Le blog de la ménagère

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jeudi, mars 30 2017

La Discut' : soirée citoyenne à Préaux-du-Perche

         La Discut', tirage au sort des tables au Relais-Saint-Germain, Preaux-du-Perche

“Quand et comment écrivez-vous ? ”Je pose la question à Patrick Bard, photographe et auteur, accompagné de Marie-Berthe, photographe également venus à La Discut' au restaurant Relais-Saint-Germain à Préaux du Perche (Orne 61). Réponse :“Le matin tôt” “Comme Balzac, à 4 heures du matin”? Réponse : “Il faut écrire tous les jours, même quand on n'en a pas envie” C'est le secret de presque tous les écrivains.


Écrire, c'est ce que tous les participants ont fait pendant cette soirée placée sous le haut patronage d'Aristote et de son essai toujours actuel “Politique”. Objectif, “mutualiser la curiosité”, « susciter la discussion” « s'approprier la chose publique » en posant des questions autour des programmes des candidats à la présidentielle, tous partis confondus. Lire des extraits des programmes sans nommer qui est le candidat et essayer d'en dégager le sens et les ouvertures possibles. Tapas et apéro. Géraldine et Franck sont aux manettes de ce restaurant face à l’Église de Préaux, qui fait partie de ceux qui ont du succès dans le Perche. Ils ont su animer le lieu en proposant des soirées à thème, littéraires ou musicales

«Mutualiserla curiosité »

Règle du jeu de la soirée La Discut' : “la bienveillance et les réglés de savoir vivre”, “s’écouter les uns les autres”, “ne pas se juger” et des dispositifs inventifs issus de l'éducation populaire. On tire au sort sa table. Je dois me séparer de Fabrice Deschamps avec qui je suis venue, qui a fondé le Cercle du Pays Nogentais ; à côté de lui Ecopertica, qui a popularisé l'usage du chanvre comme isolant dans le Perche .Puis “présentations croisées”, chacun demandant à son voisin de gauche “Qu'est-ce que tu es venu faire là ce soir?” Ma blonde voisine se nomme Martine, et revient d'un voyage d'hiver, Asie, entre autres, et elle a envie de s'informer sur ce qui se passe en France. La politique? Après avoir envisagé le vote blanc, elle est comme beaucoup de français et ne sait toujours pas pourquoi elle va voter. En tout cas, “je ne voterai pas “utile”, ça non, on ne m'y reprendra plus, plus jamais!”. Nous sommes d'accord! Salomé fait partie des animatrice de la soirée. Chloé est venue discuter. Cécile espère être étonnée.

Celui qui nous surprend, c'est Thierry, qui habite Préaux et est plus connu comme chanteur sous un autre nom. D'abord il nous la joue sceptique et détaché “je suis venu boire une petite bière” et “je reste deux minutes pour voir”. Et peu à peu on découvre : “je m’intéresse a la politique depuis toujours”. Et son diagnostic est très clair, il y a maintenant deux France qui se côtoient, “Une France qui est déjà là, active, qui assiste à l'agonie d'une France archaïque, antédiluvienne”. “Il y a une prise de conscience, on sait maintenant que les gens en politique sont des gestionnaires ce ne sont pas des politiques”. En tout cas pas au sens d'Aristote. Et puis, dans une envolée lyrique, Thierry se lance dans une métaphore, celle “du promeneur qui se trouve devant un arbre qui tombe mais moi, je vois les mille arbres qui poussent sans avoir conscience qu'ils sont déjà une forêt”. Oui, mais cette France qui pousse, pèse-t-elle vraiment face à la France “verticale” qui fonctionne toujours du Haut vers le bas? Est-ce que toutes ces initiatives des français “agiles” et actifs vont arriver à former un réseau? “Le réseau”, nous dit Thierry, “il va s'auto-créer, il ne faut surtout pas fabriquer des réseaux factices.”

Quelles propositions dans les programmes ?

Et puis nous passons à l'exercice pratique de la lecture des propositions par thématique. Économie et travail. Tollé général ! Découpées en tranche les propositions nous apparaissent comme imprécises, “Davantage”, nous dit Salomé “des prises de positions”. De simples “constats” , de la “langue de bois”. “La dictature financière”? Lola “ceux qui ont le pouvoir sont aussi en liaison avec l'argent, la finance joue un rôle énorme, avantager le fric c'est ça, le pouvoir” La proposition de dégressivité des allocations et de leur suppression en cas de second refus d'un emploi? “Mais ça existe déjà!” “Le travail est-ce qu'on se pose la question sur ce qu'est le travail aujourd'hui?” Anne nous raconte l'histoire de cette femme, radiée avec son fils, car elle n'a pas d'ordinateur pour actualiser sa situation en ligne. Oui, mais parfaitement rodée au système, elle sait que ses allocations lui reviendront le mois d'après. Où est la logique? Lola nous recommande un film « Moi Daniel Blake. Santé, éducation, légalisation du cannabis, tous les sujets y passent. Puis peu à peu la table 1 fait des propositions innovantes, à la fois plus audacieuses et réalistes que les programmes des candidats.

Dehors, c'est le printemps, il fait bon, Franck nous parle de son rêve de désert, la Mongolie. « ne rien faire », « ne plus penser ». A chacun son utopie. A une autre table, on discute avec Élise des propositions de loi sur les semences et l'accès à l'eau. Et une fois de plus on s'aperçoit que les habitants d'un territoire sont souvent parfaitement informés, et donc mûrs pour participer à l'élaboration de la loi. Une conclusion ludique nous dévoile le nom des candidats attaché à chaque proposition.

A quand la prochaine réunion ?

On attend le compte-rendu de cette rencontre conviviale et citoyenne les propositions d'une prochaine réunion tournent autour de “la démocratie directe” et la présentation des collectifs citoyens hors parti comme #MaVoix. C'est sûr que tous sont convaincus qu'il va falloir trouver autre chose que la démocratie représentative avec un élu qui les représente sans les consulter pendant 5 ans. La participation citoyenne à la gouvernance est devenue une dimension nouvelle dont les candidats sont obligés de tenir compte.         Janique Laudouar

Alors, à la prochaine pour discuter de la démocratie et de la participation des citoyens ..;

                                                                                                                      

samedi, mai 14 2016

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée ?

