Le blog de la ménagère

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mardi, mai 13 2014

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                                                                                           Débat au Cube sur le thème PARTAGER

"L’économie du partage est en outre fort intéressante parce qu’elle privilégie des échanges de nature nouvelle, qui permettent à l’usager de sortir de cette approche de consommateur que nous avons héritée du 20èmesiècle."
Ce n'est pas un homme politique qui parle ce langage que tout le monde attend, mais Carlos Moreno, Professeur des Universités, et expert de la ville intelligente. PARTAGER est le thème de la revue en ligne du CUBE # 6 http://www.cuberevue.com/, « création et société numérique ». Un e-book de cette série d'articles qui donnent les clefs du présent et du futur est prévu.

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Sur le site du Cube on peut revoir le débat les points de vue exprimés par Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen, co-fondateur et porte parole de l’ONG Colibris-Mouvement pour la Terre et l’HumanismeSylvain Kern, entrepreneur et fondateur de la Cité de la RéussiteHortense Gauthier / HP Process, artiste transmedia, directrice de Databaz, centre d’art expérimental à Angoulême.

Comme le formule Niels Aziosmanoff, président du Cube, centre de création numérique, « Après un voyage de deux cent mille ans, l’homo sapiens s’apprête à rencontrer son successeur dans la grande chaîne de l’évolution. » Un message qui devrait enthousiasmer la planète, mais curieusement le monde politique se refuse à entrer dans ce XXIème siècle. Partout en Europe ou presque on parle et encore de « crise » de « croissance », de « courbe du chômage », plutôt que d'employer un vocabulaire tonique et tourné vers l'avenir : monde en mutation, nouveau paradigme, tout ce qui est en marche depuis l'invention d'Internet, de l'intelligence artificielle, et des objets connectés. Dire que ce n'est pas une « crise » dont on verrait un jour la fin, mais un monde nouveau qui se profile. « Empathie, altruisme, partage, innovation sociale et co-créativité sont les forces vives d’une nouvelle nation transfrontalière » écrit encore Niels Aziosmanoff dans son édito. Voilà qui est loin de l'Europe telle qu'elle est et telle devenue et que les citoyens français refusent largement. Non par désintérêt, mais pour marquer leur désapprobation face à un déficit de démocratie. Informés ou pas sur l'imminence d'un nouveau monde, les citoyens sentent bien que l'ancien monde a vécu, et que l'Europe fait partie de cet archaïsme si elle continue à les tenir en dehors des décisions qui les concernent les citoyens européens.

Innover : les citoyens n'attendent plus les politiques

La nouveauté c'est que les citoyens n'attendent plus le monde politique. Ils innovent : de « l'habitat participatif » au partage d'appartement, de l'économie collaborative à l'écologie au quotidien, du crowdfunding à l'échange, ce sont dix mille initiatives qui ne sont pas aidées par les pouvoirs publics et qui rencontrent le succès, parfois même la fortune. Aujourd'hui si tant de français s'exilent, c'est parce qu'il ont pour interlocuteur une administration dont l'objectif a toujours été de conserver, et qui ne semble pas sur le terrain bousculée par le « choc de simplification » annoncé. L'administration fiscale a su se réformer et les français ont adopté la déclaration en ligne. Pourquoi l'éducation nationale ne peut en faire autant, alors que tant d'enseignants innovent? Le Cube a d'ailleurs su nouer très tôt des partenariats avec le monde éducatif incitant à l'usage du multimédia que semble découvrir chaque nouveau Ministre de l'éducation nommé. Les enseignants et inspecteurs avertis utilisent le numérique dès l'arrivée de l'Internet en France -quand l'administration centrale n'en était pas encore informée, péché suprême, et leur barrait la route. En vain : François Jarraud a fondé le Café Pédagogique en se fondant sur une communauté d'enseignants. Autrefois combattu, il est aujourd'hui enfin admis par les instances officielles et est devenu journaliste. A la question « Comment gérer le changement?" Le Café Pédagogique cite Emmanuel Davidenkoff sur France Inter. «  "Passer d'une logique de top down à une logique bottom up". C'est comme cela qu'on peut réellement impulser le changement dans l'éducation nationale ». « Et pourtant elle tourne » disait Galilée en parlant de la planète terre, Galilée forcé de se renier, pour ne pas être accusé d 'hérésie. L'arrivée du numérique permet d'affirmer ses convictions et de les vivre sans en référer à la hiérarchie.

