Le blog de la ménagère

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi, avril 15 2013

« Les premiers paradis fiscaux ce sont l'assemblée nationale et le sénat » (commentaire en ligne) 

Hausse des impôts ou baisse d'indemnités des élus ? Populisme ou réaction logique ?

La réponse à l'annonce de l'augmentation de 1% des impôts locaux par l'équipe municipale du Mans suscite une réaction sous forme de pétition: « Hausse des impôts au Mans ? ... Baisse des indemnités des élus ! » (http://www.mesopinions.com/fr) Dépenses publiques jugées indispensables par les élus locaux financées par plus d'impôts : voilà qui devient de plus en plus intolérable aux yeux des habitants. Les indemnités cumulées des élus tournent autour de 9000 euros mensuels –plus d'information voir le blog de René Dosière - grâce souvent au cumul des mandats,– alors que le plafond de ressources des retraités indiqué par la loi Fillon 2010 sur la réforme des retraites est de 1050 euros mensuels de ressources cumulées, sinon, coupe sombre du minimum contributif qui était versé jusqu'en 2012. C'est en rapprochant ces deux chiffres que s'accentue l'impression d'une France divisée en deux, celle des élites soucieux de conserver cumuls et avantages qui vont avec et celle des français sommés de subir des coupes dans leur budget quotidien. Face à des priorités et des décisions auxquelles ils participent de moins en moins, ils sont de plus en plus nombreux à considérer le lien de confiance est rompu. "Est-ce moral d'exiger des français ce qu'ils ne s'appliquent pas?" dit un commentaire.


« Les premiers paradis fiscaux ce sont l' assemblée nationale et le sénat » (commentaire en ligne suite à l'émission C dans l'air)

source image : plages de rêve http://www.tuxboard.com

L'exaspération des français vient très clairement que se dessine de plus en plus clairement une France de privilégiés dont les politiques feraient partie, et une France de sous-citoyens classe moyenne condamnée à subir les décisions sans participer à la concertation, puisque le referendum est ...perdu de vue. Le "mariage pour tous" qui figurait en deux lignes p 31 du programme de François Hollande candidat est devenue une priorité sociétale de François Hollande Président provoquant les remous qu'on sait. Le non cumul des mandats dont le rapport Jospin commandé en début de mandat et souhaité par la majorité des Français est reculé en 2017 provoquant l'indignation dans les commentaires sur les réseaux.

Ainsi ce commentaire d'elise89 suite à l'émission C dans l'air sur France 5: « vu d'un citoyen qui gagne le 1200 euros/mois, les premiers paradis fiscaux ce sont l' assemblée nationale et le sénat avec les avantages que leurs membres de tous les bords se sont votés . Est ce moral, d'exiger des français, ce qu'ils ne s'appliquent pas ? Frais de déplacements non justifiés, durée de cotisations de retraite minime, etc... »

Les élus ralentissent-ils significativement la dépense publique?

Un peu pris au hasard, comme exemple ce graphique des dépenses locales du site du Conseil général de l'Yonne qui a le mérite de la transparence  http://www.cg89.fr/Le-Conseil-General/Budget-2013. Les élus ont de bonne foi l'impression qu'il faut continuer comme avant ou presque  avec l'impression d'agir pour le bien public. «  En dépit de ce contexte défavorable, les élus ont souhaité que le territoire et ses habitants ne soient pas pénalisés et privés d’infrastructures et d’actions d’animation. » Continuent à être qualifiés d'incontournables les parkings des petits villages, salles des fêtes redondantes, parcs naturels aux 40 chargés de mission, gendarmeries neuves (pourquoi?) clochers d'églises etc. Et c'est tout le problème : chaque élu aura à coeur de prouver que les dépenses sociales ou d'aménagement du territoire restent à leurs yeux indispensables ...quitte à augmenter les impôts locaux de leurs habitants. L'incapacité  de remettre en cause "le système" pour « penser hors de la boîte »,  selon l'expression anglo-saxonne explique sans doute en partie la progression inexorable des dépenses publiques.