"Le OuiShare Fest rassemble chaque année des entrepreneurs, leaders d'opinion, et communautés du monde entier prêts à explorer les limites émergentes de notre société. » Révolution dans la gouvernance, le travail, l'entreprise, la société. http://2016.ouisharefest.com/ #OSFest16 . Venez!
Workshop participatif proposé par La Ménagère « Civic Tech : la Révolution sera-elle Uberisée? » mercredi matin, 11h30, Lab, dans la catégorieDigital Insitutions and the City.    Janique Laudouar

OuiShare Fest 2016 : la Révolution sera-t-elle Uberisée?

Comme l'année dernière Le Blog de la Ménagère va suivre la TOTALE des 4 jours du OUISHARE FEST 2016 du mercredi 18 au 21 sur le thème La Ruée vers l'or et après ?  Je suis certaine de trouver à OuiShare du neuf, du stimulant, de la prospective, du constructif, et  une ambiance unique, électrisante, qui mêle convivialité et haut niveau de réflexion, jeunes bénévoles et experts internationaux. Le programme est articulé autour de thèmes au plus près de nos interrogations,le futur du travail, civic tech et les communautés en réseau,  les organisations du 21ème siècle...et il y a toutes sortes de goodies, dont un mode d'emploi.  Trois jours de fête, d'ébullition des cerveaux et de coolitude, mais qui cette année prendront parfois un aspect plus grave : ce monde va mal, il faut que les solutions imaginées par la société civile et les entrepreneurs agiles voient le jours. L'économie collaborative, faisons le point, elle est passée dans les mœurs, avec ses réussites incontestables et ses failles à rectifier. Et surtout élargissons le débat vers la société collaborative  : le monde semble s'être mis en mouvement, DEBOUT, et pas seulement en France où Nuit Debout continue, progresse. 

Les GENS progressent, ils sont connectés et en réseau. Il y a des digital natives, nés dans le numérique, d'autres seniors, pionniers connectés depuis l'arrivée d'internet en France, porteurs de 20 ans de culture numérique. L'échange est transgénérationnel et international. Civic tech : l'expression regroupe tous ces collectifs citoyens qui sont beaucoup plus articulés, avancés et structurés qu'on ne le croit dans l'élaboration d'une nouvelle démocratie, liquide, ouverte, participative et numérique. Ils travaillent dans une relative discrétion loin des médias classiques. Ils inventent un rêve collectif, et comptent bien le mettre en œuvre dans la gouvernance, dans l'entreprise, dans le management, dans le travail, dans l'éducation. Venez voir « les utopies se transformer en décisions » Pour reprendre l'expression de Régis Debray à propos de son engagement ( invité d'Anne Sinclair sur Europe 1 le 14 mai). NuitDebout Roma source image twitter citée par Francesco Brancaccio

Partout dans le monde...et #Chemin Faisant

Partout dans le monde on voit comme dans un jeu vidéo les gouvernances remises en question, et les têtes tomber pour avoir triché, Bang Bang. A l'ère de la transparence et des Panama Papers, difficile de masquer ces détestables dérives dont les gens ne veulent plus, c'est vérité versus mensonge, intégrité versus, corruption versus, confiance versus défiance, action versus immobilisme, horizontalité versus hiérarchie, société civile connectée versus élite déconnectée, intérêt général versus intérêts particuliers, collectifs politiques versus partis classiques. Ouishare a défini une charte des nouvelles valeurs. Ce sont ces nouvelles valeurs qui se mettent en place, de nouveaux espoirs portés par la jeunesse. On peut compter sur OuiShare non pour donner le cap, mais pour nous inviter à le co-construire.

Inviter aussi les autres mouvements, comme les collectifs qui tiendront un stand le samedi 21 mai, journée gratuite, #MaVoix et Voxe.org avec Curious, les 100 Barbares communauté de plus en plus Open et inventive avec un stand Roman Collectif Un peuple totalitaire où vous ferez la connaissance de Julien Letailleur avec "Romançons ensemble la démocratie dont nous rêvons" samedi à 16h30,

Et en Bonus le dimanche 22 mai, une invitation à avancer ensemble dans la nature parisienne, autour du Lac Daumesnil. Les 100 Barbares,  vous vous souvenez : ce groupe d'entrepreneurs du numérique qui avait fait le buzz et s'était réuni à l'Archipel en 2015. Vous vous souvenez de cette conférence à The Family qui avait pour thème « Les barbares attaquent la démocratie » avec Nicolas Colin qui partageait sa vision des choses, une « culture différente », et prédisait l'avenir de la démocratie En 2015, ils étaient 500, ils sont aujourd'hui 5000 sur les réseaux et veulent se rencontrer dans la vraie vie. En 2016 Marchons #Chemin Faisant avec les 100 Barbares, et un nouvel axe, avec Sandrine qui propose un BarbEngagetoi, ou Lune et son Rêve Collectif! Avec Alexandra « un espace BarbaKids !!! Mon fils a toujours rêvé d'une école en plein air » Que vous soyez Babarattentif ou Babaracteurs, le dimanche 22 mai, venez!

L'engagement citoyen : devenez le décideur!

La Révolution sera-t-elle Uberisée? Mercredi 18 mai 11:30am - 12:15pm 50 personnes de toutes les nationalités se sont inscrites à ce Lab. A Ouishare et dans ce workshop, oui il y aura du blockchain, oui il y aura des start-ups, oui, il y aura de la décentralisation, oui il y aura les digital cities et comment faire participer les citoyens, oui il y aura de la démocratie ouverte et participative, oui il y aura des plates-formes numériques de votes. Oui, on parlera de Nuit Debout et qui a mis au point sa plate-forme de propositions,  http://questions.nuitdebout.fr/69marsLe Blog de la Ménagère a invité Leonore de Roquefeuil, CEO et co-fondatrice de Voxe.org, Happy Democracy newsletter  http://newswatch.voxe.org/. Voxe fera (peut-être) une annonce surprise sur sa nouvelle plate-forme, Julien Bayou militant social et politique, élu régional, EELV, qui suit de très près toutes les manifestions actuelles, Julie de Pimodan Fondatrice et CEO de Fluicity http://www.flui.city/ qui travaille au dialogue entre territoires, élus et citoyens« Donnez votre avis et dialoguez facilement avec vos élus. », David Guez et Maria Mella pour faire le point : LaPrimaire.org https://laprimaire.org Et Héloïse et Chloe de Civocracy viendront peut-être nous rejoindre. Le sujet central sera comment inciter à l'engagement citoyen, maintenant que nous avons les plates-formes, les applis, que nous avons appris à nous rencontrer dans la vraie vie, à échanger ? Nous travaillons tous beaucoup à une nouvelle gouvernance, celle que les gens attendent, arriverons nous à la mettre en place ? Et comme c'est un atelier participatif on votera ensemble pour les nouvelles valeurs. Et le même jour à 17h 45, The Future of Democracy, un Fish bowl, ce dispositif de 4 chaises où tout le monde peut s'assoir et prendre la parole, alors Exprimez-vous !

