Le blog de la ménagère

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dimanche, juillet 9 2017

OuiShare Fest 2017 passe à l'action

Photo  OuiShare Fest 2017 Stefano Borghi

lls viennent de Lisbonne, Barcelone, Berlin Gand, Montréal, San Francisco, Detroit, d'Islande, d'Argentine, de Tchécoslovaquie forts de leur expérience concrète. C'est comme ça que OuiShare avance et nous fait avancer : en multipliant les retours d’expériences des acteurs qui partout dans le monde contribuent au changement. La révélation de l’économie collaborative a eu lieu, sa critique aussi, OuiShare Fest 2017 passe a l'action. Après l'exploration, c'est l'explosion. Un feu d'artifice d' expériences concrètes, de démarches, de réussites, des outils, des méthodes, avec un zeste d'ambiance  new New Age sous le soleil californien de Pantin.  

                                                                                                                                                                          Janique Laudouar

De Révolution à Évolution

En 2014, Pia Mancini portait un message révolutionnaire “ quelle démocratie a l'heure d'Internet?” et démontrait l’archaïsme des systèmes de gouvernance. Elle affirmait. “Nous voulons notre place a la table des décideurs” en proposant une plate-forme de vote Democracy OS et le Net Parti a Buenos Aires.Les collectifs citoyens français s'en sont inspirés pour faire entendre leur voix lors des élections présidentielles et législatives. “Reprendre le pouvoir par l'action collective” était la thématique du premier jour du Fest, avec un  fish bowl sur la mise à jour de la démocratie – la Civic Tech peut-elle aider?.

Pia Mancini revient a OuiShare Fest pour contribuer a la conversation : les institutions peuvent-elles rivaliser avec des citoyens agiles, connectés, impatients de participer a la co-construction des lois et qui ont développe des plate formes numériques opérationnelles? Amelie Bazet tente de défendre le point de vue d'Etalab qui a plusieurs reprises a fait appel a la société civile pour participer au projet Open Gov, une initiative à échelle mondiale qui vise à améliorer les modes de gouvernance. Mais le temps long de l'administration est-il compatible avec la réactivité des start-ups privées qui offre déjà les services dont les citoyens ont besoin? Et l'administration n'a-t-elle pas dans ses gênes l'instinct de conservation avant tout?
Ce sont des activistes comme Jeremy Heimans présent à OuiShare qui ont initié des mouvements comme Avaaz, (
qui revendique 20 millions de membres) “qui permet aux citoyens de peser sur les décisions politiques partout dans le monde” et ont impulsé de nouveaux usages numériques. "Il prône une transformation en profondeur de l’idée même de pouvoir dans les sociétés connectéesavec Purpose purpose.com/".  "Gunnar Grimson geek et analyste venu d'Islande est catégorique, il tweete : “si nous n'avons pas de participation citoyenne, nous n'avons pas de démocratie” et une suggestion “le meilleur moyen de s'assurer de la participation citoyenne, c'est de s'assurer qu'ils s'amusent en participant! ”Mais le fun ne garantit pas d'avoir un représentant à l'Assemblée nationale au bout du compte. ” La Civic Tech elle même doit apprendrea se relier entre collectifs ayant des objectifs similaires. Cette reliance tant clamée ne semble pas avoir eu lieu entre mouvements, malgré les efforts de Synergie Démocratique, par exemple, pour cartographier les mouvements citoyens ou Voxe.org qui poursuit sa mission “pédagogique” d'information politique avec le robot VoxeBot . Les administrations et certains ministères ont trop longtemps -depuis plus de quinze ans - sous-estimé la mutation mondiale et le changement d'ère – que représentait le numérique, tandis qu'une partie de la société civile agile avançait dans ce nouveau monde en bravant les entraves. Créer de nouvelles alliances avec les citoyens et les entrepreneurs semble la solution la plus réaliste. Justement, à OuiShare, on découvre comment. 

