Le blog de la ménagère

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mercredi, avril 19 2017

Avec #MaVoix33 au marché de Talence

"MaVoix33 Bordeaux Circo 3

“Le week-end avant les élections, ils vont tous être la!” C'est vrai, les militants des partis classiques sont là. Ce dimanche sur le marche de Talence, comme la veille sur le marche de Bègles #MaVoix est là aussi avec l'affiche miroir et son slogan spécial Bordeaux “Votez pour vous!”

C'est sur cette 3eme “circo” de Bordeaux que les candidat(e)s se présentent. Florence, de Villenave-d'Ornon hésite encore. S'inscrire comme l'ont fait plus de 285 candidats #MaVoix en France c'est facile.Un formulaire en ligne. S'organiser pour faire campagne pour les élections législatives demande réflexion. L'objectif de #MaVoix est maintenant bien connu de ceux qui s'intéressent de prés au renouveau de la démocratie. “Pour la 1ère fois dans le monde peut-être, des simples citoyennes et citoyens, auto-géré.e.s, s’inviteront à la table des décisions, ayant conquis des sièges dans un parlement, leur permettant de décider directement sur quelques sièges gagnés leurs décisions.” peut-on lire sur Facebook. Atteindre l'objectif de 20 000 votes a Bordeaux et aux alentours est un challenge porté avec conviction par l'équipe bordelaise.

Sur le marché de Talence (33)

Une première dame âgée et avenante est accostée par David. Elle approuve notre démarche et va même plus loin “ ces vieux sénateurs, pourquoi en a-t-on encore besoin, ça nous coute cher!” et “ces députés, a quoi ça sert?”. Comme beaucoup d'autres elle hésite a voter pour des candidats citoyens inconnus “jeunes, qui n'ont pas d'expérience, est-ce qu'ils seront capables d'être députés?”.                                    David en pleine discussion

Pourtant Madame, vous-même semblez avoir les idées claires ! Et nous lui expliquons le principe : des députés citoyens formés sur notre Mooc, accompagnes par l'équipe, ayant a disposition tout le réseau de compétence du collectif #MaVoix. Le déluge législatif des dernières années laisse un gout amer : lois dont les décrets d'application ne sont jamais parus, lois inapplicables, lois inutiles ou combattues, le bilan est loin d'être satisfaisant et le pari de faire mieux dans l'intérêt de tous semble séduire : la soif de changement est palpable en ce Lundi de Pâques,

Pas facile de nouer le dialogue avec tous ceux qui, sans doute lassés de l'infernal débat sur les présidentielles, passent leur chemin. L'idée que les citoyens sont en capacité d'agir pour l'intérêt général ne va pas de soi. L'habitude de s'en référer a plus éduqué et surtout “mieux placé” ou “haut placé a la vie dure. Plus loin c'est un socialiste pur et dur “Votez pour Benoit Hamon pour changer de système”. Aux élections législatives, il votera pour un élu local “Moi, j'ai besoin de connaitre ceux pour qui je vais voter, de savoir ce qu'ils valent” Le hashtag de #MaVoix perturbe parfois “J'ai pas envie que ça se passe sur twitter, Internet c'est bien, mais moi je veux les connaitre, je veux leur parler”. #MaVoix a toujours été en faveur des rencontres “dans la vraie vie” comme méthode de travail, même si des réunions régulières ont lieu en ligne via deshangouts. Mais pour cet habitué de la politique locale, avoir quelqu'un de local, et de bien identifie est essentiel. “Comment garantir que le députe #MaVoix ne subira pas de pression? Réponse : l'engagement moral des députes sera très fort. Il sera connu de dizaines, centaines de personnes du mouvement. La “réputation” est une garantie.

Le députe #MaVoix un élu national, pourquoi?

Aller sur les marchés, être a l'écoute des arguments, voila qui est tout a fait dans la ligne expérimentale de #MaVoix. Du coup nous nous posons des questions pragmatiques liées au tirage au sort : un élu local? Et Florence, candidate potentielle, s'interroge : comment vais-je faire campagne pour me faire élire? Face aux moyens des partis classiques, #MaVoix compte sur le bénévolat et un maximum de dons grâce à la défiscalisation, ça a très bien fonctionné lors des élections partielles de Strasbourg. Après débat sur le forum, il a été conclu que le tirage au sort serait national, avec la possibilité toutefois pour chaque groupe local, de faire le choix d'un tirage au sort local. Le 6 mai il y a un tirage national très organisé a Paris, qui se déroulera sous l'égide d'un officier assermenté et désignera les candidat·e·s #MAVOIX qui seront présentés dans une cinquantaine de circonscriptions lors des législatives des 11 & 18 juin 2017. Le 18 avril l'équipe parisienne se réunissait aux Grands Voisins (voir ci-dessous) pour en préparer la logistique et répondre aux dernières questions.

Mais en région, on ne change pas les habitudes ancrées aussi facilement et l'argument d'un vote en faveur du député qui connait son territoire reste prégnant et a prendre en compte. L'idée d'un événement a fort impact local est émise. L'idée aussi que le candidat députe ne doit pas forcement habiter la circonscription, mais doit pourvoir s'y rendre en mois d'une heure de voiture. “C'est l'équipe locale qui fait vivre la démocratie" répond Jeff sur le Forum #Ma Voix, "il n'y a pas que l'élu.”

Organiser le changement

Sur le marche les militants des partis classiques se montrent intéressés. Au retour je suis raccompagnée dans Bordeaux par Olivier, que j'ai rencontré un paquet de tracts Fillon a la main. Entrepreneur industriel, père de 5 enfants, et militant de droite, il nous félicite pour notre démarche “originale” qui correspond a un vrai besoin de renouveler la politique. Non adhérent, c'est un militant ponctuel de droite. “Le système ne peut plus continuer comme avant.Les primaires ouvertes ont échappe aux partis. Ce sont les militants qui ont choisi. Et de préférence un outsider” Pour lui aussi la consultation permanente lui semble essentielle “Il faut que les gens puissent donner leur avis en amont, avant de formaliser une loi”. Olivier restera en contact avec #Mavoix et est convaincu “qu'il vaut mieux organiser le changement que le subir”.

                                                                                                                                        Janique Laudouar

TAS Le tirage au sort de #MaVoix aura lieu le 6 mai à Paris "Les Grand Voisins" 82 avenue Denfert-Rochereau 75014. Bénévoles demandés la veille le 5 mai.

DONS : n'oubliez pas que si vous faites un don à #MaVoix pour la campagne électorale, il est défiscalisé et vous recevrez une attestation pour votre déclaration d'impôts.

S'inscrire comme député : jusqu'au 25 avril : https://candidature.mavoix.info/

S'inscrire sur le Forum #MaVoix pour tout savoir sur la campagne électorale : https://forum.mavoix.info/

samedi, avril 30 2016

L'Effet Nuit Debout

L'effet Nuit Debout : mon journal

"Nuit Debout n’appartient à personne. Nuit Debout appartient à nous tous". (Gazette Debout.). Restez éveillés https://gazettedebout.org/ 

Le 8 avril : Rêve Général

« Ainsi, il arrive aux classes « populaires » de revenir du néant où on a voulu les enfouir, et d’en revenir avec quelque fracas. » (Frédéric Lordon « Un film d'action directe » dans Le Monde Diplomatique de février 2016 à propos de "Merci Patron" de François Ruffin et éditeur du journal Fakir.

Un mois après Nuit Debout est toujours dans la place note le journal Le Monde ce 30 avril.