Participer

« Un laboratoire planétaire maillant de multiples initiatives, pour co créer, cultiver et polliniser les bonnes pratiques, et distribuer les fruits abondants de l’intelligence collective ». L'utopie proche décrite par Niels Aziosmanoff, c'est ce qu'a inventé le philosophe Pierre Levy. Il propose « Une mémoire numérique participative »...mais du Canada où il a du s'exiler puisqu'on lui a offert une chaire d'intelligence collective à l'Université d'Ottawa. Une équipe d'ingénieurs travaille à une application qui partage, non des amis plus ou moins proches, mais un écosystème qui regroupe des affinités électives à travers le monde. Un condensé de penseurs et d'innovateurs dispersés réunis grâce aux algorithmes, ce devrait être enthousiasmant...et ça l'est pour ceux qui suivent depuis longtemps de précurseur de l'intelligence collective. Mais qui va le soutenir en France ? La question reste ouverte.

Ouishare Fest 2014 était présent à la Foire de Paris sous la pluie pour annoncer sa manifestation annuelle du 5 au 7 mai, qui affichait complet mais qu'on pouvait suivre en livesur le site. « D'une société égocentrique à une societé eco-centrique, super conférence » l'un un des tweets les plus populaires « @tomasdelara ) ou encore «Les communautés collaboratives, objet sociologique non identifié". Avec des intervenants pionniers, comme Rachel Botsman, un des auteurs phares, avec laquelle nous avions déjà fait connaissance  il y a plusieurs mois dans l'article de la Ménagère consacré à l'économie collaborative. Fréderic Taddéï semble être l'un des seuls journalistes à penser « hors de la boîte », l'un des seuls médias classique à mettre en débat l'ancienne et nouvelle économie dans un récent « Ce soir ou jamais » sur France 2. Le thème de l'émission du était «Qui est propriétaire de quoi ? La propriété mise à mal dans tous les domaines ».  Invitée, Diana Filippova égérie de la nouvelle économie collaborative et l'une connectrices de Ouishare Paris a commence à faire passer le message au grand public.

L'essor du « co », du co-working au copass

Sur les réseaux, cette nouvelle philosophie se dissémine à vitesse grand V comme le blog http://www.imagiter.fr/ qui affiche sa profession de foi : le don et les maison du don comme « portes ouvertes à une nouvelle civilisation ».  « Faire connaître, dans le plus de domaines possibles, tout ce qui n'attire pas le main stream. Qui, pourtant, fait beaucoup pour les nouvelles façons de raisonner, de ressentir, de voir, d'écouter ou d'analyser - et dont le manque nous est cruel. Et, surtout, ces esprits synthétiques, quasiment en voie de disparition, qui nous rappellent que penser c'est agir, que les connaissances c'est pour faire connaissance. Ou que les plus grandes sensualités restent de goûter les saveurs des savoirs »