                                                                                                                                Janique Laudouar

Source : Nuit Debout Instagram  Laury-Anne (Gazette debout) : "reprenez la parole grâce au journal indépendant de la Nuit Debout"Une très belle image comme il y en a sur les plateformes Nuit Debout, wiki, tumblr, Gazette Debout, Convergences des Luttes

#MaVoix sera là le 18 mai au Fishbowl de Ouishare et à Strasbourg pour les élections partielles le 22 mai.

Open Source Politics, "la communauté Civic Tech en France", Valentin Chaput 

samedi, avril 30 2016

L'Effet Nuit Debout

L'effet Nuit Debout : mon journal

"Nuit Debout n’appartient à personne. Nuit Debout appartient à nous tous". (Gazette Debout.). Restez éveillés https://gazettedebout.org/ 

Le 8 avril : Rêve Général

« Ainsi, il arrive aux classes « populaires » de revenir du néant où on a voulu les enfouir, et d’en revenir avec quelque fracas. » (Frédéric Lordon « Un film d'action directe » dans Le Monde Diplomatique de février 2016 à propos de "Merci Patron" de François Ruffin et éditeur du journal Fakir.

Un mois après Nuit Debout est toujours dans la place note le journal Le Monde ce 30 avril.

Où comment j'ai vécu les premières Nuit Debout : un contre-commentaire. Cet article a été écrit le lendemain du 8 avril, avant la polémique sur la violence qui s'est exercé sur le philosophe Alain Finkielkraut. «On aurait voulu discréditer un mouvement positif mais fragile qu’on ne s’y serait pas pris autremen (Le Blog de Fédé Davout) sur Mediapart. Depuis, c'est la violence qui semble avoir focalisé l'attention des médias et du monde politique. Des blessés. Des casseurs. De la violence à juste titre dénoncée. Il faut revenir à l'origine de Nuit Debout, il faut l'avoir vécu, pour comprendre. C'est toute l'agilité de la société civile et des "digital natives" qui se déploie sous nos yeux. Le pouvoir d'aller vite et bien en collectif, réseaux, collaboration, connexions, échanges, wiki, tumblr, web TV (hello Mehdi) ringardise nos processus politiques. "

On peut parler de l'effet Nuit Debout. La manifestation a enfin attiré l'attention sur les milliers d'initiatives en France et dans le monde qui sous le label de «civic tech» ont pour objectif de proposer un autre système de gouvernance. Une gouvernance où les citoyens seraient écoutés, où les lois ne seraient plus assenées, où le déluge de législatif ne serait plus le seul moyen de gouverner, où la démocratie reprendrait tout son sens. Tout son bon sens dont elle a cruellement manqué toutes ces dernières années. Nuit Debout agit comme un révélateur de ces « révolutions invisibles ». Avec le résultat qu'on ne peut plus ignorer le mouvement Civic Tech. En ignorant largement le monde en mutation, en s'accrochant aux vestiges d'un autre siècle, le monde politique n'a pas compris que l'agilité citoyenne et les plateformes numériques étaient les nouveaux attributs de la démocratie. Le Rêve Général va s'étendre.  #Globaldebout                                                                                                       Janique Laudouar

Le manifeste de Nuit Debout

"Sais-­tu ce qui se passe là ? Des milliers de personnes se réunissent Place de la République à Paris, et dans toute la France, depuis le 31 mars. Des assemblées se forment où les gens discutent et échangent. Chacun se réapproprie la parole et l’espace public."

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le mouvement est plus organisé qu'il le paraît, avec régulation des prises de parole, validation des créations de commission, des compte-rendus d'assemblée, et surtout une certaine conception de « l'intelligence des foules »qui accorde l'égalité à tous : pas de meneur. "« Nuit debout n’est pas un phénomène spontané. Même s’il n’est piloté ou téléguidé par aucun leader, il s’agit d’un mouvement organisé" analyse le politologue  Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l’université ­Paris-I-Panthéon-Sorbonne, dans un entretien accordé à Catherine Vincent (Le Monde Idées 14 04 2016).  Et partout une atmosphère de partage, de bienveillance et même d'amour. Le vendredi 8 avril, j'assiste à une prise de parole sous un dôme éphémère. Le dôme se dégonfle brusquement et menace de tomber sur nous. Aussitôt des dizaines de bras se soulèvent pour le soutenir. "Un symbole du partage" s'exclame une jeune femme. Est-ce le succès du film« Merci Patron » et le journal de François Ruffin « Fakir » qui ont allumé la mèche ? : «  les gens avaient envie d'agir » répond-t-il dans Télérama. « On ne veut plus de politiques qui trichent », explique Louis de Gouyon-Matignon militant et soutien de Nuit Debout interrogé par Europe1. Hugo veut « agir jusque dans les racines du système ». Nuit Debout a demandé une nouvelle autorisation de manifester.

Le 9 avril Place de la République

 "Permis de rêver" «Je rêve que les gens se sourient et se regardent dans le métro.»

Ce matin on vide la place les cabanes et les tentes, et les derniers occupants. En douceur, semble-t-il. Mais les voix demeurent. Elles commencent même à se faire entendre ailleurs que sur les réseaux sur les médias classiques, ce matin sur Europe1, un joli montage en musique (« Retiens la nuit! ») et des paroles fortes.

