de les convaincre d'impliquer les citoyens dans la gouvernance. Tous ont des plate-formes en ligne opérationnelles.

Hacker un terme de plus en plus fréquent pour désigner le fait de construire une réponse parallèle aux institutions. On parle de hacker l'Assemblée nationale, hacker la politique, hacker les élections. En projet : hacker par une présence active le sommet mondial du développement durable à Paris. Hacker a un sens positif et constructif. Face à une classe politique qui démontre chaque jour davantage à gauche comme à droite sa stratégie électoraliste et court-termiste, la proposition est de co-construire une gouvernance proche des gens avec tous les citoyens. Reste à déterminer quand et comment se rencontreront ces initiatives et quels dispositifs communes elles peuvent envisager. La technologie blockchain est déjà utilisée par DemocracyOS. Slim Bouzid, tunisien, (contrepoints.org)la décrit comme «un modèle à bases de données décentralisées, où l’innovation et la créativité sont totalement distribuées et librement accessibles à tous ».

Les femmes sont très présentes à OuiShare Fest , Pia Mancini, DemocrayOS,  Partido de la Red, Léonor de Roquefeuil de Voxe, plateforme civique, Primavera de Filippi, chercheuse, ça discute fort autour de blockchain et son usage pour les plate-formes !

DemocracyOS est une plateforme open source d'expression citoyenne que tous les pays peuvent utiliser  "la Tunisie l'a utilisé pour élaborer sa constitution,  la Tanzanie l'utilise" nous dit Pia Macini. "Le parti politique ( Partido de la Red) reste nécessaire pour synthétiser l'intelligence collective." Un nouvel engouement pour blockchain exposé par la chercheuse Primavera de Filippi et un atelier bien mené par Caterina Rindi

OuiShare Perspective

«Ce sont moins les techniques et les outils que les formes d'organisation et d'action qui sont les plus prometteuses, à court et moyen terme. »

Un projet pour la fin de l'été, POC21, http://poc21.cc/camp/the-innovation-camp.html un « camp » qui va réunir pendant un mois des makers innovants, designers, ingénieurs, dans un château pour « hacker » de façon positive l'événement très officiel de le COP2 et proposer des prototypes open-source sur les thèmes de la Conférence sur le climat des Nations Unies ( 30 novembre au 11 décembre 2015). Pour s'exprimer, dans ce sommet mondial il faut avoir le statut « d'observateur accrédité » selon des catégories officielles définies. Une restriction très « ancien monde » qui exclut les défenseurs passionnés!

Le monde que nous voulons : "C'est parti!"

Pour Antonin Léonard interrogé par une équipe brésilienne, OuiShare est passé de la position d'expert à celle de militant pour la naissance d'une nouvelle société. « Nous sommes des doers ». Pour Arthur de Grave, que retirer du OuiShareFest 2015 ? : «  On a gagné en professionnalisme ! » Sur les projets futurs : il n'y pense pas encore, « ça tourne ! » Et sur l'avenir de la société collaborative, Arthur de Grave répond: « C'est parti ! » Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.  Janique Laudouar