Nouvelles alliances

Aujourd'hui le nouveau monde est là et les institutions réalisent qu'il faut faire avec. Plus question de résister il faut s'allier. C'est ce qu'ont compris des territoires et des villes innovants, qui ont choisi de se faire accompagner dans leur transition par de jeunes entrepreneurs qui ont dans leur parcours l’expérience de la civic tech et du développement de plate formes dédiées a la démocratie digitale.  d'abord un mouvement en faveur de la participation 

"De la vision au changement: façonner l'histoire de nos villes avait pour objectif de discerner les meilleurs outils de dialogue entre ville et citoyen:« l'engagement démocratique nécessite un certain nombre d'outils disponibles et accessibles pour chaque citoyen. Les plate-formes open source sont un point clef. Mais il y a aussi d'autres formes de communication, face à face, différents media, applications, chats, commentaires, quels sont les plus pertinents ? »

http://www.opensourcepolitics.eu/d'abord un mouvement en faveur de la participation citoyenne est devenu une entreprise, qui propose des solutions civic tech, forte de toute l’expérience citoyenne de Valentin Chaput et Virgile Deville, ses co-fondateurs, qui ont accompagné, avec CivicWise, le vaste projet Arc de l'innovation. ambition de fédérer les territoires a l'Est de Paris autour de valeurs communes par le rapprochement d'acteurs investis dans l'innovation.“ la collaboration territoriale comme levier de développement de la nouvelle économie" “la gouvernance ouverte et agile du projet” lui a valu d'être lauréat des Defis Urbains 2017. Un processus itératif de co-construction, avec l'esprit d'entreprise sociale que revendique Open Source Politics et l'expérience internationale de CivicWise sur les villes. Un bon exemple de passage de l'activisme politique a la concrétisation.

Un atelier sur les communs et un nouveau lieu The Camp ....soon soon soon ...

Le Bien Commun, le Bien Commun! Il faut ancrer vos productions dans les communs" martelait en conclusion de OuiShare 2016 Yochai Benkler (Harvard). Les communs ont bien été abordés dans unatelierqui a eu l'air de passionner les participants “Quels communs pour un tiers-lieu ? Quels sont les critères de réussites, notamment d’un point de vue juridique “? je suis arrivée au moment de la restitution des ateliers, pas assez pour commenter mais assez pour savoir qu'un nouveau lieu allait être lancé
The Camp (Marina Rachline et Antoine Meunier). Manquait sans doute une bibliographie celle fournie par P2P Fondation entre autres, expert du sujet. On pouvait prolonger sa curiosité avec la mini-librairie proposée dans le Circus des Magasin Généraux selon la tradition de OuiShare.

Dépasser le modèle de la Silicon Valley


Non la France ne doit succomber à la dictature de l’innovation qui règne dans la Silicon Valley,”,écrit Mehdi Medjaoui, speaker qui nous alerte sur les abus de création de start-up comme produits financiers éphémères, ça passe ou ça casse. Et ça casse dans beaucoup de cas comme le confirmera Nicolas Colin (The Family) Il y a heureusement d'autres modèles pour booster les entrepreneurs. Encore faut-il réajuster la notion d'entrepreneur et la démystifier, ce que fait magistralement Nicolas Colin en 13 slides coups de poing dans la session modérée par par Benjamin Tincq avec, Jennifer Clamp(Techweek Nouvelle Zelande) et Rui Quinta(With Company, Portugal). Moins connu que Barcelone, la démarche de Lisbonne est présentée par Rui Quinta Managing Partner and Strategist à With Company. adepte de la culture du Design Thinking. C'est ainsi qu'est né le projet #definelisboa Define Lisboa http://definelisboa.pt/, une démarche de co-construction entre la ville de Lisbonne et ses habitants qui commence par une provocation Lisbonne est-il le nouveau Berlin? Un appel sur la plate forme dédiée : Comment voyez-vous Lisbonne?
Et les lisboètes se sont exprimés par dessins, par couleur, par petite phrase
http://definelisboa.pt/resultsComment voyez-vous son écosystème d'entrepreneurs? “ Le premier incubateur est né d'une volonté de la ville de Lisbonne http://fablablisboa.pt/, d'autres ont suivi. Lors d'un récent voyage à Lisbonne on a pu constater la vitalité des start-ups et des lieux de co-working.

