Le blog de la ménagère

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mardi, juin 19 2018

Faut-il tuer le CESE? Ou l'encourager? La participation citoyenne en question

Faut-il tuer le CESE ?

Faut-il tuer le CESE ? Ou en faire un partenaire ? Sous ce titre provocateur, nous entendons par CESE le symbole de ces institutions para gouvernementales dotées de moyens mais dont on ne sait plus vraiment quelle est leur utilité. Il ne s'agit pas de fustiger les femmes et des hommes de bonne volonté qui y travaillent mais de s'interroger sur la raison d'être des institutions, en terme d'efficacité. «  483 comités, nous sommes un pays qui crée beaucoup de comités » dira Patrick Bernasconi président du CESE en introduction. Nous étions conviés par Décider ensemble et Synopia à un colloque « La Place du citoyen et de la société civile dans la décision publique ». Décider ensemble s'attache depuis 10 ans à « diffuser une culture de la décision partagée ». Présence dans la salle du Drenche, de Parlement & Citoyens, Didier Fradin avec Elisabeth Dau impliqué entre autres dans ce nouveau mouvement le Municipalisme.

Dernière minute

Ce colloque avait lieu le 14 juin, en préalable au débat qui vient de commencer à l'Assemblée nationale sur la révision constitutionnelle. Si on mentionne "l'accélération de la fabrique de la loi", n'est pas explicitée la participation du citoyen à la co-construction de la loi. Depuis Démocratie Ouverte a lancé pour le mercredi 11 juillet une réunion qui pose la question "Partout en France, des centaines d’innovations démocratiques et de solutions institutionnelles sont inventées et parfois expérimentées dans les territoires. Il est du devoir de l’Etat et des parlementaires de les encourager et de s’assurer que la participation du citoyen dans la vie publique ne reste pas une simple promesse de campagne. "

Adopte un amendement citoyen ! Conférence de presse & ‘Match démocratique’ - Mercredi 11 Juillet 2018 à partir de 18h à la Halle Civique Belleville 27 rue Piat, 75020 Paris

La participation citoyenne

La participation citoyenne comme on l'a répété avec constance sur ce blog est devenue nécessaire à l'élaboration des politiques publiques, mais où lui donner sa place ? Peut-on « institutionnaliser » la participation ? Le CESE aimerait bien se positionner comme intermédiaire entre la société civile et l'état et devenir « La Chambre du Futur » telle qu'imaginée par le Chef de l’État, mais ses règles de fonctionnement semblent d'un autre temps, à réformer d'urgence. 500 000 voix citoyennes pour examiner une pétition, un seuil beaucoup trop haut comme il sera dit. Une plateforme de consultation existe mais les sujets traités sont décidés par le CESE. Il faut donc attendre mois ou années. La note de cadrage sur la révision constitutionnelle de Décider ensemble pointe précisément les difficultés et l'état des lieux : Omnipotent et omniprésent l’État concentre le pouvoir et les moyens au détriment d’initiatives locales qui pourraient porter efficacement et durablement la vision d'avenir suggérée par l’exécutif.

Points de vue d'intervenants : Loïc Blondiaux, Julie de Pimodan de Fluicity, Baki Youssoufou We sign it Severina Bellina, le député Mathieu Orphelin, le sénateur Henri Cabanel ,  

La grille des fragilités

Severina Bellina est directrice de de l'Institut de recherche sur la gouvernance et à ce titre observatrice des « pouvoirs » à travers le monde et sur le territoire français. La grille des fragilités sert à repérer les points de faiblesse des états qui peuvent mener à la violence . L'approche gestionnaire de certains états n'a pour objectif que de reproduire un modèle. L'état est déconnecté des aspirations et initiatives. Aujourd'hui la défiance et la peur dominent les interactions Des catégories de population restent invisibles. Institutionnaliser, oui, mais la participation doit être un « pouvoir par le bas, sinon ça ne fonctionne pas » il ne faut pas institutionnaliser « par le haut »

Comprendre les enjeux des habitants avec Fluicity

Julie de Pimodan et son équipe ont interviewé 2000 citoyens avant de fonder Fluicity. Verdict : la non participation est due principalement au sentiment profond de ne pas avoir d'impact. Comment restituer cet impact : la démocratie à l'échelle locale. La plateforme permet de comprendre les enjeux des habitants et apporte une valeur ajoutée : une audience, une qualité démocratique, mieux comprendre la population grâce au big data. Le numérique est un accélérateur de participation citoyenne. Dans la ville de Vernon 12% de la population est connectée à la plateforme (500 personnes) . Un tableau de bord qui permet aux élus d'être plus efficace, on creuse les propositions des habitants pour en déterminer la faisabilité. Permet aussi de faire remonter les points de vue originaux.

« La participation citoyenne demande des moyens » (Baki Youssoufou)

Baki Youssoufou est un social media stratégiste, son métier, c'est l'amplification digitale. Il a fondé le site de pétition We sign it : 4 millions de citoyens en France, 7 milions si on inclut l'international.

Il pose la question de la participation citoyenne en terme d'objectif. Comment ? Pourquoi ? Parce que c'est dans l'air du temps ? Business ? Volonté politique ? En tout cas on ne peut pas séparer le fond de la forme : les 6 hackhatons que We sign it vient d'organiser font partie des outils. « On ne peut pas créer des outilsoffshore dans des lieux éloignés. En même temps que les outils il faut fabriquer les moyens de faire participer les citoyens ». La participation citoyenne ne peut pas se faire à coût zéro : il faut des moyens similaires aux campagnes électorales. « La démocratie, ça coûte cher. "

Parlement ouvert avec le député Mathieu Orphelin

Des députés au parcours comme Mathieu Orphelin député LREM Maine et Loir 1ère circonscription ont su sortir l'écologie de son carcan pour se mobiliser sur l'environnement . . Ancien porte-parole de Nicolas Hulot, il fait la proposition sur son site « Mettre l’environnement, le climat et biodiversité à l’article 1er de la Constitution serait une avancée majeure et indispensable. Il pense lui aussi que mobiliser 500 000 citoyens comme le demande le CESE, c'est beaucoup. Il lance le Parlement Ouvert sur la première circonscription du Maine-et-Loire. « Un lieu de construction et d’échanges pour renforcer les liens entre le député et les citoyens et acteurs du territoire. » et avec Paula Fortezza Questions citoyennes au gouvernement.

Egalement intervenant Henri Cabanel,(sénateur de l’Hérault) agriculteur viticulteur qui travaille avec Parlement & Citoyens Henri Cabanel et Joël Labbé (sénateur du Morbihan) ont lancé une nouvelle consultation publique sur la plateforme de Parlement & Citoyens. L’objectif de cette consultation est de co-construire avec les citoyens deux propositions de loi sur le statut de l’élu.

On peut aussi citer les élus qui ont monté des assemblées avec leurs habitants. Un mixte d'élus et de simples citoyens pour Véronique Louwagie députée de la 2ème circonscription de Orne qui réunit avec succès son Conseil de Circonscription en commissions de réflexion sur les projets de loi examiné à l'Assemblée nationale. Récemment le 11 juin "sur le thème de l’apprentissage et de la formation. Échanges intéressants avec les Compagnons du Devoir sur des expériences, du vécu, des orientations et préconisations".

Encore un rapport sur le numérique ! 

ll y avait déjà – entre autres - Ambition numérique" (Benoit Thieulin) Rapport du CNNum : engager la France dans la "transition numérique.nouvelles manières de concevoir et d'évaluer les politiques publiques "dans une logique de gouvernement ouvert" Est-il utile de commander un nouveau rapport sur un sujet proche, qui reprend des éléments largement diffusés ces dernières années ou régulièrement dans la presse et apporte peu de reflexion nouvelle ?« Réseaux sociaux numériques : comment renforcer l'engagement citoyen ?   ne répond pas vraiment à cette question cruciale et se consacre essentiellement à un panorama généraliste des réseaux sociaux et une analyse de leurs usages. Rien de nouveau. Anne Popelin, auteure, membre du CESE, n'est pas une expert du numérique, ce qu'elle avoue avec modestie. Gérard Aschieri co-auteur non plus. Parlement & citoyens est cité, Nuit Debout, mais peu des collectifs civic tech qui sont nés avec la période électorale entre 2015 et 2017 et sont peut être appelés à jouer un rôle dans les prochaines. élections. On peut citer Open Source Politics ou encore Voxe dont l'un des objectifs est de susciter l'engagement chez les plus jeunes et bien sûr Démocratie Ouverte partenaire du CESE. Un rapport oui, mais n'est-il pas temps pour le CESE de passer de la préconisation à l'action ? A commencer par se doter lui-même d'outils permettant le dialogue avec les citoyens.

Loïc Blondiaux : le tendanceur de la politique

Loïc Blondiaux, en chasseur de tendances de la politique, est sans doute celui qui décrit le mieux la frustration actuelle. Sa reflexion n'est jamais figée ni « déjà vu » mais toujours réactulaisée au plus près des mouvances. Il pointe l'accélération du temps, la pression pour répondre en temps réel qui finit par ne plus laisser place au temps de la délibération. L'échange est perçu comme un affrontement. Le système éducatif ne forme pas à l'écoute de l'autre. Il en résulte une posture de défiance de ceux qui n'ont pas réussi dans le système scolaire (hyper compétitif, hyper individualisé).Dans ce type de gouvernement technocratique « la décision ne sert à rien si on connaît déjà la réponse » Les réponses sont déjà là, les objectifs tels que « réduire les déficits » empêchent toute discussion.Les intérêts économiques priment toujours sur l'intérêt de la Nature. Les décisions sont prises entre individus cooptés.

Pour Loïc Blondiaux, il n'y a pas de déficit d'outils. Les outils sont là, mais il manque 3 éléments

1 La volonté : il faut que ceux qui organisent la participation aient vraiment envie qu'elle produise des effets.

2 La crédibilité : elle ne peut pas se donner d'emblée. Il faut que les citoyens aient le sentiment que leur interlocuteur ait de l'influence.

3 Les moyens : pas de participation sans moyens Que fait-on des avis et propositions collectés ? Il faut les traiter et c'est un long travail de traitement des données.

Quel soutien ? Quelle(s) solution(s) ? L'accompagnement des institutions par les collectifs citoyens

« Le CESE devient la chambre de la société civile et animera la démocratie participative » annonce le CESE sur son site La Chambre du Futur, peut-être mais accompagnée par les collectifs citoyens qui sont déjà des observateurs de la vie publique et leur donner les moyens d'élargir leur action. “Améliorer NosDéputés.fr n’est possible qu’avec l’aide de l’Assemblée nationale ! Lettre aux questeurs » écrit Regards Citoyens. NosDéputés.fr & NosSénateurs.fr La Fabrique de la Loi reprend du service grâce à un financement, . Les espaces de participation du Sénat, par exemple, semblent de pure forme, et la participation citoyenne peut prise en compte. On se souviendra comment Regards Citoyens avait accompagné le décryptage d'une participation citoyenne en nous réunissant pour dépouiller les avis en ligne des citoyens consultés.

Assez de rapports et de préconisations, de « personnalités qualifiées » qui ne seront plus nommées par la Présidence comme l'a annoncé Emmanuel Macron. Pourquoi ne pas interroger les collectifs politiques citoyens qui foisonnent et voir quelles méthodes provoquent – ou non - l'engagement sur les nombreuses plateformes en ligne dédiées à la participation citoyenne. Quel espoir de fédération et quel poids auprès de la gouvernance et par quelles voies ? Quel impact ?

S'il y a un rôle à jouer pour l'institution si elle veut passer à l'action, c'est soutenir et rémunérer l'accompagnement "civic tech"  en faisant appel aux nombreux mouvements et jeunes entreprises du « numérique », comme make.sense ou make.org, Bluenove, l'Institut des Futurs souhaitables, qui sont en capacité de le faire. Parlement  & Citoyens, Fluicity, We Sign it, Démocratie Ouverte, La Belle démocratie, Open Source Politics, Regards Citoyens, Voxe.org, qui ont à la fois la conviction, les outils et les « followers ». Il faut observer les méthodes agiles des jeunes entrepreneurs pour faire aboutir leur démarche. Ce sont les meilleurs alliés des élus, si on veut bien se donner les moyens d'organiser l'alliance avec l'agilité et la sincérité nécessaire.

Janique Laudouar

mercredi, avril 19 2017

Avec #MaVoix33 au marché de Talence

"MaVoix33 Bordeaux Circo 3

“Le week-end avant les élections, ils vont tous être la!” C'est vrai, les militants des partis classiques sont là. Ce dimanche sur le marche de Talence, comme la veille sur le marche de Bègles #MaVoix est là aussi avec l'affiche miroir et son slogan spécial Bordeaux “Votez pour vous!”

C'est sur cette 3eme “circo” de Bordeaux que les candidat(e)s se présentent. Florence, de Villenave-d'Ornon hésite encore. S'inscrire comme l'ont fait plus de 285 candidats #MaVoix en France c'est facile.Un formulaire en ligne. S'organiser pour faire campagne pour les élections législatives demande réflexion. L'objectif de #MaVoix est maintenant bien connu de ceux qui s'intéressent de prés au renouveau de la démocratie. “Pour la 1ère fois dans le monde peut-être, des simples citoyennes et citoyens, auto-géré.e.s, s’inviteront à la table des décisions, ayant conquis des sièges dans un parlement, leur permettant de décider directement sur quelques sièges gagnés leurs décisions.” peut-on lire sur Facebook. Atteindre l'objectif de 20 000 votes a Bordeaux et aux alentours est un challenge porté avec conviction par l'équipe bordelaise.