Où comment j'ai vécu les premières Nuit Debout : un contre-commentaire. Cet article a été écrit le lendemain du 8 avril, avant la polémique sur la violence qui s'est exercé sur le philosophe Alain Finkielkraut. «On aurait voulu discréditer un mouvement positif mais fragile qu’on ne s’y serait pas pris autremen (Le Blog de Fédé Davout) sur Mediapart. Depuis, c'est la violence qui semble avoir focalisé l'attention des médias et du monde politique. Des blessés. Des casseurs. De la violence à juste titre dénoncée. Il faut revenir à l'origine de Nuit Debout, il faut l'avoir vécu, pour comprendre. C'est toute l'agilité de la société civile et des "digital natives" qui se déploie sous nos yeux. Le pouvoir d'aller vite et bien en collectif, réseaux, collaboration, connexions, échanges, wiki, tumblr, web TV (hello Mehdi) ringardise nos processus politiques. "

On peut parler de l'effet Nuit Debout. La manifestation a enfin attiré l'attention sur les milliers d'initiatives en France et dans le monde qui sous le label de «civic tech» ont pour objectif de proposer un autre système de gouvernance. Une gouvernance où les citoyens seraient écoutés, où les lois ne seraient plus assenées, où le déluge de législatif ne serait plus le seul moyen de gouverner, où la démocratie reprendrait tout son sens. Tout son bon sens dont elle a cruellement manqué toutes ces dernières années. Nuit Debout agit comme un révélateur de ces « révolutions invisibles ». Avec le résultat qu'on ne peut plus ignorer le mouvement Civic Tech. En ignorant largement le monde en mutation, en s'accrochant aux vestiges d'un autre siècle, le monde politique n'a pas compris que l'agilité citoyenne et les plateformes numériques étaient les nouveaux attributs de la démocratie. Le Rêve Général va s'étendre.  #Globaldebout                                                                                                       Janique Laudouar

Le manifeste de Nuit Debout

"Sais-­tu ce qui se passe là ? Des milliers de personnes se réunissent Place de la République à Paris, et dans toute la France, depuis le 31 mars. Des assemblées se forment où les gens discutent et échangent. Chacun se réapproprie la parole et l’espace public."

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le mouvement est plus organisé qu'il le paraît, avec régulation des prises de parole, validation des créations de commission, des compte-rendus d'assemblée, et surtout une certaine conception de « l'intelligence des foules »qui accorde l'égalité à tous : pas de meneur. "« Nuit debout n’est pas un phénomène spontané. Même s’il n’est piloté ou téléguidé par aucun leader, il s’agit d’un mouvement organisé" analyse le politologue  Loïc Blondiaux, professeur de science politique à l’université ­Paris-I-Panthéon-Sorbonne, dans un entretien accordé à Catherine Vincent (Le Monde Idées 14 04 2016).  Et partout une atmosphère de partage, de bienveillance et même d'amour. Le vendredi 8 avril, j'assiste à une prise de parole sous un dôme éphémère. Le dôme se dégonfle brusquement et menace de tomber sur nous. Aussitôt des dizaines de bras se soulèvent pour le soutenir. "Un symbole du partage" s'exclame une jeune femme. Est-ce le succès du film« Merci Patron » et le journal de François Ruffin « Fakir » qui ont allumé la mèche ? : «  les gens avaient envie d'agir » répond-t-il dans Télérama. « On ne veut plus de politiques qui trichent », explique Louis de Gouyon-Matignon militant et soutien de Nuit Debout interrogé par Europe1. Hugo veut « agir jusque dans les racines du système ». Nuit Debout a demandé une nouvelle autorisation de manifester.

Le 9 avril Place de la République

 "Permis de rêver" «Je rêve que les gens se sourient et se regardent dans le métro.»

Ce matin on vide la place les cabanes et les tentes, et les derniers occupants. En douceur, semble-t-il. Mais les voix demeurent. Elles commencent même à se faire entendre ailleurs que sur les réseaux sur les médias classiques, ce matin sur Europe1, un joli montage en musique (« Retiens la nuit! ») et des paroles fortes.

Et Nuit Debout s'organise... En France Nuit Debout se propage à la vitesse de la viralité  ...Les médias alternatifs et participatifs se multiplient. "A Nuit Debout on m'a dit écris tes rêves"  http://www.la-zep.fr/cest-lactu/a-nuit-debout-on-ma-dit-ecris-tes-reves/

Le 15 avril Numa Paris

NuitDebout fait irruption à la fin du débat dont l'objectif est de présenter divers projets citoyens qui donneront lieu le lendemain à un hackathon organisé par Open Law et Open Source Politics. Les développeurs vont se déchaîner pour faire progresser des plateformes numériques de vote ou de débat citoyen. NuitDebout lance un appel : dimanche, commission numérique. Nous avons besoin de vous !

Le16 avril Numa Paris

Le lendemain on teste: comment retenir les meilleurs décisions ? Le hackhaton s'est réparti en ateliers. Autour de la table plusieurs développeurs dont Open Gov, le chef développeur d'Etalab. Loomio? On visite le site de NuitDebout Bruxelles

« Le choix d’un outil adapté pour mener les campagnes de donation est éminemment stratégique, poursuit Maxime Blondeau. Les mouvements contestataires récents ont essuyé les plâtres avec plus ou moins de succès : Occupy Wall Street a périclité au moment où la question s’est posée. Les Indignés, en revanche, se sont renforcés et ont engendré une offre politique parce qu’ils ont su être plus pragmatiques sur la question des donations. »

"Salons de discussion :Venez prêter main forte à la commission Accueil et Sérénité"Le manifeste est là : 
« Ni entendues ni représentées, des personnes de tous horizons reprennent possession de la réflexion sur l’avenir de notre monde. La politique n’est pas une affaire de professionnels, c’est l’affaire de tous. L’humain devrait être au cœur des préoccupations de nos dirigeants. Les intérêts particuliers ont pris le pas sur l’intérêt général. »
Janique Laudouar

Lire entre autres le billet de Flora Clodic-Tanguy : "Les défis démocratiques de Nuit Debout"

Lire l'entretien « A Nuit debout, la qualité du débat démocratique est l’enjeu prioritaire » dans le Monde Idées de Catherine Vincent avec le politologue Loïc Blondiaux 14-04-2016 "

Premier mai : ==14h00/15h30 == Programme (source https://www.convergence-des-luttes.org/

* L'ère du numérique, l'ouverture d'une voie vers une économie de la coopération
Intervenants:
- Yann Le Pollotec: spécialiste de la révolution numérique et ses impacts économiques
- Sébastien Broca: sociologue, postdoctorant à l’université Paris- 1 Panthéon-SorbonneHervé
- Le Crosnier: enseignant-chercheur à l'Université de Caen spécialiste des technologies du web et la culture numérique.

== 15h00 ==
* Manifestation du 1er mai et pour le retrait de loi El Khomri. Départ de Bastille, en direction de Nation.

Programme de la rencontre internationale de #Globaldebout week-end du 7 et 8 mai 2016 à Paris, place de la République


mercredi, février 17 2016

Week End Barbare : vive la bienveillance!

Communauté, think tank, conseil, prospective les 100 Barbares sont un peu tout ça et sont aussi entrepreneurs du numérique, aptes à trouver du financement grâce, par exemple, à des conférences. Ils mériteraient en tout cas d'être un pôle de ressource pour des décideurs politiques en mal d'une vision du futur, telle que la conçoivent les citoyens et telle qu'elle est en train d'émerger. Quelques mots-clefs issus du Week End Barbare (WEB) #5  les 12 et 13 février à Macon donneront le ton.

Laetitia : partage, bienveillance, joie. Antoine : bienveillance, écoute, fun. Clara : bienveillance, vivre ensemble, apprentissage. Delphine : surprenant, enrichissant, convivialité. Vincent : partage, bienveillance, rassurant. Thomas : énergie, air, famille. Bienveillance, expérimentation, prune dit un autre BarbActeur.  Bienveillance est notre mot-clef.   Janique Laudouar

Belles personnes, beaux projets

                                            Atelier autour du Pressoir

Belles personnes  beaux projets  beau lieu près de Macon. Autour du feu de cheminée, feuille de route des ateliers et esprits aiguisés, parole a tous, convivialité, Saint-Veran. Des tablées de + 25 autour d'une nourriture exquise et légère. Mixez le tout et vous avez le monde tel qu il devrait être ; innovant, bienveillant en mode dynamique constructive. Forcément, les solutions suivent. La méthode barbare est proche de celle de make sense et de son dispositif de hold up où un groupe d'intelligence collective se réunit autour d'un défi posé par un porteur de projet et lui propose des solutions. Les Barbares sélectionnés par un vote démocratique sont venus autant pour exposer leur projet que pour résoudre le problème des autres ; avec des temps ludiques ou les vannes fusent et des temps forts ou les solutions circulent. Magique.

