Les maires des petites communes préfèrent voir démolir des maisons plutôt que d'avoir à entretenir les chemins ruraux. C'est ça la France profonde! Ici Dame Marie, Orne, un superbe paysage, et d'anciennes maisons d'habitation démolies en 2006.

S’il est une réforme urgente à faire, c’est celle des textes de loi caduques aveuglement reconduits d’année en année par les instances en charge, alors que le contexte et la population ont changé et ont profondément évolué. L’évolution de l’ordonnance de 1945 sur l’enfance délinquante est un exemple dont s’emparent les politiques, mais il y en a bien d’autres.

Ce week-end j’ai découvert que je n’avais plus accès à ma maison, car elle est située en bordure d’un chemin rural, que la commune refuse d’entretenir depuis des années,  selon un texte datant de l’ère de la diligence et des siècles passés qui n’oblige les communes à l’entretien qu’en ce qui concerne les chemins communaux. Jadis la profession de cantonnier existait encore, ce sont eux qui se chargeaient d’entretenir les chemins, et les paver de pierres du pays. Aujourd’hui les pierres du pays existent encore, mais les cantonniers ont disparu malgré le nombre de chômeurs et l’utilité qu’ils auraient à être employés pour l’entretien du paysage…et des chemins ruraux aujourd’hui réactivés par une population de néo-ruraux.

Donc, en 2007, je suis privée d’accès à mon domicile dans l’Orne, le chemin rural à case de la pluie incessante et de la passivité de la commune est devenu impraticable. Ce sont pourtant les mêmes élus qui prônent une vie économique à coups de sites web et de WiMax…mais qui n’ont pas encore repensé les textes en fonction de ces  nouvelles évolutions. Et pourtant sur les sites des débats du sénat, comme sur celui de la Région de Basse  Normandie à la rubrique « environnement » on se gave de vocabulaire hautement tendance, tel que développement durable », « aménagement du territoire ». Mais du chemin rural, on, « pas de mon ressort » répond gentiment la préposée qui me renvoit à la DIREN, qui me renvoit à la DDE etc. De site en site et de service en service, le particulier, qui se voit privé d’accès à son domicile à cause du problème non traité, peu prestigieux sans doute, du chemin rural, aura une fois de plus le réflexe de rejet de cette « politique de l’affichage » où les élus semblent vivre dans une France toute théorique et utopique, où l’argent semble couler à flot dans les collectivités territoriales quand il s’agit de prestige, de grands projets d’aménagements, de grandes campagnes technocratiques, et où il est durement compté pour le particulier et sa vie quotidienne qui régresse de jour en jour et qui doit subir les échos d’une modernité de carton pâte vantée sur les sites des régions . Ah vivement les élections ! Ou le retour au cantonnier !