Sur le marché de Talence (33)

Une première dame âgée et avenante est accostée par David. Elle approuve notre démarche et va même plus loin “ ces vieux sénateurs, pourquoi en a-t-on encore besoin, ça nous coute cher!” et “ces députés, a quoi ça sert?”. Comme beaucoup d'autres elle hésite a voter pour des candidats citoyens inconnus “jeunes, qui n'ont pas d'expérience, est-ce qu'ils seront capables d'être députés?”.                                    David en pleine discussion

Pourtant Madame, vous-même semblez avoir les idées claires ! Et nous lui expliquons le principe : des députés citoyens formés sur notre Mooc, accompagnes par l'équipe, ayant a disposition tout le réseau de compétence du collectif #MaVoix. Le déluge législatif des dernières années laisse un gout amer : lois dont les décrets d'application ne sont jamais parus, lois inapplicables, lois inutiles ou combattues, le bilan est loin d'être satisfaisant et le pari de faire mieux dans l'intérêt de tous semble séduire : la soif de changement est palpable en ce Lundi de Pâques,

Pas facile de nouer le dialogue avec tous ceux qui, sans doute lassés de l'infernal débat sur les présidentielles, passent leur chemin. L'idée que les citoyens sont en capacité d'agir pour l'intérêt général ne va pas de soi. L'habitude de s'en référer a plus éduqué et surtout “mieux placé” ou “haut placé a la vie dure. Plus loin c'est un socialiste pur et dur “Votez pour Benoit Hamon pour changer de système”. Aux élections législatives, il votera pour un élu local “Moi, j'ai besoin de connaitre ceux pour qui je vais voter, de savoir ce qu'ils valent” Le hashtag de #MaVoix perturbe parfois “J'ai pas envie que ça se passe sur twitter, Internet c'est bien, mais moi je veux les connaitre, je veux leur parler”. #MaVoix a toujours été en faveur des rencontres “dans la vraie vie” comme méthode de travail, même si des réunions régulières ont lieu en ligne via deshangouts. Mais pour cet habitué de la politique locale, avoir quelqu'un de local, et de bien identifie est essentiel. “Comment garantir que le députe #MaVoix ne subira pas de pression? Réponse : l'engagement moral des députes sera très fort. Il sera connu de dizaines, centaines de personnes du mouvement. La “réputation” est une garantie.

Le députe #MaVoix un élu national, pourquoi?

Aller sur les marchés, être a l'écoute des arguments, voila qui est tout a fait dans la ligne expérimentale de #MaVoix. Du coup nous nous posons des questions pragmatiques liées au tirage au sort : un élu local? Et Florence, candidate potentielle, s'interroge : comment vais-je faire campagne pour me faire élire? Face aux moyens des partis classiques, #MaVoix compte sur le bénévolat et un maximum de dons grâce à la défiscalisation, ça a très bien fonctionné lors des élections partielles de Strasbourg. Après débat sur le forum, il a été conclu que le tirage au sort serait national, avec la possibilité toutefois pour chaque groupe local, de faire le choix d'un tirage au sort local. Le 6 mai il y a un tirage national très organisé a Paris, qui se déroulera sous l'égide d'un officier assermenté et désignera les candidat·e·s #MAVOIX qui seront présentés dans une cinquantaine de circonscriptions lors des législatives des 11 & 18 juin 2017. Le 18 avril l'équipe parisienne se réunissait aux Grands Voisins (voir ci-dessous) pour en préparer la logistique et répondre aux dernières questions.

Mais en région, on ne change pas les habitudes ancrées aussi facilement et l'argument d'un vote en faveur du député qui connait son territoire reste prégnant et a prendre en compte. L'idée d'un événement a fort impact local est émise. L'idée aussi que le candidat députe ne doit pas forcement habiter la circonscription, mais doit pourvoir s'y rendre en mois d'une heure de voiture. “C'est l'équipe locale qui fait vivre la démocratie" répond Jeff sur le Forum #Ma Voix, "il n'y a pas que l'élu.”

Organiser le changement

Sur le marche les militants des partis classiques se montrent intéressés. Au retour je suis raccompagnée dans Bordeaux par Olivier, que j'ai rencontré un paquet de tracts Fillon a la main. Entrepreneur industriel, père de 5 enfants, et militant de droite, il nous félicite pour notre démarche “originale” qui correspond a un vrai besoin de renouveler la politique. Non adhérent, c'est un militant ponctuel de droite. “Le système ne peut plus continuer comme avant.Les primaires ouvertes ont échappe aux partis. Ce sont les militants qui ont choisi. Et de préférence un outsider” Pour lui aussi la consultation permanente lui semble essentielle “Il faut que les gens puissent donner leur avis en amont, avant de formaliser une loi”. Olivier restera en contact avec #Mavoix et est convaincu “qu'il vaut mieux organiser le changement que le subir”.

                                                                                                                                        Janique Laudouar

TAS Le tirage au sort de #MaVoix aura lieu le 6 mai à Paris "Les Grand Voisins" 82 avenue Denfert-Rochereau 75014. Bénévoles demandés la veille le 5 mai.

DONS : n'oubliez pas que si vous faites un don à #MaVoix pour la campagne électorale, il est défiscalisé et vous recevrez une attestation pour votre déclaration d'impôts.

S'inscrire comme député : jusqu'au 25 avril : https://candidature.mavoix.info/

S'inscrire sur le Forum #MaVoix pour tout savoir sur la campagne électorale : https://forum.mavoix.info/

samedi, juin 11 2016

Ces candidat(e)s aux élections présidentielles 2017 sur LaPrimaire.org

La démocratie est sur la place publique en juin 2016 mais sait-on qui sont ces candidats citoyens? Une visite sur LaPrimaire.org

Ces citoyens candidat(e)s : audacieux

La France doit être le projet de tous les Français. Redonner envie de contribuer à un projet collectif. L'objectif : l'épanouissement. Mes priorités, Humain et lien social au cœur de la stratégie de l'emploi, le numérique pour rationaliser les dépenses publiques” Qui fait cette profession de foi, quel parti? Ou encore “Ma vision :Simplification, modernisation. "Les problèmes ne seront pas résolus par ceux qui les ont créés" - (Albert Einstein) 6e République: élire 4 ministres indépendants Numérisation de l'administration Revenu universel inconditionnel” Non, ce ne sont pas nos partis politiques. Il s'agit de candidates et candidats déclarés sur le site de LaPrimaire.org. Justine Henry est vétérinaire, habite Paris, est candidate depuis 67 jours.
“LaPrimaire.org est une primaire ouverte, organisée pour permettre aux Français de choisir librement, de manière transparente et démocratique, les candidats qu'ils souhaitent voir se présenter à l'élection présidentielle de 2017.” Rien de plus simple que de s'inscrire sur LaPrimaire.org, une gentille petite robote vous aide dans la démarche, votre identité sera vérifiée, et hop, vous n'aurez plus qu'a poster votre photo, votre vision de la France et les points prioritaires de votre programme. "Aujourd'hui en France, les partis politiques (365,000 personnes soit 0,5% de la population) désignent les candidats aux élections alors que les citoyens les rejettent massivement. L'objectif de LaPrimaire.org est d'insuffler un nouvel élan démocratique à notre pays en favorisant le renouvellement de notre classe politique.

“Faire de la France un pays libre, démocratique et visionnaire. Il est temps de vivre au 21e siècle.”

Rémi Arnaud, 25 ans, Développeur informatique, Paris, 75)

En faisant le tour des candidats déclarés – et je suis très loin d'avoir fait le tour des 187 candidatures a ce jour-, on s'apercevra vite que leur vision est bien plus audacieuse que celle des partis traditionnels : elle est porteuse de changement structurel. “Ma vision : remettre les citoyens au centre des priorités, mettre en place un parlement 100 % citoyen par tirage au sort et fin des cumuls des mandats” Mes priorités :démocratie participative, éducations , sécurité.” Ca va jusqu'à :”Supprimons la fonction présidentielle. Un objectif unique : en finir avec ce régime qui bloque la France Revenons au vrai débat politique. Mes priorités 1. supprimer la fonction présidentielle. 2. Pour cela : organiser un référendum national dès l'été 2017 3. Appliquer cette nouvelle constitution” “L'idée est de revoir tout le système actuel pour en faire un cohérent et surtout participatif !” Et aussi nous dit Laurent Roullier, 58 ans, Infirmier “Faire émerger une nouvelle classe politique désintéressée” Caroline Godard 32 ans, indépendante en communication habite le département 44 - veut des “Commissions collectives mixtes à la place des ministères”.Jean-Cyril Hubert, 42 ans, Disrupteur, habite le département 94 – Val-de-Marne est candidat depuis 66 jours et sa vision intègre la disruption comme moteur de l'evolution “Utilisons les INNOVATIONS pour modifier DISRUPTIVEMENT notre société et TRANSMETTONS à nos descendants une FRANCE VIVABLE ! Mes priorités 1. L'ENVIRONNEMENT est la PRIORITE pour vivre en PAIX! 2. Restaurer les EGALITES, la FRATERNITE et LES LIBERTES ! HUMANISME et INNOVATION afin de poursuivre notre EVOLUTION !

“Mettre fin au gaspillage de l'état”, “Un système participatif”

Ce qui revient souvent dans les points prioritaires : “mettre fin au gaspillage de l'état”. Alors qu'on nous fait croire que les français veulent “maintenir le modèle social” a n'importe quel prix, non, ca c'est le credo des politiques, il n'apparait pas ici, alors que le “revenu de base” revient souvent. Les français veulent “Des réformes structurelles pour mettre fin aux gaspillages “. Ils n'ont pas peur de la lucidité, “Mettre fin au mythe de la croissance économique”

Déraisonnables ces propositions? Elles semblent au contraire moins frileuses et plus tournées vers une vision d'avenir que celles que nous font actuellement les “politiques”. Les candidat(e)s n'ont peur ni de la démocratie liquide, ni de la 6eme République. Leurs visions veulent rassembler alors que les lois actuelles divisent et déchirent la France. Elles placent le citoyen de tout bord au coeur de la République et de la gouvernance. Sans oublier l'harmonie et l'humain. Ma vision : “Faire de la France un pays où il fait bon vivre” nous dit Blanche de Weerdt 73 ans, Formatrice à la retraite “Bouches du Rhône”. Comment vont-ils obtenir les 500 noms nécessaires a leur qualification? Peu de candidats qualifiés. Parmi eux Jean-Michel Billaud un des pionniers du Web 2. Ma vision : "Notre démocratie représentative 1.0 bat de l'aile. Ma vision et mon action : mettre en place une démocratie directe (2.0)." On trouve aussi un candidat atypique - soutenu par son réseau ou communauté? - Essayiste politique, Ismaël BOUDJEKADA, 20 ans, habite le département 92 – Hauts-de-Seine. "Un ennemi nommé, la finance folle non-régulée : l'argent s'y trouve,spéculation abusive sur les matières agricoles, une taxe Taubin dérisoire" Ce candidat axe sa campagne sur une autre vision de l'économie. A vous de voir et d'approfondir.  Il y a aussi des femmes élues locales qui font partie des candidates. Les femmes du Net, vous qui avez 2000 amis sur Facebook ou plus, vous n'êtes pas tentées? “Terminé les politiciens qui ne connaissent rien a la vie! Place aux citoyens qui savent ce qu'il faut faire!”dit Jennifer. En 2016 #ToutesCandidates !

LaPrimaire.org réussit a démontrer tout l'intérêt de candidatures hors système, candidatures désintéressées, délivrées de tous les petits arrangements entre amis et calculs électoraux, miroir d'une France qui prône la numérisation de l'administration, la fin du gaspillage, le projet collectif, d'une France prête a contribuer a l'innovation et au changement structurel.  Janique Laudouar

La Primaire.org en pratique  https://laprimaire.org

  • La liste des candidats est rafraichie une fois par jour, ce qui permet une rotation des candidats en premiere page.
  • Il y a aussi une liste de candidats plébiscités, que nous ne traitons pas dans ce billet.
  • Environ presque 50 000 citoyens inscrits, 49 % de l'objectif 100 000 citoyens inscrits, les chiffres et les comptes transparents.
  • Financement : financement participatif des plus petits dons mensuels aux dons importants, tout est tres bien expliqué et transparent 57, 721 euros a ce jour  https://laprimaire.org/financer
  • twitter : ‎@democratech

lundi, septembre 14 2015

Nouvelle Démocratie : la relève politique

"Vite, faites entrer les barbares" : "la démocratie face à la révolution numérique, transformer les relations entre la puissance publique et les citoyens" "réinventer les élections" étaient parmi les thèmes de la conférence sur la démocratie de Nicolas Colin du 9 juillet 2015 à The Family en partenariat avec l'Institut Montaigne. Qui sont les "Barbares"? A l'origine des entrepreneurs du numérique décidés à "débloquer la France". Une élite éclairée et rompue au digital, certes, mais cet automne c'est la société civile "ordinaire" qui partout en France semble vouloir se mettre en ordre de marche et "hacker" la démocratie.

La société civile en ordre de marche pour renouveler la politique

Il y a quelques mois, ils étaient encore invisibles. « Hors du radar ». Mais en cette rentrée politique, impossible de les ignorer. Qui ? Nous, vous et moi, la société civile, citoyens qui agissons, porteurs de nouvelles valeurs. Il y a plusieurs mois nous les annoncions. Ils sont là et bien là. Et pas seulement en France. Le phénomène est international. Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, DemocracyOS s'étend dans le monde, El partido de la Red en Argentine, Islande, Tunisie. Et il sonne comme un avertissement. Et un espoir : une renaissance politique.

(Image : à OuishareFest 2015 trois femmes en politique  , Pia Mancini DemocracysOS, Léonor de Roquefeuil, Voxe, Primavera de Filippi (chercheuse expert blockchain), discutent des plateformes numériques!