Et Nuit Debout s'organise... En France Nuit Debout se propage à la vitesse de la viralité  ...Les médias alternatifs et participatifs se multiplient. "A Nuit Debout on m'a dit écris tes rêves"  http://www.la-zep.fr/cest-lactu/a-nuit-debout-on-ma-dit-ecris-tes-reves/

Le 15 avril Numa Paris

NuitDebout fait irruption à la fin du débat dont l'objectif est de présenter divers projets citoyens qui donneront lieu le lendemain à un hackathon organisé par Open Law et Open Source Politics. Les développeurs vont se déchaîner pour faire progresser des plateformes numériques de vote ou de débat citoyen. NuitDebout lance un appel : dimanche, commission numérique. Nous avons besoin de vous !

Le16 avril Numa Paris

Le lendemain on teste: comment retenir les meilleurs décisions ? Le hackhaton s'est réparti en ateliers. Autour de la table plusieurs développeurs dont Open Gov, le chef développeur d'Etalab. Loomio? On visite le site de NuitDebout Bruxelles

« Le choix d’un outil adapté pour mener les campagnes de donation est éminemment stratégique, poursuit Maxime Blondeau. Les mouvements contestataires récents ont essuyé les plâtres avec plus ou moins de succès : Occupy Wall Street a périclité au moment où la question s’est posée. Les Indignés, en revanche, se sont renforcés et ont engendré une offre politique parce qu’ils ont su être plus pragmatiques sur la question des donations. »

"Salons de discussion :Venez prêter main forte à la commission Accueil et Sérénité"Le manifeste est là : 
« Ni entendues ni représentées, des personnes de tous horizons reprennent possession de la réflexion sur l’avenir de notre monde. La politique n’est pas une affaire de professionnels, c’est l’affaire de tous. L’humain devrait être au cœur des préoccupations de nos dirigeants. Les intérêts particuliers ont pris le pas sur l’intérêt général. »
Janique Laudouar

Lire entre autres le billet de Flora Clodic-Tanguy : "Les défis démocratiques de Nuit Debout"

Lire l'entretien « A Nuit debout, la qualité du débat démocratique est l’enjeu prioritaire » dans le Monde Idées de Catherine Vincent avec le politologue Loïc Blondiaux 14-04-2016 "

Premier mai : ==14h00/15h30 == Programme (source https://www.convergence-des-luttes.org/

* L'ère du numérique, l'ouverture d'une voie vers une économie de la coopération
Intervenants:
- Yann Le Pollotec: spécialiste de la révolution numérique et ses impacts économiques
- Sébastien Broca: sociologue, postdoctorant à l’université Paris- 1 Panthéon-SorbonneHervé
- Le Crosnier: enseignant-chercheur à l'Université de Caen spécialiste des technologies du web et la culture numérique.

== 15h00 ==
* Manifestation du 1er mai et pour le retrait de loi El Khomri. Départ de Bastille, en direction de Nation.

Programme de la rencontre internationale de #Globaldebout week-end du 7 et 8 mai 2016 à Paris, place de la République


mercredi, février 17 2016

Week End Barbare : vive la bienveillance!

Communauté, think tank, conseil, prospective les 100 Barbares sont un peu tout ça et sont aussi entrepreneurs du numérique, aptes à trouver du financement grâce, par exemple, à des conférences. Ils mériteraient en tout cas d'être un pôle de ressource pour des décideurs politiques en mal d'une vision du futur, telle que la conçoivent les citoyens et telle qu'elle est en train d'émerger. Quelques mots-clefs issus du Week End Barbare (WEB) #5  les 12 et 13 février à Macon donneront le ton.

Laetitia : partage, bienveillance, joie. Antoine : bienveillance, écoute, fun. Clara : bienveillance, vivre ensemble, apprentissage. Delphine : surprenant, enrichissant, convivialité. Vincent : partage, bienveillance, rassurant. Thomas : énergie, air, famille. Bienveillance, expérimentation, prune dit un autre BarbActeur.  Bienveillance est notre mot-clef.   Janique Laudouar

Belles personnes, beaux projets

                                            Atelier autour du Pressoir

Belles personnes  beaux projets  beau lieu près de Macon. Autour du feu de cheminée, feuille de route des ateliers et esprits aiguisés, parole a tous, convivialité, Saint-Veran. Des tablées de + 25 autour d'une nourriture exquise et légère. Mixez le tout et vous avez le monde tel qu il devrait être ; innovant, bienveillant en mode dynamique constructive. Forcément, les solutions suivent. La méthode barbare est proche de celle de make sense et de son dispositif de hold up où un groupe d'intelligence collective se réunit autour d'un défi posé par un porteur de projet et lui propose des solutions. Les Barbares sélectionnés par un vote démocratique sont venus autant pour exposer leur projet que pour résoudre le problème des autres ; avec des temps ludiques ou les vannes fusent et des temps forts ou les solutions circulent. Magique.

Bienveillance : une nouvelle valeur

S'il n'y avait qu'un mot-clef à retenir de ce we : « bienveillance ». Accolé au mot barbare peut l'expression sembler paradoxale, mais c'est la réalité qu'ont vécu les BarbarActeurs. Venus pitcher des projets différents, mais tous vecteurs de changement, que ce soit dans l'entreprise que Philippe imagine « décentralisée » grâce au processus blockchain (nous y reviendrons dans un prochain billet) , dans le management que Stéphane Perrin (Via Ferrata) et Marc Dorel souhaitent « libéré », ("Le management liberé" Marc Dorel éditions HJ) dans le conseil pour lequel Boris a conçu  Etika Mondo une formation « holistique », Guillaume qui peaufine TribeCare pour «  matérialiser la bienveillance au sein des tribus pour adoucir les galères de la vie » Catherine l'Optimiste, Clara de l'association Frateli, et Thibaud qui n'a pas lâché sa caméra, ils se sont retrouvés autour des mêmes valeurs. L'écoute était au rendez-vous, chacun prenant le temps de s'imprégner du projet de l'autre dans des ateliers conçus dans un esprit de réciprocité. La liste complète projets sont sur la page Facebook du groupe les 100 Barbares.