Certes après le co-working on voit se multiplier les « co » : copass l'un des lauréats du Ouishare, "co-art" et "co-créer", le préfixe « co » est porteur, en passe de devenir tendance et sans doute doit on rester vigilant. A remarquer parmi les lauréats de Ouishare, "SYMBA IDF est la monnaie destinée aux organisations symbiotiques (entreprises, associations…) d’Île de France pour relocaliser l’économie, créer des échanges vertueux et développer la richesse économique, sociale, environnementale et culturelle du territoire."  Les AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne ) ses sont organisés partout et leur offre, une alternative aux « hard discount ».  L'économie sociale et solidaire se répand, avec de nouveaux actionnaires qui sont des citoyens ordinaires qui ont fait le choix de prendre une part financière dans un projet de proximité. Dans le Perche, Ecopertica a démontré sa capacité de financement participatif et son savoir-faire en matière d'éco-construction avec les produits locaux, chanvre, chaux, bois des forêts. Des agriculteurs pionniers en "bio" dans la discrétion sont les nouveaux héros : Roland et Marie-Odile Ouy, agriculteurs bio, éleveurs, à Nocé (61) ont à la fois la philosophie et la pratique, des jeunes fils à long catogan qui ressemblent à des acteurs de Twilight, et font des études d'ingénieurs en agriculture à l'Esitpa. Une image innovante de l'agriculture : ils font l'objet d'un film projeté le 13 mai au Rex de Nogent-le-Rotrou : "Naturellement" de Patricia Jouvencel. Ci-contre La Ferme des Ouy.

Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen est aussi l'un des fondateurs de Colibris, la révolution douce qui prône « coopérer pour changer » mentionnait lors du débat au Cube que le bénévolat était en augmentation en France. Il y a donc de la place pour le partage traditionnel et les nouvelles formes de partage. Et une forme d'espoir auquel le monde politique ferait bien de s'intéresser.                                                                                                                                                                                      

Articles cités sur http://www.cuberevue.com/,                                                                                                                                             

Edito #6 : Partager

Nils Aziosmanoff président du Cube

http://www.cuberevue.com/edito-6-partager/3038

Le partage, une notion au cœur de la ville de demain

Carlos Moreno Professeur des Universités, scientifique, spécialiste de la Smart City

http://www.cuberevue.com/partage-notion-au-coeur-ville-demain/3356

Une mémoire numérique participative

Janique Laudouar directrice éditoriale Web

http://www.cuberevue.com/memoire-numerique-participative/3375


Prochainement: Rendez-vous du Futur spécial "Forum Changer d'Ère"

Dans le cadre du partenariat exceptionnel avec le forum "Changer d'Ère", émission live Les Rendez-vous du Futur

Le jeudi 22 mai 14 19h30 - 21h Tarif : Entrée libre Public : Tout public

mercredi, février 19 2014

Le philosophe Pierre Levy invente le GPS de l'intelligence collective

Source image The Automated Data Center: Two Layers of Technology Innovation, 17/12/2013 Bill Kleyman https://www.datacenterknowledge.com

Janique Laudouar 19/02/2014

Une causerie autour du futur du numérique

Confidentiel et convivial, ce rendez-vous autour d'une causerie-débat informelle de Pierre Levy réunissait le 15 février 2014 ceux qui depuis longtemps suivent le philosophe précurseur de l'intelligence collective et du virtuel, qu’il enseignait dans les années 90 au département Hypermédia de l'Université Paris 8. Actuellement le Canada lui a offert une chaire de recherche sur l'intelligence collective à Ottawa.

Le thème : « Le jour va bientôt se lever pour une civilisation qui se concevra elle-même comme un sujet planétaire. » Depuis l'avènement de ce qu'on nommait dans les années 90 « les autoroutes de l'information », puis«les  nouvelles technologies » et aujourd'hui « le numérique »,nous échangeons, nous collectons, nous cherchons, nous créons, nous produisons, nous baignons dans un flux de plus en plus dense de données ou data devenu incontrôlable par le particulier. Pour tenter d'en dégager le sens à une échelle mondiale, Pierre Levy invente depuis 20 ans un langage l'IEML (Information Economy Meta-language), « système de codage sémantique efficace , une technologie symbolique, », un « métalangage », mais surtout projet de civilisation, l'ambition d'orienter le futur de de la communication numérique vers une humanité meilleure. "Nous pouvons aujourd’hui connaître immédiatement notre propre position géographique et accéder automatiquement à la géolocalisation de n’importe quel objet ainsi qu’à la manière d’y accéder à pied ou par un quelconque moyen de transport. De la même façon, nous pourrons dans le futur nous situer dans le monde des idées, y localiser n’importe quelle personne, objet ou ensemble de données et explorer ses voisinages sémantiques".