La démarche de Rui Quinta et de tous les nombreux participants (60 entretiens) abouti à la co-construction d' une cartographie de l'écosystème des start-ups. Il nous livre sa recette pour s'assurer de l'engagement citoyen.

  1. Provocation
  2. Participation
  3. Inspiration
  4. Co-création
  5. Validation
Par ailleurs Rui Quinta colle parfaitement avec la culture de la ville puisqu'il est aussi impliqué dans la traditionnelle poissonnerie de famille Peixaria Centenária  dans le quartier de Praça de Flores....et sur facebook naurellement!

L'exemple de Barcelone BARCELONA DIGITAL CITY est souvent cité https://barcelonaencomu.cat/ et Francesca Pick nous en fait la présentation en slides https://www.slideshare.net/francescabria/bcn-digital-ouishare-fest-2017. On peut également lire l' entretien par Albert Cañigueral OuiShare Barcelona Connector dans OuiShare Magazine

Lors d'une autre table ronde, Le maire de la ville de Genk, Wim Dries,très pro-actif et très applaudi fait part de façon honnête des difficultés concrètes qu'il rencontre : comment convaincre les habitants qui laissent leur voiture inutilisée pendant 7 heures par jours de la partager? On attend avec impatience la traduction de l'essai sur la cartographie sur les ressources citoyennes réalisée en mai juin 2017 par Michel Bauwens P2P Fondation,

La conclusion commune à la thématique des villes : il ne suffit pas pour les villes de multiplier les incubateurs ou les espaces de co-working, il faut s'assurer que l’intérêt du citoyen est réellement pris en compte. Les données, oui, mais au service du citoyen.


Sharing : partager l'humain

Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même”. Paola Tubaro et Miriam Notten Managing consultant, La Red (Pays-Bas) poursuivent l'étude commencée avec Antonio Casilli sur les connexions établies à OuiShare. Avant OuiShareFest et après OuiShare Fest. Elles ont mené un atelier sur le sujet. L'art de la connexion n'est pas inné, il se cultive, et oui, c'est vrai nous apprenons des autres. https://databigandsmall.com/sharing-networks-2017/

De la sharing economy, l’économie de partage, on retient davantage à OuiShare Fest 2017 le mot partage humain plutôt qu’économie de partage, même si l’économie et la finance sont abordes sous divers aspects. Un thème récurrent est celui du partage de la découverte de ce nouveau monde, sortir de l’élite connectée, aller vers les autres. Pendant ces trois jours on aura moins parle de connexion à Internet que de connexion entre êtres humains : connexion entre les gens, les projets, les communautés, les villes, leurs habitants.

Le co-living, qu'est-ce que c'est ? Un phénomène qui prend son essor. Inês Santos Silva, Aliados (Portugal) Futuriste, expert en social good, modérait une session au Théâtre en posant la question, c'est pour qui le co-living? Ed Thomas présentait The collective, "une nouvelle façon de vivre à Londres", enthousiasmant,  Fabrice Simondi CEO Pure House. Autre session avec Pure House qui cherche à savoir ce qui est à partager en nous interrogeant. Révélateur !Partager sa chambre, sa salle de bains, son jardin? J'ai participé à une conversation informelle et je ressors...avec de nouvelles connexions dont une start-up luxembourgeoise Äerdschëff , "traduction luxembourgeoise de « earthship » et que nous nous inspirons de ce concept inventé par Mike Reynolds dans les années 70 dans le désert de Taos, aux États-Unis. Un Äerdschëff est un bâtiment dont les 5 principes fondateurs se basent sur la production et la gestion off-grid de ses propres ressources pour satisfaire les besoins de l’Homme de manière résiliente et durable : l’autonomie en eau, en assainissement,en électricité, en chauffage, et même l’autonomie alimentaire." Peut-être que dans le désert rural français...