Bienveillance : une nouvelle valeur

S'il n'y avait qu'un mot-clef à retenir de ce we : « bienveillance ». Accolé au mot barbare peut l'expression sembler paradoxale, mais c'est la réalité qu'ont vécu les BarbarActeurs. Venus pitcher des projets différents, mais tous vecteurs de changement, que ce soit dans l'entreprise que Philippe imagine « décentralisée » grâce au processus blockchain (nous y reviendrons dans un prochain billet) , dans le management que Stéphane Perrin (Via Ferrata) et Marc Dorel souhaitent « libéré », ("Le management liberé" Marc Dorel éditions HJ) dans le conseil pour lequel Boris a conçu  Etika Mondo une formation « holistique », Guillaume qui peaufine TribeCare pour «  matérialiser la bienveillance au sein des tribus pour adoucir les galères de la vie » Catherine l'Optimiste, Clara de l'association Frateli, et Thibaud qui n'a pas lâché sa caméra, ils se sont retrouvés autour des mêmes valeurs. L'écoute était au rendez-vous, chacun prenant le temps de s'imprégner du projet de l'autre dans des ateliers conçus dans un esprit de réciprocité. La liste complète projets sont sur la page Facebook du groupe les 100 Barbares.

Bienveillance n'est pas à confondre avec bisounours. C'est un antidote à l'agressivité, la lassitude, la vacuité générale qui menace de gagner la société et le monde politique. C'est l'écoute de tous par tous, pour « écrire l'avenir et avancer ensemble ». L'application à la politique semble évidente : écoute bienveillante de tous les citoyens par tous les élus, écoute des citoyens de tous les élus afin de participer aux décisions. Même chose dans les territoires. Un peu de prospective, et beaucoup de bienveillance. Il suffit d'une méthode, et aujourd'hui, la technologie numérique le permet.

Efficacité : un groupe, des solutions

Le numérique était présent dans les projets et les méthodes de travail, mais davantage encore la culture technologique, penser hors de la boîte, culture de l'open source, l'intelligence collective en pratique. Il ne faut pas oublier l'origine des 100 barbares qui sont à la base des entrepreneurs du numérique. La qualité et l'authenticité de l'écoute a séduit les participants qui se sentaient en confiance et pas en compétition. Honneur aux femmes avec Catherine l'Optimiste dépassée par le succès de son site sur l'optimisme – qui n'a pas vu ses petites vignettes ? - »le site qui vous apporte du bonheur au quotidien ». Elle demande comment gérer le flux des contributeurs qui ont tout de suite été nombreux à likersa page. Sandrine qui voulait un pitch pour présenter son projet Kitalire et a trouvé dix BarbActeurs enthousiastes. Clara et sa jolie idée  Momento, venue chercher avec Thomas une application qui projetterait de façon aléatoire les photos du passé pour se souvenir des belles choses. Emmanuelle dont on a entrevu le projet Arduino de barette connectée « Tester la barrette connectée : elle existe!! on a besoin de vous pour la tester :la fabriquer en Arduino et vous coudre l'habit! Delphine et son prochain voyage Escapademos, « explorer ce à quoi pour­rait ressembler la citoyenneté de demain, les défis du changement climatique ». D'autres encore venues en observatrices ou représentantes de #MaVoix, Flora, Laetitia, Janique. Caterina Romanelli italienne parisienne hyper diplômée en charge de l'investissement "Environment, Social, Governance" au sein d'une société européennede capital-investissement.

Parmi les projets d'entrepreneurs, celui de Philippe Honigman expert Blockchain : « Transformer une start-up en une communauté ouverte, en décentralisation la gouvernance et la distribution des revenus » l'un des projets d'entreprise s'est posé la question d'une entreprise fonctionnant un peu sur le principe du logiciel libre. Si tout le monde collabore, quelle est la rétribution de chacun ? Comment rétribuer la valeur ajoutée ? Il propose blockchain comme solution. Boris : son dispositif de formation Etika Mondo à destination des entreprises gagnait à la fin du week-end en maturation et en clarté grâce à l'éclairage apporté par le groupe et aussi à l'expérience de l'hôte Christophe Carrier qui lui-même a une entreprise « la co-entreprise ».Vincent : WhatHappensNow un an sur la route à travers les continents pour comprendre la transition post-industrielle », une formation qu'il a taillé à la mesure de son ambition. La Paillasse 2.0 : "Big hacks pour l'émergence d'une Recherche Science/Tech collaborative et ouverte, libérée et globalisée." Concrètement : le projet " Epidemium est programme inédit de recherche scientifique participatif et ouvert, destiné à mieux comprendre le cancer grâce aux open big data !" Pour la majorité des projets, une page Facebook existe qui en dit plus long et permet de rejoindre la communauté. Sans oublier le projet qui résume peut-être le mieux l'ébullition en cours de la société civile et la renaissance démocratique « Un peuple totalitaire ? » , ""Contribuer à identifier le meilleur format de gouvernance compatible avec un projet de société bienveillante, après la Révolution Numérique", dispositif de roman collectif imaginé par Antoine Brachet co-fondateur des Barbares autour duquel ont fusé les propositions les plus folles. "La conclusion d'est effectuée autour du Fishbowl proposé par Antonin Léonard de OuiShare où chacun a exprimé son émotion.
                                                                                                                                                                                                                       Janique Laudouar

Nouveau ! FLora Clodic a aussi contribué à faire revivre l'esprit du Web #5 : "WEB #5, ou comment j’ai réveillé la barbare qui sommeille en moi" (21 02 16)

jeudi, avril 16 2015

2015, l'année de "l'empowerment?"

L'une des thématique du OUISHARE FEST 2015 du 20 au 22 mai 2015  : transition, la gouvernance horizontale et l'empowerment.
Et toujours l'économie collaborative...

L'empowerment et le numérique

" En terme de révolution par l’intérieur, la technologie numérique nous permet déjà d'envisager des changements radicaux des processus politiques et administratifs existants."Numérique, politique et démocratie : implosion et explosion annoncées",  par Léonore de Roquefeuil, Co-fondatrice de Voxe

« Les technologies d’aujourd’hui font qu’il devient possible de demander des comptes, et d’assurer la transparence »... » « De la même manière, nous souhaitons qu’il y ait une ouverture de toutes les données de ce qu’on appelle l’ « e-gouvernement ». Nous souhaitons la simplification : que les citoyens puissent eux-mêmes participer à cette simplification de l’action publique».  François Hollande, Allocution du Président de la République, - New York, Nations Unies – le 24 Septembre 2014

Empowerment :une notion anglo-saxonne liée à au numérique et à Internet  : "donner du pouvoir à..." Donner du pouvoir au citoyen afin qu'il prenne part à l'élaboration des lois qui le concerne, « c'est dans l'air », - mais pas à la télévision ! "Et si l'empowerment commençait par soi-même? écrit  Natacha Quester-Séméon, Journaliste, vidéo blogueus et entrepreneuse dans La Revue du Cube?. L'année 2015 sera-t-elle l'année de "l'empowerment?"

Janique Laudouar

Citoyens et politiques

Rendre le vote obligatoire, le remède miracle pour réconcilier citoyens et politiques ? C'est avec LES politiques que les français sont fâchés, et non LA politique. Le rapport de Claude Bartolome, Président de l'Assembée nationale (en téléchargement) Libérer l'engagement citoyen pour refonder le lien civique » a pour sous-titre « La République par tous et pour tous ». On peut y lire la proposition « Renforcer la démocratie participative, instrument de l'inclusion politique. » « Mettre en place une plate-forme numérique d’expertise bénévole mobilisable par les citoyens et les associations dans le cadre des concertations publiques. »Propositions louables, mais toujours conçues comme « partant du haut ».