L'émission C dans l'air le 25 août sur la 5 avait pour sujet «La tentation Varoufakis», citant l'ex ministre grec comme exemple de dissidence des gouvernances classiques. Sur le plateau seule Corinne Lepage semblait avoir conscience de la profonde mutation politique en marche « "On est au début d'une uberisation de la politique". Et de décrire une classe politique « hors sol » qui continue à penser en terme d'échéance électorale. Quand elle souligne le foisonnement de mouvements porteurs d'idées en marche et d'actions en cours, immédiatement l'un des intervenants les qualifie de « populisme », et de masquer par une connotation négative son incompréhension du phénomène. Car le plus stupéfiant c'est qu' « ils » ignorent l'explosion ou font semblant de l'ignorer. « Ils », le pouvoir, la classe politique « classique », les élus, les « élites déconnectées », bref le petit monde politico-médiatique, celui qui devrait être le plus informé, le plus à l'écoute

« Pas sans nous ! »

« Pas sans nous !» (nom de la Coordination Nationale « Pas sans nous »http://www.passansnous.org ) semble être le cri du cœur des citoyens las des lois qui continuent à tomber comme des couperets sans consultation autre que le traditionnel va et vient entre Assemblée nationale et Sénat. Las des annonces non suivies d'effet. Las du dysfonctionnement récurrent d'une administration « centrale » demeurée par nature conservatrice, dont la force d'inertie exaspère. Las d'une justice dont la lenteur et les délais hors norme ne semblent jamais remis en cause. Las enfin des mesurettes là où ils attendaient des changements structurels. Les gouvernances semblent devenues peu à peu inadaptées pour faire face au monde présent et au monde qui vient. C'est à la fois un constat politique mais aussi un ressenti exprimé ou tacite dans les populations qui ne sentent pas écoutées et dont les préoccupations prioritaires ne sont pas prises en compte.

Avant l'été plusieurs débats et séminaires ont dénoncé cette fausse démocratie et la nécessité d'aller vers un autre type de gouvernance, une nouvelle démocratie. « Les vieilles pratiques démocratiques se périment à toute vitesse et l’essoufflement de notre modèle politique appelle une réponse, sous peine de voir les mouvements contestataires se multiplier. » prédit Nicolas Colin co-fondateur de The Family où avait lieu la conférence très suivie « Les barbares attaquent...la démocratie » en partenariat avec l'Institut Montaigne. Etaient intervenants,Thierry Favre, fondateur de Democratech, Arthur Muller, Co-founder de Liegey Muller Pons,Camille Vaziaga, déléguée générale de Renaissance Numérique.  Le Forum « Changer d'ère » organisé à la Villette donnait des pistes concrètes et exposait les solutions expérimentées par les citoyens. Joël de Rosnay et d'autres y présentaient un avenir imaginatif et porteur d'espoir. Joël de Rosnay figure parmi les contributeurs de La Revue du Cube avait choisi pour thème de son dernier numéro #8 de mai 2015 « Révolution positive ». Le prochain thème sera encore plus précis : « Refondation ». « Le 14 juillet 2015, le Conseil économique social et environnemental (CESE) et l’Institut des Futurs souhaitables se sont unis pour mettre en lumière ces héros et héroïnes, ces « révolutionnaires positifs » . « 150 collectifs porteurs d’une vision alternative, optimiste et inclusive de l’avenir » http://congresdufutur.org/     

La nouvelle démocratie : la relève politique est assurée

Croire en la refondation de la démocratie, oui mais avec qui ? Et là c'est plutôt réjouissant car la relève semble assurée. Face au déluge législatif, lois ficelées à la hâte et qui révèlent ensuite leur inadéquation au «terrain » et leurs failles, Parlement & citoyens propose la co-gouvernance et la co-construction des lois. Avec certains élus conscients de la nécessité de co-gouverner. Une nouvelle plate-forme en ligne et son mode d'emploi permet de s'inscrire et de faire des propositions. Des députés ont rejoint le projet. Le rapport du maire-adjoint de Lille à la secrétaire d’État en charge du numérique Axelle Lemaire prône un véritable « partenariat public-privé-population ». Mais ces préconisations seront-elles adoptées par le gouvernement? Les collectifs, eux, sont libres d'agir MAINTENANT. Démocratie Ouverte grandit vite et de vient de fusionner avec le groupe animé par Michel Briand, Gouvernance contributive. Selon Armel Le Coz : «D’une poignée de co-fondateurs passionnés et de porteurs de projets démocratiques » le mouvement fédère de « de plus en plus de citoyens qui cherchent des espaces pour s’engager et agir concrètement en faveur de la transition démocratique. » VOXE recrute et cherche des passionnés de démocratie participative « intéressés par la politique, autonomes et qui ont envie d'agir dans la transition démocratique. » La transition se prépare dès maintenant : « en 2017, nous n'avons pas envie de voter pour vous » déclare https://democratech.co/ «  Autre collectif, Regards Citoyens, dont les membres « se sont rencontrés sur Internet dans un désir commun de proposer un accès simplifié au fonctionnement de nos institutions démocratiques à partir des informations publiques. » « Inventer la démocratie du XXIe siècle, un débat à la fois: DemocracyOS arrive en France. « Ré-inventer la Démocratie c'est possible. Partons à la rencontre d'idées, de personnes, d'outils, pluriels et innovants » affiche DEMOS XXI le web-documentaire qui espère réunir les fonds sur Kiss kiss bang bang.

L’Institut des Futurs souhaitables « participe de cette dynamique à un moment clef où partout dans le monde, les porteurs d’innovations concrètes se révèlent et se rassemblent. » Le tirage au sort est un dispositif qui revient souvent comme alternative à la démocratie représentative. Etienne Chouard milite depuis longtemps en sa faveur, et pour l'écriture d'une nouvelle constitution écrite par les citoyens. En Belgique « Le député Peter Vanvelthoven, c’est son nom, veut que les sièges du sénat ne soient plus occupés que par des citoyens tirés au sort ! » Le collectif #MaVoix (lancé au printemps) par Quitterie de Villepin souhaite aussi le tirage au sort. Une simple page sur Facebook au printemps a fait boule de neige. On peut y lire le manifeste du collectif qui lui aussi grandit. Des députés volontaires éduqués par des MOOC puis ensuite désignés par tirage au sort pour défendre les demandes citoyennes. Dans #MaVoix, des compétences, des têtes bien faites comme Valentin Chaput qui pratique l' « open source politics » transparence, échange d'information, réunions ouvertes grâce à l'application meet up. DEMOS réclame une chose simple : 6 Lois par an, décidées par et pour le peuple. Les citoyens exigent le remplacement du Sénat par des Assemblées Démocratiques dont les membres pourront être vous et moi. Mais cette « chose simple » est-elle souhaitée par les gouvernants en place ?

Et pendant ce temps là...la classe politique

« Et pendant ce temps là », écrit Jacques Attali dans l'Express du 26 août au 1 septembre, « la classe politique prépare benoitement sa rentrée sur le mode le plus traditionnel et le plus éloigné des enjeux -bref le plus nul, le plus indigne du pays. » Cynisme, ignorance ou indifférence, le manque d'écoute de la société civile devient criant et le silence des élus assourdissant face à l'explosion des aspirations et actions citoyennes. « Ici à Brest en fin de mandat la gouvernance contributive et l'innovation sociale ouverte ont été inscrites dans le programme de l'équipe élue. Mais dans la réalité, très peu d'élus s'approprient ce changement de paradigme vers une société contributive » nous dit Michel Briand, membre du Conseil national du numérique, initiateur du Forum des Usages Coopératifs à Brest qui en en 2014 avait anticipé la mutation politique et le nouveau rôle de l'élu. « Ceux qui gouvernent n’ont pas intérêt à soulever la question du bon gouvernement. Gouverner aujourd’hui, c’est essayer de survivre, c’est séduire. L’intérêt des gouvernants est de rester dans une telle conception archaïque du pouvoir comme propriété personnelle, comme outil de manutention des esprits et d’élimination des adversaires. »constate Pierre de Rosanvallon, professeur au Collège de France auteur de nombreux ouvrages sur la démocratie et fondateur du projet« Raconter la vie », donner la parole aux « invisibles »,  « pour remédier à la mal-représentation qui ronge le pays. » Il vient de publier « Le Bon gouvernement ». « Le centre de gravité est aujourd’hui la relation gouvernés-gouvernants. »

Et Demain? 

« Facebook a compté un milliard d’utilisateurs connectés en un seul jour » soit « 1 habitant de la terre sur 7 »(http://www.presse-citron.net/lundi-un-habitant-de-la-terre-sur-sept-etait-sur-facebook/. La civilisation du numérique rend caduque l'actuelle relation gouvernants avec tout pouvoir, gouvernés qui subissent. Avec l'arrivée d'Internet en France l'interactivité est entrée depuis 20 ans dans les usages des citoyens qui sont mûrs pour une vraie démocratie qui inclut leur participation et leur expertise. « Chacun, citoyen, journaliste, webmaster ou autre peut s’emparer de la plateforme et l’enrichir. » affiche Voxe. « Parlement & Citoyens «  permet aux citoyens et aux parlementaires de rechercher ensemble les solutions aux problèmes de notre pays » grâce à une plate-forme où il suffit de s'inscrire pour proposer ou commenter une loi. Une interaction permanente entre gouvernés-gouvernants, grâce aux plate-formes numériques et aux applications qui rend la fluide, est la nécessaire condition de la démocratie aujourd'hui.

Voxe.org est finaliste de GoogleImpactChallenge 2015. Vous pouvez voter : https://impactchallenge.withgoogle.com/france2015/charity/voxe

La 4ème édition du LHFORUM / Positive Economy Forum au Havre du 16 au 19 septembre 2015
http://positiveeconomy.co/fr/positive-economy-forum-le-havre-2015-2/

L'émergence des communs populaires http://tempsdescommuns.org/
http://tempsdescommuns.org/jardins-partages-en-communs/
  Festival francophone des communs du 5 au 18 octobre 

"Curieuses démocraties" Saillans, 18-20 septembre 2015 http://www.curieusesdemocraties.org/

http://www.ted.com/talks/pia_mancini_how_to_upgrade_democracy_for_the_internet_era?language=en

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20141219.OBS8339/start-up-ces-barbares-qui-veulent-debloquer-la-france.html

dimanche, mai 24 2015

OuiShare Fest 2015 : immersion dans la société collaborative

« Consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle. Et pourtant l'économie collaborative devient planétaire. Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare Fest 2015 aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.

Janique Laudouar

L'économie collaborative dans le hall d'entrée du Cabaret Sauvage lors du OuiShare Fest 2015 : de plus en plus de publications sur le sujet.

Vivre dans une société collaborative

Il y a le monde tel qu'il est, et le monde tel qu'il devrait être, dont OuiShare collecte, diffuse et incarne les valeurs.OuiShare Fest 2015, c'est trois jours d'immersion dans le monde tel qu'il est déjà, pour les1000 aficionados et connecteurs qui se sont réunis du 20 au 22 mai au Cabaret Sauvage, Parc de la Villette à Paris. Ce qui va changer le monde, ce n'est ni la technologie, ni les applications, ni l'économie, ce sont les gens. Vous, moi la façon dont nous allons nous adapter et opérer notre « transition ». Transition du vieux monde vers le nouveau monde que nous voulons : un monde dédié à l'altruisme, au bien commun, au partage, à la contribution, non comme utopie, mais illustré par des initiatives concrètes. OuiShare Fest cette année dépasse le thème de l'économie collaborative pour aborder celui d'une société collaborative, faite par les gens pour les gens, via les systèmes peer to peer et les plate-formes et technologies diverses et aussi une solide dose de philosophie, sociologie, bref une panoplie mentale adaptée au citoyen conscient et connecté.

Le business model de OuiShare Fest est en soi un exemple : une communauté mondiale, des bénévoles de toutes les nationalités, tous motivés par la philosophie OuiShare qu'ils pratiquent eux-mêmes, heureux d'être là. Ces bénévoles trié sur le volet viennent d'une école de commerce à Grenoble ou préparent un doctorat à Berkeley, une école de design à Londres ou Helsinki. Ils partagent 50% de leur temps en « tâches » pour le festival et 50% de leur temps à engranger du savoir, de la valeur ajoutée, des contacts. Des partenaires comme la Maif ou la SNCF, La Poste ou Castorama, Up, ne sont pas des sponsors au sens traditionnel du terme, mais viennent pour apprendre et s'informer. Des billets payants, qui peuvent être assez chers, certes, mais avec des tarifs abordables si on sait s'y prendre à temps comme le tarif « hacker » à 50 euros. Et les participants ont eu droit à un accueil attentionné du café du petit déjeuner aux tartines de confiture du goûter, du 100% bio, toilettes sèches et zéro waste, pas de papier glacé, le programme sur les téléphones mobiles grâce à l'application Sched. Et la soirée de clôture OuiShare Love, ouverte au public ! OuiShare Fest, c'est aussi la fête !

D'Internet à blockchain

Internet est bien à la base de tout, et comme le dit justement Pia Mancini (Argentine), qui présentait sa plate-forme DemocracyOS, Partido de la Red, Internet a d'abord été conçu comme un système décentralisé à son origine, puis s'est centralisé à nouveau avec le monopole de grands groupes qui ont su se saisir de avec opportunité du code et de l’algorithme, puis se décentralise à nouveau via des technologies comme block chain, utilisée pour BTC, bitcoin. Technologie phare de ces 3 jours, elle peut s'appliquer à d'autres usages coopératifs. 

Transition : vers un autre mode de vie

(ici Carole Delga, Secrétaire d'état, avec Diana Filippova et Yoann Duriaux)

Reste l'économie classique. Reste la politique classique. C'est bien pourquoi la thématique « transition » est choisie. Nous voulons de moins en moins consommer et de plus en plus participer, partager, expérimenter, agir, aimer, inventer, créer. Dès lors il est nécessaire d'inventer d'autres modèles. « Aujourd’hui, je suis aussi coworkeuse, je voyage avec Couchsurfing et Airbnb, j’utilise vélib et autolib, et je soutiens de projets sur des plateformes de crowdfunding, et je suis adhérente à une coopérative alimentaire. L’un des piliers de la communauté OuiShare reste tout de même le rejet de la surconsommation de masse et un mode de vie plus responsable. » confie Asmaa (OuiShare) au blog consocollaborative.La vidéo (avec sous-titre en français) de The story of stuff  est un petit bijou de pédagogie qui engage à une citoyenneté responsable. Le stuff, c'est toute cette masse de surproduction si mal distribuée et parfois nocive.