J'aurais aimé répondre à l'invitation « d'expérience sensorielle »de Gabriela Montero fondatrice de Gastronomia Viva, Viva con Amor!  sur le Floating Fest le long du canal …trop tard ! Mais je vais la « suivre ». Une autre conférence " Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional" consacrait la révolution culturelle qui s'opère actuellement autour de produire et se nourrir. On pouvait revoir Malik Yakini, directeur exécutif du Réseau de la sécurité alimentaire de la communauté noire de Detroit, raconter comme dans le film Demain le renouveau de Detroit.

La technologie, oui mais quel impact?

Et le numérique? Tout le monde – ou presque - est maintenant conscient qu'on ne parle plus d'outil mais d'une mutation irréversible qui affecte tous les domaines et toutes les couches de la société. “C'est l'étape d’après” lance Antoine Brachet qui travaille dans une entreprise numérique et a co-fondé Les 100nBarbares qui a réuni il y a 2 ans 100 entrepreneurs du numérique décides a se faire entendre. Il suit une masterclass sur l'intelligence collective qui confirme son intuition que chaque personne est singulière et que c'est cette singularité qu'il faut savoir valoriser et laisser s'exprimer. « De la même manière que la permaculture tire partie de la biodiversité, on peut créer de la valeur en tirant le meilleur parti des compétences et aspirations des individus » démontre un récent article d'Usbek et Rica (Vincent Lucchese), « Le coût humain de l’effondrement sera dramatique » https://m.usbeketrica.com/article/le-cout-humain-de-l-effondrement-sera-dramatique une mise en garde qui aborde l'innovation sous l'angle du biomimétisme et de la a permaéconomie. Le contraire de notre éducation nationale, qui se méfie des singularités et les électrons libres et ignore ses élèves “hauts potentiels”! D'où le succès d'initiatives privées, comme Station F, qui vient d'ouvrir ses portes là encore, la société civile avance. Le biomimétic design était présent à OuiShare"Design Biomimétique: Écouter la Nature et (se) Construire avec elle". A suivre.

La master class sur les API d'un niveau “tout public” avait comme objectif de nous initier à l'API (Application Programming Interface) ce qu' a fait qu' a fait Arnaud Lauret IT architect at AXA Banque, the API handyman en nous décryptant le monde des API appliqués à la sharing économy : Facebook, Salesforce, Google, Netflix, Paypal, Twitter, Amazon Web Services. Les chiffres parlent : 1 million d'API dans le monde.

Plus philosophique et culturelle Mehdi Medjaoui, USA (https://oauth.io/home, apidays conferences http://www.apidays.io/ ) nous ouvre les yeux sur l'incroyable expansion de l'univers des API qui est en train de métamorphoser le commerce mondial. "Mehdi Medjaoui : “Le design des API conditionne la forme du monde de demain” On lira avec profit l'article de Diana Filippova pour KMF  "sa vision de l’entrepreneuriat, des API et de la tech est d’abord politique." Pas une masterclass technique, mais une master class éveil au véritable « challenge culturel » que représente l'expansion mondiale des API. Des entrepreneurs classiques y assistaient, conscients de la nécessité de mener à bien la transition digitale de leur entreprise.

Un regret : ne pas avoir suivi les masterclass sur l'organisation des plate-formes de Francesca Pick, http://ouishare.net/en, https://encode.org/ https://enspiral.com/  et Simone Cicero , Platform Design Toolkit.

Distribution de badges OuiShare Fest à un groupe de jeunes près du Canal de l'Ourcq, une jeune fille demande "C'est la Seine?"

Tous engagés dans vos villes?

Paradoxalement, c'est au moment où les villes et les territoires s'avisent de faire participer les citoyens, de booster les entrepreneurs sur leur territoire, que le problème se pose : comment susciter l'engagement citoyen? Sortir de l'entre-soi est définitivement l'un des points communs à bon nombre de sessions et d'outils présentés à OuiShare Fest 2017. Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes attire un public nombreux à la Factory. Bilan.