Hors ces plate-formes existent, elles sont déjà mises en place par la société civile, il suffit à la gouvernance de les prendre en compte et de les inclure dans le processus démocratique. On peut citer Parlement & Citoyens qui dialogue avec les députés. "Parlement & Citoyens permet "aux parlementaires et aux citoyens de travailler ensemble"avec l'objectif de «restaurer la confiance" Les initiatives pullulent, et ce grâce au numérique. Pierre de Rosanvallon qui depuis longtemps le prédit « Au fond, être représenté, c'est avoir le sentiment que le monde politique donne un langage à ce qu'on vit. Ce n'est plus le cas, d'où la stigmatisation actuelle des élites. ». Bernard Stiegler poursuit inlassablement le décryptage d'un mode numérique via Ars Industrialis, Pierre Levy invente l'alphabet de l'intelligence collective. Aujourd'hui, il est clair que la chronique d'une mort est actée, et qu'il faut trouver des solutions de démocratie réelle et ouverte pour accompagner la démocratie représentative.


Débats et manifestations sur la démocratie citoyenne

Est-ce en rendant le vote obligatoire qu'on rénovera le « lien civique », Europe 1 qui aborde le sujet le 16 avril 2015, ou en faisant participer les citoyens à la démocratie « ils n'ont pas en face d'eux l'offre politique qui leur convient » critique Hervé Mariton député de la Drôme.  . On ne peut plus ignorer que les initiatives pour une démocratie impliquant directement les citoyens se multiplient. Parmi les plus attendues celle de Ouishare Festival, http://2015.ouisharefest.com/program dont la thématique traitera de la transition, la gouvernance horizontale et l'empowerment. L'instructive Conférence sur la participation citoyenne de Démocratie Ouverte à l'Assemblée nationale le 30 mars a été suivie de près par un débat à l'Université Dauphine avec les étudiants du master 2,  Armel Le Coz les ayant coaché sur la thématique . Affaires publiques « "Transformer la politique pour faire face à la crise: comment les jeunes réinventent-ils l'engagement politique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des institutions locales?" avec Robin Reda, le plus jeune maire de France, Diana Filippova (Réseau d'entrepreneuriat social OuiShare), Agathe Cagé (Think Tank "Cartes sur Table" et l'Association des Jeunes de France). Ci-contre Robin Reda et Diana Filippova )

Parmi les manifestations récentes on peut citer Démocratie mise à jour, une restitution a eu lieu le 9 avril sous le haut-patronage de Corinne Erhel, députée des Côtes-d’Armor, et Laure de la Raudière, députée de l’Eure-et-Loir). 

Le 20 avril, le cycle de réflexion sur le numérique se conclut à Sciences Po, Terra Nova Etudiants  vous invite à débattre avec Thierry Mandon, Secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, auprès du Premier ministre. Plusieurs thématiques dont « Gouvernement ouvert : "le numérique peut-il rénover les modes de participation citoyenne en garantissant une plus grande transparence des décisions politiques ? » Et parmi les manifestations récurrentes et pionnières, le Forum des usages coopératifs là Brest dont Michel Briand est l'infatigable animateur a dégagé de nombreuses pistes en 2014. Cette même année la Commission nationale du Débat Public avait organisé un colloque international « Le citoyen et la décision publique ». Le Cube à Issy-les-Moulineaux recevra le 28 avril Michel Bauwens dans le cadre des Rendez-vous du Futur

Les plates-formes de participation citoyenne

(non exhaustif...)

Quant aux plates-formes, elles sont trop nombreuses pour les citer toutes. Parlement & Citoyens a trouvé un modèle, et fait preuve de pédagogie en expliquant en images la démarche à suivre ,  Avec VOXE, n'importe quel citoyen peut contribuer à entrer les programmes politiques en ligne, ainsi qu'à ajouter du contenu enrichi.questionnez vos élus est opérationnel ..ainsi que La Quadrature du Net  les élus joueront-ils le jeu en répondant? Encore une :  DemocracyOS est une plateforme open source : libre, gratuite, indépendante, réplicable. "Son but est de favoriser la participation de tous à la fabrique de décisions politiques, à l'heure où internet a changé presque tous les aspects de notre vie quotidienne... sauf le fonctionnement de nos démocraties." Nos Députés.fr rend compte de l'activité parlementaire. On peut aussi citer les partisans du tirage au sort. Ou Etienne Chouard  et sa volonté de faire écrire la consititution par les citoyens. 

Altercarto est à la fois une mutuelle de données, d'outils et de méthodes ; et un réseau de partage d'expériences d'usages citoyens des données statistiques publiques localisées. Nous citoyens organise une « vigie » sur les dépenses publiques. Le magazine RNSL cite «  l’ambition des stat-activistes, ces militants de la donnée qui souhaitent mettre le chiffre au service de l’émancipation citoyenne ».

Qui a dit que nous n'avions pas de penseurs de la mutation, outre les pionniers du Net, les économistes, les philosophes,  des ouvrages récents décrivent cette énergie positive et ces "Révolutions invisibles" (Les Liens qui libèrent). dont le titre n'est pas sans rappeler les essais prémonitoires publiés par Eric Hazan (La Fabrique) par "Comité Invisible",  "L'insurrection qui vient", A mes amis".

Elles sont plusieurs à en faire le pari, Quitterie de Villepin, "Nous voulons notre place à la table des décisions", (Ma voix), Léonore de Roquefeuil qui écrit « Dans le futur, on peut raisonnablement imaginer que ces dynamiques qui facilitent l’émergence de groupes de citoyens voulant prendre leur place à la table des décisions pourraient à terme contribuer à faire exploser les partis pour aller vers une démocratie moins représentative et plus directe. Des signes nous indiquent qu’il est fort possible qu’en France, nous verrons cette folle promesse (ou menace ?) dès les élections législatives de 2017."

                                                                                                     Janique Laudouar


dimanche, avril 5 2015

"Démocratie Ouverte ": une renaissance politique

"La transition démocratique : une journée à l'Assemblée nationale

Le débat organisé par Démocratie Ouverte à l'Assemblée nationale le 30 mars - le lendemain des élections départementales - commençait par ce constat : « à l'échelle locale,à l'échelle européenne, le besoin d'un renouveau démocratique se fait de plus en plus pressant. Des mouvements spontanés naissent grâce aux réseaux, qui pourraient bien se révéler en 2017, à l'occasion des présidentielles et des législatives. Le 31 mars, se réunissait à Paris à l'Archipel les Barbares. Ce nom mystérieux regroupe des individus bien décidés à faire valoir leur conviction via les  réseaux sociaux. Ce soir là, ils ont pitché leurs projets, échangé des témoignages, partagé des expériences « inspirantes » à partager pour changer le monde. Et une nouvelle démocratie...

                                                                                                                                                                                                                    Janique Laudouar

La fin de la démocratie représentative ?

L'analyse très lucide de Loïc Blondiaux, professeur chercheur à Paris I en ouverture permet de mieux comprendre ce que les politiques s'obstinent à ne pas voir. La démocratie représentative s'est imposée à la fin du 18ème siècle, une représentation exclusive qui est remise en cause aujourd'hui. Dans «  un contexte d'affaiblissement des démocraties occidentales incapables de régler les crises et d'influencer la vie des sociétés» les citoyens ont de plus en plus de mal à accepter qu'on leur demande de payer une ardoise d'une gouvernance défectueuse, d'un endettement pour lequel ils ne se tiennent pas responsables. Partout en Europe et aussi ailleurs les mouvements de refus se multiplient répondant à l'appel de Stéphane Hessel « Indignez-vous », des Indignés de Occupy Wall Street à Podemos en Espagne « Mover ficha: convertir la indignación en cambio político », « Prendre les choses en main : convertir l'indignation en changement politique » On assiste « à une mobilisation critique des grands projets venus d'en haut » ou au contraire à « un sentiment d'indifférence qui monte » ou encore des formes d'auto-organisation « on va faire sans l'état, sans les institutions. » ce qui « représente un risque très fort pour les démocraties. ». Dans la participation citoyenne, Loïc Blondiaux voit une série d'enjeux : la capacité pour chacun d'influencer la loi, préserver l'intensité du débat démocratique – citant Pericles et la démocratie grecque « Nous considérons tous ceux qui se désintéressent de la démocratie comme des parasites.",faire une place à l'expertise profane dans le processus de décision démocratique.« Aujourd'hui la prise de décision a lieu a lieu a huit clos. Hors pour qu'elle soit légitime, il faut qu'elle ait été débattue. » Il ne faut pas sous-estimer « l'hostilité et l'inertie des structures institutionnelles et la tentation néo-monarchique du chef, ce désir existe.