Bienveillance n'est pas à confondre avec bisounours. C'est un antidote à l'agressivité, la lassitude, la vacuité générale qui menace de gagner la société et le monde politique. C'est l'écoute de tous par tous, pour « écrire l'avenir et avancer ensemble ». L'application à la politique semble évidente : écoute bienveillante de tous les citoyens par tous les élus, écoute des citoyens de tous les élus afin de participer aux décisions. Même chose dans les territoires. Un peu de prospective, et beaucoup de bienveillance. Il suffit d'une méthode, et aujourd'hui, la technologie numérique le permet.

Efficacité : un groupe, des solutions

Le numérique était présent dans les projets et les méthodes de travail, mais davantage encore la culture technologique, penser hors de la boîte, culture de l'open source, l'intelligence collective en pratique. Il ne faut pas oublier l'origine des 100 barbares qui sont à la base des entrepreneurs du numérique. La qualité et l'authenticité de l'écoute a séduit les participants qui se sentaient en confiance et pas en compétition. Honneur aux femmes avec Catherine l'Optimiste dépassée par le succès de son site sur l'optimisme – qui n'a pas vu ses petites vignettes ? - »le site qui vous apporte du bonheur au quotidien ». Elle demande comment gérer le flux des contributeurs qui ont tout de suite été nombreux à likersa page. Sandrine qui voulait un pitch pour présenter son projet Kitalire et a trouvé dix BarbActeurs enthousiastes. Clara et sa jolie idée  Momento, venue chercher avec Thomas une application qui projetterait de façon aléatoire les photos du passé pour se souvenir des belles choses. Emmanuelle dont on a entrevu le projet Arduino de barette connectée « Tester la barrette connectée : elle existe!! on a besoin de vous pour la tester :la fabriquer en Arduino et vous coudre l'habit! Delphine et son prochain voyage Escapademos, « explorer ce à quoi pour­rait ressembler la citoyenneté de demain, les défis du changement climatique ». D'autres encore venues en observatrices ou représentantes de #MaVoix, Flora, Laetitia, Janique. Caterina Romanelli italienne parisienne hyper diplômée en charge de l'investissement "Environment, Social, Governance" au sein d'une société européennede capital-investissement.

Parmi les projets d'entrepreneurs, celui de Philippe Honigman expert Blockchain : « Transformer une start-up en une communauté ouverte, en décentralisation la gouvernance et la distribution des revenus » l'un des projets d'entreprise s'est posé la question d'une entreprise fonctionnant un peu sur le principe du logiciel libre. Si tout le monde collabore, quelle est la rétribution de chacun ? Comment rétribuer la valeur ajoutée ? Il propose blockchain comme solution. Boris : son dispositif de formation Etika Mondo à destination des entreprises gagnait à la fin du week-end en maturation et en clarté grâce à l'éclairage apporté par le groupe et aussi à l'expérience de l'hôte Christophe Carrier qui lui-même a une entreprise « la co-entreprise ».Vincent : WhatHappensNow un an sur la route à travers les continents pour comprendre la transition post-industrielle », une formation qu'il a taillé à la mesure de son ambition. La Paillasse 2.0 : "Big hacks pour l'émergence d'une Recherche Science/Tech collaborative et ouverte, libérée et globalisée." Concrètement : le projet " Epidemium est programme inédit de recherche scientifique participatif et ouvert, destiné à mieux comprendre le cancer grâce aux open big data !" Pour la majorité des projets, une page Facebook existe qui en dit plus long et permet de rejoindre la communauté. Sans oublier le projet qui résume peut-être le mieux l'ébullition en cours de la société civile et la renaissance démocratique « Un peuple totalitaire ? » , ""Contribuer à identifier le meilleur format de gouvernance compatible avec un projet de société bienveillante, après la Révolution Numérique", dispositif de roman collectif imaginé par Antoine Brachet co-fondateur des Barbares autour duquel ont fusé les propositions les plus folles. "La conclusion d'est effectuée autour du Fishbowl proposé par Antonin Léonard de OuiShare où chacun a exprimé son émotion.
                                                                                                                                                                                                                       Janique Laudouar

Nouveau ! FLora Clodic a aussi contribué à faire revivre l'esprit du Web #5 : "WEB #5, ou comment j’ai réveillé la barbare qui sommeille en moi" (21 02 16)

lundi, septembre 14 2015

Nouvelle Démocratie : la relève politique

"Vite, faites entrer les barbares" : "la démocratie face à la révolution numérique, transformer les relations entre la puissance publique et les citoyens" "réinventer les élections" étaient parmi les thèmes de la conférence sur la démocratie de Nicolas Colin du 9 juillet 2015 à The Family en partenariat avec l'Institut Montaigne. Qui sont les "Barbares"? A l'origine des entrepreneurs du numérique décidés à "débloquer la France". Une élite éclairée et rompue au digital, certes, mais cet automne c'est la société civile "ordinaire" qui partout en France semble vouloir se mettre en ordre de marche et "hacker" la démocratie.

La société civile en ordre de marche pour renouveler la politique

Il y a quelques mois, ils étaient encore invisibles. « Hors du radar ». Mais en cette rentrée politique, impossible de les ignorer. Qui ? Nous, vous et moi, la société civile, citoyens qui agissons, porteurs de nouvelles valeurs. Il y a plusieurs mois nous les annoncions. Ils sont là et bien là. Et pas seulement en France. Le phénomène est international. Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, DemocracyOS s'étend dans le monde, El partido de la Red en Argentine, Islande, Tunisie. Et il sonne comme un avertissement. Et un espoir : une renaissance politique.

(Image : à OuishareFest 2015 trois femmes en politique  , Pia Mancini DemocracysOS, Léonor de Roquefeuil, Voxe, Primavera de Filippi (chercheuse expert blockchain), discutent des plateformes numériques!