OuiShare Magazine dans un article de Samuel Roumeau retrace les débuts de ce projet d'accompagnement, dont l'ambition était de co-construire une boîte à outils commune. "A l’automne 2014, OuiShare a lancé un projet ambitieux d’accompagnement des collectivités locales visant à saisir les nombreuses opportunités offertes par l’économie collaborative sur un territoire. Ce nouveau projet se nomme Sharitories.
Aujourd'hui les plate-formes de consultation des citoyens existent, Civocracy, (Héloïse Le Masne) Collecticity (Julien Quistrebert). "Ne laissez pas les autres décider sans vous!" nous dit Civovracy, décidez du futur de votre école, de la sécurité des rues..tandis que Collecticity est dédié au financement participatif des projets publics. Oui mais...on ne peut pas forcer un maire de ville ou de village à utiliser les plateformes ou un citoyen à être actif dans sa ville. Sauf que ...nous dit Floris Voorink, City of Hilversum (Pays Bas) "décider "d'en haut" et sans consultation, ça ne marche plus! A la moindre décision, vous risquez d'avoir tout un groupe de citoyens qui proteste! Vous devez donc trouver un moyen de les faire participer!"

L'engagement citoyen est devenu une nécessité mais être un citoyen actif suppose un certain nombre de pré-requis, pas toujours partagés par le plus grand nombre. On ne peut plus parler de “fracture numérique” au sens informatique du terme, il est aujourd'hui facile et bon marché d'être connecté. Les associations locales, le réseau existant des EPN (Espaces Publiques Numériques), les tiers-lieux son là pour acculturer à la pratique d'Internet. Oui, mais il ne s'agit plus seulement de pratiquer le “numérique”, mais d'être immergé dans un monde global digital L'outillage n'est plus le même. Avoir un smartphone ne signifie pas savoir s'en servir pour communiquer et se relier en tant que citoyen à sa ville. Car la panoplie du citoyen est considérablement “augmentée” : savoir utiliser les applis, la vidéo, what's app ou snapchat, les facebook live, skype, s'y retrouver dans l'univers des APIS, réserver un hotel, un appartement, un billet de train. On peut imaginer -mais une étude a-t-elle été faite – qu'une partie de la population est aguerrie, quelque soit son âge, car les seniors ne sont pas en reste, mais les autres? L'échange se limite au texto individuel de base?

Darwin (Bordeaux) est un exemple de création bottom up d'une synergie dans la ville. Adopté et occupé par les habitants, il est difficile aujourd'hui de le remettre en cause pour un projet top down de plan d'urbanisme officiel conçu bien avant. Le temps de la technocratie entre la décision et la mise en œuvre ne peut rivaliser avec les nouvelles valeurs de la société civile : réactif, créatif, ephémére, mobile, adaptable.

Après le film DEMAIN de Cyril Dion et Mélanie Laurent, le documentaire "PRINTEMPS CITOYEN "vous emmène à la rencontre de personnes qui un peu partout sur la planète s'efforcent de ré-imaginer et d'améliorer nos systèmes politiques. Dans cette quête de changement la ville devient un terrain privilégié pour expérimenter de nouvelles pratiques démocratiques.” et un débat suit comment les citoyens peuvent-ils se réapproprier leurs villes? Au-delà d'un gadget participatif, comment porter les Civic Tech à l'étape d'après ?

Antonin Léonard (à droite)  et un chapeau OuiShare Fest 2017 pensent déjà à l'étape d'après

L'étape d'après?