Hackhaton, un modèle efficace de collaboration ?

Gilles Babinet est devenu le porte-parole de tous ceux qui ont une vision autre que celle qu'on continue à nous proposer d'une France « verticalisée ». « Une France un peu engoncée dans de veilles habitudes », notamment celle d'une « fascination pour les élites, les « grands corps, les personnels  ultra qualifiés» au détriment d'une classe plus représentative et peu présente dans les ministères ou à l' Assemblée nationale qui compte 40% de fonctionnaires. Un système qui a du mal à opérer une transition vers une demande pourtant de plus en plus ardente des citoyens : celle de participer. « Nous ne sommes pas pleinement reflétés, les citoyens sont prisonniers d'enjeux qui ne sont pas les leurs ». Pourtant, il y a de nouvelles voies. Et on ne s'étonnera pas que Gilles Babinet, « digital champion pour l'Europe », cite Lawrence Lessing « code is law » « le code conforme la réalité » et prône le design de la réalité comme une des formes nouvelles de débat politique, donnant l'exemple du hackhaton -auquel il participer personnellement - comme « réalité puissante ». Non, légiférer n'est pas le seul mode de gouvernance, il émane des initiatives positives des territoires. C'est l'essor du numérique et en particulier des plate-formes comme celle de Parlement & Citoyens qui permet à ces initiatives de fédérer et d'exister 

« L'ADN numérique pilote notre action » (Laure Lucchesi Etalab)

Laure Lucchesi présente Etalab, l'outil officiel de l'ouverture des données, avancée majeure pour la démocratie ouverte. Avoir accès aux données permet entre autres de décrypter les dépenses publiques. La France est membre d'Open Gov et à ce titre a l'obligation de préparer un plan d'étape. Il faut développer une culture de la « comptability » notion difficile à traduire, une culture de la « redevabilité » mais qui correspond au désir des citoyens de savoir comment l'argent de leurs impôts est dépensé. Munie de données précises, l'expertise citoyenne peut œuvrer pour le bien commun. « La technostructure ne peut plus régler à elle seule la complexité » affirme Laurence Lucchesi, « l'ADN numérique pilote notre action ». L'expertise citoyenne a de l'avenir.

« Les événements survenus sur les ZAD (Zones d'aménagement différé, rebaptisées Zones à Défendre) de Sivens et de Notre Dame des Landes ont mis sur le devant de la scène le besoin de repenser et de simplifier les procédures du débat public. »C'est le même terme d'une « contre-expertise » citoyenne qui sera employé par plusieurs intervenants, dont Laurence Monnoyer-Smith vice présidente de laCommission pour le Débat national qui parle de la grande difficulté à consulter sur « les grands projets du futur » et « se heurter à des visions du monde divergentes ». Elle préconise pour les territoires "une critériologie partagée" pour un vrai "vivre ensemble".

"Parlement & citoyens" : une plate-forme à intégrer au Parlement ?

Cyril Lage a eu l'idée de Parlement & Citoyens, s'est allié à Armel Le Coz designer de services et Bastien Jaillot, développeur. C'est leur plateforme qui a été adaptée pour la grande concertation en ligne réussie du CNN http://www.cnnumerique.fr/, qui devrait être un modèle.L'association prend de l'essor avec une stratégie douce : inciter des députés et même le Président de l'Assemblée nationale Claude Bartolome à prendre en compte l'immense désir des citoyens de participer et de proposer.

Patrick Raimbourg, député, Cyril Lage "Parlement & Citoyens"

Plate forme en ligne, Parlement et Citoyens est opérationnel et accessible, et le sera encore plus dans sa nouvelle version, qui permettra aux citoyens de proposer des lois. Dominique Raimbourg, un député « techno » plutôt en pointe (Loire-Atlantique) qui soutient Parlement & Citoyens confirme que les lois se font en comité restreint « 10 à 12 personnes ». Pour la loi pénale qu'il a réussi à faire voter après négociation, il a bien consulté 300 personnes, syndicats de magistrats, de policiers de professionnels des prisons, etc. Mais les citoyens ? Les lois qui sont votées ne sont pas assez mises à l'épreuve des faits et du terrain. « On produit de la norme il faut voit l'efficacité de la production de cette loi, on produit de la loi bavarde » Est cité comme exemple dans la salle la loi inapplicable sur la protection des majeurs dénoncée par des milliers de familles détruites et des dizaines d'associations. En vain. Omerta. La louable expérience de Claude Bartolome qui a ouvert la consultation pendant 7 jours sur le sujet de la fin de vie est jugée méritante mais insuffisante. Il faut aller plus loin dansl'empowerment, redonner le pouvoir aux citoyens. Interviendront l'après-midi sur le thème« Territoires hautement citoyens » animé par Armel Le Coz un panel de maires très actifs dans la mise en œuvre de la contribution citoyenne -dont la mairie de Paris - qui a ouvert un budget de 500 millions d'euros pour les projets participatifs - Eric Piolle maire de Grenoble, le bouillonnant Jo Spiegel, maire de Kingersheim en Alsace qui prédit « la fin des UBU rois. « Haute qualité démocratique » est sa devise, très applaudie, bravo à tous ces maires « avancés ».

Bienvenue aux contre-pouvoirs !

« Le numérique est ainsi une opportunité pour renouveler, enrichir, étendre la participation et la co-construction entre l’État et les citoyens. » peut-on lire sur Etalab. « Il faut hacker l'Assemblée nationale » s'exclame un rebelle. Inutile, « de nouveaux contre-pouvoirs afin de penser la démocratie de demain, entre ouverture et participation citoyenne. » écrit le blogueur Benjamin Sourice. Quel modèle de plateforme et d'outils de consultation ?Il en existe beaucoup. « Le problème du modèle numérique en mode “commentaires” fait remarquer Benjamin Sourice, c'est qu'il existe « un risque de création de consensus factices avec une version moderne des lobbystes qui eux aussi vont s’emparer des outils. Ce sera « la démocratie IKEA », on donnera l'outil sans se soucier d'être vigilant sur son mode d'emploi. Il vient d'ailleurs de publier un « traité de vigilance » dans son essai « Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen ». On peut citer « Questionnez vos élus » , "direct et concret", qui permet d'interroger un député via une plate-forme modérée.

La consultation lancée pour le CNNnum par la Secrétaire d'état Axelle Lemaire via une adaptation de la plateforme Parlement & Citoyens est sans conteste une réussite. Yann Bonnet qui présente le bilan fait état de 17 000 contributions et de prochains aménagements. Jean-Paul Delevoye président du CESE est depuis longtemps un convaincu, mais son discours bien senti et ses phrases chocs sont elles entendues ? Pas plus que les conseils de la Cour des Comptes ! Et pourtant «la jouissance du pouvoir est plus importante que la gestion du pouvoir », la nature de la relation au pouvoir a changé, il consiste mois à ordonner et légiférer qu'à « réguler et gérer des flux » ». « Nous sommes dans une obligation de de collaboration, de co-construction. »A quand la mise ne œuvre de cette préconisation?

On retrouve avec bonheur Quitterie de Villepin qui avait osé dire « non » en 2007 à François Bayrou et à une place en or de députée européenne. Dire très tôt non aux partis qui pourtant l'avaient adoptée lui a permis de mûrir une forme originale de démocratie présenté à le 31 mars aux « Barbares ». Ils se sont enthousiasmés pour son projet de « député augmenté »...qui consiste pour les citoyens à « récupérer leur voix » en entrant à l'Assemblée nationale. Pas de programme, pas d'idéologie, peut-être un nouveau parti « post partis traditionnels », en tout cas un dispositif, une nouvelle capacité de décision citoyenne.