Source image : Conseil général de l'Yonne http://www.cg89.fr/Le-Conseil-General/Budget-2013 qu'on peut féliciter pour son souci de transparence.

Chaque politique regroupe l’ensemble des dépenses s’y rapportant ainsi que les dépenses du personnel départemental concourant à sa mise en œuvre.

samedi, novembre 5 2011

Demos, démocratie, le peuple

Philosophe et écrivain, directeur de recherche au CNRS Marie-José Mondzain est d'abord une experte du décryptage de l'image (Images à suivre son dernier ouvrage, Bayard, 2011 ) . Interrogée sur France Culture immédiatement après l'annonce « Athènes renonce officiellement à la tenue d'un référendum » elle estime que l'idée d'un référendum a permis de « réintroduire la dimension politique là où elle avait été abandonnée » par l'Europe qui prend essentiellement « des décisions économiques et financières ». Elle juge sévèrement « l'arrogance, la violence » du « couple sauvage » Angela Merkel/Nicolas Sarkozy et rappelle que le mot « démocratie » vient du grec « demos », le peuple. La démocratie c'est la « mémoire  du peuple grec ». Les indignés ont raison de se révolter contre « l'indignité » qu'il leur est demandé de vivre...

En Grèce le peuple continue de refuser à payer pour les erreurs des gouvernants. Le site http://www.presseurop.eu/fr publie ce même vendredi 4 novembre « L’UE l’a bien cherché » de l'éditorialiste Marek Magierowski (SourceRzeczpospolita) revient avec humour à la réalité vécue par les Grecs. « "L’avenir de l’Europe" est la dernière chose dont se soucient les Grecs aujourd’hui. Vous imaginez un jeune chômeur de 25 ans qui voterait en faveur de réformes radicales parce que "l’avenir de l’Europe" l’exige ? Ou un fonctionnaire qui accepterait que son salaire soit réduit d’un tiers parce que c’est "ce qu’attend Berlin" ? » Pour lui «  les coupables sont les dirigeants de l’UE qui ont leurré l’opinion publique européenne en brandissant la vision d’une Europe de plus en plus démocratique, où les citoyens auraient de plus en plus leur mot à dire. Au lieu de cela, ils ont accouché d’un système qui n’a pas grand-chose à voir avec la démocratie."

jeudi, novembre 3 2011

Sauver un monde dont nous ne voulons pas

L'annonce d'une consultation d'une population sur un avenir qui les concerne met le feu à l'entre soi européen. Folie, bêtise, stupeur, les réactions de panique en disent long sur l'habitude prise par les gouvernants de ne plus considérer l'avis des populations qu'ils gouvernent comme le cœur de la démocratie. On se souviendra du NON clairement exprimé par référendum par la France à une constitution européenne peu lisible, par trop libérale et technocratique et annonciatrice des problèmes qu'on semble découvrir aujourd'hui: c'était un non de bon sens dont les gouvernants, à commencer par Nicolas Sarkozy, n'ont pas voulu tenir compte. Stéphane Hessel interrogé par David Eloy dans le supplément ALTERMONDES livré avec Liberation du 2 novembre 2011 propose une fois encore d'associer les peuples aux organisations internationales « C'est là que le système pêche : il fonctionne actuellement au profit d'oligarchies mondiales et pas au profit de la véritable démocratie ». Passer outre et prier les peuples « bien » voter, c'est-à-dire de voter selon ce que veut l'oligarchie politique européenne, quand bien même les décisions prises ont prouvé leur inefficacité ou leur nuisance, est une habitude dont il faut commencer à se défaire.

Ce retour à une véritable démocratie doit maintenant inclure la consultation de la société civile et de l'expertise citoyenne à tous les échelons de la gouvernance. Face à une pensée politique unique qui persiste à répéter en boucle que sauver un monde dont nous ne voulons pas à coups de milliards est « la seule solution possible », le web bouillonne d'idées innovantes d'analyses non conventionnelles, de propositions alternatives pour un autre monde. Le chaos précède la métamorphose.

Source image : Radio Grenouille
cet été une programmation « chaotique » en réponse «  à l’ordre imposé par les prophètes du profit »