Is France the place to set up your creative business? “ Pub dans le New York Times, rendez-vous annuel à Las Vegas, l'état s'est emparé de l'innovation et du numérique et la French Tech est devenu un label. Mais clairement c'est la société civile et les entrepreneurs privés qui mènent la danse du Futur aujourd'hui. Des Peter Thiel, des Elon Musk, existent en Europe et il faut les soutenir plutôt que réinventer des structures étatiques qui seront de toute façon en retard. On peut citer Faut-il imposer la mise à jour de nos administrations trop frileuses face au numérique? Pas de “top down” préconise Xavier Damman , CEO d'Open Collective co-fondé avec Pia Mancini. “Ne perdons pas de temps à convaincre ceux qui n'ont toujours rien compris, il y a suffisamment de gens dans le monde qui veulent changer et innover, identifions les obstacles qu'ils rencontrent et soutenons les.”Et les obstacles restent nombreux : l'écart entre riches et pauvres, la frilosité et l'archaïsme des institutions, le manque de curiosité des médias classiques qui se cantonnent confortablement dans l'ancien monde et font défiler “toujours les mêmes”.
Le thème de la justice sociale était abordé sous de multiples angles « Grands ensembles: comment sortir de 'l'erreur collective » réunissait sous la tente urbanistes, architectes, associations
Fatima Idhammou,  Sarcelloscope, Layla Zanifi,, L'ATELIER D'EDGAR, Arthur de Grave et bien d'autres parmi les participants..Taoufik Vallipuram de OuiShare qui co-modérait a animé un grand nombre de conférences et élaboré des évènements prospectifs dont le Forum Demain Habiter en Partage (Habitat groupé, coopératif, multigénérationnel, espaces partagés, co-living). De nombreuses initiatives interrogent la place du collectif dans le logement. Furent cités Levi-Strauss par Arthur de Grave et Julien Talpin, Community organizing : De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis de et Sylvie Tissot L’État et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique ».Nous avons des chercheurs, sachons nous inspirer de leurs analyses, et des réflexions pertinentes émises par un public averti. Des expressions comme « politique de la ville » ou « le vivre ensemble » ont fait leur temps et nombre de concepts de « l'ancien monde » ont prouvé leur inefficacité.
La colère contre l'establishment risque de prendre des formes bien plus violentes que le Brexit ou le rejet des partis politiques classiques. Aux mêmes dates que Le Fest se déroulait à Hambourg en Allemagne des manifestations contre le G20, voitures et vitrines saccagées, les affrontements entre les manifestants anti-G20 et les forces de l’ordre continuent à se dérouler non stop dans la nuit de jeudi soir.

OuiShare sur Instagram #ouishare

L'identité OuiShare

Se pose la question de l'identité de OuiShare. Quel positionnement futur? OuiShare, c'est un état d'esprit, oasis de civilité et de partage, OuiShare Fest, un moment de grâce. Comment le prolonger? Lamarque OuiShare a su s'internationaliser avec des événements à Barcelone, en Amérique latine, un réseau de 20 villes, une'équipe de 80 connecteurs dans le monde rodée à l'organisationnel, sans compter les milliers de fans connectés. Cette année OuiShare s'est approché des missions d'un organisme de formation en outillant les participants avec les masterclass. J'imagine OuiShare en CapGemini du Futur, en consultant de l’Éducation nationale ou du Ministère du Travail. Ce Think Tank du nouveau monde, quel bénéfice pour nos institutions encore trop souvent démarchées par des entreprises de "l'ancien monde"! L’évangélisation est toujours dans l'ADN de OuiShare qui prouve une fois de plus sa capacité à capter les nouvelles valeurs et à renouveler ses dispositifs. Oui, mais qu'en faire, comment les disséminer et les partager? Avoir une vision d'ensemble du projet n'est pas si facile malgré les données ouvertes et le travail considérable de l'équipe. OuiShare se veut modeste, responsable, et l'est, et prône les valeurs d'open source http://opensource.ouishare.net/ mais de façon ...aristocratique, ce qui est une valeur ajoutée, mais risque de déconcerter des organisations et les services publics moins sophistiqués. On sort de OuiShareFest galvanisé, mais l'effet risque d'être de courte durée s'il n'est pas relayé tout au long de l'année et par un changement d'échelle significatif en 2018 – laissons un peu de temps. 2018: IMPACT!