Comme le dit justement Carole Delga,  Secrétaire d'état du commerce et de l'artisanat  venue visiter la manifestation, "consommer, acquérir, était dans les années 50 à 70 la marque d'un statut social". C'est presque l'inverse aujourd'hui, quand on entend un jeune décrire son style de vie, Emmaüs pour les objets, covoiturage et vol low coast pour se déplacer, et du « do it yourself » avec du bois recyclé quand il a besoin d'un meuble. « Fini la propriété, vive l'usage ! » pour reprendre le titre d'un des événements « satellite » du jeudi 21 mars ou encore sur les murs « Plus de joie moins de choses ». C'est maintenant ne plus consommer qui est de venu la marque du citoyen averti et mature, par rapport aux tristes caddies pleins à ras bord de la consommation de masse. Interpellée par Yoan Duriaux, apôtre des tiers lieux en France, sur la nécessité de prendre en compte cette société civile agile, celle des makers et des Fab Labs, Carole Delga assure qu'elle en informe les chambres de commerce, et diffuse sa conviction qu'il faut rapprocher cette « économie de partage », de l'économie circulaire, de l'économie sociale et solidaire bien intégrée dans les territoires. Ces nouvelles économies ont des valeurs sociales et des questionnements proches.

Pour Antonin Léonard, ce qui exige encore beaucoup d'énergie,c'est ce  "tiraillement" entre l'ancien monde, toujours bien en place, même s'il est fragilisé par les sondages et autres signaux fort ou faible faibles de désaffection, et ce nouveau monde en expansion. D'où le titre « Lost in transition ? » choisi pour cette troisième édition. « Nous n'avons pas les même mots » constate Antonin Léonard, pourtant en faveur du dialogue entre les deux mondes. Le vocabulaire du programme : « consommation collaborative, open source, plate-formes, makers, fablabs, coworking, crowdfunding, impact, monnaies alternatives, gouvernance horizontale, holocratie, démocratie liquide » le champ lexical de la « sharing economy » a peu de chance de rencontrer celui du « retour de la croissance » de l'économie traditionnelle.

Tisser des liens

Au coeur de ces trois jours, les rencontres humaines. Chacun a envie de savoir qui est l'autre, son voisin, chacun se parle et échange. Il est aussi enrichissant de bavarder avec une bénévole collaborant à Mon cher Paris que d'échanger une carte de visite avec le philosophe Michel Bauwens.

Michel Bauwens, entretien avec Diana Filippova. Ci-dessous "The sharing table" : on peut prendre un objet et visiter le site http://www.shareable.net/

« Give before you take », « Donnez avant de recevoir » : avec ce message évangélisateur ouvrant le festival, Charles Eisenstein ("Sacred Economics) aura donné le ton. Don qu'on peut faire à certaines plate-formes « gratuites » comme Wikipedia qui aura montré la voie du succès coopératif Contribuer au financement de plateformes à encourager. Un bénévole me parle du projet très avancé dans lequel il est impliqué La Louve, projet de coopérative dans le 18ème arrondissement de Paris ou les « actionnaires » donneront aussi un peu de leur temps, 3 h par semaine.

Rencontre humaine aussi avec les grands bénéficiaires de l'économie collaborative, qui sont la cible de méfiance et de critique dans la controverse actuelle. En écoutant Frédéric Mazella, de bla bla car, réussite emblématique avec 20 millions de membres avec profil vérifié, ou Scott Heiferman de Meet up, plate-forme de rencontre de gens partageant un intérêt commun, qui annonce meet-up pro pour les entreprises, on s'aperçoit que ce qui est à la base de leur réussite, c'est bien la croyance en leur projet, leur sincérité, l'authenticité de leur force de conviction. Sens de l'observation, volonté de co-construction avec les utilisateurs, et une plate-forme en ligne bien conçue et efficace ont fait le reste. Leur moteur a été le souci de combler les besoins nouveaux en services adapté aux moyens des citoyens, d'être à leur écoute et de co-créer avec eux, qui ne semble plus être la préoccupation des politiques classiques. La confiance reste le mot-clef de l'économie collaborative, comme nous l'avions écrit  dans un billet sur l'économie collaborative et comme le confirme Vincent Houba d'architectures invisibles.

Transition du vertical à l'horizontal

Transition : passer d'une société verticale à une société horizontale, c'est presque mission impossible en France où la pyramide hiérarchique reste trop souvent inflexible. Les nouveaux managers ont en commun le même regard sur « cette société en « silo » dont nous ne voulons plus ». Diana Filippova coordonnatrice fait partie de cette population de jobouts, ceux qui ont osé quitter un « vrai » travail rémunérateur pour se lancer dans une aventure créative. Scott Heifferman de Meet up insiste sur la nécessité d'aimer ce qu'on fait. Parmi les événements satellites, la question est posée par la Gaité Lyrique et iGi Partners le 8 juin d'un nouveau type de management« Le XXIe siècle amène la remise en cause de l’organisation pyramidale et des managers. Exit le Taylorisme, place à l’innovation pour que les organisations retrouvent agilité et performance.Dans un tel contexte, l’Holacratie suscite curiosité et questionnement : une organisation peut-elle réellement fonctionner sans chef ?» Elle peut en tout cas redistribuer, et c'est un peu le reproche qui est fait à ceux qui actuellement, qui engrange des bénéfices sans les partager et sans penser les nouveaux modes du travail. « Décentralisé », « autonome », « par les gens et pour les gens », reste le modèle à atteindre comme http://lazooz.org, « collaborating transportation » dont le modèle original renouvelle le genre du co-voiturage (on paye en monnaie alternative, la zooz) et prévient les critiques : plus on utilise la plate-forme, plus on conduit, plus on gagne en actions de la société !

Nouveaux savoirs, nouveaux métiers : "le futur du travail"

Est-ce la fin du travail salarié comme le prédit Jeremy Rifkin,  et Bernard Stiegler dans un entretien à WeDEMAIN à l'occasion du dernier OuiShare Fest? "Le modèle salarial tel qu’on le connaît aujourd’hui et que défendent les syndicats est celui de Keynes et de Ford." "L’emploi salarié va devenir minoritaire." ""Freelance" est devenue le statut "normal" du travailleur déclare Sara  Horowitz qui a crée https://www.freelancersunion.org/  qu s'exprime sur le futur du travail. Une étude américaine livre le chiffre de 53% de travailleurs free-lance aux Etats-Unis. Notre pari est que de nouveaux savoirs, de nouvelles compétences, vont créer de nouveaux métiers pour la société collaborative. Savoir créer une communauté, une plate-forme en ligne, savoir mobiliser une communauté s'apprend : avec FullMobs, "la mobilisation nouvelle génération" par exemple, qui propose de vous aider à mobiliser les foules, de s'impliquer dans des actions de solidarité. Un jeune entrepreneur français s'inspire de Thunderclap pour monter Daycause : soit une plate-forme qui se propose d'orchestrer votre communication "rallier des soutiens pour diffuser un message tous ensemble au même moment sur les réseaux sociaux. On parle de communication collaborative". Sharetribe se propose de vous créer votre "place de marché" en quelques minutes!Voilà qui va faciliter de l'idée au projet, non?

Implémenter l'économie collaborative fait partie des nouvelles missions déjà en marche d'associations ou d'entreprises. Devenir consultant pour les villes ou collectivités comme collaboriamo à Milan, (fait partie de Sharitories, un projet OuiShare), ou Territoires hautement citoyens http://www.territoires-hautement-citoyens.fr lancé par Armel Le Coz de Démocratie Ouverte. Savoir coder, décrypter et utiliser les bases de données, le web sémantique ou les technologies alternatives comme blockchain. Savoir accompagner les entreprises  sur le chemin du changement, comme peers.org,  les aider à développer leur business modèles comme http://estrelab.com/,  à comprendre et appliquer les nouvelles valeurs, http://alkimya.co/.

Nouveaux modèles dans l'agriculture, avec, par exemple, l'ilôt des combles, http://www.lilotdescombes.fr/ microferme en permaculture. Les OuiShare awards et le tableau d'honneur de La Poste ont mis en valeur des initiatives très variées nées du crowdfunding. Dans le domaine de l'artisanat, le numérique peut changer la donne avec l'imprimante 3D, entre autres. Les entrepreneurs collaboratifs se sont aussi emparé du marché du "do-it-yourself", du fait main, de la dentelle, du tricot, on peut citer etsy et A little market, qui eût cru à cette réussite? Autant de pistes pour se lancer dans une nouvelle activité qui pour l'instant semblent pur l'instant « hors du radar » du marché de l'emploi. Il faudra aussi sans doute de nouveaux modèles d'éducation ou la réactivité, l’agilité, l'adaptabilité, la créativité, la persévérance, le mindfullness, seront des comportements et compétences enseignés et mise en valeur. Avec générosité, les entrepreneurs internationaux présents ont prodigué conseils et concepts clefs pour lancer sa plate-forme sur la place de marché. Fréderic Laloux auteur belge de "Reinventing organizations", "pour ceux qui pensent que le modèle actuel a atteint ses limites". A la fois pragmatique et idéaliste

"Y-a-t-il une application pour sauver la démocratie ?"

Mathieu Lerondeau, La Netscouade animait le débat avec Armel Le Coz, Démocratie Ouverte, Clara Delétraz, ex-French Tech, qui prépare un nouveau projet, Simona Levi, International Network, X.net, Clémence Pène Digital Strategy, Mairie de Paris,  présentaient leurs plate-formes dédiées à une démocratie ouverte, faite par et pour les citoyens.« Gouverner c'est prévoir » : l'adage depuis longtemps déserté la classe politique mais il est relayé au niveau mondial par une multitude de mouvements qui ont pour objectif de designer une nouvelle gouvernance, par et pour les citoyens. Simona Levi défend avec passion  http://xnet-x.net/en/ C'est un des modèles de démocratie en ligne. Plutôt que de passer leur temps à pourfendre les archaïsmes, la jeunesse mondiale les contourne : elle teste, elle expérimente, elle se lance et souvent réussit. Cette jeunesse là, très présente à OuiShare, semble plus mûre pour la gouvernance que bien des gloires usées de la politique. Des dizaines de collectifs émergent pour contester les « grands sommets », les « assemblées nationales » ces « autorités » instituées qui donnent l'impression d'être déconnectées du quotidien des habitants, et au final de délivrer une gouvernance européenne et mondiale médiocre et inadaptée. Présents à OuiShare Démocratie Ouverte, DémocratieOS, Assemblée-virtuelle, Regards Citoyens, Vox la plate-forme internationale de comparaison des programmes politiques ou encore l'Institut des Futurs souhaitables. Certains sont déterminé et actifs mais discrets comme # Ma Voix. Co-constuire les lois semble aujourd'hui un minium pour redonner son sens au mot « démocratie ». Pour d'autres comme Parlement et Citoyens, il s'agit d'accompagner les élus et de les convaincre d'impliquer les citoyens dans la gouvernance. Tous ont des plate-formes en ligne opérationnelles.

Hacker un terme de plus en plus fréquent pour désigner le fait de construire une réponse parallèle aux institutions. On parle de hacker l'Assemblée nationale, hacker la politique, hacker les élections. En projet : hacker par une présence active le sommet mondial du développement durable à Paris. Hacker a un sens positif et constructif. Face à une classe politique qui démontre chaque jour davantage à gauche comme à droite sa stratégie électoraliste et court-termiste, la proposition est de co-construire une gouvernance proche des gens avec tous les citoyens. Reste à déterminer quand et comment se rencontreront ces initiatives et quels dispositifs communes elles peuvent envisager. La technologie blockchain est déjà utilisée par DemocracyOS. Slim Bouzid, tunisien, (contrepoints.org)la décrit comme «un modèle à bases de données décentralisées, où l’innovation et la créativité sont totalement distribuées et librement accessibles à tous ».

Les femmes sont très présentes à OuiShare Fest , Pia Mancini, DemocrayOS,  Partido de la Red, Léonor de Roquefeuil de Voxe, plateforme civique, Primavera de Filippi, chercheuse, ça discute fort autour de blockchain et son usage pour les plate-formes !

DemocracyOS est une plateforme open source d'expression citoyenne que tous les pays peuvent utiliser  "la Tunisie l'a utilisé pour élaborer sa constitution,  la Tanzanie l'utilise" nous dit Pia Macini. "Le parti politique ( Partido de la Red) reste nécessaire pour synthétiser l'intelligence collective." Un nouvel engouement pour blockchain exposé par la chercheuse Primavera de Filippi et un atelier bien mené par Caterina Rindi

OuiShare Perspective

«Ce sont moins les techniques et les outils que les formes d'organisation et d'action qui sont les plus prometteuses, à court et moyen terme. »

Un projet pour la fin de l'été, POC21, http://poc21.cc/camp/the-innovation-camp.html un « camp » qui va réunir pendant un mois des makers innovants, designers, ingénieurs, dans un château pour « hacker » de façon positive l'événement très officiel de le COP2 et proposer des prototypes open-source sur les thèmes de la Conférence sur le climat des Nations Unies ( 30 novembre au 11 décembre 2015). Pour s'exprimer, dans ce sommet mondial il faut avoir le statut « d'observateur accrédité » selon des catégories officielles définies. Une restriction très « ancien monde » qui exclut les défenseurs passionnés!

Le monde que nous voulons : "C'est parti!"

Pour Antonin Léonard interrogé par une équipe brésilienne, OuiShare est passé de la position d'expert à celle de militant pour la naissance d'une nouvelle société. « Nous sommes des doers ». Pour Arthur de Grave, que retirer du OuiShareFest 2015 ? : «  On a gagné en professionnalisme ! » Sur les projets futurs : il n'y pense pas encore, « ça tourne ! » Et sur l'avenir de la société collaborative, Arthur de Grave répond: « C'est parti ! » Plus encore que le contenu pointu et prestigieux des conférences, l'organisation impeccable et inventive, la réussite de OuiShare aura été de partager avec tous sa ferveur, sa modestie, de rendre l'innovation accessible et joyeuse, de nous faire vivre un futur à portée de main, de nous engager à « faire notre part », à co-construire et à co-créer le monde que nous voulons.  Janique Laudouar

jeudi, avril 16 2015

2015, l'année de "l'empowerment?"