L'algorithme au service de l'intelligence collective.

A l'heure où 50% de la population mondiale est connectée c'est moins l'accès à Internet et l'outil numérique qui posent problème, que mettre au service de l'intelligence collective la collection de données et leur exploitation, ce que savent faire pour l'instant avec une qualité inégale les agences des nations ou des publicitaires, ou des groupes innovants comme Google ou Facebook. Ce qui change aujourd'hui, nous dit Pierre Levy, c'est l'adressage et la manipulation des données par le biais des web robots et des algorithmes. Il cite l'exemple de la campagne de Barack Obama qui a engagé 70 informaticiens qui ont analysé l'ensemble des électeurs susceptibles de changer d'avis. Une approche « big data marketing », connue du marketing - voir par exemple le site emarketing - mais innovante en politique. Dans cette campagne, les algorithmes avaient la première place..

Qu'est-ce qu 'un algorithme? Nous en faisons tous l'expérience avec le courrier électronique : nos échanges, que nous imaginons privés, contiennent des mots-clefs repérés par des « robots » . Si nous écrivons que nous cherchons un abri jardin, un hôtel au Maroc, nous risquons d'être bombardés par des offres commerciales en ligne sur les même thèmes. Google a récemment fêté ses 15 ans avec l'annonce d'un nouvel algorithme (Hummingbird ou Colibri en français) dans le lieu même où les deux étudiants de Stanford inventaient il y a 15 ans le moteur de recherche, un « garage » accolé à une maison de banlieue, selon la tradition américaine de « l'innovation de garage ». « Google apporte plus de 500 modifications par an à son algorithme, soit en moyenne 1,4 modifications par jour » nous dit Fréderic Gaye sur son site Le Référencement naturel. S'il est devenu « un géant », google, le doit à sa capacité à se reconfigurer en permanence. Facebook vient lui aussi d'annoncer des changements dans l' algorithme d'affichage dans le flux d'actualité de l'utilisateur. « WhatsApp, Viber, Skype, Line, WeChat ou SnapChat... les applications de messagerie instantanée pullulent et attisent les mastodontes du Net, qui les rachètent à prix d'or. » constate mns actualités. « Facebook met 14 milliards d'euros pour racheter une start-up qui n'a même pas cinq ans d'ancienneté et qui a 55 salariés », s'exclame Axel de Tarlé sur Europe 1 en parlant de « la bataille des données », ajoutant que ce que Facebook rachète c'est la base des 450 millions d'utilisateurs qui va lui permettre, du moins c'est le pari, de rester au top. Et sur les marchés émergents comme l'Inde ou le Brésil. L'algorithme participe de l'exploitation mondiale de nos données privées tout en nous offrant « gratuitement » ces merveilleux outils. Google aussi est impliqué dans le traitement de la connaissance avec le "Knowledge graph". "Il permet à Google d’aller chercher les informations dont vous avez besoin pour les afficher directement sur le moteur de recherche" nous dit le site de google, qui prend soin d'ajouter le mot "connaissance" à sa collecte de données. et qui a investi $7.35 billion de dollars dans son nouveau Data Center nous apprend Rich Miller rédacteur en chef de Data Center Knowledge.

Mais la pensée de Pierre Levy est dirigée vers le sens que prendra le futur du numérique. Où nous mène cette société datacentrique ? « Le changement n'est pas achevé, et il offre encore de nombreuses possibilités d'inflexions et d'initiatives créatives ».

Source image : interface dans « Minority Report », Steven Spielbeg, 2002

Le langage IEML : vers un outil opératoire ?