                                                                                                                                                                                                              Janique Laudouar



Démocratie ouverte
a également ouvert le débat (animé) au niveau européen. Nous y reviendrons
  • Big Data, penser l'homme et le monde autrement, de Gilles Babinet, Préface d'Érik Orsenna de l'Académie française, fevrier 2015, Le Passeur
  • Dans la salle : www.capucine.net propose une carte à puces citoyenne
  • Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen" de Benjamin Sourice publié chez les Éditions Charles Léopold Mayer le 20 février 2014



dimanche, novembre 2 2014

La Région Centre donne de la visibilité à l'économie solidaire.

Source illustration : affiche CRESS 7ème édition du mois de l'économie sociale et solidaire (ESS)

En région Centre, la reconnaissance d'une« autre économie »

Lors d'une présentation le 30 octobre des manifestations qui ont lieu en novembre pendant le mois de l'économie sociale et solidaire (ESS), le Président de la Région Centre François Bonneau a marqué sa volonté de donner une reconnaissance à part entière à l' économie sociale et solidaire et de la porter au même rang que l'économie de marché « classique ». Les chiffres montrent que cette économie trop méconnue avant la loi dite « Hamon » qui lui confère une crédibilité, a un impact réel sur l'emploi, avec la spécificité de « placer l'homme à un niveau important ». En Région Centre l'ESS c'est 10, 2% des emplois, 10, 8% des établissements employeurs, 1, 9 milliards de rémunération brute distribuées et une hausse de 6 % de ses emplois entre le 31 décembre 2006 et le 31 décembre 2013.

« Vivre et consommer autrement »

Cette « autre » économie semble en pleine actualité car elle correspond aux attentes des français qui ne peuvent plus ou ne veulent plus consommer à outrance et se révoltent contre le gaspillage, qu'il s'agisse de grands travaux contestables ou de gaspillage alimentaire. Le recyclage sera d''ailleurs abordé dans plusieurs des manifestations. Les «bonnes adresses pour acheter responsable» seront indiquées, ou encore « les conseils pour créer son entreprise autrement ». On côtoie l'ESS sans le savoir : les mutuelles de santé en font partie, certaines banques aussi, les coopératives (agricoles, coopératives de de production, de crédit etc). «Le secteur associatif s'est beaucoup mobilisé pour professionnaliser les initiatives » ajoute la Vice Présidente en charge Marie-Madeleine Mialot-Mulller, qui insiste sur le fait que l'ESS recrute, pas des « petits boulots », mais développe de nouvelles filières, met en place une innovation organisationnelle, procure des emplois, y compris des CDI à des jeunes. Cette économie est porteuse de nouvelles valeurs dans lesquels les jeunes se reconnaissent. Ils choisissent des entreprises qui adoptent un nouveau management, qui laissent une place à l'humain, au bénévolat de compétences et participent au bien commun. L'un des événements a d'ailleurs pour intitulé Le rôle croissant de l'homme dans l'entreprise le 17 novembre à Chartres fait d'ailleurs partie des événements. La reprise d'entreprise par ses salariés, sous forme de SCOP sera présentée  pendant les manifestations.

Les filières et métiers de demain 

L'observatoire de la CRESS (Chambre de l'Economie Sociale et Solidaire Centre) présentait l'étude réalisée par le cabinet ExtraCité de Lille «Les filières d'avenir à explorer en Région Centre » : actions et initiatives, secteurs d'activité moteurs pour la croissance, nouvelles filières. Principalement économie verte, tourisme et culture, numérique, mobilité, circuit court alimentaire, formation professionnelle éducation, etsilver économy. Des cas précis ont permis de mesurer tout l'intérêt de miser sur l'ESS. François Clergeot du cluster AGHIR (Vierzon) et ses 3 collaborateurs se présentent comme « un facilitateur de projets » dans le domaine de la silver economy: projets innovants d'entreprises, favoriser des projets collaboratifs.Un travail de documentation pour repérer les acteurs de la région permet de voir les secteurs impliqués. Brigitte BIGOT est Directrice d’AGIR (36) présenté par Alice Gomez. Un chantier d'insertion avec les textiles usagés pour matière première. « Au travers de cette filière d'avenir, l'association souhaite pérenniser un savoir -faire local, pour que le territoire gère ses propres déchets, objectifs sociaux et environnementaux." Un site avec des fonctionnalités étudiés pour impliquer le visiteur est la preuve qu'une initiative réussit d'autant mieux qu'elle est accompagnée par une plateforme technologique performante.   Pour Thierry HANON, Val bio Centre et ses paniers bio du Val de Loire :« Valbio Centre répond à un marché  émergent : la demande de produits bio et locaux » . Il n'hésite pas à dire que le parcours de l'entreprise est passé par un échec formateur, pour ensuite connaître une demande croissante : 130 000 paniers 244 points de dépôts, 100 emplois crées, 40 pour conditionnement et distribution, 60 en production. L'accent est mis sur l'innovation dans l'organisationnel «  la mise en marché, mutualisation des outils informatiques, circuit court. «  On ne peut pas utiliser les règles d'hier pour les marchés de demain » conclut Thierry Hanon.

Pourquoi cette économie n'est-elle pas plus connue ?

Le magazine Influencia note  « La nostalgie du marché de la place du village ne s’est jamais aussi bien portée. Les nouveaux commerces (de bouche) lorgnent tous sur ce modèle de convivialité et de dialogue ; la recherche de la qualité des produits passe par la communication et l’esprit de quartier. » Le succès des « circuits courts » comme les AMAP qui seront présents lors des manifestations ESS, qui est décidément en pleine actualité positive, face au problème persistant de l'emploi. «Ce n'est pas une économie de l'assistanat et de la subvention, ce ne sont pas des emplois au rabais, ce n'est pas un marchepied pour rentrer dans l'économie marchande » précise Michel Jau, nouveau Prefet de Région, qui semble très concerné . La loi permet maintenant un rapprochement entre l'ESS et l'état et les institutions, et l'ESS devrait participer à l'aménagement du territoire.

Mais alors, question posée par la Ménagère au Président de Région, « pourquoi cette économie n'est-elle pas plus plébiscitée au plus haut niveau de l'état ? « Parce que les acteurs sont modestes » répondent les intervenants et le Président de la CRESS, reconnaît que cette économie n'a pas osé s'affirmer jusque là. Elle est rarement citée dans les grands médias. même si on commence à voir des sujets sur l'économie de partage dans les journaux télévisés. Notons aussi qu'il a été remarqué par l'étude du Labo de l'ESS « Alors que l'ESS pèse de manière significative dans l'économie globale, la grande majorité des économistes s'y intéressent très peu ». Suite à ce constat Philippe Frémeaux, éditorialiste à Alternatives Économiques a mené une enquête auprès de 24 économistes. « Nous ne sommes pas seulement en crise, mais aussi en transition. Un monde meurt tandis qu'un autre émerge. L'ESS apporte des éléments d'analyse et de pratiques alternatives. » a déclaré Dominique Plihon, professeur d'économie financière à l'université Paris 13. Pour Hervé Defalvard, maître de conférences à l'université de Marne-le-Vallée, « absente de la pensée des économistes du « main stream », et c'est logique, elle l'est tout autant chez certains économistes hétérodoxes. Un signe positif tout de même : « Ce désintérêt, cette indifférence, font place aujourd'hui à une curiosité. »

Une vision d'avenir

Les élus ont longtemps été des bâtisseurs, routes, autoroutes, hôtels de Région, et autres marques visibles de leur passage dans la ville. La Région Centre semble avoir compris que les enjeux du XXIème siècle ne se mesuraient plus seulement en degré de béton armé, ou de patrimoine au sens classique, mais que les compétences des citoyens faisaient partie d'un patrimoine immatériel à repérer et à encourager. En constituant un écosystème des initiatives des habitants, en marquant une volonté politique et en déployant les forces d'accompagnement nécessaires à l'essor de l'ESS « comme une des solutions » selon François Bonneau, la Région Centre pourrait bien faire partie des régions laboratoires qui sauront correspondre aux attentes de leurs habitants et faire vivre cette vision d'avenir qui manque tant à la politique.

JANIQUE LAUDOUAR

Programme complet du mois de l'ESS:  http://www.lemois-ess.org/

Pour clôturer le mois : à Nogent-le-Rotrou et Margon

Forum des Initiatives solidaires dans le Perche vendredi soir 28 Novembre et 29 novembre, Nogent-le-Rotrou,  Salle Simone Sognoret 15 avenue de la République organisé par mai pourquoi

Sur le recyclage le samedi matin sur le marché de Nogent-le-Rotrou ecopertica.