Et on quitte les bords du canal de l'Ourcq et la sympathique fiesta brésilienne et tous ces gens qu'on aime bien un peu frustré : la profusion de propositions nuit un peu à l'appropriation.Less is more. Un peu moins d'intervenants et un peu moins de redondance entre sessions? Un peu plus d'espace de synthèse et d'échanges où on réunirait les attendees participants à une même session pour savoir ce qu'ils en ont retenu et ce qu'ils vont pouvoir mettre en pratique dans leur vie? En théorie, c'est prévu dans le programme, mais pas vraiment matérialisé. Trop de soleil, peut-être, sur les Magasins Généraux. L'application Sched utilisée pendant les Fest le permet et OuiShare la maîtrise parfaitement. Les connexions existent - en théorie, et d'ailleurs sont effectives, je suis sûre que comme moi les participants suivent maintenant sur twitter les intervenants qu'ils ont apprécié, et et les liens qui sont pertinents pour leur activité. Ce que je retire de OuiShare cette année : l'envie de me plonger dans les vidéos, ce que je ne fais jamais. Parce que j'ai entrevu des micro-solutions dans tous les domaines qui touchent de près ma vie, manger, habiter, se connecter, communiquer, aider les collectifs que je soutiens à gérer leur-plateforme, et que j'ai envie d'approfondir et de partager . Nous avons glané à OuiShare fest 2017 une panoplie d'outils pour le nouveau monde, il faut entretenir la flamme. Une suggestion assez simple à réaliser : un Best of de OuishareFest avant la fin de l'année avec projection des vidéos et un débat. Formule un peu classique mais on peut y ajouter danses sacrées, méditation etmindfull business, ce dont nous avons tous besoin.

                                                                                                                                                                               Janique Laudouar

Bye bye OuiShare Fest Paris, rendez-vous 19 au 21 novembre à Barcelone  http://bcn.ouisharefest.com/





dimanche, juillet 2 2017

Pourquoi nous aimons OuiShare Fest 2017

                                               OuiShare Fest 2017

Courageux

Parce que c'est courageux d'organiser un événement et de s'assurer qu'il va continuer à se distinguer des autres. Toujours en avance, parfois à rebours, et à coup sûr excitant OuiShare Fest 2017 ne décevra pas. Villes de tous les pays, unissez-vous! Parce que miser sur les villes et sur leurs habitants, c'est une piste durable, et que nous avons besoin d'exemples concrets et aussi de concepts et d'outils pour nous organiser au-delà des états nations. A signaler Michel Bauwens P2P Fondation vient de publier sa cartographie de la Ville de Gand que nous avions annoncé dans un précédent article – en attente de la traduction en anglais. Les villes de Barcelone, Detroit, New York, entre autres, seront présentes. Le pouvoir et l'empowerment sont toujours d'actualité. Ancien pouvoir contre Nouveau pouvoir modéré par Arthur de Grave : « Le concept de “nouveau pouvoir” a été cite par CNN comme l’une des dix idées qui peuvent changer le monde. » Pouvoir collectif (Day 1 Regaining collective power from the bottom-up), les plateformes (Day 2 , Rethinking our cities as platforms), les villes connectées (Day 3 Building global urban networks).

Nouveau lieu, Les Magasins Généraux à Pantin, nouvelle ouverture au public : le OuiShare Fest ouvre ses portes jusqu'à 22h00 TOUS les soirs et l'entrée est libre à partir de 18h00.

Happy

Parce qu'être connecté nous rend heureux et même en meilleure santé quand nous savons utiliser nos réseaux. C'est le titre d'une session mercredi 5 juillet 16h 17  Les gens heureux sont des gens connectés - Développer son réseau social équivaut à se développer soi-même .Miriam Notten is managing consultant La Red, Delft, Pays Bas et Paola Tubaro, chercheuse au CNRS qui travaille sur les liens noués pendant le fest. https://databigandsmall.com/ « Nos amis dévoilent un vrai trésor de ressources qui aurait pu rester invisible ou inaccessible ». Vrai, nous ne mesurons sans doute pas assez à quel point les réseaux sociaux sont devenus une source première d'information. On travaillera sur vos réseaux, comment les améliorer et l'outil utilisé sera “Networking Wishlist”