Imaginons dans nos vie quotidiennes un merveilleux outil, une boule de cristal bourrée de coordonnées croisées grâce à l'IEML qui aura repéré ceux qui les utilisent  dans le monde entier : l'utilisateur n'aura pas besoin s'apprendre ce langage constitué et validé au fil des années, pas plus qu'il ne connaît les algorithmes qui régissent les réseaux sociaux. Pierre Levy imagine cet outil tout en rondeur à l'image de la planète, mais pourquoi pas aussi des écrans transparents tels qu'on les a vus dans le film de Steven Spielberg « Minority Report » en 2002, adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick, auteur de science fiction qui met en scène de façon « philosophique » le traitement des données et leur impact sur la vie privée. En 2014, c'est toujours l'enjeu des débats actuels sur l'identité numérique et la protection des données y compris au niveau européen.

Si on ne cesse d'inventer des outils numériques qui modifient nos usages, des mobiles flexibles, des imprimantes 3 D des « google glass », peu de recherche semble émerger à une échelle significative sur le façonnage de nos cerveaux et de nos idées via la mutation à l'oeuvre alors que le numérique a bouleversé nos vies privées, professionnelles, notre appréhension du monde de l'éducation à la recherche de l'âme sœur. Peu d'exploitation dans un sens à la fois noble et efficace et surtout utiles aux gens l'open data, des données publiques en ligne du gouvernement français.

IEML A quoi ça sert ? « Les écosystèmes d'idées seront observables »

L'ambition est énorme, d'où la difficulté de Pierre Levy à faire appréhender son projet, maintenant que la « grammaire » de l'IEML est prête, et de faire émerger du « labo » à « l'outil » : une nouvelle couche d'adressage avec l'objectif d'augmenter l'intelligence collective, la capacité cognitive individuelle, le développement, humain la prospérité et économique, les droits de l'homme etc. Jusque là nous avions été un peu sceptiques  et pas assez attentifs lors des présentations à l'université Paris 8: tant de « lubies » de chercheurs même réputés se révèlent inapplicables. Mais ce soir de février 1014, Pierre Levy a été clair et convaincant, malgré la complexité du projet. Mettre la puissance d'analyse des données entre les mains de tout le monde, c'est proche d'une démocratie participative ...qui est loin d'être le concept le mieux partagé en France et à travers le monde...d'où les obstacles rencontrés. Et pourtant ; ce que Pierre Lévy nomme « connaissance réflexive » est applicable dans de nombreux domaines.

Les applications de l'IEML dans nos vies

Les musées du monde entier ont dèja des débats passionnants sur le thème "patrimoine et web de données", et en France on peut citer entre autres la BNF qui a fait une avancée remarquée. Tout ce qui traite de la gestion des ressources humaines dans le service public est en manque d'outils. Dans l'éducation nationale en France les personnels avancent encore « à l'ancienneté » et les profils atypiques, les innovateurs, les expérimentations ne sont pas récompensées à leur juste valeur quand elle ne sont pas freinées. Et pourtant il y a un réseau d'innovateurs à travers toutes les académies. François Jarraud enseignant devenu journaliste a été pionnier grâce au numérique en impulsant Le Café Pédagogique. François Muller a été longtemps en charge de l'innovation au Rectorat de Paris, et pratique « le numérique" au service de l'éducation. Il est maintenant au Ministère de l'éducation nationale de Paris à l'origine de   RESPIRE.  un réseau social d'échanges de savoirs professionnels sur l'innovation pour les enseignants. Mais tous deux ont mis  15 ans pour arriver à une reconnaissance. Quel rêve et quels gains économiques si un outil opératoire pouvait repérer en temps réel et rassembler virtuellement les compétences parmi le million d'enseignants et croiser les « écosystèmes d'idées », en tirer parti pour la rénovation de l'éducation au XXIe siècle. On imagine aussi que nos administrations Pôle Emploi ou les caisses de Retraite qui croulent sous d'énormes données pourraient faire avec ce futur outil. 