L'émission C dans l'air le 25 août sur la 5 avait pour sujet «La tentation Varoufakis», citant l'ex ministre grec comme exemple de dissidence des gouvernances classiques. Sur le plateau seule Corinne Lepage semblait avoir conscience de la profonde mutation politique en marche « "On est au début d'une uberisation de la politique". Et de décrire une classe politique « hors sol » qui continue à penser en terme d'échéance électorale. Quand elle souligne le foisonnement de mouvements porteurs d'idées en marche et d'actions en cours, immédiatement l'un des intervenants les qualifie de « populisme », et de masquer par une connotation négative son incompréhension du phénomène. Car le plus stupéfiant c'est qu' « ils » ignorent l'explosion ou font semblant de l'ignorer. « Ils », le pouvoir, la classe politique « classique », les élus, les « élites déconnectées », bref le petit monde politico-médiatique, celui qui devrait être le plus informé, le plus à l'écoute

« Pas sans nous ! »

« Pas sans nous !» (nom de la Coordination Nationale « Pas sans nous »http://www.passansnous.org ) semble être le cri du cœur des citoyens las des lois qui continuent à tomber comme des couperets sans consultation autre que le traditionnel va et vient entre Assemblée nationale et Sénat. Las des annonces non suivies d'effet. Las du dysfonctionnement récurrent d'une administration « centrale » demeurée par nature conservatrice, dont la force d'inertie exaspère. Las d'une justice dont la lenteur et les délais hors norme ne semblent jamais remis en cause. Las enfin des mesurettes là où ils attendaient des changements structurels. Les gouvernances semblent devenues peu à peu inadaptées pour faire face au monde présent et au monde qui vient. C'est à la fois un constat politique mais aussi un ressenti exprimé ou tacite dans les populations qui ne sentent pas écoutées et dont les préoccupations prioritaires ne sont pas prises en compte.

Avant l'été plusieurs débats et séminaires ont dénoncé cette fausse démocratie et la nécessité d'aller vers un autre type de gouvernance, une nouvelle démocratie. « Les vieilles pratiques démocratiques se périment à toute vitesse et l’essoufflement de notre modèle politique appelle une réponse, sous peine de voir les mouvements contestataires se multiplier. » prédit Nicolas Colin co-fondateur de The Family où avait lieu la conférence très suivie « Les barbares attaquent...la démocratie » en partenariat avec l'Institut Montaigne. Etaient intervenants,Thierry Favre, fondateur de Democratech, Arthur Muller, Co-founder de Liegey Muller Pons,Camille Vaziaga, déléguée générale de Renaissance Numérique.  Le Forum « Changer d'ère » organisé à la Villette donnait des pistes concrètes et exposait les solutions expérimentées par les citoyens. Joël de Rosnay et d'autres y présentaient un avenir imaginatif et porteur d'espoir. Joël de Rosnay figure parmi les contributeurs de La Revue du Cube avait choisi pour thème de son dernier numéro #8 de mai 2015 « Révolution positive ». Le prochain thème sera encore plus précis : « Refondation ». « Le 14 juillet 2015, le Conseil économique social et environnemental (CESE) et l’Institut des Futurs souhaitables se sont unis pour mettre en lumière ces héros et héroïnes, ces « révolutionnaires positifs » . « 150 collectifs porteurs d’une vision alternative, optimiste et inclusive de l’avenir » http://congresdufutur.org/     

La nouvelle démocratie : la relève politique est assurée

Croire en la refondation de la démocratie, oui mais avec qui ? Et là c'est plutôt réjouissant car la relève semble assurée. Face au déluge législatif, lois ficelées à la hâte et qui révèlent ensuite leur inadéquation au «terrain » et leurs failles, Parlement & citoyens propose la co-gouvernance et la co-construction des lois. Avec certains élus conscients de la nécessité de co-gouverner. Une nouvelle plate-forme en ligne et son mode d'emploi permet de s'inscrire et de faire des propositions. Des députés ont rejoint le projet. Le rapport du maire-adjoint de Lille à la secrétaire d’État en charge du numérique Axelle Lemaire prône un véritable « partenariat public-privé-population ». Mais ces préconisations seront-elles adoptées par le gouvernement? Les collectifs, eux, sont libres d'agir MAINTENANT. Démocratie Ouverte grandit vite et de vient de fusionner avec le groupe animé par Michel Briand, Gouvernance contributive. Selon Armel Le Coz : «D’une poignée de co-fondateurs passionnés et de porteurs de projets démocratiques » le mouvement fédère de « de plus en plus de citoyens qui cherchent des espaces pour s’engager et agir concrètement en faveur de la transition démocratique. » VOXE recrute et cherche des passionnés de démocratie participative « intéressés par la politique, autonomes et qui ont envie d'agir dans la transition démocratique. » La transition se prépare dès maintenant : « en 2017, nous n'avons pas envie de voter pour vous » déclare https://democratech.co/ «  Autre collectif, Regards Citoyens, dont les membres « se sont rencontrés sur Internet dans un désir commun de proposer un accès simplifié au fonctionnement de nos institutions démocratiques à partir des informations publiques. » « Inventer la démocratie du XXIe siècle, un débat à la fois: DemocracyOS arrive en France. « Ré-inventer la Démocratie c'est possible. Partons à la rencontre d'idées, de personnes, d'outils, pluriels et innovants » affiche DEMOS XXI le web-documentaire qui espère réunir les fonds sur Kiss kiss bang bang.

L’Institut des Futurs souhaitables « participe de cette dynamique à un moment clef où partout dans le monde, les porteurs d’innovations concrètes se révèlent et se rassemblent. » Le tirage au sort est un dispositif qui revient souvent comme alternative à la démocratie représentative. Etienne Chouard milite depuis longtemps en sa faveur, et pour l'écriture d'une nouvelle constitution écrite par les citoyens. En Belgique « Le député Peter Vanvelthoven, c’est son nom, veut que les sièges du sénat ne soient plus occupés que par des citoyens tirés au sort ! » Le collectif #MaVoix (lancé au printemps) par Quitterie de Villepin souhaite aussi le tirage au sort. Une simple page sur Facebook au printemps a fait boule de neige. On peut y lire le manifeste du collectif qui lui aussi grandit. Des députés volontaires éduqués par des MOOC puis ensuite désignés par tirage au sort pour défendre les demandes citoyennes. Dans #MaVoix, des compétences, des têtes bien faites comme Valentin Chaput qui pratique l' « open source politics » transparence, échange d'information, réunions ouvertes grâce à l'application meet up. DEMOS réclame une chose simple : 6 Lois par an, décidées par et pour le peuple. Les citoyens exigent le remplacement du Sénat par des Assemblées Démocratiques dont les membres pourront être vous et moi. Mais cette « chose simple » est-elle souhaitée par les gouvernants en place ?