L'une des thématique du OUISHARE FEST 2015 du 20 au 22 mai 2015  : transition, la gouvernance horizontale et l'empowerment.
Et toujours l'économie collaborative...

L'empowerment et le numérique

" En terme de révolution par l’intérieur, la technologie numérique nous permet déjà d'envisager des changements radicaux des processus politiques et administratifs existants."Numérique, politique et démocratie : implosion et explosion annoncées",  par Léonore de Roquefeuil, Co-fondatrice de Voxe

« Les technologies d’aujourd’hui font qu’il devient possible de demander des comptes, et d’assurer la transparence »... » « De la même manière, nous souhaitons qu’il y ait une ouverture de toutes les données de ce qu’on appelle l’ « e-gouvernement ». Nous souhaitons la simplification : que les citoyens puissent eux-mêmes participer à cette simplification de l’action publique».  François Hollande, Allocution du Président de la République, - New York, Nations Unies – le 24 Septembre 2014

Empowerment :une notion anglo-saxonne liée à au numérique et à Internet  : "donner du pouvoir à..." Donner du pouvoir au citoyen afin qu'il prenne part à l'élaboration des lois qui le concerne, « c'est dans l'air », - mais pas à la télévision ! "Et si l'empowerment commençait par soi-même? écrit  Natacha Quester-Séméon, Journaliste, vidéo blogueus et entrepreneuse dans La Revue du Cube?. L'année 2015 sera-t-elle l'année de "l'empowerment?"

Janique Laudouar

Citoyens et politiques

Rendre le vote obligatoire, le remède miracle pour réconcilier citoyens et politiques ? C'est avec LES politiques que les français sont fâchés, et non LA politique. Le rapport de Claude Bartolome, Président de l'Assembée nationale (en téléchargement) Libérer l'engagement citoyen pour refonder le lien civique » a pour sous-titre « La République par tous et pour tous ». On peut y lire la proposition « Renforcer la démocratie participative, instrument de l'inclusion politique. » « Mettre en place une plate-forme numérique d’expertise bénévole mobilisable par les citoyens et les associations dans le cadre des concertations publiques. »Propositions louables, mais toujours conçues comme « partant du haut ».

Hors ces plate-formes existent, elles sont déjà mises en place par la société civile, il suffit à la gouvernance de les prendre en compte et de les inclure dans le processus démocratique. On peut citer Parlement & Citoyens qui dialogue avec les députés. "Parlement & Citoyens permet "aux parlementaires et aux citoyens de travailler ensemble"avec l'objectif de «restaurer la confiance" Les initiatives pullulent, et ce grâce au numérique. Pierre de Rosanvallon qui depuis longtemps le prédit « Au fond, être représenté, c'est avoir le sentiment que le monde politique donne un langage à ce qu'on vit. Ce n'est plus le cas, d'où la stigmatisation actuelle des élites. ». Bernard Stiegler poursuit inlassablement le décryptage d'un mode numérique via Ars Industrialis, Pierre Levy invente l'alphabet de l'intelligence collective. Aujourd'hui, il est clair que la chronique d'une mort est actée, et qu'il faut trouver des solutions de démocratie réelle et ouverte pour accompagner la démocratie représentative.


Débats et manifestations sur la démocratie citoyenne

Est-ce en rendant le vote obligatoire qu'on rénovera le « lien civique », Europe 1 qui aborde le sujet le 16 avril 2015, ou en faisant participer les citoyens à la démocratie « ils n'ont pas en face d'eux l'offre politique qui leur convient » critique Hervé Mariton député de la Drôme.  . On ne peut plus ignorer que les initiatives pour une démocratie impliquant directement les citoyens se multiplient. Parmi les plus attendues celle de Ouishare Festival, http://2015.ouisharefest.com/program dont la thématique traitera de la transition, la gouvernance horizontale et l'empowerment. L'instructive Conférence sur la participation citoyenne de Démocratie Ouverte à l'Assemblée nationale le 30 mars a été suivie de près par un débat à l'Université Dauphine avec les étudiants du master 2,  Armel Le Coz les ayant coaché sur la thématique . Affaires publiques « "Transformer la politique pour faire face à la crise: comment les jeunes réinventent-ils l'engagement politique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des institutions locales?" avec Robin Reda, le plus jeune maire de France, Diana Filippova (Réseau d'entrepreneuriat social OuiShare), Agathe Cagé (Think Tank "Cartes sur Table" et l'Association des Jeunes de France). Ci-contre Robin Reda et Diana Filippova )

Parmi les manifestations récentes on peut citer Démocratie mise à jour, une restitution a eu lieu le 9 avril sous le haut-patronage de Corinne Erhel, députée des Côtes-d’Armor, et Laure de la Raudière, députée de l’Eure-et-Loir). 

Le 20 avril, le cycle de réflexion sur le numérique se conclut à Sciences Po, Terra Nova Etudiants  vous invite à débattre avec Thierry Mandon, Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, auprès du Premier ministre. Plusieurs thématiques dont « Gouvernement ouvert : "le numérique peut-il rénover les modes de participation citoyenne en garantissant une plus grande transparence des décisions politiques ? » Et parmi les manifestations récurrentes et pionnières, le Forum des usages coopératifs là Brest dont Michel Briand est l'infatigable animateur a dégagé de nombreuses pistes en 2014. Cette même année la Commission nationale du Débat Public avait organisé un colloque international « Le citoyen et la décision publique ». Le Cube à Issy-les-Moulineaux recevra le 28 avril Michel Bauwens dans le cadre des Rendez-vous du Futur

Les plates-formes de participation citoyenne

(non exhaustif...)

Quant aux plates-formes, elles sont trop nombreuses pour les citer toutes. Parlement & Citoyens a trouvé un modèle, et fait preuve de pédagogie en expliquant en images la démarche à suivre ,  Avec VOXE, n'importe quel citoyen peut contribuer à entrer les programmes politiques en ligne, ainsi qu'à ajouter du contenu enrichi.questionnez vos élus est opérationnel ..ainsi que La Quadrature du Net  les élus joueront-ils le jeu en répondant? Encore une :  DemocracyOS est une plateforme open source : libre, gratuite, indépendante, réplicable. "Son but est de favoriser la participation de tous à la fabrique de décisions politiques, à l'heure où internet a changé presque tous les aspects de notre vie quotidienne... sauf le fonctionnement de nos démocraties." Nos Députés.fr rend compte de l'activité parlementaire. On peut aussi citer les partisans du tirage au sort. Ou Etienne Chouard  et sa volonté de faire écrire la consititution par les citoyens. 

Altercarto est à la fois une mutuelle de données, d'outils et de méthodes ; et un réseau de partage d'expériences d'usages citoyens des données statistiques publiques localisées. Nous citoyens organise une « vigie » sur les dépenses publiques. Le magazine RNSL cite «  l’ambition des stat-activistes, ces militants de la donnée qui souhaitent mettre le chiffre au service de l’émancipation citoyenne ».

Qui a dit que nous n'avions pas de penseurs de la mutation, outre les pionniers du Net, les économistes, les philosophes,  des ouvrages récents décrivent cette énergie positive et ces "Révolutions invisibles" (Les Liens qui libèrent). dont le titre n'est pas sans rappeler les essais prémonitoires publiés par Eric Hazan (La Fabrique) par "Comité Invisible",  "L'insurrection qui vient", A mes amis".

Elles sont plusieurs à en faire le pari, Quitterie de Villepin, "Nous voulons notre place à la table des décisions", (Ma voix), Léonore de Roquefeuil qui écrit « Dans le futur, on peut raisonnablement imaginer que ces dynamiques qui facilitent l’émergence de groupes de citoyens voulant prendre leur place à la table des décisions pourraient à terme contribuer à faire exploser les partis pour aller vers une démocratie moins représentative et plus directe. Des signes nous indiquent qu’il est fort possible qu’en France, nous verrons cette folle promesse (ou menace ?) dès les élections législatives de 2017."

                                                                                                     Janique Laudouar


vendredi, janvier 2 2015

Si j'étais présidente …mes voeux 2015

Si j'étais présidente …

Dans un récent article pour la Revue du Cube, j'imagine une « presque fiction » ACTION , une France en 2017 sans gouvernance où les citoyens AGISSENT et se passent très bien des politiques. Il est temps d'appliquer l'analyse de Nils Aziosmanoff dans son éditorial AGIR : «Issues de la révolution numérique, deux puissantes forces œuvrent aux transformations du monde : « les machines qui pensent » et « l’énergie créative de la multitude ». Pour ces premiers jours de l'année, j'imagine une autre fiction « Si j'étais présidente... ». Voilà quel serait mon discours pour les vœux adressés aux français.

                                                                                                                     Janique Laudouar

Ce que j'aurais dit aux français : mes vœux pour 2015.

« Chers compatriotes, je sais que vous êtes en avance, que la société civile va vite, aussi j'ai décidé de vous écouter. Tous les ministres, tous les parlementaires seront en 2015 attentifs à vos initiatives comme à vos propositions. Chaque maire, chaque président de communauté de communes , chaque député, chaque sénateur, tant que ces missions existeront, ouvrira une plate-forme dédiée aux propositions des habitants de leur territoire. Chaque parlementaire répondra à vos remarques et l'Assemblée nationale se saisira en priorité de vos propositions de lois ou de modifications de lois existantes. La vie quotidienne des français sera au centre de mes préoccupations. Permettez-moi d'indiquer des pistes qui vous permettront en 2015 de regarder le futur avec lucidité et d'y faire face.

L'écosystème "Imagination for people" une plateforme qui recense et accompagne les projets de demain,

Une vision à long terme

« Le règne de l’urgence caractérise l’économie actuelle et domine la société dans son ensemble. Or, sans la prise en compte du long terme, la vie de nos contemporains deviendra un enfer. »Jacques Attali Pour une économie positiverapport remis en  2014 à François Hollande

Si j'étais présidente, j'innoverai : j'arrêterai les inaugurations à la René Coty et je passerai davantage de temps à imaginer. J'arrêterai de pensées en terme d'année pour penser en terme de décennies. Bref, j'aurai à cœur de laisser à d'autres les commémorations pour me concentrer sur une vision d'avenir à long terme et anticiper. J'aurai conscience que pour beaucoup de citoyens l'enfer prédit par Jacques Attali est peut-être déjà là...

Plus belle la vie...

« Des citoyens de plus en plus persuadés que les politiques ne s'occupent pas d'eux » 88% des français sont persuadés que les gouvernants ne s'occupent pas de leur préoccupations" Rapport annuel sur l'état de la France en 2014 CESE Conseil Économique Social et Environnemental Publié le : 10/12/2014

Que veulent les français, que voulons-nous ? La réponse est simple : plus belle la vie. Et plus SIMPLE ! Que la vie soit plus belle demain qu'hier, c'était la logique du progrès. Hors aujourd'hui un parfum de nostalgie semble signifier que « c'était mieux avant », qu'avant, il n'y a pas si longtemps, la vie était plus plus libre, plus joyeuse, avec moins de contraintes. Un même cri du cœur réunit les entrepreneurs et les simples citoyens : trop de lois, trop de directives, trop de contraintes. La complexité et l'instabilité juridique et l'archaïsme de certaines administrations alourdit la vie quotidienne des français, qui ont l'impression de vivre dans un océan de dysfonctionnement en perpétuel tsunami juridique.

Démocratie : un Ministère de la Participation 

« En démocratie, il y a toujours une alternative »Daniel Cohn-Bendit Europe 1 02/01/15. 

"À travers le numérique, une génération qui a changé de mentalité apprend à se prendre en main. Elle modifie les règles sans même s’en apercevoir. L’empowerment, c’est la responsabilisation. Les technologies apportent le temps réel, les moyens humains et parfois également financiers. Le citoyen actif veut s’impliquer et non plus déléguer. La réponse ne vient plus d’en haut ». Natacha Quester-Séméon Journaliste, vidéo blogueuse, chroniqueuse radio et entrepreneure, La revue du Cube décembre 2014

 La réponse ne vient plus d'en haut »est une évidence, un constat dont il convient de prendre acte.La participation des citoyens à la gouvernance devient le pivot de la nouvelle démocratie. La politique, c'est VOUS ! « Co-construire les politiques publiques avec les citoyens » devient une urgence. La consultation sera organisée, accompagnée. sera de présenter des solutions alternatives dans tous les domaines de la gouvernance. Nous sortons de trop d'années où on vous présente, chers compatriotes, des solutions uniques, une pensée unique et peu d'alternatives. Le budget de ce nouveau Ministère sera dégagé grâce à la suppression progressive des agences d'état  et autres institutions para-publiques dont le surnombre est acté et dont l'utilité reste à démontrer et Les moyens techniques d'expression citoyenne existent depuis longtemps avec le Web et les réseaux sociaux et ont été sous-estimés .

Vous pouvez encore contribuer par vos commentaires à la consultation en cours https://contribuez.cnnumerique.fr/

Sur le travail : « Le travail va devenir une rareté »

« Le travail salarié, vieux de 200 ans, va disparaître. Le travail en lui-même va devenir une rareté. Faut-il pleurer sa disparition ? Non. Rappelons-nous que, sous Louis XIV, il était interdit de travailler 220 jours par an, à tel point que même les paysans s’en plaignaient. Plus la société s’est sédentarisée, plus il a fallu travailler dur pour survivre, et le travail a été littéralement mythifié. Il est temps de repenser son utilité, à l’instar de Jeremy Rifkin qui prédit « La fin du travail » dans un de ses ouvrages. Il est aussi temps de reconstruire de nouveaux contrats sociaux, car dans la société de la connaissance qui émerge, l’utilisation du capital et son accumulation pourraient être remis en cause.