Source image : visualisation de données Hypercarte ARTANK réalisée par Dataveyes

Les collectivités territoriales auraient alors le choix de ne plus s'en tenir à l'organigramme « officiel » des élus décideurs pour...tout décider du sort des habitants, mais aussi de faire émerger des propositions citoyennes. En les identifiant à travers une cartographie d'écosystèmes d'habitants qui viendraient booster l'économie locale ( habitat, éducation, culture, tourisme, agriculture, etc) l'économie d'un territoire serait gagnante et bien plus innovante. "« L’extraction automatique d’informations pertinentes à partir des données ne sera plus réservé à une élite politique, technologique et financière : un nouveau médium social et une nouvelle vague de littératie auront distribué ce pouvoir cognitif entre les mains de tous. » L'initiative collective, l'économie sociale et solidaire, l'économie collaborative, comme nous l'avons écrit Les politiques s'enlisent : les français s'organisent, vive l'économie collaborative ! sont déjà à l'oeuvre."

Et dans ce monde de conflits individuels, familiaux, sociétaux, monde des idées ou des religions qui s'affrontent, où on lit tous les jours des nouvelles sanglantes de la barbarie émanant de tous les continents, « En Centrafrique regain de violence et de haine » ou "Sanglante répression en Ukraine". Un outil qui grâce au big data permet à l'homme de progresser grâce au au numérique et d'élever le niveau de civilisation, l'expérience vaut la peine d'être tentée sans attendre.

« Connais-toi toi-même » (Socrate) : le GPS des idées et de la connaissance

De quoi a besoin Pierre Levy : selon lui, "de 12 ingénieurs" pour développer une démonstration accessible aux décideurs. Selon moi il a aussi et surtout besoin d'un top designer  (comme Etienne MIneur, par exemple) qui lui invente un nom de marque international et un symbole aussi fort et déjanté que la pomme croquée avec laquelle Steve Jobs et Steve Wozniak ont lancé "Apple".  Il a besoin d'une Zara Hadid http://www.zaha-hadid.com ou de l'éternel Philippe Starck http://www.starck.com/fr . Lors de cette « causerie » du 15 février les idées n'ont pas tardé à fuser. Étaient présents ce soir là entre autres Michèle Drechsler,  Inspectrice de l'Education Nationale, conseillère en technologies d'information et de communication pour l'éducation du Recteur de l'Académie Orléans-Tours, une des inspectrices les plus compétentes  pratiquant à un haut niveau le numérique, des auteurs, des entrepreneurs, de jeunes innovateurs comme la plateforme noosfeer.

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Cette inscription sur le temple de Delphes en Grèce et popularisé par le philosophe Socrate, c'est un peu ce que propose ce « GPS des idées » de Pierre Levy : mieux nous connaître et connaître les autres, mieux nous rassembler pour penser et agir collectivement, un outil en théorie infiniment plus noble et pertinent pour le futur du numérique que les réseaux sociaux actuels.

Source image : ISEA Istanbul, EMERGENCE, an interactive biofeedback art by Sean Montgomery, Diego Rioja, Mustafa Bagdati, Hyperstrata, Kasa Gallery

Pierre Levy interview sur France culture  sur son blog

Michèle Drechsler : Inspectrice de l'Education Nationale, membre titulaire du conseil national pour l'innovation pour la réussite éducative depuis Avril 2013 et docteur en sciences de l'information et de la communication.( Elle a soutenu sa thèse de doctorat en 2009 sur les pratiques du socialbookmarking dans l'éducation, une porte ouverte sur l'intelligence collective)

François Muller : RESPIRE,  Journée nationale de l'innovation (27 mars 2014)  6 grands Prix de l'innovation seront alors décernés. Votez pour le PRIX DU PUBLIC en ligne. http://www.francoismuller.net/

Et l'un des premiers à avoir cru à l'IEML, Samuel Szoniecky, au département Hypermédia persévère dans son "travail de jardinage des connaissances continu notamment pour créer des objets pédagogiques dans le cadre des ateliers laboratoire CreaTIC : http://idefi-creatic.net/