Sur le numérique

L'intérêt du numérique pour le territoire: le samedi 29 novembre de 15 h à 16 h Espace Renée-Lepesqueux Salle des Fêtes, 1 Rue de la Cloche, 28400 Margon, Organisé par Romain Lalande Cre-sol, Cyrille Giquello Coop-Axis, Janique Laudouar Blog de la Ménagère

Sur les SCOP :A la découverte des SCOP le 5 novembre de 18 h à 20 h Salle Simone Signoret Nogent-le-Rotrou, organisé par le  CBE Pays Nogentais

Le village de l'ESS à Chateauroux

Le Village de l'ESS ouvrira ses portes aux professionnels de l'ESS et aux collectivités le vendredi 28 novembre de 15 à 19h, et au grand public, le samedi 29 novembre, de 9h à 13h.

Les Cigales du Perche

seront présentes à la table ronde du 28 novembre à Nogent-le-Rotrou

Loi n° 2014-856 relative à l’Économie sociale et solidaire publiée au JO le 31 juillet 2014



lundi, septembre 8 2014

Encore ...""un grand plan numérique pour l'école"...comme en 1998 ...

Des professeurs innovants du Collège Aliénor d'Aquitaine (Salles, Gironde) David Bouchillon et Sophie Aries inversent le concept traditionnel de l'école avec la "classe inversée" et utilisent le temps de présence de l'enseignant pour mettre  les élèves en activité.

(Encore!) "un grand plan numérique pour l'école"? Comme en 1998?

« Lors d'un déplacement dans un collège de la banlieue parisienne, le Président de la République a annoncé "un grand plan numérique pour l'école. » titrait un article du Monde le 2 septembre.

En cette rentrée scolaire un peu bousculée, il est de bon ton de ne pas oublier « le numérique » et la « formation des enseignants » - un peu comme si les enseignants faisaient partie d'un îlot à part dans la société resté à l'écart de toutes les innovations technologiques.

Et se souvenir grâce aux archives de Libération des enseignants qui en ....1998 étaient connectés et pratiquants et prônaient "L'écran bouclier anti-violence à l'école": « Les enseignants qui ont un peu de pratique pédagogique savent que l'écran est un bouclier non négligeable dans le combat contre la violence à l'école. L'élève auquel on présente pour la première fois l'Internet est un élève captivé: plus un mot, plus un geste, plus rien à voir avec le tableau noir. La vraie vie est là, toute en couleurs et en animations multimédia »

Les heureux « branchés » sur le « numérique » - en 1998 « multimédia »,  lançaient des alertes sur la nécessité de "Régénérer l'enseignement. Une intégration efficace des nouvelles technologies à l'école exige un changement profond de l'administration, de ses méthodes et de l'organisation du travail."

« les enseignants condamnés jusqu'ici à pratiquer les nouvelles technologies dans le cadre étroit de l'enseignement classique: les effectifs chargés des classes, le découpage horaire contraignant de 55 minutes, le cloisonnement disciplinaire peu compatible avec les «liens» entre savoirs à mettre en oeuvre sur les réseaux. » En ajoutant que :

« Certains s'en réjouissent et ne jurent que par l'Internet qui leur permettra d'informer en temps réel les cadres et d'entamer un dialogue interactif. D'autres rechignent et reculeront le moment où ils devront passer des «pyramides du pouvoir aux réseaux de savoirs».

Car le problème n'est pas celui de l'équipement ou même de la formation mais là encore la volonté d'une réforme structurelle et organisationnelle qui accompagnerait le "numérique à l'école".

Les enseignants innovants

Ce sont souvent certains « enseignants » avancés qui très tôt ont impulsé une révolution des usages et tenté d'en convaincre l'administration à laquelle ils sont soumis. On peut citer la réussite emblématique du «Café Pédagogique » de François Jarraud, devenu depuis éditeur à plein temps,  ou encore les sites Web pionniers en la matière de création de communautés comme Les Clionautes, Histoire, géographie et TICE ou  Weblettres. Depuis les initiatives innovantes des enseignants rodés aux usages du numérique se diversifient. David Bouchillon et Sophie Aries du collège Aliénor d'Aquitaine (Salles, Gironde) pratiquent "la classe inversée" : "la présence du professeur est utilisée au maximum pour réaliser des activités, mettre en activité les élèves".

 Mais "l'innovation ascendante" connait toujours un cheminement plus longs que les "grands plans" d'état...

Le code à l'école

Pour les élèves on reparle de l'apprentissage du code. «L'essor des formations de code informatique est un phénomène très urbain, reconnaît Xavier de Mazenod, fondateur de Ze Village. Mais il existe un vrai besoin et une forte demande dans les campagnes.»déclare Xavier de Mazenod au Figaro dans l'article de Géraldine Russel "Les campagnes, nouvel eldorado du numérique ?

"Mutinerie Village est à la fois un espace de travail, de formation et d’évènements." L'ambiance est ...mutine, plutôt geek mais pas que.... le vert appelle le foin, le potager et les légumes bio. Un peu pirate aussi, le nom mutin n'est pas neutre, selon l'un des fondateurs Xavier Jaquemet, il évoque la résistance. Les "mutins des champs" sont entrepreneurs, designers, développeurs, journalistes, graphistes, illustrateurs, consultants, investisseurs...hommes et femmes..« Situé dans une ferme du Perche, entre les bois et les champs, Mutinerie Village est un espace de travail, de formations et d'évènements. Mutinerie Village c'est 40 hectares de liberté, de création et de partage à moins de 2 heures de Paris" nous dit Antoine van den Broek, président de la Mutinerie dans le blog incwo.

L'école numérique de Simplon Village avance avec des candidatures déjà retenues. "il est encore temps de candidater... jusqu'au dimanche 14 septembre."

Et Xavier de Mazenod annonce également une nouvelle formation de ce type au Télécentre de Boitron (61) :" Lancement de la 1ère formation de développeurs informatiques web/mobile multimodale (en elearning + présentiel) rurale au télécentre de Boitron pour demandeurs d'emploi." Partenariat Zevillage.net et Simplon.co, ce format permet aux élèves d'appendre le code informatique à distance pendant 6 mois et chaque mois de se regrouper une semaine au télécentre de Boitron.

SIMPLONLINE http://simplon.co/foad une formation en ligne à distance qui débute le 6 octobre.


Un appel à projets est en cours pour « Développer l’approche de la maîtrise du codage informatique chez les jeunes du premier et second degré » nous informe Net Public. Date limite de réponse 15 septembre 2014.

Et aussi ...

Assises de la pédagogie organisées par le CRAP- Cahiers pédagogiques

"Le changement, c’est maintenu ?" Le mardi 21 octobre de 9h30 à 18h au lycée Edgar Quinet, 63 rue des Martyrs - Paris IXe

dimanche, juin 29 2014

« J'ai un nouveau métier » : l'école numérique verte arrive à La Loupe

Simplon Village : une école numérique au vert à La Loupe

Janique Laudouar, 29 juin 2014
« J'ai un nouveau métier ». Cette déclaration spontanée entendue le samedi matin 28 juin à la Loupe, Eure et Loir, a convaincu les participants à la présentation de Simplon Village http://simplon-village.com/. Elus, entrepreneurs, éducateurs, ou habitants adeptes depuis longtemps du numérique sont venus soutenir cette initiative innovante portée par simplon.co à Montreuil, et Zevillage, le site de référence national du télétravail né en milieu rural (Orne 61). L'Ecole numérique au vert a trouvé ses locaux : l'ancien collège de la Loupe 18 rue de la Gare. Le collège Jean Monnet à la Loupe, et son équipe, le principal du Collège et trois professeurs sont partants pour le projet qui réunit déjà de nombreux partenaires, dont le Conseil Général d'Eure-et-Loir (28) et sa délégation, une jeune équipe présentant des "objets connectés". L'ambition : une formation gratuite pour transformer des débutants motivés en entrepreneurs programmeurs professionnels avec un mot-clef : le code. Ou comment on fait d'un chômeur un développeur web en 6 mois d'apprentissage intensif.