Et pendant ce temps là...la classe politique

« Et pendant ce temps là », écrit Jacques Attali dans l'Express du 26 août au 1 septembre, « la classe politique prépare benoitement sa rentrée sur le mode le plus traditionnel et le plus éloigné des enjeux -bref le plus nul, le plus indigne du pays. » Cynisme, ignorance ou indifférence, le manque d'écoute de la société civile devient criant et le silence des élus assourdissant face à l'explosion des aspirations et actions citoyennes. « Ici à Brest en fin de mandat la gouvernance contributive et l'innovation sociale ouverte ont été inscrites dans le programme de l'équipe élue. Mais dans la réalité, très peu d'élus s'approprient ce changement de paradigme vers une société contributive » nous dit Michel Briand, membre du Conseil national du numérique, initiateur du Forum des Usages Coopératifs à Brest qui en en 2014 avait anticipé la mutation politique et le nouveau rôle de l'élu. « Ceux qui gouvernent n’ont pas intérêt à soulever la question du bon gouvernement. Gouverner aujourd’hui, c’est essayer de survivre, c’est séduire. L’intérêt des gouvernants est de rester dans une telle conception archaïque du pouvoir comme propriété personnelle, comme outil de manutention des esprits et d’élimination des adversaires. »constate Pierre de Rosanvallon, professeur au Collège de France auteur de nombreux ouvrages sur la démocratie et fondateur du projet« Raconter la vie », donner la parole aux « invisibles »,  « pour remédier à la mal-représentation qui ronge le pays. » Il vient de publier « Le Bon gouvernement ». « Le centre de gravité est aujourd’hui la relation gouvernés-gouvernants. »

Et Demain? 

« Facebook a compté un milliard d’utilisateurs connectés en un seul jour » soit « 1 habitant de la terre sur 7 »(http://www.presse-citron.net/lundi-un-habitant-de-la-terre-sur-sept-etait-sur-facebook/. La civilisation du numérique rend caduque l'actuelle relation gouvernants avec tout pouvoir, gouvernés qui subissent. Avec l'arrivée d'Internet en France l'interactivité est entrée depuis 20 ans dans les usages des citoyens qui sont mûrs pour une vraie démocratie qui inclut leur participation et leur expertise. « Chacun, citoyen, journaliste, webmaster ou autre peut s’emparer de la plateforme et l’enrichir. » affiche Voxe. « Parlement & Citoyens «  permet aux citoyens et aux parlementaires de rechercher ensemble les solutions aux problèmes de notre pays » grâce à une plate-forme où il suffit de s'inscrire pour proposer ou commenter une loi. Une interaction permanente entre gouvernés-gouvernants, grâce aux plate-formes numériques et aux applications qui rend la fluide, est la nécessaire condition de la démocratie aujourd'hui.

Voxe.org est finaliste de GoogleImpactChallenge 2015. Vous pouvez voter : https://impactchallenge.withgoogle.com/france2015/charity/voxe

La 4ème édition du LHFORUM / Positive Economy Forum au Havre du 16 au 19 septembre 2015
http://positiveeconomy.co/fr/positive-economy-forum-le-havre-2015-2/

L'émergence des communs populaires http://tempsdescommuns.org/
http://tempsdescommuns.org/jardins-partages-en-communs/
  Festival francophone des communs du 5 au 18 octobre 

"Curieuses démocraties" Saillans, 18-20 septembre 2015 http://www.curieusesdemocraties.org/

http://www.ted.com/talks/pia_mancini_how_to_upgrade_democracy_for_the_internet_era?language=en

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20141219.OBS8339/start-up-ces-barbares-qui-veulent-debloquer-la-france.html

dimanche, mai 27 2012

De la participation en politique : "Vous et moi", le "modèle Obama"

Source illustration : site http://www.ecobase21.net

« Vous et moi »

« You and I together we are going to change this country and we are going to change the world. » Vous et moi allons changer ce pays et allons changer le monde »

« Vous et moi » : d'emblée Barack Obama a associé dans son discours de candidat en 2008 ses électeurs au changement. Copié et même singé pendant la campagne présidentielle par les candidats, le modèle participatif d'Obama qui a su utiliser les nouveaux modèles issus d'Internet n'a pas encore trouvé sa place dans la gouvernance politique au quotidien. La participation, fera-t-elle partie de la vie politique?   François Hollande a bien su associer ses électeurs à sa campagne présidentielle mais les associera-il à sa gouvernance de président et comment?

 Sur un plan politique, l’idée d’une délégation ou d’une représentation de pouvoir n’a plus de sens pour nos contemporains, et ceux qui en doutent encore font régulièrement l’expérience douloureuse de l’abstention massive." ("Imaginaire social et innovation participative" Stéphane Hugon

Ce constat de l'obsolescence d'une forme de gouvernance n'est jamais fait par les centaines d'analystes conviés sur les chaines de télévision, qu'elles soient publiques ou privées. On a très peu entendu la parole citoyenne même sur la chaîne « parlementaire » dont le rôle pourrait être de compenser ce déficit d'expression publique. Et pourtant "

"C’est la mort du spécialiste, de l’ingénieur minutieux, du savant fou, ou du despote éclairé qui sait ce qui est bon pour nous."

« Il n’est désormais plus un espace social qui ne soit impacté par les transformations des modèles de l’innovation — pensons au politique, avec le modèle Obama —, jusqu’à des processus d’innovation scientifiques ou industriels — crowdsourcing, RSE, wiki et autres open hardware, en passant par les fonctions marketing ou RH, qui vont ménager une place au consommateur/collaborateur comme elles ne l’ont probablement jamais fait. »

Le site et magazine Eranos rappelle la montée de la participation dont les marques ont su tenir compte dans leur stratégie de marketing, mais très insuffisamment les politiques.

A quand l'innovation sociale?