International

Parce que pour cause d'élections présidentielles et législatives nous sommes un peu englués dans le franco-française que OuiShare Fest 2017 continue à nous dé-formater, parce que vraiment international. La gouvernance des villes collaboratives : une étude de cas comparative de neuf villes européennes  mercredi de 15h à 19h45 et pendant les 3 jours mené par Lies van den Eijnden, chercheuse Sharing Cities, ShareNL Pays Bas.https://sharingcitiesalliance.com.« La stratégie de Barcelone pour la souveraineté numérique: construire la ville en réseau à partir d'un rassemblement de citoyens » Quelle est la stratégie digitale de Barcelone ? Comment la technologie peut-elle conduire à une plus grande participation aux procédés démocratiques ? Cette session se penchera sur la stratégie de Barcelona Ville Rebelle, qui réfléchit au droit à la smart city et à une transformation numérique durable, participative et efficiente. Francesca Bria, Vice-president, innovation at city of Barcelona.

Humain

On aime OuiShare parce que la dimension humaine est présente sur place, et aussi parce que les thèmes abordés n'oublient jamais les avancées dans l'humain. Un exemple ? Faire de la souveraineté alimentaire plus qu'un concept de marketing régional. «  Au-delà de la consommation, de plus en plus de gens participent à des activités de production ou de distribution: jardins communautaires, coopératives alimentaires, groupes d'achats, fermes urbaines. La culture du Do It Yourself pénètre dans le secteur alimentaire, ouvrant la voie à l'émergence d'une nouvelle culture alimentaire. La table ronde explorera l'interaction entre les politiques alimentaires et les initiatives citoyennes dans leur capacité à susciter la souveraineté alimentaire et à assurer la résilience du système alimentaire. » modéré par Myriam Bouré, Entrepreneur, Open Food France, Daniel Wathelet Président, International Urban Food Network, Jeudi 6 juillet 16:20 – 17:30.

L'actualité sur la problématique du travail « Peut-on encore fonder notre société sur le travail ? Ou au contraire, faut-il inscrire le droit à la paresse dans la constitution ? » speaker entre autres Arthur de Grave journaliste et editeur de Ouishare Magazine, mercredi 5, 18h 15 19h 45.

Tech mais pas trop

Parce que maintenant que tout le monde presque est connecté, l'accent sur le numérique prend des tournures plus précises de service au citoyen comme  Un laboratoire d'avenir permanent : la technologie pour les citoyens  qui a lieu pendant les trois jours mené par Samir Lahiri et Jurjen de Vries Permanent Future Lab. Ou encore modéré par Benjamin Tincq co-fondateur de Ouishare, Des écosystèmes d'entrepreneurs dans les villes: dépasser le modèle de la Silicon Valley.  Ce n'est plus le passage obligé des tech entrepreneurs et d'ailleurs le New York Times a consacré une page aux French Star-ups. «La Silicon Valley n'est plus le seul modèle d'innovation, de création d'emplois et d'impact local. Au fur et à mesure que les communautés de start-ups apparaissent dans toutes les grandes villes du monde, cette session explorera ce qui crée un bon écosystème entrepreneurial et comment construire et en nourrir un dans votre ville. » Nicolas Colin de The Family fera partie des speakers.  Et encore : dans une master class de 9 h à 14 h le 6 juillet tout sur les API au service de la sharing economy (B to B), design, architecture, management.

Ateliers

Parce que OuiShare est une occasion de mettre à jour ses compétences. Des ateliers comme Sharitories :Sharitories: de l'exploration aux expériences, une feuille de route pour les actions collaboratives dans les villes moyennes. Mais on peut dire aussi que pour une somme assez modique qui commence avec des tickets à 50 euros pour les free-lance et les étudiants, OuiShare "permanent beta" est un atelier de 3 jours non stop qui se clôture par un carnaval brésilien et beaucoup d'étoiles dans la tête...

                                                                                                                                                                                                 Janique Laudouar

Les Magasins généraux,  1, rue de l’Ancien Canal, 93500 Pantin

METRO : Eglise de Pantin