Nous vivons une période de bascule, de destruction créatrice au sens de Schumpeter, qui va être douloureuse car ces périodes sont celles où il faut tout réinventer. Au lieu de nous lamenter sur la fin des métiers peu qualifiés, au lieu d’interdire les recherches en matière de séquençage du génome, interrogeons-nous sur la société que nous voulons pour 2035 : la Rome antique et ses esclaves, ou une société libérée des notions même de travail et, pourquoi pas, de propriété ? » (Gilles Babinet, digital champion pour l'Europe et entrepreneur dans l'étude l'EY La révolution des métiers)

Le télétravail  et les tiers lieux 

Le télétravail  et les tiers lieux « Le télétravail peut comporter des risques d’isolement pour le salarié. L’une des solutions pour remédier à cet inconvénient consiste à travailler dans un « tiers lieu » entre le bureau et la maison pour y retrouver un collectif de travail, choisi et non subi. » Xavier de Mazenod, fondateur de Zevillage et du télécentre de Boitron, revue Kaizen 11 décembre 2014.

(Ici tiers lieu "LeVillage", Paris et "Mutinerie Village" dans le Perche) deux conceptions d'un lieu pour se réunir, échanger, travailler, se former, inventer...

L'économie 

L'économie numérique

« Le numérique peut être une chance pour la France. La transformation numérique est la chance que la France doit saisir. » (Philippe Lemoine, Rapport Lemoine | président du Forum d'action modernités et président de la Fondation internet nouvelle génération « La nouvelle grammaire du succès - La transformation numérique de l'économie française » - novembre 2014)

En 2015 j'arrêterai de tenir à bout de bras notre veille économie à bout de souffle, comme le conseille Jeremy Rifkin, je tiendrai compte des rapports et ouvrages existants. De nouveaux modèles économiques et organisationnels doivent se substituer à une France pyramidale et hiérarchique qui bride l'innovation émanant « du bas ».

D'autres économies sont possibles 

" Des modèles innovants émergent ainsi et génèrent des richesses à la fois financières et positives, extra-financières. En se fixant d’autres objectifs, notamment sociaux et environnementaux,que celui exclusivement financier, et en les plaçant au même niveau que le profit, ces organisations sont d’ores et déjà des acteurs de l’économie positive." Jacques Attali,  Positive Forum Economy

L'économie sociale et solidaire

Je tiendrai compte de l'essor de l'économie sociale et solidaire et de la volonté des citoyens comme des entreprises de travailler dans un contexte qui a du sens.

L'économie collaborative.

Je connaîtrai le prix de la vie : qui peut prendre un taxi aujourd'hui avec 7 euros au départ du compteur ? Qui peut payer un loyer de 800 euros mensuels ? Je favoriserai l'économie de partage le co-voiturage, l'habitat participatif, je modifierai les règles archaïques des lobbys et des agences d'état dans ces domaines et dans de nombreux autres. Je sais que les français s'organisent pour partager et échanger.

L'économie circulaire

Elle est déjà adoptée par beaucoup d'entre vous et donne lieu à des innovations. « L’économie circulaire est un système économique qui vise à optimiser l’utilisation des ressources naturelles et à réduire les impacts environnementaux de notre production et consommation. Partout en France, des initiatives socialement innovantes répondent à ces objectifs.http://www.lelabo-ess.org/?Economie-circulaire-et-innovation Le recyclage dans de nombreux domaines ont déjà abouti à de belles réussites.

La sobriété heureuse

Dans son essai "Vers la sobriété heureuse" le philosophe agriculteur Pierre Rabhi raconte son parcours : comment dès l'âge de 20 ans "la modernité m'est apparue comme une immense imposture" et encore ""On a le sentiment d'un immense gâchis, qui aurait pu être évité si on avait adopté un modèle de société alliant intelligence et générosité". (Vers la Sobriété heureuse, Actes Sud 2010). C'est pourquoi je ne ferai pas reposer pas la croissance au sens traditionnel du terme comme vision d'avenir. C'est une notion du siècle dernier, je préfère donner de la visibilité aux jeunes start-ups créatives qui font l'économie du XXIème siècle en multipliant l'accès à des financements inventifs. Intelligence collective, partage, imagination, innovation sont des mots plus puissants que "croissance".

Sur l'innovation de rupture

« Quand je parle de la démocratisation de l'innovation, je veux dire que les utilisateurs des produits et des services – firmes et consommateurs individuels – sont de plus en plus capables d'innover par eux-mêmes. » Eric Von Hippel, professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et auteur deDemocratizing Innovation, cité par Dominique Cardon, sociologue et auteur de La démocratie Internet. Promesses et limites, Éditions du Seuil, coll. « La république des idées », 2010.

Je tiendrai compte du fait que les utilisateurs sont aujourd'hui des innovateurs. Chaque région sera tenue de mettre en valeur sous une forme de données dynamique les actions innovantes de la société civile, qu'il s'agisse de particuliers, de chercheurs ou de start-ups, de scientifiques ou d'artistes.

Je tiendrai compte du fait que les utilisateurs sont aujourd'hui des innovateurs. Chaque région sera tenue de mettre en valeur sous une forme de données dynamique les actions innovantes de la société civile, qu'il s'agisse de particuliers, de chercheurs ou de start-ups, de scientifiques ou d'artistes.

Trop d'innovations de rupture ont encore ignorées par nos administrations parce qu'il n'y a pas d'expertise pour les analyser et parce qu'elles viennent bouleverser l'ordre établi. L'administration n'a que trop tendance à rejeter ce qu'elle ne connaît pas et ce qui ne correspond pas aux règles établies, qui datent parfois des années 50 et de l'après -guerre. Chaque Préfet de Région aura une cellule « Innovation » qu'il tiendra à jour, et chaque député aura à recenser les avancées innovantes des citoyens de son territoire, particuliers, association, entreprises, et non des structures institutionnalisées et coûteuses qui ont trop tendance à monopoliser l'innovation et à en accaparer les financements.

Chers compatriotes, je ne peux pas tout développer dans cette courte intervention, et je vous propose de vous recevoir non pas à l'Elysée, mais sur la plate-forme collaborative en ligne où vous serez mes invités. Je vous la promets pour très bientôt en 2015. Et vous savez que je tiens toujours mes promesses...

A suivre...d'autres propositions ...Vous pouvez aussi collaborer à @PoliticMenage

Source image en tête de l'article :  Source image :http://www.syrobo.org  Veronique-Syrobo le 17 03 2014

dimanche, octobre 12 2014

La politique, c'est vous !

Après le Forum des Usages coopératifs à Brest en juillet, le Positive Forum au Havre en septembre, le Forum de Mulhouse les vendredi 24 et samedi 25 octobre 2014.

"Une économie qui a du sens"

Et lancement en octobre du mois de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) avec des manifestations en novembre et dans toute la France. "Le Mois de l’ESS est une campagne événementielle d’envergure qui existe depuis maintenant 7 ans. Conférences, ciné débats, ateliers, colloques, manifestations de sensibilisation, sur l’ensemble des territoires et en lien avec tous les thèmes  de l’ESS comme  l’achat responsable, l’épargne solidaire auxquels vous êtes tous conviés!

"Les citoyens, acteurs-clefs de la société positive.

Changer la société est un projet collectif qui repose sur chacun de nous."

Manifeste pour une société positive, ouvrage coordonné par Jacques Attali (Mille et une nuits)

"La politique, ça ne sert strictement plus à rien, droite ou gauche".

 (Oriane, auditrice, intervenant sur Europe 1 le lundi 13 octobre).

"On voit qu'il n'est plus possible de perpétuer les « silos verticaux » de notre monde politique. Au moment où la défiance envers les élus actuels s'avère croissante, il y a un nouveau rôle enthousiasmant pour une classe politique rajeunie, renouvelée ou éclairée. Et peut-être féminisée."


Janique Laudouar

Même si ce blog n'est pas un wiki, n'hésitez pas à nous faire part des initiatives innovantes que vous rencontrez.
                                     

L'intelligence collective est là!

Partout en France des séminaires, des agoras, des forums, des initiatives où étincellent la parole et surtout l'action, et l'imagination des citoyens, entreprises, associations, collectifs. Et ça marche. Les gens se démènent pour l'emploi, pour une vie meilleure, pour une planète habitable, pour faire émerger l'innovation ou faire respecter la tradition. De l'imprimante 3D aux églises de village. a échange, ça partage, ça interagit, ça compare, ça invente, ça VIT et ça BOUGE.

Internet est redevenu ce qu'il a toujours été, pour qui sait explorer en dehors des lieux communs et du commerce : une caisse de résonance d'une nouvelle société, qui est en train d'émerger « en dehors du radar » pour reprendre l'expression de Jacques-François Marchandise dans sa brillante conclusion au Forum des Usages Coopératifs de Brest (du 1 au 4 juillet 2014). Pendant ces jours ont fourmillé des exemples d'actions « positives » et de partage de bonnes pratiques. Michel Briand qui vient de quitter son poste d'élu à Brest est à l'origine du Forum qu'il a souhaité comme « un lieu où les faiseurs se rassemblent » Il a guidé Axelle Lemaire, secrétaire d'état au numérique dans les ateliers citoyens. Le thème cette année était  Territoires et dynamiques contributives, la coopération en marche. Le retour d'expérience sur une politique publique du numérique à Brest permet à Michel Briand d'esquisser un: "Premier pas vers une gouvernance contributive" en impliquant les personnes et en "changeant la posture des élus et services qui deviennent animateurs plus que prescripteurs." Le bouillant Jean-Michel Cornu donnait des clefs pour travailler en collectif sans se prendre la tête, expérience gagnée via la plateforme en ligne "des idées issues de l'intelligence collective" Imagination for people. Imagination for People vous propose une plateforme collaborative multilingue en mode open source dédiée à l'innovation sociale et à la créativité citoyenne."

Encore plus récemment Jacques Attali a réuni lors du Positive Forum Economy au Havre du 24 au 26 septembre 2014 un bouquet d'actions émanant « de la base », c'est-à-dire « des gens », qui se prennent en main et décident de faire bouger les lignes ou de changer leur vie, prélude à changer le monde. Des exemples de chefs d'entreprise rodés, de start-ups à succès de l'économie collaborative mais aussi d'initiatives spontanées parce que nécessaires dans le désert africain ou la banlieue parisienne. Nous reviendrons plus précisément sur ce Forum stimulant et documenté.

Un atelier collaboratif au Forum de Brest

ll y a aussi, selon Cyrille Giquello du Pôle CoopAxis à  l'exemple du logiciel libre qui fonctionne de façon planétaire et a ouvert la voie d'un mode de fonctionnement réussi où la compétition s'efface pour laisser la place au bien commun. Hébergé par une pépinière d'entreprises et voisin d'une future « cantine numérique » de Tours, le Pôle CoopAxis (Pôle territorial de coopération économique, PTCE) a adopté un mode de fonctionnement non vertical, ouvert et transparent, dans l'objectif de favorise l'innovation sociale par le numérique.«´un écosystème constitué d´acteurs et d´outils animés par une structure collective. » Même ouverture d'esprit pour les voisin la Scop Artefacts ou le  Cresol (Réseau d’Economie Solidaire), qui a pour mission de diffuser l'économie sociale et solidaire (ESS) et qui propose des actions dans le cadre de la manifestation nationale du mois de l'ESS en novembre. On pourrait multiplier les exemples d'initiatives locales innovantes un peu partout en France : Rennes, Strasbourg, Brest et aussi en milieu rural où les écoles de code et les tiers lieux fleurissent. Start-up week-end, coding goûter, code à distance, webschool, école numérique au vert, tels sont les mots teintés d'anglo-saxon dont les jeunes entrepreneurs couvrent le territoire. Ces expériences s'appuient sur le numérique et fonctionnent en réseau de cooptation, maillant les territoire de points d'action à identifier et suivre.

«Aux actes, citoyens !»

« Avec la diffusion des supports numériques mobiles, la relation de la population au pouvoir est radicalement modifiée : la démocratie devient possible. » analyse Florence Durand-Tornare dans son article « Élus, dormez tranquilles, les citoyens connectés veillent !de Liberation du 6 octobre 2014.Sur internet et ses dérivés, cette nouvelle démocratie se joue déjà en direct et par «le bas» en créant des mouvements d’opinion et de l’interaction horizontale. Loin du marketing politique, de ses méthodes descendantes et de la sondocratie, des citoyens créent des liens et des repères pour agir localement. »

Que les citoyens agissent et à une échelle nationale est encore très loin d'être repéré et pris au sérieux pas les partis et par le monde politico-médiatique. Deux France semblent se superposer, l'une « officielle » et l'autre plus souterraine mais bien plus porteuse de valeurs et surtout capable de prospective ! Inventer les usages de demain, les emplois de demain.

« Mulhouse c'est vous ! »Le Forum Libération de Mulhouse les vendredi 24 et samedi 25 octobre 2014 à la Filature, le Forum va dans quelques jours aborder ce qui devrait être aborder par les partis politiques et ne l'est pas : la participation des citoyens à la vie politique. Parmi thèmes abordés « La société civile ne cesse d'inventer des formes d'engagements qui dépassent le militantisme traditionnel. » ou encore La démocratie en réseau Internet décuple les possibilités d'information et d'action des citoyens dans la ville. Et aussi La confiance règne !Tentons de comprendre les raisons du pessimisme qui accapare notre société, et inversons la tendance !

Déjà de nombreux articles vont dans ce sens : «Empowerment»et «community organizing» peuvent remobiliser les quartiers » prédit Réda Didi du Think Tank « Graines de quartier ». Autre Think Tank et proposition positive de Alexandre Jost : « Face à la défiance des hommes vis-à-vis de leur avenir, la Fabrique Spinoza, formule une proposition : celle de définir collectivement un cap de société vers le bonheur citoyen ; pour réenchanter le climat social et générer un dynamisme économique.»

Et si le monde officiel de la politique continue à s’agripper à ses places ; à l’obsession d’occuper ou de retrouver le pouvoir ?demandent Sandra Laugier professeur de philosophie et Albert Ogien -, il est à craindre qu’on n’entende bientôt les slogans qui ont résonné sur tant de places du monde : «Vous ne nous représentez pas», ou tout simplement : «Dégage !»