 Une règle d’or de l’Internet est qu’il y aura toujours plus de compétence dans l’ensemble d’un réseau ouvert qu’il ne peut y en avoir dans le cerveau d’un seul développeur, fût-il le meilleur du moment. »

Ce qui a été vrai pour l'essor du logiciel libre ou les usages qui se sont mondialement répandus sur les réseaux devrait l'être pour les décisions politiques. Décider au sommet et à l'emporte pièce n'est plus tolérable pour les citoyens qui ne peuvent plus être seulement des consommateurs de politique dont il faudrait faire des citoyens/collaborateurs, à l'image des consommateurs/collaborateurs. L'innovation ne se décrète pas, elle s'adopte par et se propage avec les consommateurs. L'innovation sociale  et le design thinking sont bien connus des sociologues de pointe, comme Dominique Cardon l'un des premiers à analyser « l'innovation ascendante » et à en déduire l'impact politique. Cet impact n'a pas encore réussi à bouleverser le monde de la politique comme il a bouleversé le monde des médias.

Nous sommes dans un moment charnière où, plutôt que d’opposer en chiens de faïence les professionnels de l’information et de la politique, d’une part, et les internautes, amateurs et citoyens, de l’autre, nous devons explorer les interdépendances qui sont en train de se constituer entre ces deux mondes. » 

La participation, gouvernance du futur?

Trop de décisions et pas assez de consultation : la gouvernance 2007-2012 a montré les limites d'un système de gouvernance fondé sur la seule représentation, loin du terrain. La participation doit trouver sa place en politique, dans une alliance réelle avec la représentation. Le consommateur/collaborateur est mûr pour une gouvernance participative qui ferait des citoyens des collaborateurs des décisionnaires politiques et européens. Moins technocratique, plus proche du terrain, elle évitera bien des maux de la politique : les lois parachutées et mal ficelées, les tours d'ivoire dont l'Europe est un modèle, les décisions hâtives, les déclarations intempestives, les engagements financiers régionaux qui ne visent qu'à l'auto-proclamation des élus ou à maintenir des baronnies. Inventer de nouveaux liens entre élus et citoyens pourrait être la forme de gouvernance du futur.






dimanche, novembre 18 2007

Image, symbole et gouvernance


Source image : L'aigle impérial. Sceau impérial des titres. Napoléon, empereur des Français, roi d’Italie, protecteur de la confédération du Rhin.Site L'hisoire par l'image http://www.histoireimage.org/

Si le chef de l'état a la réputation de savoir manier l'image, le symbolique semble lui échapper. 

  • Pourquoi pas commencer par une réforme spectaculaire (même symbolique) des retraites des parlementaires, des sénateurs, par exemple? La réforme de ces « privilégiés  les cheminots », eût été mieux acceptée...si d'autres privilégiés le deviennent un peu mois...
  • Pourquoi ne pas avoir fait un coup d'éclat symbolique en mettant une fin légale et définitive aux parachutes dorés?

Qu'on se réfère aux discours de Nicolas Sarkozy (discours au MEDEF Jouy-en-Josas – Jeudi 30 août 2007) « Que celui qui a réussi ait une prime, très bien. Mais que celui qui échoue en ait une, non, ce n’est pas la règle du jeu, ce n’est pas le système dans lequel nous voulons vivre, ce n’est pas la justice. »

  • Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de « l'affaire EADS » et en tirer les conclusions qui s'imposent, soit un geste fort et symbolique  qui laisse espérer le  remboursement de sommes gigantesques empochées par les dirigeants qui ressemblent quand même beaucoup à des gains dus à un délit d'initié?

Hors un des premiers gestes « symboliques » et apparemment urgent a été l'augmentation de son propre salaire de, aux dernières nouvelles, 172%,  et ce quelques jours avant la réforme des régimes spéciaux.

Le député Jérôme Chartier (UMP) a indiqué mardi à l'AFP que l'augmentation de salaire du président de la République votée par l'Assemblée nationale correspondait à une hausse de 172%, confirmant une information du journal Le Monde daté de mercredi.
  
"Le différentiel s'établit entre le salaire actuel de 7.O84 euros et le salaire du Premier ministre" qui s'élève, selon lui, à "18.500 euros nets mensuels" plus "une prime de treizième mois", soit au total 19.331 euros.
(source : http://www.france24.com/ 6/11/07)

Dès lors, en jetant ce symbole à la face de la « France d'en bas », comment espérer qu'on « comprenne » comme s'y attendait  Nicolas Sarkozy  :

"Je REVE d'un état où les Elus seront au service du peuple et non pas là pour se faire du gras sur le dos des gens (qui ne les ont d'ailleurs pas tous voulus !) et que ces élus se contenterons d'indemnités du niveau d'un dirigeant honnête de pme, soit 5 à 7000€. C'est ce qu'il avait et c'était très bien ! je rêve que comme en Suède les Citoyens pointent chaque semaine les dépenses du président et de ses acolytes et que soient stoppées les dérives financières ..."
Posté le 7/11/par Taillandier en réponse

« Et chacun doit comprendre qu'il n'y a aucune raison qu'un métallo, qu'un ouvrier du textile ou qu'un salarié du privé cotisent 40années quand les autres cotisent 37 années et demi. »

Oui mais chacun comprend aussi la situation privilégiée des parlementaires et des députés, sujet de glose sur Internet. Voir à ce propos les explications d'un assistant parlementaire :

http://journaldunassistant.typepad.fr/lejournal/2007/10/retraites-des-s.html

Après le renouvellement de 2004 - et sur la base d'un mandat de 9 ans - , la pension brute moyenne (sans majoration pour enfant) pour un ancien sénateur est de 3 294.71 € par mois (l’abaissement à six ans de la durée du mandat sénatorial aura peut-être, à terme, un effet sur le montant des pensions)."

La somme est certes conséquente mais il faut la rapporter aux cotisations annuelles versées par les sénateurs. Pour rappel, l'indemnité brut mensuelle d'un sénateur s'élève à 5 400,32 euros, viennent s'ajouter à cela une indemnité de résidence (162,01 euros) une indemnité de fonction (1 390,58 euros) et un supplément familial selon le nombre d'enfants à charge.

« Un parlementaire qui s'en va au bout d'un mandat touche sa retraite au moment où il quitte sa fonction. Il est alors considéré comme "retraité" de son assemblée ce qui explique que Delanoë touche sa retraite à 57 ans. »

Sans commentaire...ou plutôt voir sur le Web les commentaires ...sur le sujet "retraite, député, sénateur"...des symboles devenus inacceptables en période de pouvoir d'achat restreint.