Le blog de la ménagère

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dimanche, novembre 4 2012

Le justiciable oublié par la Justice ?

Source image :Justine divine World of Warcraft http://justice-divine.xooit.com

Réagissant sur twitter à notre apostrophe sur la lenteur de la justice, Maître Eolas,  le brillant et influent avocat blogueur du Journal d'un avocat, nous renvoie aux débuts de son blog à un billet pris sur le vif lors d'une audience du Conseil de prud’hommes à Nanterre en 2004 « Quand la justice ne peut pas être véloce. ». Le titre parle de lui-même. On y voit a justice opérer dans un rituel qui semble immuable, puisqu'il perdure encore aujourd'hui en 2012, et la Présidente, faisant pression, annoncer des délais de jugement qui provoquent des«murmures de stupeur des avocats non habitués".  Depuis, nous confirme maître Eolas, « Hélas, aucun changement ». Ci-dessous quelques propositions d'une ménagère néophyte.

Des délais hors normes, de grandes inégalités

C'est l'ensemble du système judiciaire qui s'est habitué à ces délais hors normes. On annonce une augmentation du budget de la justice et du nombre de juges. Fort bien. Mais depuis quand ces rites et coutumes de la Justice n'ont-ils pas été revus à partir du point de vue de l'usager? Dans les revendications des syndicats des magistrats, il est fort peu tenu compte du point de vue du justiciable, soumis au rythme inégalitaire entre régions, départements, tribunaux, alors que l'égalité est inscrite dans la loi républicaine. Soumis aussi à la réorganisation de tel ou tel tribunal, ainsi la Cour d'appel de Versailles annonçait en 2011 que « faute de magistrats, les appels devant avoir lieu en mars 2012, au printemps auraient lieu finalement fin octobre à l'automne 2012 » . Huit mois d'allongement de procédure, un cauchemar pour le justiciable soumis, par exemple aux aléas de hausse et baisse de l'immobilier, ou aux lois changeantes qui vont décider de son sort. Parfois un policier fait bien son travail et une enquête préliminaire est bouclée en 3 mois. Dans d'autres commissariat, même motif, mais pas la même punition : on peut tomber sur un policier rechignant à faire un travail d'instruction et deux ans après la plainte, il n'a pas encore commencé l'enquête et ne répond plus à vos appels. Même chose, hélas, chez le Juge d'instruction. Là encore, où l'égalité? Où est le mérite, où est la sanction? Comment et pourquoi un policier a-t-il le droit de ne pas enquêter sans être inquieté par sa hiérarchie?

La Justice au quotidien : pourquoi ne pas travailler en amont?

Les grands procès médiatisés font la Une de la presse, mais rarement cette justice quotidienne qui ravage la vie des français, on parle rarement du justiciable, de ce qu'il endure, de ce qu'il doit payer, financièrement mais surtout moralement. Que les avocats soient bien rémunérés, ce n'est que justice, car un dossier, c'est du temps, beaucoup de temps, beaucoup de pièces et des milliers de pages qui s'accumulent au fil des ans. Ce qui semble dérisoire, par rapport à ce travail considérable, c'est l'audience en Tribunal. la parure d'hermine n'arrive pas à faire oublier les délais, les déprogrammations, les reports, les « mises en état » ( le descriptif du dossier plaidé) parfois bâclées,  le non filtrage des causes civiles qui pourraient se régler en médiation et qui encombrent les tribunaux. Hors si l'audience demeure nécessaire, et la plaidoirie indispensable,  il y a probablement tout un travail en amont que des assistants judiciaires pourraient faire pour accélérer cette justice quotidienne et poser un calendrier. Et même si on ose rêver à une Justice innovante, les mots-clefs et les algorithmes sophistiqués pourraient en amont trier et hiérarchiser la "pile de dossiers" dans bien des cas avant qu'ils n' arrivent entre les mains des magistrats débordés.

Filtrer et sanctionner les demandes abusives

La Justice n'a-t-elle aucun moyen de filtrer les assignations-vengeance où les demandes  relèvent davantage d'un désir de nuisance envers autrui que d'un véritable cas de droit à trancher? Ne peut-elle s'adjoindre en justice civile des psychologues, des sociologues, comme il y a des psychiatres en cour d'Assises? N'a-t-elle pas les moyens, avec les technologies numériques, de repérer les obsessionnels qui cumulent les procédures dans différents tribunaux? Un assistant judiciaire ne peut-il se charger de la synthèse correcte d'un dossier et décrypter les demandes infondées? Bref, ne peut-on faire gagner un temps précieux aux Juges en amont de la procédure? Et dans le cas d'abus, de « manœuvres dilatoires », comme le dit le jargon judiciaire en parlant de ceux qui ont juré de faire perdre du temps à l'adversaire et de faire « traîner », allongeant volontairement délais déjà insupportables, n'y a-t-il pas de sanction dissuasive à mettre au point? Dans le cas où l'on voit une « partie » refuser la médiation, dans le souhait à peine voilé de « pourrir la vie » de l'autre, combien d'années encore va-t-on  laisser le procédurier vengeur abuser des tribunaux, faire perdre du temps et de l'argent à l'état déficitaire?

Dans cette forteresse corporatiste, les magistrats revendiquent souvent pour eux-mêmes, mais fort peu pour le justiciable oublié.

dimanche, mai 6 2012

A l'écoute de Radio Londres ou Radio Londres grillé? Passez à Bastille ...