On voit qu'il n'est plus possible de perpétuer les « silos verticaux » de notre monde politique. Au moment où la défiance envers les élus actuels s'avère croissante, il y a un nouveau rôle enthousiasmant pour une classe politique rajeunie, renouvelée ou éclairée. Et peut-être féminisée.

Janique Laudouar

Quelques lieux qui bougent en territoire rural (à proximité de la Ménagère)

La Mutinerie Village et ses mutins,  Simplon numérique (Eure et Loir) école de programmeurs au vert.

Le Télécentre de Boitron (Orne) et sa formation de 6 mois de codeurs à distance

La Ruche qui dit oui permet de vous réunir pour acheter directement aux producteurs de votre région.

Ecopertica : centre de ressources sur l'éco-construction dans le Perche.

A noter le Codel (28), qui a proposé  le lundi 13 octobre à Chartres un événement "business contact" mettant en valeur les entreprises innovantes.Ici Elokence "solutions intelligentes de dialogue homme-machine", ici Akinator le Génie du Web.

Et toujours en Région Centre présentation du mois de l'ESS le 30 octobre à Orléans : L’Observatoire de la CRESS Centre  rendra compte d'une étude sur les filières d’avenir à explorer en région Centre. Economie verte (réemploi, écoconstruction, etc), tourisme, culture, numérique, mobilité, circuits courts ou encore silver économie et formation, pour permettre aux acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (associations, coopératives, mutuelles, etc.) d’investir ces filières."

Quelques lectures (à compléter)

Devenir soi de Jacques Attali

"Le Principe démocratie : enquête sur les nouvelles formes du politique», La Découverte 2014. Sandra Laugier et Albert Ogien

Vers la sobriété heureuse Pierre Rahbi

Renverser l'insoutenable Yves Citton

Éloge de l'anormalité Mathieu Pigasse

Quelques liens qui font bouger les lignes (à compléter)

imagination for people : "Plus de 2500 projets en lien avec l’innovation sociale sont déjà référencés dans 75 pays.

democratieouverte.org, vers plus de participation et de transparence

mondepute.fr

jeudi, juin 12 2014

« Ils vous ont donné leur voix, donnez leur la parole » : les citoyens veulent être consultés

L'association concert-urbain "mène une action originale afin de mettre les nouvelles technologies au service du dialogue et de la concertation sociale" et répertorient les sites qui vont dans ce sens.

Parmi les applications repérées : http://www.tellmycity.com/

"Tellmycity permet à tous de signaler un problème, suggérer une idée ou féliciter une initiative à partir d’un smartphone ou d’un formulaire web" 

La demande est là, les citoyens veulent être consultés sur les décisions qui les concernent, et pas seulement tous les 5 ans! Les outils existent. Mesdames et messieurs les élus, à vous de jouer!


dimanche, janvier 12 2014

« La justice du XXIè siècle » sera-t-elle rapide, lisible et collaborative ?

Les opinions des français sur la justice sont claires : ils sont 96% à penser que la justice est trop lente et presque autant qu'elle est trop complexe « La justice n'a pas un fonctionnement moderne », et aucune réforme n'a eu lieu depuis ...1958 souligne le premier Ministre Jean-Marc Ayrault en ouverture du grand débat professionnel « La Justice du XXIème siècle » les 10 et 11 janvier 2014. Cette rencontre, Christiane Taubira la souhaite « historique » dans cet immeuble de l'Unesco à l'architecture métissée qu'elle cite avec plaisir : Costa (Bresil) Gropius (Allemagne, Bauhaus) et bien sûr Le Corbusier pour la France. Pendant ces deux jours menés tambour battant autour d'ateliers de travail thématiques, le monde judiciaire s'éveille enfin, et avec un certain enthousiasme, à la nécessité de se réformer. On se connaît, on se salue, on se fait la bise, et on suit avec assiduité en prenant de notes et en posant des questions : le colloque fait partie de la formation continue des magistrats et avocats.

Que veut le "justiciable" ? Avant tout une justice rapide et plus simple.

Grand absent du colloque où il n'est pas représenté dans les interventions, où il semble avoir été peu consulté lors des rapports commandés par la garde des Sceaux, le justiciable est cependant, selon Christiane Taubira, «toujours au au cœur de la justice ». Il veut par dessus tout une justice plus rapide. L'enquête présentée par Jean-Paul Jean, avocat général près la Cour de cassation, donnera lieu à une publication détaillée début 2014 et peut servir de base pour les réformes annoncées : « raccourcir les délais » vient en tête, suivi par « simplifier les procédures » et « mieux informer », « améliorer les locaux » vient en tout dernier, ...alors que le grand chantier d'un nouveau Palais de Justice est entamé. Non seulement le justiciable veut des délais plus courts, mais il vaut aussi qu'on l'informe des délais prévisibles de la procédure et qu'il sache un peu mieux à quoi s'en tenir en terme de calendrier et de coût. Car en France on a des délais hors normes et ou les tribunaux débordés d'Ile de France déprogramment les audiences prévues d'une année sur l'autre. Une audience en appel devant le tribunal administratif de Paris arrive chez le justiciable stupéfait avec la date ...d'avril 2016 ! A l'époque du temps réel....

De la confiance à la défiance : crise des institutions, crise de la démocratie ?

« Les démocraties modernes doivent instaurer de nouvelles légitimités. » dira Pierre Rosanvallon professeur au Collège de France en introduction. Car le cœur du problème est là : la perte de confiance généralisée des français pour le monde politique commence à atteindre les institutions qu'on croyait inébranlables. La Justice fait partie de ces « institutions invisibles » dont les piliers étaient « confiance, autorité légitimité ». Mais qu'est-ce que la confiance : « c'est une hypothèse sur un comportement futur c'est un « économiseur de contrat ». Mais si on pense le contrat trahi, la confiance se délite …Coïncidence ou confirmation, le Baromètre de la Confiance politique du CEVIPOF qui parait le 13 janvier est au plus bas :  "ll faut parler de défiance politique, économique et sociale" déclare Pascal Perrineau à Arlette Chabot sur Europe1 , 87% des français pensent que les hommes politiques ne se préoccupent pas des gens comme eux.
Pour Fabienne Brugère, professeur de philosophie à l'Université Montaigne, Bordeaux, l'individu est devenu une valeur du monde social, le travail n'est plus le mode d'appartenance à un groupe, la sociabilité on la trouve aussi dans les réseaux. Ce sont ces changements majeurs et sans doute ne peut-on plus donner l'image du siècle dernier d'une justice opaque et menaçante dont le justiciable ne sait ce qu'il sortira après des années d'attente qui ravagent souvent sa vie. La justice civile quotidienne et ses multiples lourdeurs, lenteurs et rituels, peut être douloureuse et parfois meurtrière, tant son envahissement interminable des vies peut mener au suicide

Cet appel à une démocratie plus participative sera relayé par Jean-Paul Delevoye, Président du CESE, très applaudi, et certains des jeunes greffiers ou magistrats qui viendront témoigner du décalage entre le langage codé du magistrat et la difficulté à le comprendre du justiciable.

La Justice à l'« Age de l'accès » (Jeremy Rifkin) : une nouvelle proximité

Le Ministère de la Justice semble avoir tenu à distance la révolution numérique opérée par d'autres ministères comme le Ministère des finances où les citoyens depuis longtemps peuvent faire leur déclaration d'impôt en ligne. Ce qui accentue encore le décalage entre un citoyen « expert » et le Juge du XIXème siècle, tassé derrière son bureau aux murs couverts de milliers de dossiers « papier » dont il ne semble pas venir à bout - avec une unique greffière pour l'assister. Depuis l'arrivée du Web en France les citoyens sont rodés aux formes collaboratives de l'acquisition de la connaissance, forums, recherche, réseaux et sont eux-même producteurs d'information et d'expression. Pierre Levy décrit dès 1997 dans « L'intelligence collective » les phénomènes des collectifs intelligents déterritorialisés qui se forment et interagissent par associations, échanges. La proximité est une nouvelle exigence du justiciable pas tant la proximité géographique, que la proximité dans la relation. Être acteur, agir et interagir avec la Justice et pas seulement la subir, telle semble la nouvelle posture du « justiciable acteur » à l'âge de l'accès souhaité par Christiane Taubira. Face aux réseaux sociaux, l'image du Juge inaccessible, solitaire et souverain, semble obsolete aux magistrats eux-mêmes. S'annonce une justice plus collective reposant sur un travail d'équipe. Pierre Rosanvallon prône une décision délibérée plutôt que souveraine, et invite le corps des magistrats à apporter sa contribution à cette nouvelle dimension : la collégialité.

L'orange de la justice collaborative

Lors de l'atelier présidé par le nouvellement nommé Bâtonnier du Barreau de Paris Pierre-Olivier Sur, dont on a pu apprécier le sens l'humour et de la répartie, la médiation était le grand sujet, une justice sans juge et sans procédure, quel rêve ! Mais attention, l'ombre portée du Juge et aussi celle de l'avocat devront toujours se manifester et il a été clair que l'avocat était le bienvenu tout au long du processus de médiation. La notion de « greffière juridictionnelle » a été rejetée dans cet atelier,  non à un divorce low cost où les greffiers remplaceraient juges et avocats!

Combien de temps encore le justiciable va-il supporter que la perte d'une jambe vaille 25000 euros dans une juridiction et 40 000 dans une autre. « 25 000 euros pour une jambe,c'est tout ?» s'étonnera Pierre-Olivier Sur ajoutant « Ca se plaide !» Accélérer le traitement des dommages corporels par une base de données recensant les jurisprudences, comme en propose l'avocate spécialisée Claudine Bernfled, oui, un référentiel avec fourchettes et barêmes, peut-être, mais attention, chaque cas est singulier et les « barêmes » ne doivent pas empêcher le juge de décider ni l'avocat de plaider.

L'ORANGE DE PIERRE DELMAS-GOYON! Ce qui semble faire consensus c'est la justice collaborative, concept développé dans le rapport de Pierre Delmas-Goyon  « Le Juge du XXIe siècle, un citoyen acteur, une équipe de justice ». On m'explique le principe par la métaphore de l'orange : deux parties veulent la même orange. Dans la justice classique le juge tranche et attribue l'orange à l'un au détriment de l'autre. Avec la médiation : une part de l'orange est attribuée à l'un et une part à l'autre, même si les parts sont inégales, il y a un progrès. Avec la justice collaborative et un travail d'équipe, on prendra le temps de se pencher sur les motivations et les objectifs des parties et on découvrira qu'en réalité l'un a besoin de l'écorce pour des fruits confits et l'autre de la pulpe pour du jus d'orange ...et que le partage peut s'opérer à la satisfaction des deux parties.

En conclusion le Bâtonnier du Barreau de Paris Pierre-Olivier Sur voit 3 éléments émergents à l'horizon de la justice à venir  : un jugement par étape laissant la place à une tentative de rapprochement des parties avec le contrôle du Juge. Les avocats y sont prêts. Deuxième tendance, le contentieux de masse -on l'a vu avec le Mediator, et sans doute dans le futur avec les actions de classe – et au passage il déplore que le nouveau Palais de Justice n'ait pas prévu d'accueillir les procès de masse. Et enfin la « cyberjustice ».

«Travailler ensemble» : l'expérience des Pays-Bas

L'atelier où il y avait le plus de monde est sans conteste dira son rapporteur Michaël Janas est sans doute celui où on parle de « travailler ensemble pour plus de lisibilité et d'efficacité pour les citoyens » et de « l'évolution des métiers. » Ont été évoqué « l'organisation largement individuelle du travail du Juge » qui « fragmente la connaissance », la jurisprudence qui peut devenir un outil, le lien avec l'université et les avocats, l'importance de l'accueil par le greffier. Dans d'autres ateliers on évoquait « le nouvel office du Juge » qu'a examiné Jean-Louis Nadal, ou « comment reconnaître les nouveaux modes d'exercice de la justice », Antoine Garapon ayant été chargé du rapport sur « La prudence et l'autorité : l'office du Juge au XXIème siècle".

Mais ce qui a enthousiasmé les magistrats est sans conteste le témoignage d'Esther de Rooij, présidente adjointe du tribunal d'Amsterdam, qui depuis plusieurs années pratique le travail d'équipe : « aux Pays Bas, on a souvent des réunions ». Et encore il faut « viser la qualité sur le fond maintenir la confiance du public, une fois qu'elle est perdue c'est difficile de revenir en arrière ». Il y a donc des « normes de qualité », qui décrivent « quel doit être le comportement du Juge, le Président d'un tribunal peut discuter librement avec le Juge ». Et surtout des usages collaboratifs qui semblent très en avance sur les pratiques françaises « relecture collégiale des décisions, exposés des motifs en matière pénale », et on a les délais en tête. Une inspectrice des services judiciaires approuve et souligne « à quel point en France le magistrat ne pouvait plus travailler de manière isolée ». Dans la salle les témoignages surgissent pour que disparaisse l'archaïsme des mentalités : « l'ego démesuré du Juge » qui risque de faire obstacle, ou encore « la honte » de devoir faire appel à un assistant judiciaire, pourtant jugé par tous efficace, ainsi que le lien avec la recherche.

268 recommandations, quelques mots-clefs et le calendrier

La condition pour raccourcir les délais est d'accepter un nouveau regard sur les métiers et les process. Mot-clef numéro un  : le nouveau juge, fini le juge isolé dans son cabinet. Numéro 2 et corollaire : travail en équipe. Vive la justice collaborative ! Le travail de « tour de contrôle » des magistrats du Parquet est devenu tellement astreignant et ingrat qu'on n'arrive plus à recruter. Numéro 3 : médiation, tous les acteurs y semblent prêt. Numéro 4 : le justiciable acteur. Même si on ne comprend pas encore tout à fait ce qui le rendra « acteur de son parcours », le citoyen n'est plus disposé à subir . Numéro 5 : le numérique. Il n'y qu'au Ministère de la Justice qu'on parle encore de « nouvelles technologies » comme au début du siècle, c'est dire le chemin qu'il reste à faire ! Avec toute la prudence et la sécurité qui s'impose on devra avoir recours au sms et autres outils. D'autres concepts et propositions seront à relever dans les rapports et les vidéos en ligne sur le portail du Ministère.