« Intensif n'est pas un mot innocent », c'est beaucoup de travail admet Rémy Maucourt devenu développeur free lance grâce à simplo.co et qui facture sa prestation jusqu'à 500 euros par jour après avoir été un an au chômage. « Au début un long tunnel, un mur à casser pour comprendre les premiers concepts du code, un ou deux mois dans le noir ». Dans la future formation qui va débuter à l'automne le code est roi. Avec le rêve d'inventer peut-être l'algorithme de demain...Avec cette formation Romain Coeur a changé de métier, d'ingénieur dans l'aviation civile à développeur.  « Apprendre à coder, mais pas seulement » ajoute Rémy Maucourt, « la formation c'est aussi faire de la veille, de la prospective,  développer une confiance dans l'avenir, et la certitude de pouvoir apprendre tous les nouveaux métiers qui vont venir et d'être enfin dans un secteur de croissance ». Et de faire maintenant partie d'un réseau de mutualisation et d'échanges entre élèves« Simplon ça ne s'arrêtera pas »...

Erwan Kazzar, Simplon Village, et Anna STEPANOFF Innov'Educ

De nouveaux métiers numériques

La sélection? Pas par le niveau d'études. "De Bac moins 2 à Bac +8" commente Erwan Kezzar, cofondateur de Simplon.co à Montreuil, une ancienne usine transformé en espace convivial d'apprentissage et de réseautage. Erwan Kezzar,  cite les participants à la session de formation qui ont déjà lancé avec un certain succès leur propre projet. « Apprendre à apprendre » est un des points forts de la pédagogie, et aussi« apprendre par la pratique, apprendre ensemble,  se donner à 100% ». La motivation, plus que le niveau d'études, est un critère de sélection. Les fondateurs de l'école numérique au vert de la Loupe se sont inspirés pour Simplon Village de ce modèle, lui-même s'inspirant des « boot camps » à l'américaine, San Francisco, Chicago ou New York proposent des sessions d'entrainement intense. « On cherche des élèves motivés, débrouillards et surtout autonomes ». Cette formation débouche non seulement sur le métier de programmeur mais sur de nouveaux métiers comme « référent digital », capable de débloquer tous les problème quotidiens auquel se heurte une PME ou TPE avec le numérique ou encore pour ceux qui n'ont tout à fait atteint le niveau de programmeur « éducateur numérique » au service des habitants et des structures des collectivités locales.
Xavier de Mazenod, Zevillage le site du télétravail

L'avantage de cette formation : le travail à distance sur lequel rebondit Xavier de Mazenod, fondateur de Zevillage qui rappelle dans sa présentation les principaux avantages du télétravail « évolution sociologique importante »  : moins de stress, moins d'argent dans les transports, un management plus transversal, 96% des télétravailleurs sont satisfaits révèle un récent sondage d'où une baisse de l'absentéisme, une culture de travail collaboratif.

« Libres ensemble » est le motto de la Mutinerie espace de co-working à Paris. L'exode à la campagne étant un des paramètres possibles, la Mutinerie est installée dans une jolie maison de village non loin de La Loupe, Saint-Victor de Buthon. Xavier Jacquemet l'un des co-fondateurs est venu parler des projets de ce nouveau lieu. Pour lui, ce ne sont pas les murs qui doivent primer, mais l'humain. : « Le cœur d'une organisation ce sont ses talents ». Les convictions mises en pratique à la Mutinerie : la convivialité, l'ouverture « les meilleurs idées surgissent souvent autour de la machine à café » ou encore « les organisations se développent autour d'un écosystème ». Logiciels libres, humains libres, un état d'esprit sans doute fertile quand il vient de la société civile et quand les élus acceptent comme ceux de La Loupe d'être à l'écoute des compétences qui viennent dynamiser leur territoire

Un écosystème issu de la société civile dans les territoires : et dans le Perche ?

Après Zevillage dans l'Orne, des initiatives locales commencent à se faire connaître dans le Perche ornais  : Ecopertica qui met en place un réseau de construction écologique avec une approche innovante, comme l'habitat participatif. Dans le Perche eurélien La Boîte à outils s'installe, dans un créneau similaire : le petit bricolage qui manque cruellement aux particuliers venus s'installer en milieu rural. Le cinéma Le Rex à Nogent-le Rotrou a récemment programmé une série sur le thème «  « Regards sur le monde rural », avec par exemple des agriculteurs pas comme les autresla famille Ouy à Nocé, agriculteurs et transformateurs de produits bio avec succès depuis 20 ans. L'association Artank a commencé à mettre en ligne une carte dynamique des acteurs culturels innovants du Perche. Un club d'investissement qui a pour objectif de sélectionner et soutenir les jeunes pousses du Perche est en cours de formation à l'initiative d'un nouvel élu de Nogent-le-Rotrou . Un Forum qui regroupe ces initiatives locales relevant d'une nouvelle économie dont l'économie collaborative aura lieu à Nogent-le-Rotrou fin novembre durant le mois de l'Economie sociale et solidaire (ESS). Initié par Jean Thenaisy (maipouquoi)ce Forum se propose de démontrer qu'il est possible de "Vivre et consommer autrement", travailler autrement, en faisant une place à de nouvelles formes d'économie et de façon concrète à des stands de démonstration d'initiatives locales, tables rondes, ateliers.

Les structures tournées vers l'emploi se sont démultipliées :  Pôle Emploi, boostemploi,  Comité de Bassin d'Emploi, Capemploi mais le chômage court toujours : "Le chômage augmente de 0,7% en mai. La barre symbolique des 5 millions de chômeurs, catégories A, B et C confondues, est franchie" (Europe 1). Ces nouvelles valeurs semblent encore étrangères ou marginales alors qu'elles constituent peut-être le socle des emplois de demain. Ces nouveaux métiers dont la France est déjà en manque sont-ils pris en compte dans les missions des structures "officielles"? L'édition du vendredi 27 juin Ouest-France titre «le chômage de longue durée explose », alors que de nombreuses entreprises et particuliers sont en manque de services : qu'il s'agisse d'anciens métiers qu'il convient de remettre au goût du jour, comme cantonnier pour les chemins ruraux, ou encore faucheur d'herbe de petites surfaces, tâche que plus aucun agriculteur ne veut faire ou de nouveaux métiers de services : d'immenses besoins auprès de la génération des babyboomers vieillissants mais qui ne veulent rien lâcher et surtout pas les technologies qui leur permettent de conserver une place sociale active, voire des compléments de revenus pour leur retraite.  Eux sont prêts à payer pour un «assistant personnel » numérique, d'où l'idée peut-être d'une coopérative mutualisant les « free-lance ».

Eric Girard, maire de La Loupe et Président de la Communauté de Communes des Portes du Perche  soutient le projet et était présent samedi lors de la table ronde avec la députée Laure de la Raudière, a bien compris qu'il fallait d'abord faire venir talents et compétences sur le territoire avant de penser locaux et structures. Beaucoup trop d'élus font encore la démarche inverse : on voit se multiplier les bâtiments neufs pour les Pôle Emploi, salles des fêtes dans chaque village mais peu de réflexion sur l'écosystème de compétences émanant de la société civile pour les animer. Le « plus jeune maire d'Eure et Loir » Victor Provot de Thiron Gardais mise sur une attraction dynamique et des évènementiels participatifs et festifs  comme les 900 ans de l'abbaye de Thiron-Gardais, une médiathèque active sans compter qu'il a su attirer une « star » comme Stéphane Bern qui se rend avec gentillesse aux fêtes locales.

Il est temps que les élus pensent à consulter et impliquer leurs habitants dans les projets. Les compétences numériques sur leurs territoires sont là, experts, journalistes, webdesigners, développeurs,  directeurs artistiques, producteurs de contenus pour le Web, qui ne demandent qu'à mettre leur expertise au service du bien commun. 
Janique Laudouar

Des ateliers d'initiation avaient lieu l'après-midi on en retrouvera les photos sur la page Facebook "Simplon Village". 

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