" Ici Londres ! Les Français parlent aux Français... " En 1940, la BBC ouvre ses ondes aux premiers résistants qui ont fui l'occupation allemande

"Déjà, des twittos ont prévenu : la même opération de "camouflage" des tendances grâce à des métaphores devrait avoir lieu le 6 mai. "Dimanche, mon poste de #RadioLondres tournera à plein, je répète, il tournera du verbe tourner", "J-2 avant le retour de #radioLondres", pouvait-on lire ce vendredi sur le site de micro-blogging. Des comptes spécialement créés avec la mention de ce mot-clé ont même été ouverts." prévient un article de la Tribune du 4/05/2012. Puis le 6 mai La Tribune, propose, comme un certain nombre de médias :  "#RadioLondres, #Résultats2012 : qui suivre sur Twitter pour le second tour de la présidentielle ?" (Sylvain Rolland (@sylvrolland).


De nouveaux "codes" ont été inventés pour donner sans l'écrire explicitement le nom du vainqueur. Ainsi l'expression "Michael est dans l'avion", clin d'oeil à la vedette de télé-réalité Michael Vendetta, laisserait supposer une victoire de François Hollande, puisque le jeune homme avait indiqué sa volonté de quitter la France si le candidat socialiste gagnait. Les surnoms des candidats comme "Flanby", "Pays-Bas" pour l'un ou bien "Rolex" ou "Hongrie" pour l'autre devraient de nouveau être largement utilisés.

Comme au premier tout Radio Londres a commencé ce dimanche 6 mai à lancer ses messages cryptés. Après l'anaphore du débat, les métaphores du genre : "Tous ensemble, souhaitons un agréable vol pour Los Angeles à Mickaël Vendetta."

"Poulet sorti du four avant la fin de la cuisson. Température de la cuisse gauche : 52,6. Côté droite, les carottes sont cuites"

"On s'apprête à tirer la petite languette pour démouler un Flanby à 20h"

Mais  ...méfiance un tweet signale :

"Éteignez vos twitters. L'ennemi a cassé le code. Changez fréquence.#RadioLondres grillé.  Bifurquez sur #Bastille pour suivre les métaphores les plus croustillantes...


"Ce soir, le Fouquets propose 53 types de gouda en dessert."

Au delà du jeu qui peut sembler puéril, à quelques heures des résultats estimés, cette effervescence des internautes en dit long sur leur détermination à utiliser les outils à leur disposition pour former des réseaux éphémères et réactifs.




mercredi, mai 2 2012

"Ripostes parties" organisées au PS pour le débat du 2 mai

Source : PS

"Ce soir à partir de 21h se tient le débat d'entre deux tours avec François Hollande. A travers toute la France, des Riposte-parties s'organisent pour vous permettre de regarder le débat ensemble et de riposter en ligne.

Sur Twitter, utilisez le hashtag #riposteparty "

Source : http://www.parti-socialiste.fr

Pour Paris c'est à la Bellevilloise et déjà les claviers s'apprêtent à crépiter sur Twitter ...

Mais avons nous besoin d'un débat pour choisir...c'est un autre débat !


mardi, octobre 25 2011

Blogs en mode "pause"

Dans un billet intitulé « garageland » le journaliste et blogueur J.C Féraud justifie la mise en «  pause » de son blog MON ECRAN RADAR  « Ces derniers temps, Mon Ecran Radar sort rarement du garage où je l'ai temporairement garé cet été, après deux ans d'usage intensif et très exactement 100 billets au compteur ». J'ai arrêté, puis repris, Le Blog de la Ménagère, et ce propos me touche. « Blog en pause pour une durée indéterminée "est un message qu'on rencontre de plus en plus. «  Je suis pris de vertige face à l'accélération du monde, à la folie de l'internet temps réel sur Twitter et ailleurs. Les journées filent à la vitesse de la lumière dans la fibre optique. Comme tous les journalistes de l'an 15 après Internet, je me sens submergé par l'actualité devenue folle. » Aveu annonciateur d'un proche essoufflement général ? « Résultat mon blog dérive lentement dans le cyberespace, comme un vaisseau en panne de carburant.  » Mon Ecran Radar participe néanmoins au http://www.golden-blog-awards.fr/ Good Luck!

Publier, oui, mais à quel prix? Combien de dimanches ensoleillés à pâlir devant l'écran, combien de temps passé à ajuster les mots et les images et pour quelle gratification? Combien de temps à se « reconfigurer » et se mettre à jour, s'approprier les nouvelles applications? Nous sommes devenus des logiciels humains, soumis à une fuite avant quotidienne. Pour quel avantage? Economique? Très peu tirent leur épingle du jeu. Social? Que de gloires éphémères...Non, il s'agit du désir de participer qui n'a pas encore été à ce jour analysé, de cette furie de  « vivre dans le courant » pour reprendre l'expression de la sociologue Danah Boyd citée par Internet actu.

Pèse sur nos épaules de blogueur tout ce qu'on ne fait pas à cause ce sacré devoir qu'on  s'est auto-assigné : nourrir notre monstre en ligne. Tailler ses rosiers, prendre le thé chez le voisin, faire un gâteau au chocolat  peu à peu ont fait place au maintien chronophage de notre identité virtuelle. Hier encore nous étions prêts à tout pour que notre radeau se maintienne à flot dans le sillage des grands voiliers. Prendre part à la course semblait un objectif naturel. On ne se posait pas la question. Aujourd'hui, les questions se posent dans la vraie vie, peut-être parce qu'elle est plus que jamais menacée et que les enjeux du monde actuel sont forts. Le dysfonctionnement du monde réel nous empêche de mener la belle vie sur les réseaux. Et s'impose une autre tentation pour notre vie virtuelle : le mode pause.