Quelques oublis ? 

Quelques oublis, peut-être : le droit, trop vite évacué par Jean-Jacques Urvoas, président de laCommission des lois du Sénat qui devrait être à l'écoute des citoyens qui « viennent le voir pour les tutelles » et s'atteler au Sénat à réformer des lois « mal ficelées », à commencer par la loi actuelle sur la Protection des majeurs dont les failles ouvrent la porte à tous les abus. Le rôle du Sénat devrait être de vérifier l'application des lois et d'en faire le bilan, quand autant de français lésés témoignent de leurs archaïsme ou de leurs effets pervers. Le traitement des erreurs judiciaires : "l'erreur est humaine", alors pourquoi la justice a tellement de mal à se dédire et admettre l'erreur? Le justiciable n'est pas oublié, les enquêtes sont là, mais au-delà des chiffres, on aurait aimé des témoignages et du vécu, et que soit prise en compte une force de proposition émanant du « terrain » des citoyens au nom de l'intelligence collective si souvent citée.

Le calendrier 2014

Le calendrier est en marche, la Garde des Sceaux annonce « un certain nombre de dispositions consolidées par cette réflexion avant la mi 2014 »...mais les mentalités suivront-elles ? Christiane Taubira, dont on attendait la citation finale, - elle sera de Saint-Exupery - en est persuadée «Je crois que l'envie est là ».

dimanche, mars 10 2013

Beppe Grillo : un regard Différent

Le succès de Beppe Grillo

« Or en lisant plusieurs articles français, nous nous sommes rendu compte que le premier parti politique italien est une réalité profondément incomprise à l'étranger. En France notamment on le qualifie de "populisme de gauche" et on le compare au Front de Gauche de Mélenchon »

Un article de Pierre Lénel et Paolo Rotelli « Grillo dans le scope déformant des médias français » dans le Huffington Post du 9 mars 2013 redéfinit la victoire de Beppe Grillo dont le mouvement a été un peu trop rapidement qualifié de "populiste" par les médias français. Tout ce qui n'est pas issu de la politique politicienne invitée des plateaux est suspect. Beppe Grillo, c'est la politique agile, réactive, participative. «  Le mouvement est ouvert et participatif, « une plate-forme et un véhicule de discussion et de consultation »  peut-on lire dans la déclaration du Movimento, « le réseau Internet qui est reconnu comme ayant un rôle central dans le processus d'adhésion . «  Ce pure player de la politique et sesgrilli exposent pourtant clairement en quoi ils se démarquent des partis traditionnels et ne manquent ni de bon sens ni d'imagination ni d'innovation. On oublie un peu trop souvent que « populisme » n'est pas la seule déclinaison du mot « peuple », qui en a connu d'autres. Il y a la « vox populi », actuellement muselée tant par la démocratie représentative que par la technocratie européenne. Les politiques font de moins en moins appel au dialogue avec le citoyen. Lui demander ses idées? Danger! Plus de référendum, par exemple, au cas où la « vox populi » aurait le mauvais goût de s'exprimer en dehors du politiquement correct. Remember le « Non » au traité européen. La peur du politiquement incorrect a fini par supprimer les espaces de dialogue entre citoyens et gouvernance. La démocratie interactive n'est pas pour demain, même dans la France socialiste où il n'y a pas  espace de dialogue prévu  entre les citoyens et la gouvernance.

Quand les idées des citoyens deviennent ...le premier parti italien

« Le Movimento Cinque Stelle s'articule autour du combat contre les privilèges de la "classe politique italienne"en proposant de remplacer cette "classe politique", son train de vie, et ses privilèges, par des citoyens "lambda" Que des citoyens aient réussi à devenir le premier parti italien en faisiant non seulement un pied de nez aux partis classiques, mais aussi via Mario Monti à l'Europe, voilà qui ne passe pas en France . «  Mais il faut comprendre que sa vision de l'État ne correspond pas à la vision bureaucratisée à la française. Il ne souhaite pas créer des concours publics et une sorte d'ENA, il souhaite au contraire que tout citoyen, sans compétences particulières, puisse se présenter aux élections, être élu pour légiférer, ou nommé afin d'administrer. »

« Beppe Grillo a tout simplement compris que pour mobiliser les citoyens, il fallait leur permettre de participer à la première personne et que cela implique le renversement de la classe politique italienne actuelle, d'où son refus total de collaborer avec les autres partis politiques en dehors des points prévus par le programme du Movimento Cinque Stelle, programme réalisé à partir des commentaires et idées des citoyens. »

Citations extraites du Hufftington Post

Pierre Lénel sociologue, chercheur, est Vice-Président de Think Tank Different

Paolo Rotelli est un entrepreneur italien dans le domaine hospitalier (Gruppo Ospedaliero San Donato) et celui des nouvelles technologies (Kiwi Loca

samedi, novembre 5 2011

Demos, démocratie, le peuple

Philosophe et écrivain, directeur de recherche au CNRS Marie-José Mondzain est d'abord une experte du décryptage de l'image (Images à suivre son dernier ouvrage, Bayard, 2011 ) . Interrogée sur France Culture immédiatement après l'annonce « Athènes renonce officiellement à la tenue d'un référendum » elle estime que l'idée d'un référendum a permis de « réintroduire la dimension politique là où elle avait été abandonnée » par l'Europe qui prend essentiellement « des décisions économiques et financières ». Elle juge sévèrement « l'arrogance, la violence » du « couple sauvage » Angela Merkel/Nicolas Sarkozy et rappelle que le mot « démocratie » vient du grec « demos », le peuple. La démocratie c'est la « mémoire  du peuple grec ». Les indignés ont raison de se révolter contre « l'indignité » qu'il leur est demandé de vivre...

En Grèce le peuple continue de refuser à payer pour les erreurs des gouvernants. Le site http://www.presseurop.eu/fr publie ce même vendredi 4 novembre « L’UE l’a bien cherché » de l'éditorialiste Marek Magierowski (SourceRzeczpospolita) revient avec humour à la réalité vécue par les Grecs. « "L’avenir de l’Europe" est la dernière chose dont se soucient les Grecs aujourd’hui. Vous imaginez un jeune chômeur de 25 ans qui voterait en faveur de réformes radicales parce que "l’avenir de l’Europe" l’exige ? Ou un fonctionnaire qui accepterait que son salaire soit réduit d’un tiers parce que c’est "ce qu’attend Berlin" ? » Pour lui «  les coupables sont les dirigeants de l’UE qui ont leurré l’opinion publique européenne en brandissant la vision d’une Europe de plus en plus démocratique, où les citoyens auraient de plus en plus leur mot à dire. Au lieu de cela, ils ont accouché d’un système qui n’a pas grand-chose à voir avec la démocratie."

jeudi, novembre 3 2011

Sauver un monde dont nous ne voulons pas

L'annonce d'une consultation d'une population sur un avenir qui les concerne met le feu à l'entre soi européen. Folie, bêtise, stupeur, les réactions de panique en disent long sur l'habitude prise par les gouvernants de ne plus considérer l'avis des populations qu'ils gouvernent comme le cœur de la démocratie. On se souviendra du NON clairement exprimé par référendum par la France à une constitution européenne peu lisible, par trop libérale et technocratique et annonciatrice des problèmes qu'on semble découvrir aujourd'hui: c'était un non de bon sens dont les gouvernants, à commencer par Nicolas Sarkozy, n'ont pas voulu tenir compte. Stéphane Hessel interrogé par David Eloy dans le supplément ALTERMONDES livré avec Liberation du 2 novembre 2011 propose une fois encore d'associer les peuples aux organisations internationales « C'est là que le système pêche : il fonctionne actuellement au profit d'oligarchies mondiales et pas au profit de la véritable démocratie ». Passer outre et prier les peuples « bien » voter, c'est-à-dire de voter selon ce que veut l'oligarchie politique européenne, quand bien même les décisions prises ont prouvé leur inefficacité ou leur nuisance, est une habitude dont il faut commencer à se défaire.

Ce retour à une véritable démocratie doit maintenant inclure la consultation de la société civile et de l'expertise citoyenne à tous les échelons de la gouvernance. Face à une pensée politique unique qui persiste à répéter en boucle que sauver un monde dont nous ne voulons pas à coups de milliards est « la seule solution possible », le web bouillonne d'idées innovantes d'analyses non conventionnelles, de propositions alternatives pour un autre monde. Le chaos précède la métamorphose.

Source image : Radio Grenouille
cet été une programmation « chaotique » en réponse «  à l’ordre imposé par les prophètes du profit »

vendredi, avril 27 2007

Ségolène Royal, prête pour le second tour!



Pourquoi "prête pour le second tour"? Parce qu'elle a démontré ses qualités, parce qu'elle est ouverte  à une recomposition du paysage politique, parce qu'elle est portée par cette dynamique non arithmétique qui a fait dire ce matin aux dizaines de gens à qui des militants socialistes ont tendu des tracts  à l'entrée du métro : "Pas la peine, je vote Ségolène Royal!"

Info dernière minute : débat, pas débat? Dépêche de l'AFP 15h08, "le débat sera organisé dans un hôtel parisien et retransmis en direct samedi, à partir de 11H00, par BFM TV et RMC (groupe NextRadio TV), a annoncé de son côté BFM TV."

Pour faire face à une mobilisation qui prévoit d’être exceptionnelle, Ségolène Royal sera finalement le 1er mai  au stade Charléty.  L’ouverture des portes se fera à 15h.

Stade Charléty
99, boulevard Kellermann
75013 Paris
RER B Cité Universitaire
Métro Ligne 7 Maison Blanche ou Porte d’Italie
Tramway T3 Poternes Peupliers ou Porte d’Italie
Bus 184 Damesme ou Bus 57 Poterne des Peupliers



dimanche, avril 22 2007

En direct et en wifi (si ça marche) de la République des blogs dimanche 22 avril!

La Ménagère sera en direct et en wifi au rendez-vous proposé par versac ce dimanche 22 avril, République des blogs.

Jusque là, pas de commentaire ni de buzz.

Les blogueurs respectent la loi!

samedi, avril 21 2007

"Démocratie Faites la vous-mêmes" (suite), atelier pour un citoyen éclairé

Source : capture d'écran, site du collectif d'artistes RYBN

La démocratie, ça devient un vrai travail  : une reconfiguration permanente du citoyen éclairé du XXIème siècle, faute de quoi on se retrouve avec des citoyens " webilletrés" perdus qui demandent encore à la veille des élections présidentielles "C'est quoi leur programme?" (entendu à la radio des dizaines de fois ces derniers jours). la fracture numérique, elle existe, et avec les machines à voter,  y  a intérêt à être au parfum.

En bonne ménagère-jardinière, je serais bien allée bêcher mes rosiers à la campagne. Mais ce week-end, il faut être à Paris et voter. Et avant, j'irai ce samedi 21 avril de 14h à 17h  m'initier à des outils Web citoyens et polisser mon esprit critique Web 2.0. Et demain à la République des blogs (voir billet précédent). Et oui, participer, c'est du temps et de l'argent, ça a un prix (8 euros pour le workshop en l'occurence).

Jean-Marie Boyer / Kévin Bartoli - RYBN proposent un workshop dans le cadre de Mal au Pixel à Mains d'Oeuvres. (sans oublier Marika Dermineur, développeuse et artiste omniprésente dans l'opération).

Comme chacun sait le data mining est l'outil des économistes : il peut devenir le nôtre quand des artistes s'en emparent et aussi le mettent à disposition pour créer un réseau intelligent - et intelligible, car n'entre  pas qui veut au coeur des données du web.

Le workshop :

"Plusieurs applications, tirées du projet Anti Data Mining de RYBN , seront décortiquées, analysées, afin de préparer les participants à construire des applications complexes, utilisant les ressources de plusieurs logiciels, et à se former sur les protocoles de communications inter-logiciels.

Le workshop permet donc de répondre à ces interrogations techniques :
- Comment alimenter une installation en récupérant des données sur le réseau ?
- Comment réaliser le tri de ces données ?
- Comment, en utilisant les flux stream, et en mettant en place un serveur dédié, permettre à Pure Data de renvoyer des données sur le réseau ?
- Comment réaliser une interface graphique avec flash pour une application réalisée sous Pure Data ?
- Comment piloter un logiciel externe avec Pure Data ?
- Quels sont les protocoles de communications entre les différents logiciels ?

Exemples : Meteo.CT, Ip.Spy.Seq & Stock.Exchange.App (ADM), Sound.Interface.Temps.Réel (site rybn) Logiciels : Pure Data (librairie Pear – Pmpd – Gem), Flash, Flosc, My Sql, Weka Langages : PHP, Java, Action Script, My Sql, html"

N'en jetezplus! Est-ce que je vais être une femme à la hauteur? (voir billet précédent)

jeudi, décembre 7 2006

F.L.T.M.S.T.P.C ...."Fais le toi-même si t'es pas content" le slogan de la nouvelle démocratie?


Illustration source : site http://www.shoboshobo.com

"Fais le toi-même si t'es pas content"

Tel pourrrait être le slogan de la nouvelle démocratie  participative, active et réactive mais c'est le nom d'un éditeur et d'un site.

En attendant c'est une curiosité suivie d'une performance musicale. Les sites valent la peine d'être visités.

Jeudi 7 décembre à l'Espace Eof
15 rue St Fiacre 75002
à partir de 17h -free

Les éditions Fais Le Toi Même Si T'es Pas Content présentent
:
BAZAR n° 37 > Julien Carreyn "California web"
BAZAR n° 38 > Grégory Wagheneim
BAZAR n° 39 > Nicolas Muller
BAZAR n° 40 > SHOBOSHOBO
bonus !!! performance musicale du RANDOM COVER ORCHESTRA

http://www.artsfactory.net
http://faisletoimeme.free.fr
http://shobo.free.fr/rco
http://www.shoboshobo.com